vendredi 4 mars 2016

Projet Pauline / Laëtitia – phrases 61-72

La Naturaleza —digamos— tenía cinco proyectos de caballo y eligió el que conocemos. Los otros cuatro han quedado en el misterio, pero no por eso pierden su interés. Quizá había uno con las patas larguísimas, que parecían zancos, y otro con el pelo largo, como una oveja, y otro con cola prensil, muy útil en la selva. Quizá esto sea el hombre que pudo ser. Te advierto que yo no lo veo así. Me gusta solamente como teoría. Yo prefiero imaginarlo en una calle oscura, saliendo de una puerta cochera; un ser informe para, nuestro concepto actual, con dos pares de brazos y la nariz al costado, que habla con un ladrido y dice: "Perdón, yo soy el proyecto rechazado de hombre".
Contestarías: "En el club veo todas las noches a sus congéneres".
No digas tonterías —repuso Adhemar, que era muy juicioso cuando los demás se ponían imaginativos.
Prefiero la idea del regalo —dijo su sobrino—. Pero, ¿a quién? Casi todos mis amigos están aquí y si aún no lo han observado, dentro de poco lo verán...
Eduardo Adhemar recordó:

Traduction temporaire :

La Nature - imaginons - présentait cinq projets de cheval et choisit celui que nous connaissons. Les quatre autres sont restés dans le mystère, mais ils ne perdent pas leur intérêt pour autant. Peut-être qu'elle en avait un avec de très longues pattes semblables à des échasses, un autre avec de longs poils comme une brebis, ou encore avec une queue préhensile, très utile dans la forêt. Peut-être est-ce là l'homme tel qu'il aurait pu être. Je te préviens que je ne le vois pas de cette façon. J'aime seulement la théorie. Je préfère l'imaginer dans une rue sombre, sortant d'une porte cochère, un être informe étant donné notre conception actuelle, avec deux paires de bras et le nez sur le côté, qui parle en aboyant et dit : "excusez-moi, je suis le projet rejeté de l'homme." Et tu répliquerais "au club, je vois tous les soirs vos congénères".
— Ne dis pas de bêtises, rétorqua Adhemar, qui était très rationnel quand les autres se montraient imaginatifs.
— Je préfère l'idée du cadeau, dit son neveu. Mais, de qui ? Presque tous mes amis sont ici et s'ils ne l'ont pas encore regardé, peu d'entre eux le verront…
Eduardo Adhemar se souvint :

Projet Hadjer – titre + phrases 1-4

Jorge Luis Cáceres

Sonrisas

David Trepaud echaba un último vistazo a su agenda, donde regularmente anotaba las citas de sus pacientes, como le gustaba llamar a los clientes que visitaban su despacho en el edificio Alhambra, de la avenida República del Salvador. Lo hacía recostado en el diván, ubicado al pie del librero que ocupaba la totalidad de la pared izquierda del despacho. El diván, así como los tapetes, mesitas y lámparas, habían sido regalos de Laura, su exesposa. Seis cuadros que ilustraban sonrisas, colgaban en la pared, al fondo del despacho.

Traduction temporaire :


Jorge Luis Cáceres

Sourires

David Trepaud jetait un dernier coup d'œil à son agenda, où il inscrivait régulièrement les rendez-vous avec ses patients, comme il aimait désigner les clients qui venaient à son bureau du bâtiment Alhambra, avenue République du Salvador. Il était appuyé contre le divan, placé au pied de la bibliothèque, qui occupait la totalité du mur gauche de son bureau. Le canapé, tout comme les tapis, les petites tables et les lampes étaient des cadeaux de Laura, son ex-femme. Six tableaux qui représentaient des sourires étaient accrochés au mur.

jeudi 3 mars 2016

Projet Sonita / Élise – phrases 579-584

Sólo les faltaba cumplir con la última etapa del plan, porque hasta donde Zebrel sabía, no quedaba una sola organización independiente en todo el mundo. Agruparse para disentir era impensable, articular la resistencia algo inútil, improductivo. El proselitismo de las sectas, empezando por la más grande y voraz de todas, pero continuando por cualquier conjunto de enfermos mentales reunidos en una mafia, había liquidado la acción del pensamiento individual.
El médico le indicó a Zebrel que abriera la boca. Revisó el muñón de la lengua y volvió a anotar.
¿Po’é vo’vé a hab’á? —Zebrel interpretó que esta vez el mensaje era comprensible, pero el médico no se dio por enterado. Sonrió, condescendiente, y siguió anotando en su cuaderno.

Traduction temporaire :

Il ne leur restait plus qu’à accomplir la dernière étape de leur plan, parce qu'à sa connaissance, il ne demeurait aucune organisation indépendante dans le monde. Se rassembler pour diverger était impensable, articuler la résistance, inutile, improductif. Le prosélytisme des sectes, à commencer par la plus grande et vorace de toutes, mais aussi n’importe quel groupe de malades mentaux réunis en mafia, avait liquidé l’action de la pensée individuelle. Le médecin demanda à Zebrel d’ouvrir la bouche. Il examina le moignon de sa langue et nota de nouveau quelque chose.
— Pou’aige pa’lé à nou’o?
Zebrel considéra que cette fois, le message était compréhensible, mais le docteur fit mine de ne pas comprendre. Il sourit, condescendant, et ne laissa pas d’écrire sur son cahier.

Projet Maxime / Justine – phrases 48-53

O a los cinco años, ya más grandecito, cuando mamá trajo de sorpresa el cachorro a casa y esa noche, con cuánta paciencia me apliqué a sacarle los ojos con una cucharita de postre mientras tapaba su boca con un trapo para ahogar los aullidos de espanto de esa pobre bestia. Ja, ja, ¿qué pasa que ya no se ríen? Vamos, ánimo. Al otro día, cuando mamá encontró los despojos, fue fácil acusar al rottweiler del vecino. Uno siempre encuentra la forma de salir del paso. Esos fueron mis prolegómenos.

Traduction temporaire :
Ou lorsqu'à cinq ans, déjà un peu plus grand, quand maman a amené un chiot en cadeau à la maison et que, ce soir-là, avec ô combien de patience, je me suis appliqué à lui arracher les yeux à l'aide d'une petite cuillère à dessert tandis que je couvrais sa bouche avec un chiffon afin d'étouffer les hurlements d'horreur de la pauvre bête. Ha, ha, qu'y a t-il, vous ne riez plus ? Allez courage. Le lendemain, quand maman a trouvé la dépouille, ç'a été facile d'accuser le rottweiler du voisin. On trouve toujours le moyen de se tirer d'affaire. Voilà, tels étaient mes prolégomènes.

Projet Sarah 19 / Julie – phrases 56-57

y después, quiso el diablo o quien haya sido, que usted se entremetiera a matar al hombre que mató y lo llevaran preso, sin hacerle verdadera justicia, papá, y a la mamá y a nosotros nos rodeara la gente rara y nos obligara a trabajar para pagar la cortitrilla que usted se llevó, y la tierra, el trozo de tierra que tenemos y que es nuestro, y donde no podríamos cavar ni nuestras tres tumbas de estrechito que es, pero es nuestro, aunque mi hermano diga que la tierra no es ni debería ser de nadie, que la tierra es como el aire y como el agua de los ríos y de los lagunas, donde todos toman, yo quiero que mi tierra sea mía, papá, mía para mí sola, y que mi hermano se busque otra para él, y para la mujer que tenga cuando la tenga, y que mi mamá se vaya a los cerros, si ella está emperrada con eso, pero yo quiero mi tierra, la mía, papá, para cuando usted venga. Yo le pido siempre a la virgen santa que usted vuelva. Cuando usted venga, papá, yo voy a estar esperándolo en nuestra tierra. Y vamos a ser usted y yo, solos, papá, para toda la vida“.

Buenos Aires, Argentina

Traduction temporaire :
et après, le diable, ou je ne sais qui, a voulu que vous soyez impliqué dans le meurtre de l'homme que vous avez tué et qu'on vous fasse prisonnier, sans vraiment vous juger, papa, et des gens étranges se sont mis à nous tourner autour à maman et à nous, et nous ont obligés à travailler pour payer la moissonneuse que vous avez emportée, et la terre, le lopin de terre que nous avons et qui nous appartient, et sur lequel on ne pourrait même pas creuser nos trois tombes tant il est étroit, mais c'est le nôtre, bien que mon frère dise que la terre n'est et ne devrait être à personne, que la terre est comme l'air et comme l'eau des fleuves et des lacs [sûre ? Je ne dis pas que c'est faux…], dans lesquels tout le monde puise, moi, je veux que ma terre soi mienne, papa, à moi toute seule, et que mon frère s'en trouve une autre pour lui, et pour sa femme quand il en aura une, et que ma mère parte dans les collines, si elle s'entête, mais moi, je veux ma terre, la mienne, papa, pour quand vous viendrez. Je demande sans arrêt à la Sainte Vierge que vous rentriez. Quand vous viendrez, papa, je vous attendrai sur notre terre. Et nous resterons juste vous et moi, papa, pour toujours.

Buenos Aires, Argentine

Projet Camille / Angélique 2 – phrases 111-122

-Era lo mismo. Siempre es lo mismo. ¿Detendrían al hombre unos gramos más de sangre, unos millares más de sacrificados? Es como la plata del avaro. Nada sacia el amor de la plata por la plata. Ninguna cantidad de odio saciará el odio del hombre por el hombre.
-Nadie tiene ganas de ser masacrado -dijo ella-. Eso es más fuerte que todos los odios.
-¿Qué? -dijo él-. Una ceguera general todo lo nubla. En la guerra la atroz plenitud de matar es más grande que el pavor de morir.
Ella calló; pensó en aquello, iba a contestar pero no dijo nada; pensó que no valía la pena; una joven de cabeza canosa, envuelta en un guardapolvo gris, había salido a la acera de enfrente y con ayuda de un hierro largo bajaba las cortinas metálicas de la tintorería, que cayeron con seco estrépito; la luz eléctrica era muy débil en la calle y el tránsito se había hecho ahora ralo, pero seguía pasando gente con intermitencias.

Traduction temporaire :

— C'était pareil. C'est toujours pareil. Si on enlevait à l'homme quelques grammes de plus de sang, est-ce qu'il y aurait quelques milliers de sacrifiés en plus ? C'est comme l'argent de l'avare. Rien n'assouvissait l'amour de l'argent par l'argent. Aucune quantité de haine n'assouvira la haine de l'homme envers l'homme.
— Personne n'a envie d'être massacré. Ça, c'est plus fort que toutes les haines.
— Quoi ? Un aveuglement global trouble tout. À la guerre, l'atroce plénitude de tuer est plus grande que la terreur de mourir.
Elle se tut ; elle y réfléchit. Elle allait répondre, mais ne dit rien ; elle pensa que ça n'en valait pas la peine ; une jeune femme aux cheveux gris et enveloppée dans une blouse de la même couleur, était sortie sur le trottoir d'en face, et, à l'aide d'une longue tige de fer, descendait les volets métalliques de la teinturerie, qui tombèrent dans un vacarme sec ; la lumière électrique était très faible dans la rue, et la circulation était devenue rare, pourtant, des gens continuaient à passer par intermittence.

Projet Hélène / Audrey – phrases 16-22

Quizá solo se trataba de una muchacha parecida o a lo mejor de algún pariente suyo, pero ¿y la marca en forma de cruz? No, ni siquiera un clon hereda cicatrices. Decidí regresar, necesitaba verificar lo que a primera impresión resultaba increíble. Con paso lento volví a las inmediaciones del tenderete que ella regentaba, a prudente distancia di cinco vueltas a su alrededor y la observé de manera disimulada desde diversos ángulos, deseando encontrar algún rasgo físico que desdijera lo evidente. Ya no podía negarlo, la cicatriz solo era el último elemento que confirmaba mis temores. Quise controlarme, mas abandoné San Telmo casi a la carrera. Cómo era posible, pensaba y repensaba en el silencio de mi cuarto de hotel.

Traduction temporaire :
Peut-être s'agissait-il seulement d'une femme qui lui ressemblait, ou peut-être d'un membre de sa famille ; et cette marque en forme de croix ? Non, on ne transmet pas ses cicatrices, même à un clone. Je décidai d'y retourner. J'avais besoin de vérifier ce qui, à première vue, était incroyable. À pas lents, je revins à proximité de l'étal qu'elle tenait, j'en fis cinq fois le tour à une distance prudente et l'observai en catimini, sous divers angles, à la recherche d'un quelconque trait physique contredisant l'évidence. Je ne pouvais plus le nier : la cicatrice achevait de confirmer mes craintes. Je voulus garder mon calme, mais je quittai San Telmo presque au pas de course. Comment était-ce possible ? pensais-je encore et encore, dans le silence de ma chambre d'hôtel.

Projet Hélène 5 – phrases 137-144

Los ocupantes del automóvil no estaban heridos, sólo golpeados y, sobre todo, paralizados por el miedo. Los sacaron a empellones y les cayeron algunos puñetazos y patadas, que no continuaron porque el gran negro impidió que la horda se desbocara. Pidió calma y silencio y se llevó el dedo hacia la oreja, como para escuchar alguna lejana sirena de policía. No se oía nada, salvo el rumor, casi imperceptible, de la lluvia sobre la ciudad dormida, y los quejidos de uno de los ocupantes del automóvil, que, al parecer, era el que peor había salido del choque. La noche había vuelto a la oscuridad y a su indiferencia por el hecho humano, por los pequeños afanes, por las miserables contiendas de los hombres. Volvió a sentir la urgente necesidad de desaparecer de allí, pero permaneció inmóvil. El gigante, cuyos rasgos ahora se fundían con las sombras, dijo que había que  sacar de allí el automóvil, que había que aparcarlo, para que no llamara la atención. Los otros le obedecieron.

Traduction temporaire :
Les occupants de la voiture n’étaient pas blessés, juste sonnés, et surtout, paralysés par la peur. Ils en furent violemment extirpés et reçurent quelques coups de poing et de pied, qui cessèrent parce que le grand noir empêcha que la horde perde complètement le contrôle. Il exigea le calme et le silence, puis porta son doigt près de son oreille, comme pour écouter une lointaine sirène de police. On n’entendait rien, à l’exception de la rumeur, presque imperceptible, de la pluie sur la ville endormie et les gémissements d’un des occupants de la voiture, vraisemblablement celui qui s’était le moins bien sorti de la collision. La nuit retourna à l’obscurité et à son indifférence pour le fait humain, pour les petites envies, les misérables querelles des hommes. Il sentit de nouveau l’urgente nécessité de disparaître, mais resta immobile. Le géant, dont les traits se confondaient avec les ombres, ordonna de sortir la voiture du fossé, de la garer, pour qu’elle n’attire pas l’attention. Les autres lui obéirent.

Projet Aurélie O 12 – phrases 50-58

Empieza a leer sin prisa, mientras hojea la revista, miro sus manos bonitas, finas, sin callos. Los dedos largos reflejan algunas habilidades para el piano o quizás algo más… Me siento a su lado y comienzo a leer el diario. Nunca realmente me han importado las noticias, pero esa mujer me atrae mucho o quizás su dinero. Es que el interés habla toda clase de lenguas y representa muchos personajes incluso hasta el del desinteresado. Pero hay que pensar que está muy buena ¿Qué más podría desear un joven como yo? Además ella no desentona. Con mis 18 años cumplidos, no se puede considerar la pedofilia.

Traduction temporaire :

Elle commence à lire, sans hâte, et pendant qu’elle feuillette sa revue, j’observe ses jolies mains, fines, sans durillons. Ses longs doigts reflètent certaines compétences pour le piano ou peut-être pour quelque chose plus… Je m’assieds à côté d’elle et je commence à lire le journal. Les informations ne m’ont jamais réellement intéressé, mais cette femme m’attire beaucoup, ou peut-être son argent. Il est vrai que l’intérêt parle toutes sortes de langues et représente nombre de personnages, y compris celui du type désintéressé. Cependant, il faut admettre qu’elle est vraiment canon. Que pourrait désirer de plus un jeune comme moi ? En plus, elle n’est pas vraiment en décalage avec moi. Ayant dix-huit ans passés, on ne peut pas considérer cela comme de la pédophilie.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 402-413

¿Estás pensando en esta? —señaló Aníbal con el dedo a la mujer del gesto adusto.
Sí —me apresuré a decir.
¿Te parece?
Mírala bien. Es su misma forma de cara y su mismo color de pelo, y también su misma manera de ponerse en pie, como un mascarón de proa. ¡Y mira los nombres que ponen! Ahí dice Irina Zubovic. Tal vez se casó y ese es el nombre de su marido.
Y además es zurda —observó Aníbal.
¡Así es! —casi grité yo.
Por más de media hora nos quedamos mirando y comentando la fotografía, en un estado de ánimo exaltado, efervescente, que en dos ocasiones llamó la atención de los parroquianos de las mesas vecinas. Pero luego, como era natural, la emoción bajó, y retornaron las dudas iniciales, la incertidumbre. Iríamos calmándonos, poco a poco, mientras evocábamos detalles que poco o nunca habíamos tratado, como las rodillas golpeadas de la Zurda, la fina forma de sus orejas, la línea griega y sutil de su nariz y su cuello.

Traduction temporaire :
— Tu penses à celle-la ? me sonda Anibal en désignant du doigt la femme à l'air sévère.
— Oui.
— Tu crois ?
— Regarde-la bien. Elle a la même forme de visage, la même couleur de cheveux, et aussi la même manière d'être campée sur ses pieds, comme une figure de proue. D'ailleurs, lis les noms ! Irina Zubovic. Si ça se trouve, elle s'est mariée et c'est le nom de son mari.
— Et en plus, elle est gauchère.
— Tout juste ! criai-je presque.
Pendant plus d'une heure et demie, nous restâmes à scruter et commenter la photo, complètement exaltés, en pleine effervescence. À tel point que deux fois, nous nous fîmes remarquer par les habitués aux tables voisines.

Ensuite, naturellement, l'émotion redescendit et nous fûmes de nouveau assaillis par nos doutes initiaux, par l'incertitude. Nous nous calmâmes petit à petit, tandis que nous évoquions des détails que nous avions peu voire jamais abordés, par exemple les genoux enflés de la Gauchère, ses fines oreilles, son nez grec et délicat, et son cou.

Projet Chloé / Miroslaba – phrases 39-44

Entonces, el músico le entendió. En el signo “más grande” que sus manos de niño hicieron se produjo la comunicación veloz. Al día siguiente le llevó un auténtico piano electrónico, ante el cual, el niño, gigante, enfebrecido, empezó a tocar bellísimos acordes, extraordinarias melodías. El oído podía recibir tanto placer. La familia no supo si enloquecieron los dos. Permanecieron horas. El músico mayor cambiando los registros con los botones, a piano, a trompeta, a violín, a clavecín, a órgano, y el niño con el alma en los dedos, borracho de melodías.

Traduction temporaire :
Le musicien le comprit alors. Au moment où ses mains d’enfant effectuèrent un « grand » geste, une communication instantanée se produisit. Le lendemain, il lui apporta un véritable piano électronique, devant lequel, l’enfant, géant, fébrile, commença à jouer de magnifiques accords, d’extraordinaires mélodies. L’oreille ne pouvait éprouver tant de plaisir. La famille ne sut pas si ils étaient devenus fous tous les deux. Ils restèrent pendant des heures. L’aîné des musiciens changeait les registres à l’aide des boutons, passant du piano, à la trompette, au violon, au clavecin, à l’orgue, et l’enfant, l’âme dans les doigts, s’enivrait de mélodies.

Projet Sabrina 4 – phrases 124-136

Ella susurra ese nombre, como si al hacerlo buscara entender todo lo que puede caber en sus dos sílabas.
Mañana pasaré varias horas buceando en el lago hasta conseguir las muestras que me faltan, ¿te gustaría acompañarme? Saldré de madrugada —propongo yo, que riendo extirparme la vergüenza.
Mañana tengo que llevar a mis hijos al colegio, está lejos de aquí.
Entonces me entero de que tiene hijos, de que es una madre preocupada por ellos; mas no entiendo qué hace alejada de su casa a esas horas. Ella se adelanta a respon derme:
Tú apareciste justo en el momento en que estába mos por cerrar. Cuando te vi al otro lado de la barra pregun tando por pejerrey y te dije que no había, me apenó tu piel tan clara, tu soledad... Me recordaste a mi marido cuando lo conocí. Solo quise ser amable contigo; a cambio, quería que me contaras qué haces en la vida, que me hablaras de tu mundo. No pensé en ningún momento que podría pasar lo que ha pasado… Mi esposo está de viaje y felizmente mi mamá está cuidando de mis hijitos esta noche.
Lo siento…

Traduction temporaire :

Elle murmura ce prénom, comme si elle cherchait à comprendre tout ce qu'il pouvait contenir dans ses deux syllabes.
— Demain, je plongerai pendant plusieurs heures dans le lac pour obtenir les échantillons qui me manquent. Cela te plairait de m'accompagner ? Je partirai aux aurores, proposé-je pour m'arracher à la honte.
— Demain, je dois emmener mes enfants à l'école, loin d'ici.
J'apprends alors qu'elle a des enfants, qu'elle est une mère soucieuse d'eux ; en revanche, je ne m'explique pas ce qu'elle fabrique dehors si tard.
Elle va pour me répondre :
— Tu es entré juste au moment où nous nous apprêtions à fermer. Quand je t'ai vu devant le comptoir à demander si nous servions du pejerrey et que je t'ai dit non, tu m'as fait de la peine avec ta peau si claire, ta solitude… Tu m'as rappelé mon mari lors de notre rencontre. J'ai seulement voulu me montrer aimable avec toi ; en échange, je souhaitais que tu me racontes ce que tu fais dans la vie, que tu me parles de ton univers. À aucun moment je n'ai pensé qu'il arriverait ce qui est arrivé… Mon époux est en voyage et heureusement, ma mère s'occupe de mes petits ce soir.
— Je suis désolé…

Projet Camille / Angélique – phrases 93-110

-La eterna cosa. No se entienden los rusos con los alemanes. No se entienden los alemanes con los franceses. No se entienden los franceses con los ingleses. Nadie se entiende. Tampoco se entiende nada. Todo parece que de un momento a otro se va a ir al diablo. O que las cosas van a durar así: todo el mundo sin entenderse, y el planeta andando.
El hombre movió el periódico hacia uno de los flancos, llenó la copa con un poco de whisky y después le echó un terrón de hielo y después agua.
-Es mejor no revolverlo. Los que saben tomarlo dicen que es mejor no revolverlo.
-¿Habrá guerra, crees? -le preguntó ella.
-¿Quién puede decir sí, quién puede decir no? Ni ellos mismos; yo creo. Ni ellos mismos.
-Duraría dos semanas, la guerra, con todos esos inventos...
-La otra también, la otra también dijeron que iba a durar dos semanas.
-Era distinto...

Traduction temporaire :

— L'éternelle histoire. Les Russes ne s'entendent pas avec les Allemands. Les Allemands ne s'entendent pas avec les Français. Les Français ne s'entendent pas avec les Anglais. Personne ne s'entend. On n'y entend plus rien non plus. On a l'impression qu'à un moment ou un autre, tout va aller au diable. Ou que les choses vont continuer de cette manière : le monde entier qui ne s'entend pas, et la planète suit son cours.
L'homme déplaça le journal vers l'un de ses flancs, remplit son verre avec un peu de whisky, ajouta un glaçon et de l'eau.
— Il vaut mieux ne pas remuer. Ceux qui savent en boire affirment qu'il vaut mieux ne pas remuer.
— Tu penses qu'il y aura une guerre ? lui demanda-t-elle.
— Qui peut dire oui, qui peut dire non ? Même pas eux ; je pense. Même pas eux.
— Elle durerait deux semaines, la guerre, avec toutes ces inventions…
— L'autre aussi, avec pour l'autre aussi, ils avaient prétendu qu'elle durerait deux semaines.
— C'était différent…

Projet Bianca 2 – phrases 55-66

Metí sus llaves y las mías en la cartera y caminé decidida hacia la puerta. Él no tardó en saltar del sillón y me atajó del codo (tan mal no se sentía). Fue apretándome cada vez más fuerte el brazo, me lastimaba y no parecía dispuesto a dejarme ir. No me quedó más alternativa que encajarle un rodillazo. Héctor aflojó sus manos en el acto y yo aproveché para escapar y cerrar con dos vueltas de llave. “¡Abrí o te mato!” gritaba mi marido del otro lado, a la vez que aporreaba la puerta y sacudía el picaporte. Yo estaba a punto de hacerle caso, cuando de pronto vociferó una barbaridad de esas que no tienen ningún arreglo. Por favor Elena, no me pidas ahora que repita sus palabras. Fue como si me hubiera puesto la mano encima. Apenas intenté alejarme, descubrí que el vestido se había enganchado. Me sequé las palmas, sujeté la tela y ejercí palanca con una pierna y todas mis fuerzas. No puedo explicarte el placer enorme que me produjo sentir que la gasa comenzaba a rasgarse.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Chloé T 3 – phrases 123-142

Ja, ja, ja… No, nada que ver. En realidad nos sentíamos el rey y la reina. No te imaginas lo que yo sentía y sé que ella también sentía lo mismo, éramos libres a pesar de la gente que pasaba por nuestro lado. Las calles eran nuestras, nadie podía decir que no. Cerca al local del partido aprista, se soltó de mi mano y trotó hacia las rejas.
El partido que gobierna este país cantó Aleh, sacudiendo las rejas con las manos– ¡Y toda su oposición parlamentaria, las patronales, los sindicatos todos contribuyen a nuestro fracaso!
¿Qué era eso? –pregunta Iosú.
Otra canción de Eskorbuto –responde Jualma–. Yo me acerqué y en vez de sacarla me reía de la cara de los apristas. Cantamos juntos: Desde sus poltronas, prometieron solución para todos los problemas de esta nación, ¡Paro! ¡Miseria! ¡Humillación! Fue lo que obtuvimos, sólo una casualidad podrá desatar una reacción.
¡Es un crimen! –gritó el coro, Aleh, con mucho odio– ¡Es un crimen, es un crimen...!
Pero la tuve que sacar.
¿Por?

Traduction temporaire :

— Ha ha ha..., non, rien à voir. En fait, on se sentait comme le roi et la reine. Tu peux pas t’imaginer ce que je ressentais, et je sais qu’elle éprouvait la même chose. On était libres, malgré les gens qui passaient à côté de nous. Les rues étaient à nous, et personne ne pouvait dire le contraire. Près du local du parti apriste, elle m’a lâché la main et a cavalé en direction des grilles.
— Le parti qui gouverne ce pays, s’est mise à chanter Aleh en secouant les barrières, et l’opposition parlementaire entière, les patrons, les syndicats, tous contribuent à notre ruine !
— Et ça venait d’où ?
— D’une autre chanson de Eskorbuto, précise Jualma. Je me suis approché et, au lieu de l’éloigner de là, je me foutais de la tête des apristes. Nous avons alors chanté ensemble, Installés dans leurs fauteuils, ils nous ont promis de trouver une solution à tous les problèmes de la nation. Chômage ! Misère ! Humiliation ! C’est ce qu’on a obtenu, seul un imprévu pourra déchaîner une révolte.
— C’est un crime ! avons-nous crié en chœur, Aleh, remplie de haine. C’est un crime, c’est un crime… !
— Mais j’ai dû l’écarter.
— À cause de ?

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 331-342

El encantamiento se prolongó por algunas horas, en las cuales no sólo nos acariciamos y besamos, sino que también charlamos y reímos. Ella nos aceptaba con tanta naturalidad y alegría que estábamos seguros de haber encontrado la mujer de nuestras vidas y que jamás seríamos felices con ninguna otra. Que ella era la princesa de los cuentos y nosotros su príncipe azul. Y sabemos que ella pensaba igual. Sí, lo sabemos. Siempre lo hemos sabido.
Finalmente nuestra guardiana nos vino a advertir que ya era tarde y era hora de dormir. La escuchamos venir de lejos y no hizo ningún comentario sobre lo que era evidente. Sin embargo no pudimos evitar el sonrojarnos mientras Estela nos hacía guiños a escondidas. ¿Cómo pretendía que durmiéramos? Pasamos la noche en vela recordando cada momento, cada maravillosa sensación vivida en aquel día maravilloso. Sabiendo que la veríamos al otro día, que nuestra historia estaba recién comenzando.

Traduction temporaire :

L'enchantement se prolongea quelques heures encore, pendant lesquelles non seulement nous nous caressâmes et nous nous embrassâmes, mais nous discutâmes et nous rîmes. Elle nous acceptait avec un tel naturel et une telle joie, que nous étions sûrs d'avoir trouvé la femme de notre vie et que nous ne serions jamais heureux avec aucune autre. Qu'elle était la princesse des contes de fées, et nous, son prince charmant. Et nous savons qu'elle pensait la même chose. Oui, nous le savons. Nous l'avons toujours su.
Finalement, notre gardienne vint nous prévenir qu'il était tard et que c'était l'heure de dormir. Nous l'entendîmes arriver de loin, elle s'abstint cependant de tout commentaire sur ce qui était évident. Toutefois, impossible de ne pas rougir, alors qu'Estela nous faisait des clins d’œil en cachette. Comment voulait-elle que nous dormions ? Nous passâmes la nuit éveillé, nous souvenant de chaque moment, de chaque merveilleuse sensation vécue en ce jour merveilleux. Conscient que nous la reverrions le lendemain, que notre histoire était naissante.

Projet Fanny – phrases 283-306

¿El siguiente paso?
Mira… nadie jamás había conseguido lo que todos hemos hecho aquí. Pero Josef, ¿qué vas a hacer ahora?
Estaré al lado de Roslin hasta el último momento, si es eso lo que está preguntando —exclamé indignado.
No, no es lo que estoy preguntando. Dentro de ocho meses, uno de esos embriones llegará a término. Tendrás lo que querías… o lo que creías querer. Porque no la tendrás a ella.
No sé si acabo de entenderle.
Tendrás una copia exacta de ella. Con su pelo, su cara, sus manos y sus ojos… tendrás un clon. Pero no la tendrás a ella —El doctor me miraba con amabilidad mientras hablaba despacio, con tono amable, como se le habla a un niño cuando tienes que contarle que su perro ha muerto—. Josef, ¿tú la quieres?
¿Por qué, si no, iba a hacer todo esto? —salté furioso—. La quiero con toda mi alma y no voy a permitir que muera ¿no es eso lo que estamos haciendo aquí?
No. Ella morirá. De hecho no le quedan más de cinco o seis meses de vida, y eso porque estamos haciéndole todo lo que se nos ocurre para retrasar lo inevitable. Josef, te prometo que haré todo lo posible para que uno de esos embriones nazca sano, pero seguirá sin ser ella. Un ser humano solo es una carcasa, e imagino que te enamorarías de ella por algo más que su cuerpo o sus labios —el médico me miraba. Yo empezaba a entender—. Te enamorarías de su risa, o de las cosas que te contaba, de los libros o películas que le gustaba ver… Y todo eso no podemos reproducirlo en un laboratorio. Ni siquiera con todo el dinero del mundo.

Traduction temporaire :

— L'étape suivante ?
— Écoute… jamais personne n'avait réussi ce que nous avons réalisé ici. Mais Josef, que vas-tu faire maintenant ?
— Je serai aux côtés de Roslin jusqu'au dernier moment, si c'est ce que vous voulez savoir, m’exclamai-je, indigné.
— Non, ça n'est pas ce que je demande. Dans huit mois, l'un de ces embryons arrivera à terme. Tu auras ce que tu souhaitais… ou ce que tu pensais souhaiter. Parce que tu ne l'auras pas elle.
— Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre.
— Tu en auras une copie exacte. Avec ses cheveux, son visage, ses mains et ses yeux… tu auras un clone. Pourtant tu ne l'auras pas elle. Le docteur me regardait avec gentillesse tandis qu'il parlait lentement, sur un ton aimable, comme on s'adresse à un enfant à qui on doit annoncer que son chien est mort. Josef, tu l'aimes ?
— Pourquoi aurais-je accompli tout ça, sinon ? bondis-je, furieux. Je l'aime avec toute mon âme et je ne vais pas la laisser mourir. N'est-ce pas ce que nous recherchons ici ?
— Non. Elle mourra. D'ailleurs, il ne lui reste pas plus de cinq ou six mois, et ce uniquement parce que nous essayons tout ce qui nous pouvons pour retarder l'inévitable. Josef, je te promets que je ferai tout mon possible pour que l'un de ces embryons naisse sain, cependant, ça ne sera toujours pas elle. Un être humain n'est qu'une carcasse, et j'imagine que tu es tombé amoureux d'elle pour autre chose que son corps ou ses lèvres. Le médecin me regardait. Je commençais à saisir. Tu as dû tomber amoureux de son rire, ou des choses qu'elle te racontait, des livres ou des films qu'elle aimait voir… Et cela, nous sommes incapables de le reproduire dans un laboratoire ; pas même avec tout l'argent du monde.

mercredi 2 mars 2016

Projet Danny – phrases 37-38

Y cuando hacía la cola en la puerta del cine Pacífico allá por el año 85, para ver una mala película que no ameritaba el esfuerzo de mi mamá, me quedaba a veces fuera del ruedo, fuera del círculo de tiza trazado por mis tres buenas amigas. Y sucedía esto porque al observar sus rostros adolescentes me entraba una nostalgia terrible por una infancia dorada allá a finales de los 70, en compañía de Claudita y Micaela, una infancia en la cual se jugaba a Maricuchita y Maricuchito, a Carlitos Supermán, a Hannah de la Selva, a Hugo, Paco y Luis, a la destrucción de Barbie y Ken, a Star Wars, a Kojak, a Starsky y Hutch, a Menudo, a Parchís, todo esto en el jardín del colegio San Silvestre, que aportaba un tesoro insospechado en sus árboles y viejas bancas.

Traduction temporaire :
Lorsque je faisais la queue devant la porte du Pacífico, au cours de l’année 85, pour voir un mauvais film qui ne valait pas les sacrifices de ma maman, parfois, je restais en dehors du rond, en dehors du cercle tracé à la craie par mes trois bonnes amies. Et cela juste parce qu’en observant leurs visages d’adolescentes, une nostalgie terrible m'assaillait à l'égard d'une enfance heureuse vers la fin des années 70, en compagnie de Claudita et Micaela ; une enfance où l’on jouait à Marinouille et Marinou cachons-nous de la pluie, à Clarky Superman, à Jane de la jungle, à Riri, Fifi et Loulou, à la destruction de Barbie et Ken, à Star Wars, à Kojac, à Starsky et Hutch, à chanter du Menudo et du Parchís ; tout cela dans le jardin de l'école San Silvestre, qui offrait un trésor insoupçonné dans ses arbres et vieux bancs.

Projet Medea / Iris – phrases 67-73

-¡Ved ahí al más fanático y al más ignorante de tus súbditos! ¡Sus dogmas son absurdos, falsa su ciencia, y su sabiduría, necedad!
Hizo una pequeña pausa y con la voz envenenada de odio prosiguió:
-El corazón más egoísta alienta dentro de tu pecho, ¡oh, rey! No conozco otro que le iguale en dureza y en crueldad, salvo el del príncipe, tu primogénito. ¡El pedernal es ante sus fibras una blanda y deleznable cera!
Calló un instante y luego, con voz ronca, profirió:

Traduction temporaire :
— Vois le plus fanatique et le plus ignorant de tes sujets ! Ses dogmes sont absurdes, sa science est fausse, et son savoir, sottise ! Il marqua une petite pause et la voix empoisonnée de haine, il poursuivit : Le cœur le plus égoïste bat dans ta poitrine, ô roi ! Je n'en connais aucun qui l'égale en dureté et en cruauté, sauf celui du prince, ton fils aîné. Le silex est une faible et fragile cire comparé à son âme !

Il se tut un instant, puis, d'une voix rauque il s'écria :

Projet Justine / Marie-G. 2 – phrases 101-105

El jueves mamá nos dio plata para que fuéramos donde Doña Leidi a “pelucarnos”. A mí me gustaba mucho ir a la casa de esa señora porque además de peluquera, Doña Leidi era modista y su casa estaba llena de retazos de telas, botones, cremalleras, cepillos, peinillas, peinetas. Todo revuelto y desordenado, no como en la casa, donde mamá no admitía que nada estuviera fuera de su puesto. Yo dejé que mis hermanos pasaran primero porque sabía que después de peluqueados ya no iban a querer esperar y entonces yo podría por fin hacer realidad mi sueño de calvearme; aunque se lo había pedido a mamá varias veces, nunca me lo había permitido. Ese día, sin saber por qué extraña razón tuve el coraje suficiente para pedirle a Doña Leidi que me dejara el pelo al rape. Al principio ella dudó.

Traduction temporaire :
Le jeudi, maman nous donna de l'argent pour qu'on aille chez Doña Leidi « au coiffeur ». Moi, j'aimais beaucoup y aller, parce qu'en plus d'être coiffeuse, Doña Leidi était couturière et sa maison était remplie de coupons de tissus, de boutons, de fermetures éclair, de brosses, de peignes à cheveux, de peignes. Tout sens dessus dessous, pas comme à la maison, où maman n'admettait pas que la moindre chose ne soit pas à sa place. Je laissai mes frères passer les premiers, parce que je savais qu'une fois coiffés, ils ne voudraient plus attendre et qu'alors, je pourrais enfin réaliser mon rêve : me raser la tête. Malgré plusieurs demandes à maman, elle ne m'avait jamais donné la permission. Ce jour-là, sans savoir pour quelle raison étrange, j'eus le courage suffisant pour supplier Doña Leidi de me tondre la boule à zéro. Au début, elle hésita.

Projet Sarah / Sarah – phrases 44-49

Siempre relacionaba la tristeza con los caballos. Me parecían tan decentes, tan resignados, tan silenciosos. Cuando quería imaginar un dolor grande en algún animal, no pensaba en los perros ni en los gatos, en las vacas ni en los conejos. Siempre veía un caballo. Una noche en que habíamos hablado mucho, me fui a acostar pensando en el tordillo de mi padre que se agachaba hasta el suelo para que él montara sin ningún esfuerzo. Alguien había comentado un libro cuya protagonista se hunde en un pantano, sin que nadie consiga salvarla, y donde lo último que se ve es la mano agitándose, como una hoja, sobre el barro.

Traduction temporaire :
J'associais toujours la tristesse aux chevaux. Ils me paraissaient si décents, si résignés, si silencieux. Quand je voulais imaginer un animal souffrant énormément, je ne pensais ni aux chiens ni aux chats, ni aux vaches ni aux lapins. Je voyais inévitablement un cheval. Une nuit où nous avions beaucoup parlé, je suis allée me coucher en pensant au cheval moucheté de mon père qui se baissait jusqu'au sol pour qu'il monte sans aucun effort. Quelqu'un avait mentionné un livre dont l'héroïne se noie dans un marais sans que personne ne parvienne à la sauver, et où la dernière chose qu'on aperçoit est la main qui s'agite, comme une feuille, sur la boue. 

Projet Justine 7 – phrases 69-87

La foto que aparecía en la superficie de cristal líquido fue como un puntapié para Martínez. Un hombre con todo el vientre abierto, completamente vacío por dentro, sin el menor rasgo de vísceras u órganos.
—Es el cuarto caso en dos meses, los jefes se las han arreglado con la prensa y el gobierno para que no se sepa, igual que hace quince años. ¿Usted a cuántos llegó? ¿Veinte en un año, verdad? Así los conocen en la brigada, “los veinte de Martínez”, bajó sus anteojos y le clavó sus ojos azules.
—Fue hace tiempo, señorita, ya no sé de estas cosas.
—Averigüé su historia, comisario, sé que sabe mucho de esto…
—Entonces, alzó la voz Martínez, si sabe tanto, habrá averiguado lo que me pasó. Quiere un consejo, cámbiese de caso. Es mujer, puede alegar que es demasiado fuerte, afecta su salud, qué sé yo, se ve inteligente, sabrá inventar algo. En serio, olvídese de todo, deje el asunto, por su bienestar.
—Usted no lo dejó.
—Y vio lo que me ocurrió. Perdóneme, pero tengo mucho trabajo, estoy lleno de expedientes y archivos que revisar. Y no me pagan horas extras.
—Su superior…
—Yo no tengo superior, señorita Martinic.
—Baculic.

Traduction temporaire :

Martínez reçut la photo sur l'écran à cristaux liquides comme un coup de pied. Un homme, le ventre ouvert, complètement vidé à l'intérieur, sans plus la moindre trace de viscères ni d'organes.
— Déjà le quatrième cas en deux mois. Les chefs se sont arrangés avec la presse et le gouvernement pour que cela ne s'ébruite pas, comme il y a quinze ans. À combien étiez-vous arrivé, vous ? Vingt en un an, non ? C'est comme ça qu'on vous connaît à la brigade « les vingt de Martínez ». Elle baissa ses lunettes et le fixa de ses yeux bleus.
— Une époque lointaine, mademoiselle. J'ai tout oublié.
— J'ai enquêté sur votre histoire, commissaire, Je n'ignore pas que vous savez beaucoup de choses à ce sujet.
— Dans ce cas, Martínez haussa le ton, si vous êtes si bien rencardée, vous avez dû vous renseigner sur ce qui m'est arrivé. Vous voulez un conseil ? Changez d'affaire. Vous êtes une femme, vous pouvez prétexter que c'est trop dur, que ça affecte votre santé ou que sais-je encore… Vous avez l'air intelligente, vous trouverez quoi inventer. Sérieusement, tournez la page, laissez tomber cette affaire, votre bien-être en dépend.
— Vous n'avez pas laissé tomber, vous.
— Et vous avez vu ce que ça m'a valu. Pardonnez-moi, mais j'ai beaucoup de travail ! J'ai des tas de dossiers et d'archives à éplucher. Et on ne me paye pas d'heures supplémentaires.
— Votre supérieur…
— Je n'ai pas de supérieur, Mademoiselle Martinic
— Baculic.

Projet Justine 7 – phrases 52-68

Se acomodó la corbata, buscó su chaqueta y fue a recibirla.
—Antonieta Baculic, se presentó ella; seria y con un apretón de manos que reveló bastantes horas en el gimnasio. Era bonita, mucho, pero también algo masculina. Hija única tal vez, demasiado metida en sus asuntos para pensar en tener pareja e hijos. ¿Y si era lesbiana?
—¿Usted dirá? le preguntó Martínez. Ella le pidió hablar en un lugar menos concurrido.
Sabiendo que era seguida por las miradas de todos los hombres presentes, Antonieta evitó cualquier gesto de amabilidad y siguió a Martínez hasta un pequeño privado, junto a las oficinas de los oficiales. Tras cerrar la puerta, el comisario le ofreció asiento:
—La escucho, le dijo.
—Mi tarjeta, al reverso anoté el número de mi móvil. Le entregó Antonieta. Luego se presentó como nueva fiscal adjunta de Santiago Norte y le informó que estaba trabajando en un caso “bastante complejo” con la Brigada de Homicidios.
—¿Y en qué puede ayudarle un oficinista como yo? Quiso saber Martínez.
La fiscal Baculic abrió su bolso, sacó un computador portátil, lo puso sobre la mesa, lo abrió, busco algo en las carpetas del disco duro y luego giró la pantalla hacia el policía.
—No siempre fue un oficinista —le dijo.

Traduction temporaire :

Il ajusta sa cravate, prit sa veste et alla l'accueillir.
— Antonieta Baculic, se présenta-t-elle, sérieuse et avec une poignée de main qui trahit pas mal d'heures de gym. Elle était jolie, très jolie, mais également un peu masculine. Peut-être était-ce une fille unique trop absorbée par ses affaires pour envisager d'avoir un mari et des enfants. Et si elle était lesbienne ?
— Que puis-je pour vous, s'enquit Martínez.
Elle lui demanda s'il serait possible de parler plus au calme. Consciente qu'elle était l'objet de tous les regards, Antonieta évita la moindre marque d'amabilité et suivit Martínez jusqu'à un petit cabinet, à côté des bureaux des officiers. Après avoir fermé la porte, le commissaire l'invita à s'asseoir :
— Je vous écoute.
— Voici ma carte, j'ai noté mon non numéro de portable au dos.
Ensuite Antonieta se présenta en tant que nouvelle procureure adjointe de Santiago Nord et lui annonça qu'elle collaborait actuellement avec la Brigade des Homicides sur une affaire « assez complexe ».
— Et en quoi un vulgaire gratte-papier comme moi serait-il susceptible de vous aider ?
La procureure Baculic ouvrit son sac et en sortit un ordinateur portable qu'elle posa sur la table. Elle l'alluma, chercha quelque chose dans les dossiers du disque dur, avant de tourner l'écran vers le policier.
— Vous n'avez pas toujours été un gratte-papier.

Projet Justine 7 – phrases 39-51

15 años después.
Cuartel de la PDI. Policía de Investigaciones.
Santiago Centro.
— Te buscan, le informaron al comisario Martínez. Esa mina que está en la puerta, la rubia alta, dice que necesita hablar contigo, que es importante.
Amador Martínez permanecía encerrado en una oficina sitiada por torres de papeles, documentos y archivadores, labor en la cual se habían concentrado sus últimos diez años de servicio a la policía civil.
—¿Quién es? bajó el tono.
—Una fiscal, no dijo más, solo que necesitaba al comisario Martínez.
El exdetective la miró, la muchacha no debía tener más de treinta años. Rubia, cabello liso, anteojos de marco grueso, zapatos con tacones, mirada distante, hija de buena familia, de barrio alto. Si usa esa falda negra y esa blusa gris es que quiere respeto, infirió, también que le ha costado ganárselo. A las de su tipo no les resulta fácil, son demasiados los que nunca dejan de verlas como muñecas de adorno.

Traduction temporaire :

15 ans plus tard.
Commissariat de la PDI. Police d'Investigation. Santiago centre.
— On te cherche, informa-t-on le commissaire Martínez. Une femme, à la porte, la grande blonde, elle dit qu'elle a besoin de te parler, que c'est important.
Amador Martínez restait enfermé dans un bureau, assiégé par des tours de papiers, de documents et de classeurs ; un travail auquel il avait consacré ses dix dernières années de service au sein de la police civile.
— Qui est-ce ? demanda-il à voix basse.
— Une procureure, j'en sais pas plus. Elle a juste dit qu'elle avait besoin de voir le commissaire Martínez.
L'ex-détective l'observa. Elle ne devait pas avoir la trentaine. Blonde, cheveux lisses, lunettes à grosses montures, chaussures à talons, regard distant, fille de bonne famille, de Barrio Alto . Si elle porte cette jupe noire avec ce chemisier gris, c'est qu'elle tient à inspirer le respect, conclut-il, et aussi que cela lui a coûté de le gagner.
Pas facile pour les femmes dans son genre, trop nombreux sont ceux qui les considèrent comme des poupées de porcelaine.

Projet Justine 7 – phrases 28-38

Y allí, bajo las sombras, reconoció la silueta de su hijo.
Sebastián. Su pequeño, el que un día se llevaron los militares, el que por tanto tiempo buscó, el de la fotografía en los carteles mojados con agua represora, el tanto tiempo sufrido, allí estaba, sentado en esa misma cama donde había despertado por última vez.
La vieja se dejó caer llorando sobre su pequeño.
—Sebastiááánnnn, tartamudeó entre lágrimas.
Él apenas respondió a su abrazo.
Y estaba tan joven, tan blanco, tan inocente, como si todos los años que pasaron sobre ella se hubiesen restado sobre su único y amado muchacho.
Ella se lo comió a besos.
Él se la comió a mordidas.
Y aunque trató de pedir ayuda, aullar de horror y de dolor, no pudo hacerlo. Elcira Ramírez entendió demasiado tarde que cuando tu propio hijo te arranca la lengua, no se puede gritar.

Traduction temporaire :

Et là, sous les ombres, elle reconnut la silhouette de son fils. Sebastián. Celui qui, un jour, avait été enlevé par les militaires, celui qu'elle avait si longtemps cherché, celui de la photo sur les affiches trempées par une eau répressive, celui pour lequel elle avait souffert tout ce temps était là, assis sur son lit, le même où il s'était réveillé pour la dernière fois. En pleurant, la vieille dame se laissa tomber sur son petit.
— Sebastiááánnnn ! balbutia-t-elle entre ses larmes.
Lui, il répondit à peine à son étreinte.
Et il était si jeune, si blanc, si innocent, comme si les années qui avaient passé sur elle n'avaient eu aucune prise sur son unique enfant chéri.
Elle le dévora de baisers.
Il la dévora à coups de dents.
Elle eut beau essayer d'appeler à l'aide, de hurler de terreur et de peur, aucun son ne sortit de sa bouche. Elcira Ramírez comprit trop tard qu'il était impossible de protester quand son propre fils vous arrache la langue.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 323-330

Estudiamos su expresión, atentos al menor signo de rechazo, y entonces, muy lentamente, nos acercamos. Estamos seguros de que temblábamos de miedo y de ansiedad. Ella no se movió. Aguardó hasta que sólo unos centímetros separaban nuestros labios para tomar mi mano entre las suyas y cerrar sus ojos. El primer beso. Nada existía excepto ella y el latido de nuestro corazón, que parecía desbocado, inundado de una alegría como nunca antes habíamos sentido. Nos atrevimos a acariciar sus cabellos y ella respondió recorriendo nuestra espalda con sus manos. El sabor de su boca, la suavidad de su piel, el calor de su cuerpo son sensaciones que quedarían grabadas con fuego en nuestros recuerdos y en nuestra alma.

Traduction temporaire :

Nous scrutâmes son expression, attentifs au moindre signe de refus, et alors, très lentement, nous nous approchâmes. Nous sommes certains que nous tremblions de peur et d'anxiété. Elle, elle ne bougea pas. Elle attendit que nos lèvres ne soient plus séparées que par quelques centimètres à peine pour prendre ma main dans les siennes et fermer les yeux. Le premier baiser. Plus rien n'existait à part elle et les battements de notre cœur, qui semblait s'emballer, inondé par une joie comme nous n'en avions jamais ressentie auparavant. Nous nous aventurâmes à lui caresser les cheveux, et elle répondit en parcourant notre dos avec ses mains. Le goût de sa bouche, la douceur de sa peau, la chaleur de son corps sont des sensations qui resteraient gravées au fer rouge dans nos souvenirs ainsi qu'au plus profond de notre âme.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 391-401

Y encontré esto —dije, abriendo el Newsweek—. Mira bien esta foto.
Aníbal se puso sus anteojos de leer. Una enorme foto de doble página e impresa a color llenaba la página central de la revista. Era la primera de una serie de ocho páginas, de un informe especial sobre las mujeres que combatían en Bosnia-Herzegovina.
La fotografía mostraba una calle llena de escombros y edificios bombardeados, humeantes, donde se veía a cuatro mujeres vestidas con botas y uniformes verde oliva. Tres de ellas, agazapadas, en cuclillas, apuntaban con sus fusiles hacia puntos lejanos y presuntamente amenazantes. La cuarta, en cambio, de pie, solo se limitaba a mirar. Era una mujer rubia, ligeramente gruesa, de rostro anguloso y gesto adusto. Tendría más o menos unos cuarenta años y, como si pensara en correr hacia un nuevo emplazamiento, sostenía firmemente su fusil pegado al cuerpo. Lo sostenía con la mano izquierda.

Traduction temporaire :

— Et j'ai découvert ça, montrai-je en ouvrant Newsweek. Regarde bien cette photo.
Anibal chaussa ses lunettes. Une énorme photo couleur se déployait sur une double page pile au milieu du magazine – la première d'une série de huit pages consacrées à un dossier spécial sur les femmes qui combattaient en Bosnie-Herzégovine.
Sur le cliché, on voyait une rue jonchée de décombres et des immeubles bombardés, fumants ; on y distinguait quatre femmes portant des bottes et des treillis vert olive. Trois d'entre elles courbées, accroupies, visaient des points lointains et sûrement dangereux avec leurs fusils. Quant à la quatrième, elle se contentait d'observer. C'était une blonde, légèrement enrobée, au visage anguleux et à l'air sévère. Elle avait une quarantaine d'années et, comme si elle se préparait à courir vers un autre emplacement, elle tenait fermement son fusil collé au corps. Elle le tenait de la main gauche.

Projet Sabrina 4 – phrases 110-123

Ella permanece en silencio. Voy reti rando mi peso de su cuerpo, le acaricio los cabellos, ya no veo en ellos el verde brillante, pero sí los encuentro suaves, palpitantes. Me subo los pantalones y me levanto. Recojo su blusa, su sujetador, con delicadeza los acerco a sus ma nos. Ahora me invade el pudor y echo la mirada a un costado mientras ella, con dificultad, se pone los pantalones; solo me vuelvo a agachar a su lado para ayudarla a levan tarse. Ella sigue callada. Recojo ahora los platos rotos y los coloco sobre la barra; sintiéndome en casa, me adentro en la cocina, busco un trapo, una escoba y un recogedor. Al regresar, la encuentro sentada en una silla. Barro y limpio el piso. Ella me mira a los ojos.
Ni siquiera sé cómo te llamas —me dice.
Pronuncio mi nombre. Me turba pronunciarlo, como si después de esa noche ya no me reconociera en él.

Traduction temporaire :

Elle resta silencieuse. Je commence à retirer mon poids de son corps, je caresse ses cheveux, je n'y vois plus le vert brillant ; en revanche, ils me semblent soyeux, palpitants. Je remonte mon pantalon et me relève. Je ramasse son corsage, son soutien-gorge ; je les lui tends délicatement. Maintenant, la pudeur m'envahit et je détourne les yeux pendant qu'elle remet difficilement son pantalon ; je ne me baisse de nouveau près d'elle que pour l'aider à se redresser. Elle ne parle toujours pas. Je ramasse maintenant les assiettes cassées et les pose sur le comptoir ; me sentant comme chez moi, je pénètre dans la cuisine à la recherche d'un torchon, d'un balai et d'une pelle. À mon retour, je la trouve assise sur une chaise. Je balaie et nettoie par terre. Elle me regarde droit dans les yeux.
— Je ne sais même pas comment tu t'appelles, me lance-t-elle.
Je dis mon prénom. J'en suis troublé, comme si après cette nuit, je ne m'y reconnaissais plus.

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 87-100

Papá recorrió con parsimonia la casa. Le llevó mucho tiempo. Con calma registró cada hueco. El corazón me latía en los oídos. Por primera vez me sentía sola. La angustia me impedía respirar, y desde el día anterior no sabíamos dónde estaba mamá. Papá abrió la puerta del armario, yo ahogué un grito y, de pronto, me reuní con mi gemela.
Desde entonces vagamos juntas. Nunca vimos de nuevo a papá. Nunca hemos visto, de hecho, a nadie más que no sea como nosotras, un proyecto inacabado, una pausa entre la violencia y la angustia. Crecimos, pasaron los años, las décadas, nuestros cabellos blanquearon. Estamos cansadas. Ya apenas salimos. Compartimos una irrefrenable pereza.

Pero tenemos hambre.

Traduction temporaire :


Papa parcourut la maison soigneusement. Cela lui prit beaucoup de temps. Avec calme, il fouilla chaque creux. Mon cœur battait dans mes oreilles. Pour la première fois, je me sentais seule. L'angoisse m'empêchait de respirer, et depuis la veille, nous ignorions où était maman. Papa ouvrit la porte de l'armoire, j’étouffai un cri, et aussitôt, je rejoignis ma jumelle.
 Depuis ce jour-là, nous errons ensemble. Nous n'avons jamais revu papa. En fait, nous n’avons jamais connu personne d’autre qui ne soit comme nous, un projet inachevé, une pause entre la violence et l'angoisse. Nous grandîmes, les années passèrent, les décennies, nos cheveux blanchirent. Nous sommes fatiguées. Nous sortons à peine. Nous partageons une paresse irrépressible.

MAIS NOUS AVONS FAIM.

Projet Camille / Angélique – phrase 92, 2e partie

el mozo volvió la espalda a la mesa y gritó el pedido con la misma voz estentórea y enfática con que había hecho los otros pedidos y con que se dan el gusto de ser autoritarios estos subordinados de un patrón tiránico; el hombre golpeó la vidriera y el chico que pasaba corriendo con la carga de diarios oliendo a tinta entró en el salón y el hombre compró un diario y lo desplegó y se puso a leer los títulos; ella se fijó en dos o tres fotografías que había en la página postrera, una joven de la aristocracia que se casaba y un fabricante de automóviles británicos que acababa de llegar a la Argentina en gira comercial; el gato se había levantado sobre la balaustrada y jugaba con la pata en un tiesto de flores, moviendo los tallos de las flores viejas y escuálidas; ella preguntó al hombre si había alguna novedad importante y el hombre vaciló antes de contestar y después dijo:

Traduction temporaire :
Le serveur tourna le dos à la table et cria la commande avec la même voix tonitruante de stentor avec laquelle il avait pris les autres commandes, et avec laquelle les subordonnés d'un patron tyrannique se font le plaisir d'être autoritaires ; l'homme tapa sur la vitrine, le garçon, qui passait en courant avec son chargement de journaux sentant l'encre, entra dans la salle, l'homme acheta un journal, le déplia, puis se mit à lire les titres ; elle, elle remarqua deux ou trois photographies sur la quatrième de couverture, une jeune aristocrate qui se mariait avec un fabriquant de voitures britanniques qui venait d'arriver en Argentine, pour sa tournée commerciale ; le chat s'était levé sur la balustrade et avec sa patte, il jouait avec les tiges des vieilles fleurs desséchées dans un pot de fleurs ; elle lui demanda s'il y avait la moindre nouvelle importante, il hésita avant de répondre :

Projet Alexia – phrases 47-64

 —Entiendo. Pero no estoy seguro de saber la respuesta.
Piensa un poco. Sin que te duela.
Escuche, ¿por qué no va a Cuba a averiguarlo?
No es mala idea. ¿Se puede ir a Cuba?
Ahí mismo lo invité a un encuentro de narrativa fantástica que tendría lugar en La Habana el siguiente mes. King aceptó. Yo le dije que iba a estar esperándolo. Luego él me acompañó de regreso a Portland para asegurarse de que yo tomara un avión.
Cualquier avión.
La volví a ver la volví a ver la volví a ver...
Pasaba a veces muy cerca, a veces muy lejos de mí, y podía pasar lo mismo un día que medio año entre un flechazo visual y otro, pero no me importaba: ya había una frecuencia, una proximidad. Aunque ella no existiera, ya era un suceso real.
Ningún aditamento superfluo: solo sus largas piernas emergiendo de los botines, emergiendo de las ruedas, emergiendo del pavimento, los ojos ocultos tras gafas oscuras, la ropa pegada al cuerpo y el cuerpo pegado a la velocidad: una estela doradísima de pelo suelto. Siempre la misma. Pero a la vez diferente cada vez que yo la veía.

Traduction temporaire :

— Je comprends. Mais je ne suis pas sûr de connaître la réponse.
— Réfléchissez un peu. Sans vous faire mal.
— Écoutez, pourquoi n’allez-vous pas à Cuba pour vérifier ?
— C’est pas une mauvaise idée. On peut aller à Cuba ?
Immédiatement, je l’ai invité à une rencontre sur le thème du récit fantastique qui aurait lieu à la Havane le mois suivant. King a accepté. Je lui ai précisé que je l’y attendrai. Ensuite, au retour, lui, m’a accompagné jusqu’à Portland pour s’assurer que je prenne bien l’avion.
N’importe quel avion.
Je l’ai revue, je l’ai revue, je l’ai revue…
Certaines fois, elle passait tout près de moi, d’autres fois, très loin et entre un coup de foudre et un autre, il pouvait autant s’écouler un jour que six mois, mais je m’en moquais : il y avait une régularité, une proximité. Même si elle n’existait pas, c’était désormais un fait réel.
Aucun ajout superflu : rien que ses longues jambes dépassant de ses bottines, dépassant des roues, dépassant du pavé, ses yeux cachés derrière des lunettes opaques, ses vêtements collés au corps et son corps collé à la vitesse : une trainée féérique de cheveux dans le vent. Toujours identique. Mais en même temps différente chaque fois que je la voyais.

mardi 1 mars 2016

Projet Sonita / Élise – phrases 574-578

El médico no le volvió a hablar. Revisó los muñones con atención y anotó algo en un cuaderno electrónico de última generación. Por lo visto los de la Iglesia no eran mezquinos a la hora de dotar a sus empleados de las mejores herramientas de trabajo. Zebrel reflexionó acerca de la escasa diferencia que había entre las grandes corporaciones religiosas y las empresas multinacionales de una década atrás y esta nueva manera de dominar el mundo. Después de la guerra se habían hecho con el control de casi todo y por lo visto estaban pasando a la ofensiva en el único territorio que les faltaba dominar: la mente de los ateos, agnósticos y librepensadores.

Traduction temporaire :
Le médecin ne lui adressa plus la parole. Il examina ses moignons attentivement et nota quelque chose dans un cahier électronique dernière génération. Apparemment, la direction de l’Église n'était pas mesquine au moment d’équiper ses employés avec les meilleurs outils de travail. Zebrel réfléchit sur le peu de différences existant entre les grandes corporations religieuses et les entreprises multinationales qu'il y avait auparavant et cette nouvelle façon de dominer le monde. Après la guerre, ils avaient pris le contrôle de presque tout et, vraisemblablement, ils étaient en train de passer à l’attaque sur l’unique territoire qu’ils ne dominaient pas encore : l’esprit des athées, des agnostiques et des libres penseurs.

Projet Bianca 2 – phrases 55-70

V.
Te hablo ahora que mi mamá fue al médico. Ella espía mis conversaciones, me insiste para que vuelva, que lo mío es una vergüenza, que una no abandona así nomás al marido. Te cuento rápido: yo había vuelto de la peluquería después de tres horas y le pregunté a Héctor si le gustaba el peinado, pero el infeliz no fue capaz de hacer un solo comentario. Tampoco dijo nada cuando terminé de maquillarme y me puse el vestido; ni siquiera se habrá percatado de que era nuevo. El tipo siguió mirando la tele en el sillón del comedor, con los talones sucios descansando sobre la mesa ratona y el sifón chorreando un hilito de soda sobre la madera. Le sugerí que se metiera en el baño, que yo estaba casi lista. Trataba de no apurarlo demasiado porque al instante se pone de mal humor. Pero si después llegábamos tarde a la Iglesia, decime con qué cara la miraba a mi prima. Fui hasta la habitación, descolgué el traje, lo extendí sobre la cama y le pasé un cepillito. Separé la corbata y la camisa, le lustré los zapatos por segunda vez en el día y todavía no escuchaba el sonido de la ducha. Cuando regresé al comedor, lo encontré en la misma posición de hacía veinte minutos. Recién entonces se dignó a darse vuelta, me miró con su cara de nada y dijo que le dolía mucho el estómago, que mejor no fuéramos al casamiento. Yo le respondí que no podíamos faltar, que mi prima había pagado carísimo el cubierto, que toda mi familia nos estaba esperando. Le ofrecí un Sertal pero Héctor es reacio a tomar medicamentos. Repitió que se sentía mal, que incluso estaba pensando en ir a la guardia, y por último subió el volumen de la televisión. En ese preciso segundo, le anuncié que me iba al casamiento, con o sin acompañante.

Traduction temporaire :
V. 

Ma mère est partie chez le médecin, alors j'en profite pour te parler. Elle épie mes conversations, me presse de rentrer chez moi, parce que pour elle, c'est une honte, on n'abandonne pas son mari juste comme ça. Je te raconte brièvement. J'étais rentrée de chez le coiffeur après y avoir passé trois heures et j'ai demandé à Héctor s'il aimait ma coiffure, sauf que le pauvre n'a pas été capable de faire le moindre commentaire. Il ne m'a rien dit non plus quand j'ai terminé de me maquiller et ai enfilé la robe ; il ne s'est sûrement même pas rendu compte qu'elle était neuve. Le gars a continué à regarder la télé dans son fauteuil de la salle à manger, ses talons sales posés sur la table basse, la bouteille laissant échapper un filet de soda sur le bois. Je lui ai conseillé d'aller se doucher, précisant que moi, j'étais presque prête. J'ai essayé de ne pas trop le presser parce qu'il démarre au quart de tour. Cependant, si nous arrivions tard à l'Église, dis-moi comment j'aurais pu regarder ma cousine en face après ça. Je me suis dirigée vers la chambre, j'ai pris son costume dans la penderie, l'ai étalé sur le lit et y ai passé un coup de brosse. Je lui ai choisi sa cravate et sa chemise, lui ai ciré ses chaussures pour la seconde fois de la journée et je n'entendais toujours pas le bruit de la douche. Quand je suis revenue dans la salle à manger, je l'ai trouvé dans la même position que vingt minutes auparavant. C'est seulement à ce moment-là qu'il a daigné se retourner, m'a regardé comme si de rien n'était et m'a déclaré qu'il avait très mal au ventre, qu'il valait mieux ne pas aller au mariage. Je lui ai répondu que nous ne pouvions manquer ça, que ma cousine avait payé le repas une fortune et que toute ma famille nous attendait. Je lui ai proposé un Sertal, mais Héctor est réticent à prendre des médicaments. Il m'a répété qu'il se sentait mal et qu'il pensait même se rendre chez le médecin de garde. Finalement, il a monté le son de la télévision. À cet instant précis, je lui ai annoncé que j'irais à ce mariage, seule ou accompagnée.

Projet Maxime / Justine – phrases 46-47

El hecho de que, a los tres años, con apenas un poco de conciencia sobre mis actos, les hiciera morisquetas a los adultos adulones para que se acercaran a hacerme “caritas” y al tenerlos a tiro les pegara tremendo cabezazo y gozara al ver la sangre manar de sus narices rotas, hinchadas, deformes, de los ojos tumefactos y la maravillosa ramificación de sus derrames, de los labios partidos que dejaban una boca llena de sangre que apenas podía contener y tanto escupía como tragaba a borbotones. ¿Será que mi maldad es innata, que vino conmigo el don de gozar con el sufrimiento ajeno?

Traduction temporaire :

À trois ans, alors que j'avais à peine un soupçon de conscience de mes actes, je faisais des grimaces aux adultes lèche-bottes pour qu'ils s'approchent et me fassent des "risettes" ; en les ayant à ma portée, je voulais leur donner un terrible coup de tête et je me réjouissais de voir le sang jaillir de leurs nez cassés, enflés, déformés, les yeux tuméfiés et la merveilleuse ramification de leurs écoulements, les lèvres fendues qui laissaient une bouche pleine de sang qu'elle pouvait à peine contenir et qui en crachait tout en en avalant abondamment. Ma méchanceté et le don de m'enthousiasmer de la souffrance d'autrui sont-ils innés chez moi ?

Projet Sabrina 4 – phrases 100-109

Me veo ahora derrumbado sobre ella, adormecido, ebrio. Veo su mirada bajo esa luz fluorescente, cegándola. Podía haber cerrado los ojos pero no lo hizo. Nuestros platos de revuelto de wayranto yacen rotos, desparramados por el suelo. Se aproxima la medianoche, ¿habrá alguien que haya escuchado esos gritos? Me espabilo, me enfren to a sus ojos, recuerdo; sobre una mesa veo las copas de vino vacías; no sé cómo levantarme, ni cómo haré para vestirme. No sé cómo pedir perdón. La acaricio, beso sus labios suavemente, le digo que jamás nadie ha levantado mi pasión como ella; la vuelvo a besar, con besitos cortos y suaves, por el rostro, por el cuello, por esas mejillas que parecen seguir ardiéndole, doliéndole. No me contesta, las lágrimas desbordan sus ojos, caen hacia un lado y a otro. Yo beso sus lágrimas.

Traduction temporaire :
Je me vois maintenant affalé sur elle, endormi, ivre. Je vois son regard sous cette lumière fluorescente qui l'aveugle. Elle aurait pu fermer les yeux, mais elle ne le fit pas. Nos assiettes de brouillade de wayranto sont cassées, éparpillées par terre. Il est presque minuit. Quelqu'un aura-t-il entendu ces cris ? Je reprends mes esprits, j'affronte son regard, je me souviens ; sur une table, je vois les verres de vin vides ; je ne sais comment me lever, ni comment je vais me débrouiller pour me rhabiller. Je ne sais pas comment lui demander pardon. Je la caresse, j'embrasse ses lèvres doucement, je lui dis que jamais personne avant elle n'avait soulevé chez moi une telle passion ; je l'embrasse de nouveau, en la couvrant de bisous fugaces et doux sur le visage, dans le cou, sur ses joues qui semblent encore lui brûler, lui faire mal. Elle ne me répond pas ; ses yeux débordent de larmes qui coulent de chaque côté. J'embrasse ses larmes.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 315-322

La luna llena brillaba en lo alto mientras su reflejo se rompía en mil destellos sobre el suave oleaje que acariciaba la orilla. Habían pasado tres días ya desde que nos habíamos conocido, los tres días más maravillosos de nuestra corta vida, y ahora Estela se apoyaba en nuestro hombro contemplando juntos la escena más romántica posible de imaginar.
Ningún alma en las proximidades, ni siquiera aquella mala copia de Lara Croft que era nuestra hada madrina, sólo nosotros dos. Queríamos que ese momento durara por siempre, que Estela y nosotros pudiésemos permanecer eternamente mirando el horizonte nocturno, abrazados, amándonos en silencio.
—Estela… —dijimos sin atrevernos a mirarla.
Ella se volvió mirándonos con sus grandes ojos. Su hermoso rostro nos sonreía.
—¿Sí?

Traduction temporaire :

La pleine lune brillait là-haut, tandis que son reflet volait en mille éclats sur les douces vagues qui caressaient le rivage. Trois jours s'étaient écoulés depuis notre rencontre, les trois jours les plus merveilleux de notre courte existence. À cet instant, Estela s'appuyait sur notre épaule et nous contemplions ensemble la scène la plus romantique qu'on puisse imaginer. Pas âme qui vive aux alentours, pas même cette copie ratée de Lara Croft qu'était notre marraine la bonne fée, rien que nous deux. Nous souhaitions que ce moment dure pour toujours, qu'Estela et moi, puissions rester éternellement à admirer l'horizon nocturne, enlacés, nous aimant en silence.
— Estela…, amorçâmes-nous sans oser la regarder.
Elle se retourna en nous fixant de ses grands yeux. Son beau visage nous souriait.
— Oui ?

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 384-390

La última vez que nos vimos en el café D’Onofrio, seguía riendo mientras contaba vivazmente acerca de no sé qué amigos a quienes les escondió sus aletas, arpones y máscaras de buceo, cuando yo puse sobre la mesa un ejemplar del Newsweek.
¿Qué ocurre? —preguntó Aníbal al advertir que yo asumía una actitud de expectativa.
Tengo una duda —le dije—, que quizá sea una idiotez, pero me la quiero sacar de encima. La semana pasada, en mi revista, hicimos un amplio reportaje sobre la guerra de Bosnia. Lo común, en estos casos, es acopiar y revisar los artículos de nuestros comentaristas internacionales y cotejarlos con lo que se dice en otras publicaciones. De manera que, pidiendo al archivo que me sacara recortes de las últimas publicaciones, me metí de pico y patas en el tema.
¿Y?

Traduction temporaire :
La dernière fois que nous nous vîmes au café D'Onofrio, il riait toujours en me racontant je ne sais quelle blague qu'il avait faite à ses amis, cachant leurs palmes, leurs harpons et leurs masques de plongée, quand soudain, je posai sur la table un exemplaire de Newsweek.
— Que se passe-t-il, s'enquit Anibal en remarquant que j'attendais quelque chose.
— J'ai un doute, c'est peut-être idiot, mais je veux en avoir le cœur net. La semaine dernière, dans le magazine pour lequel je travaille, nous avons réalisé un long reportage sur la guerre en Bosnie. Généralement, dans ces cas-là, on rassemble et on étudie les articles de nos chroniqueurs internationaux et on les confronte avec d'autres publications. Voilà comment, en demandant à l'archiviste de me sortir les coupures des dernières parutions, je me suis plongé corps et âme dans le sujet.

— Et ?

Projet Camille / Angélique – phrases 92, 1e partie

Los dos permanecieron callados; él la miraba, ella miraba hacia fuera, la calle que iba llenándose, muy lentamente, de oscuridad, la calle donde la noche entraba en turno; el pavimento que, de blanco, estaba ya gris, que iba a estar pronto negro, con cierto reflejo azul mar brillando sobre su superficie; pasaban automóviles, raudos, alguno que otro ómnibus, cargado; de pronto se oía una campanilla extraña - ¿de dónde era esa campanilla?; la voz de un chico se oyó, lejana, voceando los diarios de la tarde, la quinta edición, que aparecía; el hombre pidió otro whisky para él; ella no tomaba nunca más de una pequeña porción;

Traduction temporaire :
Tous deux se turent ; lui, la regardait, elle, regardait vers l'extérieur, la rue, qui se remplissait, très lentement, d'obscurité, la rue où la nuit entrait à son tour ; d'abord blanc, le sol était gris, et serait bientôt noir, avec des sortes de reflets bleus océan brillant à sa surface ; des voitures passaient, à toute vitesse, quelques autobus, pleins ; soudain, on entendait une clochette étrange - d'où venait cette clochette ? ; On entendait la voix d'un enfant, au loin, criant pour vendre les journaux de l'après-midi, la cinquième édition, qui venait de paraître ; l'homme commanda un whisky pour lui, elle, ne prenait jamais plus qu'une petite dose ; 

Projet Medea / Iris – phrases 60-66

Y mostrando con la diestra a los favoritos que le escuchaban espantados, prosiguió:
-¡Ved ahí a esos que sacó de la nada tu omnipotencia! En sus corazones de cieno anidan todas las vilezas. La ingratitud y la envidia están tras la máscara hipócrita de sus bajas adulaciones. En el fondo te odian. Son como las víboras; se arrastran, pero saltan y muerden al menor desliz.
En seguida, volviéndose hacia el Sumo Sacerdote, y señalándolo junto con los magos y los nigromantes, dijo:

Traduction temporaire :

Et en désignant de la main droite les favoris qui l'écoutaient, horrifiés, il ajouta :
— Regarde ceux que ton omnipotence sortit du néant ! Toutes les vilenies nichent dans leurs cœurs de boue. L'ingratitude et la jalousie se cachent derrière le masque hypocrite de leurs basses adulations. Au fond, ils te haïssent. Ils sont comme des vipères, ils rampent, mais ils sautent et mordent au moindre dérapage.
Immédiatement, en se tournant vers le Grand Prêtre et en le pointant du doigt, lui, les mages et les nécromanciens, il dit :

Projet Nancy 5 – phrases 72-83

Los remedios; el médico el coche para ir al hospital… Entonces obtuvieron en el Hospital Rawson, remedios y médico gratis. El hombre tenía que ir al hospital, los lunes, miércoles y viernes. Tenía que ir en coche, que marcaba siempre 2.70 o 2.80. Los recursos de los pobres. Ya no tenían más plata. Pidieron prestado, pero también este expediente llegó a no dar resultados. ¿Qué otros recursos quedaban? Recurrieron a empeños y ventas. Empeñaron cosas; poco a poco las dos piezas del matrimonio se iban desnudando. La carpeta de comedor, regalo de un tío rico de Rosario, — útil como carpeta de mesa, y en los inviernos crudos, útil, utilísima en la cama cumpliendo funciones de colcha — la carpeta fué empeñada. También la mesa del comedor siguió ese triste camino.

Traduction temporaire :
Les médicaments, le médecin, la voiture pour les déplacements à l'hôpital… Ils obtinrent alors des médicaments et un médecin gratuits de l'Hôpital Rawson. L'homme devait s'y rendre le lundi, le mercredi et le vendredi, avec une voiture qui indiquait toujours 2,70 ou 2,80. Les moyens des pauvres. Ils n'avaient plus d'argent. Ils demandèrent un prêt, mais cette démarche ne donna aucun résultat non plus. Quelles autres solutions leur restait-il ? Ils en passèrent par des gages et des ventes. Ils mirent en gage des objets ; peu à peu, les deux pièces du ménage se dénudaient. Le tapis de la salle à manger – utile en tant que tapis de table, et durant les hivers rudes, utile, très utile dans la chambre, en guise de dessus-de-lit – fut engagé. La table suivit le même triste chemin.

Projet Hélène 5 – phrases 127-136

Cuando lo alcanzó la primera botella, el automóvil ya estaba otra vez en marcha y se acercaba hacia donde estaba él, siempre lanzando su implacable chorro de luz. Él veía la escena paralizado, como un gorrión al que la serpiente va a devorar. Adivinó que, de un momento a otro, ese fantasma sobre ruedas iba a acelerar, que sus llantas iban a chirriar y que iba a alejarse, ahora con brillos opacos, para no volver más. Su mano se levantó autónoma y, con la fuerza  y la certeza del atleta que él no era, lanzó la botella de whisky contra el parabrisas, que estalló. Él lo veía todo en cámara lenta, como a través de una cortina de escarcha. El automóvil se desvió y se estrelló contra un poste. Se quedó inerte y silencioso. Su fanal se había extinguido. Las sombras se lanzaron sobre los restos de la bestia herida, mientras él contemplaba la escena, el coche, la noche, las botellas y latas vacías de cerveza que volaban, que lanzaban los rezagados y que no llegaban lejos. ¡Por la grandísima…!

Traduction temporaire :
Quand la première bouteille atteignit la voiture, elle était de nouveau en marche et s’approchait ‒ projetant toujours son implacable jet de lumière ‒ de lui. Il observait les événements, paralysé tel un moineau que le serpent s’apprête à dévorer. Il devinait que, d’un moment à l’autre, ce fantôme sur roues allait accélérer, faisant crisser ses pneus, et s’éloignerait alors, dans un éclat opaque, pour ne jamais revenir. Sa main se leva de façon autonome, puis, avec la force et la précision de l’athlète qu’il n’était pas, il jeta la bouteille de whisky contre le pare-brise, qui explosa. Il voyait toute la scène au ralenti, comme à travers un rideau de givre. Le véhicule dévia de sa trajectoire et s’écrasa contre un poteau. Il demeura inerte et silencieux. Son projecteur s’était éteint. Les ombres se lancèrent sur les restes de la bête blessée, tandis que lui contemplait le spectacle, la voiture, la nuit, les bouteilles et les canettes de bière vides qui volaient, lancées par les retardataires, et n’arrivaient pas bien loin. Putain de sa m… !

Projet Fanny – phrases 267-282

Creemos que si —El médico miró a sus compañeros antes de continuar—. Hasta ahora ningún blastocito nos había proporcionado células saludables, pero hemos cambiado la proporción de las proteínas y… bueno, hace tres horas hemos puesto en marcha veinte más.
¿Veinte serán suficientes? ¿Qué probabilidades de éxito tendríamos?
Antes de crear más queríamos hablarlo contigo, pero podemos aumentar nuestra ventaja creando unos cuantos más, quizás unos cincuenta.
Adelante.
Cuatro semanas después teníamos dieciocho embriones preparados, que se desarrollaban sin problemas, sanos y perfectos. Pero el equipo científico volvió a pedir que me reuniese con ellos.
Josef, el proceso está en marcha. De los dieciocho embriones, monitorizados en tiempo real, tendremos que elegir tres cuando cumplan las veinte semanas —El doctor me miraba atento mientras me enseñaba datos e imágenes en la pantalla de un ordenador—. El resto los dejaremos en estado latente… por si los necesitásemos más adelante. Pero no creo que eso pase —añadió rápidamente—. Nuestro trabajo no ha acabado aquí, por supuesto, pero hemos estado pensando mucho últimamente en cómo has pensado continuar con todo esto. Antes no sabías si íbamos a tener éxito pero, ahora que lo hemos conseguido… ¿Has meditado el siguiente paso?

Traduction temporaire :
— Nous pensons que oui. Le médecin regarda ses collègues avant de continuer : Jusqu'à maintenant, aucun blastocyste ne nous avait fourni de cellules saines, mais nous avons changé les proportions des protéines et… bref, il y a trois heures, nous en avons mis vingt de plus en route. 
— Vingt, ça suffira ? Quelles probabilités de réussite aurions-nous ?
— Avant d'en créer d'autres, nous voulions en discuter avec toi. Cela dit, on peut augmenter nos chances en en créant quelques-uns de plus, peut-être une cinquantaine.
— Allez-y !
Quatre semaines plus tard, nous avions dix-huit embryons prêts, qui se développaient sans problème, sains et parfaits. Pourtant, l'équipe scientifique demanda de nouveau à ce que nous nous réunissions :

— Josef, le processus est en marche. Sur les dix-huit embryons, sous monitorage en temps réel, nous devrons en choisir trois quand ils auront vingt semaines. Le docteur m'observait attentivement tandis qu'il me montrait des données et des images sur l'écran de son ordinateur. Le reste, nous le laisserons dans un état latent… au cas où nous en aurions besoin plus tard. Mais je ne pense pas que ça arrive, ajouta-t-il rapidement. Notre travail n'est pas terminé, bien sûr. Cependant, nous avons beaucoup réfléchi ces derniers temps à comment tu envisageais la suite. Avant, tu ne savais pas si nous allions réussir, et maintenant que nous y sommes parvenus… As-tu songé à l'étape suivante ?

Pauline / Laëtitia – phrases 50-60

Justamente por eso —repuso Eduardo Adhemar—; porque es inútil sirve para hacer un regalo.
El sobrino estaba impresionado por el busto. No creía que regalándolo podía quedar bien con nadie.
Es una forma de provocación —dijo—. Y la gente ya lo ha visto aquí...
Adhemar era un diletante agradable y culto, disertaba superficialmente sobre cualquier cosa y se complacía en ello. Miró a su sobrino con un fruncimiento irónico en los labios.

¿Por qué te empeñas en considerar este busto desde un punto de vista estético? —preguntó—. Te sugiero que lo examines como algo raro, misterioso. —El sobrino lo miró con un parpadeo—. Por ejemplo: imaginemos un ser que careció de posibilidad de realización.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

lundi 29 février 2016

Projet Justine / Marie-G 2 – phrases 95-100

Sudando fui a la cocina a tomar agua de panela y ahí supe por Elisa que la tía Alfreda nos visitaría el sábado y que mamá haría buñuelos y conserva porque a ella le encantaban. En eso sí no se parece a su papá que no volteaba ni a mirar la conserva cuando hacíamos con su abuela que dizque porque ese color no le gustaba. Él se daba tres caídas era por el arroz de dulce. De eso sí se comía los plataos cada vez que yo hacía y decía que el arroz de dulce mío era el mejor del mundo, que inclusive era mejor que el que hacía la mamá de él y eso era mucho decir.
Sábado. La penca ‘e morena iría a visitarnos el sábado…

Traduction temporaire :

Transpirante, j'allai à la cuisine boire de l'eau sucrée et, là, j'appris par Elisa que tante Alfreda nous rendrait visite samedi, que maman ferait des beignets et des fruits au sirop, parce qu'elle adorait ça. Sur ce point, elle ne ressemble pas du tout à votre papa, qui ne daignait même pas jeter un coup d’œil aux bocaux quand nous en préparions avec votre mamie ; apparemment, il n'en aimait pas la couleur. Non, lui, il se damnait pour le riz au lait. Chaque fois que j'en cuisinais, il finissait toutes les assiettes et disait que mon riz au lait était le meilleur du monde, qu'il était même supérieur à celui de sa propre mère. Un sacré compliment !
Samedi. La plantureuse brune viendrait nous voir samedi…

Projet Justine 7 – phrases 20-27

Apretó los puños y brincó de la cama, buscó una bata gruesa, se puso los zapatos y agarró el bastón que alguna vez fue de su esposo, como instrumento de golpe en caso de necesitarlo. Estudió el escenario, don Luis estaba en la casa continua, solo había que gritar fuerte, quebrar cosas, correr hacia la calle. ¿Y si traía un arma? ¡Que la disparara!, total hacía rato que no tenía nada que perder. Ya no más. Bajó las escaleras y se encaminó valiente al dormitorio de su hijo. Al entrar percibió un aroma mojado, a viejo, como de algo guardado durante mucho tiempo que de la nada era sacado a la luz. Con pasos sigilosos pero seguros se asomó a la habitación, cruzando el bastón sobre su cuerpo, tratando inútilmente de parecer intimidante.

Traduction temporaire :
Elle serra les poings et bondit hors de son lit, chercha une épaisse robe de chambre, enfila ses chaussures et attrapa la canne de son défunt mari pour pouvoir frapper l'ennemi si nécessaire. Elle analysa la situation : don Luis étant dans la maison voisine, elle n'aurait qu'à crier fort, casser des objets, s'enfuir en direction de la rue. Et s'il était armé ? Qu'il lui tire dessus ! De toute façon, cela faisait longtemps qu'elle n'avait rien à perdre. Plus rien. Elle descendit les escaliers et se dirigea courageusement vers la chambre de son fils. En y entrant, elle sentit une odeur de mouillé, de vieux, comme si quelque chose était resté longtemps enfermé avant d'être brusquement exposé à la lumière. À pas de loups, mais assurés, elle s'avança, la canne en travers de son corps, essayant en vain d'avoir l'air menaçante.

Projet Justine 7 – phrases 15-19

Respiró profundo y agudizó los sentidos, el hombre (porque era un hombre, pesaba como uno) había entrado a la habitación de su hijo y allí se había quedado, tal vez de pie, tal vez sentado en la cama, tal vez solo era un pobre vagabundo que buscaba un lugar para dormir. Estiró su brazo izquierdo hacia el velador y encendió la lámpara de noche: luz y fotografías antiguas la saludaron y le dieron valor. ¿Qué podía ser tan terrible? Llevaba años guerreando contra los que mandaban, se había enfrentado a ejércitos y soldados, todo por el derecho a saber dónde estaba su hijo. Si las botas y fusiles nunca la habían asustado, por qué ahora, un pobre ladronzuelo (eso imaginó que era) la iba a intimidar.

Traduction temporaire :
Elle respira profondément et mit ses sens en alerte, l'homme (parce que c'était forcément un homme ; son pas pesait) était entré dans la chambre de son fils et y était resté, peut-être debout, peut-être assis sur le lit. Probablement un pauvre vagabond à la recherche d'un endroit où dormir. Elle tendit le bras gauche pour atteindre la table de nuit et alluma la lampe de chevet. La lumière et des photos anciennes lui envoyèrent un signe et lui donnèrent du courage. Que pouvait-il arriver de si terrible ? Elle avait passé des années à guerroyer contre les autorités, elle avait affronté l'armée et ses soldats, tout ça pour avoir le droit de savoir où était son fils. Si les bottes et les fusils ne l'avaient jamais effrayée, pourquoi, aujourd'hui, un malheureux petit voleur (c'est comme ça qu'elle l'imaginait) allait-il l'intimider ?

Projet Justine 7 – phrases 10-14

Elcira sentía su corazón apretado, latiéndole desordenado, con potencia, como si fuera el estruendoso motor del auto viejo del dueño del almacén de la esquina. Un miedo como nunca había experimentado en todos los años transcurridos desde que su esposo murió y se llevaron a su hijo. Dos décadas sola, dos décadas abandonada a la suerte, olvidada por los poderosos, los unos y los otros. Una vieja y un intruso, la balanza no estaba a su favor. Pasos, pasos, pasos, latido, esa era la aritmética.

Traduction temporaire :
Elcira se sentait oppressée, son cœur battant de façon désordonnée, puissamment, comme s'il s'agissait du moteur tonitruant de la vieille voiture du propriétaire du magasin au coin de la rue. Une peur comme elle n'en avait jamais ressentie durant toutes ces années, depuis la mort de son mari et l'enlèvement de son fils. Deux décennies seule, deux décennies abandonnée à son sort, oubliée des puissants, des uns et des autres. Une vieille dame et un intrus. La balance ne penchait pas en sa faveur. Des pas, des pas, encore des pas, un battement, telle était son arithmétique.

Projet Justine 7 – phrases 3-9

Se quedó tranquila, en silencio, a oscuras, apoyada contra el almohadón más grande de la cama. Y escuchó. El ruido no solo seguía allí, abajo, además se movía. No cabía duda, alguien más respiraba en la casa, alguien que caminaba torpe, deambulando entre el living, la cocina y el dormitorio que alguna vez fue de su hijo. Sola en casa y con un extraño acechando. Recordó las veces que su hermana le había ofrecido irse con ella: “alguien malo puede aprovecharse, tu hijo no va a regresar”, fueron sus palabras. Pasos, claro que eran pasos, trancos arrastrados de quien parecía revisar con atención cada uno de los detalles de la vieja geografía del lugar.

Traduction temporaire :
Elle garda son calme, en silence, dans le noir, adossée au plus gros oreiller de son lit. Et elle tendit l'oreille. Le bruit ne se contentait pas de continuer là, en dessous, non, il se déplaçait, aussi. Aucun doute : quelqu'un d'autre respirait dans la maison, quelqu'un à la démarche gauche, qui déambulait entre le living, la cuisine et la chambre qui avait un jour été celle de son fils. Elle se retrouvait seule chez elle, avec un étranger à l'affût. Elle se souvint des fois où sa sœur lui avait proposé de se sauver avec elle : « quelqu'un de mal intentionné pourrait en profiter, ton fils ne reviendra pas » – voilà ses mots exacts. Des pas, évidemment que c'étaient des pas, les misérables foulées de quelqu'un qui semblait examiner attentivement chaque détail de l'ancienne topographie des lieux.