vendredi 3 mars 2017

Projet Justine / Elena – texte 76

Mala semilla

Lo descubrió mientras se duchaba. En el medio del pecho, entre sus senos, había brotado un tallo. Cinco centímetros de ramita verde, perpendicular al tórax, con dos mínimas hojas en la punta.
Tironeó para arrancarlo, presionó para quebrarlo. No pudo. Era indestructible.
Desesperada, se vistió. Optó por una remera oscura, grande, que disimulara.
Consultar a un médico le daba vergüenza.
Dispuso cumplir con sus obligaciones diarias, hacer lo que debía.
Calzándose un par de zapatos cómodos, tomó el portafolio y salió de su casa.
Sin perfume, sin maquillaje. Igual que siempre.
Mientras aguardaba el colectivo supo que dentro de su cuerpo, la raíz estaba creciendo. Podía sentir cómo se estiraba entre sus venas, sus arterias; se enredaba en sus costillas, que ya dolían.
Apoyándose contra el poste buscó el origen de su problema. No practicaba deportes, de tomar sol ni hablar. Tampoco dieta. Ni gimnasio. Tal vez su cuerpo estaba vengando tanto abandono.
Dentro del portafolio halló un lápiz labial viejo. Se pintó. Parándose bien derecha, respiró profundo. Intentó arreglarse el pelo con los dedos.
El dolor no cedía. Bajó del ómnibus.
Simulando que nada pasaba, formó fila en el Banco y pagó los impuestos. Fue al Correo, retiró la encomienda, envió un giro. Esperó que le entregaran el formulario en Rentas. Compró el saco para su marido, las pastillas para su madre, los zapatos para su hija.
El dolor se había extendido por la espalda, los brazos.
Intentó distraerse observando la gente que pasaba a su lado
—Por la expresión que tienen, parece que hay muchos con una raíz extrangulándoles las entrañas —pensó.
A media cuadra de su casa, de regreso, notó que su planta había rasgado la remera. Por el agujero asomaba una hoja. Se tapó con los cedulones.
Cuando ubicó la llave en la cerradura, temblaba.
Entró.
Su imagen se reflejaba en un espejo de pared. Se observó sin emociones. Vio su rostro demacrado, ceniciento. Vio la flor que había brotado del tallo, vio que tenía el mismo color que su cara.

Traduction temporaire :

Mauvaise graine

Elle la découvrit alors qu'elle était sous la douche. En plein milieu de sa poitrine, entre ses seins, une tige avait poussé. Perpendiculaire à son thorax, une petite branche verte de cinq centimètres avec deux minuscules feuilles au bout.
Elle tira pour l'arracher, fit pression pour la casser. En vain. Elle était indestructible.
Désespérée, elle s'habilla. Elle opta pour un grand tee-shirt foncé, qui la cacherait.
Elle avait honte de consulter un médecin.
Elle décida d'accomplir ses tâches quotidiennes, de faire ce qu'elle avait à faire.
Enfilant une paire de chaussures confortables, elle attrapa son porte-documents et sortit de chez elle. Sans parfum, sans maquillage. Comme d'habitude.
Tandis qu'elle attendait le bus, elle comprit que dans son corps, la racine grandissait. Elle la sentait s'étirer au milieu de ses veines et de ses artères ; grimper sur ses côtes, déjà douloureuses.
S'adossant au poteau, elle chercha l'origine de son problème. Elle ne faisait pas de sports, des bains de soleil ; pas question. Pas de régime non plus. Ni de gymnastique. Peut-être son corps se vengeait-il d'être autant négligé. Dans son porte-documents, elle trouva un vieux tube de rouge à lèvres. Elle en mit.
En se tenant debout, bien droite, elle respira profondément. Tenta d'arranger ses cheveux avec les doigts. La douleur ne passait pas. Elle descendit du bus.
Comme si de rien n'était, elle fit la queue à la banque et paya ses impôts. Elle alla à la Poste, récupéra son colis, envoya un virement. Elle attendit qu'on lui donne le formulaire de Déclaration d'impôts locaux. Elle acheta une veste pour son mari, des cachets pour sa mère, des chaussures pour sa fille.
La douleur avait gagné son dos, ses bras.
Elle essaya de se changer les idées en regardant les gens passer à côté d'elle.
— Vu l'expression de leurs visages, il semblerait que beaucoup aient aussi une racine qui leur tord les entrailles, se dit-elle.
Sur le chemin du retour, à quelques mètres de chez elle, elle se rendit compte que sa plante avait déchiré son tee-shirt. Une feuille sortait du trou. Elle se couvrit avec les formulaires. Quand elle introduisit la clé dans la serrure, elle tremblait.
Elle entra.
Son image se reflétait dans un miroir accroché au mur. Elle s'observa sans la moindre émotion. Elle vit son visage émacié, gris. Elle vit la fleur qui avait poussé au bout de la tige, elle vit qu'elle était de la même couleur que son visage.

Projet Nathalie / Florence – phrases 152-158

Me cuesta decirlo, porque yo soy la responsable, pero se había transformado en un perro malo. Era imposible ponerle la correa, así que hacía meses que no salía a la calle. Estaba flaco y me odiaba. Se le veía en los ojos, en la dentadura. Y yo era la culpable. Si no podía llevar adelante una relación, ¿cómo iba a poder criar a un dogo?”.
El llanto, en este punto, se vuelve desconsolado.
“Hice las dos cosas al mismo tiempo: empecé a tomar antidepresivos, e inscribí a Olaf en Animalia. Pensé: estoy cerca de los cuarenta, es posible que ya no tenga hijos.

Traduction temporaire :
Ça me coûte de le dire, parce que je suis responsable, mais c'était devenu un chien méchant. Impossible de lui mettre sa laisse et du coup, cela faisait des mois qu'il ne sortait plus dans la rue. Il était maigre et me détestait. Ça se voyait dans ses yeux, dans sa mâchoire. Et j'étais coupable. Si j'étais incapable de vivre avec quelqu'un, comment pouvais-je élever un dogue ? À ce moment-là, elle pleure à chaudes larmes. « J'ai fait les deux choses au même moment. J'ai commencé à prendre des anti-dépresseurs et j'ai inscrit Olaf à Animalia. Je me suis dit : vu que je suis proche de la quarantaine, il est fort probable que je n'aie jamais d'enfants.

mercredi 1 mars 2017

Projet Pauline M.G. – phrases 193-194

Pero de pronto Galaor levanta la cola y las orejas: algo está a punto de suceder. El Espantajo voltea hacia el otro lado del río pero sólo mira cómo una bandada de palomas se levanta simétrica hasta alcanzar las copas de los árboles. Las palomas vuelan en círculos, levantándose, y regresando al ras del suelo varias veces y Galaor, diestro en la cacería, tensa todo el cuerpo esperando el momento adecuado para dar el salto fatal. 

Traduction temporaire :
Soudain, Galaor relève la queue et dresse les oreilles : quelque chose est sur le point d'arriver. L'Épouvantail se retourne vers l'autre côté de la rivière, mais ne voit qu'une bande de pigeons s'envoler et atteindre la cime des arbres. Les colombes volent en cercle, s'élèvent et redescendent au ras du sol à plusieurs reprises. Galaor, chasseur averti, tient tout son corps tendu en attendant le moment adéquat pour donner l'assaut final.

Projet Justine – micros série 3

La mujer que se comió a sí misma volvió al mundo pariéndose a sí misma. Ya no sabe quién fue. Vive en un orfanato donde se muere de hambre.
La femme qui se mangea elle-même revint au monde en s'accouchant elle-même. Elle ne sait plus qui elle fut. Elle vit dans un orphelinat où elle meurt de faim.

*

Cuento en RE: Recopilo, redacto, recuento, recorto. Reescribo, resumo, releo, recuento, recorto. Reedito res-trinjo, rezongo: ¡El cuento es Recorto!
Microrécit en RE : Je recueille, rédige, recompte, retire. Je réécris, résume, relis, recompte, retire. Je réimprime, rétrécis, renâcle : Mon microrécit est réduit !

*

“LA META”... Por fin había llegado. Recordaba cada paso, cada obstáculo, cada compañero en el viaje. Viejo y cansado había alcanzado la zanahoria.
« LE BUT »… Enfin, il y était arrivé. Il se rappelait chaque pas, chaque obstacle, chaque compagnon de voyage. Vieux et fatigué, il avait atteint la carotte.

*

Con 20 años, lleno de ilusión, en mi primer día como funcionario público, anoté: faltan 12775 días. ¿Para que? alguien preguntó. ¿Cómo para qué? Para jubilarme.
Âgé de 20 ans, plein d'espoir, pour mon premier jour dans la fonction publique, je notai : plus que 12775 jours. Pour quoi ? demanda quelqu'un. Comment ça, pour quoi ? Pour que je sois à la retraite.

*

—Hice entrar tu cuento entre los 100 mejores del TCQ 2009, son cincuenta rupias— me dijo. Le pagué, y cuando fui a decirle gracias, Mandrake se había esfumado.
— J'ai réussi à classer ton microrécit parmi les 100 meilleurs du TCQ 2009. C'est 50 roupies, me lança-t-il.
Je le payai, et quand j'allai le remercier, Mandrake s'était volatilisé.

*

“¡Diantres Me he transformado en una cucaracha!” escribía por su celular el seguro y culto concursante.
« Fichtre, me voici transformé en cafard ! » écrivait sur son portable le participant au concours, sûr de lui et cultivé.

*

Cuando el escritor acabó su novela, se acabaron también sus palabras. Dejó su pluma sobre el piano y comenzó a hablar en acordes.
Quand l'écrivain termina son roman, ses mots se terminèrent également. Il posa sa plume sur le piano et se mit à parler en accords.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Hélène / Audrey – phrases 119-123

Al fin, en una tienda de mascotas, la dependiente me dijo que allí iba a comprar con frecuencia una niñita con esas características que vivía en el edificio de la esquina. Me dirigí allá: el nombre de la familia figuraba en el tablero del intercomunicador; presioné el interruptor sin obtener respuesta, así que subí por las escaleras porque el ascensor estaba descompuesto. El edificio era antiguo, olía a humedad y estaba mal iluminado. Toqué la puerta del 302 durante varios minutos, hasta que Rutka abrió y me invitó a entrar. Las persianas lucían cerradas y todas las luces estaban encendidas.

Traduction temporaire :
Finalement, la vendeuse d’une animalerie m'apprit qu’une fillette avec ces caractéristiques et venant souvent faire des achats dans son magasin habitait l’immeuble au coin de la rue. Je m’y rendis : son nom figurait sur l’interphone ; j’appuyai sur le bouton, sans obtenir de réponse. L’ascenseur étant vétuste, je montai par les escaliers. Le bâtiment était ancien, ça sentait l’humidité et il était mal éclairé. Je frappai au numéro 302 pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que Rutka ouvre et m’invite à entrer. Les volets étaient fermés et toutes les lumières allumées.

Projet Sonita – micros série 2

Yacían a mi lado, inmóviles. Yo no pensaba delatarme como persona viva. Aunque quizás todos acecháramos, temerosos de movernos primero.
Ils gisaient à mes côtés, immobiles. Je n'avais pas l'intention de me trahir en leur faisant savoir que j'étais vivant. Même si nous étions probablement tous aux aguets, apeurés à l'idée de bouger en premier.

* 

Obvio tu, tan serena... Obvio tu, tan segura, tan definitiva... Obvio tu, tan conocida por y tan cerca de todos...
Obvio tu... No podías ser otra que la muerte.
Toi, si sereine, évidemment… Toi, si sûre de toi, si catégorique, évidemment… Toi, si connue et si proche de tous, évidemment… Toi, évidemment… Tu ne pouvais être autre que la mort.

*

Isabela caminaba de cabeza, para no gastar su único par de zapatos.
Isabela marchait sur sa tête, pour ne pas user sa seule paire de chaussures.

*

Amenacé con abandonar mi hogar para siempre. No pude cruzar la calle. Tenía 4 años y estaba muy enojado.
J'ai menacé d'abandonner mon foyer pour toujours. Je n'ai pas pu traverser la rue. J'avais 4 ans et j'étais très en colère.

*

¿Qué hacemos? ¿La enderezamos? No, dejala así nomás que vamos a ser famosos en Pisa y en todo el mundo.
Que fait-on ? On la redresse ? Non, laisse-la ainsi. Comme ça, on sera célèbres à Pise et dans le monde entier.

*

Apenas leyó la primera línea ya era tarde. El veneno entraba por los ojos. Solo su autor conocía el antídoto.
La première ligne à peine lue, c’était déjà trop tard. Le venin pénétrait dans ses yeux. Seul son auteur connaissait l’antidote.

*

La quise desde que era una semilla, cuando dio brote fue el momento mas feliz de mi vida. Recuerdo todavía sus hojas. La sigo queriendo, aunque la haya fumado.
 Je l’ai aimée alors qu’elle n’était qu’une graine, lorsqu’elle germa, ce fut le moment le plus heureux de ma vie.  Je me souviens encore de ses feuilles. Je l’aime encore, même si je l’ai fumée.

lundi 27 février 2017

Projet Elsa 2 – phrases 72-81

-Soy curiosa.
El avatar de Nubai sonrió.
-Lo sé- dijo él-. También eres la mujer más importante del mundo.
Leila trató de negarlo:
-Sin duda, Harún...
-Harún es un pobre desgraciado a tu lado, y lo sabes. Es tu voz la que se escucha más alto en el Consejo. La mayoría del Nexo te escucharían a ti antes que a cualquier otra persona.
-Puede que así sea- dijo Leila, sabiendo que era verdad.

Traduction temporaire :
— Je suis curieuse.
L’avatar de Nubai sourit.
— Je sais. Tu es aussi la femme la plus importante du monde.
Leila tenta de contester :
— Harún est également…
— Harún est un pauvre bougre face à toi, c’est évident. Ta voix est celle qu’on écoute le plus au Conseil. C’est toi que la majorité du Nexo suivrait plutôt que n’importe qui.
— Peut-être, répondit Leila, consciente de cette vérité.

Projet Elena 13 – phrases 204-217

Ahhhh.
Soy una garrapata gigante. A flote en la sangre de alguien. Treinta y siete grados.
Lo que fluye del brazo. Me lo llevo a la boca. Tan fácil, que mi bodi reviente. Será que puedo tocar el hueso.
Ahhhhhh.
En la noche de la noche pienso en lo que se viene. Horas oscuras que se descomponen en minutos en segundos. Soy un dragón hembra en busca del Gran Dragón nel cielo de arriba. Porque nel cielo de abajo yo jugaba con los brodis que vivían cerca de mi jom. Kreols irisinos pieloscura.

Traduction temporaire :
Ahhhh.
Je suis une tique géante. Flottant dans le sang de quelqu'un. Trente-sept degrés. Ce qui coule du bras. Je le porte à ma bouche. Si facile, que mon body explose. Peut-être que je peux même aller jusqu'à l'os
Dans la nuit de la nuit, je pense à ce qui approche. Des heures sombres qui se décomposent en minutes, en secondes. Je suis un dragon femelle à la recherche du Grand Dragon dans le ciel d'en haut.Parce que dans le ciel d'en bas, je jouais avec mes brothers qui vivaient près de chez moi. Des Kreols irisiens peau-foncée.

dimanche 26 février 2017

Projet Chloé T. – micros série 4

Hemos perdido la batalla Aquiles, está rengueando.
Nous avons perdu la bataille, Achille, vous boitez.

*

Querido diario: hoy besé a Judas en la boca y creo que me gustó. No se como lo tomará Pedro, él está muy metido en la relación y siempre fue celoso.
Cher journal, aujourd’hui, j’ai embrassé Judas sur la bouche et je crois que ça m’a plu. Je ne sais pas comment Pierre va le prendre, il est très impliqué dans notre relation et il a toujours été jaloux.

*

Quien diría que entre tu envidia y mi frialdad podía surgir una esperanza, dijo el azul al amarillo.
Qui aurait dit qu’entre ton envie et ma froideur pouvait naître l’espoir, dit le bleu au jaune.

*

Era de noche, cerca del río más profundo de los secretos, entre mate y guitarreada nos enamoramos y hasta hoy seguimos viviendo el más sincero amor.
Il faisait nuit, près de la rivière des secrets la plus profonde, entre maté et sérénade à la guitare, nous sommes tombés amoureux et, aujourd’hui, nous continuons de vivre l’amour le plus sincère.

*

¡Una más, tú si puedes! Eres la más atlética de nosotras tres, le dijo su obesa hermana. Dos vueltas más y se rindió (se le había acabado la cuerda). Cesó el tic tac.
Encore un, tu peux le faire ! Tu es la plus sportive de nous trois, lui dit sa sœur obèse. Deux tours de plus et elle capitula (la corde du mécanisme était arrivée au bout de sa course). Le tic-tac s’arrêta.

*

Vio la nave surcar el cielo y pensó: “¡Qué mala suerte!, no pude fotografiarla y dirán que aluciné”. ¿Quién le creería a este marciano que vio una nave terrestre?
Il vit le vaisseau parcourir le ciel et pensa : « Quel dommage ! Je n’ai pas pu le prendre en photo et on dira que j’ai halluciné ». Qui irait croire qu’un martien avait bel et bien vu un vaisseau terrestre ?

*

Aquel domingo la anciana murió de un infarto al sentir que algo tiraba de su ropa a la salida del cementerio, cayó encima de la rama que enganchó su vestido gris.
Ce dimanche, la vieille dame mourut d’un infarctus en sentant quelque chose tirer sur son vêtement à la sortie du cimetière. Elle tomba sur la branche qui s’était accrochée à sa robe grise. 

*

Cuando despertó, el dinosaurio era una billetera.
Quand il se réveilla, le dinosaure était un portefeuille.

*

Fabricamos un insecticida anti mariposas chinas, lo esparcimos y terminamos con los huracanes. La ciencia una vez más triunfó.
Nous avons mis au point un insecticide contre les papillons en Chine. Après l'avoir répandu, nous avons mis fin aux ouragans. La science a une encore fois triomphé.

*

Cada vez que comía pimienta, el recuerdo de él le explotaba en la boca...
Chaque fois qu’elle mangeait du poivre, le souvenir qu’elle avait de lui explosait dans sa bouche…

*

Su cabeza estaba en blanco. Cuando volvió en sí, vio el desastre de sangre a su alrededor. “Algunos amamos como podemos”, se dijo a sí mismo. Y siguió adelante.
Sa tête était vide. Quand elle revint à elle, elle vit le bain de sang autour d’elle. « Certains d’entre nous aiment comme ils peuvent », se dit-elle. Et elle poursuivit sa route.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Pauline M.G. – phrases 187-192

Se contentan con poco, igual que él. Pero ahora pasar la mano por el lomo de esa chiquilla lo ha perturbado como nunca, y detesta encontrarse en esa situación, porque no puede controlar nada: ni las miradas ni sus impulsos. Y la mira y tiene ganas de acercarse y besarla y pasarle de nuevo la mano por el pelo mal cortado.
La chiquilla está a punto de cruzar el río y él no sabe cómo llamarla para detenerla, sobre una sección poco profunda empieza a saltar entre las piedras. Su falda se moja, Galaor ladra, el viento sopla suave y él puede volver a ver las piernas de muslos firmes y tiernos. La noche envuelve al paisaje.

Traduction temporaire :
Ils se contentent de peu, lui aussi. Sauf que là, passer la main dans le dos de cette petite-là l'a perturbé comme jamais, et il déteste se retrouver dans cette situation parce qu'il ne peut rien contrôler : ni les regards ni ses pulsions. Or, il la regarde et il a envie de s'approcher, de l'embrasser et de passer de nouveau la main dans ses  cheveux mal coupés.
La petite est sur le point de traverser la rivière et il ne sait comment l'appeler pour l'arrêter. Elle commence à sauter entre les pierres à un endroit peu profond. Sa robe est mouillée, Galaor aboie. Le vent souffle doucement et il peut alors revoir les jambes aux cuisses fermes et tendres. La nuit enveloppe le paysage.

mercredi 22 février 2017

Projet Rachel / Sébastien – phrases 139-144

―Te equivocas de nuevo, Danny. Nada en la programación de un androide le impide mentir a un humano si con ello no le causa un daño directo o físico. No podemos mentir en preguntas directas, eso es cierto, pero sí podemos ocultar y manipular, tergiversar la verdad hasta hacerla irreconocible. Y, si te soy sincero, creo que somos muy buenos en eso. No tengo ningún problema en usar palabras como “manipular” o “tergiversar” para referirme a mí mismo. Es una gran diferencia con los humanos, siempre tan preocupados por su imagen.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

mardi 21 février 2017

Projet Elena 13 – phrases 190-203

Sin anestesia. Sin anestesia. Sin.Veo doble con los ojos cerrados. Veo triple. Es un glich. Glich glich glich.
Me doy un golpe en la cabeza, como pa que todo vuelva a funcionar. Como pa que todo vuelva a la normalidad. Qué normalidad.

Traduction temporaire :

Sans anesthésie. Sans anesthésie. Sans.
Les yeux fermés, je vois double. Je vois triple. C'est un glich. Glich glich glich.
Je me donne un coup sur la tête, pour que tout fonctionne de nouveau. Pour que tout redevienne normal. Mais quelle normalité ?

lundi 20 février 2017

Projet Nathalie / Florence – phrases 145-151

El relato avanza con algunos cortes de edición. Giovanna enciende un cigarrillo, lo olvida en el cenicero. Su mano tiembla. Contiene el llanto por momentos, aunque más de una vez su cara aparece bañada en lágrimas. “Cuando me separé de Lorenzo, Olaf tenía dos años. Vivía encerrado en el lavadero. Le tiraba comida dos veces por día. Entraba con la escoba en la mano, para defenderme y para barrer los excrementos.

Traduction temporaire :
Le récit progresse avec quelques coupures dans l'enregistrement. Giovanna allume une cigarette, l'oublie dans le cendrier. Sa main tremble. Elle a beau régulièrement retenir ses sanglots, son visage apparaît plusieurs fois couvert de larmes. « Quand je me suis séparée de Lorenzo, Olaf avait deux ans. Il vivait enfermé dans la buanderie. Je lui jetais la nourriture deux fois par jour. J'entrais, le balai à la main, pour me défendre et pour nettoyer ses excréments. »

Projet Hélène / Audrey – phrases 116-118

Sin embargo, esta era una situación extraordinaria, por lo que, aprovechando que mi madre había salido con mi hermana pequeña, metí la cajita de música en una caja de zapatos. Aunque no sabía su dirección, decidí ir en busca de mi amiga.
Supuse que debía vivir cerca de la huaca Pucllana, de modo que hice un recorrido por diferentes tiendas preguntando por el domicilio de los Androszczuck o por una niña morena, peinada con una cola de caballo y que hablaba con acento argentino.

Traduction temporaire :
La situation étant cependant extraordinaire, je profitai que ma mère soit sortie avec ma petite sœur et plaçai la boîte à musique dans une boîte à chaussures. Bien que j’ignore son adresse, je décidai de partir à la recherche de mon amie. En supposant qu’elle vivait près de la huaca Pucllana, je fis le tour des différentes boutiques pour demander où résidaient les Androszczuck, ou s’ils avaient vu une fillette brune, avec une queue de cheval et un accent argentin.

samedi 18 février 2017

Projet Sonita 20

Paola Klug (Mexique)

“Trenzaré mi tristeza”

Decía mi abuela que cuando una mujer se sintiera triste lo mejor que podía hacer era trenzarse el cabello; de esta manera el dolor quedaría atrapado entre los cabellos y no podría llegar hasta el resto del cuerpo; había que tener cuidado de que la tristeza no se metiera en los ojos pues los haría llover, tampoco era bueno dejarla entrar en nuestros labios pues los obligaría a decir cosas que no eran ciertas,  que no se meta entre tus manos- me decía-  porque puedes tostar de más el café o dejar cruda la masa; y es que a la tristeza le gusta el sabor amargo. Cuando te sientas triste niña, trénzate el cabello; atrapa el dolor en la madeja y déjalo escapar  cuando el viento del norte pegue con fuerza.
Nuestro cabello es una red capaz de atraparlo todo, es fuerte como las raíces del ahuehuete y suave como la espuma del atole.
Que no te agarre desprevenida la melancolía mi niña,  aun si tienes el corazón roto o los huesos fríos por alguna ausencia. No la dejes meterse en ti con tu cabello suelto, porque fluirá en cascada  por los canales que la luna ha trazado entre tu cuerpo. Trenza tu tristeza, decía,  siempre trenza tu tristeza…
Y mañana que despiertes con el canto del gorrión la encontrarás pálida y desvanecida entre el telar de tu cabello.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Nathalie / Florence – phrases 135-144

“Al principio todo fue bien. Olaf era un cachorro cariñoso, rodeado de juguetes y afecto. Después conocí a Stefan, el holandés. Nos la pasábamos viajando. Durante esos períodos a Olaf lo alimentaba Fiona, mi vecina de al lado. También lo sacaba a pasear. Era un cachorro de tres meses que pasaba mucho tiempo solo. A todos les caía bien. `Copo de nieve´, le decían en la cuadra. Pero a pesar de los cuidados de Fiona, era inevitable que la soledad surtiera efectos. Me culpo de esto…”.

Traduction temporaire :
« Au début, tout s'est bien passé. Olaf était un chiot adorable, entouré de jouets et d'affection. Après, j'ai rencontré Stefan, le Hollandais. On passait notre vie à voyager. Pendant ce temps-là, Olaf était nourri par Fiona, ma voisine de palier. Elle sortait aussi le promener. C'était un chiot de trois mois qui était souvent seul. Tout le monde l'aimait bien. Dans le quartier, on l'appelait « flocon de neige ». En dépit des soins de Fiona, il était inévitable que la solitude finisse par lui nuire. Je m'en veux... »

vendredi 17 février 2017

Projet Rachel / Sébastien – phrases 129-135

―Pero… un androide nunca podría ser utilizado así, ¿no? Quiero decir; no podéis mentir a los humanos, no podéis causarles ningún perjuicio.
―Pues claro que podemos mentir. Para salvar una vida humana, sin ir más lejos. Si tú estás a punto de suicidarte, toda mi programación se volcará en evitar que eso suceda. Mentir no supondrá ningún conflicto para mí.
―Bueno, sí, claro, preservar la vida humana… pero salvo eso…

Traduction temporaire :
― Mais heu… on ne pourrait jamais utiliser un androïde ainsi, pas vrai ? Je veux dire par là que vous ne pouvez pas mentir aux humains ni leur faire le moindre mal.
― Bien sûr que si, nous sommes capables de mentir. Pour sauver une vie humaine déjà. Si tu es sur le point de te suicider, toute ma programmation s'emploiera à t'en empêcher. Mentir n'impliquera aucun conflit pour moi.
― D'accord, oui, évidemment, préserver la vie humaine… mais à part ça…

Projet Justine / Elena – texte 75

Los otros

Diseñamos un arma magnífica.
Una vez construida, la bautizamos. Con la misma emoción con que se bautizan los barcos, los niños. “Perfecta”, la llamamos.
Otros decidieron probarla.
La explosión fue transmitida en vivo y en directo a través de todos los canales de televisión. Los diarios y las revistas sacaron a la venta ediciones extras cubriendo el suceso, que fue el comentario obligado de cada radio. De cada oficina, de cada bar, de cada esquina.
Hombres, mujeres y chicos festejaron con euforia la certeza del disparo.
—La raza humana será invencible —decían. Amigos, parientes, desconocidos, vecinos, rivales, socios, enemigos. Se abrazaban como hermanos. Fueron uno.
Sesenta días después de tales acontecimientos, comienzan a verse las consecuencias. Los océanos han cambiado de ritmo, las mareas tienen otra periodicidad y las corrientes otra dirección. El clima está variando; muy pronto no se sabrá qué sembrar, ni dónde, ni cuándo. Las villas rurales están siendo despobladas, nadie soporta las noches en el campo.
Mañana se reunirá un congreso formado por los más prestigiosos antropólogos, siquiatras y sociólogos del mundo, la cara de la gente está mutando.
A mí también me duelen los huesos —la frente, los pómulos, el mentón— pero tengo la conciencia tranquila, cuando se propuso hacer estallar la luna, fui el único que votó en contra.

Traduction temporaire :

Les autres

Nous avons dessiné une arme magnifique.
Une fois construite, nous l'avons baptisée. Avec la même émotion que lorsqu'on baptise les bateaux, les enfants. « Parfaite », l'avons-nous appelée.
D'autres ont décidé de l'essayer.
L’explosion a été retransmise en direct sur toutes les chaînes de télévision. Les journaux et les magazines ont vendu des hors-séries couvrant l’événement, immanquablement commenté sur chaque station de radio. Dans chaque bureau, chaque bar, à chaque coin de rue.
Euphoriques, hommes, femmes et enfants ont célébré la précision du tir.
— La race humaine sera invincible, affirmait-on.
Amis, proches, inconnus, voisins, rivaux, associés, ennemis, tous s’étreignaient comme des frères. N'ont fait qu’un.
Soixante jours après les événements, les conséquences commencent à se faire sentir : les océans ont changé de rythme, les marées ont une autre périodicité, les courants, une autre direction. Le climat varie ; très bientôt, on ne saura plus quoi semer, ni où, ni quand. Les villages ruraux se dépeuplent, personne ne supporte plus les nuits à la campagne.
Demain, se tiendra un congrès réunissant les plus prestigieux anthropologues, psychiatres, et sociologues au monde. Le visage des gens est en pleine mutation. À moi aussi, mes os me font mal – mon front, mes pommettes, mon menton –, mais j’ai la conscience tranquille. Quand on a proposé de faire exploser la lune, je suis le seul à avoir voté contre.

mercredi 15 février 2017

Projet Hélène / Audrey – phrases 113-115

Me sentía abatida y avergonzada; quería resarcir a Rutka con algo que la hiciera feliz. Durante sus visitas, el único de mis juguetes que llamó su atención fue una cajita de música que había pertenecido a mi abuela y que mi madre me entregó, junto a unas muñecas antiguas, con la consigna de que cuidara todo aquello «como si fuera de oro, porque son la herencia de mi familia y cuando seas grande tú también se las dejarás a tus hijas». Aquel discurso fue innecesario; yo adoraba cada uno de esos objetos, así que los mantenía relucientes y nunca los sacaba a la calle ni los prestaba a nadie.

Traduction temporaire :
Je me sentais abattue et honteuse. Je voulais dédommager Rutka avec quelque chose qui la rendrait heureuse. Lors de ses visites, le seul de mes jouets qui avait retenu son attention avait été une petite boîte à musique appartenant à ma grand-mère et que ma mère m'avait donnée, ainsi que quelques vieilles poupées, avec la consigne d'en prendre soin « comme si c'était de l'or, parce qu'il s'agit de l'héritage de ma famille. Quand tu seras grande, toi aussi, tu les légueras à tes filles ». Un discours superflu : adorant chacun de ces objets, je les conservais en parfait état, ne les sortais jamais et ne les prêtais à personne.

Projet Nathalie / Florence – phrases 127-134

“Es soltera, tiene treinta y cinco años. Esto es lo que tiene para decir”. A continuación se producía un silencio, después del cual Giovanna Latte bajaba la mirada y comenzaba a hablar. “Lo compré en la veterinaria que queda en frente de la casa de mis padres, porque era una manera de tenerlos cerca. Estaba recién separada de Vico, y me sentía sola en este departamento. El veterinario me lo advirtió. Dijo que había que ser muy firme para criar un dogo. Había que adiestrarlo, alimentarlo bien, y que no era conveniente tenerlo en un departamento. No lo escuché. Pensé que yo podía hacerme cargo.”

Traduction temporaire :
« Vous êtes célibataire et avez trente-cinq ans. C'est tout ce que vous avez à dire. » Ensuite, il y avait un silence, après quoi, Giovanna Latte baissait les yeux et commençait à parler. « Je l'ai acheté au cabinet vétérinaire en face de chez mes parents, parce que c'était une façon de les avoir près de moi. Je venais de me séparer de Vico, et je me sentais seule dans cet appartement. Le vétérinaire m'a mise en garde. Il a expliqué qu'il fallait être très ferme pour élever un dogue, le dresser, bien le nourrir, et que ça n'était pas recommandé de l'avoir en appartement. Je ne l'ai pas écouté. J'ai cru que je pouvais gérer. »

Projet Sonita – micros série 1

Cuando desperté la tele estaba prendida. El periodista relataba el crimen. Era en mi barrio, en mi calle. Cuando salí del cuarto oí voces y vi mucha sangre.
Lorsque je me suis réveillé, la télé était allumée. Le journaliste relatait le crime. Ça s’était passé dans mon quartier, dans ma rue. Quand je suis sorti de ma chambre, j’ai entendu des voix et vu beaucoup de sang.

*

Aterrado nos gritó que la Venus de Milo lo había abrazado. Nos reímos mucho, y lo vimos irse con dos brazos pegados en su espalda.
Terrifié, il hurla que la Vénus de Milo l’avait serré dans ses bras. On rigola beaucoup et on le regarda s’en aller, deux bras collés dans le dos.

*

Como en el grupo algunos seguían murmurando la psicóloga insistió: ¡Muchachos! Oigo voces...
Comme certains continuaient de murmurer dans le groupe, la psychologue insista : Les enfants ! J'entends des voix…

*

“Soy inocente” grita el mago aterrado, sin saber qué hacer con los animales que ahora ocupan palcos y platea.
« Je suis innocent », crie le magicien, ne sachant pas quoi faire avec les animaux qui se trouvent maintenant dans les tribunes, parmi le public.

*

Si alguien es capaz de contar algo interesante, conmovedor, inteligente, gracioso, etc., usando apenas 160 caracteres, la verdad, merece un premio.
Si quelqu'un est capable de raconter quelque chose d'intéressant, d'émouvant, d'intelligent, de drôle, etc., n'utilisant que 160 caractères, eh bien, il mérite un prix.

*

Cayó la noche y con ella el frío. Entre su cara y el asfal-to solo hay un cartón viejo. Entre su presente y su pasado solo hay ocho años.
La nuit tomba et avec elle le froid. Entre son visage et la chaussée, il n'y a qu'un vieux carton. Entre son présent et son passé, il n'y a que huit ans.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Justine / Elena – texte 74

Lo que quieras

Yo estaba de pie, él de rodillas. Sus manos en las mías, su mirada en mis ojos.
—Te amo —me dijo—, y te lo voy a demostrar. Pedime lo que quieras: una rosa de oro, una estrella de mar. Una estrella del cielo.
—Con un canario me conformo —contesté riéndome.
—Lo consigo y vuelvo.
Volvió rápido. Cansado. Tierno como siempre.
Arrastraba una jaula enorme.
—¿Y el canario? —pregunté.
—Decidí que ningún pájaro podría compararse con vos, mi amor, que cantás como un ángel —respondió.
Me emocionó saber cuánto valoraba mi voz.
Avancé unos pasos. Me paré dentro del círculo de rejas.
Él cerró la puerta.

Traduction temporaire :

Tout ce que tu voudras

J'étais debout, lui à genoux. Ses mains dans les miennes, ses yeux dans les miens.
— Je t'aime, m'a-t-il déclaré, et je vais te le prouver. Demande-moi ce que tu voudras. Une rose d'or, une étoile de mer. Une étoile du ciel.
— Je me contenterai d'un canari, ai-je répondu en riant.
— Je vais le chercher et je reviens.
Il est revenu rapidement. Fatigué. Toujours aussi tendre.
Il tirait une cage énorme.
— Et le canari ? ai-je demandé.
— J'ai décidé qu'aucun oiseau ne pourrait être comparé à toi, mon amour, toi qui chantes comme un ange, a-t-il répondu.
J'ai été émue de savoir combien il appréciait ma voix.
J'ai avancé de quelques pas. Je me suis arrêtée à l'intérieur du cercle formé par les barreaux.
Il a fermé la porte.

lundi 13 février 2017

Projet Justine / Elena – texte 73

Añoranza
—Encontré esto en la calle —dice la abuela, con desconfianza ante lo extraño del hallazgo. Me ofrece unos billetes arrugados y monedas.
Recibo, cuento.
—¡17 euros! —exclamo.
—¿Euros?
—Los habrá perdido algún turista: es la plata que se usa en Europa.
—¿De mi tierra?
Hay incredulidad, emoción y una tristeza profunda en su pregunta.
Llegó a Argentina de pequeña, el pueblito desde el cual partiera ya no existe.
Retorno el dinero a su mano.
Cierra los ojos y lleva esa mano, cargada de maravilla según leo en el gesto, junto a su corazón.

Traduction temporaire :
Nostalgie

— J'ai trouvé ça dans la rue, m'explique ma grand-mère, méfiante, vis-à-vis de son étrange découverte.
Elle me tend des billets froissés et des pièces.
Je les prends et je compte.
— 17 euros ! m'écrié-je
— Euros ?
— Sûrement perdus par un touriste. C'est la monnaie utilisée en Europe.
 — En provenance de ma terre natale ?
Dans sa question se mêlent incrédulité, émotion, et une profonde tristesse.
Elle est arrivée en Argentine alors qu'elle était enfant, le petit village qu'elle a quitté n'existe plus.
Je remets l'argent dans sa main.
Elle ferme les yeux et porte cette main, remplie de merveilles, d'après ce que je lis dans l'expression de son visage, à son cœur.

Projet Justine / Elena – texte 72

A-parejos

—Ajustame bien la brida —dice.
La experiencia indica no preguntar, entonces, permito que mi mano recorra la piel, tan suave, de su cintura, y mantengo la posición: el lazo recién inaugurado.
No recuerdo su nombre y tampoco importa, el bar donde nos conocimos ahora parece un sueño, la única realidad es el claroscuro de esta habitación y nuestra ropa en el suelo.
Su lengua entra como un balazo en mi boca.
—Ajustá más —murmura luego en mi oído.
Loco por alcanzar la tierra fértil que oculta su broza, ciño cuanto puedo el abrazo.
—No es suficiente —declara apartándose de pronto, más fría que el hielo. Y para mi enorme sorpresa da media vuelta, me amaga una coz y se marcha al trote.
Carla, creo que se llama Carla.

Traduction temporaire :

Dés-assortis

— Serre-moi bien la bride, demande-t-elle.
L'expérience stipulant de ne pas demander, j'autorise ma main à parcourir la peau, si douce, de sa taille, et je garde cette position : le lien tout juste établi.
Je ne me rappelle pas son prénom, et ce n'est pas non plus important. Le bar où on s'est rencontrés semble maintenant un rêve, la seule réalité étant le clair-obscur de cette chambre et nos vêtements par terre.
Sa langue pénètre dans ma bouche tel un coup de feu.
— Serre davantage, me murmure t-elle ensuite à l'oreille.
Poussé par l'envie folle d'atteindre la terre fertile que cache sa toison, je l'étreins de toutes mes forces.
— Ce n'est pas suffisant, se plaint-elle en s'écartant aussitôt, plus froide que la glace.
Et, à ma très grande surprise, elle fait demi-tour, feint de me donner un coup de pied et s'en va en trottinant.
Carla, je crois qu'elle s'appelle Carla.

Projet Maïté / Marjorie – phrases 32-35

-Ahora alcanzo a ver unos señores muy comedidos que discuten sin enfadarse y que hacen con mucha calma sus observaciones. -Pues sal de dentro del diablo, para que no digas algún despropósito contra esos señores, que deben ser hombres de talento. Salió efectivamente de detrás de la cortina, y yo de la casa pensando en lo que había oído. Al día siguiente fui a buscar al charlatán para que me dijera cómo supo todo aquello de ser yo el autor de El jíbaro.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Rachel – micros série 3

Sintió otra vez las voces y palideció. Pensó en el electroshock. Se lavó largamente la cara y abrió la puerta. Cuando dijo “el siguiente” vieron su túnica mojada.
Il perçut de nouveau les voix et pâlit. Il pensa à l'électrochoc. Il se lava longuement le visage et ouvrit la porte. Quand il dit « au suivant », ils virent que sa blouse était trempée.
*

Marcas en el suelo me indican hacia donde debo ir, vos no las ves, pero eso no significa que no estén allí.
Des marques sur le sol m'indiquent la direction que je dois suivre. Toi, tu ne les vois pas, mais cela ne signifie pas qu'elles ne sont pas là.

*

Una vía olvidada con yuyos entre los rieles. Un paso a nivel hacia ninguna parte. Por allí cruzaré en el tren bullicioso, de regreso a la infancia.
Une voie oubliée, des herbes entre les rails. Un passage à niveau vers nulle part. C'est par là que je traverserai, dans le train bruyant, de retour vers l'enfance.

*

Cuando estuvo libre de pecados no encontró ninguna piedra.
Quand il fut libéré de ses péchés, il ne trouva aucune pierre.

*

Sigue el temporal... Lo vi escribiendo frente a su ventana y vi que era pequeño, pero era un hombre. Y pude ver lo que escribía, decía: Sigue el temporal...
La tempête continue… Je l'ai vu en train d'écrire face à sa fenêtre et j'ai vu qu'il était petit, mais c'était un homme. Et j'ai pu voir ce qu'il écrivait. Ça disait : La tempête continue…

*

Un minicuento es como la eyaculación precoz, entregas todo en poco, llegas a lo más alto y te caes…fumas un cigarro y quieres hacerlo de nuevo.
Un micro-récit est comme l'éjaculation précoce. Tu donnes tout en un rien de temps, tu atteins le sommet et tu retombes… tu fumes une cigarette et tu veux recommencer.

*

Subió al tren y no pagó boleto, su destino estaba en donde lo bajaran.
Il avait pris le train sans payer de billet. Sa destination était là où on le ferait descendre.

mercredi 8 février 2017

Projet Justine / Elena – texte 71

Ausencias

Cuando la abuela me fue a retirar del colegio tuve un pensamiento ridículo: “¿Cómo se puede llorar en un día tan lindo?”
—Tu mamá —repetía bajito, y sus murmullos retumbaban en la Dirección—. Se la llevaron —agregó de pronto.
—¿Quiénes? —nadie pareció escuchar mi pregunta.
—Ahora hay que ser fuerte —dijo la directora—. No cansarse de golpear puertas, preguntar.
—¿Supiste algo de tu hermana? — le replicó la abuela.
Para mí el dolor aún no había comenzado, me distraje observándolas. Fue entonces que tuve un pensamiento gigante para mis chicos seis años: “Tan distintas y sin embargo son una”.
La abuela tomó mi mano y nos fuimos caminando ligero, como si mamá nos aguardase, con apremio, en alguna parte.

Traduction temporaire :
Absences

Quand ma grand-mère est venue me chercher à l'école, je me suis bêtement demandé : « Comment peut-on pleurer par une aussi belle journée ? »
— Ta maman, répétait-elle tout bas, et ses murmures résonnaient dans le bureau de la directrice. Ils l'ont emmenée, a-t-elle ajouté aussitôt.
— Qui ça, ils ?
Personne n'a paru entendre ma question.
— Maintenant, il faut être forte, a déclaré la directrice. Ne pas se décourager de frapper aux portes, de poser des questions.
— As-tu des nouvelles de ta sœur ? lui a rétorqué ma grand-mère.
Moi, je ne ressentais pas encore la douleur, je me suis amusée à les observer. C'est alors que j'ai eu une grande idée pour mes six jeunes années : « Si différentes, et pourtant, elles ne font qu'une. »
Ma grand-mère m'a prise par la main, et nous sommes parties vite, comme si maman nous attendait quelque part avec empressement.

Projet Justine / Elena – texte 70

Doble traición

—Guárdate de los idus de marzo —dice Espurina, el vidente.
Cayo Julio César escucha la advertencia. Guerrero que ha probado su valentía en batallas de gran ferocidad, no teme, sin embargo los usos de la política le han enseñado a ser precavido. Hay, entre los patricios, uno en quien su corazón confía. A ése manda llamar y pregunta:
—¿Acaso los senadores planean asesinarme, hijo mío?

Traduction temporaire :
Double trahison

— Méfie-toi des Ides de mars, l'alerte Spurinna, le devin.
Jules César écoute l'avertissement. En guerrier ayant prouvé son courage au cours de batailles très féroces, il n'a pas peur ; les us de la politique lui ont néanmoins appris à être prudent. Chez les patriciens, il y a quelqu'un en qui son cœur a confiance. Il le fait appeler et lui demande :
— Est-ce que les sénateurs prévoient de m'assassiner, mon fils ?

Projet Justine / Elena – texte 69

Sin salida

Podría defenderse pero no encuentra el modo.
Hay dolor y pérdida en su futuro, que él sufre desde ahora.
Como si estuviera en la selva rodeado de arbustos. Entre los espinos, el fulgor maligno de unos ojos amarillos. Garras colmillos melena, sólo sombra, amenaza. Así se siente.
Prefiere declararse chivo expiatorio, víctima. Se reconoce equivocado. Se sabe culpable.
Lo acompaña un vaso de whisky.
Es su empresa, su despacho, su whisky.
Por ahora.

Traduction temporaire :

Sans issue

Il pourrait se défendre, mais ignore comment.
Douleur et perte jalonnent son avenir, dont il souffre d'ores et déjà.
Comme s'il était dans la jungle, entouré d'arbustes. Au milieu des aubépines, l'éclat mauvais d'yeux jaunes. Des griffes, des crocs, une crinière, rien que des ombres, une menace. Voilà comment il se sent.
Il préfère se déclarer bouc-émissaire, victime. Il reconnaît qu'il s'est trompé. Il se sait coupable.
Un verre de whisky l'accompagne.
C'est son entreprise, son bureau, son whisky.
Pour l'instant.

Projet Justine / Elena – texte 68

Sed

Se mantuvo en su sitio durante más de quinientos años; echando raíces, creciendo.
Pero no más.
Mi ciudad ya no está.
Se fue. Llevándose las escuelas, las calles, las plazas; la peatonal; y los jacarandáes, y las campanas. Hasta ese río suyo, tan mañoso que a veces parecía manso. Hasta el río se llevó. Hasta la gente.
Aquí no hay nadie, nada.
Estoy yo. Con los ojos doloridos, los labios lastimados.
Yo, que ahora soy todo y todos. Puedo jugar, ser tanto la maestra como el alumno. El dependiente y el jefe, el policía el corrupto, el juez el ladrón. Podría ser el cínico diciendo “Estaba vieja, arterioesclerótica, entró a caminar sin rumbo y se perdió”.
O el ambientalista “El lago del que todos bebíamos, envenenado de orines, la volvió loca, entonces se marchó”.
Siempre supuse que algo así ocurriría, por eso decidí no beber agua. No tocar el agua. Pienso que tuve razón, pienso que por eso permanezco.
No presto atención a las molestias. Ni siquiera me preocupo por la lengua, que está hinchada y ocupa toda la boca.

Traduction temporaire :
Soif

Elle est restée en place plus de cinq-cents ans ; prenant racine, se développant.
Mais voilà.
Ma ville n'est plus.
Elle est partie. En emportant les écoles, les rues, les places ; les zones piétonnières ; ainsi que les flamboyants bleus, et les cloches.
Jusqu'à son fleuve, si fourbe qu'il avait parfois l'air paisible. Elle a emporté jusqu'au fleuve. Jusqu'aux gens.
Ici, il n'y a personne, rien.
Sauf moi. Les yeux douloureux, les lèvres blessées.
Moi, qui, maintenant, suis tout et tout le monde. Je peux jouer, être aussi bien la maîtresse que l'élève. Le vendeur et le responsable, le policier, le corrompu, le juge, le voleur. Je pourrais être le cynique, et dire : « Elle était vieille, souffrait d'artériosclériose, a commencé à errer sans but et s'est perdue. »
Ou l'écologiste : « Polluée par les urines, l'eau du lac que nous buvions tous l'a rendue folle, alors elle est partie. » J'ai toujours imaginé que quelque chose du genre arriverait, voilà pourquoi j'ai décidé de ne pas boire d'eau, de ne pas toucher l'eau. Je pense que j'ai eu raison. Je pense que c'est pour ça que je suis toujours là.
Je ne prête pas attention aux désagréments. Je ne m'inquiète même pas pour ma langue, qui est gonflée et prend toute la place dans ma bouche.

Projet Pauline M.G. – phrases 184-186

Piensa que quizás eso sienta la gente que alguna vez jugó con una madre: él nunca tuvo infancia, del puericultorio pasó a la calle a los siete años, y en la calle se hizo de su fama apenas supo cómo robar para comer. La única ración de ternura la ha recibido de los animales: perros, gatos, aves y hasta de una iguana verde que mordía los pasadores de sus zapatillas. Animales que lo comprenden porque no le piden nada: les dan su lomo y él pasa la mano distraído.

Traduction temporaire :
Il se dit que c'est peut-être ce que ressentent les gens qui ont déjà joué avec leur mère... Lui n'a jamais eu d'enfance. À sept ans, il est passé de l'orphelinat à la rue et, une fois là, il a fait sa réputation lorsqu'il a appris à voler pour manger.
Le peu de tendresse qu'il a reçu lui vient des animaux : chiens, chats, oiseaux et même un iguane vert qui mordait les lacets de ses chaussures. Des animaux qui le comprennent parce qu'ils ne lui demandent rien. Ils lui présentent leur échine sur laquelle il passe une main distraite.

Projet Hélène 5 – phrases 384-388

Lo miró otra vez como para significarle que su relato lo había conmovido en extremo, como para ahogar un sollozo. ¡Así que ustedes también han tenido lo suyo!, dijo. ¡Tú, peruano, también sabes cómo son las cosas! Luego se volvió hacia la tribu y retomó la palabra. Su voz estaba menos exaltada que hacía un rato y era grave, grave como lo que decía.

Traduction temporaire :
Il le regarda de nouveau, lui signifiant que son récit l'avait tellement ému qu'il avait dû retenir ses larmes. Alors comme ça, vous aussi, vous avez eu votre lot ! conclut-il. Péruvien, toi et moi, nous savons ce qu’est la vie ! Il se retourna vers sa tribu et reprit la parole. Sa voix était moins exaltée qu'un instant auparavant et grave, à l'instar de ce qu’il disait.

mardi 7 février 2017

Projet Elena 13 – phrases 182-189

Toso, y un dolor eléctrico me sacude desde los intestinos hasta la garganta. Como si me estuvieran operando a corazón abierto y sin anestesia. Arde el brazo donde la spike encontró la vena. Lo toco y me quedo con algo. Un poco de piel. Me digo si es eso el dragón. Si me despellejaré viva.  Toso, y un dolor eléctrico me sacude desde los intestinos hasta la garganta.

Traduction temporaire :
Je tousse, et une douleur électrique me secoue depuis les intestins jusqu'à la gorge. Comme si on m'opérait à cœur ouvert et sans anesthésie. Mon bras, celui où la spike a trouvé la veine, me brûle. Quand je le touche, quelque chose reste collé. Un morceau de peau. Je me demande si le dragon fait cet effet. Si je vais finir en lambeaux. Je tousse, et une douleur électrique me secoue depuis les intestins jusqu'à la gorge.

lundi 30 janvier 2017

Projet Justine / Elena – texte 67

Seudónimo: Nilda

Para no desconocer la Regla, diré, si el abad decide hacerse escuchar sobre el aullido de los lobos y formula la pregunta. Será una noche, quizá la próxima, cuando me sorprenda escribiendo las leyendas de los paganos de estas tierras e increpe:
—¿Por qué narra vida y obra de demonios?
Relato esta maravilla desmadrada porque necesito la fuerza de su hechizo para soportar la cárcel que es su monasterio, debiera replicar.
—Para no desconocer la Regla de Nuestro Padre Benito, disciplino mi mente en este trabajo que barrerá cualquier duda entre el error y la fe —será lo que él oiga.
Los colmillos que refulgen en la noche y su gracia liberadora, como la gracia de Dios, siempre pueden ser una respuesta.

Traduction temporaire :

Pseudonyme : Nilda

Pour ne pas ignorer la Règle, répondrai-je, si l'abbé décide de donner son avis sur les hurlements des loups et me pose la question. Une nuit, peut-être la prochaine, il me surprendra en train d'écrire les légendes des païens habitant sur ces terres et me blâmera :
— Pourquoi racontez-vous la vie et l'oeuvre de démons ?
Je relate cette merveille insensée parce que j'ai besoin de la force de son envoûtement pour supporter la prison qu'est votre monastère, devrais-je répliquer.
— Pour ne pas ignorer la Règle de Notre Père Benito, je discipline mon esprit en accomplissant cette tâche qui balaiera le moindre doute à la frontière entre l'erreur et la foi.
Voilà ce qu'il entendra.
Les crocs qui luisent dans la nuit et leur grâce libératrice, à l'instar de la grâce de Dieu, peuvent toujours être une réponse.

Projet Rachel / Sébastien – phrases 129-138

Detecto preocupación en el tono de Danny. Calculo la probabilidad de que aquello pueda incomodarle; ínfima. No concuerda con los hechos. Etiqueto el resultado como “sorpresa”. Lo percibo tan cercano a mí mismo que a veces evalúo mal los datos. Se me olvida que sigue siendo humano.
―No, claro que no. Las subrutinas ocultas se insertan, precisamente, porque no podemos saltarnos las leyes robóticas. Si tú quieres, por ejemplo, utilizar un androide para el espionaje industrial, puede ser interesante que ni él mismo lo sepa. Así no tendrá que mentir, fingir, ni entrar en contradicción consigo mismo en ningún momento.

Traduction temporaire :
Je détecte une pointe d'inquiétude dans le ton de Danny. J'évalue la probabilité que cette histoire puisse le gêner. Infime. Cela ne concorde pas avec les faits. Je classe le résultat sous l'étiquette « surprise ». Je le trouve tellement semblable à moi que, parfois, j'analyse mal les données. J'en oublie presque qu'il reste un humain.
― Non, bien sûr que non. Les sous-programmes cachés sont introduits, précisément parce que nous ne pouvons pas contourner les lois robotiques. Par exemple, si pour de l'espionnage industriel, tu veux utiliser un androïde, il peut être intéressant que lui-même n'en sache rien. Comme ça, il n'aura jamais à mentir, faire semblant, ni à entrer en contradiction avec lui-même.

mercredi 25 janvier 2017

Projet Pauline M.G. – phrases 178-183

Al voltear la esquina que da hacia el río, la chiquilla estaba agazapada esperándolo.
—Te demoraste menos de lo que pensé.
El Espantajo para de golpe y se molesta consigo mismo por la poca efectividad de sus decisiones.
—Ya,  pues, apúrate.
Los dos van caminando, bajan una loma para acercarse al río y ella se le adelanta un poco: juega con Galaor lanzándole palitos que el perro insiste en recoger una y otra vez. El Espantajo se queda mirando a la chica: se siente extraño, algo dulce le surge de adentro, un sentimiento que detesta porque le parece femenino, amanerado, maricón.

Traduction temporaire :
La petite l'attendait, tapie après le coin qui donnait sur la rivière.
— Il t'a fallu moins de temps que je ne pensais.
L'Épouvantail s'arrête net et s'en veut de la faiblesse de ses décisions.
— Oui, bon, dépêche-toi.
Ils marchent tous les deux, descendent une butte et rejoignent la rivière. Elle le devance un peu : elle joue avec Galaor, lui lance des bâtons que le chien ne se lasse pas de rapporter encore et encore. L'Épouvantail regarde la petite : il se sent bizarre, quelque chose de doux monte en lui, un sentiment qu'il déteste parce qu'il je juge féminin, maniéré, un truc de tapette.

Projet Hélène 5 – phrases 372-383

De hallarlo, ¿qué iba a hacer con él? ¿Matarlo? La respuesta no venía a su cerebro. Él no había matado nunca a nadie. La respuesta estaba en algún sitio de su alma, provocándole vértigos. Clyde le acercó el rostro y se quedó mirándole a los ojos, como cerciorándose de lo evidente. No respondió.
Clyde se levantó y alzó los brazos como para relanzar la asamblea. Mirando al cielo, exclamó:
—¡No estamos solos, oh Señor! ¡Gracias por las lecciones de esta noche! Dinos, ¿qué quieres que hagamos? ¡Dinos cuál es esta vez tu juego!

Traduction temporaire :
Qu’allait-il faire de lui s’il le trouvait ? Le tuer ? Il n'avait pas la réponse. Il n’avait jamais éliminé personne. La réponse était quelque part dans son âme, et lui donnait le vertige. Clyde approcha son visage, et le fixa droit dans les yeux, comme pour s’assurer de ce qui paraissait évident. Il ne répondit pas.
Clyde se leva en déployant les bras afin de relancer l’assemblée. Les yeux au ciel, il s'écria :
— Nous ne sommes pas seuls, oh Seigneur ! Merci pour les enseignements de cette nuit ! Dis-nous, que veux-tu que l’on fasse ? Dis-nous à quoi tu joues cette fois-ci !

Projet Alexia / Sonita – phrases 219-232

Acompañé a Stephen King del hangar al hotel y del hotel al aeropuerto. Durante todo el recorrido evitó mirarme. Pero hablamos. Hablamos mucho.
—Mantente en movimiento —creo que fue lo último que me dijo antes de subir al avión—. Mantente a salvo. —Típico one-liner. Me quedé para ver el despegue. Quería tener la seguridad de que despegara rumbo a Maine.
Dondequiera que esté eso.
Sé que algunos me ven. Que algunos incluso me buscan. Es absurdo. Yo no tengo nada que decir, nada que revelar.
Simplemente sigo patinando.

Traduction temporaire :
J’ai raccompagné Sephen King du hangar à l’hôtel et de l’hôtel à l’aéroport. Pendant tout le trajet, il a évité de me regarder. Mais on a parlé. On a beaucoup parlé.
— Continue d’avancer. Je crois que c’est la dernière chose qu’il m’a dite avant de monter dans l’avion. Fais attention à toi. Une one-liner typique. Je suis resté pour voir le décollage. Je voulais être sûr qu’il s’envolait bien pour le Maine.
Où que ça se trouve.
Je sais que certains me voient. Que certains me cherchent, même. C’est absurde. Je n’ai rien à dire, rien à révéler.
Je continue de patiner, simplement.

mardi 17 janvier 2017

1 000 000

Tradabordo est né à Bordeaux (à l'occasion de l'ouverture du Master professionnel « métiers de la traduction ») le 2 septembre 2008 et c'est le 17 janvier 2017, à Nanterre, dans un cadre qui est maintenant surtout communautaire, amical et peut-être aussi un peu familial, qu'il aura franchi la barre des 1 000 000 de visites. Dans son sillage, indissociables, sont apparues nos belles et ambitieuses «Lectures d'ailleurs», qui regroupent pour l'instant 33 anthologies, avec près de 800 auteurs et plusieurs milliers de textes.
Que de chemin parcouru !
J'espère que cela restera vivant encore de nombreuses années (au moins jusqu'au 2 000 000), pour les auteurs, pour les traducteurs et pour les lecteurs.
Une grande joie, beaucoup de fierté et bien des émotions pour toute l'équipe.

Projet Elsa 2 – phrases 64-71

-¿Cómo van las cosas?- preguntó Leila a modo de saludo.
-Ya sabes, Sherezade hace casi todo el trabajo y del resto ocupan Ada y Bea, así que lo único que me queda es dedicarme a la vida contemplativa- bromeó Nubai.
Leila sonrió, y su avatar mostró una sonrisa encantadora con dientes perfectos y blancos como perlas.
-Como si eso fuera posible. Bueno, ¿por qué estoy aquí?
-Cuántas prisas. Cualquiera diría que no tienes la eternidad por delante.
Leila encogió los anchos hombros de titanio.

Traduction temporaire :
— Comment ça va ? demanda Leila pour dire bonjour.
— Tu nous connais, Sherezade fait presque tout le travail, Ada et Bea s’occupent du reste, et moi, je n’ai plus qu’à me consacrer à la vie contemplative, plaisanta Nubai.
Leila sourit, et son avatar afficha un sourire charmant, aux dents aussi parfaites et blanches que des perles.
— Comme si c’était possible ! Bon, dis-moi, qu’est-ce qui m’amène ici ?
— Tu es bien pressée ! On croirait que tu n’as pas l’éternité devant toi.
Leila haussa ses larges épaules de titane.

samedi 14 janvier 2017

Projet Justine / Elena – texte 66

Reservado

Los grandes dijeron que era malo. Que por eso andaba volando encima del pueblo con sus alas enormes, sus garras y esa cola de víbora.
—Nunca nos atacó —quise decir, pero me callé.
—Si esa bestia continúa paseándose por el cielo —nos explicó la maestra —va a ser muy peligroso para ustedes salir de sus casas.
—Podría dominarnos fácilmente —empezó a decir el gobernador.
—Podría comernos —chilló un viejo.
Mamá me susurró en el oído:
El monstruo es capaz de lanzar fuego por la boca.
—Es el anticristo —sentenció el párroco.
Resolvieron matarlo.
Los chicos estábamos mirando cuando le dispararon. Cayó desde muy alto.
Mientras ellos se palmeaban, nosotros corrimos para ver el cuerpo de cerca.
Era una hembra.
La hembra quedó con los ojos abiertos, mirándolos, me pareció que había sufrido mucho dolor y un miedo terrible.
—Le sale humo de la nariz —gritó alguien.
—Lo del fuego. Eso sí era cierto —pensé.

Traduction temporaire :
Réservé

Les grands ont dit qu'il était méchant. Que c'était pour ça qu'il se déplaçait en volant au-dessus du village, avec ses ailes énormes, ses griffes, et cette queue de serpent.
— Il ne nous a jamais attaqués, ai-je voulu dire, mais je me suis tu.
— Si cette bête continue de se promener dans le ciel, nous a expliqué la maîtresse, sortir de chez vous va devenir très dangereux.
— Il pourrait nous dominer facilement, a lancé le gouverneur.
— Il pourrait nous dévorer, a glapi un vieillard.
Maman m'a murmuré à l'oreille :
— Le monstre peut cracher du feu par la bouche.
— C'est l'Antéchrist, a déclaré le curé.
Ils ont décidé de le tuer.
Nous, les garçons, regardions quand ils lui ont tiré dessus. Il est tombé de très haut.
Pendant qu'ils s'applaudissaient, nous avons couru pour voir le corps de près.
C'était une femelle.
La femelle a gardé les yeux ouverts, les fixant du regard. J'ai eu l'impression qu'elle avait beaucoup souffert et eu terriblement peur.
— De la fumée sort de son nez ! s'est écrié quelqu'un.
— Cette histoire de feu, c'était donc vrai.

Projet Hélène / Guillaume – microrécits série 1

De la boca del ciego salieron pergaminos con todas sus verdades. Pidió que le leyeran. Nunca supo si leían la verdad.
De la bouche de l'aveugle sortirent des parchemins pleins de vérités. Il demanda qu'on les lui lise, sans jamais être certain qu'on lisait la vérité.

*

¿Alguien tiene una pluma para Moisés?
Quelqu'un aurait-il une plume pour Moïse ? 

*

Aquel habitante del mundo fálico temblaba cada vez que se enfrentaba al enorme orificio matriz del water y, carente de puntería, lloraba allí su vergüenza.
Cet habitant du monde phallique tremblait chaque fois qu'il affrontait l'énorme orifice matrice des WC ; perdant toute précision, il y pleurait sa honte.

*

Sopa de letras TCQ. Te Cuento Que Tengo Que Contarte Cuanto Te Quiero; Como Quisiera Tener Tal Quimera Codiciada Como Tesoro Querido ¡Todo Quisiera Contarte!
Soupe de lettres JTDQ. Je Te Dis Que Je Dois Te Déclarer Que Je T'aime[espace]; Que J'aimerais Détenir Quelque Désir Jalousé Tel Qu'un Trésor Déifié. J'aimerais Tout Te Dire !
 
*

Un lobo que yacía herido en el suelo le pidió a una oveja: “Si me traes agua para beber, yo mismo buscaré mi comida”.
Un loup blessé gisant sur le sol dit à une brebis : « Si tu m'apportes de l'eau à boire, je chercherai moi-même ma nourriture ».

*

Enhebró un maíz en el pequeño anzuelo. Lanzó la línea por sobre el muro. Sintió el tirón y recogió. La gallina ni chistó cuando la agarró por el cogote.
Il amorça le petit hameçon avec un grain de maïs. Il lança sa ligne par-dessus le mur. Il sentit que ça mordait et tira sur la canne. La poule ne broncha pas lorsqu'il l'attrapa par le cou.

*

Un mono creyente le dice a un mono ateo: –Dios nos observa desde las alturas. Y responde este otro: –¿Y sólo porque sabe trepar mas alto se convirtió en Dios?
Un singe croyant dit à un autre, athée : « Dieu nous observe depuis l'au-delà ». Et de répondre : « Il est devenu Dieu seulement parce qu'Il sait grimper plus haut ? »

*

Sintió el interior caliente enrojecido. Cuando salió la espada volvió a su frialdad de siempre.
Il sentit la chaleur de son for intérieur empourpré. En retirant l'épée, il revint à sa froideur habituelle.

*

La rata saltó del estante al suelo. Quedé paralizada. Solo me volvió el alma al cuerpo cuando comprobé que era el guante de lana.
 Le rat bondit de l'étagère sur le sol. Je restai paralysée. Je ne repris mes esprits qu'en constatant que c'était en fait le gant en laine.

*

Un inventor inventó el reloj con marcha atrás, lo prendió, puso reversa y lo desinventó.
 Un inventeur inventa l'horloge à remonter le temps ; il l'amorça, l'enclencha à rebours et la désinventa.

*

En la noche, junto al fuego, cuando cada uno fantasea sus hazañas, los pescadores mancos pescan peces infinitos.
La nuit, autour du feu, quand chacun se vante de ses exploits, les pêcheurs manchots pêchent une infinité de poissons. 

*

Una manzana cayo del árbol y todas las demás rieron a carcajadas, aquella, recuperándose en el suelo exclamó enojada: –¿De que se ríen? ¡Inmaduras!
Une pomme tomba de l'arbre et toutes les autres rirent aux éclats. Par terre, reprenant ses esprits, la pomme s'écria, fâchée : — Qu'est-ce qui vous fait rire ? Bande d'immatures !

samedi 7 janvier 2017

Projet Chloé T. – micros série 3

El escrito era muy bueno. Merecía 9, pero le puso 5. Sólo para que no creyera que una noche de amor podía cambiarla.
L’écrit était très bon. Cela méritait 9, mais sa copie reçut 5. Juste pour ne pas lui laisser croire qu’une nuit d’amour pouvait y changer quoi que ce soit.

*

Todo eso de lo del príncipe azul es un fraude. ¡Que empiecen a mandarme los sapos!
Toute cette histoire de prince charmant est une arnaque. Envoyez-moi donc les crapauds !

*

Cerró la puerta de su casa y miró en todas direcciones. Cuando estuvo seguro de que nadie lo veía, levantó vuelo.
Il ferma la porte de chez lui et regarda dans toutes les directions. Certain que personne ne le voyait, il prit son envol.

*

Se los fueron llevando de a uno. Cuando volvían ya nadie los reconocía. No tenían rostro, ni pasado ni nada. Tan solo esa rara mirada perdida.
Ils les emmenèrent un par un. Quand ils revenaient, personne ne les reconnaissait. Ils n’avaient pas de visage, ni de passé, plus rien. Juste cet étrange regard vide.

*

Ella consiguió otro. Le puso mi nombre. Y me soltó la correa.
Elle en trouva un autre. Elle lui donna mon nom. Et m’enleva ma laisse.

*

Lo miré dormir el último sueño y le susurré al oído mi único secreto. Salí del callado recinto y sentí que una parte de mi también había muerto.
Je l’ai regardé dormir pour la dernière fois et je lui ai murmuré mon unique secret à l’oreille. Je suis sortie de la pièce silencieuse et j’ai senti qu’une partie de moi aussi était morte.

*

Hacía dos años que estaba en el manicomio. Soñaba con irse y tener su empresa. Tenía confianza en sí mismo y además ahí le pagaban muy poco como cocinero.
Cela faisait deux ans qu’il était à l’asile. Il rêvait d’en partir et de posséder sa propre entreprise. Outre qu'il avait confiance en lui, là, en tant que cuisinier, il était très peu payé.

*

Todos los ancianos sueñan con una placentera y excitante noche de colesterol.
Tous les vieux rêvent d’une agréable et excitante nuit de cholestérol.

*

Desde que perdió el embarazo, le rastrea el vientre a todas las embarazadas, buscando a su hijo.
Depuis qu’elle a perdu son bébé, elle suit le ventre de toutes les femmes enceintes, à la recherche de son enfant.

*

La pitonisa me tiró las cartas. Si no me agacho, el mazo me liquida. Se calentó porque le dije: Las putas son mas dignas que ustedes. Ellas si venden verdades.
La voyante m’a balancé les cartes à la tête. Si je ne me penche pas, je me prends le paquet en pleine figure. Elle s’est emportée parce que je lui ai dit : les putes sont plus respectables que vous. Elles, au moins, elles vendent des vérités.

*

En una bolsa han puesto las dentaduras de los muertos. Las llevan por la ruta en un camión. Don Carlos y Amelia se besarán por última vez.
Ils ont mis les dentiers des morts dans un sac. Ils les transportent en empruntant la route en camion. Don Carlos et Amelia s’embrasseront pour la dernière fois.

vendredi 6 janvier 2017

Projet Hélène 5 – phrases 367-371

No, no hasta ahora. No lo había hallado, pese a que había lanzado en pos de una pista a todos sus amigos colombianos, centroamericanos y mexicanos, pese a que él mismo había frecuentado con ahínco todo los restaurantes peruanos y latinoamericanos, todos los bares y clubes sociales, las asociaciones de residentes, de amantes de la música criolla y las hermandades religiosas, todos los huecos en los que podría esconderse una rata mayor como esa, como el Comandante “Camión”. Y si un día lo hallaras, ¿qué vas a hacer? La pregunta de Clyde lo sorprendió y se quedó en suspenso. Era cierto, nunca se lo había planteado.

Traduction temporaire :
Non, pas jusqu’à aujourd’hui. Il avait eu beau mettre sur sa piste tous ses amis colombiens, centre-américains et mexicains, fréquenter lui-même assidument tous les restaurants péruviens et latino-américains, tous les bars et clubs de rencontres, les associations d’expatriés, d’amoureux de la musique créole et les confréries religieuses, tous les trous où pourrait se cacher un rat de l’acabit du Commandant « Camion », il ne l'avait pas trouvé. Et si un jour, tu mets la main dessus, qu’est-ce que tu feras ? La question de Clyde le surprit et resta en suspens. En vérité, il ne se l’était jamais posée.

Projet Michaël – microrécits série 1

De los que allí nacimos, sólo yo pude volver. Los demás sobrevivieron.
Parmi ceux d’entre nous qui sont nés là-bas, je suis le seul qui ait pu revenir. Les autres ont survécu.

*

Ocultos, silenciosos, observaban el arca partir. Sus últimos instantes de felicidad valdrían más que la salvación de su especie.
 Cachés, silencieux, ils voyaient l’arche partir. Leurs derniers instants de bonheur auraient plus de valeur que le salut de leur espèce.

*

El hombre dibujó una puerta y la pintó con infinita paciencia, cuando estuvo terminada tomó el picaporte, la abrió y salió de su encierro ante su propia sorpresa.
L’homme dessina une porte et la peignit avec une infinie patience, lorsqu’elle fut terminée, il prit la poignée, l’ouvrit et à sa grande surprise, il sortit de sa réclusion.


*

Corrió por el angosto pasillo del enorme laberinto, cuan-do vio la luz de la salida, fue hacia ella. -¡Soy libre!- gritó en el mismo lugar donde había comenzado.
Il courut dans l’étroit couloir de l’immense labyrinthe. Quand il aperçut la lumière, à la sortie, il se précipita. – Je suis libre ! cria-t-il à l'endroit même où il avait commencé.

*

El beso es arduo y callado siniestro y húmedo muerde y abraza, porque sabe, que es una despedida.
Le baiser est ardu et muet, sinistre et humide, mord et embrasse, car il sait qu’il s’agit d’un au revoir.

*

Actores eran los de antes. Los de ahora tendrán que esperar otro tanto.
Ceux d’avant, oui, c'étaient de vrais acteurs. Ceux d’aujourd’hui devront attendre encore longtemps.

*

Lázaro se despertó sobresaltado porque le ordenaron salir afuera. Vio a Jesús y un gentío ruidoso y sintió furia porque cayeron a la hora de la siesta.
Lázaro fut réveillé en sursaut : on venait de lui ordonner de sortir à l'extérieur. Il vit Jesús et une foule bruyante. Il se mit dans une colère noire ; c'était l'heure de sa sieste.

*

Te mataré cuando termine de leer el cuento del dinosaurio, le dijo mientras apretaba el gatillo.
Je te tuerai quand j'aurai terminé de lire l'histoire du dinosaure, lui dit-il en appuyant sur la gâchette.

*

La noche se bajó los pantalones dejando visible ante el universo sus genitales estrellados…
La nuit, il baissa son pantalon, montrant au monde entier ses parties génitales réduites en bouillie…

*

En el silencio de la noche los pasos la petrificaban. Su padre abría la puerta y nadie venía a rescatarla.
Dans le silence de la nuit, les pas la pétrifiaient. Son père ouvrait la porte et personne ne venait la sauver.

*

Cuando descubrió cuán inocua había sido su vida, decidió publicar su autobiografía en este concurso.
Lorsqu’il découvrit combien sa vie avait été inoffensive, il décida de participer au concours en envoyant son autobiographie.

*

Se durmió vivo. Despertó muerto.
Il s’endormit vivant. Il se réveilla mort.

*

Los hombres me apedreaban sin piedad. Alguien les habló, se fueron y sólo quedó uno que escribía en el suelo con el dedo. Me dijo que me fuera y que no pecara más.
Les hommes me lapidaient sans pitié. Quelqu’un leur parla, ils partirent. Il n'en resta qu'un, qui écrivait par terre avec son doigt. Il me dit de partir et de cesser de pécher.

*

Al despertarme sentí que ya no estabas ahí, me vestí y me fui. Te dejé sola.
En me réveillant, j’ai senti que tu n’étais plus là, je me suis habillé et suis parti. Je t’ai laissée seule.

*

La noche de Santa Rosa volaba la gente por Montevideo. Así se besaron por primera vez. Vivieron felices muchos años. Antes de morir se los llevó la brisa.
 La nuit de la Santa Rosa, les gens volaient dans Montevideo. C’est comme cela qu’ils s’embrassèrent pour la première fois. Ils vécurent heureux de nombreuses années. Avant qu'ils meurent, la brise les emporta.

*

Siempre hablé sola. Mi hermano se ríe. Y me besa. A veces llora. Lo escuché hablar de un tal Down. Mi hermano dice que era un idiota. Me gustan el 21 y el 3.
J’ai toujours parlé seule. Cela fait rire mon frère. Et il m’embrasse. Parfois, il pleure. Je l’ai entendu parler d’un certain Down. Mon frère affirme que c’était un idiot. J’aime le 21 et le 3.

Projet Justine / Émilie

En mi panza están vuestros abuelos, dijo el caníbal vencido, salvándose de ser hervido.
Dans mon ventre, il y a vos grands-parents, dit le cannibale, vaincu, en échappant à la marmite.

*

Para él la condena significó un simple cambio. Mucho espacio y poco tiempo por mucho tiempo y poco espacio.
Pour lui, la condamnation signifia un simple échange. Beaucoup d’espace et peu de temps contre beaucoup de temps et peu d’espace.

*
Siempre había querido viajar en el tiempo. En el momento en que creyó que había sido tragado por un agujero negro estaba retornando al vientre de su madre.
Il avait toujours voulu voyager dans le temps. Et quand il crut être avalé par un trou noir, c'était en fait dans le ventre de sa mère qu'il retournait.

*

Cuando lo descongelaron, tuvo que recomenzar dibujando comics japoneses.
Quand on le décongela, il dut recommencer à dessiner des mangas.

*

Se encontraban todas las noches en el chat, hasta que un día decidieron desconocerse en persona.
Ils se retrouvaient tous les soirs par chat, jusqu'à ce qu'ils décident de ne pas se voir en personne.

*

En el siglo XIX los concursos de minicuentos se hacían con palomas mensajeras.
Au XIXe siècle, on utilisait des pigeons voyageurs pour les concours de microrécits.

*

Cuando a un sicario no le pagan, se le duplica el trabajo y tampoco cobra.
Quand un tueur à gages n'est pas payé, il a deux fois plus de travail et ne gagne rien pour autant.

*

Nunca imaginamos que una huelga de cartógrafos causaría tanta desorientación.
Nous n'avions jamais imaginé qu'une grève de cartographes causerait une telle désorientation.

*

“Amo a mi marido, pero mi hijo me la hace muy difícil’’. Dijo Yocasta a sí misma.
J'aime mon mari, mais mon fils me donne du fil à retordre », se dit Jocaste intérieurement.

*

Ella mentía sexo para obtener amor, el mentía amor para obtener sexo. Así llevaban siete años de amantes.
Elle simulait lors de leurs rapports sexuels pour obtenir de l'amour, lui simulait l'amour pour obtenir du sexe. Cela faisait sept ans qu’ils étaient amants.

*

Toda una vida por delante, pero el tiro llegó por detrás...
Toute une vie devant soi, et le coup de feu arriva par derrière…

*

La niña de Guatemala sufrió un calambre fatal en las horas de la tarde en aguas profundas, este medio considera ridículo el rumor de que haya muerto por amor.
La fillette du Guatemala eut une crampe fatale en plein après-midi, dans les eaux profondes – ce média considère ridicule la rumeur selon laquelle elle serait morte par amour.

*

Alpargatas Versace, yerba Revlon, bombillas Cartier, facon Rolex. La extranjerización del campo no es cuento.
Espadrilles Versace, maté Revlon, bombillas* Cartier, coutelas Rolex. L’accaparement des terres agricoles par les étrangers n’est pas une légende.

* Sortes de pailles métalliques servant aussi de filtres.

*

Los divorcios tramitados por Dios se denominan viudez.
Les divorces arrangés par Dieu s'appellent veuvage.

*

Mi ignorancia llega a lugares que desconozco.
Mon ignorance atteint des lieux que je ne connais pas.

*

No tenía donde caerse muerto, así que no tuvo más remedio que colgarse.
N’ayant pas de quoi s’acheter une corde pour se pendre, il n’eut d’autre choix que de sauter d’un pont.

*

Los primeros políticos con doble discurso fueron ventrílocuos.
Les premiers politiciens servant un double discours furent des ventriloques.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

mercredi 4 janvier 2017

Projet Rachel / Sébastien – phrases 122-128

Coloco la taza de té humeante delante de Danny, pero él parece no darse cuenta. Algo ha captado su interés. Su cerebro limitado necesita centrar esfuerzos en ese nuevo foco de atención. Las tareas secundarias, como coger tazas de té, son relegadas a un segundo plano.
―Espera, espera… ―ha ido abriendo mucho los ojos a medida que yo hablaba; ahora, tiene fruncido el ceño en un gesto de extrañeza―, ¿qué es eso de “subrutinas ocultas”? ¿Me estás diciendo que los androides podéis tener en vuestra programación instrucciones que vuestros dueños ignoran? No podréis saltaros las leyes robóticas, ¿verdad?

Traduction temporaire :
Je pose la tasse de thé fumant devant Danny, mais il ne semble pas s'en rendre compte. Quelque chose a attiré son attention. Son cerveau limité a besoin de concentrer ses efforts sur ce nouveau centre d'intérêt. Les tâches secondaires, comme saisir des tasses de thé, sont reléguées au second plan.
― Attends, attends…, ses yeux se sont agrandis à mesure que je parlais. Maintenant, il fronce les sourcils, étonné, comment ça des « sous-programmes cachés » ? Tu es en train de me dire qu'il est possible que vous autres, les androïdes, vous ayez dans votre programmation des instructions que vos propriétaires ignorent ? Vous ne pouvez quand même pas contourner les lois robotiques, pas vrai ?

mardi 3 janvier 2017

Projet Justine – micros série 2

Todos los días pasaba lo mismo, quien controlaba el ingreso de las ovejas al frigorífico se quedaba dormido.
Tous les jours, c'était la même chose : celui qui contrôlait l'entrée des brebis dans la chambre froide s'endormait.

*

Porque el psicoanálisis focaliza la conflictiva psicológica en el complejo de Edipo, cada consulta cuesta «un ojo de la cara».
Étant donné que la psychanalyse focalise la polémique psychologique sur le complexe d'Œdipe, chaque consultation coûte « les yeux de la tête ».

*

Según dice gente que sabe, la luna le teme a la oscuridad del aljibe.
Aux dires des gens qui savent, la lune a peur de l'obscurité du puits.

*

El romance del circo entre la mujer barbuda y el hombre bala no prosperó: ella no tenía un pelo de zonza y él era un tiro al aire.
La romance du cirque entre la femme à barbe et l'homme-canon n'a pas marché : elle n'avait rien d'une imbécile, et lui, était une tête brûlée.

*

Sin vestirse, se fue escalando ágilmente las volutas de mi cigarrillo.
Sans s'habiller, elle est partie en escaladant avec agilité les volutes de ma cigarette.

*

Aunque se lo conoce como Super-yo, casi siempre es derrotado por su archienemigo, el diabólico Ello.
Bien qu'on le connaisse en tant que Surmoi, il est presque toujours vaincu par son ennemi juré, le diabolique Ça.

*

Existe un pasaje cifrado en la Biblia donde se dice que el agujero de ozono siempre ha estado allí, y que el día en que se cierre Dios ya no podrá vigilarnos.
Dans la Bible, il existe un passage crypté qui dit que le trou dans la couche d'ozone a toujours été là, et que le jour où il se refermera, Dieu ne pourra plus nous surveiller.

*

Jugaba Sofía a hacer una torta de tierra, por cada año de vida puso una cucharada de agua, y puso seis. Por cada dolor una de tierra, y llenó el bol.
Sofía jouait à faire un gâteau de terre. Pour chaque année de vie, une cuillerée d'eau ; comme elle avait six ans, elle en a mis six. Pour chaque douleur, une cuillerée de terre ; elle a rempli le bol.

*

Leyó por algún lado “ojos que no ven, corazón que no siente” y se vendó los ojos. Pero aun así le seguía doliendo.
Il lut quelque part « loin des yeux, loin du cœur », et se banda les yeux. Mais même comme ça, il continuait d'avoir mal.

*

Sobresalen quienes se exponen a la decapitación.
Ceux qui s'exposent à la décapitation sortent du lot. 

Projet Hélène / Audrey – phrases 109-112

Fue terrible ver cómo corrían arrancando las hojas del libro, sin que su dueña, menos entrenada en las carreras, pudiera alcanzarlas, mientras yo, sorprendida por aquella violencia, permanecía alejada y sin moverme. Después, desde lo alto del puente Angamos, arrojaron el libro deshojado y roto, que como una paloma sangrante fue a dar entre los autos que circulaban por la Vía Expresa. Cuando todo terminó, ayudé a mi amiga a recoger las pocas páginas sueltas que encontramos; pudimos recobrar el esqueleto herido de su texto favorito gracias la ayuda de un policía que detuvo el tráfico. Ella me dio las gracias, mas yo era consciente de mi cobardía.

Traduction temporaire :
Expérience terrible que de voir comment elles couraient en arrachant les pages du livre, sans que sa propriétaire, moins entraînée à la course, puisse les rattraper. Surprise par cette violence, je restais à l’écart, sans bouger. Finalement, du haut du pont Angamos, elles jetèrent le livre dépecé et endommagé qui, telle une colombe blessée, alla s'écraser au milieu des voitures circulant sur la Voie Express. Quand elles en eurent fini, j’aidai mon amie à ramasser les quelques feuilles volantes que nous trouvâmes ; nous réussîmes à reconstituer le squelette abîmé de son texte préféré grâce à un policier qui avait interrompu la circulation. Elle me remercia, mais j’avais conscience de ma lâcheté.

lundi 2 janvier 2017

Projet Pauline M.G. – phrases 167-177

— ¡Así que no te importa que me violen y me maten! Ah,  yo no sé, ah.... si me violan y me matan y encuentran mi cadáver flotando todo hinchado sobre el río... será tu culpa.
—Ya pues. ¿Y qué?
—Yo no sé, ah.
Ella empieza a caminar, salta la baranda del muro que separa la autopista del parque y se aleja. Él la mira un rato. Luego vuelve la misma mirada verde sobre los carros que pasan corriendo de este a oeste. Suspira y trata de controlarse. Pero de pronto se para apresurado, salta la baranda, corre hacia el lugar donde ella se ha perdido. Galaor lo sigue a paso lento.

Traduction temporaire :
— Alors tu t'en fiches qu'on me viole et qu'on me tue ! Ben, je sais pas, hein... si on me viole et qu'on me tue et qu'on retrouve mon cadavre tout gonflé flottant dans le fleuve... ce sera de ta faute.
— Ok. Et alors ?
— Et alors, j'en sais rien, voilà.
Elle se met en route, saute la barrière du mur qui sépare l'autoroute du parc et s'éloigne. Il la regarde un moment puis son regard vert revient sur les voitures qui filent d'est en ouest. Il soupire et essaie de se contrôler, mais soudain, il se fige et se précipite, saute la glissière et court jusque là où elle a disparu. Galaor le suit à pas lents...