Palo viejo y astilla
¿Qué es un fantasma? Un hombre que se ha desvanecido hasta ser impalpable, por muerte, por ausencia, por cambio de costumbres. James Joyce El frío le cala los huesos. Da vueltas en la cama, enciende la luz y se levanta. Cuenta los pasos que da cruzando una y otra vez el dormitorio en el que duerme solo desde que ella se mudó al que ocupaban los chicos.
―Así vamos a estar más cómodos. Comprueba que sus papeles están en orden, que cada media tiene su par, que el cuadro con la foto de los dos sigue en su sitio. Se asoma a la ventana, mira la noche. Intenta en vano distraerse, lleva tres años aburrido, desde la jubilación. Vuelve la espalda a la luna. Y lo ve. Desnudo, tranquilo, sentado sobre las sábanas revueltas, está el fantasma del joven que él fue. El visitante lo observa y él, de repente memorioso, recuerda todos sus antiguos proyectos y deseos, y aquellas promesas y aquel sueño que nunca confesó, porque, quizá, fuera irrealizable. Recuerda las excusas. Los ojos del otro continúan sobre él. Siente que sus venas sufren la embestida de caudales extraños, como olas. Y cuenta esas olas que rompen cruzando una y otra vez su propio torrente. Demasiada sal raspando la garganta le hace que le crezcan las ganas de excusarse frente al otro:
—Hice lo que pude —quiere decir. Grita, sin palabras. Aúlla como un animal. Sentado sobre las sábanas revueltas está el fantasma del joven que él fue.
―¡Hice lo que pude! ―grita. Aúlla como un animal.
Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires :
Tel maître, tel valet
"Qu'est-ce qu'un fantôme ?" dit Stephen plein de vibrante énergie. "Quelqu'un qui s'est évanui dans l'impalpable par la mort, l'absence, le changement de monde." James Joyce
Le froid pénètre ses os. Il se retourne dans son lit, allume la lumière et se lève. Il compte les pas qu'il fait en arpentant encore et encore la chambre où il dort seul depuis qu'elle est partie dans celle qu'occupaient les enfants. — Comme ça, on sera plus à l'aise. Il vérifie que ses papiers sont en ordre, que chacune de ses chaussettes a sa jumelle, que le cadre avec la photo où ils sont tous les deux est toujours à sa place. Il se poste devant la fenêtre, regarde la nuit. Il tente en vain de se distraire. Cela fait trois ans qu'il s'ennuie, depuis qu'il est à la retraite. Il tourne le dos à la lune. Soudain, il le voit. Nu, serein, assis sur les draps froissés, se tient le fantôme du jeune homme qu'il a été. Le visiteur l'observe, et lui, ayant soudain retrouvé la mémoire se rappelle tous ses anciens projets et désirs, et ces promesses, ainsi que ce rêve jamais avoué, peut-être parce qu'il était irréalisable. Il se rappelle les excuses. Les yeux de l'autre sont toujours fixés sur lui. Il sent que ses veines subissent l'assaut de débits étrangers, telles des vagues. Puis il les compte, ces vagues qui se brisent en traversant encore et encore son propre torrent.