vendredi 26 février 2016

Projet Pauline / Laëtitia – phrases 24-34

—No sé, tío; pero me parece una intrusión, una presencia oscura en un lugar de cosas claras...
—Fantasías, hijo, fantasías. Siempre has sido muy imaginativo. Y siempre te olvidas de lo más importante. Por ejemplo: ¿Quién te lo regaló?
—Aquí está la tarjeta. Nunca he oído ese nombre.
El tío tomó la tarjeta y la examinó cuidadosamente; la volvió del revés y luego miró de nuevo el anverso, con su habitual fruncimiento de cejas, como si fuera capaz de distinguir a simple vista las impresiones digitales o cualquier otra clase de indicio.
—¿No será un compañero de colegio, al que has olvidado? —le preguntó, devolviéndole el pequeño rectángulo de cartulina.
—No; me fijé en la lista que hice antes de mandar las invitaciones. No figura.

Traduction temporaire :
— Je ne sais pas, Tonton, mais ça donne l'impression d'une intrusion, une présence obscure au milieu de choses claires…
— Foutaises, fiston, foutaises. Tu as toujours été très imaginatif. Et tu oublies toujours le plus important. Par exemple, qui te l'a offert ?
— Tiens, la carte est là. Je n'ai jamais entendu ce nom.
L'oncle pris la carte et l'examina soigneusement ; il la retourna puis regarda de nouveau le recto, avec son habituel froncement de sourcils, comme s'il était capable de distinguer à l'œil nu des empreintes digitales ou n'importe quel autre indice.
— Ça ne peut pas être un copain d'école que tu aurais oublié ? lui demanda-t-il en lui rendant le petit rectangle de bristol.
— Non, j'ai vérifié la liste que j'ai établie avant d'envoyer les invitations. Il n'y est pas.

jeudi 25 février 2016

Projet Chloé / Miroslaba – phrases 31-38

Aquella indagación de los sonidos con aquel juguete tremendamente poderoso entre sus manos, le tomaba horas. Lo más importante: comprendió que podría tocar otras melodías que no estaban en los cassetes, ni en los CDs, ni en el mundo del corno del tío. Otras melodías que estaban en él pidiéndole tumultuosamente que las tocara. Y siempre eran otras, otras, otras. Algo grande le urgía desde dentro, pero no sabía decirle al tío qué era, desde dónde, desde cuándo. Las palabras no eran palabras en su boca. No sabía construirlas. Quizás sus manos podrían comunicar esa urgencia maravillosa que vibraba en su cuerpo. La música le estaba reventando el cuerpo y el alma.

Traduction temporaire :
La recherche des sons avec ce jouet incroyablement puissant entre ses mains lui prenait des heures. Surtout, il comprit qu’il pourrait interpréter des mélodies qui ne se trouvaient ni sur les cassettes, ni sur les cd, ni dans le monde du cor de son oncle. D’autres mélodies en lui, qui lui demandaient tumultueusement de les jouer. De nouvelles arrivaient toujours, puis d’autres, et d’autres encore. Quelque chose d’immense venant de l’intérieur le pressait, or, il ignorait comment expliquer à son oncle ce que c’était, d’où cela venait, et depuis quand. Dans sa boucle, les mots n’étaient pas des mots. Il ne savait pas les construire. Peut-être que ses mains pourraient-t-elles exprimer cette urgence merveilleuse qui vibrait dans son corps. La musique était en train de chambouler son corps et son âme.

Projet Medea / Iris – phrases 48-52

Después de una breve entrevista con el capitán de su guardia, el rey se dirigió a la sala del trono, donde ya lo aguardaban de rodillas y con las frentes inclinadas todos los magnates y grandes de su imperio. Colocado el monarca bajo la púrpura del dosel, proclamó un heraldo que, bajo pena de la vida, los allí presentes debían designar al rey al hombre más ignorante, al más fanático, al más egoísta y vil y al que albergase más odio en su corazón. Los favoritos, los dignatarios y los más nobles señores se miraron los unos a los otros con recelosa desconfianza. ¡Qué magnífica oportunidad para deshacerse de un rival! Mas, a pesar de que el heraldo repitió por tres veces su intimación, todos guardaron un temeroso silencio.

Traduction temporaire :
Après un bref entretien avec le capitaine de sa garde, le roi se dirigea vers la salle du trône, où, tous les magnas et les grands de son empire l’attendaient déjà, agenouillés et têtes baissées. Placé sous le dais de pourpre, le monarque fit une annonce : sous peine de mort, les présents devaient désigner le roi en tant qu'homme le plus ignorant, le plus fanatique, le plus égoïste et vil et celui qui nourrissait le plus de haine dans son cœur. Les favoris, les dignitaires et les plus nobles seigneurs se regardèrent les uns les autres avec méfiance. Quelle magnifique opportunité de se défaire d'un rival ! Cependant, bien que l'émissaire répétât à trois reprises son injonction, effrayés, tous restèrent silencieux.

Projet Elena – phrase 267

Dejó escapar una carcajada cuando leyó una cita al pie de página, en la que se mencionaba a un literato llamado George Borgs, cuyas únicas obras conocidas eran un libro perdido, «Ficciones», y un poema titulado «Instantes», del que aún se conservaban algunos versos.

Traduction temporaire :
Il éclata de rire en lisant une note de bas de page, dans laquelle on faisait allusion référence à un homme de lettres nommé George Borgs, dont les seules œuvres connues étaient un livre disparu, « Fictions », et un poème intitulé « Instants », dont on conserve certains vers.

Projet Elena – phrase 266

En el mismo momento que resbalaba la gota de agua por la cara del traductor acongojado (una inmensurable cantidad de años después en el universo contiguo), ella ―Patriarca de un pueblo sencillo que no sabe de espejos y laberintos, sacerdote de un Dios hombre y guerrero― acariciaba su frondosa barba mientras leía un libro de historia, editado en el extinto Mundo Madre, que comentaba escenas de vida de cierto planeta relevado por los viejos exoantropólogos. 

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Elena 12 – phrases 263-265

El autor de «Tlön, Uqbar, Orbis Tertius» nunca se enteró. Sin embargo, un par de años más tarde, moribundo en su cama de Ginebra, recordó a una mujer de otro mundo, con un revolear amarillo apenas entrevisto en su ceguera y una historia acerca de un asombroso cambio de sexo. Jean Pierre Bernès silenció un detalle que atribuyó a una indecorosa agonía, mientras una lágrima le rodaba mejilla abajo.

Traduction temporaire :

L'auteur de « Tlön, Uqbar, Orbis Tertius » ne l'apprit jamais. Cependant, quelques années plus tard, alors moribond sur son lit, à Genève, il se souvint d'une femme d'un autre monde, d'une espèce de voltigement jaune à peine entraperçu dans sa cécité, et d'un étonnant changement de sexe. Jean Pierre Bernès passa sous silence ce détail qu'il attribua à une agonie indigne, alors qu'une larme coulait sur sa joue.

Projet Fanny – phrases 255-266

El día que tres de los doctores me arrancaron de tu habitación y me llevaron al laboratorio, se cumplían cuatro meses de nuestra estancia en el hospital. Sus caras estaban pálidas y ojerosas, nadie descansaba allí, nadie estaba dispuesto a rendirse. Disponían de todo el dinero que necesitasen, del equipo y el personal que pidiesen… y nadie ponía límites éticos o morales a su trabajo.
—Josef, tenemos un positivo —me dijo uno de ellos.
Un positivo era todo lo que yo necesitaba. Solamente uno. La posibilidad de que la esperanza existiese, de que hubiese una forma. Un solo embrión viable era suficiente para seguir hacia delante.
—¿De cuánto tiempo? —pregunté.
—Ochenta y dos horas. Ninguno había conseguido pasar de las cincuenta.
—¿Podemos reproducir el proceso?

Traduction temporaire :
Le jour où trois des docteurs m'ont sorti de force de ta chambre et m'ont emmené au laboratoire, nous séjournions à l'hôpital depuis quatre mois. Leurs visages étaient pâles et leurs yeux cernés. Là-bas, personne ne se reposait, personne ne voulait abandonner. Ils disposaient de tout l'argent qu'ils désiraient, du matériel et du personnel qu'ils voulaient… et personne ne mettait de limites éthiques ou morales à son travail.
— Josef, nous en avons un positif, m'annonça l'un d'entre eux.
Un positif était la seule chose dont j'avais besoin. Rien qu'un. La possibilité que l'espoir existe, qu'il y ait un moyen. Un seul embryon viable était suffisant pour continuer d' avancer.
— De combien de temps ? demandais-je.
— Quatre-vingt deux heures. Aucun n'avait réussi à passer les cinquante heures. 

— On peut reproduire le processus ?

Projet Aurélie S – phrases 37-38

Me había agarrado ya con los dos brazos cuando percibí un fuerte olor a resina balsámica. Esta vez no tenía que comprar el libro “Delicias de los coniferólogos” porque estaba claro que lo que había brotado bajo mis pies era un abeto, un pequeño abeto de Navidad.

Traduction temporaire :

J'étais déjà agrippée avec mes deux bras lorsque j'ai senti une forte odeur de résine balsamique. Cette fois, je n'avais pas à acheter le livre "Délices des spécialités conifères", parce qu'il était clair que ce qui avait poussé sous mes pieds était un sapin, un petit sapin de Noël.

Projet Justine / Marie-G. 2 – phrases 75-82

Mi marido tuvo que quedarse cerrando unos negocios; yo sí me vine porque es que uno no puede dejar la empresa sola…usted ¿qué opina? Y yo le dije que claro que uno no puede dejar la empresa sola y que cómo era eso de que se había casado. Sí, hace un año. ¡Ah no! Si es que está en plena luna de miel. Y ella, muerta ‘e la risa. Ahí me preguntó por todos. Del nombre de todos se acordaba. Que qué más de Elisa y de Ángeles. Que si Rodolfo y Wilson estaban igual de simpáticos y que si seguían todos siendo unos pechichones.

Traduction temporaire :
Mon mari a dû rester pour clore quelques affaires ; je suis venue seule parce qu'on ne peut pas quitter l'entreprise… Non ? Je lui ai répondu, bien sûr, on ne peut pas quitter son entreprise, attendez, comment ça, vous êtes mariée ? Oui, depuis un an. Incroyable ! Vous devez être en pleine lune de miel, alors. Elle était morte de rire. Sur ce, elle m'a demandé des nouvelles de chacun. Elle se rappelait vos prénoms. Quoi de neuf pour Elisa et Angeles ? Elle voulait savoir si Rodolfo et Wilson étaient toujours aussi sympas et si vous tous, vous étiez toujours des pleurnichards.

mercredi 24 février 2016

Projet Sonita / Élise – phrases 533-541


—¡Están locos! —dijo el de la prótesis y sacó una pistola de la guantera. Por lo que Zebrel pudo advertir, era una Browning nueve milímetros. Pero los sectarios no parecieron impresionados. El que estaba más cerca descargó un tremendo bastonazo sobre el parabrisas y lo convirtió en un festival de telarañas. La Browning se disparó y perforó el techo del vehículo. Dos de los exoprots clavaron sus garras en los soportes de metal y desgajaron el auto como si fuera una mandarina. Así eran las cosas, pensó, Zebrel; así sería de allí en más. Tenía dos noticias para sí mismo, una buena y una mala. La buena era que los Hermanos del Dolor no volverían a ponerle las manos encima; eran una secta insignificante. La mala era casi igual, excepto que la Iglesia de la Salvación Universal jugaba en primera.

Traduction temporaire :
— Ils sont fous ! lâcha le type à la prothèse, en sortant un pistolet de la boîte à gants.

D’après ce que Zebrel put voir, il s’agissait d’un Browning de neuf millimètres. Les sectaires ne semblèrent cependant pas impressionnés. Celui qui se trouvait le plus près donna un énorme coup de bâton sur le pare-brise, le transformant en un festival de toiles d’araignées. Un tir du Browning partit et perfora le toit du véhicule. Deux des exoprots plantèrent leurs griffes dans la carrosserie en métal et découpèrent la voiture en quartiers, comme s’il s’agissait d’une mandarine. Voilà, c'était comme ça, songea Zebrel ; il en serait ainsi à partir de maintenant. Il avait deux nouvelles pour lui-même : une bonne et une mauvaise. La bonne était que les Frères de la Douleur ne lui remettraient pas la main dessus ; c'était une secte insignifiante. La mauvaise était presque identique, sauf que l’Église du Salut Universel jouait dans la première division.

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 26-33

Caminamos casi a la vez, apoyadas la una en la otra, con un carrito viejo que no sabemos con qué llenar. Aceite y vino en las estanterías de la derecha, quesos y fiambres a la izquierda. Nuestra mirada pasea sobre las viandas: nos dan asco. No recordamos más que como un aroma lejano el tiempo en el que estábamos vivas y nos alimentábamos de plantas y cadáveres de animales. Casi nadie fija la mirada en nosotras. Los supermercados y los parques rebosan de ancianas extravagantes, que pasean perros casi tan caducos como ellas, que se prenden lazos en las cabelleras canas. Creen que somos una pareja más, viejas gemelas que han nacido juntas y que no saben respirar sin la otra. Nos conviene que crean eso.

Traduction temporaire :
Nous marchons presque du même pas, appuyées l'une sur l'autre, avec un vieux charriot dont nous ne savons pas comment remplir. Huile et vin sur les étagères de droite, fromages et charcuteries à gauche. Notre regard se promène sur les viandes : elles nous dégoûtent. Nous nous souvenons du temps jadis où nous mangions des plantes et des cadavres d'animaux comme d'un parfum lointain. Presque personne ne pose les yeux sur nous. Les supermarchés et les parcs débordent de vieilles dames extravagantes, qui promènent des chiens presque aussi décatis qu'elles, qui nouent des rubans dans leurs cheveux blancs. Ils croient que nous sommes un couple comme un autre, de jumelles âgées qui sont nées ensemble et qui ne savent pas respirer l'une sans l'autre. Ça nous convient qu'ils pensent cela.

Projet Hélène 5 – phrases 120-126

Los gestos de esa multitud oscura eran lentos y confusos. Las siluetas, sin embargo, trabadas por las mantas, por los plásticos y cartones de los que surgían, comenzaban a tener coherencia. La sorpresa jugaba contra esa gente y eso se veía en el paso errático, vacilante, con que avanzaba el primero que había reaccionado. Era un gigante negro que, bañado por la luz del fanal, parecía ser de plata. Su gran melena,  trenzada, apelmazada, a medias recogida hacia atrás, parecía despedir rayos. Pensó en un Bob Marley enorme, fornido y belicoso. El hombre quería hacerlo todo a la vez, gritar, botella en mano, alertar a los otros, avanzar, pero trastabillaba  en su intento de acercarse a la pista, de lanzar su proyectil. Atrás, se alzaba ya un coro de insultos, al tiempo que las miradas se tornaban en todas las direcciones y las manos, afanosas, enloquecidas, buscaban piedras, maderos, cualquier cosa hiriente, arrojadiza.

Traduction temporaire :
Les gestes de cette multitude obscure étaient lents et confus. Les silhouettes, en revanche, entravées par les couvertures, les plastiques et les cartons d’où elles surgissaient, commençaient à gagner en cohérence. La surprise jouait contre ces gens, ce que l’on percevait dans le pas erratique et vacillant du premier qui avait réagi. C’était un géant noir qui, baigné par la lumière du projecteur, paraissait recouvert d’argent. Sa grande chevelure, tressée, plaquée, à moitié ramassée en arrière, semblait lancer des éclairs. Il pensa à un Bob Marley énorme, robuste et belliqueux. L’homme voulait tout faire à la fois : crier, bouteille à la main, alerter les autres, avancer, mais il trébuchait en cherchant à s’approcher de la route et lancer son projectile. Derrière, un chœur d’insultes s’élevait déjà, tandis que les regards se tournaient dans des directions opposées, et les mains, empressées, affolées, cherchaient des pierres, des bouts de bois, un quelconque objet pouvant servir d’arme de jet et blesser.

Projet Sabrina 4 – phrases 70-74

Cuando ella regresó al comedor, portando en una bandeja dos platos y dos vasos de vino tinto, volvimos a estar solos los dos; y quienquiera que estuviera en la cocina no demoró en marcharse por una puerta trasera, golpeán dola con tal fuerza que pude entender que el local quedaba a nuestra entera disposición. Yo podía haberle hecho muchas preguntas pero te mía escuchar respuestas que amilanaran mi fervor. Ella tam poco me habló de quién era, ni de qué hacía allí atendiendo sola ese restaurante. Me preguntó en qué consistía mi traba jo, también quiso saber si yo me sentía feliz viviendo en la gran ciudad. De rato en rato, con sus ojos basálticos observaba la puerta de la calle, que permanecía abierta de par en par, y en un momento dado yo empecé a ver cómo su pelo negro y ondulado empezaba a agitarse con un verde brillante, como las olas del lago que se estrellan contra la roca que hoy es mi guarida.

Traduction temporaire :
Lorsqu'elle revint, portant sur un plateau deux assiettes et deux verres de vin rouge, nous n'étions à nouveau que deux ; et quiconque se trouvait en cuisine ne tarda pas à s'éclipser par une porte de service, la claquant si fort que je compris que les lieux étaient désormais à notre entière disposition. J'aurais pu lui poser beaucoup de questions, mais je craignais d'entendre des réponses qui auraient eu raison de mon enthousiasme. Elle non plus ne me parla pas de qui elle était, ni de ce qu'elle faisait là, à s'occuper seule de ce restaurant. Elle me demanda en quoi consistait mon travail ; elle voulut également savoir si j'étais heureux d'habiter la ville. Avec ses yeux basaltiques, elle observait de temps en temps la porte d'entrée restée grande ouverte, et à un moment, je vis ses cheveux noirs et ondulés s'agiter dans un vert brillant, comme les vagues du lac se fracassant contre le rocher qui me sert aujourd'hui de tanière.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 359-364

—Si lo viéramos en la calle, creo que seríamos incapaces de identificarlo —dije yo.
—Habría que mirarlo bien a los ojos —comentó Aníbal.
—¿A qué te refieres?
—Yo examiné detenidamente a Ramón, y después de lo que me dijo la Zurda de su enamoramiento, recordé que Ramón tenía esa mirada de indolencia y hastío insondable que a veces ponía el bueno de Brando en sus películas.
(Mi abuelo materno hablaba siempre de las miradas que lo decían todo; él pensaba, y somos de la misma opinión, que las más íntimas manifestaciones del alma no están hechas de frases profundas o de hallazgos geniales, sino de miradas secretas, frases truncas, sonrisas contenidas y polvo de estrellas).
A la sexta o sétima reunión de café en la alegre terraza del D’Onofrio, mi amigo y yo llegamos a una conclusión, o algo que, a modo de consuelo, queríamos tomar por el posible final de este gran misterio que, decidimos, nos incumbía.

Traduction temporaire :

— Si on le croisait dans la rue, je crois qu'on serait incapables de le reconnaître, déclarai-je
— Il faudrait le regarder bien dans les yeux.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— J'ai observé attentivement Ramón, et après ce que la Gauchère m'a avoué à propos de son béguin, je me suis souvenu qu'il avait ce regard, ou se mêlait indolence et insondable lassitude, le même que celui du beau Brando dans certains de ses films.
(Mon grand-père paternel parlait toujours des regards qui en disaient long ; il pensait – et nous sommes du même avis – que les plus intimes manifestations de l'âme ne sont pas faites de phrases profondes ou de trouvailles géniales, mais de regards secrets, de phrases tronquées, de sourires contenus et de poussière d'étoiles).
Lors de notre sixième ou septième rendez-vous à la joyeuse terrasse du D'Onofrio, mon ami et moi arrivâmes à une conclusion, ou quelque chose, qu'en guise de consolation, nous voulions voir comme la fin potentielle de ce grand mystère que nous nous étions donné pour mission de résoudre.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 249-254

Lo sabíamos por las noticias. Nuestros benefactores nunca intentaron ocultar nada. Tal era la confianza que tenían en su propio poder e invulnerabilidad. De hecho resultó ser que tenían razón, pero hubo quienes pensaron que podían hacerles daño. Dos semanas después de nuestro final con Lucile, sendas bombas electromagnéticas fueron detonadas a lo largo de la costa este, generando el caos y permitiendo que piquetes de insurgentes avanzaran sobre las ciudades provocando destrozos y llamando al levantamiento de la población. Algunos se les unieron, pero no muchos.

Traduction temporaire :
Nous étions au courant par les informations. Nos bienfaiteurs ne cherchèrent jamais à cacher quoi que ce soit. Si grande était la confiance qu'ils avaient dans leur propre pouvoir et leur invulnérabilité ! Il s'avéra qu'ils avaient effectivement raison ; certains pensèrent pourtant qu'ils pourraient leur nuire. Deux semaines après notre rupture avec Lucile, plusieurs bombes électromagnétiques explosèrent le long de la côte est, entraînant le chaos et permettant à des groupes d'insurgés de marcher sur les villes, détruisant tout sur leur passage et appelant la population à se soulever. Quelques-uns rejoignirent leurs rangs, à peine une poignée.

Projet Bianca 2 – phrases 11-21

Decí que a mí las cosas me duran una eternidad porque las cuido. En un momento, ya me daba vergüenza permanecer más tiempo parada frente a la vidriera y me obligué a entrar en el negocio. La vendedora sabía que iba a preguntarle por el vestido y hasta acertó el talle. Me vi tan radiante en el espejo del probador, que tuve ganas de llorar. La mujer descorrió la cortina y se emocionó tanto como yo. No hacía falta encargarle el más mínimo arreglo a la modista. Como la vendedora me conocía de antes (siempre compro ahí los regalos para los cumpleaños de mi suegra y los días de la madre), me ofreció que se lo pagara en dos veces. Volví apurada a mi casa, mortificada por lo que acababa de hacer. Separé la colcha más vieja que tenía para donar a la Parroquia y escondí el vestido en la caja. Mi marido nunca mete la nariz en esa parte del placard. Y si el día del casamiento llegara a preguntarme por el vestido, le voy a mentir: le voy a decir que me lo prestaste vos, Elena.

Traduction temporaire :

Heureusement que chez moi, les choses durent une éternité parce que je suis très soigneuse. Soudain, j'avais honte de rester plus longtemps debout face à cette vitrine, et je me forçai à rentrer. La vendeuse savait que j'allais lui demander à voir cette robe-là et devina même ma taille. Je me trouvai si rayonnante devant le miroir de la cabine d'essayage que j'eus envie de pleurer. La femme tira le rideau et elle fut aussi émue que moi. On n'avait pas besoin de faire faire la moindre retouche par la couturière. Comme la vendeuse me connaissait déjà (c'est là que j'achète toujours les cadeaux d'anniversaire de ma belle-mère et de la fête des mères), elle me proposa de payer en deux fois. Je me précipitai chez moi, mortifiée à l'idée de mon geste. Je sortis le couvre-lit le plus vieux que j'avais pour le donner à la Paroisse et cachai la robe dans la boîte. Mon mari ne fourrait jamais son nez dans cette partie du placard. Et si, à tout hasard, le jour du mariage, il me posait des questions, je lui mentirais : lui dirais que c'est toi qui me l'as prêtée, Elena.

Projet Bianca 2 – titre + phrases 1-10

Cristian Godoy- Argentine

Una linda mujer

I.
Nunca en mi vida me había costado tanto tomar una decisión. Fui y volví por la misma calle tres veces. Fingía mirar la vidriera de punta a punta, pero sólo tenía ojos para ese vestido. No sabés, Elena: precioso, de gasa, corte evasé… Pero mejor no te sigo contando porque prefiero que me lo veas puesto un día que vengas a casa, y de paso me ayudás a elegir el peinado para el casamiento.
La vendedora me observaba divertida desde el mostrador. No había clientas en el local. Sin embargo, me asustaba el precio. A Héctor no le gusta que gaste la plata en ropa. No parece molestarle que ande vestida siempre con lo mismo, como una zaparrastrosa.

Traduction temporaire :

Cristian Godoy (Argentine)

Une jolie femme

I.
Dans ma vie, je n'avais jamais eu autant de mal à prendre une décision. Je fis trois fois des allées et venues dans la même rue. Je feignis de regarder la vitrine d'un bout à l'autre, mais je n'avais d'yeux que pour cette robe. Tu n'imagines pas, Elena : ravissante, de gaze, avec une coupe évasée… Cela dit, il vaut mieux que j'arrête de te la décrire parce que je préfère que tu la voies sur moi quand tu viendras à la maison, et tant qu'on y sera, tu m'aideras à choisir ma coiffure pour le mariage.
Amusée, la vendeuse m'observait depuis le comptoir. Il n'y avait pas de clientes dans le magasin. Cependant, le prix me faisait peur. Hector n'aime pas que je dépense de l'argent pour acheter des vêtements. On dirait que cela ne le dérange pas que je sois toujours habillée pareil, comme une mendiante.

Projet Medea / Iris – phrases 43-47

-Quiero ser dueño del sol y que él sea mi esclavo.
Calló Raa, y el rey dijo:
-¿Pido, tal vez, algo que está fuera del alcance de tu poder?
-No; pero para complacerte necesito el corazón del hombre más egoísta, el del más fanático, el del más ignorante y vil, y el que guarde en sus fibras más odio y más hiel.
-Hoy mismo lo tendrás -dijo el rey, y el denso nubarrón que cubría el alcázar se desvaneció como nubécula de verano.

Traduction temporaire :
— Je veux être maître du soleil et que lui, soit mon esclave. Râ se tut, et le roi continua : Peut-être demandé-je quelque chose qui se trouve hors de portée de ton pouvoir ?
— Non, mais afin de te complaire, j'ai besoin du cœur de l'homme le plus égoïste, celui du plus fanatique, celui du plus ignorant et vil, et de celui qui garde en lui le plus de haine et le plus de fiel.

— Tu l'auras aujourd'hui même, déclara le roi, et la dense nuée qui couvrait l'alcazar se dissipa en un petit nuage d'été.

Projet Camille / Angélique – phrases 23-29

-Este no es un buen whisky -dijo él.
-¿No es? -preguntó ella.
-Tiene un gusto raro.
Ella no le tomaba ningún gusto raro; verdad que había tomado whisky tan pocas veces; él tampoco tomaba mucho; algunas veces, al volver a casa cansado, cinco dedos, antes de comer; otros alcoholes tomaba, con preferencia, pero nunca solo sino con amigos, al mediodía; pero no se podía deber a eso, a tan poca cosa, aquel color verdoso que le bajaba de la frente, por la cara ósea, magra, hasta el mentón; no era un color enfermizo pero tampoco eso puede indicar salud -ninguno de los remedios habituales había podido transformar el tono mate que tendía algunas veces hacia lo ligeramente cárdeno-. Le preguntó, él:
-¿Qué me miras?
-Nada -dijo ella.

Traduction temporaire :
— C'est pas un bon whisky, dit-il.
— Ah bon ? 
— Il a un goût bizarre.
Elle, elle ne lui trouvait aucun goût bizarre ; il est vrai qu'elle en avait rarement ; lui non plus n'en buvait pas beaucoup ; parfois, en rentrant chez lui, fatigué, un petit verre, avant de manger ; d'autres alcools, de préférence, mais jamais seul, toujours avec des amis, à midi ; seulement, cette couleur verdâtre qui coulait de son front, sur son visage osseux, maigre, jusqu'à son menton, ne pouvait pas être dû à ça, à si peu de choses ; pourtant, ce n'était pas une couleur qui trahissant une maladie quelconque et ce n'était pas un signe de bonne santé non plus - aucun des remèdes habituels n'avaient pu transformer son teint mat qui tendait parfois vers le légèrement violet. Il lui demanda :

— Pourquoi tu me regardes ?

Projet Chloé T 3 – phrases 97-108

–Ja ja ja. Ese tipo de viejas son las que me gustan, las que van de frente al choque.
–Sí pues –dijo Aleh con naturalidad–, una no es de piedra ¿no? A mí me da igual si se la tiran, la cosa es que me arrechaba. Yo subía el volumen, pero igual seguía gritando de gozo la maldita.
–Su viejo… al parecer –dice Jualma–, ella me lo insinuó, no es invención mía, por si acaso...
–¿Su viejo, qué cosa?
–Su viejo era cabro.
–¡No jodas!
–Mi viejo –dijo Aleh, sonriendo–, la dejó hace tiempo y según mi vieja no la tocaba para nada; supuestamente, no la había dejado por otra mujer ¿Me entiendes, no?
–¡Aaaasu qué fuerte! –dice Iosú– ¿Y eso nomás te dijo?

Traduction temporaire :

— Ah ah ah. C’est ce genre de filles qui me plaît, celles qui vont droit au but.
— Ben ouais, répondit Aleh avec naturel, on est pas en pierre, hein ? Moi, je m’en tape qu’ils la baisent, c’est surtout que ça me gonflait de les entendre. Je montais le son, mais ça changeait rien, elle continuait de hurler de plaisir, la garce.
— Apparemment… Son vieux… poursuit Jualma. Ça, c’est elle qui me l'a laissé entendre, je l’ai pas inventé, si jamais tu te poses la question…
— Son vieux, quoi ?
— Son vieux était pédé.
— Tu déconnes !
— Mon daron, expliqua Aleh en souriant, l’a quittée y’a longtemps, et d’après ma daronne, il la touchait plus du tout. À ce qu’il paraitrait, c’est pas pour une autre femme qu’il est parti, tu me suis ?
— Ouch ! C’est ouf ! lance Iosú. Et elle t’a rien dit d’autre ?

Projet Justine / Marie-G. 2 – phrases 70-74

Yo accedía y ella se sentaba frente a mí y yo iba sacando las espinas con mucho cuidado para que no le doliera pero de todas maneras le dolía. Después de mucho tiempo, cuando por fin lograba sacarle la última espina, ella se volvía un río de sangre y se alejaba por entre los cactus llenos de dientes. Alfreda, nos dijo madre al día siguiente, tiene la voz igualitica, no le ha cambiado nada. Le conté lo que había dicho el padre en la misa del domingo y ella me dijo que claro que el padre tenía razón y que la familia era un bastión y que han pasado tantos años aunque yo los recuerdo mucho sino que… usted sabe, el trabajo. Ahora mismo voy en un taxi, acabé de llegar a Bogotá y estoy saliendo del aeropuerto para mi casa.

Traduction temporaire :
J'accédais à sa requête. Elle s'essayait en face de moi, et je lui enlevais les épines, très délicatement, pour éviter de lui faire mal, mais elle souffrait quand même . Au bout d'un long moment, quand j'arrivais enfin à déloger la dernière, elle devenait une rivière de sang et s'éloignait au milieu des cactus hérissés de dents. Alfreda, nous informa maman le lendemain, a toujours la même voix, elle n'a pas changé. Je lui ai raconté ce qu'avait dit le père à la messe du dimanche, et elle m'a répondu que bien sûr, il avait raison, et que la famille était bel et bien une citadelle, et que malgré toutes ces années, je pense beaucoup à vous, mais… vous savez ce que c'est, le travail. Je suis actuellement dans un taxi, je viens d'arriver à Bogota, et je quitte l'aéroport pour rentrer chez moi.

Projet Sabrina 4 – phrases 64-69

—Lo voy a pensar mientras le preparo la cena —esa fue su respuesta.
No había más clientes en el restaurante. Yo podía escuchar que en la cocina una tercera persona lavaba platos y cubiertos, quizás también acomodaba ollas y sartenes en un aparador. Pero en ese comedor solo habíamos estado nosotros dos. Cuando ella se fue a preparar mi plato, me quedé observando la decoración del lugar. La primera vez que estuve allí junto a mis colegas, una pareja de alemanes, que había acampado una semana a orillas del lago y que al día siguiente se marcharía, nos indicó que aquel restaurante pertenecía a un alemán de Baviera que muchos años atrás llegó hasta ese lago y también acampó en sus orillas; pero que, a diferencia de ellos, se quedó viviendo en ese pueblo y allí construyó su restaurante y su familia.

Traduction temporaire :
— Je vais y réfléchir pendant que je prépare le repas.
Voilà ce qu'elle me répondit.

Il n'y avait plus de clients dans le restaurant. J'entendais qu'en cuisine, une troisième personne lavait assiettes et couverts et rangeait aussi, peut-être, marmites et poêles dans un buffet. Cela dit, nous n'avions été que nous deux dans cette salle à manger. Quand elle partit aux fourneaux, je restai à observer la décoration. La première fois que j'y étais venu avec mes collègues, un couple d'Allemands, qui avait campé une semaine au bord du lac et devait s'en aller le lendemain, nous avait indiqué que ce restaurant appartenait à un Allemand de Bavière qui, des années auparavant, était justement arrivé jusqu'à ce lac au bord duquel il avait également campé ; mais contrairement à eux, il s'était établi dans ce village et y avait fondé son commerce et sa famille.

Projet Maxime / Justine – phrases 34-38

No, por favor, no teman, no se les hará ningún daño. Soy un hombre de palabra, en serio, aunque sobre el final de este recorrido haya espectadores que se desmayen o entren en pánico con solo ver que llevo la mano al bolsillo, les prometo que no serán lastimados. Mis asistentes solo se meterán con ustedes para reanimarlos en caso de que se desmayen. Sí, ríanse ahora, mientras puedan. El desmayo sí que no podemos permitirlo, es un claro ejemplo de mecanismo de defensa de la mente, entrar en estado de inconciencia para interrumpir la escucha del relato.

Traduction temporaire :
Non, s'il vous plaît, ne craignez rien, on ne vous fera aucun mal. Je suis un homme de parole, sérieusement, même si sur la fin du parcours il y a des spectateurs qui s'évanouissent ou paniquent juste en voyant que je porte la main à ma poche, je vous promets que vous ne serez pas blessés. Mes assistants s'occuperont de vous seulement pour vous réanimer si vous vous évanouissez. Oui, rigolez maintenant, pendant que vous pouvez. L'évanouissement n'est évidemment pas envisageable, c'est un exemple de mécanisme de défense de l'esprit, entrer dans un état d'inconscience pour interrompre l'écoute du récit.

Projet Eugénie / Audrey – phrases 10-16

Piensa al cabo de un rato que lo mejor será tomar algo de agua, acaso té. Baja las escaleras y encuentra una cucaracha que discurre con absoluta libertad por el pasamanos de madera barnizada cuyo color se funde con el del bicho. «Orita vas a ver, cabrona», pronuncia con aliento de centavo. Rauda va al cuarto de la lavadora, que está en la planta baja, y coge el insecticida. Con los ojos desencajados y dementes, corre en pantuflas a las escaleras para acabar con ella. «¡Ya se largó esta desgraciada!». Voltea muebles, sacude cajas, salta con torpeza para que tiemble el piso de su casa antigua...

Traduction temporaire :
Au bout d'un moment, elle pense que la meilleure chose à faire serait de boire un peu d'eau, peut-être du thé. Elle descend les escaliers et trouve un cafard en train de déambuler avec une liberté totale le long de la rampe en bois vernis d'une couleur qui se fond avec celle du cafard. « Alors là, tu vas voir, salaud ! », s'exclama-t-elle avec une haleine fétide. Rapidement, elle va dans la pièce de la machine à laver, au rez-de-chaussée, et attrape l'insecticide.
Avec des yeux exorbités et déments, elle court en pantoufles vers l'escalier pour lui régler son compte. « Il s'est déjà barré, ce misérable ». Elle tire des meubles, remue des boites, elle saute avec maladresse pour faire trembler le sol de son ancienne maison.

Projet Simona / Noëlline – phrase 4

La cuida con entusiasmo durante un tiempo y cada vez más se percata de la infinidad de atenciones y protecciones, expuestas a un descuido fatal, exigidas para la seguridad de la vida por un ser tan débil, al que un gato, una helada, un golpe, sed, calor, viento, amenazan.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

mardi 23 février 2016

Projet Sarah – phrases 27-34

Una noche, cuando todas nos hallábamos acostadas, Irene vino hasta mi cama, para despedirse. Envuelta en una manta, traía un atadito de ropa al brazo. Me habló con voz compungida y me anunció que se marchaba por que nosotros la tratábamos mal y era muy desdichada. Yo pensé en seguida en la ventana. Pensé que había llegado el momento. Me levanté y la seguí, llorando. Mucho rato después, los labios de Marta, arrepentidos, me dejaron entrever que era una farsa. Entonces su ventana desapareció, despacito, hasta parecerse a las otras.

Traduction temporaire :
Une nuit, alors que nous étions toutes couchées, Irene vint jusqu'à mon lit pour me dire au revoir. Enveloppée dans une couverture, elle avait un paquet de vêtements sous le bras. Elle m'annonça d'une voix affligée qu'elle partait car nous la traitions mal et qu'elle était très malheureuse. Directement, je pensai à la fenêtre. Je sentis que le moment était venu. Je me levai et la suivis en pleurant. Longtemps après, les lèvres repentantes de Marta me firent comprendre que c'était une farce. À cet instant, la fenêtre disparut, lentement, jusqu'à devenir comme les autres.

Projet Bianca – phrases 138-142

Pasaron cuatro años desde que dejé El Pedregoso. Durante todo el tiempo que viví allá cargué con piedras que aunque hubiese querido no podía simplemente dejar en el río. Hoy, a cientos de kilómetros de distancia, decidí ponerme a escribir.
“Escribir es ser medio buchón”, había dicho Marcelo en una de sus clases.
Y no es ningún don.

Traduction temporaire :
Cela faisait maintenant quatre ans depuis mon départ du Rocailleux. Pendant tout ce temps où j'avais vécu là-bas, j'avais supporté le poids de plusieurs pierres que je ne pouvais simplement pas déposer dans le fleuve, même si j'aurais aimé. Aujourd'hui, à quelques centaines kilomètres de distance, j'ai décidé de me mettre à l'écriture. « Écrire, c'est avoir la capacité de presque tout avaler », avait expliqué Marcelo lors d'un de ces cours.  Et ça, ce n'était en rien un don.

Projet Bianca – phrases 129-137

“Estado vegetativo”, pensé. Me acerqué lentamente. Todavía no entendía el funcionamiento del don y creía que si la tocaba podría comunicarme de alguna forma para contarle sobre el accidente de su nieto. Se quedaría sola hasta que las autoridades decidieran qué hacer, así que lo menos que podía hacer era tratar de tranquilizarla.
Pero el don no es una herramienta de comunicación.
Cuando agarré una de sus manos pude ver la cara de todos los jóvenes que la habían penetrado en los últimos meses. Podía sentir su aliento en la cara y me empecé a marear. Me alejé de la cama y vomité copiosamente. A muchas de las caras que vi en ese momento las seguiría viendo en el colegio, en el patio de comidas del centro comercial y en la iglesia.

Traduction temporaire :

« État végétatif », pensai-je. Je m'approchai lentement. Je ne comprenais pas encore comment marchait le don et je croyais que si je la touchais, je pourrais communiquer avec elle d'une quelconque manière, la mettre au courant de l'accident de son petit-fils. Elle resterait seule jusqu'à ce que les autorités décident de son sort ; donc, le minimum que je pouvais faire était d'essayer de la rassurer.
Sauf que le don n'était pas un moyen de communication.
Lorsque je pris une de ses mains, je vis le visage de tous les jeunes qui l'avaient pénétrée ces derniers mois : je pouvais sentir leur souffle sur mon visage. Ma tête commença à tourner. Je m'écartai du lit et vomis copieusement. Je continuerais à voir la plupart de ces visages que je découvris à ce moment-là : au collège, à l'aire de restauration du centre commercial et à l'église.

Projet Bianca – phrases 116-128

Cuando lo subieron en la ambulancia y le taparon la cabeza, tuve un impulso que marcó el final de mi adolescencia.
Llegué a la casa del loquito y toqué la puerta. Suponía que nadie me contestaría, así que di la vuelta y entré por el fondo. El olor me hizo tapar la nariz. Había platos de comida por toda la casa y ropa húmeda estirada en los sillones. Una cucaracha salió como disparada cuando corrí con el pie una lata grande de galletitas de esas que se ven en los almacenes.
Una de las puertas al final del pasillo estaba cerrada. No sabía con qué me iría a encontrar del otro lado pero estaba decidido. Algunos afirmaban que la abuela estaba como un vegetal y el loquito seguía cobrando su jubilación para comprar cartas de Magic. Otros, que la abuela nunca salía de la casa porque no pasaba por la puerta. Entré y la vi acostada con los ojos bien abiertos mirando al techo. Parecía muerta, pero respiraba.
“¿Señora?”. No obtuve respuesta. “¿Señora?”.

Traduction temporaire :
Quand ils le mirent dans l'ambulance et lui recouvrirent la tête, je sentis une impulsion qui signa la fin de mon adolescence. 
J'arrivai chez le foldingue et sonnai. Supposant que personne ne viendrait m'ouvrir, je fis le tour et entrai par derrière. L'odeur me poussa à me boucher le nez. Il y avait des assiettes pleines de nourriture partout dans la maison et des vêtements humides étendus sur les fauteuils. Une cuillère apparut soudainement quand avec mon pied, j'écartai un gros paquets de biscuits, de ceux que l'on voit dans les épiceries.
Une des portes au bout du couloir était fermée. Je ne savais pas ce que j'allais découvrir de l'autre côté, mais j'étais déterminé. Certaines personnes affirmaient que sa grand-mère était un vrai légume et que le foldingue encaissait encore sa retraite pour acheter des cartes de Magic. D'autres soutenaient que sa grand-mère ne sortait jamais de chez elle parce qu'elle était trop grosse pour passer la porte. J'entrai et la vis, couchée, ses yeux grands ouverts fixant le plafond. Elle avait l'air morte, et pourtant, elle respirait.

« Madame ? » Je ne reçus aucune réponse. « Madame ? »

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 22-25

Quizá esa noche regresemos de nuevo; no hay que atracarse con dolor del bueno, del exquisito. Hace mucho que aprendimos a ser moderadas. Otro día seguimos a un hombre, aún joven, con barba crecida y unos pantalones gastados. Nos gusta acecharlos en los supermercados, en las gasolineras, en esos espacios de nadie y libres de censura, en los que podemos observar sin llamar la atención.

Traduction temporaire :
Peut-être, ce soir nous reviendrons ; il n’y a pas besoin de s’empiffrer de la douleur bonne et exquise. Cela fait longtemps que nous avons appris à être modérées. Un autre jour, nous suivons un homme, encore jeune, qui porte une longue barbe et un pantalon usé. Nous aimons les guetter dans les supermarchés, les stations essence, dans ces espaces publics et sans censure, dans lesquels nous pouvons observer sans attirer l’attention.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 239-248

No duramos mucho. Después de tres años ella se mudó a Nueva York, sola. No lo lamentamos demasiado. Nos emborrachamos esa noche, es cierto, pero no sufríamos tanto por su ausencia sino por nuestra propia e insoportable soledad. Autocompasión, es verdad. Queríamos sufrir, llorar. Era nuestra forma de rebelarnos, de resistir. Patético.
Otros, en cambio, habían encontrado un modo más espectacular, aunque no menos inútil, de rebelarse. Cada vez con mayor frecuencia se sabía de atentados y escaramuzas protagonizadas por aquellos que no estaban dispuestos a quedarse de brazos cruzados mientras las IAs sometían a la humanidad, o peor aún, la transformaban en algo distinto.

Traduction temporaire :
Notre relation ne dura pas longtemps. Au bout de trois ans, elle déménagea à New-York, seule. Nous ne le regrettâmes pas trop. Ce soir-là, nous bûmes, il est vrai, mais nous ne souffrions pas tant de son absence que de notre propre et insupportable solitude. Auto-compassion. Oui. Nous voulions souffrir, pleurer. C'était notre façon de nous rebeller, de résister. Pathétique. D'autres avaient trouvé un moyen plus spectaculaire, bien que pas moins inutile, de se rebeller. De plus en plus fréquemment, on apprenait que des attentats étaient commis et des escarmouches lancées par ceux qui n'étaient pas prêts à rester les bras croisés pendant que les IA soumettaient l'humanité ou, pire encore, la transformait en quelque chose de différent.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 353-358


Lo que nos hizo más amigos a Aníbal y a mí, actualmente, fue una nítida coincidencia de criterios respecto de la Zurda. Ni él ni yo la clasificábamos. No la considerábamos loca, o puta, o idiota, o ninfómana. A lo sumo, me parece, decíamos que había sido una chica audaz, un poco descocada y con una sensibilidad fuera de lo común. No se nos cocinaba mucho su rollo con Marlon Brando, pero este, de alguna manera, había justificado su romance con Ramón, el rocanrolero de la moto, de quien tampoco nunca más volvimos a saber. Era probable que Ramón hubiera vuelto a Lima tras cuatro años marchando por los laberintos de la selva, y que no alcanzáramos a verlo, pues muchos de nosotros habíamos dejado de veranear en La Punta.

Traduction temporaire :
À ce moment-là, notre amitié à Anibal et moi fut renforcée par une nette coïncidence de critères au sujet de la Gauchère. Ni lui, ni moi ne la classions dans une catégorie : nous ne la considérions ni comme une folle, ni comme une pute, ni comme une idiote, ni comme une nymphomane. Tout au plus, me semble-t-il, nous trouvions qu'elle avait été une jeune fille audacieuse, un peu effrontée, et avec une sensibilité hors du commun. On ne mettait pas trop notre nez dans son délire avec Marlon Brando, mais d'une certaine manière, il avait justifié son flirt avec Ramón, le rockeur à la moto, dont nous n'eûmes plus jamais de nouvelles non plus. Ramón était probablement retourné à Lima, après quatre ans passés à errer dans les labyrinthes de la jungle et nous ne l'avions pas vu, étant donné que beaucoup d'entre nous avaient cessé de venir passer leurs vacances d'été à La Punta.

Projet Justine / Marie G. 2 – phrases 62-69

Yo había oído hablar de mujeres de carnosos labios. Sin embargo, no lograba entender cómo una hoja podía parecerse a unos labios ¿o sería más bien que la tía Alfreda era una de esas mujeres que hace sufrir a los hombres como un azote con que se castiga a los delincuentes? ¿O la sangre? ¿O los plátanos? ¿O la borrachera? ¿O la desnudez? La foto me confundió todavía más porque mostraba un cactus; decidí irme a dormir. Mi sueño estuvo poblado de cactus enormes que en vez de espinas tenían dientes, una morena se me acercaba llorando y me pedía que le sacara las espinas que le chuzaban todo el cuerpo.

Traduction temporaire :
J'avais entendu parler de femmes aux lèvres charnues. Cependant, je n'arrivais pas à comprendre comment une feuille pouvait ressembler à des lèvres. Ou peut-être cela voulait-il plutôt dire que tante Alfreda était une de ces femmes qui fait souffrir les hommes, comme le coup de fouet avec lequel on punit les délinquants ? Ou le sang ? Ou les bananes ? Ou l'ivresse ? Ou la nudité ? La photo me troubla encore plus ; elle montrait un cactus. Je décidai d'aller dormir. Mon sommeil fut peuplé de cactus énormes qui avaient des dents à la place des épines. Une brune s'approchait de moi en pleurant, et me demandait de lui retirer les épines qui meurtrissaient tout son corps.

Projet Hélène 5 – phrases 114-119

Las voces se trizaban, estallaban. Eso iba a acabar mal. Él supo que debía alejarse, que debía retroceder, pero no se movió. Estaba fascinado por lo que estaba viendo. Muchas de las sombras estaban ya en pie, y brillaban, enceguecidas y titubeantes, cubriéndose los ojos heridos, como si el fanal las hubiera arrancado con sangre del sueño, del suelo donde habían estado debatiéndose con pesadillas que no eran nada frente a lo que les estaba ocurriendo. La viva alfombra, que se extendía hasta el final del square, se agitaba bajo la fina llovizna, convulsa, colectiva, como si fuera incapaz de reacciones individuales. Todo eso duró apenas unos segundos.

Traduction temporaire :
Les voix se brisaient et éclataient. Cette histoire allait mal finir. Il sut qu’il devait s’éloigner, reculer, pourtant, il ne bougea pas. Il était fasciné par ce qu’il voyait. De nombreuses ombres étaient déjà debout ; elles brillaient, aveuglées et titubantes, couvrant leurs yeux éblouis, comme si la lumière les avait arrachées dans le sang du sommeil et du sol où elles se débattaient avec des cauchemars qui n’étaient rien comparés à ce qui les attendait. S’étalant jusqu’au bout du square, le tapis vivant s’agitait sous la fine pluie, convulsif, collectif, comme incapable de réactions individuelles. Ç'a duré à peine quelques secondes.

Projet Sarah 19 / Julie – phrase 55

Y yo ni siquiera, puedo decir que estoy pagando un pecado muy grande, porque ni tiempo para pecar he tenido, y todavía ninguno se me arrimó para hacerme un hijo, cosa que espero, papá, según la mamá me ha dicho, que no me pase, nunca, nunca, papá, hasta que yo lo encuentre a usted otra vez, hasta que usted vuelva, papá querido, acuérdese de lo que usted prometió, aquello de que prefería perder la destreza de su mano derecha antes que olvidarse de su familia y de su tierra;

Traduction temporaire :
Et je ne peux même pas dire que je paye pour un très grand péché, parce que je n'ai pas encore eu le temps de pécher, et pour l'instant, personne ne m'a approchée pour me faire un enfant, chose qui je l'espère, papa, d'après ce que maman m'a dit, ne m'arrivera pas, jamais, jamais, papa, avant que je ne vous retrouve, avant que vous ne reveniez, papa chéri, souvenez-vous de ce que vous avez promis, que vous préfériez perdre l'usage de votre main droite plutôt que d'oublier votre famille et votre terre ;

Projet Morgane 13 – phrase 116

En las noches en que mi memoria es invadida por la sonriente soledad de su imagen, no puedo dejarla de asociar a esa maquina chirriante, horizontal, obsoleta, negra como un fantasma cansado quizás por el tiempo al haber viajado tanto, que iba y venía siempre lanzando las bocanadas de humo gris que yo recuerdo como el tren.

Santa Berta, San Marcos 1980

Traduction temporaire :
Les nuits où ma mémoire est envahie par la souriante solitude de son image, je ne peux m'empêcher de l'associer à cette machine grinçante, horizontale, obsolète, noire comme un fantôme fatigué – peut-être par tout ce temps passé à voyager –, qui allait et venait en expulsant sans cesse des bouffées de fumée grise et que je me rappelle être le train. 


Santa Berta, San Marcos, 1980

Projet Sonita / Élise – phrases 525-532

Zebrel hubiera querido decirle que eso no se arreglaba con monedas, pero obviamente no podía hacerlo. El tipo que estaba junto a él, uno de los que lo había alzado en el sótano, sacó unos billetes de una cartera.
—No queremos dinero, hermanos —dijo la voz, como si fuese capaz de ver a través del metal del vehículo—; queremos ofrecer una oportunidad para que vuestras almas se rediman. La redención es una batalla. El Hijo de Dios llegó para deshacer las obras del diablo.
—Salgan del vehículo —dijo una voz femenina, dulce y serena como brisa de noviembre—. Salgan y entreguen sus almas. No hay más futuro para ustedes que en la redención.

Traduction temporaire :
Zebrel aurait aimé lui dire que cela ne se réglait pas avec de l'argent, mais, évidemment, il ne pouvait pas. Le type qui se trouvait à côté de lui, l’un de ceux qui l’avaient soulevé dans la cave, sortit quelques billets de son portefeuille. 
— On ne veut pas d’argent, mes frères, annonça la voix comme si elle était capable de voir à travers le métal du véhicule. On veut vous offrir une chance de racheter vos âmes. La rédemption est une bataille. Le Fils de Dieu est arrivé pour détruire les œuvres du diable.

— Sortez de la voiture, ordonna une voix féminine, douce et sereine, comme la brise de novembre. Sortez et remettez-nous vos âmes. Il n’y a pas d’autre futur pour vous que le salut.

lundi 22 février 2016

Petite précision sur le fonctionnement du blog

Sachez que je modère une petite centaine de commentaires par jour et que donc, dans le flot, il arrive que certains m'échappent et que vous restiez sans réponse. Histoire de ne pas perdre de temps, que vous  ne vous demandiez pas pourquoi vous passez à la trappe alors que je travaille avec les autres…, remettez-moi votre proposition de traduction. Vu que je ne laisse jamais personne volontairement en arrière, cela veut forcément dire, en effet, qu'il y a un problème « technique », et c'est tout.
Conclusion : si ça ne bouge pas chez les autres non plus, c'est que je ne suis pas disponible et on ne s'inquiète pas, si ça bouge chez les autres et pas chez vous, vous postez de nouveau votre traduction.

Projet Sarah / Sarah – phrases 23-26

*

Cuando lo pienso, comprendo el miedo que habrá sentido, solita, la primera, al ver que  su cuerpo se curvaba, que la caja torácica perdía su rigidez, que los senos comenzaban a doler y a moverse imperceptiblemente. De su ventana, siempre esperábamos las más grandes sorpresas. Irene nos hablaba de raptos, de fugas, de que alguna mañana se iría con su bultito de ropa, como Oliver Twist, porque en casa no la querían, o porque alguien la aguardaba afuera. Quizá por eso su ventana siempre me pareció misteriosa.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 15-21


La mujer cierra la puerta con apenas un chasquido de la cerradura, reza por que el hombre no se despierte. Le mira con una mezcla de repugnancia y cariño; ya le ha perdonado. Revisa su rostro en el espejo, roza con delicadeza el ojo palpitante y el moratón bajo la pintura. Por un momento, a través del espejo, cree vernos. Se asusta. Una exclamación entrecortada brota de los labios. Pero ya no estamos allí. Yo me relamo, ahíta.

Traduction temporaire :
La femme ferme la porte avec à peine un simple clic de la serrure, priant pour que l'homme ne se réveille pas. Elle le regarde avec un mélange de dégoût et d'affection ; elle lui a déjà pardonné. Elle vérifie son visage dans le miroir, frôle avec délicatesse son œil palpitant et le bleu sous son maquillage. Pendant un moment, à travers le miroir, elle croit nous voir. Elle prend peur. Une exclamation entrecoupée jaillit de sa bouche. Mais nous ne sommes déjà plus là. Je me lèche les lèvres, rassasiée.

Projet Sabrina 4 – phrases 59-63

—¿Quiere entonces que le prepare un revuelto de wayranto, acompañado por un puré de papas? —propuso con una sonrisa.
—Sí, sí —accedí, con la boca hecha agua, y con la voz titubeante me atreví a pedirle lo que más deseaba—: ¿Ten dría usted la gentileza de acompañarme a cenar? Yo pagaría su plato, como si usted fuera una amiga a la que he invitado esta noche…
Estoy viendo sus ojos, ya no con mis ojos, solamente con ese viento de nostalgia que es la memoria de lo que se ha perdido; que se aferra a recuerdos fragmentados, reinventa dos; que se empecina en encontrarle sentido a las cosas. Y los ojos que veo, los ojos que hoy creo haber visto en ese mo mento, tenían el reflejo de dos piedras basálticas, eternas en fuego o en lago, listas para perderse de mi vista sin explica ción, y acaso listas para conjurar mis teorías y perderme a mí.

Traduction temporaire :
— Voulez-vous donc que je vous prépare une brouillade de wayranto, accompagnée d'une purée de pommes de terre ? proposa-t-elle avec un sourire.
— Oui, oui, acceptai-je en salivant. Puis d'une voix hésitante, je me risquai à lui demander ce que je désirais le plus : Auriez-vous la gentillesse de vous joindre à moi pour dîner ? Je paierais votre plat, comme si vous étiez une amie que j'aurais invitée ce soir…

Je vois ses yeux, non plus avec mes yeux, mais seulement avec ce vent de nostalgie qu'est la mémoire de ce que l'on a perdu ; qui s'accroche à des souvenirs fragmentés, en réinvente deux ; qui s'évertue à trouver du sens aux choses. Et les yeux que je vois, les yeux qu'aujourd'hui je crois avoir vus à ce moment-là, avaient le reflet de deux pierres basaltiques, éternelles dans un feu ou dans un lac, prêtes à ce que je les perde de vue sans explication, et peut-être prêtes à aller à l'encontre de mes théories et me perdre moi.

dimanche 21 février 2016

Projet Bianca – phrases 104-115

Mi materia preferida siempre fue Lengua y Literatura. Recuerdo al profesor de cuarto año, Marcelo, un escritor cordobés que había venido al Pedregoso a los veinticinco años y se había enamorado del pueblo. “Escribir es ser medio buchón”, nos había dicho en una clase en la que decidió contarnos sobre sus experiencias en el mundo editorial. Esa frase me persiguió desde entonces.
Lo primero que escuchamos fueron los gritos. “¡Atropellaron al loquito!”, dijo uno de los chicos corriendo entre las mesas. Juntamos todas las cartas, metimos las carpetas en la mochila y salimos a la calle.
Uno de los guardias de seguridad trataba de mantener a los curiosos a distancia. Aunque había mucha gente, llegué a ver el charco de sangre que se mezclaba con el agua podrida en el cordón de la vereda.
El accidente del “loquito” salió en todos los medios, incluidos los noticieros de alcance nacional. El conductor que lo mató escapó y nunca pudieron agarrarlo. Julián dice que probablemente la culpa había sido del loquito, que no habría prestado atención al cruzar la calle. “Viste cómo se ponía cuando perdía, ¿no?”.

Traduction temporaire :
Ma matière préférée avait toujours été Langue et Littérature. Je me rappelle mon professeur de troisième, Marcelo, un écrivain cordouan qui, arrivé au Rocailleux à l'âge de vingt-cinq ans, était tombé amoureux du village. « Écrire, c'est avoir la capacité de presque tout avaler », nous avait-il dit pendant un cours où il avait décidé de nous raconter ses expériences dans le monde de l'édition.
Cette phrase m'avait poursuivi depuis lors.
Les cris furent la première chose que nous entendîmes. « Le foldingue s'est fait écrasé ! » hurla un des garçons en courant entre les tables. Nous rassemblâmes les cartes, rangeâmes les jeux dans nos sacs et sortîmes dans la rue. Un des vigiles essayait de tenir les curieux à distance. Malgré la foule, je réussis à voir la flaque de sang qui se mêlait à l'eau pourrie le long du trottoir. 

On parla de l'accident du « foldingue » dans tous les journaux, même dans les quotidiens nationaux. Le chauffard qui l'avait tué, prit la fuite et on ne put jamais l'attraper. Julián pense que c'était probablement la faute du foldingue : il n'avait pas dû faire attention en traversant la rue. « T'as vu dans quel état il se mettait quand il perdait, non ? »

Projet Bianca – phrases 93-103

Hacía unas semanas habíamos preparado en el colegio un trabajo grupal sobre mitos e historia de los Chekura, los “amish patagónicos” según uno de los autores. Cuando leí sobre el don y los rituales en los que llevaban piedras al río, me acordé de lo que me había dicho Mailén en mi cumpleaños número once y sobre la noche en la que casi perdí mi virginidad con Sol algunos años después.
Cuando por fin la encontré, Mailén me dijo que si quería saber más sobre el don tendría que acompañarla hasta el río. Mientras caminábamos, me preguntó por mi hermano y creí notar algo en su voz que era más que simple curiosidad.
Llegamos a la orilla del Pedregoso y nos sentamos en un tronco.
“¿Ves las piedras? Los ancianos dicen que al comienzo no había ninguna”. Aunque conocía el mito Chekura, la dejé seguir. “En mi pueblo casi todos tenemos el don”. Mailén hizo una pausa y agregó: “El mundo está lleno de dolor, Andrés. Nuestra misión es llevar esa carga y dejarla en el río”.

Traduction temporaire :
Quelques semaines auparavant, pour un cours, nous avions préparé un travail en groupe sur les mythes et l'histoire des Chekura, les « amish de la Patagonie », selon l'un des auteurs. Quand j'avais fait des lectures sur le don et les rituels dans lesquels ils portaient des pierres au fleuve, je m'étais rappelé ce que m'avait appris Mailén le jour de mon anniversaire numéro onze et ce qui s'était passé la nuit où j'avais failli perdre ma virginité avec Sol, quelques années plus tard.
Quand j'avais enfin pu la retrouver, Mailén m'avait expliqué que si je voulais en savoir plus sur le don, il faudrait l'accompagner jusqu'au fleuve. En marchant, elle m'avait demandé des nouvelles de mon frère et j'avais cru percevoir dans sa voix qu'il y avait plus que de la simple curiosité.
Nous étions arrivés au bord du Rocailleux et nous nous étions assis sur un tronc d'arbre. 

« Tu vois les pierres ? Les anciens disent qu'au début, il n'y en avait aucune ». Même si je connaissais le mythe Chekura, je l'avais laissé poursuivre. « Dans mon village, nous possédons presque tous le don ». Mailén avait fait une pause et ajouté : « Le monde est plein de douleur, Andrés. Notre mission est de porter cette charge et la déposer dans le fleuve ».

Projet Bianca – phrases 80-92

“La abuela del loquito está en estado vegetativo. Por algunas cartas, el loquito te deja acabarle adentro”. No era la primera vez que escuchaba una de esas historias. También se decía que el loquito había enterrado a los padres en el jardín de su casa y que le gustaba torturar perros de la calle.
Empezamos a jugar. Yo usaba un mazo azul. Pasaron algunos turnos y había logrado controlar la partida. Después de un contrahechizo el loquito no aguantó más, empezó a hacer ruidos raros y se tiró del pelo. Un mechón rubio le temblaba entre los dedos.
Cerré los ojos y me acordé de Mailén. Aunque podría haber contrarrestado el siguiente hechizo, dejé que jugara y terminé perdiendo. El loquito sonreía. Estiré la mano para felicitarlo pero él juntaba sus cartas sin prestarme atención.

Traduction temporaire :
« La grand-mère du foldingue est dans un état végétatif. En échange de quelques cartes, le foldingue te laisse prendre ton pied avec lui. » Ce n'était pas la première fois que j'entendais une de ces histoires. On racontait aussi que le foldingue avait enterré ses parents dans le jardin de sa maison et qu'il aimait torturer les chiens errants. On se mit à jouer. Moi, j'avais un paquet bleu. Au bout de quelques tours, j'avais réussi à avoir la partie en main. Après une contre-attaque, le foldingue ne résista plus, il commença à émettre des bruits bizarres et se tira les cheveux. Une mèche blonde tremblait entre ses doigts.  Je fermai les yeux et je me souvins de Mailén. Alors que j'aurais pu contrecarrer le sortilège suivant, je le laissai jouer et finalement, je perdis. Le foldingue souriait. Je tendis la main pour le féliciter, mais lui, rangeait ses cartes, sans faire attention à moi.

Projet Alexia – phrases 33-46

Stephen King y yo nos sentamos a conversar. Yo le hablé de mi cuento con título suyo, pero aclaré que no se trataba ni mucho menos de un cuento kingniano. (Vacilé, recuerdo, antes de usar el adjetivo).
En realidad, “Yo fui un adolescente ladrón de tumbas” era una ensalada de referencias que bastante poco le debía a King. Se cruzaban allí, según recuerdo: Lovecraft, Safo, Rimbaud, Virginia Woolf, Julián del Casal, e incluso, muy lejanamente: yo mismo, Paul Auster y un autor soviético y anfibio, de ciencia-ficción, llamado Alexander Beliaev.
No es una relación de la que me sienta orgulloso.
—Y dime, ¿cómo patinan los escritores cubanos?
Su expresión: fucking cuban writers.
La pregunta me cogió por sorpresa.
—¿Quiere decir patinar... en el hielo?
Me di cuenta de que había dicho una estupidez. Hacía frío en Maine.
—Quiero decir patinar, muchacho. Patinar sobre cualquier superficie.

Traduction temporaire :

Stephen King et moi, nous nous sommes assis pour discuter. Je lui ai parlé de ma nouvelle intitulée comme la sienne, mais j’ai précisé qu’il ne s’agissait ni de près ni de loin, d’un texte kingnien (Je me souviens d’avoir hésité à employer cet adjectif).
En réalité, « J’ai été un adolescent pilleur de tombes » était un cocktail de références qui devait assez peu à King. Dans mon souvenir, elles se croisaient là : Lovecraft, Sappho, Rimbaud, Virginia Wolf, Julian del Casal, et même, très lointainement, moi-même, Paul Auster et un auteur de science-fiction, soviétique et amphibien, appelé Alexander Beliaev.
Ce n’est pas une relation dont je suis fier.
— Et dis-moi, comment patinent les écrivains cubains ?
Son expression était : fucking cuban writers.
La question m’a pris par surprise.
— Comment ça patiner… sur la glace ?
Je me suis rendu compte que j’avais sorti une ânerie. Il faisait froid dans le Maine.
— Eh bien patiner, mon garçon. Patiner sur n’importe quelle surface.

Projet Alexia – phrases 25-32

Para mí resultaba un acontecimiento. De alguna forma me hacían pensar en el futuro. Una raza de futuro. No es usual ver patinadores en las calles de esta ciudad.
Ver patinadoras es menos usual aún.
Ella, para colmo, apareció impulsada por un viento de rareza adolescente que me hizo seguirla con la vista hasta que los ojos se me humedecieron.
Quise ser muy pequeño para poder ir con ella, para poder ir en ella, abrazado con fuerza a uno de sus muslos, temblando de miedo y mirando hacia arriba. Quise ser muy grande para cuidarla del tráfico, llevarla a casa, sentarla sobre mi pecho, quitarle los patines y quitarle las medias y poner en mis labios, unidos, sus dos piececitos sucios.

Traduction temporaire :
Pour moi, c’était un événement. D’une certaine façon, ils me faisaient penser au futur. Une sorte de futur. Il n’est pas fréquent de voir des patineurs dans les rues de cette ville. Voir des patineuses, encore moins. Elle, par-dessus le marché, elle est apparue comme poussée par un vent d’une bizarre adolescente, qui m’a fait la suivre du regard, jusqu’à ce que mes yeux s’humidifient. Je voulais être tout petit pour pouvoir aller avec elle, pour pouvoir aller sur elle, fermement enlacé à l'une de ses cuisses, tremblant de peur et regardant vers le haut. Je voulais être très grand pour la protéger de la circulation des voitures, l’emmener à la maison, l’assoir sur mon torse, lui enlever ses patins, lui enlever ses collants et poser sur mes lèvres, ses deux petits pieds joints et sales.

Projet Alexia – phrases 12-24

Entonces tuve una idea. Como todo el mundo sabe, el estado de Maine es el reino de King. Decidí ir a visitarlo. Alquilé un auto con calefacción y mapa. Después de conducir perdido por carreteras secundarias y bosques durante un día completo, atropellando renos y escuchando misteriosas emisoras, llegué a su castillo.
—No puedo creerlo, estoy en casa de Stephen King —le dije a Stephen King. El viejo me miró suspicaz y me dijo:
—Tú no pareces periodista ni fan. ¿Qué eres, un maldito escritor?
—Cubano —precisé—. Vengo inconsciente desde Canadá.
—Oh, my American God. ¿Existen escritores cubanos?

Traduction temporaire :
Alors, j’ai eu une idée. Comme tout le monde le sait, l’état du Maine est le royaume de King. J’ai décidé d’aller lui rendre visite. J’ai loué une voiture avec chauffage et ai acheté une carte. Perdu, après avoir conduit sur des routes secondaires et dans des forêts pendant une journée entière, renversant des rênes et écoutant de mystérieuses radios, je suis finalement arrivé à son château.
— Je ne peux pas le croire, je suis chez Stephen King ! ai-je lancé à Stephen King.
Méfiant, le vieil homme m’a regardé et m’a dit :
— Toi, tu ne ressembles ni à un journaliste ni à un fan. Tu es quoi, un foutu écrivain ? 
— Cubain, ai-je rectifié. J'arrive du Canada un peu comateux. 
— Oh, my American God ! Ça existe, les écrivains cubains ?

Projet Camille / Angélique – phrase 22 bis

un gato soñoliento estaba tendido sobre la trunca balaustrada de roble negro que separaba dos sectores del salón, a partir de la vidriera donde se leía, al revés, la inscripción: "Café de la Legalidad"; ella pensó: ¿por qué se llamará café de la Legalidad? - una vez había visto, en el puerto, una barca que se llamaba Causalidad; ¿qué quería decir Causalidad, por qué había pensado el patrón en la palabra Causalidad, qué podía saber de Causalidad un navegante gris a menos de ser un hombre de ciertas lecturas venido a menos?; tal vez tuviera que ver con ese mismo desastre la palabra Causalidad; o sencillamente habría querido poner Casualidad -es decir, podía ser lo contrario, esa palabra, puesta allí por ignorancia o por un asomo de conocimiento-; junto a la tintorería, las puertas ya cerradas pero los escaparates mostrando el acumulamiento ordenado de carátulas grises, blancas, amarillas, con cabezas de intelectuales fotográficos y avisos escritos en grandes letras negras.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires
un chat somnolent était étendu sur la balustrade en chêne noir abîmée qui séparait les deux parties de la salle, à partir de la vitrine, où il était possible de lire, au verso, l'inscription : « Café de la Légalité » ; elle pensa : Pourquoi café de la Légalité ? - un jour, au port, elle avait vu une barque qui s'appelait Causalité. Que voulait dire Causalité ? Pourquoi le patron avait-il eu l'idée de ce mot ? Que pouvait savoir un marin gris au sujet de la Causalité, à moins d'être un homme déchu ayant des lettres ; peut-être le mot Causalité avait-il un rapport avec son propre désastre ; ou simplement, avait-t-il voulu mettre Causalité - c'est-à-dire, ce pouvait être l'inverse, ce mot, placé ici par ignorance, ou à cause de vagues connaissances -; à côté de la teinturerie, les portes, déjà fermées, mais les vitrines montrant l'amoncellement ordonné de boîtes grises, blanches, jaunes, avec des photographies d'intellectuels et des avis écrits en lettres capitales noires.

Projet Sarah / Sarah – phrases 16-22

Tres Ventanas

La tercera ventana era la de Irene. Yo siempre tuve por ella un poco de admiración y un poco de miedo. Me llevaba seis años. A veces le permitían que se sentara a la mesa, en el comedor grande, cuando las visitas eran de confianza. Mis hermanas mayores hablaban de ella, en voz baja. Le habían sorprendido secretos y, al comentarlos con un tono regocijado y misterioso, se hallaban muy lejos de creer que pronto les llegaría el turno también a ellas. Susana y yo, las menores, no éramos suficientemente perspicaces para adivinar el motivo de esos largos cuchicheos. Una tarde las oí hablando de pechos.

Traduction temporaire :


Trois fenêtres

La troisième fenêtre était celle d'Irene. Je l'ai toujours un peu admirée et crainte à la fois. Elle avait six ans de plus que moi. De temps en temps, elle avait le droit de s'asseoir à table, dans la grande salle à manger, quand les visiteurs étaient des familiers. Mes grandes sœurs parlaient d'elle à voix basse. Elles avaient découvert des secrets sur elle et, en les commentant d'un ton réjoui et mystérieux, elles étaient loin d'imaginer que leur tour viendrait bientôt, à elles aussi. Susana et moi, les plus jeunes, n'étions pas suffisamment perspicaces pour deviner la raison de ces longues messes basses. Un après-midi je les ai entendues parler de seins.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 231-238

El conserje y los demás empleados eran todos androides controlados por alguna IA mediante control remoto. Nada podía ser perfecto.
Todos los días conducíamos hasta el Hospital Jackson Memorial, el único que seguía operando en toda la ciudad. La mayor parte del tiempo la pasábamos viendo las noticias o conversando con algún colega en Los ángeles o Madrid a través de Internet. Sólo una o dos veces a la semana teníamos que ingresar al pabellón, y cuando la cosas se complicaban mucho siempre aparecía algún representante de nuestros guardianes ofreciendo su solución a nuestros moribundos. Aquellos que hasta el momento se habían resistido, dudaban. La mayoría aceptaba el trato. Vendían sus almas a bajo precio y nosotros éramos cómplices al permitirlo, decía Lucile.

Traduction temporaire :
Le concierge et les autres employés étaient tous des androïdes téléguidés par une IA via un contrôle à distance. Rien ne pouvait être parfait. Tous les jours, nous roulions jusqu'au Jackson Memorial, le seul hôpital où on opérait encore dans toute la ville. Nous passions la plupart de notre temps à regarder les informations ou à discuter par Internet avec un collègue à Los Angeles ou à Madrid. Nous n'avions besoin d'aller au pavillon qu'une à deux fois par semaine, et quand les choses se compliquaient trop, un représentant de nos gardiens apparaissait toujours, offrant sa solution à nos moribonds. Ceux qui jusqu'à ce moment-là avaient résisté, hésitaient. La majorité acceptait le marché. Ils vendaient leurs âmes à bas prix et nous, en l'autorisant, nous étions complices, affirmait Lucile.