Nous avons presque terminé Basta ! Bolivie. Ne reste qu'une poignée de textes, pour lesquels j'aimerais qu'on se mette en commando afin de boucler ; il s'agit de celui travaillé par Hélène et Guillaume, puis «¿Culpable?», «Confesión», travaillé par Nieves et «Mejor antes» travaillé par Rachel.
Plateforme communautaire et participative de traduction espagnol / français ; français / espagnol – Université Paris Nanterre
vendredi 19 janvier 2018
Projet Basta ! Morgane – texte 2
GOLPES EN LOS SUEÑOS
solo cuenta el techo como testigo silencioso lágrimas inéditas en las fronteras de la luna promesas de futuro edulcorado se esconden debajo de la mesa cada golpe certero sigue a la ofensa delirante el miedo taciturno impera se yergue absoluto atropellando sueños sorbos de café cercano oyen tristes las quejas serenas todo lo tuvo un día ahora la nada es dueña
Traduction temporaire :
Coups dans les rêves
Seul compte le toit comme témoin silencieux larmes inédites aux frontières de la lune promesses d'un futur édulcoré se dissimulent sous la table chaque coup précis suit l'insulte délirante la peur taciturne domine elle se dresse absolue écrasant des rêves des gorgées du dernier café entendent tristes les plaintes sereines tout cela lui prit un jour maintenant le néant est maître
Coups dans les rêves
Seul compte le toit comme témoin silencieux larmes inédites aux frontières de la lune promesses d'un futur édulcoré se dissimulent sous la table chaque coup précis suit l'insulte délirante la peur taciturne domine elle se dresse absolue écrasant des rêves des gorgées du dernier café entendent tristes les plaintes sereines tout cela lui prit un jour maintenant le néant est maître
mercredi 17 janvier 2018
Projet Justine / Elena – texte 173
Dormir en campo ajeno
El campesino observa a la muchacha que descubre dormida en sus tierras. Deja el palo de aguaribay con el que se ayuda para realizar las tareas de labranza y toma a la desconocida en sus brazos. Camina sosteniéndola hasta la vieja cisterna en desuso y allí la deposita (ha de estar extenuada, continúa durmiendo). Se aproxima una tormenta, debe apurar el trabajo, adelantarse a la lluvia. —Los perros tendrán comida suficiente —murmura para sí mientras corre a recoger su arado rudimentario.
Traduction temporaire :
Dormir dans le champ d'autrui
Le paysan observe la jeune femme qu'il découvre endormie sur ses terres. Il pose son bâton en bois de faux poivrier sur lequel il s'appuie pour les travaux de labour et prend l'inconnue dans ses bras. Il la porte jusqu'à la vieille citerne à l'abandon ; là, il la dépose (elle doit être exténuée, elle dort toujours). Un orage approche, il doit se dépêcher de finir son travail, être en avance sur la pluie. — Les chiens auront assez à manger, murmure-t-il pour lui-même en courant chercher sa charrue rudimentaire.
Dormir dans le champ d'autrui
Le paysan observe la jeune femme qu'il découvre endormie sur ses terres. Il pose son bâton en bois de faux poivrier sur lequel il s'appuie pour les travaux de labour et prend l'inconnue dans ses bras. Il la porte jusqu'à la vieille citerne à l'abandon ; là, il la dépose (elle doit être exténuée, elle dort toujours). Un orage approche, il doit se dépêcher de finir son travail, être en avance sur la pluie. — Les chiens auront assez à manger, murmure-t-il pour lui-même en courant chercher sa charrue rudimentaire.
Projet Justine / Elena – texte 172
Uno sobre dos
Camina por las calles de Baltimore, busca a una mujer joven que se le ha perdido. Y un escarabajo de oro. Si pudiera recordar quién es, sabría dónde buscar; por eso camina sin rumbo. —Todo lo que necesito es un mapa —dice con voz aguardentosa. Hurga dentro de sus bolsillos. No los reconoce, como si las ropas que usa fuesen ajenas. Introduce las manos temblorosas dentro de la camisa, palpa su cuerpo magro, frío como el de un muerto. Ha bebido demasiado, ha bebido porque le gusta, aunque también es posible que le hayan obligado. Eso le pasa, si es que le pasó, por ser un pobre diablo. En Baltimore se sabe cómo los políticos sacan partido de pobres diablos como ése. Las rodillas se doblan contra el empedrado, pero logra apoyar las manos a tiempo para no golpearse el rostro. En esta noche oscura podría confundirse con un perro. Cuidadosamente, despacio, se recuesta. Siente que todo es una herida. Algo punza su mejilla derecha, una espina, un clavo, una piedra. Vomita cierto líquido amarillo. —Encontré al escarabajo. Falta ella.
Traduction temporaire :
Un sur deux
Il marche dans les rues de Baltimore, cherche une jeune femme qu'il a perdue. Et un scarabée d'or. S'il arrivait à se rappeler qui elle est, il saurait où chercher ; raison pour laquelle, il marche sans but. —Todo lo que necesito es un mapa —dice con voz aguardentosa. Hurga dentro de sus bolsillos. No los reconoce, como si las ropas que usa fuesen ajenas. — Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une carte, déclare-t-il d'une voix imprégnée d'eau de vie. Il fouille dans ses poches. Ne les reconnait pas, comme si les vêtements qu'il porte appartenaient à quelqu'un d'autre. Il glisse ses mains tremblantes dans les poches de la chemise, palpe son corps maigre, froid comme celui d'un mort. Il a trop bu ; il a bu parce qu'il aime ça, bien qu'il soit possible aussi qu'on l'y ait obligé. Cela lui arrive, si tant est que cela lui soit arrivé, parce que c'est un pauvre diable. À Baltimore, on sait comment les politiques tirent profit de pauvres diables comme lui. Ses genoux plient sur les pavés, mais il parvient à prendre appui sur ses mains juste à temps pour lui permettre d'éviter de se cogner le visage. Dans cette nuit noire, on pourrait le confondre avec un chien. Il s'allonge lentement, précautionneusement. Il a la sensation que son corps n'est qu'une immense blessure. Quelque chose pique sa joue droite : une épine, un clou, une pierre. Il vomit un liquide jaune. — J'ai trouvé le scarabée. Il ne manque qu'elle.
Un sur deux
Il marche dans les rues de Baltimore, cherche une jeune femme qu'il a perdue. Et un scarabée d'or. S'il arrivait à se rappeler qui elle est, il saurait où chercher ; raison pour laquelle, il marche sans but. —Todo lo que necesito es un mapa —dice con voz aguardentosa. Hurga dentro de sus bolsillos. No los reconoce, como si las ropas que usa fuesen ajenas. — Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une carte, déclare-t-il d'une voix imprégnée d'eau de vie. Il fouille dans ses poches. Ne les reconnait pas, comme si les vêtements qu'il porte appartenaient à quelqu'un d'autre. Il glisse ses mains tremblantes dans les poches de la chemise, palpe son corps maigre, froid comme celui d'un mort. Il a trop bu ; il a bu parce qu'il aime ça, bien qu'il soit possible aussi qu'on l'y ait obligé. Cela lui arrive, si tant est que cela lui soit arrivé, parce que c'est un pauvre diable. À Baltimore, on sait comment les politiques tirent profit de pauvres diables comme lui. Ses genoux plient sur les pavés, mais il parvient à prendre appui sur ses mains juste à temps pour lui permettre d'éviter de se cogner le visage. Dans cette nuit noire, on pourrait le confondre avec un chien. Il s'allonge lentement, précautionneusement. Il a la sensation que son corps n'est qu'une immense blessure. Quelque chose pique sa joue droite : une épine, un clou, une pierre. Il vomit un liquide jaune. — J'ai trouvé le scarabée. Il ne manque qu'elle.
Projet Justine / Elena – texte 171
Al otro lado del silencio
Soy la cuerda rota de la que tiraron los asesinos; sin embargo, eso no me detiene, hijo. Con el rostro vuelto hacia las tierras cálidas del norte tomo aire, una inspiración profunda hasta sentir que la vida se me ha impregnado de sol, y giro. —El movimiento es cuidadosamente descuidado, como hecho al azar: no confío en el cese de hostilidades del enemigo—. La dirección ahora es el sur, esas Malvinas heladas que hiciste tuyas con tu sangre. Y ahora, qué importa si tengo la entrada a las islas prohibida, vigilada o regulada, lentamente, desde esta Córdoba donde cada baldosa se llama rebeldía, soplo el sol que aspiré sobre esa cruz que te recuerda.
Traduction temporaire :
De l'autre côté du silence
Mon fils, je suis la corde rompue que les assassins ont tirée ; cela ne m'arrête pas pour autant. Le visage tourné vers les terres chaudes du nord, je prends l'air, une profonde inspiration, jusqu'à sentir que la vie m'a imprégnée de soleil, puis je pivote. — Le mouvement est soigneusement négligé, comme fait au hasard : je me méfie de l'interruption des hostilités par l'ennemi. — Maintenant, il faut aller ver le sud, les Malouines gelées que tu as faites tiennes avec ton sang. Et maintenant, qu'importe si l'accès à ces îles m'est interdit, ou si mon entrée est surveillée ou régulée, je souffle lentement le soleil que j'ai inhalé sur la croix en ton souvenir, depuis cette Córdoba où chaque dalle s'appelle rébellion.
De l'autre côté du silence
Mon fils, je suis la corde rompue que les assassins ont tirée ; cela ne m'arrête pas pour autant. Le visage tourné vers les terres chaudes du nord, je prends l'air, une profonde inspiration, jusqu'à sentir que la vie m'a imprégnée de soleil, puis je pivote. — Le mouvement est soigneusement négligé, comme fait au hasard : je me méfie de l'interruption des hostilités par l'ennemi. — Maintenant, il faut aller ver le sud, les Malouines gelées que tu as faites tiennes avec ton sang. Et maintenant, qu'importe si l'accès à ces îles m'est interdit, ou si mon entrée est surveillée ou régulée, je souffle lentement le soleil que j'ai inhalé sur la croix en ton souvenir, depuis cette Córdoba où chaque dalle s'appelle rébellion.
mardi 16 janvier 2018
Projet Chloé T – phrases 48-49
La guió hasta la sala, donde se reunieron con tres sacerdotes que estaban sentados entre la primera mujer de su padre y su madre, que tenía la cara enrojecida por el llanto. La niña los miró asombrada; no eran humildes como el que oficiaba las ceremonias de la aldea, sus vestiduras eran elegantes y habían venido en el carro de vapor.
Traduction temporaire :
Il la guida jusqu’à la pièce où ils se réunirent avec trois prêtres assis entre la première femme de son père et sa mère, dont le visage était rougi par les pleurs. La fillette les regarda, étonnée ; ce n’étaient pas des gens modestes comme celui qui célébrait les cérémonies au village. Leurs vêtements étaient élégants et ils étaient venus en voiture à vapeur.
Il la guida jusqu’à la pièce où ils se réunirent avec trois prêtres assis entre la première femme de son père et sa mère, dont le visage était rougi par les pleurs. La fillette les regarda, étonnée ; ce n’étaient pas des gens modestes comme celui qui célébrait les cérémonies au village. Leurs vêtements étaient élégants et ils étaient venus en voiture à vapeur.
lundi 8 janvier 2018
Projet Justine / Elena – texte 170
Página 18
A PROVINCIA DE CÓRDOBA, VILLA CARLOS PAZ LAS DIFERENTES OPINIONES SE PROFUNDIZAN
“La Fuente de la Eterna Juventud es una desgracia para el pueblo”, reza el cartel que, al calor de las circunstancias, improvisó un pequeño grupo de vecinos aledaños a la zona del descubrimiento. Estas palabras fueron es- critas en contraposición a las declaraciones que Rogelio Suarez, 34 años, desempleado, erigiéndose en portavoz de los vendedores callejeros, efec- tuara a los medios: “Otra como ésta no se me va a dar: las 28 capas de plástico que vendí entre los que esperan para tomarse algunos tragos, con- siguen el pan que mis hijos necesitan”. Mientras tanto, un fuerte cordón policial se despliega alrededor de los majuelos que bordean el terreno de la Casa del Milagro, según se ha dado en llamar a la casa (calle Monteagudo número 81) de cuyas canillas brota el agua en cuestión. Las autoridades no logran un acuerdo, de modo que el acceso a este “milagro” continúa prohibido. La luctuosa fila de gente que aguarda ingresar sólo avanza cuando se produce algún deceso. Tres cuerpos sin vida fueron retirados el día de ayer; según trascendió, la causa de estas muertes habría sido la hipotermia. Aun así, la extensa columna sigue aumentando. Con el ánimo enturbiado por esta exasperante situación, los más viejos exigen prioridad de paso, como así también los enfermos terminales, los minusválidos y algunas mujeres. Resulta bochornoso ob- servar a los ciegos que, intentando imponer su voluntad, agitan los bastones como estoques, o a nuestros ancianos agredirse con sus bocas desdentadas. La policía no interfiere. Acusados de indolencia por la sociedad, sólo los jóvenes se mantienen ajenos al conflicto: —¿Por qué vamos a gastar energía en esto? Nosotros somos eternos.
Traduction temporaire :
Dans la province de Córdoba, Villa Carlos Paz, les différentes opinions se creusent
« La Fontaine de Jouvence est un malheur pour le village », indique l'affiche inspirée par les circonstances. Elle a été improvisée par un petit groupe de voisins près de la zone de la découverte. Ces mots ont été écrits en opposition aux déclarations que Rogelio Suarez, 34 ans, au chômage, a faites dans les médias en s'érigeant en porte-parole des vendeurs ambulants : « Une opportunité pareille ne se représentera pas à moi : les 28 couvertures de survie en plastique que j'ai vendues à ceux qui attendent pour boire quelques verres me fournissent le pain dont mes enfants ont besoin. » Pendant ce temps, un solide barrage policier se déploie autour des aubépines qui bordent le terrain de la Maison du Miracle, comme on l'a appelée (au numéro 81 de la Calle Monteagudo), où l'eau de la fontaine jaillit des robinets. Les autorités ne parvenant pas à un accord, l'accès à ce « miracle » continue d'être interdit. La tragique file de gens qui attend pour entrer n'avance que quand un décès survient. Trois corps sans vie ont été retirés hier dans la journée ; d'après la rumeur, ces morts seraient dues à l'hypothermie. Malgré cela, la longue colonne n'en continue pas moins de s'allonger. L'esprit embrouillé par cette situation exaspérante, les plus vieux exigent de passer en priorité, ainsi que les malades en phase terminale, les handicapés et certaines femmes. Il est abject d'observer les aveugles qui, tentant d'imposer leur volonté, agitent leurs cannes blanches tels des estocs, ou nos anciens s'agresser avec leurs bouches édentées. La police n'intervient pas. Accusés d'indolence par la société, seuls les jeunes gens restent en dehors du conflit : — Pourquoi aller dépenser notre énergie là-dedans ? Nous, nous sommes éternels.
Dans la province de Córdoba, Villa Carlos Paz, les différentes opinions se creusent
« La Fontaine de Jouvence est un malheur pour le village », indique l'affiche inspirée par les circonstances. Elle a été improvisée par un petit groupe de voisins près de la zone de la découverte. Ces mots ont été écrits en opposition aux déclarations que Rogelio Suarez, 34 ans, au chômage, a faites dans les médias en s'érigeant en porte-parole des vendeurs ambulants : « Une opportunité pareille ne se représentera pas à moi : les 28 couvertures de survie en plastique que j'ai vendues à ceux qui attendent pour boire quelques verres me fournissent le pain dont mes enfants ont besoin. » Pendant ce temps, un solide barrage policier se déploie autour des aubépines qui bordent le terrain de la Maison du Miracle, comme on l'a appelée (au numéro 81 de la Calle Monteagudo), où l'eau de la fontaine jaillit des robinets. Les autorités ne parvenant pas à un accord, l'accès à ce « miracle » continue d'être interdit. La tragique file de gens qui attend pour entrer n'avance que quand un décès survient. Trois corps sans vie ont été retirés hier dans la journée ; d'après la rumeur, ces morts seraient dues à l'hypothermie. Malgré cela, la longue colonne n'en continue pas moins de s'allonger. L'esprit embrouillé par cette situation exaspérante, les plus vieux exigent de passer en priorité, ainsi que les malades en phase terminale, les handicapés et certaines femmes. Il est abject d'observer les aveugles qui, tentant d'imposer leur volonté, agitent leurs cannes blanches tels des estocs, ou nos anciens s'agresser avec leurs bouches édentées. La police n'intervient pas. Accusés d'indolence par la société, seuls les jeunes gens restent en dehors du conflit : — Pourquoi aller dépenser notre énergie là-dedans ? Nous, nous sommes éternels.
Projet Elsa / Sabrina – phrases 13-18
A la derecha tan sólo hay una puerta, mitad metal y mitad vidrio. El vidrio está tapado por adentro con una cortina de tela burda y flores rosas. Una señora abre la puerta. Trae un trapeador en la mano y te indica que pases por un lado en lo que se seca el piso. Ahorita sale la señora Ramírez, contesta sin que le hayas preguntado nada. Te sientas en la silla de un comedor, el mantel lleno de migas y manchas de salsa.
Traduction temporaire :
Sur la droite, il y a juste une porte, mi-métallique, mi-vitrée. À l’intérieur, la vitre est recouverte d'un rideau en toile grossière et à fleurs roses. Une femme ouvre la porte. Elle tient une serpillière à la main et te fait signe de passer sur le côté, le temps que le sol sèche.Madame Ramirez arrive tout de suite, répond-elle sans que tu lui aies rien demandé. Tu t'assieds à une table. La nappe est pleine de miettes et couverte de tâches de sauce.
Sur la droite, il y a juste une porte, mi-métallique, mi-vitrée. À l’intérieur, la vitre est recouverte d'un rideau en toile grossière et à fleurs roses. Une femme ouvre la porte. Elle tient une serpillière à la main et te fait signe de passer sur le côté, le temps que le sol sèche.Madame Ramirez arrive tout de suite, répond-elle sans que tu lui aies rien demandé. Tu t'assieds à une table. La nappe est pleine de miettes et couverte de tâches de sauce.
samedi 6 janvier 2018
Projet Justine / Elena – texte 169
Descartar imágenes
Dispuesta a quedarse dejó sobre la vereda el colchón mugroso que acarreaba. Las piernas, deformes, parecían dolerle. Se acostó con difi- cultad. Ni siquiera tenía unos diarios para cubrirse; daba la impresión de ser muy vieja. Anochecía. Las calles estaban desiertas, quizá a causa del frío. Desde mi departamento vi que un grupo de chicos se acercaba caminando por San Jerónimo; al doblar en Independencia, casi tropiezan con ella. Entre risotadas prendieron fuego al colchón. El foco de la esquina, las lla- mas y la escasa claridad que el cielo aún conservaba brindaron luz suficiente. Al principio estaba entusiasmado, miraba la filmación a cada rato y se la pasé a varios amigos, hasta que me aburrió. Acabé por eliminarla.
Traduction temporaire :
Écarter des images
Prête à rester, elle posa sur le trottoir le matelas crasseux qu'elle transportait. Ses jambes déformées semblaient la faire souffrir. Elle se coucha avec difficulté. Elle n'avait même pas de journaux pour se couvrir ; elle donnait l'impression d'être très vieille. La nuit tombait. Les rues étaient désertes, peut-être à cause du froid. De mon appartement, je vis qu'un groupe de jeunes garçons marchant dans San Jerónimo s'en approchait ; en tournant dans Independencia, ils faillirent trébucher sur elle. Entre deux éclats de rire, ils mirent le feu au matelas. Le lampadaire du coin de la rue, les flammes et la faible clarté encore présente dans le ciel apportèrent suffisamment de lumière. Au début, j'étais enthousiaste, je regardais le film tout le temps, puis je l'ai passé à plusieurs amis, jusqu'à ce que je m'en lasse. J'ai fini par l'éliminer.
Écarter des images
Prête à rester, elle posa sur le trottoir le matelas crasseux qu'elle transportait. Ses jambes déformées semblaient la faire souffrir. Elle se coucha avec difficulté. Elle n'avait même pas de journaux pour se couvrir ; elle donnait l'impression d'être très vieille. La nuit tombait. Les rues étaient désertes, peut-être à cause du froid. De mon appartement, je vis qu'un groupe de jeunes garçons marchant dans San Jerónimo s'en approchait ; en tournant dans Independencia, ils faillirent trébucher sur elle. Entre deux éclats de rire, ils mirent le feu au matelas. Le lampadaire du coin de la rue, les flammes et la faible clarté encore présente dans le ciel apportèrent suffisamment de lumière. Au début, j'étais enthousiaste, je regardais le film tout le temps, puis je l'ai passé à plusieurs amis, jusqu'à ce que je m'en lasse. J'ai fini par l'éliminer.
Projet Justine / Elena – texte 168
Criaturas
Silenciados, por fin, aquellos espantosos estruendos de los bombardeos, aquietadas todas las armas, estos pocos sobrevivientes aún no comprenden que la guerra terminó y huyen, continúan huyendo sin necesidad, hacia ninguna parte. De pronto, una nube de mariposas atraviesa el río en el que ahuecan las manos para saciar la sed. En medio de la desolación que los circunda, la sutil energía del vuelo les acerca recuerdos de un mundo que creen perdido. —¿Dónde está la vida? —pregunta una joven con la voz quebrada por el morral de lágrimas que guarda entre las costillas. Los rigores del brutal enfrentamiento los ha llevado a olvidar que la vida, esa poderosa hembra, camina junto a ellos y siempre apuesta a favor de sí misma. Por tal motivo, pronto la primavera pondrá hojas en los árboles y algún nido. Entonces, quizá sólo por aquel atávico reflejo de imitación que los domina, nuestro desorbitado grupo de zaparrastrosos buscará refugio, se asentará. Llegado ese tiempo, la joven que formuló la pregunta se dejará enamorar por unos bellos ojos, tan desamparados como ella pero leales y fuertes, y su voz será canción de cuna. La vida, esa incansable soñadora, ama el frágil vuelo de las mariposas.
Traduction temporaire :
Créatures
Réduit au silence, enfin, l'effroyable vacarme des bombardements, apaisées toutes les armes, les rares survivants ne comprennent pas encore que la guerre est finie et fuient, ils continuent de fuir, sans obligation, vers nulle part. Une nuée de papillons traverse soudain le fleuve dans lequel les mains puisent pour étancher la soif. Au milieu de la désolation qui les entoure, la subtile énergie de ce vol leur apporte des souvenirs d'un monde qu'ils croient perdu. Où est la vie ? demande une jeune fille, la voix brisée par le sac de larmes qu'elle garde entre ses côtes. Les rudesses de cet affrontement brutal les ont amenés à oublier que la vie, cette puissante femelle, marche à côté d'eux et parie toujours en faveur d'elle-même. Voilà pourquoi le printemps mettra des feuilles sur les arbres, ainsi qu'un nid. Alors, peut-être seulement à cause de l'atavique réflexe d'imitation qui le gouverne, notre extravagant groupe de loqueteux cherchera-t-il un refuge, s'y établira. Le moment venu, la jeune femme qui avait posé la question tombera sous le charme de beaux yeux aussi désemparés qu'elle, mais loyaux et forts, et sa voix se fera berceuse. La vie, cette rêveuse infatigable, aime le vol fragile des papillons.
Traduction temporaire :
Créatures
Réduit au silence, enfin, l'effroyable vacarme des bombardements, apaisées toutes les armes, les rares survivants ne comprennent pas encore que la guerre est finie et fuient, ils continuent de fuir, sans obligation, vers nulle part. Une nuée de papillons traverse soudain le fleuve dans lequel les mains puisent pour étancher la soif. Au milieu de la désolation qui les entoure, la subtile énergie de ce vol leur apporte des souvenirs d'un monde qu'ils croient perdu. Où est la vie ? demande une jeune fille, la voix brisée par le sac de larmes qu'elle garde entre ses côtes. Les rudesses de cet affrontement brutal les ont amenés à oublier que la vie, cette puissante femelle, marche à côté d'eux et parie toujours en faveur d'elle-même. Voilà pourquoi le printemps mettra des feuilles sur les arbres, ainsi qu'un nid. Alors, peut-être seulement à cause de l'atavique réflexe d'imitation qui le gouverne, notre extravagant groupe de loqueteux cherchera-t-il un refuge, s'y établira. Le moment venu, la jeune femme qui avait posé la question tombera sous le charme de beaux yeux aussi désemparés qu'elle, mais loyaux et forts, et sa voix se fera berceuse. La vie, cette rêveuse infatigable, aime le vol fragile des papillons.
Projet Justine / Elena – texte 167
Perpendicular a usted
Al nacer el hombre escoge uno de los tres caminos de la vida, y no hay otros; vas hacia la derecha y los lobos te comen, vas hacia la izquierda y tú te comes a los lobos, vas derecho y te comes a ti mismo. Anton Chejov
El destino de las frutas Sale el sol. Te sorprende, no lo esperabas. —Se va a derretir la última nieve —pensás. Nunca te gustó estar desnudo. Retirás las sábanas, te vestís. Ella se despierta, toma un durazno. —Hace frío —comentás. Quisieras saber qué te irrita. Muerde la pulpa, la traga con su cáscara. —Triste destino ser fruta —decís. Las palabras se oyen como si vos también estuvieses masticando algo. La observás comer. El jugo resbala por su boca. Sentís el impulso de beberlo de sus labios, pero no te movés. Ella deja caer el carozo. Reconocés que continúa siendo hermosa. O que vos la seguís viendo hermosa. Mientras, te ponés la corbata, el pullover, el saco; y la calefacción te agobia; y te odiás. Porque estás sudando y se nota. Recogés el carozo. —¿Ya te vas? —pregunta ella. —Tengo mucho que hacer. Se va a derretir la nieve y odio manejar en el barro. El sol vuelve a ocultarse. La habitación queda en penumbras. No encontrás las llaves del auto. Ella, sin vestirse, te las alcanza con un pañuelo para que te seques la transpi- ración de la cara. Lo hace sonriendo, con la sonrisa de una madre tierna ante un hijo caprichoso. Caminás hacia la puerta. Volvés la cabeza. Estás mirándola y pensando lo que todavía no te atrevés a decir en voz alta: “quiero que me des el divorcio.” Ella encorva la espalda, cruza los brazos cubriendo el pecho. Un gesto de pudor. En tantos años de casados, un gesto que nunca habías visto.
El destino de las frutas Sale el sol. Te sorprende, no lo esperabas. —Se va a derretir la última nieve —pensás. Nunca te gustó estar desnudo. Retirás las sábanas, te vestís. Ella se despierta, toma un durazno. —Hace frío —comentás. Quisieras saber qué te irrita. Muerde la pulpa, la traga con su cáscara. —Triste destino ser fruta —decís. Las palabras se oyen como si vos también estuvieses masticando algo. La observás comer. El jugo resbala por su boca. Sentís el impulso de beberlo de sus labios, pero no te movés. Ella deja caer el carozo. Reconocés que continúa siendo hermosa. O que vos la seguís viendo hermosa. Mientras, te ponés la corbata, el pullover, el saco; y la calefacción te agobia; y te odiás. Porque estás sudando y se nota. Recogés el carozo. —¿Ya te vas? —pregunta ella. —Tengo mucho que hacer. Se va a derretir la nieve y odio manejar en el barro. El sol vuelve a ocultarse. La habitación queda en penumbras. No encontrás las llaves del auto. Ella, sin vestirse, te las alcanza con un pañuelo para que te seques la transpi- ración de la cara. Lo hace sonriendo, con la sonrisa de una madre tierna ante un hijo caprichoso. Caminás hacia la puerta. Volvés la cabeza. Estás mirándola y pensando lo que todavía no te atrevés a decir en voz alta: “quiero que me des el divorcio.” Ella encorva la espalda, cruza los brazos cubriendo el pecho. Un gesto de pudor. En tantos años de casados, un gesto que nunca habías visto.
Traduction temporaire :
Perpendiculaire à vous
Le destin des fruits. Le soleil se lève. Cela te surprend, tu ne t'y attendais pas.
— La dernière neige va fondre, penses-tu. Tu n'as jamais aimé être nu. Tu retires les draps, tu t'habilles. Elle se réveille, prend une pêche.
— Il fait froid, annonces-tu. Tu aimerais savoir ce qui t'irrite. Elle mord la pulpe, l'avale avec la peau. — Triste destin que celui d'un fruit, dis-tu. Tes mots résonnent comme si toi aussi tu mâchais quelque chose.
Tu l'observes manger. Le jus coule sur sa bouche. Tu as envie de le boire à ses lèvres, mais tu ne bouges pas. Elle laisse tomber le noyau. Tu admets qu'elle est encore belle. Ou que tu la trouves toujours belle. Pendant ce temps, tu enfiles ta cravate, ton pull, ta veste ; et le chauffage t’étouffe ; et tu te détestes. Parce que tu transpires et que ça se voit. Tu ramasses le noyau. — Tu pars déjà ? demande-t-elle.
— J'ai beaucoup de choses à faire. La neige va fondre et je déteste conduire dans la boue. Le soleil se cache de nouveau.
La chambre est dans la pénombre. Tu ne trouves pas tes clés de voiture. Sans s'habiller, elle te rattrape, un mouchoir à la main, pour que tu essuies ton visage en sueur. Elle te le tend en souriant, affichant le sourire d'une mère tendre face à un enfant capricieux.Tu vas vers la porte. Tu tournes la tête. Tu la regardes en pensant à ce que tu n'oses pas encore dire à voix haute : « je veux que tu acceptes de divorcer. » Elle courbe le dos, croise les bras sur sa poitrine pour la cacher. Un geste de pudeur. Un geste qu'après toutes ces années de mariage, tu n'avais jamais vu.
Perpendiculaire à vous
Le destin des fruits. Le soleil se lève. Cela te surprend, tu ne t'y attendais pas.
— La dernière neige va fondre, penses-tu. Tu n'as jamais aimé être nu. Tu retires les draps, tu t'habilles. Elle se réveille, prend une pêche.
— Il fait froid, annonces-tu. Tu aimerais savoir ce qui t'irrite. Elle mord la pulpe, l'avale avec la peau. — Triste destin que celui d'un fruit, dis-tu. Tes mots résonnent comme si toi aussi tu mâchais quelque chose.
Tu l'observes manger. Le jus coule sur sa bouche. Tu as envie de le boire à ses lèvres, mais tu ne bouges pas. Elle laisse tomber le noyau. Tu admets qu'elle est encore belle. Ou que tu la trouves toujours belle. Pendant ce temps, tu enfiles ta cravate, ton pull, ta veste ; et le chauffage t’étouffe ; et tu te détestes. Parce que tu transpires et que ça se voit. Tu ramasses le noyau. — Tu pars déjà ? demande-t-elle.
— J'ai beaucoup de choses à faire. La neige va fondre et je déteste conduire dans la boue. Le soleil se cache de nouveau.
La chambre est dans la pénombre. Tu ne trouves pas tes clés de voiture. Sans s'habiller, elle te rattrape, un mouchoir à la main, pour que tu essuies ton visage en sueur. Elle te le tend en souriant, affichant le sourire d'une mère tendre face à un enfant capricieux.Tu vas vers la porte. Tu tournes la tête. Tu la regardes en pensant à ce que tu n'oses pas encore dire à voix haute : « je veux que tu acceptes de divorcer. » Elle courbe le dos, croise les bras sur sa poitrine pour la cacher. Un geste de pudeur. Un geste qu'après toutes ces années de mariage, tu n'avais jamais vu.
Projet Justine / Elena – texte 166
Zumo astral
Luna tiene las ubres secas y él lo sabe, sin embargo, con la vista fija en Ella, pasa la noche revolviendo en su boca los nombres sagrados. Ojo de Madre, Luz Nocturna, Pastora de Estrellas. Revuelve palabras y letras, Madre de Estrellas, Pastora Nocturna, Astro Azul, Mar en los Ojos. Con una voz melodiosa, tan dulce que se diría de niño, canta éstos y otros nombres, impronunciables para cualquier lengua que no fuera la suya, hasta que el gallo llama al día. En silencio, entonces, eleva y ahueca las palmas: la divina, sanadora leche lunar debiera caer sobre ellas. Un líquido hediondo, de incierto origen, está ahora en poder del ambicioso hechicero.
Traduction temporaire :
Suc astral
La lune a les mamelles taries et il le sait. Cependant, les yeux rivés sur Elle, il passe la nuit à retourner les noms sacrés dans sa bouche. Œil de Mère, Lumière Nocturne, Bergère d'Étoiles. Il retourne des mots et des lettres. Mère d'Étoiles, Bergère Nocturne, Astre Bleu, Mer dans les Yeux.Avec une voix mélodieuse, si douce qu'on dirait celle d'un enfant, il chante ces noms-là et d'autres, imprononçables dans n'importe quelle autre langue que la sienne, jusqu'à ce que le coq appelle le jour. En silence, tu lèves alors les mains et ouvres les paumes : le divin et curatif lait lunaire devrait tomber dessus. Un liquide nauséabond, d'origine incertaine est désormais entre les mains de l'ambitieux sorcier.
Traduction temporaire :
Suc astral
La lune a les mamelles taries et il le sait. Cependant, les yeux rivés sur Elle, il passe la nuit à retourner les noms sacrés dans sa bouche. Œil de Mère, Lumière Nocturne, Bergère d'Étoiles. Il retourne des mots et des lettres. Mère d'Étoiles, Bergère Nocturne, Astre Bleu, Mer dans les Yeux.Avec une voix mélodieuse, si douce qu'on dirait celle d'un enfant, il chante ces noms-là et d'autres, imprononçables dans n'importe quelle autre langue que la sienne, jusqu'à ce que le coq appelle le jour. En silence, tu lèves alors les mains et ouvres les paumes : le divin et curatif lait lunaire devrait tomber dessus. Un liquide nauséabond, d'origine incertaine est désormais entre les mains de l'ambitieux sorcier.
Projet Justine / Elena – texte 165
Soberbia
La niña ubica sobre la repisa, con cuidado, la plaqueta que acaban de otorgarle al padre. —Un galardón más —dice él, aburrido, mientras observa su imagen en el espejo que adorna la suntuosa habitación donde trabaja. Ve un hombre al que muchos admiran, ciudadano ilustre, escritor consagrado. Olvida la presencia de su hija y comienza a recorrer la habitación con pasos lentos, enfocado en el próximo nudo narrativo, o quizá en el próximo título, o en las palabras a pronunciar cuando le otorguen el premio que, intuye, este nuevo título engendrará. La niña observa el modo en que su padre ronda la habitación y, sin explicarse el motivo, recuerda el extraño comienzo de un cuento que leyó la maestra en el aula: “Cierto mono camina la jaula que lo apresa disfrutando el escozor que provoca el roce de su piel contra los barrotes.”
Traduction temporaire :
Orgueil
La petite fille pose prudemment sur l'étagère la plaque qu'on vient de remettre à son père.
— Un prix de plus, dit-il avec lassitude, tout en observant son image dans le miroir qui orne la somptueuse pièce où il travaille. Il voit un homme que beaucoup admirent, un citoyen illustre, un écrivain consacré. Il oublie la présence de sa fille et se met à arpenter la pièce à pas lents, focalisé sur son prochain nœud narratif, ou peut-être sur son prochain titre, ou sur les mots qu'il devra prononcer quand on lui décernera le prix que ce nouveau titre apportera, il le pressent. La fillette observe la façon dont son père fait les cent pas dans la pièce et, sans s'en expliquer la raison, elle se rappelle l'étrange début d'un conte que la maîtresse a lu en classe : « Un singe marche dans la cage qui l'emprisonne en éprouvant du plaisir à sentir la brûlure provoquée par le frottement de sa peau contre les barreaux. »
Orgueil
La petite fille pose prudemment sur l'étagère la plaque qu'on vient de remettre à son père.
— Un prix de plus, dit-il avec lassitude, tout en observant son image dans le miroir qui orne la somptueuse pièce où il travaille. Il voit un homme que beaucoup admirent, un citoyen illustre, un écrivain consacré. Il oublie la présence de sa fille et se met à arpenter la pièce à pas lents, focalisé sur son prochain nœud narratif, ou peut-être sur son prochain titre, ou sur les mots qu'il devra prononcer quand on lui décernera le prix que ce nouveau titre apportera, il le pressent. La fillette observe la façon dont son père fait les cent pas dans la pièce et, sans s'en expliquer la raison, elle se rappelle l'étrange début d'un conte que la maîtresse a lu en classe : « Un singe marche dans la cage qui l'emprisonne en éprouvant du plaisir à sentir la brûlure provoquée par le frottement de sa peau contre les barreaux. »
vendredi 5 janvier 2018
Projet Basta ! Danny – texte 4
VIRGINIA RIQUELME
Se derretirá cada partícula que eleves en mi contra, serán cenizas tus palabras, cada uno de tus gritos. No será necesario apuntarte, no hará falta hincar mi rodilla una vez más porque no serás espada ni nombre ni viento, mientras yo me levanto y soy cada vez más y cada vez más nube, más aire, menos tor- menta. Un poco más cerrojo, ballesta, un poco más tren, sexo y tallo. Y tú por debajo, hecho sangre, hecho nada, sin existir más que en el dolor, hasta que amanezca y tan siquiera eso.
Traduction temporaire :
VIRGINIA RIQUELME
Chaque particule que tu élèveras contre moi se dissoudra.
VIRGINIA RIQUELME
Chaque particule que tu élèveras contre moi se dissoudra.
Projet Justine / Elena – texte 164
Envidia
Se mira en un trozo de espejo que los enanos tienen colgado en el cuartucho. Está flaca, ojerosa. —Exceso de trabajo —murmura para sí con rabia. En la foto del periódico, su madre, espléndida: el dinero de la corona paga las cirugías que mantienen esa juventud ficticia que ella ahora observa mientras siente que se ahoga en una sustancia helada, pegajosa. No perderá sus mejores años escondida en un bosque trabajando como criada para siete tacaños. —Inoculá tu veneno en esta manzana —ordena. La serpiente obedece, no se arriesga a sufrir las consecuencias terribles que podría acarrearle otro problema con una mujer. Coloca el fruto envenenado en una canastilla y acude a palacio.
Traduction temporaire :
Jalousie
Elle se regarde dans un morceau de miroir que les nains ont accroché dans leur taudis. Elle est maigre, elle a des cernes. — Excès de travail, murmure-t-elle pour elle-même avec rage. Sur la photo du journal, sa mère est splendide : l'argent de la couronne paie les actes chirurgicaux lui permettant de préserver cette jeunesse fictive, qu'elle observe maintenant avec la sensation de se noyer dans une substance gelée, collante. Elle ne va pas perdre les meilleures années de sa vie cachée dans une forêt, à travailler comme domestique au service de sept radins. — Inocule ton venin dans cette pomme, ordonne-t-elle. Le serpent obéit, il ne prend pas le risque de subir les conséquences terribles qu'aurait pour lui un autre problème avec une femme. Il met le fruit empoisonné dans un petit panier en osier et se rend au palais.
Jalousie
Elle se regarde dans un morceau de miroir que les nains ont accroché dans leur taudis. Elle est maigre, elle a des cernes. — Excès de travail, murmure-t-elle pour elle-même avec rage. Sur la photo du journal, sa mère est splendide : l'argent de la couronne paie les actes chirurgicaux lui permettant de préserver cette jeunesse fictive, qu'elle observe maintenant avec la sensation de se noyer dans une substance gelée, collante. Elle ne va pas perdre les meilleures années de sa vie cachée dans une forêt, à travailler comme domestique au service de sept radins. — Inocule ton venin dans cette pomme, ordonne-t-elle. Le serpent obéit, il ne prend pas le risque de subir les conséquences terribles qu'aurait pour lui un autre problème avec une femme. Il met le fruit empoisonné dans un petit panier en osier et se rend au palais.
Projet Justine / Elena – texte 163
Vaivén
Sus dedos pequeños y ágiles presionan tus ancas de madera, impulsándote. “¡Arre! ¡Arre caballito!”, grita. Vos te hamacás y él corre al ritmo del trote imaginario hasta que cesa tu vaivén. Se sienta a tu lado, acaricia tus veinte centímetros de alzada, te hace confidencias. Yacés sobre tu costado izquierdo, al fondo de la caja. Él busca un punto de apoyo, hace el esfuerzo de agacharse, te levanta. Limpia el polvo que te cubre (setenta años de polvo). Intenta pararte sobre una de sus palmas. Resbalás, caés sobre tu costado de siempre (como si los muchos años transcurridos en esa posición hubiesen creado hábito). Su mano semeja un nido tembloroso, frágil. Te mira. “Arre”, murmura.
Traduction temporaire :
Va-et-vient
Ses petits doigts agiles font pression sur ta croupe en bois, cherchant à t'aiguillonner. « Hue ! Hue, cheval à bascule ! » crie-t-il. Toi, tu bascules et, lui, il court au rythme du trot imaginaire, jusqu'à l'arrêt de ton va-et vient. Il s'assied à tes côtés, caresse tes vingt centimètres de hauteur au garrot, te fait des confidences. Tu gis sur ton flanc gauche, au fond de la boîte. Lui, il cherche un point d'appui, fait l'effort de se baisser, te relève. Il nettoie la poussière dont tu es recouvert (soixante-dix ans de poussière). Il essaie de te faire tenir en équilibre sur l'une de ses paumes. Tu glisses, tu tombes sur ton flanc, toujours le même, (comme si tes nombreuses années passées dans cette position avaient crée l'habitude). Sa main ressemble à un nid tremblant, fragile. Il te regarde. « Hue ! », murmure-t-il.
Va-et-vient
Ses petits doigts agiles font pression sur ta croupe en bois, cherchant à t'aiguillonner. « Hue ! Hue, cheval à bascule ! » crie-t-il. Toi, tu bascules et, lui, il court au rythme du trot imaginaire, jusqu'à l'arrêt de ton va-et vient. Il s'assied à tes côtés, caresse tes vingt centimètres de hauteur au garrot, te fait des confidences. Tu gis sur ton flanc gauche, au fond de la boîte. Lui, il cherche un point d'appui, fait l'effort de se baisser, te relève. Il nettoie la poussière dont tu es recouvert (soixante-dix ans de poussière). Il essaie de te faire tenir en équilibre sur l'une de ses paumes. Tu glisses, tu tombes sur ton flanc, toujours le même, (comme si tes nombreuses années passées dans cette position avaient crée l'habitude). Sa main ressemble à un nid tremblant, fragile. Il te regarde. « Hue ! », murmure-t-il.
Projet Justine / Elena – texte 162
La conquista perpetua
La Luz Mala* se asoma a través de los juncos, observa el reflejo del río y comprueba que su fulgor supera a las estrellas. Tal error de perspectiva sería suficiente para hacerla feliz; sin embargo, no es dichosa: él la atormenta. Quinientos años atrás, él, un hombre cuya piel pálida era extraña en estas tierras, llegó a través del mar. Su diestra sostenía con fiereza un puñal al que la luz de la luna confería un halo azul. A lomos de un caballo flaco y al grito de “¡oro, oro, busco oro, quiero plata y oro!”, escarbó legua tras legua las latitudes que ella aún habita. Frustrado, enloquecido de ira tras comprobar la total ausencia de los metales nobles que intentaba procurarse, clavó el puñal en el pecho del primer nativo que salió a su encuentro y en el del primer toro que pretendió hacerle frente. Luego se marchó por donde había venido, aferrado a su bolsa súbitamente enriquecida con el corazón de los dos. Con el filo del puñal romo y la tez de un muerto, azul de tan blanca, de vez en cuando regresa. Y se repite la historia. Cada vez que ella cree escuchar los cascos de un caballo acercándose, corre a ocultarse entre los huesos que riegan el campo. —La muerte es un escondite inexpugnable —murmura siempre. *RAE Arg. y Ur. Fuego fatuo que producen los huesos en descomposición y que la superstición atribuye a las almas en pena de los muertos sin sepultura.
Traduction Temporaire :
La conquête perpétuelle
Le Feu Follet se penche à travers les joncs, observe le reflet du fleuve et constate que sa lumière brille plus que les étoiles. Une telle erreur de perspective devrait suffire à la rendre heureuse ; ce n'est pourtant pas le cas : lui, il la tourmente. Cinq cents ans plus tôt, lui, un homme dont la peau pâle était inconnue sur ces terres, arriva par la mer. Dans la main droite, il tenait férocement un poignard que la lumière de la lune enveloppait d'un halo bleu. Juché sur un cheval famélique et criant « de l'or, de l'or, je cherche de l'or, je veux de l'argent et de l'or », lieue après lieue, il fouilla les latitudes qu'elle habite toujours. Frustré, fou de colère après avoir constaté l'absence totale des métaux précieux qu'il tentait de se procurer, il planta son poignard dans la poitrine du premier autochtone qui vint à sa rencontre et dans le poitrail du premier taureau qui prétendit l'affronter. Puis il repartit par où il était venu, cramponné à son sac subitement garni de leurs deux cœurs. Le tranchant de son poignard émoussé et le teint cadavérique, d'un blanc tel qu'il tire sur le bleu, il revient de temps en temps. Et l'histoire se répète. Chaque fois qu'elle croit entendre les sabots d'un cheval à l'approche, elle court se cacher au milieu des ossements qui parsèment la campagne. — La mort est une cachette inexpugnable, murmure-t-elle toujours.
La conquête perpétuelle
Le Feu Follet se penche à travers les joncs, observe le reflet du fleuve et constate que sa lumière brille plus que les étoiles. Une telle erreur de perspective devrait suffire à la rendre heureuse ; ce n'est pourtant pas le cas : lui, il la tourmente. Cinq cents ans plus tôt, lui, un homme dont la peau pâle était inconnue sur ces terres, arriva par la mer. Dans la main droite, il tenait férocement un poignard que la lumière de la lune enveloppait d'un halo bleu. Juché sur un cheval famélique et criant « de l'or, de l'or, je cherche de l'or, je veux de l'argent et de l'or », lieue après lieue, il fouilla les latitudes qu'elle habite toujours. Frustré, fou de colère après avoir constaté l'absence totale des métaux précieux qu'il tentait de se procurer, il planta son poignard dans la poitrine du premier autochtone qui vint à sa rencontre et dans le poitrail du premier taureau qui prétendit l'affronter. Puis il repartit par où il était venu, cramponné à son sac subitement garni de leurs deux cœurs. Le tranchant de son poignard émoussé et le teint cadavérique, d'un blanc tel qu'il tire sur le bleu, il revient de temps en temps. Et l'histoire se répète. Chaque fois qu'elle croit entendre les sabots d'un cheval à l'approche, elle court se cacher au milieu des ossements qui parsèment la campagne. — La mort est une cachette inexpugnable, murmure-t-elle toujours.
Projet Justine / Elena – texte 161
Después de gozar
Luego de nadar y zambullirse jugando con la espuma, después de gozar del sol y de que el viento ondee su pelo, mientras canta, la sirena se duerme hamacándose sobre las olas. La tripulación está en cubierta, sin entender. El timonel acerca el barco con cuidado.
—Es un pescado, vamos a comerlo —dice el contramaestre.
—¡Es una mujer! ¡A violarla! —grita uno de los marineros
Las opiniones de los hombres se dividen y están a punto de llegar a las manos.
—¡Alto! —exclama el capitán. Las miradas se clavan en él.
—Aquí no hay motivo de discusión —declara en tono conciliador—. Sepárense en dos filas.
Traduction temporaire :
Après la jouissance
Après avoir nagé et s'être immergée en jouant avec l'écume, après avoir joui du soleil et du vent ondulant dans ses cheveux, la sirène s'endort en se balançant sur les vagues et en chantant. L'équipage est sur le pont, sans comprendre. Le barreur approche le bateau avec précaution.
— C'est un poisson, mangeons-le, déclare le premier-maître.
— C'est une femme ! Il faut la violer ! cria l'un des marins. Les opinions des hommes divergent et ils manquent d'en venir aux mains.
— Halte ! s'écrie le capitaine. Les regards se braquent sur lui.
— Il n'y a là aucune raison de vous disputer, dit-il sur un ton conciliant. Séparez-vous en deux rangées.
Luego de nadar y zambullirse jugando con la espuma, después de gozar del sol y de que el viento ondee su pelo, mientras canta, la sirena se duerme hamacándose sobre las olas. La tripulación está en cubierta, sin entender. El timonel acerca el barco con cuidado.
—Es un pescado, vamos a comerlo —dice el contramaestre.
—¡Es una mujer! ¡A violarla! —grita uno de los marineros
Las opiniones de los hombres se dividen y están a punto de llegar a las manos.
—¡Alto! —exclama el capitán. Las miradas se clavan en él.
—Aquí no hay motivo de discusión —declara en tono conciliador—. Sepárense en dos filas.
Traduction temporaire :
Après la jouissance
Après avoir nagé et s'être immergée en jouant avec l'écume, après avoir joui du soleil et du vent ondulant dans ses cheveux, la sirène s'endort en se balançant sur les vagues et en chantant. L'équipage est sur le pont, sans comprendre. Le barreur approche le bateau avec précaution.
— C'est un poisson, mangeons-le, déclare le premier-maître.
— C'est une femme ! Il faut la violer ! cria l'un des marins. Les opinions des hommes divergent et ils manquent d'en venir aux mains.
— Halte ! s'écrie le capitaine. Les regards se braquent sur lui.
— Il n'y a là aucune raison de vous disputer, dit-il sur un ton conciliant. Séparez-vous en deux rangées.
jeudi 4 janvier 2018
Projet Basta ! Justine / Elena – texte 160
Ante la ira de Dios
La cueva tiene una ventaja: su entrada se disimula tras el ancho tronco de un molle. Entonces, ella muda allí sus míseras pertenencias, se esconde. Ocurre que ella, que vio morir a los hijos que parieron sus entrañas y a los hijos de sus hijos, que sufrió incontables hambrunas, pestes y guerras y que, mucho antes de estos holocaustos, tuvo fortaleza suficiente para no enloquecer mientras oía los aullidos agónicos de los hombres, ante la ira de Dios, cuando el gran diluvio; ella, ahora, no tolera el juego, se diría inocente, con el cual los niños que malviven en la paupérrima región se alivian el ocio. Su extraordinaria decrepitud asombra y divierte a los pequeños impulsándolos a la acción, a la actividad simple, brusca, torpe. Descubierto, o develado por los adultos, que no puede morir, le lanzan piedras entre guiños, corridas, burlas y risas. La observan sangrar, desplomarse, reptar hasta su choza con las escasas fuerzas que le quedan después del ataque. La exquisita sensibilidad de su piel le informa que viene hacia el pueblo otro de su misma condición. Se adentra aún más en su escondite recién estrenado y sonríe: estos críos tendrán un nuevo blanco para afinar su puntería. Ocurre que los pocos inmortales que hay en el mundo, entre ellos nunca fueron amigos.
Traduction temporaire :
Face à la colère de Dieu
La grotte a un avantage : son entrée est dissimulée derrière le large tronc d'un faux-poivrier. Alors, elle y déménage ses maigres affaires, s'y cache. Il se trouve qu'elle, qui a vu mourir les enfants sortis de ses entrailles et les enfants de ses enfants, qui a souffert d'innombrables famines, pestes et guerres, et qui, bien avant ces holocaustes, a eu, au moment du grand déluge, la force nécessaire pour ne pas devenir folle en entendant les cris des hommes à l'agonie, face à la colère de Dieu ; désormais, elle ne tolère plus le jeu, qu'on pourrait qualifier d' « innocent », avec lequel les enfants vivant misérablement dans cette région très pauvre occupent leur oisiveté. Son extraordinaire décrépitude étonne et amuse les petits, les poussant à agir, simplement, brusquement, maladroitement. Ayant découvert qu'elle ne peut mourir, ou le fait étant dévoilé par les adultes, ils lui jettent des pierres entre clins d’œil, courses poursuite, moqueries et rires. Ils l'observent saigner, s'écrouler, ramper jusqu'à sa hutte avec le peu de forces qui lui restent après leur attaque. L'exquise sensibilité de sa peau l'informe qu'un autre individu de sa condition est en route vers le village. Elle s'enfonce davantage dans sa cachette récemment inaugurée et sourit : ces gosses auront une nouvelle cible pour apprendre à viser juste. Il s'avère que les rares immortels dans le monde ne sont jamais devenus amis.
Face à la colère de Dieu
La grotte a un avantage : son entrée est dissimulée derrière le large tronc d'un faux-poivrier. Alors, elle y déménage ses maigres affaires, s'y cache. Il se trouve qu'elle, qui a vu mourir les enfants sortis de ses entrailles et les enfants de ses enfants, qui a souffert d'innombrables famines, pestes et guerres, et qui, bien avant ces holocaustes, a eu, au moment du grand déluge, la force nécessaire pour ne pas devenir folle en entendant les cris des hommes à l'agonie, face à la colère de Dieu ; désormais, elle ne tolère plus le jeu, qu'on pourrait qualifier d' « innocent », avec lequel les enfants vivant misérablement dans cette région très pauvre occupent leur oisiveté. Son extraordinaire décrépitude étonne et amuse les petits, les poussant à agir, simplement, brusquement, maladroitement. Ayant découvert qu'elle ne peut mourir, ou le fait étant dévoilé par les adultes, ils lui jettent des pierres entre clins d’œil, courses poursuite, moqueries et rires. Ils l'observent saigner, s'écrouler, ramper jusqu'à sa hutte avec le peu de forces qui lui restent après leur attaque. L'exquise sensibilité de sa peau l'informe qu'un autre individu de sa condition est en route vers le village. Elle s'enfonce davantage dans sa cachette récemment inaugurée et sourit : ces gosses auront une nouvelle cible pour apprendre à viser juste. Il s'avère que les rares immortels dans le monde ne sont jamais devenus amis.
Projet Basta ! Justine / Elena – texte 159
Palo viejo y astilla
¿Qué es un fantasma? Un hombre que se ha desvanecido hasta ser impalpable, por muerte, por ausencia, por cambio de costumbres. James Joyce El frío le cala los huesos. Da vueltas en la cama, enciende la luz y se levanta. Cuenta los pasos que da cruzando una y otra vez el dormitorio en el que duerme solo desde que ella se mudó al que ocupaban los chicos.
―Así vamos a estar más cómodos. Comprueba que sus papeles están en orden, que cada media tiene su par, que el cuadro con la foto de los dos sigue en su sitio. Se asoma a la ventana, mira la noche. Intenta en vano distraerse, lleva tres años aburrido, desde la jubilación. Vuelve la espalda a la luna. Y lo ve. Desnudo, tranquilo, sentado sobre las sábanas revueltas, está el fantasma del joven que él fue. El visitante lo observa y él, de repente memorioso, recuerda todos sus antiguos proyectos y deseos, y aquellas promesas y aquel sueño que nunca confesó, porque, quizá, fuera irrealizable. Recuerda las excusas. Los ojos del otro continúan sobre él. Siente que sus venas sufren la embestida de caudales extraños, como olas. Y cuenta esas olas que rompen cruzando una y otra vez su propio torrente. Demasiada sal raspando la garganta le hace que le crezcan las ganas de excusarse frente al otro:
—Hice lo que pude —quiere decir. Grita, sin palabras. Aúlla como un animal. Sentado sobre las sábanas revueltas está el fantasma del joven que él fue.
―¡Hice lo que pude! ―grita. Aúlla como un animal.
Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires :
Tel maître, tel valet
"Qu'est-ce qu'un fantôme ?" dit Stephen plein de vibrante énergie. "Quelqu'un qui s'est évanui dans l'impalpable par la mort, l'absence, le changement de monde." James Joyce
Le froid pénètre ses os. Il se retourne dans son lit, allume la lumière et se lève. Il compte les pas qu'il fait en arpentant encore et encore la chambre où il dort seul depuis qu'elle est partie dans celle qu'occupaient les enfants. — Comme ça, on sera plus à l'aise. Il vérifie que ses papiers sont en ordre, que chacune de ses chaussettes a sa jumelle, que le cadre avec la photo où ils sont tous les deux est toujours à sa place. Il se poste devant la fenêtre, regarde la nuit. Il tente en vain de se distraire. Cela fait trois ans qu'il s'ennuie, depuis qu'il est à la retraite. Il tourne le dos à la lune. Soudain, il le voit. Nu, serein, assis sur les draps froissés, se tient le fantôme du jeune homme qu'il a été. Le visiteur l'observe, et lui, ayant soudain retrouvé la mémoire se rappelle tous ses anciens projets et désirs, et ces promesses, ainsi que ce rêve jamais avoué, peut-être parce qu'il était irréalisable. Il se rappelle les excuses. Les yeux de l'autre sont toujours fixés sur lui. Il sent que ses veines subissent l'assaut de débits étrangers, telles des vagues. Puis il les compte, ces vagues qui se brisent en traversant encore et encore son propre torrent.
Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires :
Tel maître, tel valet
"Qu'est-ce qu'un fantôme ?" dit Stephen plein de vibrante énergie. "Quelqu'un qui s'est évanui dans l'impalpable par la mort, l'absence, le changement de monde." James Joyce
Le froid pénètre ses os. Il se retourne dans son lit, allume la lumière et se lève. Il compte les pas qu'il fait en arpentant encore et encore la chambre où il dort seul depuis qu'elle est partie dans celle qu'occupaient les enfants. — Comme ça, on sera plus à l'aise. Il vérifie que ses papiers sont en ordre, que chacune de ses chaussettes a sa jumelle, que le cadre avec la photo où ils sont tous les deux est toujours à sa place. Il se poste devant la fenêtre, regarde la nuit. Il tente en vain de se distraire. Cela fait trois ans qu'il s'ennuie, depuis qu'il est à la retraite. Il tourne le dos à la lune. Soudain, il le voit. Nu, serein, assis sur les draps froissés, se tient le fantôme du jeune homme qu'il a été. Le visiteur l'observe, et lui, ayant soudain retrouvé la mémoire se rappelle tous ses anciens projets et désirs, et ces promesses, ainsi que ce rêve jamais avoué, peut-être parce qu'il était irréalisable. Il se rappelle les excuses. Les yeux de l'autre sont toujours fixés sur lui. Il sent que ses veines subissent l'assaut de débits étrangers, telles des vagues. Puis il les compte, ces vagues qui se brisent en traversant encore et encore son propre torrent.
Projet Justine / Elena – texte 158
Archivo de los otros
El Cuco se para junto al hombre que duerme y roba su sueño. Pasa de una alcoba a otra. Acumula sueños, tantos como quepan en su bolsa. Es su antigua rutina, autoimpuesta, que completa lamentándose mientras revisa el botín. Lamentarse es un proceso, lo conoce de memoria. Comienza al contar su tesoro y no puede evitar hacerlo con el mismo susurro que emplearía un glotón al elegir sus masas favoritas. Termina escribiendo la cifra final en un registro donde también detalla lo que observa al desplegarlos. Los sueños robados huelen; para elegir cuál tomará en primer término se deja guiar por ese olor. Y accede al que le atrae menos. Es su modo de jugar, su solitario de regla única: partir de las fantasías menores para llegar motivado a las visiones que abren camino, develan mundos, las visiones revolucionarias. Todas las mañanas se propone quedarse quieto, pero llega la noche y siempre le vence la ansiedad, el miedo a la inmovilidad y el dolor que le produce la palabra siempre al recordarle su opuesta. Jamás. Jamás pudo generar sus propios sueños. Todas las noches corre a buscar los ajenos. Están cada vez más lejos.
Traduction temporaire :
Dans les archives des autres
Le Croque-mitaine se poste près de l'homme qui dort et lui vole son rêve. Il passe d'une chambre à l'autre. Il accumule autant de rêves que peut en contenir son sac. C'est sa vieille routine, auto-imposée, qu'il complète en se lamentant alors qu'il scrute son butin. Se lamenter est un processus qu'il connaît par cœur. Il commence en comptant son trésor et ne peut s'empêcher de le faire avec le murmure d'un glouton choisissant ses viennoiseries préférées. Il termine en inscrivant le chiffre final sur un registre où il détaille également ce qu'il remarque en les dépliant. Les rêves volés ont une odeur ; pour choisir lequel il prendra en premier, il se laisse guider par leur odeur. Là, il accède à celui qui l'attire le moins. C'est sa façon de jouer, son solitaire a une seule règle : partir des bizarreries futiles pour atteindre motivé les visions qui frayent le chemin, dévoilent des mondes, les visions révolutionnaires. Tous les matins, il décide de rester tranquille, mais la nuit tombe et il est toujours vaincu par l'anxiété, la peur de l'immobilité et la douleur que le mot toujours produit en lui parce qu'il lui rappelle son contraire. Jamais. Jamais il n'a pu générer ses propres rêves. Toutes les nuits, il court chercher ceux des autres. Ils sont de plus en plus loin.
Dans les archives des autres
Le Croque-mitaine se poste près de l'homme qui dort et lui vole son rêve. Il passe d'une chambre à l'autre. Il accumule autant de rêves que peut en contenir son sac. C'est sa vieille routine, auto-imposée, qu'il complète en se lamentant alors qu'il scrute son butin. Se lamenter est un processus qu'il connaît par cœur. Il commence en comptant son trésor et ne peut s'empêcher de le faire avec le murmure d'un glouton choisissant ses viennoiseries préférées. Il termine en inscrivant le chiffre final sur un registre où il détaille également ce qu'il remarque en les dépliant. Les rêves volés ont une odeur ; pour choisir lequel il prendra en premier, il se laisse guider par leur odeur. Là, il accède à celui qui l'attire le moins. C'est sa façon de jouer, son solitaire a une seule règle : partir des bizarreries futiles pour atteindre motivé les visions qui frayent le chemin, dévoilent des mondes, les visions révolutionnaires. Tous les matins, il décide de rester tranquille, mais la nuit tombe et il est toujours vaincu par l'anxiété, la peur de l'immobilité et la douleur que le mot toujours produit en lui parce qu'il lui rappelle son contraire. Jamais. Jamais il n'a pu générer ses propres rêves. Toutes les nuits, il court chercher ceux des autres. Ils sont de plus en plus loin.
Projet Basta ! Hélène – texte 1
Velia Calvimontes
La pared
A vanzaba incontenible. Pisadas furiosas. Voces airadas. ¿Qué retumbaba más, el avance de la pared o el enloquecido tambor de su corazón? Unióse al Rosendo “Hasta que la muerte los separe...” pero el Rosendo, brioso río empujado por aguas aventureras desapareció. Sus dedos se cansaron de contar los días. Una mañana de trinos y suave aroma a juncos, renació el amor; fruta prohibida, era casado. Los gritos semejantes a hambrientos cernícalos avanzaban con la pared hiriendo la paz de los riscos. Cirilo rechazado fauno, espió la sombra que desaparecía tras la puerta de la espera. La pared implacable, tan cerca, ella sentía el olor de esos cuerpo enardecidos; ella reculando siempre, ya sin voz por el agotamiento de implorar. La alondra cantaba despidiéndose del dulce halo de luz del día. Ella retrocedió, sus pies sintieron el vacío. Su grito estremeció hasta los riscos del precipicio, la pared se detuvo al borde.
Traduction temporaire :
Velia Calvimontes
Le mur
Il avançait inexorablement. Enjambées furieuses. Voix enragées. Qu'est-ce qui résonnait le plus, l'avancée du mur ou le tambour effréné de son cœur ? Elle s'était unie à Rosendo « Jusqu'à ce que la mort vous sépare... », mais Rosendo, impétueux fleuve poussé par des eaux aventureuses, disparut. Ses doigts se lassèrent de compter les jours. Un matin de gazouillements et de léger arôme de roseaux, l'amour renaquit. Fruit défendu, il était marié. Les cris, semblables à des rapaces affamés, avançaient avec le mur, perçant la paix des rochers. Cirilo, faune rejeté, guetta l'ombre qui disparaissait derrière la porte de l'attente. Le mur implacable, si proche, elle sentait l'odeur de ces corps enflammés ; reculant toujours, désormais sans voix, épuisée d'implorer.L'alouette chantait, prenant congé du doux halo de la lumière du jour. Elle recula, ses pieds sentirent le vide. Son cri ébranla jusqu'aux rochers du précipice, le mur s'arrêta au bord.
Velia Calvimontes
Le mur
Il avançait inexorablement. Enjambées furieuses. Voix enragées. Qu'est-ce qui résonnait le plus, l'avancée du mur ou le tambour effréné de son cœur ? Elle s'était unie à Rosendo « Jusqu'à ce que la mort vous sépare... », mais Rosendo, impétueux fleuve poussé par des eaux aventureuses, disparut. Ses doigts se lassèrent de compter les jours. Un matin de gazouillements et de léger arôme de roseaux, l'amour renaquit. Fruit défendu, il était marié. Les cris, semblables à des rapaces affamés, avançaient avec le mur, perçant la paix des rochers. Cirilo, faune rejeté, guetta l'ombre qui disparaissait derrière la porte de l'attente. Le mur implacable, si proche, elle sentait l'odeur de ces corps enflammés ; reculant toujours, désormais sans voix, épuisée d'implorer.L'alouette chantait, prenant congé du doux halo de la lumière du jour. Elle recula, ses pieds sentirent le vide. Son cri ébranla jusqu'aux rochers du précipice, le mur s'arrêta au bord.
Projet Hélène / Audrey – phrases 175-176
En cuanto al origen de mi estado nervioso, la explicación que ofrecí no convenció a mi madre, que conocía muy bien mi tendencia a la fantasía y que pensaba que todo era un invento para justificar la pérdida de la cajita de música de mi abuela. Con mi padre las cosas fueron un poco mejor; por lo menos estaba dispuesto a escuchar mi historia tantas veces como me diera la gana, pero en él tampoco hallé la credibilidad que buscaba, sobre todo cuando en mi relato de lo ocurrido aquella noche llegaba al punto en que mencionaba la frase que, a los oídos de los adultos, debía sonar como el talán que indicaba que todo era fruto de mi exacerbada imaginación: «La tía de Rutka me quería comer».
Traduction temporaire :
Quant à l’origine de mon état de nervosité, ma mère ne fut pas convaincue par l’explication que je lui fournis, car elle connaissait bien mes tendances fantaisistes et ne voyait en tout cela que pure invention pour justifier la perte de la boîte à musique héritée de ma grand-mère. Avec mon père, les choses furent plus faciles ; lui, au moins, était disposé à écouter mon histoire autant de fois que je le voulais. Je ne trouvai cependant pas chez lui non plus l'approbation que je cherchais,surtout quand, dans mon récit de ce qui s’était passé ce soir-là, j’arrivais au moment où je prononçais la phrase qui devait retentir à l’oreille des adultes comme la sonnette d’alarme indiquant que tout était le fruit de mon imagination débordante : « La tante de Rutka voulait me manger ».
Quant à l’origine de mon état de nervosité, ma mère ne fut pas convaincue par l’explication que je lui fournis, car elle connaissait bien mes tendances fantaisistes et ne voyait en tout cela que pure invention pour justifier la perte de la boîte à musique héritée de ma grand-mère. Avec mon père, les choses furent plus faciles ; lui, au moins, était disposé à écouter mon histoire autant de fois que je le voulais. Je ne trouvai cependant pas chez lui non plus l'approbation que je cherchais,surtout quand, dans mon récit de ce qui s’était passé ce soir-là, j’arrivais au moment où je prononçais la phrase qui devait retentir à l’oreille des adultes comme la sonnette d’alarme indiquant que tout était le fruit de mon imagination débordante : « La tante de Rutka voulait me manger ».
mardi 2 janvier 2018
Projet Sabrina / Elsa – phrases 5-12
Te lo pasa varias veces por todo el cuerpo. No debes protestar, más bien te dejas. Si no nota nada raro, te dice que está bien y te rocía con un spray que huele a lavanda. Luego te indica las escaleras. Piso dos, dice, a la derecha. Subes y no debes dejar que te tiemblen las piernas porque es mala suerte. Subes y hay una rata muerta en el descanso, no la mires. Subes y llegas a un pasillo con el piso de mosaico nuevo, algo resbaloso.
Traduction temporaire :
Il te le passe plusieurs fois sur tout le corps. Tu ne dois pas protester ; au contraire, tu te laisses faire. S’il ne remarque rien d’anormal, il dit que tout va bien et il t’asperge avec un spray qui sent la lavande. Ensuite, il te signale les escaliers. Deuxième étage, indique-t-il, à droite. Tu montes et tu ne dois pas laisser trembler tes jambes parce que cela porte malheur. Tu montes et il y a un rat mort sur le palier, ne le regarde pas. Tu montes et tu arrives à un couloir, au sol carrelé de mosaïque neuve, un peu glissant.
Il te le passe plusieurs fois sur tout le corps. Tu ne dois pas protester ; au contraire, tu te laisses faire. S’il ne remarque rien d’anormal, il dit que tout va bien et il t’asperge avec un spray qui sent la lavande. Ensuite, il te signale les escaliers. Deuxième étage, indique-t-il, à droite. Tu montes et tu ne dois pas laisser trembler tes jambes parce que cela porte malheur. Tu montes et il y a un rat mort sur le palier, ne le regarde pas. Tu montes et tu arrives à un couloir, au sol carrelé de mosaïque neuve, un peu glissant.
Projet Elsa 2 – phrases 137-149
-Mucho se perdió entonces...
-Lo perdimos, Leila. Tú, y yo, y los otros. Viviendo sin límite alguno y con las Inteligencias Artificiales haciendo de nuestras niñeras nos hemos limitado a existir. No hay nuevas generaciones que ocupen nuestro lugar, no hay progreso. Estamos estancados, inmóviles. Sólo duramos, vemos las décadas pasar, y nos iremos apagando uno a uno, hasta que la humanidad ya no exista.
-Pero si conseguimos comprender el cambio en el genoma y revertirlo... Moriríamos, Nubai.
-Sí, Leila. Pero conquistaríamos la fertilidad. La Humanidad sobreviviría, y progresaría sin fin, cada vez más alto, como una espiral. Como la doble espiral del ADN.
Traduction temporaire :
– Bien des choses se sont perdues depuis…
– C'est nous qui les avons perdues, Leila. Toi, moi, les autres. En vivant sans aucune limite et avec les Intelligences Artificielles en guise de nourrices, nous nous sommes contentés d’exister. Il n’y a pas de nouvelles générations pour nous remplacer, pas de progrès.
– Bien des choses se sont perdues depuis…
– C'est nous qui les avons perdues, Leila. Toi, moi, les autres. En vivant sans aucune limite et avec les Intelligences Artificielles en guise de nourrices, nous nous sommes contentés d’exister. Il n’y a pas de nouvelles générations pour nous remplacer, pas de progrès.
samedi 30 décembre 2017
Projet Basta ! Rachel – texte 8
María Melita del Carpio Soriano
Mejor antes
Volvía tarde. Sabía que él estaría esperándola como fiera enjaulada. Una luna de miel amarga la estaba enfrentando a esta faceta sombría de un marido que recién empezaba a conocer. -¿Dónde estabas? ¿Dirás que en otra reunión de trabajo? ¿Con quién andabas hasta estas horas! - crispó los puños, mientras ella balbuceaba una explicación entrecortada. El hombre levantó la mano sobre su rostro, pero entonces ella gritó. Sintió una fuerza que desconocía y que le brotaba desde alguna zona oculta de la mente y de las vísceras más que de la garganta. Su grito paralizó a los habitantes del edificio, se elevó por encima de las azoteas e irrumpió en todas las alcobas de la ciudad enmudeciendo a sus habitantes. Gritó, gritó, gritó... -No grites así, Pensarán que te estoy matando. ¡Pero si no te he pegado siquiera...! -¿Te puedes imaginar lo que hubiera hecho si me hubieses tocado?
Traduction temporaire :
Mieux vaut avant
Elle rentrait tard. Elle savait qu'il l'attendrait comme un fauve en cage. Une lune de miel amère la confrontait à cette facette sombre d'un mari qu'elle commençait à peine à connaître.
— Où t'étais ? Tu vas encore me dire à une réunion de travail ? Avec qui tu traînais si tard ? Il serra les poings tandis qu'elle balbutiait une explication entrecoupée. L'homme leva la main sur son visage, mais alors elle cria. Elle ressentit une force qu'elle ne se connaissait pas et qui jaillissait d'une zone cachée de son esprit et de ses entrailles plus que de sa gorge. Son cri paralysa les occupants de l'immeuble, s'éleva au-dessus des terrasses et s'introduisit dans toutes les chambres de la ville, faisant taire ses habitants. Elle cria, cria, cria…
— Arrête de crier comme ça, on va penser que je t'assassine. Je ne t'ai même pas frappée… ! — Alors, t'imagines ce que j'aurais fait si tu m'avais touchée ?
Mieux vaut avant
Elle rentrait tard. Elle savait qu'il l'attendrait comme un fauve en cage. Une lune de miel amère la confrontait à cette facette sombre d'un mari qu'elle commençait à peine à connaître.
— Où t'étais ? Tu vas encore me dire à une réunion de travail ? Avec qui tu traînais si tard ? Il serra les poings tandis qu'elle balbutiait une explication entrecoupée. L'homme leva la main sur son visage, mais alors elle cria. Elle ressentit une force qu'elle ne se connaissait pas et qui jaillissait d'une zone cachée de son esprit et de ses entrailles plus que de sa gorge. Son cri paralysa les occupants de l'immeuble, s'éleva au-dessus des terrasses et s'introduisit dans toutes les chambres de la ville, faisant taire ses habitants. Elle cria, cria, cria…
— Arrête de crier comme ça, on va penser que je t'assassine. Je ne t'ai même pas frappée… ! — Alors, t'imagines ce que j'aurais fait si tu m'avais touchée ?
Projet Hélène / Audrey – phrases 173-174
Entonces cerré puertas y ventanas, me atrincheré en mi habitación y, al no encontrar más muebles con que obstruir la entrada, me metí bajo la cama, de donde mi madre horas después me sacó temblando y bañada en sudor.. El sarampión se había declarado con inusual virulencia; las fiebres altísimas que preceden al brote de los puntitos rojos duraron los tres días de rigor, a los que sucedieron dos semanas con una fiebre moderada, pero intermitente, que hizo temer a los médicos otro tipo de infección, así que mi periodo sin asistir a la escuela se extendió por más de una quincena.
Traduction temporaire :
Je verrouillai alors portes et fenêtres et me retranchai dans ma chambre. Ne trouvant aucun meuble pour entraver la porte, je me cachai sous le lit, d’où ma mère me sortit quelques heures après, tremblante et baignée de sueur. La rougeole s’était déclarée avait une virulence inhabituelle ; les fortes fièvres qui précèdent la poussée des petits points rouges durèrent les trois jours de rigueur, auxquels succédèrent deux semaines de fièvre modérée, quoique intermittente, qui fit craindre aux médecins un autre type d’infection. Raison pour laquelle, je manquai l’école pendant plus de quinze jours.
Je verrouillai alors portes et fenêtres et me retranchai dans ma chambre. Ne trouvant aucun meuble pour entraver la porte, je me cachai sous le lit, d’où ma mère me sortit quelques heures après, tremblante et baignée de sueur. La rougeole s’était déclarée avait une virulence inhabituelle ; les fortes fièvres qui précèdent la poussée des petits points rouges durèrent les trois jours de rigueur, auxquels succédèrent deux semaines de fièvre modérée, quoique intermittente, qui fit craindre aux médecins un autre type d’infection. Raison pour laquelle, je manquai l’école pendant plus de quinze jours.
Projet Justine / Elena – texte 157
Pereza
Se sienta frente al escritorio, falto de voluntad para sostener su propio cuerpo deja caer los brazos, inclina el tronco y apoya la cabeza sobre una pila de libros que jamás escribió. Sin energía para retenerla siente cómo la imaginación, que tiempo atrás surcaba sus venas, aflora a través de la punta de sus dedos laxos, resbala, cae en forma de gotas espesas y desaparece. Desde esa nada se levanta un pistolero, protagonista de cierta novela que pertenece a la pila de libros sobre la cual apoya la cabeza. Mira con tranquilidad hacia el revolver que lo apunta. Crisis cardiogénica irreversible, dirá el certificado de defunción. Será su esposa quien, luego de varios días, descubra ese inexplicable orificio de bala en la pared.
Traduction temporaire :
Paresse
Il s'assied à son bureau. À court de volonté pour soutenir son propre corps, il laisse retomber ses bras, penche son tronc et appuie sa tête sur une pile de livres qu'il n'a jamais écrits. Sans énergie pour la retenir, il sent comment l'imagination, qui auparavant sillonnait ses veines, affleure au bout de ses doigts flasques, glisse, tombe en forme de gouttes épaisses et disparaît. De ce néant émerge un pistolero, protagoniste d'un roman de la pile de livres sur laquelle sa tête est posée. Il regarde tranquillement en direction du revolver pointé sur lui. Choc cardiogénique irréversible, mentionnera le certificat de décès. Plusieurs jours après, son épouse découvrira cet inexplicable impact de balle dans le mur.
Paresse
Il s'assied à son bureau. À court de volonté pour soutenir son propre corps, il laisse retomber ses bras, penche son tronc et appuie sa tête sur une pile de livres qu'il n'a jamais écrits. Sans énergie pour la retenir, il sent comment l'imagination, qui auparavant sillonnait ses veines, affleure au bout de ses doigts flasques, glisse, tombe en forme de gouttes épaisses et disparaît. De ce néant émerge un pistolero, protagoniste d'un roman de la pile de livres sur laquelle sa tête est posée. Il regarde tranquillement en direction du revolver pointé sur lui. Choc cardiogénique irréversible, mentionnera le certificat de décès. Plusieurs jours après, son épouse découvrira cet inexplicable impact de balle dans le mur.
Projet Justine / Elena – texte 156
Aries
Su actitud te hizo creer que los bosques de cedros y las estalactitas y aún los soles surgían de sus manos. Era uno de los líderes de ese grupo grande de amigos al que, luego de la mudanza, acababas de unirte. Vos, la del pueblito, durante semanas intentaste una serie de movimientos infructuosos para estar a su lado, sin él la gran ciudad era sólo un pueblito enorme. —¿De qué signo sos? —te oíste preguntarle cierta noche. Era la primera vez que le hablabas directamente y los nervios de tus 17 años te habían traicionado. Ahora sabría que no eras más que una chiquilina interesada en idioteces, sin pizca de originalidad, una torpe del montón. Te miró a los ojos. Él te miró varios segundos a los ojos antes de responder o vos caíste durante milenios por un abismo sin resultar herida, eso no se sabrá nunca. —Aries. Te invito un café. Sonreíste.
Traduction temporaire :
Bélier
Son attitude te fit croire que les forêts de cèdres, les stalactites, et même les soleils jaillissaient de ses mains. Il était l'un des leaders de ce grand groupe d'amis auquel, après la transhumance, tu venais de te joindre. Toi, celle du petit village, tu te livras pendant plusieurs semaines à une série de manœuvres infructueuses pour être à côté de lui. Sans lui, la grande ville n'était qu'un énorme petit village.
— De quel signe es-tu ? t'entendis-tu lui demander, une nuit. C'était la première fois que tu lui parlais directement et la fougue de tes 17 ans t'avais trahie.Il saurait désormais que tu n'étais qu'une gamine intéressée par des bêtises, sans une once d'originalité, une gourde quelconque. Il te regarda dans les yeux. Soit il te regarda dans les yeux plusieurs secondes avant de répondre, soit tu tombas dans un abîme pendant des millénaires sans être blessée, cela, on ne le saura jamais.
— Bélier. Je t'invite à prendre un café. Tu souris.
Bélier
Son attitude te fit croire que les forêts de cèdres, les stalactites, et même les soleils jaillissaient de ses mains. Il était l'un des leaders de ce grand groupe d'amis auquel, après la transhumance, tu venais de te joindre. Toi, celle du petit village, tu te livras pendant plusieurs semaines à une série de manœuvres infructueuses pour être à côté de lui. Sans lui, la grande ville n'était qu'un énorme petit village.
— De quel signe es-tu ? t'entendis-tu lui demander, une nuit. C'était la première fois que tu lui parlais directement et la fougue de tes 17 ans t'avais trahie.Il saurait désormais que tu n'étais qu'une gamine intéressée par des bêtises, sans une once d'originalité, une gourde quelconque. Il te regarda dans les yeux. Soit il te regarda dans les yeux plusieurs secondes avant de répondre, soit tu tombas dans un abîme pendant des millénaires sans être blessée, cela, on ne le saura jamais.
— Bélier. Je t'invite à prendre un café. Tu souris.
Projet Justine / Elena – texte 155
Géminis
—Gemelos —dice la Eternidad al momento de parir a ese hijo cósmico que parece dos, sin embargo es uno más su fantasma. Quisiera no ver que junto a ese hijo, nació la muerte. Comprende que aún para Ella la cuenta regresiva ha comenzado.
Traduction temporaire :
Gémeaux
— Des jumeaux, annonce l'Éternité au moment de donner naissance à cet enfant cosmique qui a l'air d'être deux personnes, n'est pourtant qu'une seule et son fantôme. Elle voudrait ne pas voir que la mort était née avec cet enfant. Elle comprend que même pour Elle, le compte à rebours a commencé.
—Gemelos —dice la Eternidad al momento de parir a ese hijo cósmico que parece dos, sin embargo es uno más su fantasma. Quisiera no ver que junto a ese hijo, nació la muerte. Comprende que aún para Ella la cuenta regresiva ha comenzado.
Traduction temporaire :
Gémeaux
— Des jumeaux, annonce l'Éternité au moment de donner naissance à cet enfant cosmique qui a l'air d'être deux personnes, n'est pourtant qu'une seule et son fantôme. Elle voudrait ne pas voir que la mort était née avec cet enfant. Elle comprend que même pour Elle, le compte à rebours a commencé.
mardi 19 décembre 2017
Projet Chloé T – phrases 45-47
Pese a que eran comunes en la capital, ellos nunca habían visto ninguno tan de cerca. Se quedaron admirando su superficie lisa y brillante, sus ruedas blandas de radios duros y su boca de metal para comer carbón. Pero su padre salió a la calle e hizo entrar a la pequeña en su humilde hogar de siervo tributario.
Traduction temporaire :
Bien qu’elles fussent communes dans la capitale, eux n’en avaient jamais vue d’aussi près. Ils restèrent à admirer sa surface lisse et brillante, ses roues souples aux rayons rigides et sa bouche en métal faite pour manger du charbon. Mais leur père sortit dans la rue et fit entrer la petite dans son humble maison de serf censitaire.
Bien qu’elles fussent communes dans la capitale, eux n’en avaient jamais vue d’aussi près. Ils restèrent à admirer sa surface lisse et brillante, ses roues souples aux rayons rigides et sa bouche en métal faite pour manger du charbon. Mais leur père sortit dans la rue et fit entrer la petite dans son humble maison de serf censitaire.
Projet Justine / Elena – texte 154
Virgo
Ha caminado varias horas buscando una dirección que, ahora se convence, no existe. Amargada, razona que son muchas las ilusiones que se caen a partir de este desencuentro. Pronto oscurecerá, cansada y con frío recuesta la espalda contra una pared donde aún pega el sol. De pronto se siente mareada, calles y edificios giran como si ella fuera el eje de una rueda gigante. Por no ver esa danza que la estremece baja la vista y es cuando observa, con espanto, que la tierra se abre bajo sus pies. Entonces comprende, tarde, la predicción del diario; lo último que leyó antes de dejar su casa. “Virgo: no apoyarse en quimeras”.
Traduction temporaire :
Vierge
Elle a marché plusieurs heures, à la recherche d'une adresse qui, elle en est à présent convaincue, n'existe pas. Amère, elle se dit que nombre d'illusions s'écroulent à partir de cet échec. Bientôt, le ciel s'assombrira. Fatiguée et transie, elle appuie son dos contre un mur où le soleil cogne encore. Elle a soudain la nausée, les rues et les immeubles tournent comme si elle était l'axe d'une roue géante. Pour ne pas voir cette danse qui la fait frémir, elle baisse les yeux, et là, elle se rend compte avec effroi que la terre s'ouvre sous ses pieds. Elle comprend alors, trop tard, la prédiction du journal ; la dernière chose qu'elle a lue avant de sortir de chez elle. « Vierge : ne vous accrochez pas à des chimères ».
Vierge
Elle a marché plusieurs heures, à la recherche d'une adresse qui, elle en est à présent convaincue, n'existe pas. Amère, elle se dit que nombre d'illusions s'écroulent à partir de cet échec. Bientôt, le ciel s'assombrira. Fatiguée et transie, elle appuie son dos contre un mur où le soleil cogne encore. Elle a soudain la nausée, les rues et les immeubles tournent comme si elle était l'axe d'une roue géante. Pour ne pas voir cette danse qui la fait frémir, elle baisse les yeux, et là, elle se rend compte avec effroi que la terre s'ouvre sous ses pieds. Elle comprend alors, trop tard, la prédiction du journal ; la dernière chose qu'elle a lue avant de sortir de chez elle. « Vierge : ne vous accrochez pas à des chimères ».
Projet Justine / Elena – texte 153
Libra
Puesto que un platillo soporta el peso de la consciencia humana, toma la balanza estelar y sobre el otro asienta a la Tierra. Su Indolencia preferiría que lo escrito en el Libro de las Revelaciones se postergue indefinidamente. Preferiría no actuar, por eso anhela contra toda lógica ver los platillos en equilibrio.
Traduction temporaire :
Balance
Comme l'un des plateaux supporte le poids de la conscience humaine, il prend la balance stellaire, et sur l'autre, il pose la Terre. Son Indolence préférerait que les écrits du Livre de la Révélation soient indéfiniment reportés. Elle préférerait ne pas agir. Raison pour laquelle, contre toute logique, elle désire voir les plateaux en équilibre.
Balance
Comme l'un des plateaux supporte le poids de la conscience humaine, il prend la balance stellaire, et sur l'autre, il pose la Terre. Son Indolence préférerait que les écrits du Livre de la Révélation soient indéfiniment reportés. Elle préférerait ne pas agir. Raison pour laquelle, contre toute logique, elle désire voir les plateaux en équilibre.
Projet Basta ! Nieves – texte 14
Eugenia Yolanda Ramirez Mendoza
¿Culpable?
No podía conciliar el sueño, las vinchucas, los roedores cruzando las esquinas y sus compañeras de infortunio con quejas, ronquidos. Era imposible, sólo quedaba recordar, su adolescencia, un gran amor, su dedicación al hogar al marido que era mayor con 18 años. No importaba, lo amaba, sus exigencias: dejar el colegio, amigas, fiestas, reuniones, y después... el mal trato, las ofensas, insultos. Todo se pudo soportar, pero el mal trato a los hijos, que ya eran adolecentes y la defendían aguantando golpes y gritos de ese hombre que ya era viejo, cruel e insensible, fue demasiado... y un día sin saber cómo le hundió el cuchillo. Fue ella. Aun no lo creía, pero allí estaba... en la cárcel, con 8 años de condena:. “CULPABLE”.
Traduction temporaire :
Coupable ?
Elle ne trouvait pas le sommeil : il y avait les insectes, les rongeurs qui couraient partout et ses camarades d’infortune avec leurs plaintes et leurs ronflements. C'était impossible, il ne lui restait qu'à se rappeler son adolescence, un grand amour, son dévouement à son foyer, à son mari qui avait 18 ans et était plus âgé qu'elle. Peu importait, elle l'aimait, lui, ses exigences : laisser tomber le collège, ses amies, les fêtes, les réunions et après… la maltraitance, les agressions, les insultes. Si elle put tout supporter, la maltraitance à l’encontre de ses enfants, déjà adolescents, qui la défendaient en encaissant les coups et les cris de ce vieil homme cruel et insensible, ça, c'était trop… puis, un jour, sans savoir comment, elle lui planta un couteau. Oui, elle. Elle n’y croyait toujours pas, mais elle était là… en prison, condamnée à 8 ans : « COUPABLE ».
Coupable ?
Elle ne trouvait pas le sommeil : il y avait les insectes, les rongeurs qui couraient partout et ses camarades d’infortune avec leurs plaintes et leurs ronflements. C'était impossible, il ne lui restait qu'à se rappeler son adolescence, un grand amour, son dévouement à son foyer, à son mari qui avait 18 ans et était plus âgé qu'elle. Peu importait, elle l'aimait, lui, ses exigences : laisser tomber le collège, ses amies, les fêtes, les réunions et après… la maltraitance, les agressions, les insultes. Si elle put tout supporter, la maltraitance à l’encontre de ses enfants, déjà adolescents, qui la défendaient en encaissant les coups et les cris de ce vieil homme cruel et insensible, ça, c'était trop… puis, un jour, sans savoir comment, elle lui planta un couteau. Oui, elle. Elle n’y croyait toujours pas, mais elle était là… en prison, condamnée à 8 ans : « COUPABLE ».
Projet Basta ! Nieves – texte 13
Amanda Jáuregui
Confesión
María se acercó a la rejilla de madera, de adentro salía un vaho de humedad.
Esperó, las rodillas le dolían, sentía náuseas.
Por fin la voz masculina: Ave María Purísima - Con pecado y concebida - susurró acusadora María -Serás padre después de nueve mil padrenuestros de penitencia- y abandonó el lugar liberada de un peso que la encogía.
Traduction temporaire :
Amanda Jáuregui
Confession
María s’approcha de la jalousie en bois, un effluve d’humidité s’échappait de l’intérieur.
Elle attendit, les genoux lui faisaient mal, elle avait la nausée.
Enfin la voix masculine : Je vous salue Marie très pure - Conçue dans le pêché – susurre María, accusatrice -
— Tu seras père après avoir récité neuf mille Notre Père en pénitence, puis elle quitta cet endroit, libérée d'un poids sous lequel elle se repliait.
Amanda Jáuregui
Confession
María s’approcha de la jalousie en bois, un effluve d’humidité s’échappait de l’intérieur.
Elle attendit, les genoux lui faisaient mal, elle avait la nausée.
Enfin la voix masculine : Je vous salue Marie très pure - Conçue dans le pêché – susurre María, accusatrice -
— Tu seras père après avoir récité neuf mille Notre Père en pénitence, puis elle quitta cet endroit, libérée d'un poids sous lequel elle se repliait.
vendredi 15 décembre 2017
Projet Basta ! Projet Hélène / Guillaume 2
Giovanna Rivero
Piropo
¡Hace una hora que estás en la ducha!, grita Bruno, que por ser el hermano mayor cree que el baño es su territorio. El baño y el resto de la casa. ¿Qué mierda te estás lavando tanto, pervertida?- ruge. ¡Me estoy lavando las palabras! -se atreve Alma a contestarle. Bruno golpea la puerta con el lateral del puño. Odia cuando la pendeja de Alma le habla así, haciéndose la intelectual, la coeficiente mil. Si quisiera atravesaría de una embestida la madera como El Increíble Hulk. Pero ese punto le va en contra a la cojuda. Que ni se atreva Alma a salir a chequear en la plazuela porque lo va a conocer. Sin embargo, es cierto. Cero metáforas. Cero superioridad. Alma se lava las palabras. No las de Bruno, a las que se cree inmune; sino las otras, las que escuchó del viejo de la pulpería a quien consideraba un padrino o una especie de tío. Alma se lava el aliento rancio del viejo diciéndole: “¡Qué raja más buena! Estás para merecer”. Ahora Alma abre la boca bajo la ducha y traga agua para aliviar esa ira volcánica pringada de vergüenza que le quema la garganta. Jura que la próxima vez irá a comprar jaboncillo a otra pulpería, aunque quede en el mismísimo infierno.
Traduction temporaire :
Compliments
Ça fait une heure que t'es dans la douche ! vocifère Bruno qui, parce qu'il est l'aîné, s'imagine que la salle de bain est son territoire. La salle de bain et le reste de la maison. Putain, qu'est-ce que tu peux laver comme ça, espèce de tordue ? rugit-il. Je me lave les mots, ose lui répondre Alma. Bruno frappe à la porte avec le tranchant du poing. Il déteste quand cette petite conne d'Alma lui parle de cette façon, en se prenant pour une intello, celle à mille de QI. S'il le voulait, il transpercerait le bois d'un seul coup, comme l'Incroyable Hulk. Or, ce point-là ne joue pas en faveur de cette pauvre idiote. Alma n'a pas intérêt à sortir sur la petite place pour voir ce qui se passe, parce qu'elle va le trouver, sinon. Pourtant, c'est vrai. Zéro métaphore. Zéro supériorité. Alma se lave bien les mots. Pas ceux de Bruno, contre lesquels elle se croit immunisée ; mais les autres, ceux qu'elle a entendus de la part du vieux de l'épicerie, qu'elle considérait comme un parrain ou une espèce d'oncle. Alma se lave le souffle rance du vieux qui lui dit : « T'as une belle chatte ! Qu'est-ce que t'es bonne ! » Alma ouvre maintenant la bouche sous la douche et avale de l'eau pour apaiser cette rage volcanique empreinte de honte qui lui brûle la gorge. Elle jure que la prochaine fois, elle ira acheter du savon dans une autre épicerie, même s'il lui faut aller le chercher jusqu'en Enfer.
Compliments
Ça fait une heure que t'es dans la douche ! vocifère Bruno qui, parce qu'il est l'aîné, s'imagine que la salle de bain est son territoire. La salle de bain et le reste de la maison. Putain, qu'est-ce que tu peux laver comme ça, espèce de tordue ? rugit-il. Je me lave les mots, ose lui répondre Alma. Bruno frappe à la porte avec le tranchant du poing. Il déteste quand cette petite conne d'Alma lui parle de cette façon, en se prenant pour une intello, celle à mille de QI. S'il le voulait, il transpercerait le bois d'un seul coup, comme l'Incroyable Hulk. Or, ce point-là ne joue pas en faveur de cette pauvre idiote. Alma n'a pas intérêt à sortir sur la petite place pour voir ce qui se passe, parce qu'elle va le trouver, sinon. Pourtant, c'est vrai. Zéro métaphore. Zéro supériorité. Alma se lave bien les mots. Pas ceux de Bruno, contre lesquels elle se croit immunisée ; mais les autres, ceux qu'elle a entendus de la part du vieux de l'épicerie, qu'elle considérait comme un parrain ou une espèce d'oncle. Alma se lave le souffle rance du vieux qui lui dit : « T'as une belle chatte ! Qu'est-ce que t'es bonne ! » Alma ouvre maintenant la bouche sous la douche et avale de l'eau pour apaiser cette rage volcanique empreinte de honte qui lui brûle la gorge. Elle jure que la prochaine fois, elle ira acheter du savon dans une autre épicerie, même s'il lui faut aller le chercher jusqu'en Enfer.
mardi 5 décembre 2017
Projet Hélène / Audrey – phrases 171-172
En ese momento me pareció que soltaba la rata y que extendía ambos brazos como si fueran alas, y yo volví a correr, corrí escuchando el castañeteo de mis dientes, con las uñas hundiéndose en las palmas de mis manos, corrí bajo la noche sin luna, con el terror agarrado a mi espalda y sin atreverme a mirar atrás. Cuando arribé a mi casa, después de ese trayecto para mí infinito, mi madre aún no había regresado.
Traduction temporaire :
À cet instant, il me sembla qu'elle lâchait le rat et déployait ses deux bras, telles des ailes. Moi, je repris ma course. Je courus, entendant le claquement de mes dents, tandis que mes ongles s'enfonçaient dans les paumes de mes mains. Je courus dans la nuit sans lune, la terreur à mes trousses et sans oser regarder en arrière. Quand je débarquai chez moi, au terme de ce trajet infini pour moi, ma mère n’était pas encore rentrée.
À cet instant, il me sembla qu'elle lâchait le rat et déployait ses deux bras, telles des ailes. Moi, je repris ma course. Je courus, entendant le claquement de mes dents, tandis que mes ongles s'enfonçaient dans les paumes de mes mains. Je courus dans la nuit sans lune, la terreur à mes trousses et sans oser regarder en arrière. Quand je débarquai chez moi, au terme de ce trajet infini pour moi, ma mère n’était pas encore rentrée.
lundi 4 décembre 2017
Projet Sabrina / Elsa 2 – phrases 3-4
Al dejarte entrar, luego de obligarte a jalar un mecate azul varias veces, el portero te manda que te sientes en un sofá de plástico que está en un rincón del patio, junto a un lavadero. De su covacha sale con un huevo en la mano, ya negro.
Traduction temporaire :
Quand il te laisse entrer, après t'avoir obligé à tirer une corde bleue plusieurs fois, le concierge te demande de t'assoir sur un canapé en plastique, dans un coin du patio, à côté d'un lavabo. Il sort de son cagibi, un œuf déjà noir à la main.
Quand il te laisse entrer, après t'avoir obligé à tirer une corde bleue plusieurs fois, le concierge te demande de t'assoir sur un canapé en plastique, dans un coin du patio, à côté d'un lavabo. Il sort de son cagibi, un œuf déjà noir à la main.
lundi 20 novembre 2017
Projet Sabrina / Elsa 2 – Titre + phrases 1-2
ME DIJERON QUE VINIERA CON USTED
Arriba del edificio se pueden distinguir tres figuras: una que representa a la Coatlicue, otra a la señora Ramírez –hecha con un maniquí—y, finalmente, un águila con las alas bajas, como impulsándose para tomar el vuelo. Da algo de miedo acercarse, sobre todo por el olor ácido, como a podrido, que desprende el conjunto.
Traduction temporaire :
On m'a dit de venir avec vous
En haut du bâtiment, on peut distinguer trois silhouettes : une qui représente la déesse Coatlicue, une autre, Madame Ramírez - réalisée avec un mannequin -, et enfin, un aigle, les ailes baissées, comme s'il s'élançait pour prendre son envol. S'en approcher fait un peu peur, surtout à cause de l'odeur acide, comme de pourri, qui se dégage de l'ensemble.
On m'a dit de venir avec vous
En haut du bâtiment, on peut distinguer trois silhouettes : une qui représente la déesse Coatlicue, une autre, Madame Ramírez - réalisée avec un mannequin -, et enfin, un aigle, les ailes baissées, comme s'il s'élançait pour prendre son envol. S'en approcher fait un peu peur, surtout à cause de l'odeur acide, comme de pourri, qui se dégage de l'ensemble.
Projet Justine / Elena – texte 152
Leo
De un formidable salto, abandona su sitio en la inmensidad y
aterriza en la calle bordeada de durazneros donde está la niña. Camina
los pocos metros que los separan tocándola con los ojos. Caricia hecha
mirada, conexión que sólo el vuelo de algún pétalo interrumpe. La niña
lo observa sin moverse, el andar majestuoso de ese león hecho de soles
no le inspira miedo.
Traduction temporaire :
Lion
Dans un formidable bond, il quitte sa place au sein de l'immensité et atterrit dans la rue bordée de pêchers où se trouve la petite fille. Il parcourt les quelques mètres qui les séparent en la touchant avec ses yeux. Caresse changée en regard, connexion que seul le vol d'un pétale interrompt. La petite fille l'observe sans bouger, l'allure majestueuse de ce lion fait de soleils ne lui inspire aucune crainte.
Lion
Dans un formidable bond, il quitte sa place au sein de l'immensité et atterrit dans la rue bordée de pêchers où se trouve la petite fille. Il parcourt les quelques mètres qui les séparent en la touchant avec ses yeux. Caresse changée en regard, connexion que seul le vol d'un pétale interrompt. La petite fille l'observe sans bouger, l'allure majestueuse de ce lion fait de soleils ne lui inspire aucune crainte.
Projet Justine / Elena – texte 151
Cáncer
—Despertate que me voy a morir —te dije aquella mañana de domingo. Los chicos estaban en el club.
—¿Qué?
—No ahora, ni esta tarde, pero de esto me muero. Nos sentamos en la cocina, yo lloraba, el dolor en los intestinos era insoportable, vos comenzaste a hablar. Ahora aquel momento me recuerda a unas líneas del Señor de los Anillos, cuando Gandalf advierte a los compañeros: “el poder de un mago está en su voz” Conversando acerca de cosas sin importancia, acerca de nada, me encantaste. Tu sortilegio detuvo tanto la diarrea, que ya me había hecho perder varios kilos en esas últimas semanas, como los horribles espasmos. Detuvo el miedo. Recuerdo la ternura y serenidad de tu tono, que no varió en las casi cuatro horas que tardaron los chicos en regresar a comer. El almuerzo fue preparado y la vida siguió su curso. Durante ciertos días me sentí mejor, otros no tanto, hasta que alguno de los muchos médicos que consulté dio en recetarme la pastilla que puso fin a un problema que resultó menor. Ocho años después, un cáncer de colon te mataba. Nunca me despertaste asustado, mucho menos llorando. Quizá alguna vez haga acopio de valor y te escriba sobre eso.
Traduction temporaire :
Cancer
— Réveille-toi, je vais mourir, t'ai-je dit ce dimanche matin-là. Les enfants étaient au club.
— Quoi ?
— Pas maintenant, ni cette après-midi, mais à coup sûr, j'en mourrai. Nous nous sommes assis dans la cuisine. Moi, je pleurais, mes douleurs intestinales étaient insupportables. Toi, tu t'es mis à parler. Aujourd'hui, ce moment précis me rappelle un passage du Seigneur des Anneaux, quand Gandalf prévient ses compagnons : « le pouvoir d'un magicien réside dans sa voix. » En discutant de choses sans importance, de riens, tu m'as jeté un sort. Ton sortilège a stoppé aussi bien la diarrhée, qui m'avait déjà fait perdre plusieurs kilos ces dernières semaines, que les horribles spasmes. Il a stoppé la peur. Je me souviens de la tendresse et de la sérénité de ta voix qui ne changea pas durant les presque quatre heures où on a attendu les enfants pour manger. Le déjeuner a été préparé et la vie a suivi son cours. Certains jours, je me suis sentie mieux. D'autres, pas tant que ça. Jusqu'à ce que l'un des nombreux médecins que j'ai consultés me prescrive les comprimés qui ont mis fin à un problème s'avérant moins grave. Huit ans plus tard, un cancer du colon te tuait. Tu ne m'as jamais réveillé parce que tu avais peur, encore moins parce que tu pleurais. Peut-être qu'un jour, je m'armerai de courage et t'écrirai à ce sujet.
Cancer
— Réveille-toi, je vais mourir, t'ai-je dit ce dimanche matin-là. Les enfants étaient au club.
— Quoi ?
— Pas maintenant, ni cette après-midi, mais à coup sûr, j'en mourrai. Nous nous sommes assis dans la cuisine. Moi, je pleurais, mes douleurs intestinales étaient insupportables. Toi, tu t'es mis à parler. Aujourd'hui, ce moment précis me rappelle un passage du Seigneur des Anneaux, quand Gandalf prévient ses compagnons : « le pouvoir d'un magicien réside dans sa voix. » En discutant de choses sans importance, de riens, tu m'as jeté un sort. Ton sortilège a stoppé aussi bien la diarrhée, qui m'avait déjà fait perdre plusieurs kilos ces dernières semaines, que les horribles spasmes. Il a stoppé la peur. Je me souviens de la tendresse et de la sérénité de ta voix qui ne changea pas durant les presque quatre heures où on a attendu les enfants pour manger. Le déjeuner a été préparé et la vie a suivi son cours. Certains jours, je me suis sentie mieux. D'autres, pas tant que ça. Jusqu'à ce que l'un des nombreux médecins que j'ai consultés me prescrive les comprimés qui ont mis fin à un problème s'avérant moins grave. Huit ans plus tard, un cancer du colon te tuait. Tu ne m'as jamais réveillé parce que tu avais peur, encore moins parce que tu pleurais. Peut-être qu'un jour, je m'armerai de courage et t'écrirai à ce sujet.
samedi 18 novembre 2017
Projet Basta ! Nathalie – texte 4
LISA BLACKMORE
SERÁS CUCHILLO
Serás cuchillo, Espejo filoso con la cara del otro Oscuro rincón húmedo arena negra incómoda entre dedos pican chispas de concha luz rayos equis sonámbulos vacío de luna de luciérnaga de lámpara de Stop
Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires
jeudi 16 novembre 2017
Projet Basta ! Sabrina – texte 3
CELINER ASCANIO
CUERPO I
Avanzar y caer de rodillas, hablar con la lengua abierta, acomodarla fuera del cuerpo, vencerse antes de alcanzar la puerta. (Alguien abre su boca para recibir el pan y arrastra pasos que no le pertenecen)
Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires
Projet Justine / Elena – texte 150
Cosas familiares
Los Hombres Invisibles tenían mucho territorio para elegir; sin embargo, escogieron un pozo, y en el fondo de ese pozo abrieron calles, y cuando cada calle tuvo su vereda y cada vereda sus jacarandas, sus paraísos y sus cina-cinas, declararon fundada la ciudad, la cual llegó a ser próspera, con casa de altos estudios y de trabajo frenético, una ciudad cuya pujanza llevó a sus habitantes a moverse con ritmo propio. En la ciudad de los Hombres Invisibles los ruidos chocaban contra las paredes, agigantándose, y las alimañas corrían en círculo siguiendo el rastro viscoso que otra había dejado luego de picar, o morder, rabiosa, porque no encontraba la salida, y en los días de calor, un viento ardiente confundía el sabor de los alimentos y desdibujaba el contorno de los objetos volviendo extrañas las cosas familiares. Durante una siesta de verano, la ciudad entera pareció extraña, y por extraña, enemiga. Los Hombres Invisibles la atacaron. El hombre descubre asombrado que en la base de la barranca, entre las copas de los árboles, se divisan algunas ruinas. Intenta fotografiarlas pero pisa mal y desde el borde donde se encuentra cae rodando hacia el fondo. Algo le impide volver a incorporarse, de modo que se arrastra hasta apoyar la espalda contra el tronco de una cina-cina. Cree que está solo, grita de dolor. Los Hombres Invisibles lo miran con furia: odian los ruidos. Y desde hace mucho tiempo eligieron olvidar: ya nadie recuerda la Universidad, ni las fábricas, ni aquel ritmo, ni el motivo del odio. Sólo el hambre los mantiene unidos. Para resolverlo, organizan interminables partidas de caza girando alrededor del único territorio que conocen. El jefe de la partida calcula que ese ser ruidoso que tiene enfrente es buena presa, ha de valer por cuarenta ratas gordas.
Traduction temporaire :
Choses familières
Les Hommes Invisibles disposaient d'un vaste territoire pour choisir ; pourtant, ils optèrent pour un puits, et, au fond de ce puits, ils percèrent des rues, et, quand chaque rue eut son trottoir et chaque trottoir ses jacarandas, ses épines de Jérusalem et ses margousiers, ils déclarèrent la ville fondée ; elle devint prospère, avec une maison consacrée aux hautes études. Une ville au travail frénétique, dont la vigueur amena ses habitants à se bouger à leur propre rythme. Dans la ville des Hommes Invisibles, les bruits cognaient contre les murs, prenaient des proportions énormes, et les bêtes nuisibles couraient en cercle, suivant la trace visqueuse qu'une autre avait laissée après avoir piqué ou mordu, enragée, parce qu'elle ne trouvait pas la sortie, et les jours de chaleur, un vent brûlant fusionnait le goût des aliments et effaçait le contour des objets, rendant étrangères les choses familières. Lors d'une sieste estivale, la ville entière sembla étrangère et parce qu'étrangère, ennemie. Les Hommes invisibles l'attaquèrent. Étonné, l'homme découvre qu'au bord du précipice, on aperçoit quelques ruines entre les cimes des arbres. Il essaie de les prendre en photo, mais fait un faux-pas, et de là où il se tient, tombe et roule vers le fond. Quelque chose l'empêchant de se redresser, il se traîne jusqu'à appuyer son dos contre le tronc d'un margousier. Il croit être seul, il hurle de douleur. Les Hommes Invisibles lui lancent un regard furieux : ils détestent les bruits. D'ailleurs, il y a longtemps, ils choisirent d'oublier : personne ne se souvient plus de l'Université, ni des usines, ni de ce rythme-là, ni de la raison de leur haine. Seule la faim leur permet de rester unis. Pour résoudre le problème, ils organisent d'interminables parties de chasse où ils tournent autour du seul territoire qu'ils connaissent. Leur chef juge que l'être bruyant en face de lui est une bonne proie, qu'il doit valoir environ quarante gros rats.
Choses familières
Les Hommes Invisibles disposaient d'un vaste territoire pour choisir ; pourtant, ils optèrent pour un puits, et, au fond de ce puits, ils percèrent des rues, et, quand chaque rue eut son trottoir et chaque trottoir ses jacarandas, ses épines de Jérusalem et ses margousiers, ils déclarèrent la ville fondée ; elle devint prospère, avec une maison consacrée aux hautes études. Une ville au travail frénétique, dont la vigueur amena ses habitants à se bouger à leur propre rythme. Dans la ville des Hommes Invisibles, les bruits cognaient contre les murs, prenaient des proportions énormes, et les bêtes nuisibles couraient en cercle, suivant la trace visqueuse qu'une autre avait laissée après avoir piqué ou mordu, enragée, parce qu'elle ne trouvait pas la sortie, et les jours de chaleur, un vent brûlant fusionnait le goût des aliments et effaçait le contour des objets, rendant étrangères les choses familières. Lors d'une sieste estivale, la ville entière sembla étrangère et parce qu'étrangère, ennemie. Les Hommes invisibles l'attaquèrent. Étonné, l'homme découvre qu'au bord du précipice, on aperçoit quelques ruines entre les cimes des arbres. Il essaie de les prendre en photo, mais fait un faux-pas, et de là où il se tient, tombe et roule vers le fond. Quelque chose l'empêchant de se redresser, il se traîne jusqu'à appuyer son dos contre le tronc d'un margousier. Il croit être seul, il hurle de douleur. Les Hommes Invisibles lui lancent un regard furieux : ils détestent les bruits. D'ailleurs, il y a longtemps, ils choisirent d'oublier : personne ne se souvient plus de l'Université, ni des usines, ni de ce rythme-là, ni de la raison de leur haine. Seule la faim leur permet de rester unis. Pour résoudre le problème, ils organisent d'interminables parties de chasse où ils tournent autour du seul territoire qu'ils connaissent. Leur chef juge que l'être bruyant en face de lui est une bonne proie, qu'il doit valoir environ quarante gros rats.
Projet Justine / Elena – texte 149
Los avaros
Cuando estaba hambriento, el gigante cazaba. Una o dos personas. Niño, viejo, hombre, mujer, le daba igual. A causa de aquella falta de criterio, los habitantes de entonces estuvieron a punto de extinguirse, y comoquiera que para un caníbal perder la sociedad que lo rodea constituye una tragedia, el gigante decidió cambiar sus costumbres. Organizarse. —Mis días como depredador han terminado. Quiero trigo y frutas. Ustedes me alimentan, yo no los como —les dijo a los supervivientes. Y ellos obraron según lo dicho. El equilibrio de la dieta reordenó su metabolismo. A medida que pasaban los meses, se achicaba. Su tamaño disminuyó tanto que abandonó la cueva donde vivía y ordenó que le construyeran una casa. Pasaba por las tiendas, tomaba lo que deseaba. Vestía con elegancia. Su deformidad era un recuerdo, también su fuerza descomunal. Ellos se dieron cuenta. Y estaban hartos de brindarle casa, ropa, comida. —Saquémonos a este vago de encima. El exgigante estaba tomando sol en la plaza cuando lo rodearon. Lo primero que observó fue el círculo de manos dispuestas en puño. Elevó la vista y encontró que todas las miradas se confundían en un gran ojo vengador. —No han podido olvidar la pérdida de su parientes —fue su último pensamiento.
Traduction temporaire :
Les avares
Quand il était affamé, le géant chassait. Une ou deux personnes. Enfant, vieillard, homme, femme, peu lui importait.À cause de ce manque de discernement, les habitants de l'époque faillirent s’éteindre. Or, pour un cannibale, perdre la société qui l'entoure constitue une tragédie. Le géant décida donc de changer ses habitudes. S'organiser — Le prédateur que j'étais a fait son temps. Je veux du blé et des fruits. Vous, vous me nourrissez, et moi, je ne vous mange pas, promit-il aux survivants. Ils œuvrèrent dans ce sens. Un régime équilibré régula son métabolisme. À mesure que les mois passaient, il rétrécissait. Sa taille diminua tellement qu'il quitta la grotte où il vivait et ordonna qu'on lui construise une maison. Il passait dans les boutiques, prenait ce qu'il désirait. Il s'habillait avec élégance. Sa difformité n'était plus qu'un souvenir. Sa force hors du commun également. Ils s'en rendirent compte. Et ils en avaient assez de lui offrir un toit, des vêtements, de la nourriture. — Débarrassons-nous de ce vagabond. L'ex-géant prenait un bain de soleil sur la place quand ils l'encerclèrent. La première chose qu'il remarqua fut le cercle formé par leurs poings levés.
Il leva les yeux et découvrit que tous les regards fusionnaient en un grand œil vengeur. — Vous n'avez pas pu oublier la perte de vos parents – telle fut sa dernière pensée.
Les avares
Quand il était affamé, le géant chassait. Une ou deux personnes. Enfant, vieillard, homme, femme, peu lui importait.À cause de ce manque de discernement, les habitants de l'époque faillirent s’éteindre. Or, pour un cannibale, perdre la société qui l'entoure constitue une tragédie. Le géant décida donc de changer ses habitudes. S'organiser — Le prédateur que j'étais a fait son temps. Je veux du blé et des fruits. Vous, vous me nourrissez, et moi, je ne vous mange pas, promit-il aux survivants. Ils œuvrèrent dans ce sens. Un régime équilibré régula son métabolisme. À mesure que les mois passaient, il rétrécissait. Sa taille diminua tellement qu'il quitta la grotte où il vivait et ordonna qu'on lui construise une maison. Il passait dans les boutiques, prenait ce qu'il désirait. Il s'habillait avec élégance. Sa difformité n'était plus qu'un souvenir. Sa force hors du commun également. Ils s'en rendirent compte. Et ils en avaient assez de lui offrir un toit, des vêtements, de la nourriture. — Débarrassons-nous de ce vagabond. L'ex-géant prenait un bain de soleil sur la place quand ils l'encerclèrent. La première chose qu'il remarqua fut le cercle formé par leurs poings levés.
Il leva les yeux et découvrit que tous les regards fusionnaient en un grand œil vengeur. — Vous n'avez pas pu oublier la perte de vos parents – telle fut sa dernière pensée.
Projet Justine / Elena – texte 148
El ascenso
Cuando la encontré al abrir la puerta sentí miedo: sabía qué se esperaba de mí. Tuve que envolverla bajo un par de sábanas para que no se dañara. La cargué con sumo cuidado y comencé a ascender la montaña por la ladera izquierda, que es más suave y está libre de esa piedra chica, suelta, tan traicionera. Trepé durante todo el día. Al caer la tarde, mis hombros estaban heridos bajo su peso, y en aquellas alturas soplaba un viento helado. Alcancé la cima en el momento preciso en que una lluvia de estrellas fugaces surcaba el cielo nocturno. Coloqué el trípode en el suelo, desenvolví y dispuse la cámara fotográfica. Algunas brasas comenzaban a arder. La gran hoguera de la que el fénix renacería estaba pronta.
Traduction temporaire :
L'ascension
Quand je l'ai découvert, en ouvrant la porte, j'ai eu peur : je savais ce qu'il attendait de moi. J'ai dû l'envelopper dans des draps pour qu'il ne s'abîme pas. Je l'ai chargé avec beaucoup de soin, puis j'ai commencé l’ascension de la montagne par le versant gauche, moins escarpé et sans ces petits cailloux qui roulent, si traîtres. J'ai grimpé toute la journée. À la tombée du soir, mes épaules étaient meurtries sous son poids, et à de telles hauteurs, soufflait un vent glacial. J'ai atteint le sommet au moment précis où une pluie d'étoiles filantes sillonnait le ciel nocturne. J'ai installé le trépied par terre, déballé et préparé l'appareil photographique. Quelques braises commençaient à brûler. Le grand bûcher d'où le phénix renaîtrait de ses cendres était prêt.
L'ascension
Quand je l'ai découvert, en ouvrant la porte, j'ai eu peur : je savais ce qu'il attendait de moi. J'ai dû l'envelopper dans des draps pour qu'il ne s'abîme pas. Je l'ai chargé avec beaucoup de soin, puis j'ai commencé l’ascension de la montagne par le versant gauche, moins escarpé et sans ces petits cailloux qui roulent, si traîtres. J'ai grimpé toute la journée. À la tombée du soir, mes épaules étaient meurtries sous son poids, et à de telles hauteurs, soufflait un vent glacial. J'ai atteint le sommet au moment précis où une pluie d'étoiles filantes sillonnait le ciel nocturne. J'ai installé le trépied par terre, déballé et préparé l'appareil photographique. Quelques braises commençaient à brûler. Le grand bûcher d'où le phénix renaîtrait de ses cendres était prêt.
mercredi 15 novembre 2017
Projet Hélène 5 – phrases 439-fin
Entonces, se volvió hacia él y le dijo, anda, pues, peruano, sigue tu camino, continúa con tu búsqueda. Y llévate de paso a esta gente, sácalos de este lugar. Nosotros, si logramos averiguar algo sobre el verdugo que buscas, te lo haremos saber. Y tú nos harás saber de lo que eres capaz. Sonrió con tristeza. Ya no llovía y ya no había luna. El día despuntaba, y sobre el cielo de Los Ángeles una leve capa de nubes rosadas prometía el sol para dentro de muy poco. No caminó mucho rato junto a sus improvisados acompañantes. Tan pronto pudieron, el pelirrojo y el asiático se escabulleron, desmañados, disculpándose, pretextando que necesitaban hacer una llamada, pedir un taxi. Él siguió caminando, diciéndose que tenía hambre, que un taco con carnitas y un café no le caerían mal, que debía encontrar una línea de autobuses que ya estuviera funcionando, que lo acercara a un improbable territorio amigo.
París, 2004
Traduction temporaire :
Il se retourna alors vers le Péruvien et ajouta : allez, l’ami, continue ton chemin, poursuis ta quête. Et au passage, vire-moi ces gens de là. Si on arrive à vérifier quoi que ce soit sur ton bourreau, on te le fera savoir. Et toi, tu nous montreras de quoi tu es capable. Il sourit tristement. Il ne pleuvait plus. La lune avait disparu. Le jour poignait, et une fine couche de nuages rosés au-dessus du ciel de Los Angeles était la promesse d'un soleil imminent. Il ne marcha pas longtemps à côté de ses accompagnateurs improvisés. Dès qu’ils le purent, le roux et l’Asiatique filèrent, complètement empotés, s’excusant, prétextant qu’ils devaient passer un coup de fil, appeler un taxi. Lui, poursuivit son chemin, se disant qu’il avait faim, qu’un tacos à la viande et un café seraient les bienvenus, qu’il devait trouver une ligne de bus en circulation pour le rapprocher d’un improbable territoire ami.
Paris, 2004
Il se retourna alors vers le Péruvien et ajouta : allez, l’ami, continue ton chemin, poursuis ta quête. Et au passage, vire-moi ces gens de là. Si on arrive à vérifier quoi que ce soit sur ton bourreau, on te le fera savoir. Et toi, tu nous montreras de quoi tu es capable. Il sourit tristement. Il ne pleuvait plus. La lune avait disparu. Le jour poignait, et une fine couche de nuages rosés au-dessus du ciel de Los Angeles était la promesse d'un soleil imminent. Il ne marcha pas longtemps à côté de ses accompagnateurs improvisés. Dès qu’ils le purent, le roux et l’Asiatique filèrent, complètement empotés, s’excusant, prétextant qu’ils devaient passer un coup de fil, appeler un taxi. Lui, poursuivit son chemin, se disant qu’il avait faim, qu’un tacos à la viande et un café seraient les bienvenus, qu’il devait trouver une ligne de bus en circulation pour le rapprocher d’un improbable territoire ami.
Paris, 2004
vendredi 10 novembre 2017
Projet Basta ! Chloé T – texte 7
GEORGINA RAMÍREZ
NAPALM
De repente mi ropa estaba envuelta en llamas. Vi el fuego sobre mi cuerpo KiM Phuc Me pides que camine desnuda que guarde los cuchillos dentro de mi espalda y de los buenos días yo, que he visto la sangre teñir mi vientre he perdido tantas veces el equilibrio en esa cuerda que tensas he dejado los brazos en alto y de tanto mirar al cielo presiento la lluvia Mi sonrisa afilada desgarra a la primera mueca ¿y aún me pides la flor? Maldigo al poeta que insiste en la rosa desconociendo el desierto Lo mismo pudo haber quedado esta página en blanco si se empeña el silencio en ser lo urgente
Traduction temporaire :
NAPALM
Tout à coup, mes vêtements étaient enveloppés dans les flammes. Je vis le feu sur mon corps Kim Phuc. Tu me demandes de marcher nue de garder les couteaux à l'intérieur de mon dos et de dire bonjour moi, qui ai vu le sang teindre mon ventre j’ai si souvent perdu l’équilibre sur cette corde que tu tends j’ai gardé les bras en l’air et à tant regarder le ciel je pressens la pluie Mon sourire fragile se déchire à la première moue et tu me demandes encore ma fleur ? Je maudis le poète qui insiste sur la rose alors qu’il méconnaît le désert Il a pu rester la même chose cette page blanche si le silence s’obstine à être urgent
mercredi 8 novembre 2017
Projet Hélène / Audrey – phrases 166-170
Luego se incorporó de un salto y se dio media vuelta. Rutka aprovechó esos segundos para abrirme la puerta y yo corrí. Corrí saltando de dos en dos cada escalón hasta ganar la calle, donde cometí el error de levantar la vista hacia la ventana del 302. La tía de Rutka tenía medio cuerpo fuera: el viento mecía su ondulada cabellera y le otorgaba un aspecto todavía más terrorífico; una de sus manos se apoyaba como una garra en el alféizar y la otra cogía por la cola al pequeño roedor que se retorcía y chillaba desesperado. Su mirada, su terrible mirada, estaba puesta en mí, igual que la de un águila que observa desde lo alto a la miserable lagartija que destazará con su acerado pico.
Traduction temporaire :
Puis elle se leva d'un bond, avant de se retourner. Rutka profita de ces quelques secondes pour m’ouvrir la porte et je pris mes jambes à mon cou. Je détalai en sautant deux par deux les marches de l'escalier pour regagner la rue, où je commis l’erreur de lever les yeux vers la fenêtre du 302. La moitié du corps de la tante de Rutka était sorti : le vent berçait sa chevelure ondulée, lui donnant un aspect encore plus terrifiant ; telle une serre, l'une de ses mains était appuyée sur le rebord, tandis que l'autre tenait par la queue le petit rongeur qui gesticulait et couinait de désespoir. Son regard, son terrible regard, était rivé sur moi, comme celui d'un aigle observant depuis les hauteurs le misérable lézard qu'il s'apprête à dépecer avec son bec acéré.
Puis elle se leva d'un bond, avant de se retourner. Rutka profita de ces quelques secondes pour m’ouvrir la porte et je pris mes jambes à mon cou. Je détalai en sautant deux par deux les marches de l'escalier pour regagner la rue, où je commis l’erreur de lever les yeux vers la fenêtre du 302. La moitié du corps de la tante de Rutka était sorti : le vent berçait sa chevelure ondulée, lui donnant un aspect encore plus terrifiant ; telle une serre, l'une de ses mains était appuyée sur le rebord, tandis que l'autre tenait par la queue le petit rongeur qui gesticulait et couinait de désespoir. Son regard, son terrible regard, était rivé sur moi, comme celui d'un aigle observant depuis les hauteurs le misérable lézard qu'il s'apprête à dépecer avec son bec acéré.
Projet Sonita 22 – phrases 9-10
–¡Humberto, por el amor de Dios, métete ya!
Pero Humberto está inmóvil, con la llave larga de la reja en la mano derecha y la mano izquierda empuñando uno de los travesaños de hierro negro, quieto, mirando al niño sin nombre que corre con el espanto en los ojos; al niño que ha encontrado a veces en la tienda cuando va por tortillas de harina para la cena, al niño que hace unos meses quebró un cristal de la fachada de un balonazo y después apareció con su padre, con el hombre que es su padre, a la puerta de la casa para pedir disculpas y ofrecerse a lavar el carro durante un mes para enmendar su falta.
Traduction temporaire :
— Pour l'amour de Dieu, Humberto, rentre, maintenant !
Mais Humberto reste immobile, interdit, la grande clé de la grille dans sa main droite tandis que la gauche empoigne l’une des barres en fer noir. Il regarde l’enfant sans nom qui court, de la frayeur dans ses yeux. Cet enfant qu’il a parfois croisé à l’épicerie du coin, lorsqu’il allait acheter les tortillas pour le dîner, cet enfant qui, il y a quelques mois, a cassé une vitre de sa façade avec un ballon. Après, il s'est présenté avec son père, l'homme qui est son père, sur le pas de ma porte pour s’excuser et proposer de laver ma voiture pendant un mois, afin de réparer sa faute.
— Pour l'amour de Dieu, Humberto, rentre, maintenant !
Mais Humberto reste immobile, interdit, la grande clé de la grille dans sa main droite tandis que la gauche empoigne l’une des barres en fer noir. Il regarde l’enfant sans nom qui court, de la frayeur dans ses yeux. Cet enfant qu’il a parfois croisé à l’épicerie du coin, lorsqu’il allait acheter les tortillas pour le dîner, cet enfant qui, il y a quelques mois, a cassé une vitre de sa façade avec un ballon. Après, il s'est présenté avec son père, l'homme qui est son père, sur le pas de ma porte pour s’excuser et proposer de laver ma voiture pendant un mois, afin de réparer sa faute.
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