Plateforme communautaire et participative de traduction espagnol / français ; français / espagnol – Université Paris Nanterre
mercredi 16 juin 2010
mardi 15 juin 2010
« De la nécessité d’avoir un stagiaire… », par Amélie Rioual
Soyons francs : dans chaque service de chaque entreprise, le stagiaire est amené, un jour ou l’autre, à jouer les petites mains. C’est-à-dire à effectuer les tâches ingrates ou répétitives que personne n’a envie de faire au moment où il faut les faire (stagiaire y compris, mais on ne lui demande pas son avis, à lui). Au service commercial des Éditions Lattès, nous ne dérogeons pas à la règle ; j’en ai donc fait les frais depuis mon arrivée, et plus particulièrement ces derniers temps, période de présentation de la rentrée littéraire à venir. Vous allez comprendre…
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit livraison des nouveaux livres à la maison d’édition et dit également comités de lecture et réunions dans les grandes enseignes de diffusion pour décider quel livre sera davantage mis en avant, lequel recevra un prix, lequel aura l’honneur de figurer sur la couverture du prochain numéro, etc. Si ces questions ne sont pas existentielles, elles sont néanmoins cruciales pour ce qui intéresse le plus le service où je me trouve : les chiffres (qui, soit dit en passant, sont quelque peu en berne à cette époque, crise oblige). Il est donc primordial que ces acteurs fondamentaux soient en possession desdits livres le plus vite possible, d’autant plus que nous ne sommes pas très en avance par rapport aux autres maisons. À partir de là, deux cas de figure : pour la Fnac, Virgin, Cultura et j’en passe, il s’agit d’envoyer des colis de 10 à 25 livres. À nouveau deux possibilités : ou Gilles, notre responsable des stocks, est présent, auquel cas je lui prépare les tas, lui laisse les étiquettes avec les adresses et il s’en charge, très gentiment. Ou bien il est absent, comme la semaine dernière. Et là… je me transforme soudainement en reine du cutter, de la machine à scotch et de l’optimisation de l’espace dans un carton. « Bagatelles » me direz-vous. Bien sûr… mais 20 livres que multiplient 7 titres de la Rentrée Littéraire que multiplient5 grandes enseignes? 700. À méditer. Second cas de figure : l’adresse du destinataire se trouve à deux pas de la maison d’édition et les quantités sont minimes (au bout d’un mois et demi, j’ai trouvé le décodeur : deux pas signifie 1,5 kilomètre et quantité minime se situe entre 10 et 20). Puisque c’est à deux pas, on ne va quand même pas appeler un coursier, étant donné que l’on a une paire de jambes qui fonctionne sous la main ! Alors, je remplis mes sacs et je sors prendre l’air. « Plutôt agréable » commenterez-vous. Certes…mais 20 que multiplient 7 que multiplient…vous vous souvenez ? Bon.
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit aussi petit déjeuner ou déjeuners de présentation. À Paris, nous organisons un petit déjeuner au cours duquel nous invitons tous les libraires parisiens (susceptibles d’être intéressés par nos publications) ainsi que les auteurs de la rentrée littéraire française, pour qu’ils viennent parler de leurs romans. Cet événement était initialement prévu le 24 juin, à 9h30 (ce « initialement » devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille). J’ai donc créé des invitations, écrit ou imprimé les adresses sur environ deux cents enveloppes, glissé les invitations à l’intérieur puis déposé le tout près de la machine à affranchir. Nous étions dans les temps (pour une fois), tout se déroulait parfaitement. Sauf que mercredi dernier, à 16h45, nous avons appris par une éditrice qu’un préavis de grève avait été déposé par tous les syndicats, notamment ceux des transports, pour ce jeudi 24 juin. Impossible donc pour nous de maintenir cette date car nous n’aurions eu que très peu de monde : c’est donc reporté au lendemain. C’est bien joli tout ça mais il fallait bien prévenir les gens… Un mail collectif ? Nécessaire mais insuffisant. Un coup de téléphone à chacun ? Indispensable mais trop tôt. Refaire une invitation sur le modèle de l’ancienne, sur laquelle on lit clairement que la date a changé. Parfait. Et devinez qui a dû réécrire les deux cents enveloppes ? Quant à la province – comme ils disent ici – nous lui réservons des déjeuners, où sont rassemblés une vingtaine de libraires, quelques auteurs, une éditrice et le directeur commercial. Lille, Toulouse, Marseille et Lyon. Pour chaque ville, même schéma : faire une invitation, l’imprimer en autant d’exemplaires que d’invités, la couper, la mettre dans des enveloppes dûment remplies. Puis les appeler. Les ennuis arrivent quand personne ne pense à me prévenir qu’il y a plusieurs listes d’invités dans chaque pochette et que moi, je n’y pense pas, jusqu’au vendredi, 17h15. Une fois n’est pas coutume, rester au boulot jusqu’à 19h une veille de week-end, ce n’est pas si terrible !
J’ai l’air de me plaindre comme ça, mais pas du tout. Ces tâches parfois ingrates permettent de voir du monde, de communiquer, de devenir polyvalent (coursier, secrétaire, standardiste, déménageur, pro de la manutention, créateur), de connaître de mieux en mieux les librairies, les livres parus et à paraître et de ne pas s’ennuyer .
Une question, pourtant, me taraude : comment survivraient-ils sans leurs stagiaires ?
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit livraison des nouveaux livres à la maison d’édition et dit également comités de lecture et réunions dans les grandes enseignes de diffusion pour décider quel livre sera davantage mis en avant, lequel recevra un prix, lequel aura l’honneur de figurer sur la couverture du prochain numéro, etc. Si ces questions ne sont pas existentielles, elles sont néanmoins cruciales pour ce qui intéresse le plus le service où je me trouve : les chiffres (qui, soit dit en passant, sont quelque peu en berne à cette époque, crise oblige). Il est donc primordial que ces acteurs fondamentaux soient en possession desdits livres le plus vite possible, d’autant plus que nous ne sommes pas très en avance par rapport aux autres maisons. À partir de là, deux cas de figure : pour la Fnac, Virgin, Cultura et j’en passe, il s’agit d’envoyer des colis de 10 à 25 livres. À nouveau deux possibilités : ou Gilles, notre responsable des stocks, est présent, auquel cas je lui prépare les tas, lui laisse les étiquettes avec les adresses et il s’en charge, très gentiment. Ou bien il est absent, comme la semaine dernière. Et là… je me transforme soudainement en reine du cutter, de la machine à scotch et de l’optimisation de l’espace dans un carton. « Bagatelles » me direz-vous. Bien sûr… mais 20 livres que multiplient 7 titres de la Rentrée Littéraire que multiplient5 grandes enseignes? 700. À méditer. Second cas de figure : l’adresse du destinataire se trouve à deux pas de la maison d’édition et les quantités sont minimes (au bout d’un mois et demi, j’ai trouvé le décodeur : deux pas signifie 1,5 kilomètre et quantité minime se situe entre 10 et 20). Puisque c’est à deux pas, on ne va quand même pas appeler un coursier, étant donné que l’on a une paire de jambes qui fonctionne sous la main ! Alors, je remplis mes sacs et je sors prendre l’air. « Plutôt agréable » commenterez-vous. Certes…mais 20 que multiplient 7 que multiplient…vous vous souvenez ? Bon.
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit aussi petit déjeuner ou déjeuners de présentation. À Paris, nous organisons un petit déjeuner au cours duquel nous invitons tous les libraires parisiens (susceptibles d’être intéressés par nos publications) ainsi que les auteurs de la rentrée littéraire française, pour qu’ils viennent parler de leurs romans. Cet événement était initialement prévu le 24 juin, à 9h30 (ce « initialement » devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille). J’ai donc créé des invitations, écrit ou imprimé les adresses sur environ deux cents enveloppes, glissé les invitations à l’intérieur puis déposé le tout près de la machine à affranchir. Nous étions dans les temps (pour une fois), tout se déroulait parfaitement. Sauf que mercredi dernier, à 16h45, nous avons appris par une éditrice qu’un préavis de grève avait été déposé par tous les syndicats, notamment ceux des transports, pour ce jeudi 24 juin. Impossible donc pour nous de maintenir cette date car nous n’aurions eu que très peu de monde : c’est donc reporté au lendemain. C’est bien joli tout ça mais il fallait bien prévenir les gens… Un mail collectif ? Nécessaire mais insuffisant. Un coup de téléphone à chacun ? Indispensable mais trop tôt. Refaire une invitation sur le modèle de l’ancienne, sur laquelle on lit clairement que la date a changé. Parfait. Et devinez qui a dû réécrire les deux cents enveloppes ? Quant à la province – comme ils disent ici – nous lui réservons des déjeuners, où sont rassemblés une vingtaine de libraires, quelques auteurs, une éditrice et le directeur commercial. Lille, Toulouse, Marseille et Lyon. Pour chaque ville, même schéma : faire une invitation, l’imprimer en autant d’exemplaires que d’invités, la couper, la mettre dans des enveloppes dûment remplies. Puis les appeler. Les ennuis arrivent quand personne ne pense à me prévenir qu’il y a plusieurs listes d’invités dans chaque pochette et que moi, je n’y pense pas, jusqu’au vendredi, 17h15. Une fois n’est pas coutume, rester au boulot jusqu’à 19h une veille de week-end, ce n’est pas si terrible !
J’ai l’air de me plaindre comme ça, mais pas du tout. Ces tâches parfois ingrates permettent de voir du monde, de communiquer, de devenir polyvalent (coursier, secrétaire, standardiste, déménageur, pro de la manutention, créateur), de connaître de mieux en mieux les librairies, les livres parus et à paraître et de ne pas s’ennuyer .
Une question, pourtant, me taraude : comment survivraient-ils sans leurs stagiaires ?
Libellés :
Billets des apprentis,
promo Aline Schulman,
Stages
lundi 14 juin 2010
dimanche 13 juin 2010
Avis aux futurs apprentis bordelais… de la troisième promotion
En photo : FOISON, par niac180Sur Tradabordo, vous trouverez et produirez vous-mêmes régulièrement, pour ne pas dire quotidiennement, de la matière : des références culturelles, des exercices de version et d'écriture (obligatoires et à rendre pour publication une fois par semaine – en général le vendredi ; au départ, le rythme est soutenu et vous aurez peut-être un peu de mal à suivre [les anciens vous le confirmeront : l'année de Master 2 bordelais n'est pas une promenade de santé], mais il faudra vous y habituer rapidement, dans la mesure où, après tout, ça n'est qu'un petit avant-goût de ce que suppose le métier de traducteur, quelques semaines pour de nombreuses pages et de très nombreuses relectures), des phrases de thème de temps en temps (facultatives, mais utiles pour celles et ceux qui souhaitent ne pas perdre la main avec cet exercice), des informations relatives aux cours et aux divers rendez-vous que nous aurons avec des intervenants extérieurs, conférenciers, tuteurs… Bien évidemment, pour que le blog vous soit vraiment utile, il ne faut pas que vous négligiez les archives (colonne de droite, « Libellés »). Opérez des sondages ici et là… Laissez-vous conduire, rebondissez d'un article à l'autre : outre que s'y trouvent les travaux des deux anciennes promotions, il y a de très nombreuses versions déjà faites par d'autres, étudiants ou simples sympathisants tradabordiens (excellent moyen de s'entraîner pour être opérationnel à la fin de la formation… Opérationnel, cela signifie qu'un professionnel vous jugera digne de confiance et suffisamment compétent pour vous confier la traduction d'un ouvrage), c'est effectivement là que vous dénicherez la presque intégralité des réponses aux multiples questions que vous vous posez et poserez, sur le stage, sur la traduction longue à rendre à la fin de l'année, etc. Dans la rubrique Lectures, vous aurez également nombre de références à des ouvrages ou articles traitant de la traduction et des traducteurs… À vous de comprendre l'intérêt de vous cultiver sur le domaine et d'apprendre à dialoguer indirectement avec vos collègues en lisant leurs écrits, témoignagnes, interviews… Pour compléter, utilisez également le moteur de recherche.
À vous d'ajouter votre pierre à un édifice déjà respectable… 47 abonnés, près de 3000 posts, de très nombreuses visites et une réelle richesse de contenu grâce au travail de tous.
À vous d'ajouter votre pierre à un édifice déjà respectable… 47 abonnés, près de 3000 posts, de très nombreuses visites et une réelle richesse de contenu grâce au travail de tous.
Votre version de la semaine
El afilado peine de dientes de cerdo se posó delicadamente sobre la piel del antebrazo, el anciano alzó con firmeza el pequeño mazo de madera y Tapú Tetuanúi cerró el puño y apretó los labios dispuesto a demostrar que era un hombre, y ni el más leve lamento, ni tan siquiera un gesto, delataría que el dolor que sabía que iba a experimentar le afectaba en lo más mínimo.
El viejo tatuador comprobó que cada una de las púas estaba colocada sobre el lugar exacto siguiendo el cuidado dibujo que previamente había trazado, clavó los ojos en el rostro de su jovencísimo paciente, sonrió para sus adentros al comprobar la decisión que se podía leer en su mirada, y por último golpeó secamente la cabeza del largo mango de hueso de ballena haciendo que las blancas agujas se clavaran lo justo para atravesar la piel sin llegar a herir la carne.
Pese a estarlo aguardando casi desde que tenía uso de razón, el joven Tapú Tetuanúi no pudo evitar un leve gesto de sorpresa ante la agresión, puesto que era aquél un dolor que no se parecía a ningún otro que hubiese experimentado hasta el presente, quizá debido precisamente al hecho de llevar tanto tiempo esperándolo.
El dolor solía llegar casi siempre de improviso, debido a un golpe, una caída o un descuido a la hora de pisar un erizo mientras pescaba en la laguna, pero advertir cómo el mazo caía y de inmediato la nuca parecía contraérsele, era algo chocante que jamás había sufrido hasta el presente.
El anciano volvió a mirarle a los ojos, y se diría que sabía de antemano lo que iba a descubrir en ellos, puesto que de inmediato retiró el peine, y tras mojarlo en una gran concha que contenía una tinta hecha a base de aceite de nuez de «tairí» y carbón vegetal, lo posó apenas sobre la siguiente línea del dibujo.
El viejo tatuador comprobó que cada una de las púas estaba colocada sobre el lugar exacto siguiendo el cuidado dibujo que previamente había trazado, clavó los ojos en el rostro de su jovencísimo paciente, sonrió para sus adentros al comprobar la decisión que se podía leer en su mirada, y por último golpeó secamente la cabeza del largo mango de hueso de ballena haciendo que las blancas agujas se clavaran lo justo para atravesar la piel sin llegar a herir la carne.
Pese a estarlo aguardando casi desde que tenía uso de razón, el joven Tapú Tetuanúi no pudo evitar un leve gesto de sorpresa ante la agresión, puesto que era aquél un dolor que no se parecía a ningún otro que hubiese experimentado hasta el presente, quizá debido precisamente al hecho de llevar tanto tiempo esperándolo.
El dolor solía llegar casi siempre de improviso, debido a un golpe, una caída o un descuido a la hora de pisar un erizo mientras pescaba en la laguna, pero advertir cómo el mazo caía y de inmediato la nuca parecía contraérsele, era algo chocante que jamás había sufrido hasta el presente.
El anciano volvió a mirarle a los ojos, y se diría que sabía de antemano lo que iba a descubrir en ellos, puesto que de inmediato retiró el peine, y tras mojarlo en una gran concha que contenía una tinta hecha a base de aceite de nuez de «tairí» y carbón vegetal, lo posó apenas sobre la siguiente línea del dibujo.
Alberto Vázquez Figueroa, Bora Bora
samedi 12 juin 2010
vendredi 11 juin 2010
jeudi 10 juin 2010
mercredi 9 juin 2010
Modification…
Cela sera précisé sur les convocations des candidats retenus pour le test, mais je vous informe d'ores et déjà que le test aura lieu en salle C 104 et non en I 109.
mardi 8 juin 2010
Repêchée in extremis
N'allant que très rarement sur notre forum de discussion, qui n'a pas eu le succès attendu auprès de la section d'anglais (ralliement indispensable pour que l'ensemble ait un sens), je n'avais pas vu ce message (du 21 avril !) d'Alouette :
« bonjour,
je suis nouvelle sur ce forum et vous remercie d'avance.
je traduis une nouvelle péruvienne et je doute de la traduction de 3 expressions 'entre autres choses!!). la 1ère "muchachito de cuernos" que j'ai traduit par "sal petit diable", "pedazo de bestia peluda" par "morpion", et enfin la dernière "divertirse como enanos":j'ai trouvé "s'amuser comme des enfants". pour les 2 premières, c'est une mère en colère après son enfant.
Merci beaucoup »
Peut-être quelqu'un l'aidera-t-il. Les apprenties ont la tête à leurs stages et à leurs traductions longues, mais si l'une d'entre elles, ou les amis tradabordiens, passent dans les parages à ses heures perdues, ce serait sympa de l'aider… Peut-être n'est-ce pas trop tard.
« bonjour,
je suis nouvelle sur ce forum et vous remercie d'avance.
je traduis une nouvelle péruvienne et je doute de la traduction de 3 expressions 'entre autres choses!!). la 1ère "muchachito de cuernos" que j'ai traduit par "sal petit diable", "pedazo de bestia peluda" par "morpion", et enfin la dernière "divertirse como enanos":j'ai trouvé "s'amuser comme des enfants". pour les 2 premières, c'est une mère en colère après son enfant.
Merci beaucoup »
Peut-être quelqu'un l'aidera-t-il. Les apprenties ont la tête à leurs stages et à leurs traductions longues, mais si l'une d'entre elles, ou les amis tradabordiens, passent dans les parages à ses heures perdues, ce serait sympa de l'aider… Peut-être n'est-ce pas trop tard.
Rappel
Le test de la première session de recutement de la promo 2010-2011 aura lieu le 18 juin, de 14h00 à 17h00, en salle I 109. Seuls pourront y participer les candidats dont les dossiers auront été retenus par la commission d'évaluation, qui se réunira le 10 juin. Pour celles et ceux qui souhaitent s'entraîner, je rappelle que vous trouverez les sujets des deux dernières années sur le site ou dans les archives du blog.
lundi 7 juin 2010
dimanche 6 juin 2010
samedi 5 juin 2010
vendredi 4 juin 2010
jeudi 3 juin 2010
Références culturelles, 478 : Iñaki Urdangarin
En photo : Dec. 4/09 - Raptors vs Wizards, par Raps Fanhttp://es.wikipedia.org/wiki/I%C3%B1aki_Urdangarin
Votre version de la semaine
En photo : viento a favor, par saul landellHacía un día espléndido, con un cielo azul de bandera y una brisa limpia y fresca que olía a otoño y a mar. Mi Barcelona favorita siempre fue la de octubre, cuando le sale el alma a pasear y uno se hace más sabio con sólo beber de la fuente de Canaletas, que durante esos días, de puro milagro, no sabe ni a cloro. Avanzaba a paso ligero, sorteando limpiabotas, chupatintas que volvían del cafetito de media mañana, vendedores de lotería y un ballet de barrenderos que parecían estar puliendo la ciudad a pincel, sin prisa y con trazo puntillista. Ya por entonces, Barcelona empezaba a llenarse de coches, y a la altura del semáforo de la calle Balmes observé apostadas en ambas aceras cuadrigas de oficinistas con gabardina gris y mirada hambrienta, comiéndose un Studebaker con los ojos como si se tratase de una cupletera en salto de cama. Subí por Balmes hasta Gran Vía, viéndomelas con semáforos, tranvías, automóviles y hasta motocicletas con sidecar. En un escaparate vi un cartel de la casa Phillips que anunciaba la llegada de un nuevo mesías, la televisión, que se decía iba a cambiarnos la vida y nos iba a transformar a todos en seres del futuro, como los americanos. Fermín Romero de Torres, que siempre estaba al tanto de todos los inventos, había profetizado ya lo que iba a suceder.
Carlos Ruiz Zafón, La sombra del viento
***
***
La traduction « officielle », par François Maspéro :
La journée était splendide, avec un ciel bleu vif et une brise pure et fraîche qui sentait l’automne et la mer. Ma Barcelone préférée a toujours été celle d’octobre, lorsque nous prennent des envies de promenade et que nous nous sentons mieux rien que d’avoir bu l’eau de la fontaine des Canaletas qui, ces jours-là, miracle, n’a même plus le goût du chlore. Je marchais d’un pas rapide, évitant les cireurs de chaussures, les gratte-papiers qui revenaient de leur pause-café, les vendeurs de billets de loterie et un ballet de balayeurs qui semblaient nettoyer la ville au pinceau, sans hâte et par petites touches pointillistes. À l’époque, Barcelone commençait à se remplir de voitures, et à la hauteur du feu de la rue Balmes j’observai sur les deux trottoirs des quadriges de bureaucrates en gabardine grise couver de leurs yeux faméliques une Studebaker comme s’il s’agissait d’une diva au saut du lit. Je remontai la rue Balmes jusqu’à la Gran Vía, en affrontant les feux de croisement, les tramways, les voitures et même des side-cars. Dans une vitrine, je vis un panneau publicitaire de la maison Philips qui annonçait la venue d’un nouveau messie, la télévision, dont il était dit qu’elle changerait notre vie et nous transformerait en créatures du futur, à l’image des Américains. Fermín Romero de Torres, toujours au courant des inventions, avait déjà prophétisé la suite.
La journée était splendide, avec un ciel bleu vif et une brise pure et fraîche qui sentait l’automne et la mer. Ma Barcelone préférée a toujours été celle d’octobre, lorsque nous prennent des envies de promenade et que nous nous sentons mieux rien que d’avoir bu l’eau de la fontaine des Canaletas qui, ces jours-là, miracle, n’a même plus le goût du chlore. Je marchais d’un pas rapide, évitant les cireurs de chaussures, les gratte-papiers qui revenaient de leur pause-café, les vendeurs de billets de loterie et un ballet de balayeurs qui semblaient nettoyer la ville au pinceau, sans hâte et par petites touches pointillistes. À l’époque, Barcelone commençait à se remplir de voitures, et à la hauteur du feu de la rue Balmes j’observai sur les deux trottoirs des quadriges de bureaucrates en gabardine grise couver de leurs yeux faméliques une Studebaker comme s’il s’agissait d’une diva au saut du lit. Je remontai la rue Balmes jusqu’à la Gran Vía, en affrontant les feux de croisement, les tramways, les voitures et même des side-cars. Dans une vitrine, je vis un panneau publicitaire de la maison Philips qui annonçait la venue d’un nouveau messie, la télévision, dont il était dit qu’elle changerait notre vie et nous transformerait en créatures du futur, à l’image des Américains. Fermín Romero de Torres, toujours au courant des inventions, avait déjà prophétisé la suite.
***
Amélie nous propose sa traduction :
Le temps était splendide, avec un ciel bleu vif et une brise pure et fraîche qui sentait l’automne et la mer. J’ai toujours préféré Barcelone en octobre, quand l’envie nous prend de sortir nous promener et qu’on devient plus sage rien qu’en buvant à la fontaine de Canaletas qui, ces jours-là, comme par miracle, n’a pas du tout le goût du chlore. J’avançais d’un pas léger, évitant les cireurs de chaussures, les gratte-papiers qui revenaient de la pause café du milieu de matinée, les vendeurs de billets de loterie et un ballet de balayeurs qui semblaient polir la ville au pinceau, sans hâte et par touches pointillistes. À l’époque, Barcelone commençait déjà à se gorger de voitures, et à la hauteur du feu de la calle Balmes, j’observai des quadriges de bureaucrates en gabardine grise et au regard vorace qui, postées sur les deux trottoirs, dévoraient une Studebaker des yeux, comme s’il s’agissait d’une diva en déshabillé. Je remontai Balmes jusqu’à Gran Vía, croisant au passage des feux, des tramways, des véhicules et même des side-cars. Dans une vitrine, je vis une affiche de la marque Philips qui annonçait la venue d’un nouveau messie, la télévision laquelle allait, selon eux, révolutionner notre vie et nous transformer en êtres du futur, à l’instar des Américains. Fermín Romero de Torres, toujours au courant de toutes les inventions, avait déjà prédit ce qui allait arriver.
Le temps était splendide, avec un ciel bleu vif et une brise pure et fraîche qui sentait l’automne et la mer. J’ai toujours préféré Barcelone en octobre, quand l’envie nous prend de sortir nous promener et qu’on devient plus sage rien qu’en buvant à la fontaine de Canaletas qui, ces jours-là, comme par miracle, n’a pas du tout le goût du chlore. J’avançais d’un pas léger, évitant les cireurs de chaussures, les gratte-papiers qui revenaient de la pause café du milieu de matinée, les vendeurs de billets de loterie et un ballet de balayeurs qui semblaient polir la ville au pinceau, sans hâte et par touches pointillistes. À l’époque, Barcelone commençait déjà à se gorger de voitures, et à la hauteur du feu de la calle Balmes, j’observai des quadriges de bureaucrates en gabardine grise et au regard vorace qui, postées sur les deux trottoirs, dévoraient une Studebaker des yeux, comme s’il s’agissait d’une diva en déshabillé. Je remontai Balmes jusqu’à Gran Vía, croisant au passage des feux, des tramways, des véhicules et même des side-cars. Dans une vitrine, je vis une affiche de la marque Philips qui annonçait la venue d’un nouveau messie, la télévision laquelle allait, selon eux, révolutionner notre vie et nous transformer en êtres du futur, à l’instar des Américains. Fermín Romero de Torres, toujours au courant de toutes les inventions, avait déjà prédit ce qui allait arriver.
Le thème de Laëtitia, 5
J'avais dix-sept ans, et j'achevais mes études de philosophie à Amiens, où mes parents, qui sont d'une des meilleures maisons de P…., m'avaient envoyé. Je menais une vie si sage et si réglée que mes maîtres me proposaient pour l'exemple du collège. Non que je fisse des efforts extraordinaires pour mériter cet éloge ; mais j'ai l'humeur naturellement douce et tranquille : je m'appliquais à l'étude par inclination, et l'on me comptait pour des vertus quelques marques d'aversion naturelle pour le vice. Ma naissance, le succès de mes études et quelques agréments extérieurs m'avaient fait connaître et estimer de tous les honnêtes gens de la ville.
L'Abbé Prévost, Manon Lescaut
« 50 expressions autour du verbe JOUER », par Laëtitia Sworzil
En photo : Jouer avec le feu | Playing with..., par neoweb001 {OFF}— jouer à l’homme important : dárselas de hombre importante
— jouer à la hausse / à la baisse (en Bourse) : jugar al alza / a la baja (en la Bolsa)
— jouer au chat et à la souris : jugar al ratón y al gato
— jouer au plus fin : dárselas de listo
— jouer avec le feu : jugar con fuego
— jouer avec sa santé : jugar con su salud
— jouer d’adresse : obrar con habilidad
— jouer d’un instrument : tocar un instrumento
— jouer de la prunelle : guiñar el ojo
— jouer de malheur : tener mala suerte
— jouer des coudes : abrirse paso con los codos
— jouer des jambes : poner pies en polvorosa
— jouer double jeu : jugar con dos barajas
— jouer du couteau : manejar la navaja
— jouer faux : desafinar
— jouer franc jeu : jugar limpio
— jouer gagnant : jugar a ganador
— jouer gros (jeu) : jugar fuerte
— jouer l’étonnement : fingir asombro
— jouer la carte de : jugar la carta de = jugar la baza de
— jouer la mauvaise carte : jugar a la carta perdedora
— jouer le grand jeu : no ahorrar medios
— jouer le jeu : actuar honradamente
— jouer le jeu de quelqu’un : hacer el juego de alguien
— jouer le rôle de : hacer las veces de
— jouer le rôle de dupe : hacer el papel de hombre engañado
— jouer le tout pour le tout : jugar el todo por el todo
— jouer les grands seigneurs : dárselas de señor
— jouer plusieurs jeux à la fois : jugar varias cartas a la vez
— jouer rip = jouer la fille de l’air : largarse
— jouer sa réputation / sa situation : poner en juego su reputación / su situación
— jouer sa vie : jugarse la vida
— jouer serré : jugar con tiento
— jouer son capital : jugarse el capital
— jouer sur les mots : jugar del equívoco = jugar del vocablo
— jouer un mauvais tour : hacer una mala pasada = hacer una jugarreta
— jouer un rôle : desempeñar un papel
— jouer une farce : dar una broma
— à toi de jouer : a ti te toca
— cela se jouera entre eux deux : eso se disputará entre los dos
— cette porte joue : esta puerta tiene juego
— demain se joue son avenir : mañana se ventila su porvenir
— faire jouer ses influences : servirse de sus influencias = mover sus influencias
— faire quelque chose en se jouant : hacer algo como quien juega
— il reste peu de temps à jouer : queda poco tiempo de juego
— le temps jouait en sa faveur : el tiempo jugaba en su favor
— se jouer de quelqu’un : jugársela(s) a alguien
— se jouer des difficultés : reírse de las dificultades
— se jouer des lois : ignorar las leyes
— se jouer des rumeurs : no hacer caso de los rumores
Libellés :
Billets des apprentis,
Lexique,
promo Aline Schulman
mercredi 2 juin 2010
Un peu de lecture à propos de la traduction des livres pour enfants…
Traduire les livres pour la jeunesse : enjeux et spécificités.
Actes du colloque qui s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France les 31 mai et 1er juin 2007, sous la direction de Nic Diament, Corinne Gibello, et Laurence Kiéfé, avec la collaboration de Catherine Thouvenin
Coéd. Hachette et la Bibliothèque nationale de France - Centre national de la littérature pour la jeunesse - La Joie par les livres, 2008
ISBN 978-2-35494-001-0 / 978-201-201-767-2
Prix : 23 €
Actes du colloque qui s’est tenu à la Bibliothèque nationale de France les 31 mai et 1er juin 2007, sous la direction de Nic Diament, Corinne Gibello, et Laurence Kiéfé, avec la collaboration de Catherine Thouvenin
Coéd. Hachette et la Bibliothèque nationale de France - Centre national de la littérature pour la jeunesse - La Joie par les livres, 2008
ISBN 978-2-35494-001-0 / 978-201-201-767-2
Prix : 23 €
Références culturelles, 477 : Don Jaime Marichalar
En photo : infanta_elena_jaime_marichalar, par Ignacio-http://es.wikipedia.org/wiki/Jaime_de_Marichalar
mardi 1 juin 2010
lundi 31 mai 2010
dimanche 30 mai 2010
samedi 29 mai 2010
Brice Matthieussent : « Un bon traducteur est un acrobate de la langue »
Entretien avec un traducteur, Brice Matthieussent, à lire à l'adresse suivante :
http://www.article11.info/spip/spip.php?article450
http://www.article11.info/spip/spip.php?article450
Références culturelles, 473 : Emilio Sánchez Vicario
En photo : Serie Master Senior de Madrid 2, par Nelmolhttp://es.wikipedia.org/wiki/Emilio_S%C3%A1nchez_Vicario
vendredi 28 mai 2010
jeudi 27 mai 2010
mercredi 26 mai 2010
Le thème de Laëtitia, 4
Je suis né le 13 mai 18…, dans une ville du Languedoc où l'on trouve, comme dans toutes les villes du Midi, beaucoup de soleil, pas mal de poussière, un couvent de carmélites et deux ou trois monuments romains.
Mon père, M. Eyssette, qui faisait à cette époque le commerce des foulards, avait, aux portes de la ville, une grande fabrique dans un pan de laquelle il s'était taillé une habitation commode, tout ombragée de platanes, et séparée des ateliers par un vaste jardin.
C'est là que je suis venu au monde et que j'ai passé les premières, les seules bonnes années de ma vie.
Mon père, M. Eyssette, qui faisait à cette époque le commerce des foulards, avait, aux portes de la ville, une grande fabrique dans un pan de laquelle il s'était taillé une habitation commode, tout ombragée de platanes, et séparée des ateliers par un vaste jardin.
C'est là que je suis venu au monde et que j'ai passé les premières, les seules bonnes années de ma vie.
Alphonse Daudet, Le Petit Chose
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Laëtitia Sw. nous propose sa traduction :
Nací el 13 de mayo de 18…, en una ciudad del Languedoc donde se encuentran, como en todas las ciudades del Mediodía, mucho sol, bastante polvo, un convento de carmelitas y un par de monumentos romanos.
Mi padre, el señor Eyssette, que en aquella época comerciaba en pañuelos, tenía, en las puertas de la ciudad, una gran fábrica en una parte de la cual él había instalado una vivienda cómoda, sombreada por plátanos y separada de los talleres por un vasto jardín.
Fue allí donde vine al mundo y donde pasé los primeros, los únicos años buenos de mi vida.
Nací el 13 de mayo de 18…, en una ciudad del Languedoc donde se encuentran, como en todas las ciudades del Mediodía, mucho sol, bastante polvo, un convento de carmelitas y un par de monumentos romanos.
Mi padre, el señor Eyssette, que en aquella época comerciaba en pañuelos, tenía, en las puertas de la ciudad, una gran fábrica en una parte de la cual él había instalado una vivienda cómoda, sombreada por plátanos y separada de los talleres por un vasto jardín.
Fue allí donde vine al mundo y donde pasé los primeros, los únicos años buenos de mi vida.
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Laëtitia nous propose sa traduction :
Nací el 13 de mayo de 18..., en una ciudad del Languedoc donde se encuentra, como en todas las ciudades del Midi, mucho sol, bastante polvo, un convento de carmelitas y un par de monumentos romanos.
Mi padre, el señor Eyssette, que en esa época comerciaba pañuelos, tenía, en las puertas de la ciudad, una grán fábrica en una parte de la cual se había tallado una cómoda vivienda, muy sombreada con plátanos, y separada de los talleres por un vasto jardín.
Ahí es donde vine al mundo y pasé los primeros, los únicos felices años de mi vida.
Nací el 13 de mayo de 18..., en una ciudad del Languedoc donde se encuentra, como en todas las ciudades del Midi, mucho sol, bastante polvo, un convento de carmelitas y un par de monumentos romanos.
Mi padre, el señor Eyssette, que en esa época comerciaba pañuelos, tenía, en las puertas de la ciudad, una grán fábrica en una parte de la cual se había tallado una cómoda vivienda, muy sombreada con plátanos, y separada de los talleres por un vasto jardín.
Ahí es donde vine al mundo y pasé los primeros, los únicos felices años de mi vida.
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Nada más. Para Alicia fue suficiente. Se quemó en un sufrimiento vivo y punzante que casi le arrancaba lágrimas... Al llegar a su casa tiró la flor de la corona que no había encargado De Arco, que había sido solamente una atención de Robles, cargada a los gastos de la casa... Alicia, para De Arco, fue durante mucho, muchísimo tiempo, un mueble más de oficina...
Alicia suspiró. Se dio cuenta de que estaba allí parada, junto a los muros de la casona, y de que tenía frío. Venía un airecillo húmedo que arrastraba nubes negras por el cielo.
Aquélla era una noche como tantas del otoño y, sin embargo, única y distinta en la vida de Alicia.
Como en un sueño, llegó a calles iluminadas, a la boca de un "Metro"... Fue trasladada entre una masa humana, que se volcó en un barrio tranquilo, de calles simétricas... Todas las casas eran parecidas envueltas entre sombras suaves. De cuando en cuando un farol o un portal iluminado... Era un barrio bueno, aunque el piso en que Alicia vivía fuese muy modesto. La distinción del barrio les permitía alquilar una habitación a muy buen precio... Una habitación que, por otra parte, les hacía mucha falta, porque el pisito era pequeño...
Subió en el ascensor y, aturdida, llamó a la puerta, sin pensar en su llavín. Hizo un gesto de contrariedad porque no quería encontrar en seguida a la madre. Necesitaba prepararse de algún modo para dar aquella noticia. Sacó apresuradamente el llavín olvidado y lo introdujo en la cerradura... "Tengo que dar la noticia de una manera natural... No tiene tanta importancia como para soltarla en seguida... No sucede nada extraordinario. El que yo me case con De Arco es muy natural..."
Se animaba con estas frases pronunciadas a media voz, porque, en verdad, las manos le temblaban mucho. Había soñado demasiadas veces en dar la noticia de su boda.
— Mamá, me caso con un marqués...
Sobre todo, el título. Desde que De Arco tenía un título, ella había decidido casarse con un aristócrata o quedarse soltera.
Sabía que su madre consideraba estas ideas suyas como propias de una cabeza trastornada... Quería saborear su triunfo.
Alicia suspiró. Se dio cuenta de que estaba allí parada, junto a los muros de la casona, y de que tenía frío. Venía un airecillo húmedo que arrastraba nubes negras por el cielo.
Aquélla era una noche como tantas del otoño y, sin embargo, única y distinta en la vida de Alicia.
Como en un sueño, llegó a calles iluminadas, a la boca de un "Metro"... Fue trasladada entre una masa humana, que se volcó en un barrio tranquilo, de calles simétricas... Todas las casas eran parecidas envueltas entre sombras suaves. De cuando en cuando un farol o un portal iluminado... Era un barrio bueno, aunque el piso en que Alicia vivía fuese muy modesto. La distinción del barrio les permitía alquilar una habitación a muy buen precio... Una habitación que, por otra parte, les hacía mucha falta, porque el pisito era pequeño...
Subió en el ascensor y, aturdida, llamó a la puerta, sin pensar en su llavín. Hizo un gesto de contrariedad porque no quería encontrar en seguida a la madre. Necesitaba prepararse de algún modo para dar aquella noticia. Sacó apresuradamente el llavín olvidado y lo introdujo en la cerradura... "Tengo que dar la noticia de una manera natural... No tiene tanta importancia como para soltarla en seguida... No sucede nada extraordinario. El que yo me case con De Arco es muy natural..."
Se animaba con estas frases pronunciadas a media voz, porque, en verdad, las manos le temblaban mucho. Había soñado demasiadas veces en dar la noticia de su boda.
— Mamá, me caso con un marqués...
Sobre todo, el título. Desde que De Arco tenía un título, ella había decidido casarse con un aristócrata o quedarse soltera.
Sabía que su madre consideraba estas ideas suyas como propias de una cabeza trastornada... Quería saborear su triunfo.
Carmen Laforet, El noviazgo
***
Laëtitia Sw. nous propose sa traduction :
Rien de plus. Pour Alicia, ce fut suffisant. Elle se consuma en une vive et poignante souffrance qui lui arrachait des larmes, ou presque... En arrivant chez elle, elle retira la fleur de la couronne que De Arco n’avait pas commandée, qui n’avait été qu’une attention de Robles, imputée sur les dépenses de la maison... Alicia, pour De Arco, ne fut pendant longtemps, très longtemps, qu’un meuble de bureau en sus...
Alicia soupira. Elle s’aperçut qu’elle était là, immobile, contre les murs de la grande bâtisse, et qu’elle avait froid. Il s’était levé un petit air humide qui poussait des nuages noirs dans le ciel.
C’était une nuit d’automne comme tant d’autres et, cependant, elle était unique, différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle se retrouva dans des rues illuminées, à une bouche de « Métro »... Elle fut ballottée par une masse humaine, qui se déversa dans un quartier tranquille de rues symétriques... Toutes les maisons étaient identiques et enveloppées dans des ombres douces. De temps en temps, un réverbère ou un porche éclairé... C’était un beau quartier, même si l’appartement dans lequel Alicia vivait était très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer un logement à très bon prix... Un logement qui, d’autre part, leur causait un grand embarras, parce qu’il s’agissait d’un tout petit appartement...
Elle monta dans l’ascenseur et, toute étourdie, frappa à la porte, sans penser à sa petite clef. Elle eut un geste de contrariété parce qu’elle ne voulait pas voir sa mère tout de suite. D’une certaine façon, elle avait besoin de se préparer pour annoncer cette nouvelle. Elle se hâta de sortir la petite clef oubliée qu’elle introduisit dans la serrure... « Je dois annoncer la nouvelle avec naturel... Elle n’a pas une importance telle que je doive la dire tout de suite... Il n’y a là rien d’extraordinaire. Le fait que je me marie avec De Arco est très naturel... »
Elle se donnait du courage en prononçant ces phrases à mi-voix, parce qu’en vérité ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer la nouvelle de son mariage.
— Maman, je me marie avec un marquis...
Surtout le titre. Depuis que De Arco possédait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire.
Elle savait que sa mère considérait que ces idées étaient le fruit d’un esprit dérangé... Elle voulait savourer son triomphe.
Rien de plus. Pour Alicia, ce fut suffisant. Elle se consuma en une vive et poignante souffrance qui lui arrachait des larmes, ou presque... En arrivant chez elle, elle retira la fleur de la couronne que De Arco n’avait pas commandée, qui n’avait été qu’une attention de Robles, imputée sur les dépenses de la maison... Alicia, pour De Arco, ne fut pendant longtemps, très longtemps, qu’un meuble de bureau en sus...
Alicia soupira. Elle s’aperçut qu’elle était là, immobile, contre les murs de la grande bâtisse, et qu’elle avait froid. Il s’était levé un petit air humide qui poussait des nuages noirs dans le ciel.
C’était une nuit d’automne comme tant d’autres et, cependant, elle était unique, différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle se retrouva dans des rues illuminées, à une bouche de « Métro »... Elle fut ballottée par une masse humaine, qui se déversa dans un quartier tranquille de rues symétriques... Toutes les maisons étaient identiques et enveloppées dans des ombres douces. De temps en temps, un réverbère ou un porche éclairé... C’était un beau quartier, même si l’appartement dans lequel Alicia vivait était très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer un logement à très bon prix... Un logement qui, d’autre part, leur causait un grand embarras, parce qu’il s’agissait d’un tout petit appartement...
Elle monta dans l’ascenseur et, toute étourdie, frappa à la porte, sans penser à sa petite clef. Elle eut un geste de contrariété parce qu’elle ne voulait pas voir sa mère tout de suite. D’une certaine façon, elle avait besoin de se préparer pour annoncer cette nouvelle. Elle se hâta de sortir la petite clef oubliée qu’elle introduisit dans la serrure... « Je dois annoncer la nouvelle avec naturel... Elle n’a pas une importance telle que je doive la dire tout de suite... Il n’y a là rien d’extraordinaire. Le fait que je me marie avec De Arco est très naturel... »
Elle se donnait du courage en prononçant ces phrases à mi-voix, parce qu’en vérité ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer la nouvelle de son mariage.
— Maman, je me marie avec un marquis...
Surtout le titre. Depuis que De Arco possédait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire.
Elle savait que sa mère considérait que ces idées étaient le fruit d’un esprit dérangé... Elle voulait savourer son triomphe.
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Laëtitia nous propose sa traduction :
Rien de plus. Pour Alicia ce fut suffisant. Elle se consuma dans une souffrance vive et lancinante qui lui arrachait presque des larmes. En arrivant chez elle, elle tira la fleur de la couronne que De Arco n’avait pas commandée mais qui était seulement une attention de la part de Robles, aux frais de la maison... Pour De Arco, Alicia fut pendant longtemps, bien longtemps, un meuble de plus au bureau...
Alicia soupira. Elle se rendit compte qu’elle était là debout, à côté des murs de la grande bâtisse, et qu’elle avait froid. Un petit air humide passait traînant des nuages noirs dans le ciel.
C’était une nuit comme tant d’autres en automne et, néanmoins, unique et différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle arriva sur des rues éclairées, à la bouche d’un « Métro »... Elle fut transportée parmi une masse humaine, qui s’engouffra dans un quartier tranquille, de rues symétriques... Toutes les maisons étaient similaires enveloppées dans des ombres douces.
De loin en loin un lampadaire ou une entrée éclairée... C’était un bon quartier, même si l’appartement dans lequel vivait Alicia était très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer une chambre à un très bon prix... Une chambre dont, d’autre part, ils avaient grand besoin, parce que le petit appartement était exigu...
Elle monta dans l’ascenseur et, étourdie, sonna à la porte, sans penser à sa petite clé. Elle eut un geste de contrariété parce qu’elle ne voulait pas tomber aussitôt sur sa mère. Il lui fallait d’une certaine façon se préparer à annoncer cette nouvelle. Elle sortit hâtivement la petite clé oubliée et l’introduisit dans la serrure... « Il faut que je lui annonce la nouvelle de manière naturelle... Elle n’est pas importante au point de la lâcher d’un coup... Il ne se passe rien d’extraordinaire. Le fait que je me marie avec De Arco est très naturel... »
Elle s’encourageait avec ces phrases prononcées à mi-voix, car, en vérité, ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer la nouvelle de son mariage.
- Maman, je me marie avec un marquis...
Surtout, le titre. Depuis que De Arco avait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire. Elle savait que sa mère considérait ses idées à elle comme venant d’une tête perturbée... Elle voulait savourer son triomphe.
Rien de plus. Pour Alicia ce fut suffisant. Elle se consuma dans une souffrance vive et lancinante qui lui arrachait presque des larmes. En arrivant chez elle, elle tira la fleur de la couronne que De Arco n’avait pas commandée mais qui était seulement une attention de la part de Robles, aux frais de la maison... Pour De Arco, Alicia fut pendant longtemps, bien longtemps, un meuble de plus au bureau...
Alicia soupira. Elle se rendit compte qu’elle était là debout, à côté des murs de la grande bâtisse, et qu’elle avait froid. Un petit air humide passait traînant des nuages noirs dans le ciel.
C’était une nuit comme tant d’autres en automne et, néanmoins, unique et différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle arriva sur des rues éclairées, à la bouche d’un « Métro »... Elle fut transportée parmi une masse humaine, qui s’engouffra dans un quartier tranquille, de rues symétriques... Toutes les maisons étaient similaires enveloppées dans des ombres douces.
De loin en loin un lampadaire ou une entrée éclairée... C’était un bon quartier, même si l’appartement dans lequel vivait Alicia était très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer une chambre à un très bon prix... Une chambre dont, d’autre part, ils avaient grand besoin, parce que le petit appartement était exigu...
Elle monta dans l’ascenseur et, étourdie, sonna à la porte, sans penser à sa petite clé. Elle eut un geste de contrariété parce qu’elle ne voulait pas tomber aussitôt sur sa mère. Il lui fallait d’une certaine façon se préparer à annoncer cette nouvelle. Elle sortit hâtivement la petite clé oubliée et l’introduisit dans la serrure... « Il faut que je lui annonce la nouvelle de manière naturelle... Elle n’est pas importante au point de la lâcher d’un coup... Il ne se passe rien d’extraordinaire. Le fait que je me marie avec De Arco est très naturel... »
Elle s’encourageait avec ces phrases prononcées à mi-voix, car, en vérité, ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer la nouvelle de son mariage.
- Maman, je me marie avec un marquis...
Surtout, le titre. Depuis que De Arco avait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire. Elle savait que sa mère considérait ses idées à elle comme venant d’une tête perturbée... Elle voulait savourer son triomphe.
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Amélie nous propose sa traduction :
Rien d’autre. Pour Alicia, ce fut suffisant. Elle se consuma en une douleur vive et lancinante qui lui arrachait presque les larmes… En arrivant chez elle, elle enleva la fleur de la couronne ; ce n’était pas une commande de De Arco, simplement une attention de Robles, envoyée aux frais de la maison… Pour De Arco, Alicia fut pendant longtemps, très longtemps, un meuble de bureau supplémentaire…
Alicia soupira. Elle se rendit compte qu’elle était là, immobile près des murs de la bâtisse, et qu’elle avait froid. Un petit air humide s’était levé, emportant avec lui des nuages noirs dans le ciel.
Cette nuit-là était une nuit pareille à tant d’autres en automne ; néanmoins, elle était unique et différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle se retrouva dans des rues illuminées, dans la bouche d’un « Métro »… Elle fut entraînée par une masse humaine qui se déversa dans un quartier calme aux rues symétriques… Toutes les maisons se ressemblaient, enveloppées dans de douces ombres. De temps en temps, un réverbère ou un porche éclairé… C’était un beau quartier, bien que l’appartement où vivait Alicia fût très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer une chambre à très bon prix… Chambre qui, d’un autre côté, leur manquait cruellement, car l’appartement était minuscule…
Elle monta dans l’ascenseur et, étourdie, sonna à la porte sans penser à sa petite clé. Elle fit une moue de contrariété : elle ne voulait pas voir sa mère tout de suite.
Elle avait besoin de se préparer d’une façon ou d’une autre pour annoncer cette nouvelle. Elle sortit précipitamment la clé oubliée et l’introduisit dans la serrure… « Je dois annoncer la nouvelle de manière naturelle… Ce n’est pas important au point que ça m’échappe immédiatement… Il ne se passe rien d’extraordinaire. Il est parfaitement naturel que moi, je me marie avec De Arco… »
Elle se donnait du courage avec ces phrases prononcées à mi-voix car, en vérité, ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer son mariage.
— Maman, je vais me marier avec un marquis…
Surtout, le titre. Depuis que De Arco avait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire.
Elle savait que sa mère considérait que ces idées bien à elle émanaient d’un esprit perturbé… Elle voulait savourer son triomphe.
Rien d’autre. Pour Alicia, ce fut suffisant. Elle se consuma en une douleur vive et lancinante qui lui arrachait presque les larmes… En arrivant chez elle, elle enleva la fleur de la couronne ; ce n’était pas une commande de De Arco, simplement une attention de Robles, envoyée aux frais de la maison… Pour De Arco, Alicia fut pendant longtemps, très longtemps, un meuble de bureau supplémentaire…
Alicia soupira. Elle se rendit compte qu’elle était là, immobile près des murs de la bâtisse, et qu’elle avait froid. Un petit air humide s’était levé, emportant avec lui des nuages noirs dans le ciel.
Cette nuit-là était une nuit pareille à tant d’autres en automne ; néanmoins, elle était unique et différente dans la vie d’Alicia.
Comme dans un rêve, elle se retrouva dans des rues illuminées, dans la bouche d’un « Métro »… Elle fut entraînée par une masse humaine qui se déversa dans un quartier calme aux rues symétriques… Toutes les maisons se ressemblaient, enveloppées dans de douces ombres. De temps en temps, un réverbère ou un porche éclairé… C’était un beau quartier, bien que l’appartement où vivait Alicia fût très modeste. La distinction du quartier leur permettait de louer une chambre à très bon prix… Chambre qui, d’un autre côté, leur manquait cruellement, car l’appartement était minuscule…
Elle monta dans l’ascenseur et, étourdie, sonna à la porte sans penser à sa petite clé. Elle fit une moue de contrariété : elle ne voulait pas voir sa mère tout de suite.
Elle avait besoin de se préparer d’une façon ou d’une autre pour annoncer cette nouvelle. Elle sortit précipitamment la clé oubliée et l’introduisit dans la serrure… « Je dois annoncer la nouvelle de manière naturelle… Ce n’est pas important au point que ça m’échappe immédiatement… Il ne se passe rien d’extraordinaire. Il est parfaitement naturel que moi, je me marie avec De Arco… »
Elle se donnait du courage avec ces phrases prononcées à mi-voix car, en vérité, ses mains tremblaient beaucoup. Elle avait trop de fois rêvé d’annoncer son mariage.
— Maman, je vais me marier avec un marquis…
Surtout, le titre. Depuis que De Arco avait un titre, elle avait décidé de se marier avec un aristocrate ou de rester célibataire.
Elle savait que sa mère considérait que ces idées bien à elle émanaient d’un esprit perturbé… Elle voulait savourer son triomphe.
mardi 25 mai 2010
lundi 24 mai 2010
Références culturelles, 468 : Martín López-Zubero
En photo : Martín Lòpez Zubero!, par roarsonhttp://es.wikipedia.org/wiki/Mart%C3%ADn_L%C3%B3pez-Zubero
dimanche 23 mai 2010
samedi 22 mai 2010
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