Los hipócritas
Con Sancho Panza a cuestas, vive.
Él ya no es ese gordito inocentón que soñaba con ser miembro de Greenpeace, sino una joven promesa deportiva; sin embargo, el apodo que le puso el mayor de los primos, hace tantos años que hasta el mayor era chico, no se borra.
—¡En cualquier momento te convocan para las olimpiadas, Sancho!
Típico chiste del mayor cada vez que él gana un torneo. Sutil modo de menospreciar el éxito, piensan algunos.
Hoy ese primo se recibe de médico. Cuantos le conocen le han oído decir que cuando obtenga el título se irá a trabajar a la reserva indígena del Chaco. No todos le creen.
Él lo imagina tomando los libros y el guardapolvo para dar el último exa- men, lo imagina despidiéndose de los suyos con aquel aire altanero que detesta. Imagina que nunca llega a la facultad porque en el trayecto alguien le propina una fea golpiza.
—Vos eras su favorito —dice la tía entre sollozos. Él asiente y la abraza con cariño.
Traduction temporaire :
Les hypocrites
Il vit, malgré le surnom de Sancho Panza qui lui colle à la peau.
Il n'est plus ce petit rondouillard naïf qui rêvait de devenir membre de Greenpeace, mais un jeune espoir du monde du sport ; pourtant, le sobriquet dont l'aîné de ses cousins l'avait affublé à l'époque lointaine où lui aussi n'était encore qu'un enfant, ne s'efface pas.
— Tu vas finir par être sélectionné pour les Olympiades, Sancho !
Blague typique de l'aîné chaque fois qu'il gagne un tournoi. Manière subtile de minimiser son succès, estiment certains.
Aujourd'hui, ledit cousin décroche son diplôme de docteur en médecine. Tous ceux qui le connaissent l'ont entendu dire que son titre en poche, il partirait travailler dans la réserve indigène del Chaco. Tous n'y croient pas.
Il l'imagine prenant ses livres et sa blouse pour aller passer son dernier examen ; il l'imagine prenant congé des siens avec cet air hautain qu'il déteste ; il imagine qu'il n'arrive jamais à la faculté, parce qu'en chemin, quelqu'un lui donne une vilaine raclée.
— Tu étais son préféré, dit la tante entre deux sanglots.
Il acquiesce et la serre dans ses bras avec tendresse.
Les hypocrites
Il vit, malgré le surnom de Sancho Panza qui lui colle à la peau.
Il n'est plus ce petit rondouillard naïf qui rêvait de devenir membre de Greenpeace, mais un jeune espoir du monde du sport ; pourtant, le sobriquet dont l'aîné de ses cousins l'avait affublé à l'époque lointaine où lui aussi n'était encore qu'un enfant, ne s'efface pas.
— Tu vas finir par être sélectionné pour les Olympiades, Sancho !
Blague typique de l'aîné chaque fois qu'il gagne un tournoi. Manière subtile de minimiser son succès, estiment certains.
Aujourd'hui, ledit cousin décroche son diplôme de docteur en médecine. Tous ceux qui le connaissent l'ont entendu dire que son titre en poche, il partirait travailler dans la réserve indigène del Chaco. Tous n'y croient pas.
Il l'imagine prenant ses livres et sa blouse pour aller passer son dernier examen ; il l'imagine prenant congé des siens avec cet air hautain qu'il déteste ; il imagine qu'il n'arrive jamais à la faculté, parce qu'en chemin, quelqu'un lui donne une vilaine raclée.
— Tu étais son préféré, dit la tante entre deux sanglots.
Il acquiesce et la serre dans ses bras avec tendresse.