Capricornio
Nadie sabe cuántas guerras hemos perdido, oficialmente sólo registran algunas. Y al que se pone terco sumando los enfrentamientos de afuera más los internos lo guardan tras las rejas. Callate, por favor. Te tienen fichado, o vos creés lo que dijo, la merma en el consumo. Los que siempre compraron siguen comprando pero el patrón, a vos y no a cualquier otro, ya te salió con la merma. Está preparando el camino, Juan. Sí, es buen tipo pero está con miedo. Tiene una de las pocas empresitas familiares que se ha mantenido en pie, no va a arriesgarla por un loco que además de criticar a viva voz todo lo que ésos hacen, se empecina en recordar lo que está prohibido. Acabala con las islas, cuántas veces más querés que vayamos allá a perderlas. Allá o aquí es igual, Juan, siempre estamos muriéndonos los mismos. Mirá mi viejo, quiso jugar al rebelde antes que vos. No le falto el respeto se lo dije en su momento, para ésos es un juego. Como quien tira los dados para ver a cuál gallina le retuerce el gañote. Total qué problema tienen, después el diario publica “se abatieron a 8 delincuentes” o “18”, o “1008”, tantos como sea preciso. Pobre mi viejo, de empleado ferroviario pasó a manejar un campito casi en la cordillera. Productor caprino, así rezaba el nombramiento dirigido a un tipo al que sólo le faltaban cinco años para jubilarse y que jamás había trabajado en el campo. Cuatrocientos kilómetros de traslado forzoso se tuvo que tragar. Y mamá con él por supuesto. “Los lobos se comieron todas las cabras excepto una, cuando ya la habían atrapado en vez de tragársela, de un envión la estamparon contra el cielo”. Si pensamos en lo que tuvo que luchar contra el cuatrerismo y en su entonces reciente viudez, nunca sabremos si el viejo al momento de morir deliraba o se había vuelto poeta. Si perdés este trabajo vas a tener que recurrir a ésos y mendigarles un puesto: no quiero terminar siendo una cabra estampada contra el cielo, Juan, dejá de andar diciendo que deberían hacer esto, debieron hacer lo otro, dejá de calificarlos que contra ésos no se puede pelear. Como para pelear estás, ni siquiera podés sostener un pocillo de café sin que te tiemble el pulso. Ya te enfermaron, ni una mariposa podrías sostener sin que te tiemble.
Traduction temporaire :
Capricorne
Nul ne sait combien de guerres nous avons perdues. Officiellement, on n'en recense que quelques-unes. Et celui qui, têtu, additionne les affrontements extérieurs en plus des internes, on le place derrière les barreaux. Tais-toi, s'il te plaît. Soit il t'a à l’œil, soit tu crois ce qu'il a raconté sur la baisse de la consommation. Ceux qui ont toujours acheté, achètent encore, mais le patron, lui, il t'a déjà sorti l'excuse de la baisse, à toi et à personne d'autre. Il prépare le terrain, Juan. Oui, c'est un type bien, sauf qu'il a peur. Vu qu'il a l'une de rares petites entreprises à être restée debout, il ne va pas risquer de la perdre pour un fou qui, outre critiquer ouvertement tout ce qu'ils font, s'entête à rappeler ce qui est interdit.Arrête avec nos îles. Combien de fois encore veux-tu qu'on aille là-bas pour les perdre et reperdre ? Ici ou là-bas, c'est pareil, Juan, ceux qui meurent sont toujours les mêmes. Regarde mon vieux, il a voulu jouer les rebelles avant toi.Je ne lui manque pas de respect. Déjà à l'époque, je l'avais prévenu que pour eux, c'était un jeu. Comme quand on jette les dés pour décider à quelle poule on va tordre le cou.
Traduction temporaire :
Capricorne
Nul ne sait combien de guerres nous avons perdues. Officiellement, on n'en recense que quelques-unes. Et celui qui, têtu, additionne les affrontements extérieurs en plus des internes, on le place derrière les barreaux. Tais-toi, s'il te plaît. Soit il t'a à l’œil, soit tu crois ce qu'il a raconté sur la baisse de la consommation. Ceux qui ont toujours acheté, achètent encore, mais le patron, lui, il t'a déjà sorti l'excuse de la baisse, à toi et à personne d'autre. Il prépare le terrain, Juan. Oui, c'est un type bien, sauf qu'il a peur. Vu qu'il a l'une de rares petites entreprises à être restée debout, il ne va pas risquer de la perdre pour un fou qui, outre critiquer ouvertement tout ce qu'ils font, s'entête à rappeler ce qui est interdit.Arrête avec nos îles. Combien de fois encore veux-tu qu'on aille là-bas pour les perdre et reperdre ? Ici ou là-bas, c'est pareil, Juan, ceux qui meurent sont toujours les mêmes. Regarde mon vieux, il a voulu jouer les rebelles avant toi.Je ne lui manque pas de respect. Déjà à l'époque, je l'avais prévenu que pour eux, c'était un jeu. Comme quand on jette les dés pour décider à quelle poule on va tordre le cou.