samedi 24 mars 2018

Projet Michaël / Hélène P – phrases 8-11

Para colmo me habían dicho que alguien había habitado esa casa, una pareja, como nosotros. Ah, no, me dije, como nosotros no. ¿Quién puede vivir así? Aquello era un chiquero. Pero, ¿quién puede resistirse a un jardín? 

Traduction temporaire :

En plus, on m’avait dit que des gens avaient vécu là, un couple, comme nous. Ah, non, pensai-je, comme nous, non. Qui pourrait bien vivre ici ? Une porcherie. Mais qui résisterait à l'idée d'avoir un jardin ?

Projet Justine / Elena – texte 204

Postal

Para Mario y Alejandro

Bajo la brillante claridad que precede a la aurora, un par de niños corren a través del valle  y ríen. El mayor, con los brazos en alto, sostiene un aparejo de pesca en cada mano. Las cañas, talladas en madera de cerezo, apuntan orgullosas hacia el delicado fulgor que se abre paso tras las sierras mientras las líneas, como si fuesen banderas, flamean detrás. El pequeño hace su mejor esfuerzo para que el primo más grande no se le adelante y observa maravillado como los anzuelos atrapan rayos de sol. Las capturas dejan su huella en el cielo: hasta un forastero podría distinguir ese efecto bello y extraño, esos vacíos en la luz.

Traduction temporaire :

Carte postale

Pour Mario et Alejandro  Sous la brillante clarté qui précède l'aube des enfants courent dans la vallée en riant. Les bras en l'air, l'aîné tient du matériel de pêche dans chaque main. Les cannes, taillées dans du bois de merisier, pointent vers la lueur qui se fraye un passage derrière les montagnes, alors que les lignes flottent derrière, tels des drapeaux. Le petit fait de son mieux pour que son cousin le plus grand ne lui passe pas devant et observe, émerveillé, la façon dont les hameçons attrapent les rayons du soleil. Les captures laissent leur trace dans le ciel : même un étranger pourrait remarquer cet effet, à la fois beau et étrange, ces vides dans la lumière.

mardi 20 mars 2018

Projet Justine / Elena – texte 203

Afuera

Algún grito, alguna risa, frenadas, bocinazos. El silbato del inspector como si alguien la obligara a chupar una pastilla amarga cada treinta segundos. A través de la ventana mira los edificios vecinos, cemento y cristal. —Me duele la vista. —Serán los ojos. Ser su médico, además de su marido, te permite molestarla con este tipo de correcciones. —Me duelen la vista y los ruidos. Si no fuera porque ha comenzado a dolerle horriblemente la voz, te diría que siente que la cabeza se le abre y despliega como si cada pequeño trozo en el que se dividió intentara llegar más lejos. Llamás por teléfono, pedís una ambulancia aunque sabés que ahora es tarde.  Ya has visto, sin comprender, este proceso en el hospital. La cabeza se transforma: la piel cae, los huesos se hacen tronco y desde el cuello crecen ramas secas. Esta ciudad mata.

Traduction temporaire :

Dehors

Un cri, un rire, des coups de freins, des coups de klaxon. Le sifflet de l'inspecteur, comme si quelqu'un l'obligeait à sucer une pastille amère toutes les trente secondes. Par la fenêtre, elle regarde les immeubles en béton et verre d'a côté. — Ça me fait mal aux yeux. — Ça me fait mal à la vue. — Aux yeux, tu veux dire. Être son médecin, en plus de son mari, t'autorise à la reprendre pour l'embêter. — Ça me fait mal à la vue et aux bruits. Si sa voix n'avait pas commencé à lui faire horriblement mal, elle te dirait qu'elle sent que sa tête s'ouvre et se déplie comme si chaque petit morceau qui la composait essayait d'avancer plus loin. Tu passes un coup de fil, tu demandes une ambulance même si tu sais que maintenant, il est trop tard. Sans comprendre, tu as déjà vu ce processus à l'hôpital. La tête se transforme : la peau tombe, les os se changent en tronc et des branches sèches partent du cou. Cette ville tue.

Projet Hélène / Audrey – phrase 184

 Sí, la tía de Rutka había venido por mí; eso fue lo que pensé en aquel momento, por lo que reuniendo mis escasas fuerzas empecé a desandar mis pasos, sin darle la espalda a su figura (que lucía distinta, saludable y jovial, con el cabello recortado, ataviada con un ligero vestidito floreado y en tacones), que en ese instante posó sobre mí, además de una amplia sonrisa, la misma mirada helada que hacía unas semanas me había obligado a huir de su presencia, igual que una liebre de un lebrel.

Traduction temporaire :

Convaincue à ce moment-là que la tante de Rutka était bel et bien venue pour moi, je rassemblai le peu de forces qui me restait et rebroussai chemin, sans tourner le dos à sa silhouette (elle semblait différente : bien portante et joviale, les cheveux coupés, apprêtée avec une robe légère à fleurs et des talons). À cet instant, elle m'adressa, outre un large sourire, le même regard glaçant qui m'avait obligée, quelques semaines auparavant, à fuir sa présence, comme un lièvre devant un lévrier.

Projet Justine / Elena – texte 202

El músico

Desde cubierta, el joven miembro de la orquesta saltó al iceberg contra el cual el Titanic se iba a incrustar.  Sobre aquel precario equilibrio helado, recordó el primer instrumento de su niñez: un tambor que su abuelo había hecho siguiendo los usos, según el anciano afirmaba, que sus ancestros celtas utilizaran para realizar conjuros.  El barco se batía contra el parche del agua retumbando por última vez cuando el músico desplegó el piano que había guardado en el bolsillo y tocó esas melodías que sus compañeros de infortunio, cada 15 de abril, se reúnen a cantar.

Traduction temporaire :

Le musicien

Depuis le pont, le jeune membre de l'orchestre sauta sur l'iceberg contre lequel le Titanic allait s'encastrer. Sur ce précaire équilibre glacé, il se rappela le premier instrument de son enfance : un tambour que son grand-père avait confectionné en suivant les us et coutumes ; le vieil homme affirmait que ses ancêtres celtes l'utilisaient pour lancer leurs sortilèges. Le bateau se battait contre les flots grondants pour la dernière fois, quand le musicien déplia le piano qu'il avait gardé dans sa poche et joua les mélodies que ses compagnons d'infortune se réunissent pour chanter tous les 15 avril.

Projet Justine / Elena – texte 201

Cuadrojo

Vierte agua en el cantero de los rosales. Mañana cortará los pimpollos para llevárselos a ella. Serán las bodas de oro y es el único modo de comu- nicación que la vida, o la muerte (quién podría decidirlo), ha dejado. Son las siete treinta de la tarde: falta una hora. Aníbal no lo sabe.  Tanda publicitaria, violencia y horror sin solución de continuidad. El dolor lo vuelve intolerante, apaga el televisor. Sus ojos se quedan fijos sobre la pantalla negra hasta que, por solidaridad tal vez, bajan hacia la palma izquierda. Es raro, no es su vieja artrosis, no son los huesos que duelen. Es la piel, las venas ennegrecidas que se hinchan y trazan un dibujo. Desde los bordes aparecen líneas, un laberinto cuyo centro es un hombre que duerme en posición fetal.  —Un cuadro. Alguien. Un cuadrojo.  No ha tomado alcohol, no sueña, no delira. Ha inventado una palabra, eso sí. Ha designado al hombre dormido como un cuadrojo, quizá porque su senectud haya fundido en una palabra la idea, poco elegante y engorrosa, de “veo un cuadro inexplicable en mi palma izquierda con mis propios ojos”.  El cuadrojo dormido le inspira temor, no porque lo intuya malo, sino poderoso. Quizá, si le regalara una rosa, si ahuecara la mano y depositase allí la flor en prenda de amistad, lo tendría de su lado. No, las rosas son de ella.  Ocho treinta. El cuadrojo cambia de posición. Aníbal contiene el aliento.

Traduction temporaire :

Tablœil

Il verse de l'eau sur le parterre des rosiers. Demain, comme ce sera leur noces d'or, il coupera les boutons pour les lui apporter. C'est le seul moyen de communication que la vie, ou la mort (qui pourrait en décider), leur a laissé. Il est sept heures et demie : plus qu'une heure. Anibal l'ignore. Page publicitaire, violence et horreur sans solution de continuité. La douleur le rend intolérant, il éteint la télévision. Ses yeux restent fixés sur l'écran noir, jusqu'à ce qu'ils se baissent vers sa paume gauche, peut-être par solidarité. Bizarre, ni sa vieille arthrose, ni ses os le font souffrir, mais sa peau, ses veines noircies qui gonflent et forment un dessin. Sur les bords apparaissent des lignes, un labyrinthe dont le centre est un homme endormi, en position fœtale. – Un tableau. Quelqu'un. Un tablœil. Il n'a pas bu d'alcool, ne rêve pas, ne délire pas. Il a inventé un mot, ça, oui. Il a choisi le terme tablœil pour désigner l'homme endormi, peut-être parce que sa vieillesse a fondu dans un mot l'idée, peu élégante et ennuyeuse, de « je vois de mes yeux vu un tableau inexplicable dans ma paume gauche ».  Le tablœil endormi lui inspire de la crainte, non parce qu'il le soupçonne d'être méchant, mais puissant. Peut-être que s'il lui offrait une rose, s'il déposait la fleur au creux de sa main en signe d'amitié, il l'aurait de son côté. Non, les roses sont à elle. Huit heures et demie. Le tablœil change de position. Aníbal retient son souffle.

lundi 19 mars 2018

Projet Basta ! Rachel – texte 10

MAR ALZAMORA—RIVERA

Dominatrix Blues

Una vez que se cierran las cortinas, ¿qué nos queda debajo de unas medias rotas, del eco ronco del taconeo atravesando un cuarto prestado?  Queda nada. Si acaso el látigo. La manera de vivir, que otros apenas sueñan.  Beg me! –Please, master...  LOUDER! –PLEASE, MASTER...  Pedazos de tiempo que sólo tocan la luz entre las sombras, silencio hueco, hilachas de si—acaso—amor  que chasquea entre los dientes.  

Traduction temporaire :

Dominatrix Blues

Une fois les rideaux fermés, que reste-t-il, sous nos bas déchirés, de l'écho sourd du claquement des talons traversant une chambre prêtée ? Rien. Si, peut-être le fouet. La façon de vivre, dont certains osent à peine rêver. Beg me ! – Please, master… LOUDER ! – PLEASE, MASTER… Des morceaux de temps qui touchent la lumière seulement entre les ombres, silence creux, des lambeaux, oui, peut-être, d'amour qui claque entre les dents.

samedi 17 mars 2018

Projet Justine / Elena – texte 200

Nosotros

Fueron ellos los que te lastimaron, Ángel, ahora me doy cuenta. El Bola de Grasa y el Mínimo ése, que anda con el Bola porque le conviene. Siempre están molestando, me tiran de las trenzas,  roban mi merienda y escriben cosas horribles de nosotros en el pizarrón.  No sé cómo averiguaron que les tengo miedo a las palomas, o asco, o algo así. Mataron una (estoy segura que lo hicieron: no la encontraron muerta), le enrollaron una tanza al cuello, entraron al patio de casa y la colgaron del techo. Cuando entré a mi dormitorio estaba ahí, balanceándose con el viento del otro lado del vidrio de la ventana.  Grité y lloré. Y seguí gritando y llorando hasta que,  de pronto, vino una palabra, una difícil, una que a lo mejor sea como dice la maestra,  idea,  concepto. “Víctima”, pensé. Con una tijera corté la tanza y con una cuchara de sopa hice un hoyo en el jardín. Sí, con una cuchara fue suficiente porque era una paloma chiquita y, como habrás visto, no hace más que llover. ¿Por qué se me ocurrió esa  palabra? Por lo que dijo entonces el diario: “En extraño episodio,  un niño resultó víctima…” En ese momento comprendí que vos y yo juntos, nunca más. Que vos, nunca más. Y no pude seguir leyendo.

Traduction temporaire :

 Nous

Ce sont eux qui t'ont blessé, Ángel, maintenant, je m'en rends compte. Boule de Graisse et Minus, celui qui traîne avec Boule par intérêt. Ils sont toujours en train de m'embêter : ils tirent sur mes tresses, me volent mon goûter et écrivent des choses horribles à notre sujet sur le tableau.  J'ignore comment ils ont découvert que j'ai peur des pigeons, ou qu'ils m'inspirent du dégoût ou quelque chose du genre. Ils en ont tué un (j'en suis certaine : il ne l'ont pas trouvé mort), ils lui ont enroulé une ligne de canne à pêche autour du cou, ont pénétré dans le patio de la maison et l'ont pendu au plafond. Quand je suis entrée dans ma chambre, il était là, à se laisser balancer par le vent de l'autre côté du carreau de la fenêtre. J'ai crié et pleuré. Et j'ai continué de crier et pleurer, jusqu'à ce qu'un mot difficile me vienne soudain à l'esprit, peut-être, une idée, un concept, comme dit la maîtresse. « Victime », ai-je pensé. Avec des ciseaux, j'ai coupé la ligne de la canne à pêche et avec une cuillère à soupe, j'ai creusé un trou dans le jardin. Oui, avec une cuillère, ç'a été suffisant parce que c'était un tout petit pigeon, et comme vous l'avez sûrement remarqué, il ne fait que pleuvoir. Pourquoi ce mot m'est-il venu à l'esprit ? À cause de ce que le journal a dit à l'époque : « Lors d'un événement étrange, un enfant a été victime… ». Là, j'ai compris que toi et moi ensemble, plus jamais. Que toi, plus jamais. Et je n'ai pas pu continuer à lire. 

Projet Justine / Elena – texte 199

Oficio de familia

Juntos, la anciana (hombros generosos, rostro como tierra que alguna vez fue lecho de río, espalda agobiada) y el niño (palos quebradizos por piernas, ojos precavidos), recolectan flores antes de que el sol asome tras las montañas. Juntos las acomodan, esmerada y delicadamente, en una amplia cesta de junco que ella sostiene. Juntos las ofrecen por las calles de la ciudad. Los citadinos (corazones ansiosos, hedor a desesperanza) no acostumbran recibir en oferta algo a cambio de nada, la generosidad  de estos dos extraños a algunos, incluso, los agrede. Por tal motivo, no todos reciben el obsequio con agrado, están los que responden con descortesía e incluso con rabia. Entre estos últimos y para asombro de los floristas, un hombre llega a sacar la cabeza por la ventanilla del auto que conduce y pregunta a los gritos: “¿La vieja te obliga a juntar flores?” El niño rehúye con vergüenza ajena la mirada. Cuando el cielo indica que la noche es inminente, se marchan. Caminan el sendero que hace siglos nadie transita, ése, tan de ellos, que se eleva a cada paso, amador de nubes, el sendero que los viera pasar trenzando flores para las mujeres del Inca. Puesto que la ciudad que acaban de visitar, luego de tanta ausencia, se fundó al precio del holocausto de su nación, lo visto les alcanza para concluir que los blancos no han aprendido nada desde entonces, no aprenderán nunca.

Traduction temporaire :

Un métier de père en fils

Ensemble, la vieille dame (épaules généreuses, visage telle la terre qui fut un jour lit d'une rivière, dos épuisé), et l'enfant (bâtons cassants à la place des jambes, yeux clairvoyants), cueillent des fleurs avant que le soleil ne poigne derrière les montagnes. Ensemble, ils les arrangent soigneusement et délicatement dans un grand panier en jonc qu'elle porte. Ensemble, ils les offrent dans les rues de la ville. Les citadins (cœurs inquiets, puanteur de désespérance) ne sont pas habitués à recevoir de cadeau en échange de rien. La générosité de ces deux inconnus en agresse même certains. Voilà pourquoi ils ne reçoivent pas tous leur cadeau avec plaisir ; il y a ceux qui répondent avec impolitesse, voire avec colère. Parmi ces derniers, et au grand étonnement des fleuristes, un homme passe la tête par la fenêtre de la voiture qu'il conduit et demande avec force cris : « La vieille t'oblige à ramasser des fleurs ? ». Comme il lui fait honte, l'enfant fuit son regard. Quand le ciel indique l'approche de la nuit, ils s'en vont. Ils empruntent le sentier sur lequel personne ne marche depuis des siècles. Celui, qui leur appartient tant, qui monte à chaque pas, amoureux des nuages, le sentier qui les a vus passer tressant des couronnes de fleurs pour les femmes de l'Inca. Comme la ville qu'ils viennent de visiter, après une si longue absence, a été fondée au prix de l'holocauste de leur nation, ce qu'ils ont vu leur suffit pour conclure que les Blancs n'ont rien appris depuis, n'apprendront jamais.

vendredi 16 mars 2018

Projet Basta ! Barbara 2

JUDITH CORRO

Entre comillas

Tenía diez cuando por primera vez me sentí incómoda por mi existencia como “mujer”. Qué oración más fuerte, ¿no? Estudiémosla.  “Mujer”. Palabra encerrada entre comillas, porque libres no estamos. Una “mujer” debe seguir un guión pre—escrito. ¿Qué dice el guión? Que somos seres sentimentales (es decir, irracionales), sonrientes (es decir, placenteras), tranquilas (es decir, sumisas), hermosas (es decir, objetos) y delicadas (es decir, débiles).  A los diez años me caí y herí la mitad del rostro.  Existencia. Dado mi accidente, me dejaron escoger mi ropa durante el reposo. Yo escogí pantalones, camisetas holgadas, y sombreros que me protegieran del sol. Escogí mis juegos y mis libros. Me sentí libre. Espacio en mi pecho, donde antes había presión. Incómoda. Seguir un guión es incómodo. Salirte de él también. Pero al dejar las páginas golpeé las comillas y pude darme de nición propia...  Me miro al espejo y soy persona.  Primera vez. Las pequeñas—y—grandes—violencias por doquier. En las canciones, los libros, la tele, los amigos y en la familia. En desconocidos. Se vive diariamente. Las comillas me persiguen, pero lucho por borrarlas una y otra vez.  Lucho por ser mujer.

Traduction temporaire :

Entre guillemets

J'avais dix ans quand, pour la première fois, je me suis sentie gênée d'exister comme « femme ». Quelle phrase étrange, non ? Étudions-la. « Femme ». Terme enfermé entre guillemets, parce que libres, nous ne le sommes pas. Une « femme » doit suivre un scénario pré-écrit. Que dit le scénario ? Que nous sommes des êtres sentimentaux (c’est-à-dire irrationnels), souriantes (c’est-à-dire agréables), tranquilles (c’est-à-dire soumises), belles (c’est-à-dire des objets) et délicates (c’est-à-dire faibles). À dix ans, je suis tombée et la moitié de mon visage a été blessée. Existence. Vu mon accident, on me laissa choisir mes vêtements pendant la convalescence.

Projet Justine / Elena – texte 198

Contrastes

Frente al ventanal de la cocina de ella, se despliega un cedro azul. En el pequeño patio de él, resiste un limonero. Nada relaciona un pino cuyas agujas brillan cuando llueve, con un árbol de frutos redondeados y amarillos como soles; sin embargo ella y él se enamoran.  La vida, observando la línea que se ensancha en el horizonte, oscura, preñada de tormentas, toma su cámara fotográfica y enfoca la lente sobre ellos: se ven tan confiados dentro de su luz.

Traduction temporaire :

Contrastes

Devant la baie vitrée de sa cuisine à elle, se déploie un cèdre bleu. Dans son petit patio à lui, un citronnier tient le coup. Aucun rapport entre un pin dont les aiguilles brillent quand il pleut et un arbre aux fruits arrondis et aussi jaunes que des soleils, pourtant elle et lui tombent amoureux. Observant la ligne qui s'élargit sur l'horizon, obscure, gravide d'orages, la vie prend son appareil photo et fait la mise au point sur eux : ils ont l'air si confiants dans sa lumière.

Projet Chloé T – phrases 55-58

Presiona la doble mazorca del altar y los brazos de la diosa del maíz se levantan para abrazarla. Las manos de filo de obsidiana se dirigen a su corazón y su garganta. La joven cierra los ojos y piensa en cómo serían las cosas si la Historia del titiritero hubiera sido diferente. Se pregunta si sería posible que el color de la piel o la riqueza ya no importaran, que nadie tuviera que morir para que el resto pudiera alimentarse. O si las personas siempre serían personas.

Traduction temporaire :
Il appuie sur le double épis de l’autel et les bras de la déesse du maïs se lèvent pour l'enlacer. Ses mains en obsidienne tranchante s'avancent vers son cœur et sa gorge. La jeune fille ferme les yeux et se demande comment seraient les choses si l’Histoire du marionnettiste avait été différente, si la couleur de la peau ou la richesse n’avaient plus d’importance et si personne ne devait mourir pour que les autres puissent se nourrir.  Ou bien si les gens seraient toujours les mêmes.

samedi 10 mars 2018

Projet Chloé T – phrases 53-54

Su corazón y su piel servirían de sustento a la diosa, para que la tierra se regenerara y los pobres del mundo pudieran alimentarse; no sólo en el aspecto físico, sino también bajo la forma de entrega de conocimiento a los ignorantes. El Portador de Deseos de los Dioses canturrea los cánticos en honor a Xilonen mientras corta sus cabellos.

Traduction temporaire :

Son cœur et sa peau allaient servir d’aliment à la déesse, pour que la terre se régénère et que les pauvres de ce monde puissent se nourrir, non seulement sur le plan physique, mais également en livrant des savoirs aux ignorants. Le Porteur des Volontés des Dieux chantonne les cantiques en hommage à Xilonen tout en lui coupant les cheveux.

Projet Justine / Elena – texte 197

Puerto

Para su sorpresa, la cama donde está acostado se transforma en balsa. Y el piso, en mar. El techo, cielo abierto. Sólo el frío y la oscuridad permanecen sin cambio.  Con cuidado para no voltearla, se arrodilla sobre esos troncos —tan precariamente unidos— donde ahora habita. De algún modo le recuerdan a Los Duraznos, la quinta de sus abuelos, los veranos de la niñez y aquel sol hecho jugo de fruta escurriéndose por los dedos. En esta noche de hoy se inclina y cava en el agua. Busca angustiosamente. Desconoce qué: sólo intuye que lo perdido era imprescindible. Fuera de ese gran hoyo que su frenesí va formando, no aparece nada. Una aguda sensación de extrañeza lo embarga, según parece, ese hoyo es su lugar de arribo. Tampoco comprende dónde se acumula el mar que quita. De pronto sus manos se iluminan: están azules, por momentos también grises, o tan negras que sólo algún reflejo plateado permite verlas, están doradas, o vio- lentamente verdes. Si no fuera por este mal presentimiento, lloraría de emoción ante tanta belleza.

Traduction temporaire :

Port

À sa grande surprise, le lit sur lequel il est couché se transforme en radeau. Et le sol devient mer. Le plafond, ciel ouvert. Seuls le froid et l'obscurité ne changent pas. Pour ne pas retourner l'embarcation, il s'agenouille prudemment sur les rondins – si précairement assemblés – où il habite maintenant. D'une certaine façon, ils lui rappellent les Pêches, la maison de campagne de ses grands-parents, les étés de son enfance et ce soleil transformé en jus de fruits coulant sur les doigts. Cette nuit-là, il se penche et creuse dans l'eau. Il cherche avec angoisse. Il ignore quoi, il a juste l'intuition que ce qu'on a perdu était indispensable. Rien n'apparaît, hormis ce trou que forme sa frénésie. Une intense sensation d'étonnement le submerge. Apparemment, ce trou est son lieu d'arrivée. Il ne comprend pas non plus où s'accumule la mer qu'il enlève. Ses mains s'illuminent soudain : elles sont bleues, grises par moments, ou si noires que seul un reflet argenté permet de les voir. Elles sont dorées, ou violemment vertes. N'eut été ce mauvais pressentiment, il pleurerait d'émotion devant tant de beauté. 

Projet Justine / Elena – texte 196

Frontera

Se asoma al espejo y ve que nieva. Siente alivio, le agrada no hallarse ante lo que supuso inevitable: el reflejo de su rostro demacrado bajo el agobio del calor y las paredes transpiradas del baño.  Más curioso que sorprendido, aguza la vista para descubrir qué hay detrás de esa cortina fría, sutil, que lo enfrenta desde el cristal. (Ojalá su pensamiento fuese tan agudo como para comprender que verá algo a la vez bello y tenebroso). Observa ese blanco prístino que cubre lo desconocido, ve las marcas. Son sus huellas, sí, lo sabe ahora como si lo hubiese sabido siempre, son sus propias huellas que se alejan. Ojalá tuviera tiempo suficiente para volver sobre sus pasos.

Traduction temporaire :

Frontière

Il se regarde dans le miroir et voit qu'il neige. Il se sent soulagé. Il est content de ne pas se retrouver face à ce qu'il avait supposé inévitable : le reflet de son visage émacié sous l’étouffement de la chaleur et les murs suintants de la salle de bains. Plus curieux que surpris, il plisse les yeux pour découvrir ce qu'il y a derrière ce rideau froid, subtil, qui lui fait face depuis la vitre. (Pourvu que sa pensée soit aussi spirituelle pour comprendre qu'il verra quelque chose de beau et de ténébreux à la fois). Il observe ce blanc originel qui recouvre l'inconnu, il voit les marques. Ce sont ses traces, oui. Il le sait à présent, comme s'il l'avait toujours su. Ce sont ses propres traces qui s'éloignent. Pourvu qu'il ait le temps de revenir sur ses pas.

Projet Justine / Elena – texte 195

Piedra y nido

En el último carromato de la caravana viajan las noticias. No hay jerarquía entre ellas: el nacimiento de la primera hija de los Carranza no tiene por qué ser más importante que la cabra perdida del viejo Miller. La gente sabe que se nace para morir y que en un mundo finito lo perdido vuelve a encontrarse, así que ningún pueblo las recibe con el trato debido a un huésped de honor. Resentidas, se aíslan hasta acabar petrificándose. La cordillera, en proceso de cambio continuo por esta causa, obliga a la caravana a girar por senderos cada vez más peligrosos y murmura lo que a nadie interesa oír.  Tanto acopio de información a veces provoca explosiones; entonces, las montañas develan a gritos aquello que las engendró. En momentos de crisis como ésos, la caravana se detiene y los pasajeros buscan refugio. Bajo los árboles están a salvo. Las hojas hacen de filtro protector quitando, de aque- lla furia que gravita sobre ellos, las palabras que causan daño. Capeado el temporal, unas pocas frases quedan sueltas repitiéndose como un mantra. Provocan la ilusión de escuchar agua en movimiento, como un río que corriese encajonado entre una pared de cuarzo y otra de malaquita.

Traduction temporaire :

 Pierre et nid

Les nouvelles sont transportées dans la dernière roulotte de la caravane. Pas de hiérarchie entre elles : la naissance de la première fille des Carranza n'a pas de raison d'être plus importante que la chèvre perdue du vieux Miller. Les gens sachant qu'on naît pour mourir et que dans un monde fini, on retrouve ce qu'on a perdu, aucun village ne les reçoit avec la déférence due à un invité de marque. Aigries, elles s'isolent jusqu'à finir pétrifiées. En conséquence : dans un processus de changement continu, la cordillère oblige la caravane à tourner sur des sentiers de plus en plus dangereux et murmure ce que personne n'a envie d'entendre. Une telle surabondance d'informations provoque parfois des explosions ; là, les montagnes révèlent à cor et à cri ce qui les a engendrées. En temps de crise comme ceux-là, la caravane s'arrête et les passagers cherchent refuge. Sous les arbres, ils sont à l'abri. Les feuilles servent de filtre protecteur, enlevant les mots qui blessent de la fureur gravitant au-dessus d'eux. La tempête passée, une poignée de phrases flottent en liberté, se répétant comme un mantra. Elles créent une illusion auditive, celle de l'eau en mouvement, telle une rivière courant encaissée entre un mur en quartz et un autre en malachite.

vendredi 9 mars 2018

Projet Sonita 22 – phrase 16

Sólo que después le dio sentimiento, y pena, y se recordó a sí mismo cuando su padre lo obligaba a hacer cosas para las que aún no tenía la estatura ni la fuerza, e imaginó al hijo del vecino a la cae que no cae transportando la cubeta llena de agua desde el grifo de la calle hasta las inmediaciones del carro azul, lo imaginó parado de puntitas y brincando para alcanzar las partes más altas, subiéndose a un banquito para pasar el trapo mojado por el capote. 

Traduction temporaire :

 Sauf qu’après, il l’a regretté et en a éprouvé du chagrin, il s’est rappelé lorsque son père l’obligeait à faire des choses pour lesquelles il n’avait encore ni la taille ni la force. Et il a imaginé le fils du voisin, en train de porter un seau rempli d’eau du robinet de la rue, brinquebalant jusqu’à la voiture bleue. Il l’a imaginé debout, sur la pointe des pieds,  sautillant pour atteindre les parties les plus hautes, montant sur un petit tabouret afin de passer le chiffon mouillé sur le toit.

mercredi 7 mars 2018

Projet Justine / Elena – texte 194

Condenados

Creo recordar que fui a su casa un día de invierno. Vi que él estaba solo, sin la compañía de sus amigos de siempre.  —El otro se los llevó —me dijo.  Supongo que era invierno porque, si hago memoria sobre aquel hecho y me concentro con todas mis fuerzas, siento un frío de escarcha cubriéndome los pies. Es posible que yo anduviese buscando las huellas del rapto en esa escarcha, que continuara mi pesquisa dentro de los galpones, escarbando entre las herramientas en desuso. Es posible que caminase hasta los viejos portones de la fábrica abandonada. No sé si fue un delirio, pero entonces a mi lado pasó un ser compuesto sólo por una cabeza humana de la que salía un vientre enorme (como si el monstruo estuviese preñado): de su ombligo surgían hombres diminutos vestidos de traje y corbata que trotaban a su lado procurando que la bestia no los pisoteara. Tanto esfuerzo elegante causaba gracia. Creo que reí.  Creo que grité mi desconsuelo.  Una mañana el otro vino a por él. Era verano. Tomé una piedra, con un cincel grabé su nombre. Y las palabras de costumbre: "Otro más".

Traduction temporaire :

Condamnés

Je crois me souvenir que je suis allé chez lui un jour d'hiver. J'ai vu qu'il était seul, sans la compagnie de ses amis de toujours. — L'autre les a emmenés, m'a-t-il dit. Je suppose que c'était l'hiver, parce que si j'essaie de me rappeler ce fait et que je me concentre de toutes mes forces, je sens un froid glacial m'envelopper les pieds. Il est possible que j'aie marché dans le givre à la recherche des traces de l'enlèvement, que j'aie continué mon enquête dans les hangars en fouillant dans les outils hors d'usage. Il est possible que j'aie avancé jusqu'aux anciennes portes immenses de l'usine abandonnée. J'ignore si j'ai déliré, mais est alors passé à côté de moi un être uniquement composé d'une tête humaine, d'où sortait un ventre énorme (comme si le monstre était enceint) : de son nombril jaillissaient des hommes minuscules en costume cravate qui trottaient auprès de lui en essayant de ne pas se faire piétiner par la bête. Un tel effort d'élégance faisait rire. Je crois que j'ai ri. Je crois que j'ai crié mon chagrin. Un matin, l'autre est venu le chercher. C'était l'été. J'ai pris une pierre, j'ai gravé son prénom au burin. Et les sempiternels mots : « Encore un ».

Projet Justine / Elena – texte 193

La modelo

Él busca un símbolo para su ideal. Algo vivo, que se defina en pocos trazos.  Y la encuentra. Blanca, menuda, dócil. Su mano de viejo es firme, y sin embargo tiembla. Ella no es vieja ni tiembla, pero obedece. Aleccionarla le toma menos tiempo del previsto  —No creía que alguien sumiso pudiera ser inteligente —piensa, des- cubriéndose contrariado.  Da por finalizadas las instrucciones y se aleja sin observar que hubo otra que también prestaba atención.  Espera lo convenido.  Ocupado en captar la suavidad del movimiento de ella en su dibujo, no nota que es otra la que pasa volando, ni la mancha de sangre en la rama de olivo que lleva en el pico.

Traduction temporaire :

Le modèle

Il cherche un symbole pour son idéal. Quelque chose de vivant, qui se définisse en quelques traits à peine. Soudain, il la trouve. Blanche, menue, docile. Sa main de vieillard est ferme, et pourtant, il tremble. Elle, elle n'est pas vieille et ne tremble pas, mais elle obéit. La former lui prend moins de temps que prévu. — Je ne pensais pas que quelqu'un de soumis pouvait être intelligent, se dit-il en se découvrant contrarié. Il considère que sa formation est terminée et s'éloigne sans remarquer qu'une autre était également attentive. Il laisse passer le temps qu'il faut. Occupé à capter la douceur du mouvement du modèle dans son dessin, il ne remarque pas que c'est l'autre qui passe en volant, ni la tache de sang sur le rameau d'olivier qu'elle tient dans le bec.

Projet Justine / Elena – texte 192

Darse cuenta

Está sentado sobre una tabla que, calcula, ha de tener unos treinta cen- tímetros de ancho. Hacia derecha e izquierda, este camino de madera que lo sostiene parece no tener fin. Sus pies cuelgan sobre un abismo insondable. No corre viento y ni siquiera la presencia familiar del sol le acompaña; sin embargo, el cielo, sereno, diáfano, tiene ese color turquesa que sólo re- cuerda haber disfrutado alguna tarde bienaventurada de verano.  La precariedad tortuosa de la situación no le asusta: soledad y altura, e incluso esa inmovilidad en la que se mantiene para no correr el riesgo de caer al vacío, son desdichas que, por concretas, su mente puede procesar. Lo que le aterra es el cielo: no le cree esta máscara de belleza bajo la cual ha elegido mostrarse. Intuye que está pronto a quebrarse como un espejo, abrirse en bestias primigenias o descubrir las ruinas aún humeantes de un mundo devastado, o bien dar paso a una lluvia de suicidas. Espantos que, aun toscos y previsibles, así inventados, sugeridos, logran infundirle pánico.  —La belleza sólo existe como amenaza —dice en voz alta, dándole a las palabras el tono brusco de quien encuentra lo que no busca.  Alguien, algo, escucha. 

Traduction temporaire :

Se rendre compte

Il est assis sur une planche qui, d'après ses calculs, doit mesurer environ trente centimètres de large. À droite et à gauche, ce chemin en bois qui le soutient semble être sans fin. Ses pieds pendent au-dessus d'un abîme insondable. Il n'y a pas de vent, pas même la présence familière du soleil pour l'accompagner ; cependant, le ciel, serein, diaphane a cette couleur turquoise dont il se rappelle n'avoir profité que par une heureuse après-midi d'été. La tortueuse précarité de la situation ne l'effraie pas : solitude et hauteur, et même l'immobilité dans laquelle il se tient pour ne pas risquer de tomber dans le vide, sont des malheurs que son esprit peut traiter parce qu'ils sont concrets. Ce qui le terrifie, c'est le ciel : il ne croit pas à ce masque de beauté sous lequel il a choisi de se montrer. Il a l'intuition qu'il est sur le point de se briser comme un miroir, de s'ouvrir en bêtes primitives, ou de découvrir les ruines encore fumantes d'un monde dévasté, ou bien d'ouvrir la voie à une pluie de suicides. Des frayeurs qui, même grossières et prévisibles, inventées de la sorte, suggérées arrivent à lui inspirer de la panique. — La beauté n'existe que comme une menace, dit-il à voix haute, donnant à ses mots le ton brusque de celui qui trouve ce qu'il ne cherche pas. Quelqu'un, quelque chose, écoute.

samedi 3 mars 2018

Projet Justine / Elena – texte 191

Quitar el rastro

Ese olor nauseabundo, fue despertarse y percibirlo. Ese olor a papel maldito delataba la situación: hoy le tocaba a él, no podía ser otra cosa.  —Ni el primero de mayo descansan éstos  —pensó. Su mujer, extrañada al verlo cambiarse con tanto apuro en un día feriado, le alcanzó un mate. En circunstancias normales habría hecho la pregunta, pero éstas no lo eran. Decidió que lo mejor sería dejarlo solo un rato, pretextó salir a comprar cigarrillos. —Quizá demore, amor, tengo que encontrar  kiosco abierto.  Le puso un abrigo  a Naldo y lo llevó con ella. El olor crecía, se dilataba, parecía tomar fuerzas de sí mismo y agigantarse. Timbre.  Allí, sostenido por la punta de sus dedos como un bicho asqueroso, estaba el papel temido. El telegrama donde el Banco Provincial lo desafectaba de sus servicios poniéndolo a disposición del poder ejecutivo. Ahora le sucedía a él lo mismo que en los últimos meses le había sucedido a cientos de sus compañeros, el gobernador lo ocuparía en alguna pocilga a cambio de un cuarto de su sueldo. Y a cerrar la boca, que ofrecer batalla es peor.  Con aquel bicho arrastrándose por la casa el olor era insoportable. Penetraba  su nariz y, con la fuerza de un río que se abriera en varias corrientes, nublaba sus ojos, ensordecía sus oídos, depositaba un sedimento mugroso en su cerebro. Creyó estar aspirando, también, el espanto de otros. —Narices Empleados Bancarios Desaparecidos y Otros Fantasmas —dijo con voz de  anunciante publicitario. Como una película, según dicen sucede antes de la muerte, pasaron por su mente la prenda que pesaba sobre el auto, la cuota del colegio privado de Naldito, la cuenta corriente en la farmacia…—. Narices acreedores en pánico —agregó riendo a carcajadas. Luego, repentinamente serio al recordar una de las tantas consecuencias que sufrían la mayoría de los sometidos al traslado forzoso, murmuró—: Narices divorcios en puerta. Ella no debía verlo. ¿Dónde se escondía el miserable? Tenía que eliminar al menos el rastro, el olor. Su nariz atraía aquel olor repugnante. Debía quitársela. Imposible. Imposible no. Querer es poder, porque así reza el dicho.  —Querer es poder, Arnaldo —le decía siempre la querida señorita Nené, su maestra de sexto grado. Ella fue quien lo alentó para que no se conformara con trabajar en la bicicletería del viejo, para que continuase estudiando —. Querer es poder, como decía San Martín —repetía en su memoria aquella voz remota, dulce, suave, maternal. Don José de San Martín y el retrato escolar tan claro en su memoria. La mirada decidida, la boca de gesto enérgico, la nariz aguileña. Nariz, por unos instantes la había olvidado. Con un arma de fuego habría resultado más fácil, en su defecto, ahí estaba la tenaza.

Traduction temporaire :

Effacer les traces

Cette odeur nauséabonde, il la perçut dès son réveil. Cette odeur de papier maudit révélait la situation : aujourd'hui, c'était son tour, ça ne pouvait être que ça. Ces gens-là ne se reposent pas, même le premier mai. Étonnée de le voir se changer si prestement un jour férié, sa femme lui tendit un maté. Dans des circonstances normales, elle lui aurait posé la question, mais là, elles ne l'étaient pas. Elle décida que le mieux serait de le laisser seul un moment, elle prétexta sortir pour aller acheter des cigarettes. — Je vais peut-être tarder, mon amour, il faut que je trouve un bureau de tabac ouvert. Elle enfila un manteau à Naldo et l'emmena avec elle. L'odeur s'intensifiait, se dilatait, semblait puiser ses forces en elle-même et prendre des proportions gigantesques. Sonnette. Tenu par le bout de ses doigts telle une bestiole dégoûtante, le papier redouté se trouvait là. Le télégramme où la Banque Provinciale le mettait à disposition du pouvoir exécutif en le déchargeant de ses fonctions. Maintenant, il lui arrivait la même chose qu'à des centaines de ses collègues au cours des derniers mois, le gouverneur allait l'employer dans une porcherie pour un quart de son salaire. Et mieux vaut qu'il la ferme, se battre est pire. Avec cette bestiole rampant dans la maison, l'odeur était insupportable. Elle pénétrait son nez et, avec la force d'un fleuve qui s'ouvrirait en plusieurs courants, elle brouillait ses yeux, assourdissait ses oreilles, déposait un sédiment crasseux dans son cerveau. Il crut aspirer l'effroi des autres aussi. — Les Employés de Banque Disparus et Autres Fantômes, mon œil ! s'écria-t-il avec une voix d'annonceur publicitaire. 

Projet Justine / Elena – texte 190

Cirugía mayor

—Ofrézcame otra solución —dice. Su tono suave, educado, esconde una súplica. El médico la observa desde la cima donde cree que su profesión lo ubica. Se trata de una mirada lejana, con el toque justo de indiferencia y desdén que dedica a los ignorantes que se atreven a cuestionar su juicio. El hielo de esos ojos la quiebra. —Como usted diga, doctor.  Las alas que le pueblan el pecho están pegadas al corazón, extirparlas toma más tiempo del previsto.  Ya no escuchará más trinos, ni le acosará el deseo neurótico de elevarse por encima de esa realidad chata que la circunda.  El posoperatorio es largo y traumático.

Traduction temporaire :

Chirurgie lourde

— Proposez-moi une autre solution, dit-elle. Son ton doux, poli, cache une supplique. Le médecin la regarde depuis le sommet où il croit que sa profession le place. Un regard lointain où se mêle juste ce qu'il faut d'indifférence et de dédain qu'il réserve aux ignorants qui osent remettre son avis en question. La glace de ses yeux la brise. — Comme vous voudrez, docteur. Les ailes qui peuplent sa poitrine sont collées à son cœur, les extirper prend plus de temps que prévu. Elle n'entendra plus de chants, ne sera plus assaillie par le désir névrotique de s'élever au-dessus de cette réalité étriquée qui l'entoure. La période postopératoire est longue et traumatisante.

Projet Justine / Elena – texte 189

Montería

Nuestra tragedia comenzó tres meses atrás, el día del santo patrono, cuando las jaurías aumentaron su ferocidad. Antes sólo debíamos cuidar a los niños, pues dejarlos en la calle sin custodia era exponerlos a una amenaza fatal, pero ahora sólo los adultos jóvenes y sanos pueden aventurarse fuera de sus hogares, en grupo y armados. Llevamos noventa y cuatro días de un espanto al que nadie sabe cómo nombrar.  Nuestras bajas son numerosas, tanto por enfrentamiento directo como por el colapso del sistema: es difícil conseguir remedios y pronto comenzará a matarnos el hambre. Nosotros también matamos, pero allí donde cae uno de ellos, parece que dos, cinco, diez, brotaran en su lugar.  Los más viejos afirman que hubo un tiempo en que las dos especies convivíamos en paz. Flaco consuelo nos ofrece el conocimiento. Este sitio nos ha debilitado hasta ponernos al borde del exterminio. El enemigo, cada vez más numeroso, patrulla nuestras calles sin descanso. 

Traduction temporaire :

Chasse à courre

Notre tragédie débuta trois mois plus tôt, le jour de la fête de notre saint patron, quand les meutes devinrent plus féroces. Auparavant, nous ne devions veiller que sur les enfants ; en effet, les laisser dans la rue sans surveillance revenait à les exposer à une menace fatale, mais maintenant, seuls les jeunes adultes en bonne santé peuvent s'aventurer hors de chez eux, à condition d'être en groupe et armés. Nous avons vécu quatre-vingt-quatorze jours d'un effroi que personne ne saurait nommer. Nos pertes sont nombreuses, autant dans les affrontements directs que dans l'effondrement du système : il est difficile de trouver des médicaments et la faim nous tuera bientôt. Nous aussi nous tuons, mais là où l'un d'eux tombe, on a l'impression d'en voir deux, cinq, dix, surgir à sa place. Les plus vieux affirment qu'à une époque, nos deux espèces cohabitaient en paix.  Le savoir nous offre une maigre consolation. Ce siège nous a affaiblis jusqu'à nous conduire au bord de l'extermination. De plus en plus nombreux, nos ennemis patrouillent sans relâche dans nos rues. 

Projet Justine / Elena – texte 188

Socavón 

Microrrelato escrito en apoyo al reclamo del pueblo minero español, julio 2012  “El poder hizo sus cuentas y, ciego a los intereses del pueblo, decidió decapitar el subsidio a la minería”.  Paquita levanta el panfleto de la vereda y lee con cuidado; algunas palabras son muy difíciles. Sin embargo, y contra lo que se podría creer, comprende. El poder odia las flores de su jardín, odia el vino con el que celebran los cumpleaños y nacimientos —y que a ella papá y mamá todavía no le permiten probar—, odia las canciones que el abuelo canta en el acordeón a pesar de esa tos que a veces le ahoga, odia sus juguetes y sus juegos. Por su corta edad, desconoce ciertos lugares inmundos a los que suele arrastrar a niñas que crecen desde el seno de pueblos fantasmas y hogares quebrados, aunque tal desconocimiento no le impide imaginarlo bestial. Entonces piensa en León y sonríe, segura de que su ladrido guardián espantará a la bestia cuando sea necesario.

Traduction temporaire :

Fondis

Microrécit écrit pour soutenir la revendication des mineurs du peuple espagnol, juillet 2012

« Le pouvoir fit ses calculs et, aveugle aux intérêts du peuple, décida de décapiter la subvention minière. » Paquita ramasse le pamphlet sur le trottoir et lit attentivement ; certains mots sont très difficiles. Toutefois, contrairement à ce que l'on pourrait croire, elle comprend. Le pouvoir hait les fleurs de son jardin, hait le vin avec lequel on arrose les anniversaires et les naissances – et que papa et maman ne la laissent pas encore goûter –, hait les chansons que chante son grand-père en s'accompagnant à l’accordéon, malgré cette toux qui l'étouffe parfois, hait ses jouets et ses jeux. À cause de son jeune âge, elle ne connaît pas certains lieux immondes dans lesquels on a l'habitude de traîner des fillettes qui grandissent au sein de villages fantômes et de foyers brisés, même si une telle méconnaissance ne l'empêche pas de l'imaginer bestial. Alors elle pense à Lion et sourit, certaine que son aboiement protecteur effraiera la bête quand ce sera nécessaire. 

vendredi 2 mars 2018

Projet Cindy 4 – phrases 212-217

Pero cuando su dolor se condensaba hasta herirla como un puntazo, cuando la asediaba un deseo demasiado imperioso de despertar a Luis para pegarle o acariciarlo, se escurría de puntillas hacia el cuarto de vestir y abría la ventana. El cuarto se llenaba instantáneamente de discretos ruidos y discretas presencias, de pisadas misteriosas, de aleteos, de sutiles chasquidos vegetales, del dulce gemido de un grillo escondido bajo la corteza del gomero sumido en las estrellas de una calurosa noche estival. Su fiebre decaía a medida que sus pies desnudos se iban helando poco a poco sobre la estera. No sabía por qué le era tan fácil sufrir en aquel cuarto. Melancolía de Chopin engranando un estudio tras otro, engranando una melancolía tras otra, imperturbable. Y vino el otoño.

Traduction temporaire :

 Mais quand sa douleur se condensait au point de la blesser tel un coup de poing, quand une envie trop urgente de réveiller Luis pour le frapper ou le caresser l'assaillait, elle s'éclipsait sur la pointe des pieds vers le dressing et elle ouvrait la fenêtre. La pièce se remplissait instantanément de bruits discrets et de présences discrètes, de pas mystérieux, de palpitations, de subtils craquements végétaux, du doux gémissement d'un grillon caché sous l'écorce du caoutchouc plongé dans les étoiles d'une chaude nuit d'été. Sa fièvre retombait à mesure que ses pieds nus se refroidissaient sur le tapis. Elle ne savait pas pourquoi il lui était si facile de souffrir dans cette pièce-là. Mélancolie de Chopin, enchaînant une étude après l'autre, enchaînant une mélodie après l'autre, imperturbable. Et l'automne arriva.

jeudi 1 mars 2018

Projet Elsa / Sabrina – phrases 26-30

Hay una foto con Raúl Velasco, varias con extranjeros a los que no reconoces, otra con Luis Aguilar, con Silvia Pinal, con políticos (¿o serán empresarios?) cuyos nombres se te revuelven en la memoria. No te preguntes qué vinieron a preguntar, todo México ha estado aquí. O sí, pregúntatelo, porque tarda mucho, allá al fondo no ha parado de hablar. Está dando indicaciones a alguien sobre un mandado. Los tienes que escoger bien, dice, si no, se pudren enseguida.

Traduction temporaire :

 Il y a une photo avec Raúl Velasco, plusieurs avec des étrangers que tu ne reconnais pas, une autre avec Luis Aguilar, avec Silvia Pinal, avec des politiques (à moins qu'il ne s'agisse de chefs d’entreprises ?) dont les noms se confondent dans ta mémoire. Ne te demande pas ce qu'ils sont venus chercher, tout le Mexique s'est retrouvé ici. Ou plutôt si, demande-le-toi, parce qu'elle met beaucoup de temps ; là-bas, au fond, elle n'a pas arrêté de parler. Elle est en train de donner des indications à quelqu'un sur les courses à faire. Tu dois bien les choisir, dit-elle, sinon, ça pourrit tout de suite.

mercredi 28 février 2018

Projet Justine / Elena – texte 187

Revolución

Ella había escrito: INTERESES DEVENGADOS A PAGAR $ 40, cuando el cuarenta empezó a moverse hasta que desapareció hundiéndose en profundidades de hoja blanca. “Igual que el pez dorado de Caty cuando busca el fondo de la pecera” exclamó atónita. Esa fue la primera desaparición pero después vinieron las otras y ella y Caty y los demás vieron cómo los números abandonaban sus puestos, algunos llevándose con ellos las cosas que representaban: ciertos documentos de uso comercial, algunas cédulas de identidad y varios edificios de departamentos se perdieron para siempre. Hubo cifras imposibles de ser representadas, o de recordar. Y hubo muertos, gente a las que les estallaba el corazón intentando decir la fecha de su cumpleaños. Ella se quedó sin amigos, sufrió una crisis y tuvieron que internarla. Hoy le han dado de alta. Y está decidida, quiere distraerse. Si es posible, olvidar. Toma a Caty de la mano.  —Vamos a la plaza —dice.  La hamaca favorita de Caty está ocupada. Hay un nueve allí, sobre la tabla. El nueve se flexiona e impulsa la hamaca que va y viene suavemente. Ella se agacha, cubre a la nena con sus brazos.  —Están de regreso —murmura.

Traduction temporaire :

Révolution

Elle avait écrit : INTÉRÊTS DÛS À PAYER $ 40, lorsque le quarante commença à bouger jusqu'à disparaître en s'enfonçant dans les profondeurs de la feuille blanche. « Comme le poisson doré de Caty quand il cherche le fond de l'aquarium ! », s'exclama-t-elle, étonnée. Ce fut la première disparition, mais après, il y eut les autres. Elle et Caty et tout le monde virent les chiffres abandonner leurs postes, certains emportant avec eux les choses qu'ils représentaient. Ce fut la première disparition, mais après, il y eut les autres : certains documents à usage commercial, quelques cartes d'identité et plusieurs immeubles d'habitations furent à jamais perdus. Il y eut des chiffres impossibles à représenter ou à se rappeler. Et il y eut des morts, des gens dont le cœur explosait alors qu'ils tentaient de donner la date de leur anniversaire.  Elle, elle se retrouva sans amis, elle traversa une crise et il fallut l'interner. Aujourd'hui, on l'a laissée sortir. Et, elle est décidée, elle veut se distraire. Si possible, oublier. Elle prend Caty par la main.
— Allons sur la place, propose-t-elle.
Le hamac préféré de Caty est occupé. Il y a un neuf, là sur la planche. Le neuf se fléchit et pousse le hamac qui va et vient doucement. Elle s'accroupit, enveloppe la petite de ses bras. — Ils sont de retour, murmure-t-elle.

Projet Justine / Elena – texte 186

Un mundo siempre nuevo

—El mal vive en las criaturas del monte porque su inocencia es absoluta y todo exceso es perverso —dice el cura, y ya todos sabemos que este domingo el sermón se ha disparado en mi contra. Con esa falsa modestia que caracteriza a los paridos en el orden oportuno, mis seis hermanos mayores murmuran “amén”. Yo espero esas noches como una fiesta, que el cura hable y que ellos sigan susurrando hasta el día del Juicio Final. Apenas la luna llena despunta, cierro los ojos y siento que me hamaco, y ese vaivén se acelera hasta que la fuerza salvaje me alcanza como un golpe. Entonces corro a través de un mundo siempre nuevo para mí, hecho a partir de dos olores primigenios: el de la presa, y el de la hembra. El problema con las hembras es el sol, porque el sol me confunde, logra que desee como hembras a las mismas que después la luna me demuestra que son presas. —Mirá Francisca que puede ser peligroso — le dije.  —Así me gusta  —respondió. No agregó mas,  sonreía. O pretendía hacer una mueca para mostrarme los dientes, no sé. De otras ocasiones no dudo, los muestra como si gruñera. —Aprovechar la luna para salir de caza armado con el propio hocico, no es digno de un buen cristiano —grita el cura desde el púlpito. Pobre viejo, parece cansado.

Traduction temporaire :

Un monde toujours nouveau

— Le mal habite chaque être des bois parce que leur innocence est absolue et tout excès pervers, dit le curé. Nous le savons tous, ce dimanche-ci, le sermon est contre moi. Avec cette fausse modestie qui caractérise les enfants venus au monde au moment opportun, mes six frères aînés murmurent « amen ». Je me fais à l'avance une fête de ces soirées où le curé parle et eux continuent de chuchoter jusqu'au jour du Jugement Dernier. Dès qu'apparaît la pleine lune, je ferme les yeux. Je sens que je me balance et ce va-et-vient s'accélère, jusqu'à ce que la force sauvage m'atteigne, tel un coup. Je cours alors à travers un monde toujours nouveau pour moi, fait à partir de deux odeurs primitives : celle de la proie et celle de la femelle. Le problème avec les femelles, c'est le soleil ; parce que le soleil me trompe, il réussit à me faire désirer ces femelles qui, la lune me le démontre plus tard, sont des proies. — Attention, Francisca, cela peut-être dangereux, l'ai-je prévenue. — C'est ça qui me plaît, s'est-elle contentée de répondre. Elle souriait. Ou voulait faire une grimace pour me montrer les dents, je ne sais pas. En d'autres occasions, je n'ai pas le moindre doute, elle les montre comme si elle grognait. — Profiter de la lune pour sortir chasser armé de son museau n'est pas digne d'un bon chrétien, crie le curé depuis la chaire. Pauvre vieux, il a l'air fatigué.

Projet Justine / Elena – texte 185

Truco

Paloma regurgita chistera. Juego de apariencias.  Chistera expulsa ilusionista. Engaño, trampa. Público hastiado busca hombre sin fisuras experto en el arte de domar ilusionistas.  Hechicero quebrado, en ruinas, reclama con urgencia grimorio que lo transmute en hombre entero. Nadie responde a su reclamo. Ordena Nadie: caminarás cuarenta días bajo el sol ardiente del desierto con sus cuarenta noches bajo el diluvio helado. Hechicero obedece. Camina, llega a una torre heptagonal, vence a los siete guardianes que la custodian, desciende a través del mar que se inquieta bajo ella, toma el grimorio que se apoya en las astillas de cristal del fondo y desanda el camino andado sólo para encontrar que cuanto tiene en sus manos, es un libro cuyas páginas no existen. Nadie lo hizo víctima de un truco. Hechicero, paloma en mano, engrosa número de ilusionistas.   Público aplaude sin ganas.

Traduction temporaire :

Tour de magie

Colombe régurgite haut-de-forme. Jeu d'apparences. Haut-de-forme expulse illusionniste. Duperie, piège. Public excédé cherche homme sans fissures expert dans l'art de dompter des illusionnistes. Sorcier brisé, en ruines, réclame de toute urgence un grimoire qui le transmute en homme entier. Personne répond à sa demande. Personne ordonne : tu marcheras quarante jours sous le soleil brûlant du désert et les quarante nuits correspondantes sous le déluge glacé. Sorcier obéit. Il marche, il arrive à une tour heptagonale, terrasse les sept gardiens qui la surveillent, descend par la mer qui s'agite en-dessous, s'empare du grimoire qui repose sur les éclats de verre au fond de l'eau, avant de revenir sur ses pas, pour découvrir que tout ce qu'il a dans les mains, c'est un livre dont les pages n'existent pas. Personne lui a fait subir un tour de magie. Colombe dans une main, sorcier grossit les rangs illusionnistes. Public applaudit à contrecœur.

Projet Chloé T – phrases 51-52

Así que viviría el sueño mexica: iba a cruzar el mar en avedetrueno con ellos para residir en Tenochtitlan, la capital del mundo, en donde crecería rodeada del lujo y la opulencia hasta que alcanzara la mayoría de edad. Entonces, sería sacrificada a Chicomecóatl Xilonen, diosa de la naturaleza, la fertilidad y el maíz, durante el día de Hueytecuilhuitl, la gran vigilia.

Traduction temporaire :

Elle allait donc vivre le rêve méchique : traverser la mer en oiseau-tonnerre avec eux pour résider à Tenochtitlán, la capitale du monde, où elle allait grandir dans le luxe et l’opulence, jusqu’à ce qu’elle atteigne sa majorité. Alors, elle allait être sacrifiée à Chicomecóatl Xilonen, la déesse de la nature, de la fertilité et du maïs, le jour de Hueytecuilhuitl, la grande veillée.

Projet Basta ! Hélène / Guillaume – texte 3

DANAE BRUGIATI BOUSSOUNIS

La culona

El bullerengue alborota la noche. Ella baila, sensual y alegre. El macho la ronda, la busca, se la lleva...
—Culona rica, ahora eres mía.
Luego, ella descubre que es cojo. Él, que ella es excelente cocinera y pone un restaurante en Panamá, Calle H. Su mal empeoró y desde la silla de ruedas sigue gritando Culona esto y lo otro.
—Ah, sabroso este mondongo a la culona. Tiene tu nombre, ese que te di cuando te tendí en el playón del río.  El descontento a fuego lento arde bajo el coqueto amarre fe- menino que sujeta su pelo cuscú.  Ayer, el periódico decía: “De los escombros del incendio del restaurante La Culona en calle H sacaron los restos irreconocibles del dueño quien quedó atrapado en su silla de ruedas”.
Al obtener su boleto de vuelta a casa, dijo en voz alta y clara: — Aledis Morgana Mathews Galván.

Traduction temporaire :

Beau cul

Le rythme du bullerengue agite la nuit. Elle danse, sensuelle et heureuse. Le mâle lui tourne autour, la cherche, l'emporte avec lui…
— T'es à moi, maintenant, beau cul.
Elle découvre ensuite qu'il est boiteux. Lui, qu'elle est une excellente cuisinière. Alors, il ouvre un restaurant à Panama, dans la rue H. Sa maladie empira, et depuis son fauteuil roulant, il continue de crier « Beau cul, fais ci, fais ça ! ».
— Délicieuse cette soupe de tripes du beau cul ! Il porte ton nom, celui que je t'ai donné quand je t'ai allongée sur la plage du fleuve. Sous le coquet chouchou féminin qui retient ses cheveux crépus, son agacement brûle à feu doux. Hier, le journal annonçait : "Incendie du restaurant Le Beau cul : la dépouille méconnaissable du propriétaire resté prisonnier de son fauteuil roulant a été extraite des décombres". En obtenant son billet de retour chez elle, elle lança distinctement à voix haute : — Aledis Morgana Mathews Galván.

jeudi 22 février 2018

Projet Justine / Elena – texte 184

La Partida

—Al Registro Civil —indica con una voz que no reconoce como propia desde el último lunes a la noche.  Poco tránsito en la calle, o así le parece. El conductor protesta contra las autoridades municipales y ella, por esas reglas de cortesía que su madre le inculcó de niña, se obliga a mantener una conversación. Puede hacerlo porque hoy ya es jueves, y es de día.  Ingresa al Registro y observa, cree observar, que hay una sola persona: el empleado tras el mostrador. No se percata del aire denso que la rodea, propio de los lugares cerrados con mucha gente, ni del ruido que esa gente provoca.  —¿Cuántas necesita?  —Tres —responde. No sabe cuántas Partidas de Defunción necesita, pero el empleado exige un número. El dolor en las piernas indica que esperó lar- go tiempo de pie antes de que este hombre la atendiese, pero ella no efectúa ese análisis.  Fuera, en la vereda, sujeta con la mano izquierda un papel pequeño donde se señala que tiene derecho a volver dentro de siete días, entonces le entregarán una Partida original más dos copias autenticadas. No se le ocurre que lo más lógico y prudente sería guardar el papel dentro de la cartera pero entiende, eso sí, que debe volver a su casa. Mira la avenida, siempre colapsada de vehículos; no ve a nadie.  Razona que si vuelve al amplio edificio del que acaba de salir encontrará que el empleado ha desaparecido, que está sola en un mundo vacío de vida.  No se sorprende. 

Traduction temporaire :

L'acte

— À l'État Civil, indique-t-elle avec une voix qu'elle ne reconnaît plus comme sienne depuis lundi soir dernier. Peu de circulation dans la rue, du moins lui semble-t-il. Le chauffeur proteste contre les autorités municipales, et elle, à cause des règles de politesse que sa mère lui a inculquées quand elle était petite, elle se force à tenir une conversation. Elle peut le faire parce qu'on est déjà jeudi et qu'il fait jour. Elle rentre à l'État civil et remarque, elle croit remarquer, qu'il n'y a qu'une personne : l'employé derrière le comptoir. Elle ne se rend pas compte de la densité de l'air qui l'entoure, propre aux lieux fermés et bondés, ni du bruit que font les gens.
— Combien vous en faut-il ?
— Trois, répond-elle.
Elle ignore de combien d'Actes de Décès elle a besoin, mais l'employé exige un nombre. La douleur dans ses jambes indique qu'elle a attendu longtemps debout avant que cet homme ne s'occupe d'elle, mais elle, elle ne fait pas cette analyse. Dehors, sur le trottoir, elle tient dans sa main gauche un petit papier indiquant qu'elle a le droit de revenir dans sept jours, que là, on lui remettra un Acte original et deux copies authentifiées. S'il ne lui vient pas à l'esprit que le plus logique et le plus prudent serait de ranger le papier dans son portefeuille, elle comprend en revanche parfaitement qu'elle doit rentrer chez elle. Elle regarde l'avenue, toujours bondée de véhicules ; elle ne voit personne. Elle se dit que si elle retourne dans le grand immeuble dont elle vient de sortir, elle découvrira que l'employé a disparu, qu'elle est seule dans un monde vide de vie. Elle n'est pas surprise.

Projet Justine / Elena – texte 183

La plegaria

Viene en contramano, toma mal una curva, derrapa, se desbarranca y cae en el patio de la vieja casona familiar. Construcción solitaria, hoy derruida, de la que salió huyendo treinta años antes nada más que por sentirle el gusto al afuera y ser su único, permisivo, jefe, y buscar lo que de todas maneras habría encontrado porque era su destino. De todo lo que tuvo sólo resta un gato azul, y ambos se acomodan en el último, infecto cuartucho.  Cada atardecer hunde el rostro en ese azul inefable y, por unos instantes, se apropia de lo perdido: aquellas risas, las únicas que hallaban eco en su corazón, aquellas caricias que amaba.  No recuerda cómo fue que hoy logró conseguir las mandarinas que componen su cena mientras su compañero sale de correría. Cigarrillos siempre tiene, eso sí. Fuma sin descanso. Cuando ve que el cielo comienza a clarear por alguna de sus puntas, vacía la taza que usó de cenicero y ventila el cuarto. Al gato no le gusta el olor a humo y volverá marcharse si oye esa tos cavernosa que le ahoga.  De pronto ve que la silueta felina se recorta, elegante e impasible, contra la ventana abierta.  Respira lenta, cuidadosamente.  —Un atardecer más —suplica.  Suplica, sí, y sin embargo su actitud no es la del suplicante. Nadie podría adivinar tras esa calma, ese dominio de la situación que muestra aún cuando nadie ve (y quizá más aún cuando nadie, excepto él, ve), la enormidad de su nostalgia.  El gato permanece en el alféizar.  Sin impaciencia (con un esbozo de sonrisa incluso, como quien entiende que la realidad es sólo un juego) comprueba lo que ya sabe: las mandarinas se acabaron anoche. 

Traduction temporaire :

La prière

Il arrive à contresens, prend mal un virage, dérape, chute et atterrit dans le jardin de la vieille demeure familiale. Construction solitaire, aujourd'hui en ruines, dont il s'était enfui trente ans plus tôt rien que pour sentir le goût de dehors, être son seul chef, un chef permissif, et chercher ce qu'il aurait de toute façon trouvé parce ce que c'était son destin. Sur tout ce qui lui avait appartenu, il ne reste qu'un chat bleu, et le duo s'installe dans la dernière piaule infecte. Chaque crépuscule, il enfouit son visage dans ce bleu ineffable et, l'espace d'un instant, se réapproprie ce qu'il a perdu : ces rires, les seuls qui trouvaient écho dans son cœur, ces caresses qu'il aimait. Il ne se rappelle pas comment aujourd'hui, il a réussi à obtenir les mandarines qui composent son repas, tandis que son compagnon part faire une escapade. Il a toujours des cigarettes, ça, oui ! Il fume sans relâche. Quand il voit que le ciel commence à s'éclaircir d'un côté, il vide la tasse qu'il a utilisée comme cendrier et aère la pièce. Son chat n'aime pas l'odeur de la fumée et repartira s'il entend cette toux caverneuse qui l'étouffe. Soudain, il voit que la silhouette féline se découpe, élégante et impassible, contre la fenêtre ouverte. Il respire lentement, prudemment. — Encore un crépuscule, supplie-t-il. Oui, il supplie, alors même que son attitude n'est pas celle d'un suppliant. Derrière son calme apparent et la maîtrise de la situation qu'il affiche même quand personne ne regarde (et peut-être plus encore quand personne ne regarde, sauf lui), personne ne pourrait deviner l'énormité de sa nostalgie. Le chat reste sur le rebord de la fenêtre. Sans la moindre impatience (esquissant même un sourire, comme celui qui comprend que la réalité n'est qu'un jeu), il constate ce qu'il sait déjà : les mandarines ont été terminées hier soir.

Projet Justine / Elena – texte 182

Memoria 

—Desde entonces escribo —dice, obviando el saludo.  Entonces es ayer, cuando el médico le aconsejó que anotara los datos básicos de su vida para “demorar la enfermedad”.  Muestra con orgullo la breve lista. País, Argentina. Escuela primaria, Carlos Paz. Luna de miel, Bariloche.  De pronto recuerdo a Macondo y la terrible epidemia del olvido. Macondo me relaja y abro las manos que no sé desde cuándo estaban cerradas en puño.  Su letra ha cambiado. Falta poco para que entre de modo definitivo en algún mundo dentro de su cabeza donde yo no exista. Llegado ese momento, seré quien escriba para recordar. Pondré una nota que diga Ma- má al mantel de la cocina, Mamá a los tapices que bordó, Mamá a la caja donde guarda desde mis primeros dibujos hasta la libreta de la Facultad. Colocaré una nota que diga Mamá al portafolio de papá: ella lo puso sobre la cama cuando él murió, contra la almohada, donde papá apoyaba la cabeza.  —Desde entonces escribo para no desconocerla —diré.

Traduction temporaire :

Mémoire

— Depuis j'écris, annonce-t-elle, oubliant de dire bonjour. Depuis, c'est hier, quand le médecin lui a conseillé de noter les informations basiques de sa vie pour « retarder la maladie ». Elle montre fièrement sa liste succincte. Pays : Argentine. École primaire : Carlos Paz. Lune de miel : Bariloche. Soudain, je me rappelle Macondo et la terrible peste de l'oubli.  Macondo me détend et j'ouvre les mains qui sont fermées poings serrés depuis je ne sais combien de temps. Son écriture a changé. D'ici peu, elle entrera définitivement dans un monde où je n'existerai pas, à l'intérieur de sa tête. À ce moment-là, je serai celui qui écrira pour me souvenir d'elle. Je mettrai un post-it où on lira Maman sur la nappe de la cuisine, Maman sur les tapisseries qu'elle a brodées, Maman sur la boîte où elle garde depuis mes premiers dessins jusqu'à mes cours de la fac. Je collerai un post-it où on lira Maman sur la sacoche de papa ; elle l'avait déposée sur leur lit quand il est mort, contre l'oreiller, là où papa posait sa tête. — Depuis, j'écris pour ne pas l'oublier, expliquerai-je. 

lundi 19 février 2018

Projet Basta ! Rachel – texte 9

MARÍA CLARA FERNÁNDEZ

Yo, bidimensional

Centenas y centenas detrás del volante de su auto. Expertas del maquillaje y el peinado sobre ruedas. El desayuno en una mano, el celular en la otra, conversan con sus hijos, colegas, consigo mis- mas. Se preparan para un día más de trabajo, de lucha, de saber, en ocasiones, que hacen lo mismo o más que ellos y ganan lo mismo o menos. El tranque avanza y todas voltean, jan sus miradas en mí, con anhelo y rabia a la vez.  Las veo día a día, y día a día me disculpo por los estándares absurdos que sin querer impongo. Me disculpo por cada moretón oculto tras el maquillaje, por mi adicción a la soda que edita el fotógrafo en un abrir y cerrar de ojos.  Perdón por hacerles pensar que esa imagen que ven en el espejo no es genuina, real, perfecta. En la vida real yo tampoco me veo como en la valla.   

Traduction temporaire :

MARÍA CLARA FERNÁNDEZ

Moi, bidimensionnelle

Des centaines et des centaines derrière le volant de leur voiture. Expertes en maquillage et coiffure sur roues. Le petit-déjeuner dans une main, le portable dans l'autre, elles discutent avec leurs enfants, avec leurs collègues, avec elles-mêmes. Elles se préparent pour un jour supplémentaire de travail, de lutte, de savoir, où elles font parfois la même chose qu'eux, voire plus et où elles gagnent la même chose, voire moins. L'embouteillage avance et elles tournent toutes la tête, fixent sur moi leurs regards, avec envie et rage. Je les vois jour après jour, et jour après jour je m'excuse pour les standards absurdes que j'impose sans le vouloir. Je m'excuse pour chaque hématome dissimulé derrière le maquillage, pour mon addiction au soda que le photographe publie en un clin d’œil. Pardon de leur faire croire que cette image qu'elles regardent dans leur miroir n'est pas authentique, réelle, parfaite. Dans la vraie vie, je ne me vois pas non plus comme sur le panneau publicitaire.

mercredi 14 février 2018

Projet Justine / Elena – texte 181

El rebelde

Sabe que es tarde para él, y sin embargo puede no serlo para su familia si actúa rápido.  Huye. Peregrina por diversos antros, a cual más inhóspito.  Cuando su amada logra evadir el cerco de vigilancia con el que aprietan los enemigos, lo visita. Llega con palabras que son besos, caricias, con pala- bras que acercan voces ausentes como el “te queremos papi” que tanto necesita oír, con el “te quiero” sin el cual no vive. Comparte con él la única riqueza que logró conservar: cajas con álbumes llenos de fotos, libros, me- lodías que susurran o recuerdan juntos.  Ocurre que aquellas visitas se distancian, o así lo siente él; entonces, la soledad duele como un puñal clavado en las entrañas. Sin las pupilas de ella no tiene un espejo donde reflejarse y comienza a olvidar quién es.  Un día, un momento en el tiempo que quizá estuvo escrito desde siempre en el destino de ambos, ella llega, lo mira, no lo reconoce.

Traduction temporaire :

Le rebelle

Il sait qu'il est trop tard pour lui, mais pas forcément pour sa famille, s'il agit vite. Il s'enfuit. Il erre dans divers antres, tous plus inhospitaliers les uns que les autres. Quand son amante parvient à contourner le siège grâce auquel l'ennemi fait pression, elle lui rend visite. Elle arrive avec des mots qui sont des baisers, des caresses, avec des mots qui rapprochent des voix absentes, comme leur « on t'aime, papa » qu'il a tant besoin d'entendre, avec son « je t'aime » sans lequel il ne vit pas. Elle partage avec lui la seule richesse qu'elle a réussi à garder : des boîtes remplies d'albums photos, de livres, de mélodies qu'ils susurrent ou se rappellent ensemble. Il s'avère que ces visites s'espacent, c'est du moins ainsi qu'il le ressent ; la solitude lui fait alors aussi mal qu'un poignard planté dans les entrailles. Sans ses pupilles à elle, il n'a pas de miroir où se refléter et il commence à oublier qui il est. Un jour, un moment dans le temps qui avait peut-être été écrit depuis toujours dans leur destin à tous les deux, elle arrive, le regarde et ne le reconnaît pas.

Projet Justine / Elena – texte 180

La faja

Escucha el informe médico, sostiene su mano y, si está despierto, miente:  —Pronto volvés a casa.  Deja una faja limpia que la enfermera usará para sostener el vientre recién operado y se lleva la sucia, la misma que luego, en su casa, enjabona y refriega con especial dedicación puesto que hoy, reuniendo fuerzas a pesar del mal que lo consume, él ha contestado “gracias” a su mentira.  —Bastante generosa soy, cuando hace años que estamos separados —razona en voz alta.  Si alguien preguntara a los hijos, responderían que no fue su padre quien decidió que debía marcharse.  Junto con el agua de enjuague, la sangre de él corre por las manos de ella.

Traduction temporaire :

La gaine

Elle écoute le compte-rendu du médecin, tient sa main, et s'il est réveillé, elle lui ment : — Tu rentres bientôt à la maison. Elle laisse une gaine propre que l'infirmière utilisera pour maintenir le ventre fraîchement opéré et emporte la sale, celle-là même que, de retour chez elle, elle savonne et frotte avec un dévouement spécial, parce qu'aujourd'hui, rassemblant ses forces malgré le mal qui le ronge, il a répondu « merci » à son mensonge.  — Preuve que je suis assez généreuse, alors que ça fait des années qu'on est séparés, se dit-elle à voix haute. Si quelqu'un demandait à leurs enfants, ils répondraient que ce ne fut pas leur père qui avait décidé qu'il devait partir. Mêlé à l'eau de rinçage, son sang à lui coule sur ses mains à elle.

Projet Hélène / Audrey – phrases 179-183

Su siguiente visita se produjo una tarde, doce días después. Esta vez me hallaba mirando la televisión en la habitación de mis padres cuando, sin mediar motivo, sentí una ráfaga de aire gélido filtrarse por debajo de la puerta. Un súbito temor me inundó. No obstante, me levanté y fui a hasta el pasillo. De la sala llegaban las voces de una conversación. A medio camino quedé inmóvil: sentada en un sillón frente al corredor y con una taza de té en la mano, se hallaba la causante de mi falta de sueño, mis terrores nocturnos y, en última instancia, a quien también achacaba la causa de mi enfermedad.

Traduction temporaire :

Leur visite suivante eut lieu une après-midi, douze jours après. Cette fois, j’étais en train de regarder la télévision dans la chambre de mes parents quand, sans aucune raison, je sentis un souffle d’air glacial s’infiltrer sous la porte. Une peur soudaine m'envahit. Pourtant, je me levai et allai jusqu’au couloir. Les voix d’une conversation me parvenaient du salon. À mi-chemin, je m’immobilisai : assise dans un fauteuil en face du couloir, une tasse de thé à la main, elle était là, la responsable de mon manque de sommeil, de mes terreurs nocturnes et, en fin de compte, la personne que je rendais coupable de ma maladie.

Projet Basta ! Barbara

PAOLA VALDÉS

Soy mujer

Soy mujer contodasmisletras la desesperanza en la
gaveta izquierda
aliada del recuerdo primordial
de veranos no correspondidos
Último estertor de quien era
Látigos de fuego en mi espalda
sed de vida muros Otros Míos cae la piel
ajena
mi nombre
olvido

Traduction temporaire :

Je suis femme

Je suis femme entouteslettres le désespoir dans le
tiroir de gauche
allié du souvenir primordial
d'anciens étés non réciproques
Dernier râle de celle que j'étais
Fouets de feu sur mon dos
soif de vie murs Autres Miens la peau tombe
étrangère
mon nom
j'oublie

lundi 12 février 2018

Projet Sonita 22 – phrases 14-15

Porque de momento tiene el impulso de pronunciarlo con todas sus letras para que el niño que corre sin saber a dónde sepa cuál es una dirección posible. El mismo impulso, o similar -Humberto no sabe- que hizo decirle que sí a su vecino para que el niño lavara el auto de forma gratuita cada sábado por la mañana durante un mes, porque ésa era una lección que él también quería inculcarle a sus hijas: las consecuencias.

Traduction temporaire :

Parce que là, il a envie d'en prononcer chaque lettre, pour que l'enfant qui est en train de courir sans savoir vers où, sache quelle direction il est possible de prendre. Cette même envie, ou une autre, semblable – Humberto l'ignore – qui lui a fait accepter que l'enfant de son voisin lui lave sa voiture gratuitement chaque samedi, pendant un mois, parce que c'était une leçon qu'il aurait lui aussi voulu apprendre à ses filles : les conséquences.

Projet Elsa / Sabrina – phrases 19-25

El platito de la salsa sigue ahí, con una cuchara de plástico blanco sumergida en su totalidad. Atiendes los murmullos al fondo de un corredor, distingues dos voces. Una será la señora Ramírez. Le preguntas a la que trapea si tardará mucho, pero no te contesta. Aunque tarde una eternidad, no te queda sino esperar, lo tuyo es así. La pared está llena de fotografías. La señora Ramírez figura en todas, vestida de mandil.

Traduction temporaire :
La petite assiette de sauce est toujours là, une cuillère en plastique blanc entièrement plongée dedans. Tu prêtes attention aux murmures au fond du couloir, tu distingues deux voix. L'une d'elle doit être madame Ramírez. Tu demandes à la femme qui passe la serpillère si elle aura beaucoup de retard, mais elle ne te répond pas. Elle peut bien mettre une éternité, tu n'as pas d'autre choix qu'attendre ; tel est ton destin.  Le mur est couvert de photographies. Madame Ramírez apparaît sur chacune d'elles, vêtue d'un tablier.

vendredi 9 février 2018

Projet Justine / Elena – texte 179

Vida

—Dios es el primer alfarero —dice papá, y me enseña a amasar el barro para que no queden grumos. Los grumos arruinarían las cosas importantes que hace: platos, fuentes, ollas, macetas. Desde que era más chiquita me gusta verlo trabajar. Dice que enseñarme “el oficio” es un regalo que me hace porque es navidad, pero no, es porque aprendí a sumar rápido y también a leer. —¿El primer alfarero cómo? —pregunto mientras ponemos a secar las piezas antes de llevarlas al horno. Me gusta mucho ver el conejito que modelé al lado de sus cántaros. —¿Cómo? —ríe—. Haciendo con barro al primer hombre —. A veces habla de cosas que no entiendo a propósito, para que no se me vayan las ganas de estudiar—. Lo llamó Adán y es el padre de todos. Se pone serio, creo que piensa en el abuelo. Quiero darle la mano para espantar la tristeza pero está peor. Mira mi conejito que se ha llenado de esa pelusa blanca tan linda y ahora salta para el lado nuestro. Lo alzo, es tibio y suave. —Tocalo papi, no tengas miedo.

Traduction temporaire :

Vie

— Dieu est le premier potier, dit papa avant de me montrer comment pétrir la boue pour qu'il ne reste pas de grumeaux. Les grumeaux gâcheraient les choses importantes qu'il fait : assiettes, plats, marmites, pots. Depuis ma plus tendre enfance, j'aime le regarder travailler. Il prétend que m'enseigner « le métier » est un cadeau qu'il me fait parce c'est Noël, sauf qu'en réalité, c'est parce que j'appris vite à additionner et aussi à lire. — Comment ça, le premier potier ? demandé-je alors qu'on laisse les pièces sécher avant de les emporter pour les mettre dans le four. Ça me fait très plaisir de voir le petit lapin que j'ai modelé à côté de ses cruches. — Comment ça ? Il rit. En façonnant le premier homme avec de la boue. Parfois, il parle exprès de choses que je ne comprends pas, pour que je ne cesse d'avoir envie d'apprendre. Il l'a appelé Adam et c'est notre père à tous. Il devient sérieux, je m'imagine qu'il pense à mon grand-père. Je veux lui donner la main pour chasser sa tristesse, mais c'est pire. Il regarde mon petit lapin qui s'est couvert de ce si beau duvet blanc et qui bondit maintenant à côté de nous. Je le soulève, il est tiède et doux. — Touche-le, papa, n'aie pas peur.

Projet Justine / Elena – texte 178

Yocasta de Tebas

Los hombres siempre respetan las leyes de los dioses, siempre que les convenga.  Le convino a mi padre casarme con el rey Layo según se había estipulado. Le convino a Layo prestar oídos a aquel oráculo terrible y ordenar la muerte de nuestro único hijo. Pasé cada noche de las ciento noventa y siete lunas que siguieron a aquel momento atroz, enferma de pena, rencor y odio; asqueada, junto al monarca.  Supongo que Layo habrá pensado, una luna atrás,  que le convenía abandonar tanto Tebas, diezmada por la esfinge, como nuestro lecho frío. Se dirigía a Delfos pretextando hacer una consulta oracular cuando un viajante anónimo le dio muerte. Yo, sin que mensajero alguno hubiera llegado aun con la razón a palacio, lo supe. Sentía alivio, un alivio que a la vez era jolgorio, una alegría allí en mis partes íntimas, un renacer de mis entrañas. Como si hubiese presentido lo que ahora resulta, la ley, por fin, me favorece. La autoridad de los dioses, encarnada en esta ocasión en la persona de mi hermano, me impone como esposo al joven vencedor del monstruo que nos asolaba. Tan bello como sólo debe serlo Apolo en toda su gloria. Mi ciudad volverá a ser próspera gracias a su hazaña y, dada su juventud, seré yo quien mande en ella. Mi lecho conocerá la pasión y mi vientre dará a luz tantos hijos como sea posible.  No me importa hablar con desmesuras más propias de esclavas que de la reina que soy: me siento inmensamente feliz.

Traduction temporaire :

Jocaste de Thèbes

Les hommes respectent toujours les lois des dieux, à condition qu'elles leur conviennent. Il convint à mon père de me marier au roi Laïus comme cela avait été stipulé. Il convint à Laïus d'écouter ce terrible oracle et d'ordonner la mort de notre fils unique. Malade de chagrin, de rancœur et de haine, je passai chaque nuit des cent-quatre-vingt-dix-sept lunes qui suivirent ce moment atroce auprès du monarque, dégoûtée. Je suppose qu'une lune plus tôt Laïus se sera dit qu'il devait abandonner Thèbes, décimée par la sphinge, autant que notre lit froid. Prétextant aller consulter l'oracle, il était en route pour Delphes lorsqu'un voyageur anonyme lui donna la mort. Moi, je le sus alors même qu'aucun messager n'était encore arrivé au palais pour en expliquer la raison. J'éprouvais du soulagement, un soulagement qui était à la fois une fête, une joie au creux de mes parties intimes, une renaissance de mes entrailles. Comme si la loi avait pressenti ce qui arrive, elle est à présent en ma faveur, enfin. Incarnée à cette occasion en la personne de mon frère, l'autorité des dieux m'impose comme époux le jeune homme ayant triomphé du monstre qui nous anéantissait. Aussi beau que seul Apollon doit l'être dans toute sa splendeur. Grâce à son exploit, ma cité redeviendra prospère et, vu sa jeunesse, ce sera moi qui commanderai en ce lieu. Mon lit connaîtra la passion et mon ventre donnera naissance à autant d'enfants que possible. Je n'ai cure de tenir des propos immodérés plus propres aux esclaves qu'à la reine que je suis : je me sens immensément heureuse.

Projet Justine / Elena – texte 177

Whisky barato y consecuencia

Conoce los clientes del bodegón, sabe que debiera cantar otras canciones pero esta noche el hastío llegó temprano. El viejo hastío que, hasta hoy, siempre lo había atacado una vez puesta la llave en la cerradura de su casa, después de la actuación y de los tragos. Ahora no canta, sólo puntea la guitarra. Al primer chiflido se baja del escenario. —Otra como ésta y olvidate —dice el mandamás. —Traeme lo de siempre —replica con indiferencia mientras pone sobre la mesa el sombrero que calza cuando cumple el rol de artista. Para el sexto vaso, no sabe si es vedad que alguna vez fue un gran vocalista a quien el éxito acercó una multitud de admiradoras serviciales. —¿Cómo pudo aquel tipo terminar cantando por monedas en un bar de mala muerte? Quisiera responder a su pregunta pero la bebida ordinaria no combina bien con el hastío prematuro. —¡Quietos! —ruge alguien, un pibe con cara de loco que parece tener menos años que su propia pistola. Lo acompañan otros dos que podrían ser sus gemelos. La adrenalina provoca el milagro, siente que la vida regresa para correr por sus venas, sonríe. —Vos, el del sombrero. ¿Qué te pasa?     Mirá quien viene a reparar en el sombrero. Algo se agita en la boca de su estómago, tarda en reconocer la risa que asciende. —¿Che, puto de mierda, querés que te queme? —el delincuente tiembla de rabia y lo apunta. La carcajada es incontrolable.

Traduction temporaire :

Whisky bon marché et conséquence

Il connaît les clients de la taverne, il sait qu'il devrait chanter d'autres chansons, mais ce soir, la lassitude est arrivée tôt. La vielle lassitude qui, jusqu'à aujourd'hui, l'avait toujours assailli une fois la clé introduite dans la serrure de chez lui, après le spectacle et les verres. Maintenant, il ne chante plus, il pince juste les cordes de sa guitare. Au premier sifflet, il descend de scène. — Encore une comme ça et tu m'oublies ! menace le patron. — Sers-moi la même chose que d'habitude, réplique-t-il avec indifférence, tout en posant sur la table le chapeau qu'il coiffe quand il joue son rôle d'artiste. À son sixième verre, il ne sait plus si c'est vrai qu'un jour, il a été un grand chanteur à qui le succès a apporté une multitude d'admirateurs prévenants.       — Comment un type pareil s'est-il retrouvé à chanter pour quelques piécettes dans un bar minable ?     Il voudrait répondre à sa question, mais la boisson ne fait pas bon ménage avec la lassitude prématurée. — Que personne ne bouge ! rugit quelqu'un, un gamin avec un visage de fou qui paraît moins vieux que son pistolet. Il est accompagné de deux autres garçons qui pourraient être ses jumeaux. L'adrénaline provoque le miracle. Il sent la vie revenir et couler dans ses veines. Il sourit. — Hé, toi, avec le chapeau ! Qu'est-ce qui te prend ?  Tiens ! Il a remarqué son chapeau, lui. Quelque chose s'agite au creux de son estomac, il tarde à reconnaître le rire qui monte. — Hé, putain de merde ! Tu veux que je te fume ? Le délinquant tremble de rage et le vise avec son arme. Son éclat de rire est incontrôlable.

mercredi 7 février 2018

Projet Justine / Elena – texte 176

Ríos

“—¿Quién es? —pregunta aterrada, aunque no espera respuesta. Los golpes en la precaria puerta continúan; es el viento, la tormenta. Sabe que la creciente arrasará su choza e intuye que ha ocupado demasiados minutos procurando salvar sus míseras pertenencias; el río, esta vez, no le dará tiempo”.  Marca con un doblez la página del libro con el que intenta distraer esa rabia angustiosa que la domina.  —Como un río manso —piensa, mientras escucha los redobles de tambor de la manifestación que avanza. Desde el tercer piso donde está ubicado el departamento que alquila, mira pasar hombres, mujeres y niños. Son los trabajadores y sus familias. Trabajadores porque quisieran trabajar, pero están desocupados. —Como un río que crece minuto a minuto sin herir ni amenazar a nadie, al contrario: él es el perjudicado.  Aunque no se cuenta entre los que han recibido el odioso telegrama de despido, sabe que debería estar allí abajo, con ellos, apoyando. Desconoce qué forma de inacción o cobardía la mantiene inmóvil. La mantuvo inmóvil, porque ya se apresura en tomar campera y paraguas (una llovizna persistente, helada, moja la ciudad).  El timbre del portero eléctrico interrumpe la tarea de subir el cierre al abrigo.  —¿Quién es? —pregunta son una sonrisa. Supone se trata de la broma inocente de alguno de los niños.  —Correo Argentino —gruñe una voz desconocida. 

Traduction temporaire :

Fleuves

« — Qui est-ce ? demande-t-elle terrifiée, bien qu'elle n'attende pas de réponse. Les coups contre la porte précaire continuent ; c'est le vent, l'orage. Elle sait que la crue emportera sa hutte et devine qu'elle a perdu trop de minutes à tenter de sauver ses misérables possessions ; cette fois, le fleuve ne lui laissera pas de temps. » Elle corne la page du livre grâce auquel elle essaie de détourner cette rage angoissante qui s'empare d'elle. — Comme un fleuve tranquille, se dit-elle en écoutant les roulements de tambour du cortège de manifestants qui avance. De l'appartement qu'elle loue au troisième étage, elle regarde passer des hommes, des femmes et des enfants. Ce sont les travailleurs et leurs familles. Travailleurs parce qu'ils voudraient travailler, mais ils sont au chômage. — Comme un fleuve qui grossit minute par minute sans blesser ni menacer personne ; au contraire, c'est lui la victime." Bien qu'elle ne compte pas parmi ceux qui ont reçu l'odieux télégramme de licenciement, elle sait qu'elle devrait être en bas, avec eux, pour les soutenir. Elle ignore quelle forme d'inaction ou de lâcheté la maintient immobile.  Enfin, l'avait maintenue immobile, parce qu'elle se dépêche déjà d'attraper son blouson et son parapluie (une bruine persistante, glacée, mouille la ville). La sonnette de l'interphone l'interrompt alors qu'elle monte la fermeture éclair de son manteau. — Qui est-ce ? demande-t-elle avec un sourire. Elle imagine qu'il s'agit de la blague innocente d'un des enfants. — Le facteur, grogne une voix inconnue.

Projet Justine / Elena – texte 175

Separación

Es raro ver a mamá en ese sillón donde nunca se sienta porque es para las visitas. Tampoco sabe por qué papá junta toda su ropa. Deja la leche sin terminar y va hacia la ventana que da al patio, mira afuera, de espaldas a ellos. Una mariposa se acerca. La brusquedad con que papá golpea la puerta de la calle hace cimbrar los vidrios. Se da la vuelta; mamá tiene los ojos llenos de lágrimas.  Podría decir: “si dejás de llorar te dibujo una mariposa”.  Quisiera explicar “no nos abandona, está acá aunque se vaya”, pero sus tres años no le permiten juntar esas palabras. Entonces su propia sombra, que se proyecta larga sobre el piso, le da la idea. Se agacha y besa la silueta oscura.  —Papá —dice. 

Traduction temporaire :

Séparation

C'est bizarre de voir maman dans ce fauteuil où elle ne s'assied jamais parce qu'il est réservé aux visiteurs. Il ne sait pas non plus pourquoi papa rassemble tous ses vêtements. Il ne finit pas son lait et va à la fenêtre qui donne sur la cour, regarde dehors, il leur tourne le dos. Un papillon s'approche. La brusquerie avec laquelle papa claque la porte de la rue fait vibrer les carreaux. Il se retourne ; maman a des larmes plein les yeux. Il pourrait dire : « si tu arrêtes de pleurer, je te dessine un papillon ». Il voudrait expliquer : « il ne nous abandonne pas ; il est là, même s'il s'en va », mais ses trois ans ne lui permettent pas d'aligner ces mots. Son ombre, qui se projette en longueur sur le sol, lui donne alors une idée. Il s'accroupit et embrasse la silhouette sombre. — Papa, dit-il.

Projet Justine / Elena – texte 174

Regocijo

Él vio a una desconocida, está seguro.  —¿Cómo, si el amontonamiento del basural apenas deja ver de noche? —le increpa un niño cara sucia cuyas costras de roña parecen duplicar su peso exiguo. El resto de la barra apoya al desconfiado.  —¡La vi con estos dos ojos! —los chiquilines ríen, su ojo izquierdo, que a ratos se desvía como si quisiera unir fuerzas con la nariz, ni derecho ni tor- cido logra ver nada—. Dejó un ramo de flores abajo del árbol que está después del paredón. Capaz que hay un muerto ahí, enterrado —agrega con el desparpajo que le otorgan sus diez años largos de hambre. Sonrisa torcida, perversa.  Haciendo caso omiso a la escarcha que el sol aún no derrite, recogen del basural algo que fue una pala. Entusiasmados, discuten quién será el que cave, pues cada uno encuentra el argumento que justifica su derecho a usarla. La expectativa colorea sus mejillas magras, los excita.  —Yo pateo las flores si todavía no las han cagado los perros —anuncia—. ¿Y si el muerto tiene anillo, cadena, medallita? —habla entre risas.  Los otros, mocos expuestos al aire gélido, ríen con él. La felicidad es contagiosa.

Traduction temporaire :

Gaieté

Il a vu une inconnue, il en est sûr. — Mais comment, si la nuit l'amoncellement d'ordures permet à peine de voir ? lui reproche un enfant au visage sale et recouvert de croûtes de crasse qui semblent multiplier par deux son faible poids. Le reste du bar soutient le sceptique.  — Je l'ai vue de mes yeux vus !  Les gamins se marrent. Son œil gauche dévie de temps en temps, comme s'il voulait unir ses forces à celles du nez ; or, aligné ou de travers, il ne voit rien. Elle a déposé un bouquet de fleurs sous l'arbre derrière le gros mur. Possible qu'il y ait un mort enterré là, ajoute-t-il avec la désinvolture que lui confère ses dix longues années passées à avoir faim. Sourire tordu, pervers. Ignorant le givre que le soleil ne fait pas encore fondre, ils récupèrent dans le tas d'ordures quelque chose qui fut jadis une pelle. Enthousiastes, ils débattent pour savoir qui creusera, parce que chacun trouve l'argument justifiant son droit de l'utiliser. Cette perspective colore leur joues maigres, les excite. — Je piétine les fleurs si les chiens n'ont pas encore chié dessus, annonce-t-il. Et si le mort a une bague, une chaîne, une petite médaille ? Il parle au milieu des rires. Les autres, leur morve exposée en plein vent glacial, rient avec lui. Le bonheur est contagieux.