mercredi 17 février 2016

Projet Bianca – phrases 38-50

Empezó a sonar el teléfono y me levanté para avisarle. “Ya voy, ya voy”. Vino corriendo desde la cocina y me hizo un gesto como para que me quedara callado y me volviera a sentar. “¿Hola?”. Pude ver cómo le cambiaba la cara a medida que alguien del otro lado le contaba algo que no podía ser nada bueno.
Cuando cortó, se quedó un segundo sin moverse, con el ceño fruncido.
“¿Sol? ¿Todo bien?”.
“Era mi abuelo. Mis papás tuvieron un accidente”.
En ese momento no pensé en otra cosa que en mi mala suerte. Ella debe haber confundido mi gesto de resignación con algo más, porque me dijo que no era grave, que estaban los dos fuera de peligro en una clínica en Santa Rosa y que los mantendrían toda la noche en observación. “Y mañana parece que les dan el alta”, agregó.

Traduction temporaire :
Le téléphone se mit à sonner et je me levai pour la prévenir. « J'arrive, j'arrive ». Elle vint de la cuisine en courant et me fit signe de rester silencieux et de retourner m'asseoir. « Allô ? » Je vis son visage changer à mesure que la personne à l'autre bout du fil lui annonçait quelque chose qui ne pouvait rien présager de bon.
Quand elle raccrocha, elle demeura un instant sans bouger, les sourcils froncés.
« Sol ? Tout va bien ? »
« C'était mon grand-père. Mes parents ont eu un accident. »

À ce moment-là, j'étais obnubilé par ma malchance. Elle avait sûrement confondu mon air résigné avec quelque chose d'autre, parce qu'elle m'assura qu'il n'y avait rien de grave, qu'ils étaient tous les deux hors de danger, dans une clinique de Santa Rosa et qu'on les garderait toute la nuit en observation. « Apparemment, on les laisse sortir dès demain », ajouta-t-elle.

Projet Medea / Iris – phrases 30-31

¡El, el rey de los reyes, el conquistador de cien naciones, puesto en parangón y en el mismo nivel que el pájaro, el siervo y el gusano! Una sonrisa sarcástica se dibujó en su boca de esfinge, y sus ejércitos y flotas cubriendo la Tierra, sus incontables tesoros, las ciudades magníficas desafiando las nubes con sus almenados muros y soberbias torres, sus palacios y alcázares, donde desde sus cimientos hasta la flecha de sus cúpulas no hay otros materiales que oro, marfil y piedras preciosas, acuden en tropel a su memoria con un brillo tal de poderío y grandeza que cierra los ojos deslumbrado.

Traduction temporaire :
Lui, le roi des rois, le conquérant de cent nations, comparé à et mis au même niveau que l'oiseau, le serf et le ver ! Un sourire sarcastique se dessina sur sa bouche de sphinx : ses armées et ses flottes partout sur la terre, ses innombrables trésors, ses magnifiques villes défiant les nuages avec leurs murs crénelés et leurs superbes tours, leurs palaces et leurs alcazars, qui, depuis leurs fondements jusqu'à la flèche de leurs coupoles, n'ont d'autres matériaux que l'or, l'ivoire, et les pierres précieuses, affluent en masse dans sa mémoire ; avec un tel éclat de puissance et de grandeur qu'il ferme les yeux, ébloui.

Projet Bianca – phrases 28-37

Con Julián hacíamos todo juntos. Él fue el que me enseñó a jugar al Magic, el juego de cartas coleccionables con el que nos obsesionaríamos buena parte de nuestra adolescencia.  Cuando Sol me abrió la puerta, le brillaban los ojos y se mordía el labio. Me tiró del cuello de la remera y me hizo pasar. Nuestras lenguas se encontraron en un beso un poco torpe y le apreté uno de los glúteos con fuerza, mientras con la otra mano le sacaba la camisa de adentro del jean y la subía buscando una de sus tetas. “Pará”, me dijo. Había preparado una cena romántica y quería que comiéramos primero. Cuando fue a la cocina, me acomodé la erección y la seguí. “¡Salí de acá!”, me gritó revolviendo una olla y haciéndose la enojada. “Andá a sentarte a la mesa que esto ya casi está”.

Traduction temporaire :
Avec Julián, nous faisions tout ensemble. C'est lui qui m'apprit à jouer au Magic, le jeu de cartes à collectionner qui nous obséda pendant une bonne partie de notre adolescence. Quand Sol m'ouvrit la porte, ses yeux brillaient et elle se mordait la lèvre. Elle m'agrippa par le col de mon tee-shirt et me fit entrer. Nos langues se trouvèrent dans un baiser un peu maladroit et je lui serrai une fesse avec force, pendant que mon autre main lui tirait sa chemise hors de son pantalon et la remontait à la recherche d'un de ses seins. « Arrête ! », protesta-t-elle. Elle avait préparé un dîner romantique et voulait que l'on mange d'abord. Quand elle alla à la cuisine, je cachai mon érection et la suivis. « Sors d'ici ! » me cria-t-elle en remuant le contenu d'une casserole et en prenant un air fâché. « Va t'asseoir à table, c'est presque prêt ».

Projet Chloé / Pablo / Simon – phrases 128-131

XV

El azul del cielo era un de un color imposible, tan imposible como el blanco de la arena y el turquesa de ese mar. El sol acariciaba los músculos de mi cuerpo, perfecto, eternamente incorruptible. Sorbí mi margarita pausadamente, una, dos, tres veces. El sol lastimaba mis ojos y no me permitía ver bien. Fue entonces que la vi acercarse, una imagen inconfundible surgida desde más allá de la línea de palmeras. Ella lo había recordado y mi vida, ahora sí, estaba completa.


Traduction temporaire :


XV

Le bleu du ciel était d’une couleur incroyable, aussi incroyables que l’étaient le blanc du sable et le turquoise de la mer. Le soleil caressait les muscles de mon corps, parfait, éternellement incorruptible. Lentement, je pris une gorgée de margarita, puis deux, puis trois. Le soleil m’éblouissait et m’empêchait de bien voir. Je l’aperçus alors qu'elle s'approchait : une image unique qui surgit de derrière la rangée de palmiers. Elle s’en était souvenue et ma vie, désormais, était comblée.

mardi 16 février 2016

Projet Bianca – phrases 22-27

El fin de semana que sus papás viajaron a Buenos Aires y la dejaron sola en la casa creí que por fin dejaría de ser virgen. Varios de mis compañeros cogían con sus novias o habían debutado en alguno de los prostíbulos de la costa del río. Cuando me preguntaban, solía mentir e inventar encuentros sexuales con mujeres que nunca existieron. Entusiasmado entonces con la posibilidad de coger, compré preservativos en un kiosco del otro lado del pueblo. Me costó pronunciar la palabra “preservativos” y me llevé algunas cosas más como para licuar la vergüenza. A mamá le dije que iba a dormir a lo de Julián, uno de mis mejores amigos.

Traduction temporaire :
Le week-end où ses parents partirent en voyage à Buenos Aires et la laissèrent seule à la maison, je crus qu'enfin elle perdrait sa virginité. Plusieurs de mes camarades niquaient avec leurs copines ou s'étaient initiés dans un des bordels des rives du fleuve. Quand ils m'interrogeaient sur le sujet, je mentais ou inventais toujours des rencontres sexuelles avec des femmes qui n'avaient jamais existé. Enthousiaste alors à l'idée de niquer, j'achetai des préservatifs à un kiosque de l'autre côté du village. J'eus du mal à prononcer le mot "préservatifs" et je pris d'autres choses en plus pour dissimuler ma honte. Je dis à maman que j'allais rester dormir chez Julián, un de mes meilleurs amis.

Projet Marion – phrases 20-28

«Quién es Mariela, dijo su madre.
—Es la vecina nueva, de la esquina. Me invitó a la pileta.
Su madre la miró con ojos llenos de desprecio y de reproche. Cómo podía querer dormir al sol, refrescarse, jugar y reír en el agua de enero después de la muerte de su hermano, eso decían los ojos irritados de su madre. Pero en cambio dijo:
—Claro, claro.
Verónica buscó su bikini, que estaba perdido en el cajón de la ropa interior, y lo guardó en la mochila, junto a una gaseosa bien fría para convidarle a Mariela y una toalla. Cuando cerró la puerta y guardó las llaves en el bolsillo del jean, sintió que se alejaba de una bóveda helada y el sol la encandiló, como si ella también fuera una pequeña muerta que volvía a conocer los días.

Traduction temporaire :
« Qui est Mariela, demanda sa mère.
— La nouvelle voisine, celle du coin de la rue. Elle m'a invitée à venir à sa piscine.
Sa mère la regarda avec des yeux pleins de mépris et de reproche. Comment pouvait-elle avoir envie de dormir au soleil, de se rafraîchir, de jouer et de rire dans l'eau de janvier après la mort de frère, voilà ce qu'exprimaient les yeux énervés de sa mère. Au lieu de cela, elle dit :
- Bien sûr, bien sûr.

Verónica chercha son bikini, perdu dans le tiroir des sous-vêtements, et le rangea dans son sac à dos, avec un coca bien frais qu'elle offrirait à Mariela et une serviette. Quand elle ferma la porte et mit les clés dans la poche de son jean, elle eut l'impression qu'elle s'éloignait d'une voûte gelée et le soleil l'éblouit, comme si elle aussi, elle était une petite morte que revenait à la vie.

lundi 15 février 2016

Projet Sabrina 4 – phrases 55-58

No, soy de la costa —respondí, y de inmediato me arrepentí: temí que esa información sobre mi procedencia, tan lejana y tan mal avenida para las gentes de la sierra, extir para en ella el deseo de seguir conversando conmigo.
Si trabaja en lagos de altura, seguro que conoce el cochayuyo —me dijo—; pero yo apostaría a que jamás ha probado el wayranto.
Repuse que no, y estuve feliz de darle la razón en su suposición, de hacerla sentir segura, por encima de mí. Ella me explicó que el wayranto es un alga exclusiva de los lagos y lagunas de su zona; un alga rojiza cuya textura se asemeja a la carne de res y su sabor al de la codorniz, quizás porque solo brota entre junio y agosto, aupada por los ventarrones de esa temporada.

Traduction temporaire :

— Non, je suis de la côte, rétorquai-je, juste avant de m'en mordre les doigts, craignant que cette information sur mes origines, si lointaines et en si grand décalage avec les gens de la sierra, ne lui ôte l'envie de continuer à discuter avec moi.
— Si vous travaillez aux lacs en altitude, vous devez connaître le cochayuyo*, me dit-elle, mais je parierais que vous n'avez jamais goûté le wayranto.
Je répondis non, et je fus heureux de la conforter dans sa supposition, de la faire se sentir sûre d'elle, au-dessus de moi. Elle m'expliqua que le wayranto est une algue issue exclusivement des lacs et lagunes de sa région ; une algue rougeâtre dont la texture ressemble à la viande de bœuf et le goût se rapproche de celui de la caille, peut-être parce qu'elle ne pousse qu'entre juin et août, favorisée par les vents violents de cette saison.

* Algue marine comestible que l'on trouve au Chili et au Pérou.

C'est reparti !

vendredi 12 février 2016

Que personne ne s'étonne…

Tradabordo / Tradoeste est en « vacances » jusqu'à mardi.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 215-222

3
Nunca pudimos ser un médico de pueblo. Nunca pudimos ofrecerle a nuestros pacientes lo que aquellos nuevos dioses bajados del Olimpo cibernético. Antídotos para todas las enfermedades, sanación para todos los traumas, cura para todos los males. Incluso la inmortalidad para aquellos osados que se atrevieran a transponer aquel umbral que los convertiría en uno de ellos. No eran pocos los que se decidían a hacerlo y con el tiempo fueron la inmensa mayoría. No teníamos cómo competir.
Pero los hospitales siguieron funcionando, por algunos años al menos. Para aquellos que como nosotros desconfiaban de aquellas gentiles y todopoderosas entidades que no sabíamos si eran ángeles o demonios.

Traduction temporaire :


3

Jamais nous ne pûmes devenir un médecin de village. À nos patients, jamais nous ne pûmes offrir la même chose que ces nouveaux dieux descendus de l'Olympe cybernétique : des antidotes pour toutes les maladies, guérir tous les traumatismes, soigner tous les maux. Y compris garantir l'immortalité à ces audacieux osant traverser le seuil qui en ferait l'un des leurs. Ceux qui se décidaient à sauter le pas n'étaient pas rares, et avec le temps, ils représentèrent l'immense majorité. Nous n'avions pas les moyens de rivaliser.
Mais, pendant quelques années au moins, les hôpitaux continuèrent à tourner. Pour ceux qui, comme nous, se méfiaient de ces courtoises et toutes-puissantes entités dont on ne savait pas si c'étaient des anges ou des démons.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 261-263

Del resto, a excepción de Jaime Arrieta, que se convertiría en adicto a la cocaína, entrando y saliendo cada cierto tiempo de la clínica San Isidro, nada supe, ni quise saber. La vida separa a las personas, llevándolas por caminos diferentes, y yo siempre he reconocido en ese natural devenir una gran sabiduría). A Aníbal Madueño, ahora un tipo francamente simpático, después de no haberlo visto por varios lustros, lo volví a frecuentar, al principio por razones profesionales —yo soy periodista; él, en su condición de enciclopedia en normas legales, mi fuente de información—, y luego, con el pretexto de tomar un café o beber una copa, encarnó paulatinamente en ese lugar común que solemos llamar «un amigo de la infancia».

Traduction temporaire :
À l'exception de Jaime Arrieta qui deviendrait accro à la cocaïne, entrant et sortant régulièrement de la clinique San Isidro, je n'avais eu ni n'avais voulu aucune nouvelle des autres. La vie sépare les gens, les conduisant sur des chemins différents, et, pour ma part, j'ai toujours lu une grande sagesse dans cette étape naturelle. Après des lustres sans avoir vu Anibal Madueño – à présent, quelqu'un de franchement sympathique –, je le fréquentai de nouveau, pour des raisons professionnelles au départ : je suis journaliste, et lui, ma source d'informations en raison de ses connaissances en matière de normes légales ; sauf qu'ensuite, sous prétexte d'aller prendre un café ou boire un verre, nous retombâmes petit à petit dans ce lieu commun que nous avons l'habitude d'appeler « un ami d'enfance ». 

Projet Maxime / Justine – phrases 27-33

Y miente.
Miente porque nadie que haya estado pudo haber sobrevivido y menos que menos para contarlo.
En fin, sí, supongo que estarán muy orgullosos apoltronados en sus butacas, hartos del bungee jumping, el paracaidismo, el buceo con tiburones, la hipoxifilia y quieren un nuevo shock de adrenalina, quieren más, quieren colgarse al cuello el blasón de la experiencia, quieren ser el centro de una fiesta en la que puedan inflar el pecho y decir a viva voz, sí, sí, eso existe, yo estuve ahí. ¡Ja, ja, ja! ¡Cómo me hacen reír! ¡Quieren vanagloriarse de haber venido y la verdad es que nunca van a volver!

Traduction temporaire :
Et il ment. Il ment parce que personne y étant allé n'a pu survivre, encore moins le raconter. Bref, oui, je suppose que vous êtes très fiers, vautrés dans vos fauteuils, fatigués du bungee jumping, du parachutisme, de la plongée sous-marine avec des requins, de l'asphixiophilie et vous voulez une nouvelle poussée d'adrénaline, vous voulez plus, vous voulez suspendre à votre cou le blason de l'expérience, vous voulez être le centre d'une fête dans laquelle vous pourriez bomber le torse et dire à voix haute : oui, oui, j'y étais. Ha, ha, ha ! Que vous me faites rire ! Vous voulez vous vanter d'être venus et la vérité est que jamais vous ne reviendrez !

Projet Eugénie / Audrey – phrases 5-9

Un vacío como el que siente en el estómago cuando voltea a su derecha y se acuerda de él. «Mi gordo», se dice, y cree que se avecina el llanto. Pero resulta que tiene secos los lagrimales, al igual que la piel y las uñas y las canas. Se aplica un par de gotas: lágrimas artificiales. Ahora no sabe qué hacer con esa soga que se le anuda en la garganta.

Traduction temporaire :
Un vide comme celui qu’elle ressent dans l’estomac lorsqu’elle se tourne sur sa droite et qu'elle se souvient de lui. « Mon gros », se dit-elle, et elle a l'impression qu’elle est à deux doigts de pleurer. Mais ses glandes lacrymales sont sèches, de même que sa peau, ses ongles et ses cheveux blancs. Elle s'applique une goutte ou deux : des larmes artificielles. Maintenant, elle ne sait que faire de ce nœud qu’elle a dans la gorge.

Projet Elena 12 – phrases 242-245

El encuentro no resultó lo que la mujer hubiera esperado. Estaba disgustada por su obcecación en relatar miserias personales antes que en aprovechar las enseñanzas del Maestro, por la torpeza de sus respuestas ante el derroche de humilde genialidad. Pero, también, por la falta de empatía en Borges. Comprendió que aunque hubiera sido una mujer terráquea, igual hubieran estado danzando en dos planos ―en dos mundos― distintos, apenas convergentes de a ratos. Pero siempre distintos.

Traduction temporaire :
Pour la femme, cette rencontre ne donna pas les résultats escomptés. Elle était mécontente de son obstination à lui raconter ses misères personnelles au lieu de profiter des enseignements du Maître, du contraste entre la maladresse de ses réponses et l'humble étalage du génie de Borges. De même que du manque d'empathie de sa part. Elle prit conscience que même en étant une femme terrienne, ils auraient dansé sur deux plans – sur deux mondes – différents, convergents juste par intermittence. Mais toujours différents.

Projet Fanny – phrases 244-254

Cada día era un reto, una cuenta atrás. Los médicos intentaban convencerme de que lo que yo quería era imposible. Los psicólogos no dejaban de dar vueltas a las posibles consecuencias para mi salud mental pero, sobre todo, para la tuya. Decían que tenía que dejarte ir, que tenía que hacerte más llevaderos tus últimos meses en este mundo… Pero no soy buen perdedor, tú lo sabes. Mil inconvenientes surgían cada día, mil obstáculos. La tecnología no estaba todavía avanzada, las consecuencias de cada prueba, de cada acción, eran impredecibles… Pero el equipo no dejaba de intentarlo. Sin descanso, día y noche, inventaban nuevas técnicas de gestación, de duplicación de ADN, de escisión molecular… Cuando un camino llevaba a un callejón sin salida, abríamos nuevos caminos sin saber hacia dónde nos llevarían. Células madre, ARN, secuencias de proteínas, cultivos embrionarios… aprendí mil términos sin apartarme de tu lado.

Traduction temporaire :
Chaque jour était un défi, un compte à rebours. Les médecins essayaient de me convaincre que ce que je voulais était impossible. Les psychologues n'arrêtaient pas de ressasser les possibles conséquences sur ma santé mentale, mais, surtout, pour la tienne. Ils disaient qu'il fallait que je te laisse partir, que je devais rendre tes derniers mois dans ce monde plus supportables… Sauf que je suis mauvais perdant, tu le sais. Mille inconvénients surgissaient chaque jour, mille obstacles. La technologie n'était pas encore très avancée, les effets de chaque essai, de chaque action, étaient imprévisibles… Pourtant l'équipe ne cessait pas de chercher. Sans relâche, jour et nuit, ils inventaient des nouvelles techniques de gestion, de duplication de l'ADN, de fission moléculaire… Quand un chemin menait à un cul-de-sac, nous en ouvrions de nouveaux, sans savoir où ils nous mèneraient. Cellules mère, ARN, séquence de protéines, cultures embryonnaires… j'ai apprit une multitude de termes sans m'éloigner de ton chevet.

Projet Hélène 5 – phrases 104-113

Y allí estaba él, contemplando, a su izquierda, en esa acera de Los Angeles Street, cuadra ocho, a esa humanidad en harapos y, a la derecha, delante de él, al automóvil que los filmaba. Tuvo ganas de  alejarse, esta vez corriendo, pero algo en su cerebro lo paralizó. Tal vez había ido hasta allí para ver también eso.
Los del automóvil seguían filmando la confusa alfombra humana que ya se alzaba. Alguien, desde las cajas más próximas a él, tosió.
¡Mierda...! —se alzó una voz sofocada— ¿Qué ocurre...? ¿Nos está filmando el hijo de puta…?
¡¿Qué pasa...?! ¡¿Qué pasa...?!.

Traduction temporaire :

Il était là, à contempler, à sa gauche, sur ce trottoir de la huitième avenue de Los Angeles Street, cette humanité en haillons, et à sa droite, devant lui, la voiture qui les filmait. Il eut envie de s’éloigner, en courant cette fois, mais une pensée le paralysa. Peut-être était-il allé jusqu’ici pour voir cette scène, lui aussi.
Les individus dans la voiture continuaient de filmer ce tapis humain confus qui déjà se levait. Depuis les caisses les plus proches de lui, quelqu’un toussa.
— Merde ! s'éleva une voix suffoquée. Qu’est-ce qu’il se passe... ? Il est en train de nous filmer, le fils de pute... ?
— Qu’est-ce qu’il y a... ? Qu’est-ce qu’il y a... ?

Projet Camille / Angélique 2 – titre + phrases 1-4

Eduardo Mallea (Argentine)

La ciudad junto al río inmóvil

Él no contestó, entraron en el bar. Él pidió un whisky con agua; ella pidió un whisky con agua. Él la miró; ella tenía un gorro de terciopelo negro apretándole la pequeña cabeza; sus ojos se abrían, oscuros, en una zona azul; ella se fijó en la corbata de él, roja, con las pintas blancas sucias, con el nudo mal hecho. Por el ventanal se veía el frente de una tintorería; al lado de la puerta de la tintorería jugaba un niño; la acera mostraba una gran boca por la que, inconcebible nacimiento, surgía el grueso tronco de un castaño; la calle era muy ancha.

Traduction temporaire :

Eduardo Mallea (Argentine)

La ville près du fleuve immobile


Il ne répondit pas, ils entrèrent dans le bar. Il commanda un whisky avec de l'eau, elle commanda un whisky avec de l'eau. Il la regarda, elle portait un bonnet de velours noir qui serrait sa petite tête ; ses yeux s'ouvraient, foncés, dans une zone de bleu ; elle remarqua sa cravate, rouge, avec des taches blanches sales, et le nœud mal fait. À travers la baie-vitrée, on voyait une teinturerie ; à côté de la porte, un enfant jouait ; le trottoir montrait une grande bouche par laquelle, naissance inconcevable, surgissait le tronc massif d'un châtaignier ; la rue était très large.

Projet Chloé T 3 – phrases 80-89

Y fuimos –dice Jualma–. Compramos un trago en un bar del jirón Moquegua. Los borrachines miraban con curiosidad a Aleh, sobre todo por su aspecto. Cuando salíamos uno me dijo: Oe, si vas a chupar al menos sácate la insignia que yo también soy del Guadalupe”. Le hice caso al toque más por miedo que por respeto al colegio. De ahí, sin dejar de reír, partimos hacia la plaza Dos de Mayo. Cuando llegamos nos sentamos frente al local de la CGTP.
¿Hey, no que íbamos a putamadre? –le pregunté.
¿No te has dado cuenta de que está en todas partes? –dijo Aleh, mostrándome con las manos la ciudad–: Pronto lo encontraremos o él nos encontrará.

Traduction temporaire :
— Et on y est allés, continue Jualma. On s’est acheté de quoi boire dans un bar du quartier Moquegua. Les poivrots regardaient Aleh avec curiosité, surtout à cause de son apparence. Quand on est sortis, l’un d’eux m’a apostrophé : « Hep, si t'as l'intention de picoler, enlève au moins ton écusson. Moi aussi, je suis du lycée Guadalupe ». Je lui obéis immédiatement, plutôt par peur que par respect envers son bahut. En sortant de là, sans arrêter de rire, nous avons pris la direction de la place Dos de Mayo. Quand on est arrivés, on s’est assis devant le local de la CGTP*.
— Dis donc, on devait pas aller à putain du bout du monde ? lui ai-je demandé.
— T’as pas remarqué qu’il est partout ? a rétorqué Aleh, en me montrant la ville avec ses mains. On le trouvera bientôt, ou il nous trouvera.


*Confédération Générale des Travailleurs du Pérou.

Projet Bianca – phrases 17-21

Con mis compañeros de primer año de la secundaria nos pasábamos las tardes mirando cómo avanzaban las obras y fumando a escondidas. Un día conocí a Sol, una chica de otro colegio que también había faltado a clases para fumar en “la construcción”, nombre con el que llamábamos al predio donde se emplazaría el centro comercial. Tenía los ojos marrones y un poco de acné que se confundía con algunas pecas que le salpicaban la cara. Me gustó desde el primer momento que la vi. Después de algunos días, logré robarle un beso y nos pusimos de novios.

Traduction temporaire :
Avec mes camarades de première année d'école secondaire, nous passions nos après-midis à regarder l'avancée des travaux et à fumer en cachette. Un jour, je fis la connaissance de Sol, une fille d'un autre collège, qui avait aussi séché les cours pour aller fumer à "la construction", nom avec lequel nous désignions le site où se trouverait le centre commercial. Elle avait les yeux marron et un peu d'acné qui se mélangeait avec quelques taches de rousseur qui parsemaient son visage. Elle me plut dès le premier instant où je la vis. Après quelques jours, je réussis à lui voler un baiser et nous sortîmes ensemble.

Projet Sarah / Sarah – phrases 7-10

Mi padre al levantarla hasta la montura, sólo necesitaba juntar las manos para que ella apoyara un pie. La madre subía y, de inmediato, ya lista, se quedaba atenta esperando. Todos sus gestos, aunque fueran nuevos, vivían en seguida un paisaje habitual. Mi padre hacía avanzar su tordillo, y al infligirle con su bota pequeños golpes en las patas, el caballo estiraba las delanteras y las posteriores en direcciones opuestas, hasta que la montura descendía a un nivel en que no era necesario emplear los estribos.

Traduction temporaire :
En la portant sur son cheval, mon père avait seulement besoin de joindre les mains pour qu’elle y prenne appui avec son pied. La mère montait et, immédiatement, fin prête, elle demeurait attentive et patientait. Même s’ils étaient nouveaux, tous ses gestes prenaient immédiatement vie dans un paysage habituel. Mon père faisait avancer son cheval tacheté de gris et quand il lui assenait des petits coups dans les jambes avec sa botte, l'animal tendait ses membres antérieurs et postérieurs dans des directions opposées, jusqu'à ce qu'il soit assez bas pour que les étriers ne soient plus nécessaires pour monter.

Projet Medea / Iris – phrases 25-29

El rey miró el ave, y en seguida su mirada descendió a la campiña, donde un grupo de esclavos recibían, inmóviles como ídolos, el beso del fúlgido luminar. Apartó los ojos, y por todas partes vio esparcirse en torrentes inagotables aquel resplandor. En el espacio, en la Tierra y en las aguas miríadas de seres vivientes saludaban la esplendorosa antorcha en su marcha por el azul. Durante un momento el rey permaneció inmóvil, contemplando al astro y, vislumbrando por la primera vez, ante tal magnificencia, la mezquindad de su gloria y lo efímero de su poder. Mas aquella sensación fue ahogada bien pronto por una ola de infinito orgullo.

Traduction temporaire :
Le roi regarda l'oiseau et immédiatement, son regard descendit vers l'étendue, où un groupe d'esclaves, immobiles comme des idoles, recevaient le baiser de l’étoile étincelante. Il détourna les yeux et partout, il vit cette lueur se répandre comme des torrents inépuisables. Dans l'espace, sur la Terre et dans les eaux, une myriade d'êtres vivants saluaient la resplendissante torche dans sa marche à travers le bleu. Pendant un instant, le roi resta inerte, contemplant l'astre et, entrevoyant pour la première fois, devant une telle magnificence, la mesquinerie de sa gloire et l'éphémère de son pouvoir. Néanmoins cette sensation fut bientôt noyée par une vague d'infinie fierté.

Projet Bianca – phrases 11-16

Tres años después mamá conocería a Juan, un petrolero divorciado que había vivido algunos años en Río Negro. Se enamoraron y nuestra situación cambió por completo. Nos mudamos a una casa más grande en el centro del pueblo. Teníamos una habitación para cada uno y nuestra primera consola con dos joysticks y algunos videojuegos. Por aquel tiempo el Pedregoso empezó a recibir una buena cantidad de inversiones extranjeras. Un grupo empresario chileno había decidido promover la construcción del primer complejo comercial en el pueblo, con cuatro salas de cine, paseo de compras y patio de comidas.

Traduction temporaire :
Trois ans plus tard, maman ferait la connaissance de Juan, un employé pétrolier divorcé qui avait vécu quelques années à Río Negro. Ils tombèrent amoureux et notre situation changea complètement. Nous emménageâmes dans une maison plus grande, au centre du village. Nous avions chacun notre chambre et notre première console vidéo avec deux manettes et quelques jeux. Vers cette époque-là, le Rocailleux commença à percevoir un grand nombre d'investissements étrangers. Un groupe d'entrepreneurs chiliens avait décidé de promouvoir la construction du premier complexe commercial du village ; avec quatre salles de cinéma, une galerie marchande et une aire de restauration.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 257-260

Aquellos periplos, reales o fantasiosos, que les atribuían, abonaron el terreno para que Aníbal Madueño, años más tarde, iniciara una larga y acuciosa pesquisa sobre los Marovich, interrogando a cuanto yugoslavo o descendiente de yugoslavo iba conociendo. (Habían transcurrido casi veinticinco años y el único de nuestro grupo de amigos que seguía pasando las vacaciones en La Punta era el propio Madueño, ahora conocido abogado tributarista. A mi primo Mario no lo veía, y con los Mendieta Solana, dedicados al negocio textil, me había cruzado apenas un par de veces. Ambos tenían dos o tres divorcios a cuestas, y vivían todo el año en Punta Hermosa.

Traduction temporaire :
Ces périples, réels ou fantaisistes, qu'on leur attribuaient avaient préparé le terrain pour que, des années plus tard, Anibal Madueño ouvre une longue et minutieuse enquête sur les Marovich, interrogeant le moindre Yougoslave ou descendant de Yougoslave qu'il rencontrait. (Presque vingt-cinq ans s'étaient écoulés, et le seul de notre groupe d'amis qui continuait à passer ses vacances à La Punta, c'était justement lui, désormais avocat fiscaliste reconnu. Je ne voyais plus mon cousin Mario, et n'avais croisé que de rares fois les Mendieta Solana, qui travaillaient dans le commerce du textile. Ils avaient chacun deux ou trois divorces sur le dos, et vivaient toute l'année à Punta Hermosa.  

jeudi 11 février 2016

Projet Medea / Iris – phrases 22-24

El cielo azul, la verde campiña con sus bosques y sus hondonadas, los valles cubiertos de flores y los arroyos serpenteando en los claros y espesuras, hacían de aquel paisaje un conjunto de una belleza incomparable. Mas el monarca nada vio: ningún matiz, ninguna línea, ningún detalle atrajo la atención de sus ojos de milano, clavados como dos ardientes llamas en el glorioso disco del sol. De súbito, un águila surgió del valle y flotó en los aires, bañándose en la luz. 

Traduction temporaire :
Le ciel bleu, la grande étendue verte avec ses forêts et ses grandes dépressions, les vallées couvertes de fleurs et les ruisseaux serpentant dans les clairières et les fourrés faisaient de ce paysage un ensemble d'une beauté incomparable. Pourtant, le monarque ne vit rien : aucune nuance, aucune ligne, aucun détail n'attira l'attention de ses yeux de milan, fixés comme deux flammes ardentes sur le glorieux disque du soleil. D'un coup, un aigle surgit de la vallée et flotta dans les airs, se baignant dans la lumière.

Projet Chloé / Pablo / Simon – phrases 120-127

XIV

Contaba mentalmente los segundos; el plazo posterior a la ingesta se había cumplido y los barrotes seguían allí. ¿Y si todo había sido un engaño? Nadie me había garantizado nada; nadie podría haberlo hecho. ¿Y si finalmente lograba escapar, pero la policía podía volver a rastrearme y localizarme en mi nueva identidad? ¿Y si era todo una broma, una cruel broma del destino? Debía haber múltiples cámaras vigilándome. Seguramente ni siquiera eran cámaras y la presencia de un recluso digital se manifestaba de otro modo, pero era la manera en que la situación resultaba comprensible a mi entendimiento. Fue entonces cuando comencé a sentir que me desvanecía y bajé la vista para comprobar que, efectivamente, estaba desapareciendo.

Traduction temporaire :
XIV


Je comptais les secondes dans ma tête ; le délai après ingestion était écoulé et les barreaux étaient toujours là. Et si tout n’avait été que mensonge ? Personne ne m’avait rien garanti ; personne n'aurait pu. Et si je parvenais finalement à m’échapper, mais que la police pouvait m’identifier et me retrouver dans ma nouvelle identité ? Et si tout cela n’était qu’une blague, une farce cruelle du destin ? Il devait y avoir de nombreuses caméras en train de me surveiller. Ce n’était probablement même pas des caméras, et la présence d’un prisonnier digital se manifestait-elle d’une autre façon, mais c’était de cette manière que la situation était compréhensible pour mon esprit. À ce moment précis, je commençai à sentir que je perdais conscience ; je baissai les yeux pour vérifier que j’étais effectivement en train de disparaître.

Projet Marie / Kaoutar – phrases 14-22

—Lléveme. Vamos ahora.
—No me haga sacar el coche si luego va a echarse atrás, dijo Wordsworth, tras una pantalla de humo de cigarrillos.
—¿No me ha oído? He dicho que nos vamos.
En esos tiempos, todo el mundo hablaba del club del Loto. Supuestamente era el más exclusivo de Pekín, pero por eso mismo, nadie admitía ser miembro. Era tal la leyenda del club que yo pensaba que no existía en realidad. Pero Wordsworth, con su enorme boca y su borrachera, acababa de admitir que era socio, y se había ofrecido a llevarme.

Traduction temporaire :

— Emmenez-moi. Partons maintenant.
— Ne me faites pas sortir cette voiture si vous changez d’avis après, lui répondit Wordsworth derrière un écran de fumée de cigarettes.
— Vous ne m’avez pas entendu ? J’ai dit allons-y ! »
À cette époque-là, tout le monde parlait du club du Loto. Il était supposément le plus sélect de Pékin, mais c'est précisément la raison pour laquelle, personne n'admettait en être membre. La légende du club était telle que moi, je pensais qu'elle n'existait pas vraiment. Mais, avec sa grande gueule et sa cuite, Wordsworth venait de réaliser qu'il en était adhérent et avait offert de m'y emmener.

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 8-12

No siempre estamos de acuerdo con respecto a la calidad del dolor. Yo prefiero el dolor acre de la angustia, el que produce un sudor frío por las noches y puede olerse a distancia. Los bebés lo transmiten puro y alto, los ancianos unen a su peculiar fragancia un tufo a cabello mal lavado y a orines, que aspiro como quien bebe una cerveza bien fría en un agosto abrumador. Yo, en cambio, sigo el dolor agudo, el que producen los golpes en la carne tierna, o las malas palabras. A diferencia de mi gemela, necesito una emoción fuerte, el miedo que genera la violencia o el abandono.

Traduction temporaire :
Nous ne sommes pas toujours d'accord sur la nature de la douleur. Moi, je préfère la douleur âcre de l'angoisse, celle qui produit une sueur froide la nuit et que l'on peut sentir à distance. Les bébés l'expriment d'une manière pure et noble, les personnes âgées mêlent à leur fragrance particulière une odeur de cheveux mal lavés et d'urine, que j'aspire comme lorsqu'on boit une bière fraîche sous une chaleur écrasante d'un mois d'août. Moi, au contraire, je poursuis la douleur aiguë, celle qui est produite par des coups dans la chair tendre ou par des insultes. Contrairement à ma jumelle, j'ai besoin d'une émotion forte, la peur qui crée une violence ou un abandon.

Projet Fanny – phrases 239-243

La herencia de mis padres incluía empresas por todo el mundo, y cuentas millonarias en bancos de los que yo ni siquiera había oído hablar. Y puse todo en funcionamiento para conseguir lo que me había propuesto. Contraté un equipo de expertos genetistas, psicólogos, médicos, cirujanos, embriólogos, asesores y abogados, y les hice trabajar sin descanso.
Te trasladamos inmediatamente al hospital, y las pruebas empezaron. Las soportabas esperanzada porque creías que buscábamos tu recuperación, que había una pequeña esperanza… y yo siempre fui incapaz de confesarte qué estábamos haciendo allí en realidad.

Traduction temporaire :

L'héritage de mes parents comprenait des entreprises dans le monde entier et des millions sur des comptes dans des banques dont je n'avais jamais entendu parler. J'ai tout mis en œuvre pour mener à bien mon projet. J'ai engagé une équipe d'experts en génétique, de psychologues, de médecins, de chirurgiens, d'embryologistes, de conseillers et d'avocats, et les ai fait travailler sans relâche.
Nous t'avons immédiatement transférée à l'hôpital, et les essais ont commencé. Tu les supportais avec espoir parce que tu pensais que nous cherchions à te guérir, qu'il y avait une petite chance… Moi, je n'ai jamais été capable de t'avouer ce que nous réalisions réellement là-bas.

Projet Elena 12 – phrases 234-241

Al menos yo, que estoy viejo y cansado. ¡Ah! Pero creo que es suficiente por hoy. Esta primavera negligente se hace rogar y desde el Río de la Plata viene un vientito poco amable. Ha refrescado. Así que va a tener que disculparme, pero se está haciendo tarde. Tenga usted un buen día.
Con alguna torpeza, Borges se levantó del banco y, tanteando con el bastón indeciso, se fue, eludiendo los parterres, para el lado de la calle Maipú.

Traduction temporaire :
Moi, du moins, qui suis vieux et fatigué. Bon, je crois que c’est assez pour aujourd'hui. Ce négligeant printemps se fait attendre et un petit vent guère aimable souffle depuis le Río de la Plata. Il fait frais. Je vous prie donc de m'excuser, mais il est tard. Je vous souhaite une excellente journée. Envahi d'une certaine torpeur, Borges se leva du banc et, tâtonnant avec sa canne indécise, il partit vers la calle Maipú en évitant les plates-bandes.

Projet Hélène / Audrey – phrases 10-15

Mi búsqueda se centraba en cosas pequeñas: aretes, soldaditos de juguete o fotos en blanco y negro para decorar el pasillo de mi departamento. Estaba por salir de la feria, pues ya tenía lo que deseaba, cuando llamó mi atención una escuadra de robots hechos de material reciclado. Y entonces la vi. Ella era la dueña de aquella exótica mercancía, que combinaba objetos antiguos con otros modernos fabricados a mano. No me acerqué; más bien, me alejé en el acto, aterrada y asombrada, sin querer dar crédito a lo veía. Varias cuadras más allá me detuve.

Traduction temporaire :
Je concentrais mes recherches sur des babioles : des boucles d’oreilles, des soldats de plomb ou des photos en noir et blanc pour agrémenter le couloir de mon appartement. Ayant trouvé ce que je souhaitais, je m'apprêtais à sortir de la feria, quand mon attention fut détournée par un escadron de robots fabriqués à partir de matériaux recyclés. C’est à cet instant que je la vis. Elle était la propriétaire de cette marchandise exotique, qui combinait des objets anciens avec d’autres, modernes et faits main. Je ne m’approchai pas ; au contraire, je m’éloignai aussitôt, terrifiée et stupéfaite, n'en croyant pas mes yeux. Je m’arrêtai quelques pâtés de maison plus loin.

Projet Pauline / Laëtitia – phrases 7-12

Las vitrinas del salón de los regalos exhibían algunas joyas costosas. Un collar de piedras combinadas difundía un pequeño arco iris sobre su estuche de fondo rojo; un anillo con un topacio, un par de aros de brillantes y algunos otros meteoros artificiales y enanos fulgían bajo la luz de las lámparas. Verificó si el prendedor elegido por él para su flamante sobrina y los gemelos de brillantes para el novio habían sido bien colocados. Satisfecho, avanzó en busca de la nueva pareja.
¡No me vas a decir que no es una cosa rara! —dijo de pronto su sobrino, sorprendiéndolo. Estaba en el mismo salón y no había notado su presencia.
No sé a qué te refieres... —repuso, deteniéndose.
Al busto... o lo que sea...

Traduction temporaire :
Les vitrines de la salle des cadeaux exhibaient des bijoux coûteux. Une rivière de pierres précieuses diffusait un petit arc-en-ciel sur le fond rouge de son étui ; une bague ornée d'une topaze, une paire de boucles d'oreille en brillants et quelques autres météorites naines et artificielles étincelaient sous le feu des lampes. Il vérifia que la broche choisie par ses soins pour sa toute nouvelle nièce ainsi que les boutons de manchette en diamants pour son fiancé étaient bien présents. Satisfait, il partit à la recherche du jeune couple.
— Tu ne vas pas me dire que ce n'est pas bizarre ! lâcha soudain son neveu, le faisant sursauter. Il était dans la même pièce et il n'avait pas remarqué sa présence.
— Je ne sais pas de quoi tu parles…, répondit-il en se retournant.
— Du buste… de ce truc, là…

mercredi 10 février 2016

Projet Sarah / Sarah – phrase 6

Montando así, nos alcanzaba una doble dulzura: podíamos verla de un costado, del costado de la sombra, del menos conocido, y del otro, en donde estaba toda, la recuperábamos intacta, idéntica al panorama de cariño que nos mostraba todos los días.

Traduction temporaire :
Ainsi juchée sur son cheval, une double douceur nous parvenait : nous pouvions la voir d'un côté, celui de l'ombre, le moins connu, et de l'autre, où elle était en entier, là, nous la récupérions intacte, identique au panorama d'affection qu’elle nous montrait tous les jours.

Projet Sonita / Élise – phrases 489-494

Zebrel asintió. Aquellos hombres no eran coherentes, y estaban lejos de ser el ejército ideal, aunque la emergencia hubiera hecho retroceder un poco las intoxicaciones. Se sentó sobre la mesa y pasó los brazos sobre los hombros de los dos más fornidos; otro se ubicó entre sus piernas y las sujetó; se pusieron en marcha.
Estaban, tal como Zebrel había supuesto, en un sótano. Subieron la escalera con dificultad, haciendo crujir los escalones de metal delgado. La madrugada se estaba replegando y dejaba espacio a las primeras claridades cuando salieron del bodegón. Ya en la calle vieron que un vehículo desvencijado se arrimaba al borde de la vereda; metieron a Zebrel en el asiento trasero y arrancaron por la avenida con dirección oeste.

Traduction temporaire :
Zebrel acquiesça. Outre leur incohérence, ces types n'étaient certes pas l'armée idéale, même si l’urgence de la situation avait un peu fait reculer leur état d’ivresse. Il s’assit sur la table et posa les bras sur les épaules des deux gars les plus robustes. Un autre se plaça entre ses jambes et les saisit. Ils se mirent en marche. Ainsi que Zebrel l’avait imaginé, ils se trouvaient dans une cave. Ils montèrent les escaliers avec difficulté, faisant craquer les fines marches métalliques. L’aube se repliait, cédant le pas aux premières clartés lorsqu’ils émergèrent. Une fois dans la rue, ils virent un véhicule déglingué qui s’approchait du bord du trottoir ; ils déposèrent Zebrel sur la banquette arrière et prirent l’avenue en direction de l’ouest.

Projet Camille / Angélique – phrases 84-90

Pero él sabía que en lo invisible de la muerte su familia seguía triunfando, que todos, por el gusto de adivinarse juntos,  habitaban la misma casa,  prendidos a su cuñada como náufragos al último leño. También murió su cuñada. Se acercó al ataúd donde la velaban, miró su rostro,  que todavía se ofrecía como un espejo al misterio, y sollozó,  solo, solo ¡qué solo! Ya no había nadie en el mundo de los vivos que los atrajera a todos con la fuerza del cariño. Ya no había posibilidades de citarse en un punto del universo. Ya no había esperanzas. Allí, entre los cirios en llama, debían de estar las almas de su mujer y de sus hijas. Les dijo "¡Adiós!" sabiendo que no podían oírlo, salió al patio y voló noche arriba.

Traduction temporaire :

Mais, il savait que dans l'invisibilité de la mort, sa famille triomphait toujours, que tous, grâce au plaisir de se deviner ensemble, habitaient la même maison, accrochés à sa belle-sœur comme des naufragés à l'ultime planche de salut.
Sa belle-sœur mourut aussi. Il s'approcha du cercueil où on la veillait, regarda son visage, s'offrant toujours comme un miroir au mystère, et il sanglota, seul, seul, si seul !
Il n'y avait plus personne dans le monde des vivants pour tous les attirer par la force de sa tendresse. Il n'y avait plus la possibilité de se donner rendez-vous à un point de l'univers. Il n'y avait plus d'espoirs. Là, parmi les cierges allumés, devaient demeurer les âmes de sa femme et de ses filles. Il leur dit « adieu » en sachant qu'elles ne pouvaient l'entendre, il sortit dans la cour et s'évapora dans l'immensité de la nuit.

FIN.

Projet Sonita / Élise – phrases 480-488


Escuche; sé que no puede hablar —dijo el que le había anunciado la muerte de la prostituta—. Llamamos a un mecánico para que anule el contacto del exoprot con la base, pero le vamos a pedir que le deje suficientes funciones como para que usted lo pueda usar para trasladarse. Este lugar no es seguro. Los Hermanos y otros grupos, como los Guardianes del Cáliz nos tienen marcados. Los Guardianes son los peores, enemigos del alcohol y las drogas; no nos dejan en paz. Y el problema mayor es que su exoprot estuvo emitiendo señales todo el tiempo; aunque lo desconectemos saben donde está, o donde estuvo. Tenemos que salir de aquí de inmediato. ¿Puede levantarse? Lo cargaremos entre tres o cuatro.

Traduction temporaire :

— Écoutez, je suis au courant que vous ne pouvez pas parler, dit celui qui lui avait annoncé la mort de la prostituée. On a appelé un mécanicien pour qu’il coupe le contact de l’exoprot avec la base, mais on va lui demander qu’il laisse suffisamment de fonctions opérationnelles pour que vous puissiez l’utiliser pour bouger. Cet endroit n’est pas sûr. Les Frères et d’autres groupes, comme les Gardiens du Calice, nous ont marqués. Les Gardiens sont les pires, des ennemis de l’alcool et des drogues. Ils ne nous laissent pas tranquilles. Et votre exoprot a émis un signal durant tout ce temps, ce qui est un gros problème car même si on le déconnecte, ils savent où vous êtes, où vous avez été. On doit sortir d’ici, immédiatement. Vous pouvez vous lever ? On vous portera à trois ou à quatre.

Projet Justine / Sophie – phrases 69-72

—Lamentablemente te acercaste demasiado a la verdad —dijo una voz fuerte y terrible que parecía venir de todas partes—. Y no podemos permitir que regreses a tu mundo con esa noticia. Por lo tanto serás erradicado de este plano: “De polvo eres, y al polvo volverás”... —pronunció la voz con la autoridad suficiente para demoler el mundo.
Su cuerpo instantáneamente desapareció, convirtiéndose en una nube de infinitas partículas entremezcladas con un viento que sopló lleno de energía, en silencio eterno, mientras sus pensamientos se deshacían.

Traduction temporaire :
— Malheureusement, tu as approché la vérité de trop près ! s'exclama une voix forte et terrible qui semblait venir de partout. Or, nous ne pouvons permettre que tu regagnes ton monde avec cette information. Par conséquent, tu seras éradiqué de ce plan : « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière »…, prononça la voix avec l'autorité suffisante pour démolir le monde. Son corps se dissipa instantanément, se changeant en nuage formé d'une infinité de particules entremêlées à un vent plein d'énergie qui souffla dans un silence éternel, alors que ses pensées se dissolvaient.

Projet Marie / Kaoutar – phrases 6-13


Me molestaban su arrogancia y sus aires de superioridad. Pero en el Pekín de 1937, no había mucha gente más con quien compartir una noche de copas. Los japoneses acampaban a pocas millas de la ciudad, preparando la invasión. El gobierno había trasladado la capital. Los occidentales se marchaban. Los pocos que quedábamos vivíamos encerrados en el barrio de las legaciones. Salir de noche se consideraba un suicidio. Aun así, le dije:

Traduction temporaire :
Son arrogance et ses airs de supériorité m’agaçaient. Mais, dans le Pékin des années 1937, il n'y avait pas grand monde avec qui passer une nuit à boire. Les Japonais campaient à quelques kilomètres de la ville et préparaient leur invasion. Le gouvernement avait déplacé la capitale. Les occidentaux s'en allaient. Le peu qui restait vivait barricadé dans le quartier des légations. Sortir la nuit était considéré comme un suicide. Je lui dis pourtant :

Projet Annelise 3 – phrases 29-37

La inducción es algo maravilloso. Parte de lo menos conocido a lo más conocido... ¿Cómo es? No lo recuerdo bien... En fin, ¿quién es el que sabe de estas cosas?) Si he dicho bien, este es el método por excelencia. Cuando se sabe poco, hay que inducir. Induzca, joven.
Ya resuelto, encendida la pipa y con la formidable arma de la inducción en la mano, me quedé irresoluto, sin saber qué hacer.
-Bueno, y ¿cómo aplico este método maravilloso? -me pregunté.

Traduction temporaire :
L’induction est une chose merveilleuse. Elle part du moins connu pour aller vers le plus connu… Comment déjà ? Je ne m’en souviens pas vraiment… Enfin, qui connaît quoi que ce soit à ce genre de choses ? Si je ne me trompe pas, c’est la méthode par excellence. Lorsque l’on dispose de peu d’informations, il faut induire. Induisez, jeune homme ! Une fois la question réglée, ma pipe allumée et avec l'induction comme arme formidable entre les mains, je suis resté indécis, ne sachant que faire.

— Bon, et comment est-ce que j’applique cette merveilleuse méthode ? me suis-je demandé.

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 3-7

Salimos menos y a menos lugares, solo porque nos encontramos hambrientas y no nos queda más remedio que ponerle solución. Antes nos colábamos en casi cualquier casa, en los pasillos de las comunidades de vecinos, en los sótanos donde los niños se escondían en juegos de sábado por la tarde. Hubo una temporada, cuando éramos niñas, en la que cada tarde y cada noche nos aparecíamos a alguna familia desgraciada. Resultaba sencillo elegirlas: todas las familias son, antes o después, desgraciadas. De eso nos alimentamos, del dolor.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Alicia – phrases 6-11

Auggie se ajusta su máscara antigás y se pone las alas de ángel y sube la escalerilla de mano que lleva a la claraboya. Las alas de ángel van sujetas a los hombros con unas correas como de mochila y están hechas de plumas que en algún momento fueron blancas pero que ya están apelmazadas y casi negras. El aire de Londres va tan cargado de ceniza que hay mañanas en que cuesta ver el sol.
Auggie baja la escalerilla y va a sentarse con los otros dos, en el otro extremo del sótano, a la luz de la vela. La señorita McKiernan no es lo único que se está acabando. Tampoco quedan muchas velas.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Simona / Noëlline – phrases 2-3

Ocurre que pocos días después de esta meditación y proyectos en suspenso, Ella, sin sospechar tales cavilaciones pero movida por una aprensión vaga del empobrecimiento afectivo en él, le envía por regalo una plantita de trébol.  Él resuelve adoptarla para iniciar el procedimiento entrevisto.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Pauline / Laëtitia – phrases 5-6

Era el día del casamiento de su sobrino mayor, quien más que un pariente era su amigo. Pasó frente a los porteros de las casas vecinas y les deseó con llaneza las buenas noches; era una elegante silueta, a pesar de sus años: alto, moreno, con el cabello ligeramente estriado de plata.

Traduction temporaire :
C'était le jour du mariage de l'aîné de ses neveux, qui était un ami plus qu'un parent. En passant devant les gardiens des maisons voisines, il leur souhaita simplement une bonne soirée ; il avait une silhouette élégante, malgré son âge : grand, brun, avec les cheveux légèrement striés d'argent.

Projet Sabrina 4 – phrases 49-54

¿No es de la región, verdad?— me preguntó esta vez, sin decirme aún qué me podía ofrecer para comer.
Yo me hubiera quedado aguardando toda la no che sus preguntas abiertas con tal de alargar ese encuen tro. ¿Qué tenía esa mujer de sobresaliente más allá de un pelo ondeante que se extendía hasta su vientre sin cubrir la hendidura de sus senos? En ese momento en mí solo había deseo, instintivo, básico. Llevaba ya cinco meses sin irme a la cama con una mujer y ese viaje había cancelado la posi bilidad de acostarme con una amiga que me gustaba y con quien podría iniciar una relación. Miraba ese escote, esa lan za que ascendía hasta su cuello y que sólo yo creía ver.

Traduction temporaire :

— Vous n'êtes pas de la région, hein ? me demanda-t-elle, sans encore me dire ce qu'elle pouvait m'offrir à dîner.
J'aurais pu rester là, toute la nuit, à attendre ses questions ouvertes dans le seul but de prolonger cette rencontre. Qu'est-ce qui la distinguait, au-delà de ses cheveux ondulés qui descendaient jusqu'à son ventre, sans couvrir l'écart entre ses seins ? À ce moment-là, il y avait du désir en moi, instinctif, basique. Cela faisait cinq mois que je n'avais pas dormi avec une femme ; or, ce voyage m'avait ôté une chance de coucher avec une amie qui me plaisait et avec qui j'aurais pu entamer une relation. Je regardais ce décolleté, cette lance qui montait jusqu'à son cou et que je croyais être le seul à voir.

Projet Sarah 19 / Julie – phrases 53-54


O sea, papá, que si mi mamá se empeña en irse a los cerros, y cuando mi hermano se encuentre una mujer, yo me voy a quedar sola con la chiva, sirviendo a los Alvarez hasta que las manos se me hagan de polvo, un polvo hasta más chiquito que el cubre la tierra, porque para eso están los patrones, dice mi hermano, les voy a lavar todas sus ropas, la blanca, la de vestir, viera usted, que ni los calzones se lavan, y eso que hay entre ellos tres muchachas ya grandes. Más valiera, papá, morirme, que la vida que me espera.

Traduction temporaire :
 Donc, papa, si ma mère s'entête à aller dans les collines, et quand mon frère se mariera, moi, je vais me retrouver seule avec la chevrette, au service des Alvarez, jusqu'à ce que mes mains tombent en poussière, une poussière aussi fine que celle qui couvre la terre,   parce que c'est pour ça qu'il y a des patrons, d'après mon frère, je vais laver tout leur linge, de maison, leurs habits, vous verrez, ils ne lavent même pas leurs sous-vêtements, alors qu'il y a parmi eux trois filles déjà grandes. Il vaudrait mieux, papa, que je meure, plutôt que de vivre la vie qui m'attend.

Projet Medea / Iris – phrases 18-21

Calló el mago, y de las pupilas del rey brotó un resplandor sombrío. Aquello que acababa de oír hizo nacer en su espíritu una idea que, vaga al principio, fue redondeándose y tomando cuerpo como la bola de nieve de la montaña. Con ademán terrible se echó sobre los hombros el manto de púrpura y llevando pintada en el rostro la demencia de la ira, subió a una de las torres de su maravilloso alcázar. Era una tibia mañana de primavera.

Traduction temporaire :
Le magicien se tut, et un éclat sombre jaillit dans les pupilles du roi. Ce qu'il venait d'entendre fit naître dans son esprit une idée qui, vague au début, se forma et prit corps, comme les boules de neige à la montagne. Avec un geste horrible, il jeta sur ses épaules son manteau pourpre et, une folle colère peinte sur son visage, il monta dans une des tours de son merveilleux alcazar. C'était une tiède journée de printemps.

Projet Justine / Sophie – phrases 65-68

En ese caso, cualquier diseñador del sistema habría optado por no simular el polvo, un detalle ínfimo y sin importancia, que llevaba al muchacho a descubrir la verdad mucho tiempo después. Sin embargo en ese momento, cuando le llegó la iluminación, el mundo se desvaneció, y Jorge se encontró repentinamente flotando en un ominoso e infinito lugar. No se observaba nada en ninguna dirección, no existía fuente de luz alguna... Pero sin embargo él se podía ver a sí mismo, lo cual era imposible en un lugar oscuro, yendo en contra de todas las leyes físicas.

Traduction temporaire :
Dans ce cas, n'importe quel designer du système aurait choisi de ne pas simuler la poussière, un détail infime et sans importance, grâce auquel le jeune homme ne découvrirait la vérité que bien plus tard. Cependant, à l'instant précis où il eut l'illumination, le monde s'évanouit ; et Jorge se retrouva soudain à flotter dans un endroit abominable et infini. On ne distinguait rien nulle part, il n'y avait pas la moindre source de lumière… Mais, il pouvait se voir lui-même, ce qui était impossible dans un lieu obscur défiant toutes les lois physiques.

Projet Bianca – phrases 4-10

Tres kilómetros al oeste estaba la reserva Chekura donde había nacido Mailén, la mujer que nos traía manzanas verdes una o dos veces por semana. Mailén era bajita, tenía las tetas muy grandes y las piernas gruesas. Nunca se quejaba por nada y le gustaba cantar. Mailén fue la primera que me habló del don. “Sos de los que llevan piedras al río”, me dijo agarrándome las manos y mirándome a los ojos. Se había ofrecido a ayudar a mamá con los preparativos para mi fiesta de cumpleaños. Cuando le pregunté qué quería decir, sonrió y me despeinó la cabeza. Cumplía once años y no tardaría mucho en olvidar sus palabras.

Traduction temporaire :
À trois kilomètres vers l'ouest, se trouvait la réserve Chekura, où était née Mailén, la femme qui nous apportait des pommes vertes une ou deux fois par semaine. Elle était petite, avait de très gros seins et des jambes potelées. Elle ne se plaignait jamais de rien et aimait chanter. Mailén fut la première à me parler du don. « Tu fais partie de ceux qui portent des pierres au fleuve », m'annonça-t-elle en m'attrapant les mains et me regardant dans les yeux. Elle avait offert son aide à maman pour les préparatifs de ma fête d'anniversaire. Quand je lui demandai ce qu'elle voulait dire, elle sourit et m'ébouriffa les cheveux. J'avais onze ans et je ne mettrais pas longtemps à oublier ses paroles.

Projet Danny – phrases 32-34

Recuerdo que hace diez años yo estaba aún en el colegio, y veníamos a este cine a ver películas, en la época en que mi mamá me daba plata para el cine y mi posterior hamburguesa con papas fritas y se quedaba sin comprar la comida del próximo día. Así eran mis días del San Silvestre. Me estoy viendo con mi veintiúnico blue-jean, mi casaca que caminaba sola, mis top-siders azules o bien mis mocasines que sobrevivieron al concierto de Charly García (mi primer concierto de rock), y finalmente mi camisa que sobresalía por debajo de la casaca y mi chompa “Kids”, porque así era la moda. 

Traduction temporaire :
Je me souviens qu’il y a dix ans, j’étais encore à l’école, nous allions voir des films à ce cinéma-là, à l’époque où ma mère me donnait de l’argent pour m'y rendre et pour manger mon hamburger frites après. Le lendemain, elle se retrouvait sans pouvoir acheter de la nourriture. Voilà comment étaient mes fêtes de fin d’année. Je me vois, marchant seule, avec mon énième jean bleu, mon anorak et mes top-siders bleus ou bien mes mocassins qui ont survécu au concert de Charly García (mon premier concert rock'n'roll). Et enfin, ma chemise qui dépassait sous mon cardigan et ma veste « kids », parce que c’était ça la mode.

Projet Marion – phrases 17-19

No entraba a la habitación de Martín salvo que estuviera obligada a hacerlo, porque creía que él, con sus labios azules y sus dedos azules y el tubo de oxígeno con rueditas, la esperaba detrás de la puerta. Su madre, dos veces, le había pedido que trajera de la habitación la laptop de Martín: la quería para leer sus archivos, mirar sus fotos, recordar y llorar. Las dos veces Verónica había entrado corriendo a buscar la computadora, siempre imaginando que Martín salía del armario, con los ojos hundidos y susurrando: no te lleves mis cosas, no miren mis cosas, no te metas, hija de puta.
O peor: cuando imaginaba que Martín estaba todavía en la cama, se levantaba con los cables y tubos que le habían puesto en el hospital colgando de los brazos –y con los dedos largos y azules; eran tan extrañas esas manos de ahogado, tenían ese color por la falta de oxígeno– y le gritaba por qué yo, por qué vos no, por qué a mí, por qué vos no.

Traduction temporaire :
Elle ne pénétrait pas dans la chambre de Martín, sauf si elle y était obligée, parce qu'elle croyait qu'il l'attendait derrière la porte, avec ses lèvres bleues et ses doigts bleus et le tube d'oxygène à roulettes. À deux reprises, sa mère lui avait demandé d'aller chercher dans la chambre le laptop de Martín : elle le voulait pour lire ses fichiers, regarder ses photos, se rappeler et pleurer. Chaque fois, Verónica était entrée prendre l'ordinateur en courant, imaginant toujours que Martín allait sortir de l'armoire, avec ses yeux enfoncés et en murmurant : ne prends pas mes affaires, ne regardez pas mes affaires, occupe-toi de ce qui te regarde, espèce de salope !

Ou pire : quand elle se figurait que Martín était toujours dans son lit, se levait avec les tuyaux et tubes qu'on lui avait mis à l'hôpital et qui pendaient à ses bras - et avec ses doigts longs et bleus ; ces mains de noyé étaient si étranges, elles avaient cette couleur à cause du manque d'oxygène – et il lui criait pourquoi moi, pourquoi pas toi, pourquoi à moi, pourquoi pas à toi.

mardi 9 février 2016

Projet Camille / Angélique – phrases 76-83

Se estremeció de disgusto, como si hubiera metido la mano en una cueva de gusanos. ¡Almas, almas, centenares de almas extrañas deslizándose unas encimas de otras, ciegas entre sí pero con sus maliciosos ojos abiertos al aire que respiraban sus hijas! Nunca pudo recobrarse de esa sospecha, aunque con el tiempo consiguió despreocuparse: ¡qué iba a hacer! Su cuñada había recogido a las huérfanas. Allí se sintió otra vez en su hogar. Y pasaron los años. Y vio morir, solteras, una tras otra, a sus tres hijas. Se apagó así, para siempre, ese fuego de la carne que en otras familias más abundantes va extendiéndose como un incendio en el campo.

Traduction temporaire :
Il frémit de dégoût, comme s'il avait plongé la main dans une galerie de vers. Des âmes, des âmes, des centaines d'âmes étrangères glissant les unes sur les autres, ne pouvant se voir entre elles, mais pourvues d'yeux malveillants ouverts à l'air que respiraient ses filles ! Il ne put jamais se remettre de cette suspicion, bien qu'avec le temps il ait réussi à ne plus s'en soucier : qu'allait-il faire ?! Sa belle-sœur avait recueilli les petites. Là-bas, il se sentit encore à la maison. Et les années passèrent. Puis, il vit mourir ses trois filles, seules, les unes après les autres. Voilà comment s'éteignit, à jamais, le feu charnel qui dans d'autres familles plus abondantes s'étend progressivement, comme un incendie à la campagne.