vendredi 27 avril 2012

Question de lexique

Que signifie le terme = DIAPHORÈSE ?

Les Étoiles fiantes / 2 – phrase 132

Uno era el pelirrojo, otro era flaco y con una barbita incipiente, una era alta y desgarbada, vestida como una chica de tapa de la época del pop-art, otro era canoso y con cara de ministerio.

Traduction temporaire :
L'un était roux, un autre maigre avec une vague barbe naissante, une autre grande et dégingandée, habillée telles une de ces filles de couverture de magazine de l'époque du pop-art, un autre avait les cheveux poivre et sel et un air d'employé de ministère.

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 131

A ellos les leía lo que escribía.

Traduction temporaire :
Eux, Adriana leur lisait ce qu'elle écrivait.

jeudi 26 avril 2012

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 130

Entre las ciento veintipico personas que viajaban en el tren había por lo menos cinco oídos u oyentes que le gustaban. 

Traduction temporaire :
Sur les cent vingt et quelques personnes qui voyageaient dans le train, il y avait au moins cinq paires d'oreilles – ou auditeurs – qu'elle appréciait.

Les Warmicusi – phrase 1

Nosotros las vimos entrar aquella tarde calurosa.

Traduction temporaire :
Nous les vîmes arriver par une accablante après-midi de chaleur.

Projet Pérou / C2C – équipe 2

L'équipe 2 est composée d'Elena Geneau et Laëtitia Sworzil et a choisi le terme « Warmicusi » (qui signifie « mujer feliz » en quechua).
La nouvelle, « Sólo hay espacio entre las ratas », sur laquelle nos deux jeunes traductrices vont travailler est de Lenin Solano.

Votre couleur : le rouge !

La ventana y la pena – le premier jet

Voici achevé le premier jet de la traduction d'Elena et Perrine… Il vous reste à présent à procéder à une relecture attentive (comme pour les projets SF-Pérou / C2C, faites-moi parvenir vos éventuelles demandes de correction par mail) et nous pourrons signaler à l'auteure que sa nouvelle figure en bonne place dans notre anthologie de nouvelles.

Cynthia Rimsky
(Chili)

« La ventana y la pena »

Nous étions deux écrivaines et nous devions nous rendre dans une école de filles au Sud du pays,  dans le cadre d’une rencontre d’écrivains. Quelque chose a fait qu'au lieu de faire une lecture à deux dans la bibliothèque, je me suis retrouvée toute seule devant une classe d'adolescentes attendant de pied ferme la visite de l'auteure qui venait de Santiago. Pour gagner du temps, je leur ai demandé pourquoi elles aimaient lire. Elles m’ont expliqué que la lecture leur permettait de vivre d’autres vies, d’imaginer qu’elles étaient quelqu'un d'autre. Je leur ai demandé quelles vies, au juste. La majorité m’a répondu celles d’Harry Potter et de ses amis. L'enseignante, qui avait les cheveux teints en blond, a fait semblant de remettre de l'ordre dans des papiers.
Une fenêtre perçait l’un des murs de la salle ; j’ai demandé aux jeunes filles s’il leur arrivait de regarder à travers. Elles ont toutes levé la main. Évidemment, lorsqu'elles s'ennuyaient à écouter leur professeure,  elles regardaient l'immeuble d'en face par la fenêtre ; la femme qui sortait sur le balcon pour arroser ses plantes,  l'homme en train de se raser…
À l’autre bout de la pièce, l'enseignante a semblé m'interroger du regard : Et sinon, alors, quand est-ce qu'elle arrive, l'écrivaine ? J'ai cherché à savoir à quelle heure la femme s'occupait de l'arrosage, si ses plantes poussaient, si elle vivait seule ou avec quelqu'un, et, le cas échéant, avec qui. Les filles ne s’étaient pas posé la question. L’enseignante balaya la fenêtre du regard. Je leur ai proposé un exercice : écrire 15 souvenirs sur une expérience vécue. L’enseignante s’approcha : elle ne voulait pas rater ce que je faisais, mais avait aussi grandement envie d’écouter l’autre auteure. Je l'ai autorisée à s'éclipser, puis je me suis approchée de la fenêtre pour voir si j'apercevais la femme qui arrosait ses plantes.
Les histoires racontées par mes jeunes interlocutrices étaient belles car elles étaient sincères : la mort du chat, une punition, une dispute avec une amie, un après-midi pluvieux. L’enseignante est revenue les yeux brillants.
« J'ai écouté des poèmes en mapudungún. » Vous parlez mapudungún ?, me suis-je étonnée. « Non, mais le son était tellement doux à mon oreille que j'ai été transportée dans un autre monde. »
Et, après avoir entendu les textes très personnels composés par ses élèves, elle les réprimanda :
« C'est trop triste ! Pourquoi toute cette tristesse ?, vous devez écrire sur d'autres choses. »
Les élèves sont restées muettes.
Le silence m'a ramenée à mon enfance. Lorsque j'ai réintégré la réalité, et suis donc redevenue une écrivaine de 48 ans, j'ai contredit les propos de la professeure et incité les filles à poursuivre leur lecture. En se levant de sa chaise, l'une d'elles à déclaré : « Moi, en lisant ce que j'avais écrit, j'ai eu l'impression que ce n'était pas moi qui avait vécu ça, mais quelqu'un d'autre. »
La sonnerie a retenti. L'enseignante m'a remerciée de lui avoir montré un exercice qui lui serait utile pour ses cours.
« Il a été conçu par George Perec, un écrivain français qui nous apprend à observer l’infra-ordinaire », lui ai-je expliqué.
« Oui,  oui,  bien sûr… », a-t-elle répondu en disparaissant avec le cahier de présence.
Quand elle est sortie, deux étudiantes se sont approchées de moi. Elles voulaient me confier qu'avant ma visite, elles ignoraient tout bonnement que leurs vies pouvaient être matière à écriture et devenir des histoires : « Vous avez changé notre façon de regarder autour de nous. »

Traduction par Elena Geneau et Perrine Huet

Les Pachacamac – phrase 10

Desde varios años atrás este hombre surcaba y bajaba por las aguas del Huallaga,  era conocido en todos los puertos y conocía esas regiones ribereñas como la palma de su mano.

Traduction temporaire :
Cet homme sillonnait les eaux et descendait le cours du Huallaga depuis plusieurs années. Il était célèbre dans tous les ports et connaissait les zones côtières comme sa poche.

Question de lexique

Qu'est-ce qu'un = ACRONYME ?

Photo du paiche


Les Étoiles filantes / 2 – phrase 129

Había perdido las esperanzas.

Traduction temporaire :
Elle avait perdu l'espoir.

Question de civilisation

Qu'est-ce que le = PAICHE ?

Les Big bang – phrase 30

Tomó el marcador láser y encendió un panel luminoso.

Traduction temporaire :
Il prit son pointeur laser et alluma un panneau lumineux.

Les Étoiles filantes / 2 – phrases 127-128

Y allí estaba. Era como una amiga que la saludara al paso, y sin embargo casi deseaba no verla más,  porque eso significaría que habían abandonado el ciclo.

Traduction temporaire :
Elle était là, une amie qui la saluait au passage ; et néanmoins, elle souhaitait presque ne plus la revoir – cela signifierait qu'ils étaient sortis du cycle.

Message à l'attention de Vanessa et Justine

Alors, que fait-on pour la nouvelle de Rafael – avec cette complexe histoire de la citation fantôme ? Où en êtes-vous de vos recherches ? Ou, le cas échéant, de vos réflexions sur la meilleure solution à adopter en cas d'échec ?

Les Voies lactées – phrase 24

Para hacer corta una historia larga, Zappi empezó a leer con cuidado un documento polvoriento que venía con la caja de semillas.

Traduction temporaire :
Pour faire court – car l'histoire est longue –, Zappi commença à lire avec application le document poussiéreux joint à la boîte de graines.

Les Pachacamac – phrase 9

Juvenal había sido un indio recio, valiente y honesto; por eso la comunidad le confió todos sus negocios como la venta de los tejidos, las gallinas de monte y, entre otros, la carne seca de sajino y la deliciosa carne de paiche.

Traduction temporaire :
Juvenal avait été un indien robuste, courageux et honnête ; raison pour laquelle la communauté lui avait confié toutes ses affaires, depuis la vente des tissus jusqu'à celle des grands tinamous en passant, entre autres, par celle de la viande séchée de pécari à collier et de la délicieuse chair de paiche.

mercredi 25 avril 2012

Journée d'étude « SF en Amérique latine » à Nanterre

Le programme !

Programme Definitif

La ventana y la pena – phrase 31

Cuando hubo salido,  se acercaron dos estudiantes,  querían decirme que antes de mi visita no sabían que sus vidas podían escribirse y convertirse en historia: “Usted nos cambió la manera de mirar”.

Traduction temporaire :
Quand elle est sortie, deux étudiantes se sont approchées de moi. Elles voulaient me confier qu'avant ma visite, elles ignoraient tout bonnement que leurs vies pouvaient être matière à écriture et devenir des histoires : « Vous avez changé notre façon de regarder autour de nous. »

Question de civilisation

Qu'est-ce que la « loi du Secure Fence Act » ? (Mexique)

Question de lexique

Qu'es-ce que le = BAUDOUINAGE ?

mardi 24 avril 2012

La chanson du mardi – choisie par Joachim

http://www.youtube.com/watch?v=s9tC2Mx_YvU

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 126

Cada vez que volvían a pasar por ese lugar se sentaba allí para reconocerla.

Traduction temporaire :
Chaque fois qu'ils passaient à cet endroit, elle venait s'asseoir là pour la distinguer au milieu des autres.

La ventana y la pena – phrase 30

“Claro”, dijo, desapareciendo con el libro de asistencia.

Traduction temporaire :
« Oui,  oui,  bien sûr… », répondit-elle en disparaissant avec le cahier de présence.

Question de lexique

Que signifie le mot = LONGANIME ?

Question de civilisation

Qu'appelle-t-on la « tortilla border » ?

lundi 23 avril 2012

Question de lexique

Que signifie le mot = HYDATISME ?

Les Étoiles filantes / 2 – phrases 123-125

No estaba allí sola, claro. Tenía alrededor millones de piedras grises. Pero ésta era verde, y a Adriana le parecía solitaria.

Traduction temporaire :
Elle n'était pas seule, bien sûr. Il y avait des millions de pierres grises autour. Mais celle-ci était verte, et elle faisait à Adriana l'impression d'être solitaire.

Les Pachacamac – phrase 8

Fue éste quien por primera vez trajo consigo la radio a pilas y una escopeta de cañón largo que, a pesar de treinta y tantos años de uso aún funcionaba.

Traduction temporaire :
C'est lui qui, pour la première fois, était revenu avec une radio à piles et un fusil à canon long qui, bien qu'ayant servi une trentaine d'années, fonctionnait toujours.

Les Voies lactées – phrase 23

Sin embargo, por algún motivo desconocido, el Consejo de la colonia no se atrevía a clausurar el museo ni a botar los objetos.

Traduction temporaire :
Pourtant, pour une raison inconnue, le Conseil de la colonie n’osait pas fermer le musée, ni se débarrasser des objets en question.

Les Big bang – phrase 29

—Nosotros somos un equipo, Mer — Cuando se dirigía a su gente lo hacía por sus nombres de pila,  no por sus cargos.

Traduction temporaire :
— Oui, mais nous, nous sommes une équipe, Mer – quand il s'adressait à ses hommes, il les appelait par leurs prénoms, sans référence à leurs grades.

Version à rendre pour le 2 mai

Cuando alcanzó su casa, aún no habían empezado a caer las primeras gotas.
Toda la familia Nives procedía de aquella casona ancha y sólida de ganaderos señores, que ahora era suya, aunque, como todos sus bienes, los tenía su madre en usufructo.
Otros parientes de Eulogio se habían instalado en Madrid y en varias capitales de provincias. Casi todos eran grandes burgueses, mucho más ricos que lo había sido Miguel Nives, el padre de Eulogio, aunque su manera de vivir no era mejor que la que había establecido Mariana para ellos. Las Empresas Comerciales Nives, por ejemplo, con un capital de muchos millones, pertenecían a sus tíos y a sus primos hermanos casi totalmente... Y todo esto tenía importancia, mucha más importancia en la familia de Eulogio, que en la mayoría de las familias españolas corrientes, porque los Nives tenían un instinto familiar fuertísimo. Paulina solía decir que los Nives eran una especie de masonería desparramada por la nación. Ni siquiera la guerra civil les había desunido. Todos los parientes, de distintas tendencias políticas, se habían ayudado cuanto pudieron salvando todas las diferencias de opinión. A Eulogio le ayudaron sus parientes cuando estuvo en América; y al llegar a España le habían tendido una mano. Eulogio se sentía más sólidamente asentado en la vida al darse cuenta de que no estaba solo, de que pertenecía a un clan. Un clan de trabajadores, llenos de tesón, afortunados.
Antonio Nives, aquel primo segundo de Eulogio, con el que Paulina se había negado a marchar a Ponferrada, era el Nives más acaudalado y menos característico; éste (hijo de un buen abogado de Barcelona) era rico sin ninguna clase de mérito propio. Era rico por gracia del destino. Su madre (una muchacha de origen filipino, con una fortuna inmensa) murió al nacer Antonio y ahora él había heredado esta gran fortuna. El abogado, su padre, que también le había hecho estudiar esa carrera con la esperanza de tenerle en su bufete, le desesperaba al ver la vida que hacía Antonio de absoluta pereza y despilfarro. Se había confiado en su matrimonio como en un recurso. Pero desde que se había casado iba mucho peor aún...
Todos los Nives consideraban a Antonio con ciertas reservas. El matrimonio que había hecho les llenaba de asombro, porque Rita Vados, la mujer de Antonio, era exactamente la clase de persona que cualquier señora Nives hubiese deseado para su hijo, así como Paulina, la mujer de Eulogio, hubiera sido considerada una desgracia familiar siempre... Y sin embargo, Eulogio, un muchacho sensato, que siempre hizo lo que sus padres esperaban de él, había escogido a Paulina, y era Antonio, el nervioso, el «artista» —y sus parientes daban a esta palabra un retintín bastante merecido, pues Antonio presumía de poeta y escritor sin razón alguna— quien había sabido elegir y conquistar a la hija de los condes de Vados de Robre, la mejor familia del país, y la única aristócrata del pueblo. 

Carmen Laforet, La mujer nueva

dimanche 22 avril 2012

Question de lexique

Que signifie le mot = HOPLOMACHIE ?

samedi 21 avril 2012

Version à rendre pour le 20 avril

Fue una tarde de junio cuando su madre decidió enseñarle a contar. Lo acomodó en su regazo y con la misma voz indiferente con la cual narraba historias de ángeles y bestias le reveló el secreto de las matemáticas, susurrando cada cifra como si se tratase de una estación más en el vía crucis,  o un salmo inserto en sus plegarias. Detrás de los cristales, la arboleda se estremecía con la primera tormenta del verano; su violento martilleo les recordaba la presencia de Dios y el tamaño de su misericordia. Ese día, Frank obtuvo un remedio contra las tempestades y aprendió,  además,  que los números son mejores que las personas. A diferencia de los seres humanos -pensaba en la repentina cólera de su padre o en la distante soberbia de su madre-, uno siempre puede confiar en ellos: no se alteran ni mudan su ánimo,  no engañan ni traicionan,  no te golpean por ser frágil., Pasaron varios años antes de que descubriera, durante un ataque de fiebre,  que la aritmética oculta sus propios trastornos y manías, y que no forma, como creyó en un principio, una comunidad tenue e inconmovible. Entre delirios -el médico había bañado su cuerpo desnudo con trozos de hielo-, el pequeño Frank observó por primera vez sus pasiones secretas. Al igual que los hombres que conocía hasta entonces,  los números luchaban entre sí con una ferocidad que no admitía capitulaciones. Luego comprobó la variedad de sus conductas: se amaban entre paréntesis,  fornicaban al multiplicarse, se aniquilaban en las sustracciones, construían palacios con los sólidos pitagóricos, danzaban de un extremo a otro de la vasta geometría euclidiana,  inventaban utopías en el cálculo diferencial y se condenaban a muerte en el abismo de las raíces cuadradas. Su infierno era peor: no yacía debajo del cero, en los números negativos -odiosa simplificación infantil- sino en las paradojas, en las anomalías, en el penoso espectro de las probabilidades.

Jorge Volpí,  En busca de Klingsor

***

Nathalie nous propose sa traduction

C’est par un après-midi de juin que sa mère résolut de lui apprendre à compter. Elle le fit s’asseoir sur son giron et avec la même voix détachée que celle qu’elle prenait pour raconter des histoires d’anges et de monstres, elle lui révéla le secret des mathématiques, susurrant chaque chiffre comme s’il s’agissait d’une station supplémentaire du chemin de croix, ou d’un psaume inséré à ses prières. Derrière les vitres, les bois frémissaient sous le premier orage de l’été, son violent martèlement leur rappelait la présence de Dieu et la grandeur de sa miséricorde. Ce jour là, Franck trouva un remède aux tempêtes et apprit, en outre, que les nombres valent plus que les gens. A la différence des êtres humains- il  pensa  à la soudaine colère de son père ou à la froide vanité de sa mère-, on peut toujours leur faire confiance : ils ne se mettent pas en colère, ni ne changent d’humeur, ils ne trompent pas ni ne trahissent, ils ne vous  frappent pas parce que vous êtes  fragile.
Plusieurs années s’écoulèrent  avant qu’il ne découvrît, lors d’un accès de fièvre, que l’arithmétique cache ses propres dérèglements et manies, et qu’elle ne constitue pas, comme il l’avait cru au début, une communauté fragile et inamovible. Entre deux délires-le médecin avait recouvert son corps n de morceaux de glace- le jeune Franck avait observé pour la première fois leurs passions secrètes.  De la même manière que les hommes qu’il avait connus jusqu’à présent, les nombres luttaient entre eux avec une férocité qui ne tolérait aucune capitulation. Il examina ensuite la diversité de leurs comportements : ils s’aimaient entre parenthèses, forniquaient quand on les multipliait, s’anéantissaient dans les soustractions, bâtissaient des palais avec les solides pythagoriciens, dansaient d’un bout à l’autre de la vaste géométrie euclidienne, inventaient des utopies avec le calcul différentiel et se condamnaient à mort dans l’abîme des racines carrées. Pire était leur enfer : il ne gisait pas sous le zéro, au niveau des nombres négatifs-odieuse simplification infantile-mais au niveau  des paradoxes, des anomalies, du douloureux spectre des probabilités.

***

Justine nous propose sa traduction :

Ce fut par un après-midi de juin que sa mère décida de lui apprendre à compter. Elle l'installa confortablement dans son giron, et avec la même voix indifférente que celle qu'elle prenait pour lui raconter des histoires d'anges et de bêtes sauvages, elle lui révéla le secret des mathématiques ; en susurrant chaque chiffre comme s'il s'agissait d'une étape supplémentaire sur le chemin de croix ou d'un psaume inséré dans ses prières. Derrière les vitres, les bosquets tremblaient sous le premier orage de l'été dont les frappes violentes leur rappelaient la présence de Dieu et sa grande miséricorde. Ce jour-là, Frank obtint un remède contre les tempêtes et apprit, en outre, que les nombres étaient meilleurs que les gens. À la différence des êtres humains – il pensait à la colère soudaine de son père ou à l'orgueil qui rendait sa mère distante –, on pouvait toujours leur faire confiance : Ils ne changeaient pas et avaient toujours le même état d'esprit ; ils ne dupaient ni ne trahissaient personne, ils ne s'en prenaient pas à ta fragilité.
De nombreuses années passèrent avant qu'il ne découvrit, durant une poussée de fièvre, que l'arithmétique cachait ses propres troubles et folies, et qu'elle ne formait pas, comme il l'avait cru dans un premier temps, une communauté faible et inébranlable. Dans ses délires – le médecin avait baigné son corps nu avec  des morceaux de glace –, le petit Frank observa pour la première fois leurs passions secrètes. Comme les hommes qu'il avait connus jusqu'alors, les nombres se battaient entre eux, avec une férocité qui n'admettait aucune capitulation. Puis il constata la variété de leurs comportements : ils s'aimaient entre parenthèses, forniquaient en se multipliant, s'anéantissaient dans les soustractions, construisaient des palais avec les solides de Pythagore, dansaient d'un bout à l'autre de la vaste géométrie euclidienne, inventaient des utopies dans le calcul différentiel et se condamnaient à mort dans l'abîme des racines carrées. Son enfer était pire : Il n'était pas en-dessous du zéro, dans les nombres négatifs – odieuse simplification infantile –, mais dans les paradoxes, les anomalies, le douloureux spectre des probabilités.

***

Elena nous propose sa traduction :

Ce fut un après-midi de juin, lorsque sa mère décida de lui apprendre à compter. Elle le prit sur ses genoux et, avec la même voix indifférente avec laquelle elle racontait des histoires d’anges et démons, elle lui révéla le secret des mathématiques, susurrant chaque chiffre comme s’il s’agissait d’une banale station du via crucis, ou d’un psaume inséré dans ses prières. Derrière les vitres, les arbres grelottaient sous le premier orage de l’été ; son violent martèlement leur rappelait la présence de Dieu et la mesure de sa miséricorde. Ce jour-là, Franck obtint un remède contre les tempêtes et apprit, en plus, que les nombres sont meilleurs que les personnes. Contrairement aux êtres humains – il songeait à la soudaine colère de son père ou à la distante arrogance de sa mère –, on peut toujours leur faire confiance : ils ne s'altèrent ni ne modifient leur état d’âme, ils ne trompent ni ne trahissent, ils ne frappent pas quelqu’un de fragile.
Plusieurs années s’écoulèrent avant qu’il ne découvre, lors d’un accès de fièvre, que l’arithmétique cache ses propres perturbations et manies, et qu’elle ne forme pas, tel qu’il le crut au début, une communauté anodine et immobile. Au milieu des délires – le médecin avait plongé son corps nu dans de l’eau avec des glaçons –, le petit Franck contempla pour la première fois ses passions secrètes. À l’instar des hommes qu’il connaissait jusqu’alors, les nombres se battaient entre eux avec une férocité qui n’admettait pas de capitulations. Ensuite, il vérifia la diversité de leurs comportements : ils s’aimaient entre parenthèses, ils forniquaient en se multipliant, ils s’exterminaient dans les soustractions, ils construisaient des palais avec les solides pythagoriques, ils dansaient d’un bout à l’autre de la vaste géométrie euclidienne, ils inventaient des utopies dans le calcul différentiel, et ils se condamnaient à mort dans l’abîme des racines carrées. Leur enfer était pire : il ne gisait pas en dessous du zéro, dans les nombres négatifs – odieuse simplification infantile –, mais dans les paradoxes, dans les anomalies, dans le pénible spectre des probabilités.

vendredi 20 avril 2012

La ventana y la pena – phrase 29

“Es de George Pérec, un escritor francés que enseña a observar lo infraordinario”, le expliqué.

Traduction temporaire :
« Il a été conçu par George Perec, un écrivain français qui nous apprend à observer l’infra-ordinaire », lui ai-je expliqué.

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 122

Adriana reconocía una piedra al paso, una piedra verde, semitransparente, que yacía solitaria en el interminable desierto.

Traduction temporaire :
Adriana reconnaissait une pierre ici ou là, une pierre verte, translucide, qui gisait, solitaire, dans le désert interminable.

Question de lexique

Qu'est-ce qu'une = COTIGNAC ?

Le poème du vendredi – choisi par Elena


Romance Sonámbulo

Verde que te quiero verde.
Verde viento. Verdes ramas.
El barco sobre la mar
y el caballo en la montaña.
Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda,
verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata.
Verde que te quiero verde.
Bajo la luna gitana,
las cosas la están mirando
y ella no puede mirarlas.

Verde que te quiero verde.
Grandes estrellas de escarcha,
vienen con el pez de sombra
que abre el camino del alba.
La higuera frota su viento 
con la lija de sus ramas,
y el monte, gato garduño,
eriza sus pitas agrias.
¿Pero quién vendrá? ¿Y por dónde?
Ella sigue en su baranda,
verde carne, pelo verde,
soñando en la mar amarga.

--Compadre, quiero cambiar
mi caballo por su casa,
mi montura por su espejo,
mi cuchillo por su manta.
Compadre, vengo sangrando,
desde los puertos de Cabra.
--Si yo pudiera, mocito,
este trato se cerraba.
Pero yo ya no soy yo,
ni mi casa es ya mi casa.
--Compadre, quiero morir,
decentemente en mi cama.
De acero, si puede ser,
con las sábanas de holanda.
¿No ves la herida que tengo
desde el pecho a la garganta?
--Trescientas rosas morenas
lleva tu pechera blanca.
Tu sangre rezuma y huele
alrededor de tu faja.
Pero yo ya no soy yo,
ni mi casa es ya mi casa.
--Dejadme subir al menos
hasta las altas barandas,
¡dejadme subir!, dejadme
hasta las verdes barandas.
Barandales de la luna
por donde retumba el agua.

Ya suben los dos compadres
hacia las altas barandas.
Dejando un rastro de sangre.
Dejando un rastro de lágrimas.
Temblaban en los tejados
farolillos de hojalata.
Mil panderos de cristal
herían la madrugada.

Verde que te quiero verde,
verde viento, verdes ramas.
Los dos compadres subieron.
El largo viento dejaba
en la boca un raro gusto
de hiel, de menta y de albahaca.
--¡Compadre! ¿Dónde está, dime?
¿Dónde está tu niña amarga?
¡Cuántas veces te esperó!
¡Cuántas veces te esperara,
cara fresca, negro pelo,
en esta verde baranda!

Sobre el rostro del aljibe
se mecía la gitana.
Verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata.
Un carámbano de luna
la sostiene sobre el agua.
La noche se puso íntima
como una pequeña plaza.
Guardias civiles borrachos
en la puerta golpeaban. 
Verde que te quiero verde,
verde viento, verdes ramas.
El barco sobre la mar.
Y el caballo en la montaña.

Federico García Lorca, Romancero gitano.

jeudi 19 avril 2012

Les Pachacamac – phrase 7

Sólo un hombre conocía a los “otros” y ese era Juvenal, el comerciante.

Traduction temporaire :
Seul un homme avait été en contact avec « les autres », Juvenal, le commerçant.

Les Voies lactées – phrase 22

En cinco años, sólo lo había visitado una persona y había sido por error. 

Traduction temporaire :
En cinq ans, une seule personne l'avait visité, et encore, par erreur.

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 121

Seguía igual durante kilómetros y kilómetros.

Traduction temporaire :
Et cela continuait sur des kilomètres et des kilomètres.

La ventana y la pena – phrases 27-28

Sonó el timbre. La profesora me agradeció haberle mostrado un ejercicio que le serviría para su clase. 

Traduction temporaire :
La sonnerie a retenti. L'enseignante m'a remerciée de lui avoir montré un exercice qui lui serait utile pour ses cours.

À propos de la traduction du discours de Carlos Fuentes

Chères Vanessa, Elena, Irène, Jacqueline, Laëtitia,

Sans doute serez-vous contentes d'appendre que votre traduction du discours prononcé par Carlos Fuentes lors de la réception de remise de son diplôme de Docteur Honoris Causa a été publiée sur le blog des américanistes de l'équipe d'accueil AMERIBER de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3… Un lien sera prochainement mis sur le site général de l'université.

Merci à toutes pour ce beau travail !

Bienvenue à…

… l'abonnée n°128 : Danièle !

Question de lexique

Que signifie le mot = HYPOCRAS ?

Les Étoiles filantes / 2 – phrase 120

La polvorienta tierra estaba cubierta de piedrecillas y no había árboles. 

Traduction temporaire :
La terre poussiéreuse était couverte de cailloux et il n'y avait pas d'arbres.

La ventana y la pena – phrase 26

Levantándose de la silla, una dijo: “A mi me pasó que al leer lo que escribí, sentí que no era yo la que había vivido eso, sino otra persona”. 

Traduction temporaire :
En se levant de sa chaise, l'une d'elles à déclaré : « Moi, en lisant ce que j'avais écrit, j'ai eu l'impression que ce n'était pas moi qui avait vécu ça, mais quelqu'un d'autre. »

Les Pachacamac – phrase 6

A pesar de saber de los adelantos de la ciencia, los waro jamás intentaron llegar hasta el pueblo más cercano y ver con sus propios ojos, a “la otra gente” como ellos llamaban a los de la ciudad.

Traduction temporaire :
Bien qu'ils aient connaissance des avancées de la science, les Waro n'avaient jamais tenté d'aller jusqu'au village le plus proche et de voir de leurs propres yeux « les autres gens », selon l'expression qu'ils utilisaient pour désigner les habitants de la ville.

Question de civilisation

Que sont les Shiwiar ?

(dans la mesure du possible, cherchez ailleurs que sur Wikipedia)

Les Étoiles filantes / 2 – phrases 118-119

Se acomodó. Frente a la ventanilla pasaban interminables arbustos achaparrados, globosos, llenos de espinas, de color gris que por instantes, como por error, recordaba el verde.

Traduction temporaire :
Elle s'installa. Devant la fenêtre défilaient d'interminables arbustes râblés, en forme de bulle,  hérissés d'épines, d'un gris qui, de loin en loin, comme par erreur, rappelait le vert.