Plateforme communautaire et participative de traduction espagnol / français ; français / espagnol – Université Paris Nanterre
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mercredi 8 juin 2011
lundi 11 octobre 2010
À propos du stage
Vous avez certainement reçu le mail que je vous ai envoyé à ce sujet. Pour lever toute ambiguïté, il va de soi que vous concernant, à savoir de futurs traducteurs travaillant dans le sens espagnol-français et pour des éditeurs français, le stage doit se faire en France…
mardi 7 septembre 2010
Interview de Dominique Bordes, des éditions Monsieur Toussaint Louverture où Laëtitia Sworzil a fait son stage

Monsieur Toussaint Louverture :
une « entreprise éditoriale effrontée (et non effondrée) »
C’est sur ce trait d’humour aux accents d’autodérision que je vous invite à entrer dans l’univers « désopilant », « inventif », « fantaisiste » et « décalé » de Monsieur Toussaint Louverture. Un petit voyage réjouissant au cœur d’une maison d’édition malicieuse…
Je laisserai pour commencer la parole à l’éditeur. En effet, pourquoi reformuler moi-même moins bien, ou lui faire répéter inutilement ce qu’il a déjà fort bien exprimé par ailleurs ? Et puis, vous en conviendrez sûrement après cette lecture, personne ne peut mieux que lui évoquer sa maison d’édition. Il possède vraiment une verve et un allant incroyables ! C’est pourquoi, j’ai repris ici des propos qu’il a tenus lors de différents entretiens dans la presse. Il s’agit en fait d’un montage à partir de la compilation de plusieurs articles (les références précises apparaissent à la fin de cette partie ainsi qu’en annexes). Bonne interview virtuelle !
Commençons donc… par le commencement ! Quand sont nées les éditions Monsieur Toussaint Louverture et dans quelles circonstances ?
« Monsieur Toussaint Louverture a vu le jour fin 2004, après une année de maturation et sur les cendres d’un projet mort-né de magazine littéraire, satirique et potache (dans la lignée de Bizarre, Le Rire et de Punch, mais en plus pop). La structure fonctionne grâce à un nuage de participants de bonne volonté et à la collaboration d’une assistante polyvalente. Pour ma part, je lui consacre bénévolement mon temps libre… »
Quant au nom « Monsieur Toussaint Louverture »… il intrigue en général beaucoup son auditeur au premier abord. Comment est-il apparu ?
« Le nom de la maison d’édition n’est pas venu par hasard, mais a été plus ou moins pensé, élaboré, à l’issue d’un diabolique processus marketing : bien avant que le projet ne démarre, que je sache exactement ce que je voulais publier, j’étais à la recherche d’un nom de structure fort, poétique et évocateur. Les contraintes étant qu’il devait s’agir d’un nom et d’un nom commun à la fois, qu’il y ait un titre au début (Madame, Sir, Monseigneur, etc.), qu’il ne devait absolument pas s’agir de mon nom, mais d’un nom de personne (imaginaire ou réelle) et pas d’un concept, quelque chose qui puisse servir d’étendard à toutes sortes d’envies. Quand j’ai exposé tout ceci avec ma clarté habituelle aux personnes qui m’entouraient, elles m’ont demandé : "Mais de quoi tu parles ?" Alors, je reprenais mes laborieuses et fiévreuses explications, pour finir par m’entendre dire : "Mais donne-nous un exemple !" Et le seul exemple qui me venait était : Monsieur Toussaint Louverture. Jamais je n’ai trouvé mieux. J’ai bien penché pour un "Monsieur Félicité Tonnerre", mais je ne suis pas très félicité, comme garçon. »
Quel genre de livres vous intéresse et partant, comment définiriez-vous votre ligne éditoriale ?
« La maison d’édition est simplement littéraire, mais s’efforce de ne pas se confiner à un genre particulier ; qu’elles soient d’auteurs vivants ou morts, française ou américaine, fantastique ou drôle, toutes les littératures nous intéressent. Notre ligne éditoriale est notre pire ennemie, difficile à créer et à contrôler, impossible à expliquer : nous avons tellement d’envies de publication (de la littérature merveilleuse, étrangère, des livres drôles, de la littérature française) qu’il est compliqué de les résumer en une ligne. Monsieur Toussaint Louverture est la solution à ce problème : héberger des livres totalement différents les uns des autres. »
Vous fonctionnez en auto-diffusion. Pourquoi avoir choisi ce mode de diffusion et au final, qu’en pensez-vous ?
« Nous nous diffusons nous-mêmes, car au départ du projet, il n’y a pas de business plan et de compte de résultat ; il y a des idées, des avis et surtout l’envie de créer un outil qui permettrait à son tour de produire des livres qui ne verraient pas forcément le jour ailleurs… la contrepartie de cette liberté est que l’on se ferme les portes d’une diffusion professionnelle. Partant de ce constat, nous avons décidé de faire preuve d’un sérieux exemplaire dans cette démarche autonome. Notre manière de nous diffuser repose depuis le départ sur la croyance en l’aspect problématique et dégradant du système de l’office1 pour l’économie et la vie du livre. »
Une chose est sûre : l’auto-diffusion est le moyen idéal pour tisser et entretenir des liens privilégiés avec les libraires. Justement, comment percevez-vous ce lien entre libraire et éditeur ?
« Il n’y a rien de plus complexe et fragile que le lien d’un éditeur à un libraire, et il nous est toujours apparu illogique de déléguer une relation aussi délicate, mixte de partage et de retenue, de commerce et de dialogue, de souplesse et de dureté, de passion et de frustration, à quelqu’un d’autre. »
En somme, quels sont les avantages et les inconvénients de l’auto-diffusion ?
« S’auto-diffuser est d’une infinie difficulté et possède des limites incontestables (qui induisent un modèle économique spécifique). Cependant, ce n’est pas le côté laborieux de la tâche qui pose problème, mais plutôt la connotation négative qui est attachée à ce mode de diffusion. Pourtant cela offre énormément d’avantages, dont le contrôle de la remise faite aux libraires, ainsi que des conditions de paiement que nous pouvons facilement augmenter et assouplir. »
Passons maintenant de l’autre côté du miroir… Et vos lecteurs dans tout ça ?
« Nous évoquons très souvent nos intentions dans nos livres, sous forme d’adresses aux lecteurs. Nous ne sommes pas les seuls à faire ça : on trouvait déjà toutes sortes d’informations dans les ouvrages du Club des livres, que nous aimons beaucoup. Nous avons juste poussé le procédé, car d’une part, nous sommes très bavards, et, d’autre part, nous sommes comme tous les éditeurs, nous avons toujours souhaité créer une relation particulière avec les lecteurs, une relation de confiance entre eux et nous (autre que la relation auteurs-lecteurs). Quelque chose qui permettrait éventuellement de dépasser l’éclectisme de notre catalogue. Pour ce faire, nous utilisons toutes sortes de procédés : nous avons fait des préfaces, même pour les livres qui n’en nécessitaient pas ; des errata qui n’en sont pas ; nous insérons des messages dans les livres ; ou encore, nous donnons des informations techniques aux lecteurs pour leur montrer que derrière les livres, il y a une recherche poussée, une passion du détail et de l’édition qui nécessitent des mois de travail et qui ne sauraient s’affranchir d’un éditeur. En partageant ces informations avec les lecteurs, nous essayons de leur donner une position un peu différente vis-à-vis du livre qu’ils ont entre les mains, et de valoriser le plus possible le texte lui-même. »
Attardons-nous un peu sur le texte, le nerf de la guerre ! Comment s’opèrent vos choix de publication ?
« Tous les choix de publication sont les fruits de la réflexion menée au départ et des idées insufflées à l’origine. Monsieur Toussaint Louverture n’avait pas encore les livres, mais nous savions ce que nous voulions publier (par exemple, des ouvrages collectifs, des ouvrages amples n’ayant pu voir le jour ailleurs, de beaux livres), ce qui explique une part de notre relative lenteur, et également, pourquoi nous passons un temps fou à choisir quel livre publier. Les livres se succèdent, tous très différents les uns des autres, mais finalement s’inscrivant avec beauté dans nos intentions. »
Quel type de littérature ressort principalement de ce minutieux travail de sélection ?
« Comme beaucoup d’autres éditeurs, je me concentre sur les littératures un peu en dehors du spectre du visible, soit les auteurs encore invisibles, soit les auteurs dont la lumière ne nous parvient plus. Ce qui recouvre donc les auteurs contemporains français ou étrangers pas encore connus, en devenir, les auteurs étrangers ou français passés à la trappe ou tout simplement ignorés. Nous fouillons donc au-delà du spectre habituel de l’édition, peut-être allons-nous encore un peu plus loin que d’habitude. Personnellement, j’ai un vrai penchant pour toute histoire touchante qui en plus travaille sur la forme elle-même de l’écriture et des livres. Les livres et les textes qui s’interrogent aussi, en plus de leur caractère narratif. »
Encore faut-il dénicher ces pépites… Existe-t-il une méthode infaillible pour ce faire ? Êtes-vous aidé dans cette tâche et, si oui, par qui ?
Je pars du principe qu’on ne peut pas avoir toujours les bonnes idées et comme l’édition se nourrit essentiellement de bonnes idées, je tends souvent les bras vers des gens qui me semblent bien plus compétents que moi, et j’essaye de leur proposer de travailler sur une publication pour laquelle je sens que ça va coller. Il m’est ainsi arrivé de partager le rôle d’éditeur avec d’autres éditeurs de passage (des auteurs ou des éditeurs en devenir), de leur laisser les commandes en tant qu’éditeur invité ; j’aime faire ça aussi avec des artistes et illustrateurs qui apportent une véritable fraîcheur dans la manière de voir les livres. Mais les collaborateurs centraux, les plus importants, sont les auteurs eux-mêmes, qui sont d’une énergie créative folle, et pas seulement sur leurs propres projets. Les auteurs sont à la fois source de bonheur et de problèmes, ils ouvrent des pistes, mais on ne peut que rarement aller jusqu’au bout de leurs idées éditoriales et Dieu sait si j’essaye d’aller loin… Mais je m’égare… »
Les propos reproduits ci-dessus figurent, pour la plupart, dans l’article « Monsieur Toussaint Louverture : des défis à relever et à partager » (Tire-lignes, la revue du Centre Régional des Lettres de Midi-Pyrénées, n° 4, novembre 2009, pp. 24-25) et, dans une moindre mesure, dans « Monsieur Toussaint Louverture… éditeur » (Le Littéraire.com, portail de l’actualité éditoriale en ligne, 1er juillet 2010 : série d’entretiens réalisés par François Xavier, rédacteur en chef et responsable « Art & Littérature »).
Libellés :
Entretiens avec des éditeurs,
promo Aline Schulman,
Stages
vendredi 30 juillet 2010
Quelques nouvelles d'Émeline Laduche, promo Aline Schulman
En photo : Pins des Landes N°1 / Pines of..., par Nomad PhotographyBien le bonjour de Lacanau ! Cela faisait fort longtemps que je n’avais point donné de nouvelles ! En effet, pas d’internet au milieu des pins ou alors avec une connexion très mauvaise, très limitée et totalement instable.
Voici donc quelques nouvelles du front.
Mon stage s’est terminé début juin. Il fut fort instructif : j’ai appris à faire un site web, lu plusieurs manuscrits, participé à la tenue de la comptabilité de la maison d’édition et fait nombre de recherches d’articles sur internet afin de mettre en place le site. Malheureusement pour moi, et donc pour la maison d’édition, aucun hébergeur ne m’a encore répondu ou autorisé la publication malgré plusieurs relances. Mon accès à internet étant limité je ne peux malheureusement pas régler le problème rapidement. Ce problème d’accès au web m’empêche aussi de peaufiner les quelques détails restant à résoudre dans ma traduction longue.
Celle-ci est terminée, relue, il ne reste plus qu’à la mettre en forme convenablement. Je me sens déjà nostalgique de devoir abandonner mon bébé le 15 août… Je me raccroche à cette traduction depuis que j’ai commencé à travailler, ce sont des moments en or que je ne partage qu’avec moi-même, mon ordinateur, mon livre et mes dictionnaires. Je pense que personne ne peut comprendre la relation fusionnelle entre le traducteur et le livre qu’il traduit. Ce livre, si hermétique au départ et qui finit par ne presque plus avoir de secrets, duquel on finit par connaître presque toutes les phrases par cœur et que l’on mettrait presque sous son coussin le soir avant de s’endormir par peur qu’il ne disparaisse et qu’on ne puisse pas résoudre les derniers casse-tête qui tourbillonnent dans nôtre cerveau à longueur de journée. Malgré tout, une insatisfaction permanente nous hante, comme si on ne pouvait accepter que la déesse perfection reste inaccessible, qu’il faut se contenter des moments de « chispa » qui nous emplissent le cœur d’une joie fulgurante, on a trouvé l’idée du siècle !!
Je pense aux nouvelles recrues qui connaitront ces joies un jour. D’ailleurs, j’ai parcouru le blog tout à l’heure et je suis ravie de voir tout le potentiel qui va se développer au cours de ces intenses mois de traduction et écriture. Des visites régulières vont s’imposer, ne serait-ce que pour retrouver le bonheur de traduire en groupe, d’échanger des idées, de justifier et défendre âprement ses choix, sous l’œil bienveillant de Caroline qui adore voir ses ouailles presser leur cerveau à la recherche de la solution magique, en donnant parfois quelques indices ou en attendant parfois une semaine que l’on se démène. Ces ateliers me manquent et me manqueront, mais en attendant il faut que je retourne m’occuper de mon bébé, que je vais bientôt lâcher entre les mains de jurés impitoyables qui nous ont suivies toute l’année, grondées, bien savonnées parfois, mais qui nous ont toujours soutenues, et encouragées.
Voici donc quelques nouvelles du front.
Mon stage s’est terminé début juin. Il fut fort instructif : j’ai appris à faire un site web, lu plusieurs manuscrits, participé à la tenue de la comptabilité de la maison d’édition et fait nombre de recherches d’articles sur internet afin de mettre en place le site. Malheureusement pour moi, et donc pour la maison d’édition, aucun hébergeur ne m’a encore répondu ou autorisé la publication malgré plusieurs relances. Mon accès à internet étant limité je ne peux malheureusement pas régler le problème rapidement. Ce problème d’accès au web m’empêche aussi de peaufiner les quelques détails restant à résoudre dans ma traduction longue.
Celle-ci est terminée, relue, il ne reste plus qu’à la mettre en forme convenablement. Je me sens déjà nostalgique de devoir abandonner mon bébé le 15 août… Je me raccroche à cette traduction depuis que j’ai commencé à travailler, ce sont des moments en or que je ne partage qu’avec moi-même, mon ordinateur, mon livre et mes dictionnaires. Je pense que personne ne peut comprendre la relation fusionnelle entre le traducteur et le livre qu’il traduit. Ce livre, si hermétique au départ et qui finit par ne presque plus avoir de secrets, duquel on finit par connaître presque toutes les phrases par cœur et que l’on mettrait presque sous son coussin le soir avant de s’endormir par peur qu’il ne disparaisse et qu’on ne puisse pas résoudre les derniers casse-tête qui tourbillonnent dans nôtre cerveau à longueur de journée. Malgré tout, une insatisfaction permanente nous hante, comme si on ne pouvait accepter que la déesse perfection reste inaccessible, qu’il faut se contenter des moments de « chispa » qui nous emplissent le cœur d’une joie fulgurante, on a trouvé l’idée du siècle !!
Je pense aux nouvelles recrues qui connaitront ces joies un jour. D’ailleurs, j’ai parcouru le blog tout à l’heure et je suis ravie de voir tout le potentiel qui va se développer au cours de ces intenses mois de traduction et écriture. Des visites régulières vont s’imposer, ne serait-ce que pour retrouver le bonheur de traduire en groupe, d’échanger des idées, de justifier et défendre âprement ses choix, sous l’œil bienveillant de Caroline qui adore voir ses ouailles presser leur cerveau à la recherche de la solution magique, en donnant parfois quelques indices ou en attendant parfois une semaine que l’on se démène. Ces ateliers me manquent et me manqueront, mais en attendant il faut que je retourne m’occuper de mon bébé, que je vais bientôt lâcher entre les mains de jurés impitoyables qui nous ont suivies toute l’année, grondées, bien savonnées parfois, mais qui nous ont toujours soutenues, et encouragées.
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Traductions longues
mardi 20 juillet 2010
« Mon stage aux éditions Monsieur Toussaint Louverture », par Laëtitia Sworzil
En photo : Emballé, c'est pesé..., par Fil the bodyguardDes nouvelles de mon stage... ou comment la fréquentation assidue des livres rend poète
Préparer des commandes, voilà un exercice un peu fastidieux me direz-vous. Eh bien, n’en soyez pas si sûr ! Cette tâche, qui est souvent l’apanage du stagiaire débutant, peut receler bien des surprises, voire se révéler riche d’enseignements. En voici la preuve :
Tout d’abord, avec votre bon de commande à la main, vous allez réveiller Messieurs Livres sur leurs étagères pour leur annoncer la bonne nouvelle : un libraire curieux a émis le souhait de les connaître. Ils s’apprêtent donc à partir en voyage afin de le rejoindre : cap sur une destination inconnue !
Ensuite, après avoir sélectionné les heureux chanceux, il est temps de passer à l’habillage. Car pas question que Messieurs Livres s’en aillent à moitié nus, sans avoir revêtu tous leurs atours ! À celui-ci, donc, on ceindra son bandeau ; à celui-là, on apposera ses étiquettes ; à tel autre, on glissera son marque page ou son autocollant personnalisé. Et comme ils sont particulièrement coquets, certains nécessiteront parfois plusieurs accessoires à la fois, de quoi se mélanger un peu les pinceaux au début !
Puis, avant de les quitter définitivement en leur souhaitant bonne chance dans leur nouvelle vie remplie — on l’espère — de lecteurs attentionnés et passionnés, on ne peut en général pas résister à la tentation de les ouvrir une dernière fois, histoire d’apprécier encore le grain de leur papier, la toile de leur couverture, les courbes de leurs motifs en surimpression... Eh oui, c’est que, chez Monsieur Toussaint Louverture, les livres sont aussi de très beaux objets. On n’en finit donc jamais de les toucher, de les sentir, ce qui, vous en conviendrez, constitue un sérieux atout : en effet, quoi de mieux pour un livre que d’en appeler sensuellement aux mains de son lecteur ? En tous cas, c’est à cette occasion que j’ai appris tout un tas d’informations intéressantes à leur sujet puisque, en plus d’être beaux, Messieurs Livres sont aussi d’incorrigibles bavards ce qui, pour moi, ne pouvait pas mieux tomber ! J’ai donc pu, entre autres, exercé mon œil à distinguer différentes polices. Tenez, par exemple, sauriez-vous reconnaître le Tribute (Emigre) du Hercules (Stormtype) ? J’ai pu aussi me familiariser au contact de différentes toiles, comme le Skyvertex Ubonga (« qui malgré son nom étrange est du plus bel effet ») ou l’Orsay Rubellite (« d’un rouge ferrari »), ainsi qu’à celui de différents grains de papier, comme l’Alizé or 70 grammes d’une main de 1,95 (« la main est aussi appelée l’indice de bouffant qui est le rapport entre l’épaisseur du papier et son grammage : on peut assimiler ça à la densité du papier »), ou le Print Speed ivoire 90 grammes d’une main de 2 et d’un Bendsten de 200 ml/min dont j’ai découvert qu’« il s’agit de la rugosité du papier mesurée par le passage de l’air sur lui ; plus le courant d’air est faible, plus la surface du papier est lisse, remarquable, n’est-ce pas ? ».
Bon, il est temps de les refermer, sinon on y passerait des heures... Allez, un dernier coup d’œil quand même sur la quatrième de couverture de celui-ci où on lit, sous l’affichage du prix, la mention suivante : « À ce prix-là, nous aurions bien voulu vous offrir l’amour, mais l’imprimeur n’en avait plus. » Et drôles avec ça... !
Enfin, passons à la dernière étape. Vous vous en doutez, il s’agit maintenant de bien conditionner le tout afin que le paquet arrive à bon port. Attention, en effet, aux péripéties qui le guettent en cours de route ! Les pires seront les chocs du transport. Donc, Messieurs Livres, pas de quartier : à vos froufrous ! Là, finie la poésie, place aux gestes efficaces, au bons sens et à l’attirail de l’emballeur professionnel : papier kraft, papier bulle, enveloppe doublée, rainurée, à soufflet, carton à monter, scotch marron ou transparent, ciseaux, cutter, agrafeuse... Et, que vous ayez acquis l’entraînement au moment de Noël pour vos cadeaux ou à l’occasion de vos déménagements, peu importe ! L’essentiel est de mener à bien (et en un tournemain) l’opération. Dernière touche : coller le bon du transporteur préalablement complété de toutes les données nécessaires. Emballé c’est pesé ! Au suivant !
Préparer des commandes, voilà un exercice un peu fastidieux me direz-vous. Eh bien, n’en soyez pas si sûr ! Cette tâche, qui est souvent l’apanage du stagiaire débutant, peut receler bien des surprises, voire se révéler riche d’enseignements. En voici la preuve :
Tout d’abord, avec votre bon de commande à la main, vous allez réveiller Messieurs Livres sur leurs étagères pour leur annoncer la bonne nouvelle : un libraire curieux a émis le souhait de les connaître. Ils s’apprêtent donc à partir en voyage afin de le rejoindre : cap sur une destination inconnue !
Ensuite, après avoir sélectionné les heureux chanceux, il est temps de passer à l’habillage. Car pas question que Messieurs Livres s’en aillent à moitié nus, sans avoir revêtu tous leurs atours ! À celui-ci, donc, on ceindra son bandeau ; à celui-là, on apposera ses étiquettes ; à tel autre, on glissera son marque page ou son autocollant personnalisé. Et comme ils sont particulièrement coquets, certains nécessiteront parfois plusieurs accessoires à la fois, de quoi se mélanger un peu les pinceaux au début !
Puis, avant de les quitter définitivement en leur souhaitant bonne chance dans leur nouvelle vie remplie — on l’espère — de lecteurs attentionnés et passionnés, on ne peut en général pas résister à la tentation de les ouvrir une dernière fois, histoire d’apprécier encore le grain de leur papier, la toile de leur couverture, les courbes de leurs motifs en surimpression... Eh oui, c’est que, chez Monsieur Toussaint Louverture, les livres sont aussi de très beaux objets. On n’en finit donc jamais de les toucher, de les sentir, ce qui, vous en conviendrez, constitue un sérieux atout : en effet, quoi de mieux pour un livre que d’en appeler sensuellement aux mains de son lecteur ? En tous cas, c’est à cette occasion que j’ai appris tout un tas d’informations intéressantes à leur sujet puisque, en plus d’être beaux, Messieurs Livres sont aussi d’incorrigibles bavards ce qui, pour moi, ne pouvait pas mieux tomber ! J’ai donc pu, entre autres, exercé mon œil à distinguer différentes polices. Tenez, par exemple, sauriez-vous reconnaître le Tribute (Emigre) du Hercules (Stormtype) ? J’ai pu aussi me familiariser au contact de différentes toiles, comme le Skyvertex Ubonga (« qui malgré son nom étrange est du plus bel effet ») ou l’Orsay Rubellite (« d’un rouge ferrari »), ainsi qu’à celui de différents grains de papier, comme l’Alizé or 70 grammes d’une main de 1,95 (« la main est aussi appelée l’indice de bouffant qui est le rapport entre l’épaisseur du papier et son grammage : on peut assimiler ça à la densité du papier »), ou le Print Speed ivoire 90 grammes d’une main de 2 et d’un Bendsten de 200 ml/min dont j’ai découvert qu’« il s’agit de la rugosité du papier mesurée par le passage de l’air sur lui ; plus le courant d’air est faible, plus la surface du papier est lisse, remarquable, n’est-ce pas ? ».
Bon, il est temps de les refermer, sinon on y passerait des heures... Allez, un dernier coup d’œil quand même sur la quatrième de couverture de celui-ci où on lit, sous l’affichage du prix, la mention suivante : « À ce prix-là, nous aurions bien voulu vous offrir l’amour, mais l’imprimeur n’en avait plus. » Et drôles avec ça... !
Enfin, passons à la dernière étape. Vous vous en doutez, il s’agit maintenant de bien conditionner le tout afin que le paquet arrive à bon port. Attention, en effet, aux péripéties qui le guettent en cours de route ! Les pires seront les chocs du transport. Donc, Messieurs Livres, pas de quartier : à vos froufrous ! Là, finie la poésie, place aux gestes efficaces, au bons sens et à l’attirail de l’emballeur professionnel : papier kraft, papier bulle, enveloppe doublée, rainurée, à soufflet, carton à monter, scotch marron ou transparent, ciseaux, cutter, agrafeuse... Et, que vous ayez acquis l’entraînement au moment de Noël pour vos cadeaux ou à l’occasion de vos déménagements, peu importe ! L’essentiel est de mener à bien (et en un tournemain) l’opération. Dernière touche : coller le bon du transporteur préalablement complété de toutes les données nécessaires. Emballé c’est pesé ! Au suivant !
samedi 17 juillet 2010
« Mon stage à 001 Traduction », par Julie
Comme Caroline me l’a demandé, voici un petit compte-rendu du stage que j’ai effectué dans l’entreprise 001 Traduction cette année.
J’étais en M1 et je lisais régulièrement ce blog.
Un jour, je suis tombée sur une annonce pour des stages. Je me suis dit « Pourquoi pas moi ? » et qu’une telle expérience pourrait être bénéfique. Elle me donnerait par exemple une autre vision de la traduction et me ferait réfléchir sur la voie que je désire emprunter, si je suis sûre de mon choix…
Ma candidature ayant été retenue, je commence le stage le 7 avril. Ce stage durera deux mois environ, jusqu’au 4 juin.
Je travaille chez moi, sur mon ordinateur personnel. Je n’ai jamais rencontré ma responsable ni mes collègues. Nous avons toujours communiqué par mail.
Cette situation me plaît, même si elle est un peu déroutante au début. Je me sens perdue, livrée à moi-même. On ne met pas d’outils à ma disposition et je me débrouille pour rendre un travail satisfaisant.
Mes travaux sont relus et les corrections me sont renvoyées.
Durant ces deux mois, le rythme de travail était assez aléatoire. On pouvait me donner des choses à faire durant deux semaines puis après, aucune nouvelle pendant une semaine.
Je leur envoyais des mails, inquiète, et le travail arrivait en suivant (je me souviens en avoir envoyé durant mes révisions, pour être sûre qu’ils ne m’oubliaient pas et m’en être mordu les doigts par la suite…).
J’ai pu effectuer différents types de travaux. Des traductions de documents administratifs ou commerciaux (non, je n’ai pas fait de traduction littéraire) comme des certificats de travail ou bien des diplômes.
J’ai aussi traduit la boîte d’emballage d’un objet permettant de calculer la distance parcourue par une balle de golf.
Les textes étaient soit en français, soit en espagnol.
J’ai retranscrit sur Word un extrait de naissance manuscrit (le traducteur devant s’en charger avait la flemme de le faire).
On m’a aussi demandé de relire un texte traduit de l’anglais au français. Vu mon niveau en anglais (pas aussi bon qu’en espagnol), les résultats ne furent pas très concluants (mais j’avais prévenu avant de le faire !!).
Le dernier travail que j’ai fait était le plus long et le plus fastidieux. Non, non, il ne s’agissait pas de traduire… Mais de mener une enquête !
Ma mission : joindre la majorité des universités d’Espagne et d’Amérique Latine pour poser tout un tas de questions sur la façon dont un étudiant étranger venant dans ces universités devait faire traduire ses diplômes (je ne vais pas détailler mais en gros, c’était ça…).
Ensuite, je devais réaliser un dossier par pays et tout renvoyer à l’entreprise. Cela m’a un peu gênée de faire croire que j’allais m’inscrire dans les universités à la rentrée, car certaines personnes se sont vraiment mises à ma disposition pour trouver le plus d’infos possible.
Mais bon, je n’avais pas vraiment le choix !
Malgré quelques petits moments désagréables, ce stage m’a appris à gérer mon temps et à respecter les délais (même s’il faut se coucher à 3h du matin parce qu’on bloque sur un terme et que le texte est à rendre pour 8h).
Il fallait être disponible à tout moment car on pouvait me demander de rendre un texte pour l’heure qui suivait ou bien pour le surlendemain.
J’ai aussi appris à me débrouiller seule sans forcément connaître des outils utiles pour faire mes recherches.
Grâce à cette expérience, j’ai pu voir ce qu’était le télétravail et en quoi consistait la traduction technique de textes non littéraires.
J’ai trouvé ce genre de traduction moins passionnant. Mais ce fut quand même intéressant et parfois plus compliqué… On ne peut pas remplacer un mot par un autre par exemple (dans une fiche de paie, on ne trouve pas de synonymes aux termes utilisés !!).
Étant en stage, je n’ai pas forcément fait le travail le plus intéressant au niveau de l’entreprise… Mais je me suis rendu compte que chaque tâche était différente.
Cela permet au traducteur free-lance de se diversifier et de changer de vocabulaire à chaque fois.
Au départ, j’ai aussi trouvé que ce métier pouvait apporter une grande liberté. On est chez soi, on travaille seul, sans personne qui nous tourne autour. Mais cette liberté n’est malheureusement qu’apparente. Personnellement, je me sentais toujours obligée de laisser ma boîte mail ouverte « au cas où », d’y aller quinze fois par jour, même tard le soir pour ne pas oublier de faire un travail qui serait urgent pour un client…
Étant en pleines révisions à cette période, je travaillais en plus en dehors des cours. J’ai loupé deux fois un mail « très urgent » mais heureusement, ma responsable ne m’en a pas tenu rigueur…
Pour conclure, je dirai donc que malgré les apparences, travailler chez soi ne signifie pas forcément être libre car on a des délais à respecter (parfois très courts) et on peut être sollicité à tout moment. Et bien sûr, le maître mot reste l’organisation !!
J’étais en M1 et je lisais régulièrement ce blog.
Un jour, je suis tombée sur une annonce pour des stages. Je me suis dit « Pourquoi pas moi ? » et qu’une telle expérience pourrait être bénéfique. Elle me donnerait par exemple une autre vision de la traduction et me ferait réfléchir sur la voie que je désire emprunter, si je suis sûre de mon choix…
Ma candidature ayant été retenue, je commence le stage le 7 avril. Ce stage durera deux mois environ, jusqu’au 4 juin.
Je travaille chez moi, sur mon ordinateur personnel. Je n’ai jamais rencontré ma responsable ni mes collègues. Nous avons toujours communiqué par mail.
Cette situation me plaît, même si elle est un peu déroutante au début. Je me sens perdue, livrée à moi-même. On ne met pas d’outils à ma disposition et je me débrouille pour rendre un travail satisfaisant.
Mes travaux sont relus et les corrections me sont renvoyées.
Durant ces deux mois, le rythme de travail était assez aléatoire. On pouvait me donner des choses à faire durant deux semaines puis après, aucune nouvelle pendant une semaine.
Je leur envoyais des mails, inquiète, et le travail arrivait en suivant (je me souviens en avoir envoyé durant mes révisions, pour être sûre qu’ils ne m’oubliaient pas et m’en être mordu les doigts par la suite…).
J’ai pu effectuer différents types de travaux. Des traductions de documents administratifs ou commerciaux (non, je n’ai pas fait de traduction littéraire) comme des certificats de travail ou bien des diplômes.
J’ai aussi traduit la boîte d’emballage d’un objet permettant de calculer la distance parcourue par une balle de golf.
Les textes étaient soit en français, soit en espagnol.
J’ai retranscrit sur Word un extrait de naissance manuscrit (le traducteur devant s’en charger avait la flemme de le faire).
On m’a aussi demandé de relire un texte traduit de l’anglais au français. Vu mon niveau en anglais (pas aussi bon qu’en espagnol), les résultats ne furent pas très concluants (mais j’avais prévenu avant de le faire !!).
Le dernier travail que j’ai fait était le plus long et le plus fastidieux. Non, non, il ne s’agissait pas de traduire… Mais de mener une enquête !
Ma mission : joindre la majorité des universités d’Espagne et d’Amérique Latine pour poser tout un tas de questions sur la façon dont un étudiant étranger venant dans ces universités devait faire traduire ses diplômes (je ne vais pas détailler mais en gros, c’était ça…).
Ensuite, je devais réaliser un dossier par pays et tout renvoyer à l’entreprise. Cela m’a un peu gênée de faire croire que j’allais m’inscrire dans les universités à la rentrée, car certaines personnes se sont vraiment mises à ma disposition pour trouver le plus d’infos possible.
Mais bon, je n’avais pas vraiment le choix !
Malgré quelques petits moments désagréables, ce stage m’a appris à gérer mon temps et à respecter les délais (même s’il faut se coucher à 3h du matin parce qu’on bloque sur un terme et que le texte est à rendre pour 8h).
Il fallait être disponible à tout moment car on pouvait me demander de rendre un texte pour l’heure qui suivait ou bien pour le surlendemain.
J’ai aussi appris à me débrouiller seule sans forcément connaître des outils utiles pour faire mes recherches.
Grâce à cette expérience, j’ai pu voir ce qu’était le télétravail et en quoi consistait la traduction technique de textes non littéraires.
J’ai trouvé ce genre de traduction moins passionnant. Mais ce fut quand même intéressant et parfois plus compliqué… On ne peut pas remplacer un mot par un autre par exemple (dans une fiche de paie, on ne trouve pas de synonymes aux termes utilisés !!).
Étant en stage, je n’ai pas forcément fait le travail le plus intéressant au niveau de l’entreprise… Mais je me suis rendu compte que chaque tâche était différente.
Cela permet au traducteur free-lance de se diversifier et de changer de vocabulaire à chaque fois.
Au départ, j’ai aussi trouvé que ce métier pouvait apporter une grande liberté. On est chez soi, on travaille seul, sans personne qui nous tourne autour. Mais cette liberté n’est malheureusement qu’apparente. Personnellement, je me sentais toujours obligée de laisser ma boîte mail ouverte « au cas où », d’y aller quinze fois par jour, même tard le soir pour ne pas oublier de faire un travail qui serait urgent pour un client…
Étant en pleines révisions à cette période, je travaillais en plus en dehors des cours. J’ai loupé deux fois un mail « très urgent » mais heureusement, ma responsable ne m’en a pas tenu rigueur…
Pour conclure, je dirai donc que malgré les apparences, travailler chez soi ne signifie pas forcément être libre car on a des délais à respecter (parfois très courts) et on peut être sollicité à tout moment. Et bien sûr, le maître mot reste l’organisation !!
mardi 15 juin 2010
« De la nécessité d’avoir un stagiaire… », par Amélie Rioual
Soyons francs : dans chaque service de chaque entreprise, le stagiaire est amené, un jour ou l’autre, à jouer les petites mains. C’est-à-dire à effectuer les tâches ingrates ou répétitives que personne n’a envie de faire au moment où il faut les faire (stagiaire y compris, mais on ne lui demande pas son avis, à lui). Au service commercial des Éditions Lattès, nous ne dérogeons pas à la règle ; j’en ai donc fait les frais depuis mon arrivée, et plus particulièrement ces derniers temps, période de présentation de la rentrée littéraire à venir. Vous allez comprendre…
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit livraison des nouveaux livres à la maison d’édition et dit également comités de lecture et réunions dans les grandes enseignes de diffusion pour décider quel livre sera davantage mis en avant, lequel recevra un prix, lequel aura l’honneur de figurer sur la couverture du prochain numéro, etc. Si ces questions ne sont pas existentielles, elles sont néanmoins cruciales pour ce qui intéresse le plus le service où je me trouve : les chiffres (qui, soit dit en passant, sont quelque peu en berne à cette époque, crise oblige). Il est donc primordial que ces acteurs fondamentaux soient en possession desdits livres le plus vite possible, d’autant plus que nous ne sommes pas très en avance par rapport aux autres maisons. À partir de là, deux cas de figure : pour la Fnac, Virgin, Cultura et j’en passe, il s’agit d’envoyer des colis de 10 à 25 livres. À nouveau deux possibilités : ou Gilles, notre responsable des stocks, est présent, auquel cas je lui prépare les tas, lui laisse les étiquettes avec les adresses et il s’en charge, très gentiment. Ou bien il est absent, comme la semaine dernière. Et là… je me transforme soudainement en reine du cutter, de la machine à scotch et de l’optimisation de l’espace dans un carton. « Bagatelles » me direz-vous. Bien sûr… mais 20 livres que multiplient 7 titres de la Rentrée Littéraire que multiplient5 grandes enseignes? 700. À méditer. Second cas de figure : l’adresse du destinataire se trouve à deux pas de la maison d’édition et les quantités sont minimes (au bout d’un mois et demi, j’ai trouvé le décodeur : deux pas signifie 1,5 kilomètre et quantité minime se situe entre 10 et 20). Puisque c’est à deux pas, on ne va quand même pas appeler un coursier, étant donné que l’on a une paire de jambes qui fonctionne sous la main ! Alors, je remplis mes sacs et je sors prendre l’air. « Plutôt agréable » commenterez-vous. Certes…mais 20 que multiplient 7 que multiplient…vous vous souvenez ? Bon.
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit aussi petit déjeuner ou déjeuners de présentation. À Paris, nous organisons un petit déjeuner au cours duquel nous invitons tous les libraires parisiens (susceptibles d’être intéressés par nos publications) ainsi que les auteurs de la rentrée littéraire française, pour qu’ils viennent parler de leurs romans. Cet événement était initialement prévu le 24 juin, à 9h30 (ce « initialement » devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille). J’ai donc créé des invitations, écrit ou imprimé les adresses sur environ deux cents enveloppes, glissé les invitations à l’intérieur puis déposé le tout près de la machine à affranchir. Nous étions dans les temps (pour une fois), tout se déroulait parfaitement. Sauf que mercredi dernier, à 16h45, nous avons appris par une éditrice qu’un préavis de grève avait été déposé par tous les syndicats, notamment ceux des transports, pour ce jeudi 24 juin. Impossible donc pour nous de maintenir cette date car nous n’aurions eu que très peu de monde : c’est donc reporté au lendemain. C’est bien joli tout ça mais il fallait bien prévenir les gens… Un mail collectif ? Nécessaire mais insuffisant. Un coup de téléphone à chacun ? Indispensable mais trop tôt. Refaire une invitation sur le modèle de l’ancienne, sur laquelle on lit clairement que la date a changé. Parfait. Et devinez qui a dû réécrire les deux cents enveloppes ? Quant à la province – comme ils disent ici – nous lui réservons des déjeuners, où sont rassemblés une vingtaine de libraires, quelques auteurs, une éditrice et le directeur commercial. Lille, Toulouse, Marseille et Lyon. Pour chaque ville, même schéma : faire une invitation, l’imprimer en autant d’exemplaires que d’invités, la couper, la mettre dans des enveloppes dûment remplies. Puis les appeler. Les ennuis arrivent quand personne ne pense à me prévenir qu’il y a plusieurs listes d’invités dans chaque pochette et que moi, je n’y pense pas, jusqu’au vendredi, 17h15. Une fois n’est pas coutume, rester au boulot jusqu’à 19h une veille de week-end, ce n’est pas si terrible !
J’ai l’air de me plaindre comme ça, mais pas du tout. Ces tâches parfois ingrates permettent de voir du monde, de communiquer, de devenir polyvalent (coursier, secrétaire, standardiste, déménageur, pro de la manutention, créateur), de connaître de mieux en mieux les librairies, les livres parus et à paraître et de ne pas s’ennuyer .
Une question, pourtant, me taraude : comment survivraient-ils sans leurs stagiaires ?
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit livraison des nouveaux livres à la maison d’édition et dit également comités de lecture et réunions dans les grandes enseignes de diffusion pour décider quel livre sera davantage mis en avant, lequel recevra un prix, lequel aura l’honneur de figurer sur la couverture du prochain numéro, etc. Si ces questions ne sont pas existentielles, elles sont néanmoins cruciales pour ce qui intéresse le plus le service où je me trouve : les chiffres (qui, soit dit en passant, sont quelque peu en berne à cette époque, crise oblige). Il est donc primordial que ces acteurs fondamentaux soient en possession desdits livres le plus vite possible, d’autant plus que nous ne sommes pas très en avance par rapport aux autres maisons. À partir de là, deux cas de figure : pour la Fnac, Virgin, Cultura et j’en passe, il s’agit d’envoyer des colis de 10 à 25 livres. À nouveau deux possibilités : ou Gilles, notre responsable des stocks, est présent, auquel cas je lui prépare les tas, lui laisse les étiquettes avec les adresses et il s’en charge, très gentiment. Ou bien il est absent, comme la semaine dernière. Et là… je me transforme soudainement en reine du cutter, de la machine à scotch et de l’optimisation de l’espace dans un carton. « Bagatelles » me direz-vous. Bien sûr… mais 20 livres que multiplient 7 titres de la Rentrée Littéraire que multiplient5 grandes enseignes? 700. À méditer. Second cas de figure : l’adresse du destinataire se trouve à deux pas de la maison d’édition et les quantités sont minimes (au bout d’un mois et demi, j’ai trouvé le décodeur : deux pas signifie 1,5 kilomètre et quantité minime se situe entre 10 et 20). Puisque c’est à deux pas, on ne va quand même pas appeler un coursier, étant donné que l’on a une paire de jambes qui fonctionne sous la main ! Alors, je remplis mes sacs et je sors prendre l’air. « Plutôt agréable » commenterez-vous. Certes…mais 20 que multiplient 7 que multiplient…vous vous souvenez ? Bon.
Qui dit « Rentrée Littéraire » dit aussi petit déjeuner ou déjeuners de présentation. À Paris, nous organisons un petit déjeuner au cours duquel nous invitons tous les libraires parisiens (susceptibles d’être intéressés par nos publications) ainsi que les auteurs de la rentrée littéraire française, pour qu’ils viennent parler de leurs romans. Cet événement était initialement prévu le 24 juin, à 9h30 (ce « initialement » devrait déjà vous mettre la puce à l’oreille). J’ai donc créé des invitations, écrit ou imprimé les adresses sur environ deux cents enveloppes, glissé les invitations à l’intérieur puis déposé le tout près de la machine à affranchir. Nous étions dans les temps (pour une fois), tout se déroulait parfaitement. Sauf que mercredi dernier, à 16h45, nous avons appris par une éditrice qu’un préavis de grève avait été déposé par tous les syndicats, notamment ceux des transports, pour ce jeudi 24 juin. Impossible donc pour nous de maintenir cette date car nous n’aurions eu que très peu de monde : c’est donc reporté au lendemain. C’est bien joli tout ça mais il fallait bien prévenir les gens… Un mail collectif ? Nécessaire mais insuffisant. Un coup de téléphone à chacun ? Indispensable mais trop tôt. Refaire une invitation sur le modèle de l’ancienne, sur laquelle on lit clairement que la date a changé. Parfait. Et devinez qui a dû réécrire les deux cents enveloppes ? Quant à la province – comme ils disent ici – nous lui réservons des déjeuners, où sont rassemblés une vingtaine de libraires, quelques auteurs, une éditrice et le directeur commercial. Lille, Toulouse, Marseille et Lyon. Pour chaque ville, même schéma : faire une invitation, l’imprimer en autant d’exemplaires que d’invités, la couper, la mettre dans des enveloppes dûment remplies. Puis les appeler. Les ennuis arrivent quand personne ne pense à me prévenir qu’il y a plusieurs listes d’invités dans chaque pochette et que moi, je n’y pense pas, jusqu’au vendredi, 17h15. Une fois n’est pas coutume, rester au boulot jusqu’à 19h une veille de week-end, ce n’est pas si terrible !
J’ai l’air de me plaindre comme ça, mais pas du tout. Ces tâches parfois ingrates permettent de voir du monde, de communiquer, de devenir polyvalent (coursier, secrétaire, standardiste, déménageur, pro de la manutention, créateur), de connaître de mieux en mieux les librairies, les livres parus et à paraître et de ne pas s’ennuyer .
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dimanche 16 mai 2010
« Deuxième semaine de stage », par Laëtitia Sobenes
Le stage se poursuit et déjà les journées s’accélèrent, nous sommes dans le bain. Cette semaine, nous avons eu à lire trois manuscrits à la vitesse grand V pour donner notre avis de stagiaire. Laura lit plus vite que son ombre, il a fallu mettre le turbo. Les manuscrits n’étaient pas mauvais, mais ils ne correspondaient pas à la ligne éditoriale du Bord de l’eau. Il semblerait que les auteurs ne prennent pas la peine de se renseigner sur les maisons d’éditions auxquelles ils envoient leur manuscrit. Cela agace évidemment l’éditeur, car il perd du temps mais aussi parce qu’il ne se sent pas pris en considération. L’édition est un métier de goût et de convictions où la personnalité est donc mise en avant. L’éditeur, Jean-Luc Veyssy n’a d’ailleurs pas manqué de faire le parallèle avec la candidature pour un stage. Selon lui, il est triste de constater que, comme la plupart des auteurs, les étudiants envoient des lettres types à toutes les maisons d’éditions sans prendre la peine de s’intéresser à ce qu’elles font. Je me suis alors dit que j’avais déjà entendu ça quelque part et qu’heureusement, j’avais bien suivi ce conseil. Á l’heure de recruter des stagiaires, Jean-Luc Veyssy dit se concentrer sur la lettre de motivation et ne parcourir qu’à peine le CV. Une fois le choix fait, l’entretien est primordial. C’est le moment où il faut montrer qu’effectivement on a au moins jeté un œil dans le catalogue des publications, que le travail de la maison d’éditions nous importe et que l’on ne considère pas le stage comme une simple formalité sous les traits d’une signature de convention. Petits conseils d’un éditeur qui devraient être mis à profit par les prochains apprentis...Nous avons également eu à corriger : Dans les griffes de la Hammer de Nicolas Stanzick – un ouvrage sur la société de production de films fantastiques et d’horreur britannique fondée en 1934 qui a notamment produit les Draculas et Frankenstein. Le livre avait été publié chez un autre éditeur en 2008, mais, à l’époque, il avait subi de nombreuses critiques non sur le fond mais sur la forme. En effet, la correction du manuscrit avait été négligée et il restait beaucoup trop de fautes ce qui desservait le contenu du livre, selon les commentaires laissés par les acheteurs du site Amazon. Le manuscrit a donc été récupéré par Le Bord de l’Eau qui a mis un point d’honneur à traquer la moindre erreur qu’elle soit typographique ou orthographique. Lorsque nous avons eu l’épreuve entre les mains, elle en était déjà à sa troisième correction, et nous avons malgré tout trouvé des fautes. Comme quoi, s’il est plus facile de voir les fautes des autres, on n’est pas à l’abri d’en laisser passer. Le responsable PAO a rentré lui-même les corrections et a relu une dernière fois, puis a retouché la mise en page et a envoyé le fichier à l’auteur qui n’en finissait plus de vouloir recorriger des corrections. Il s’est ensuite occupé de la couverture, de choisir le type de papier et de faire la mise en page des nombreuses photos du livre pour finalement l’envoyer à l’impression. Un travail de longue haleine ; le résultat final sera expédié d’ici quelques semaines.
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vendredi 14 mai 2010
« Début de stage », par Chloé Riou
En photo : La fillette au bastingage / The..., par Gerard DonnellyComme vous le savez, je fais mon stage dans des conditions un peu particulières : étant donné que Bastingage est une maison d’édition trop petite pour m’accueillir, je le fais chez moi. Je rencontre l’éditeur régulièrement et je le suis pour certains événements. Ainsi, j’ai tenu un stand avec lui à L’Escale du livre à Bordeaux et j’ai assisté à plusieurs conférences. Pour l’instant, j’ai pu constater que monter une maison d’édition n’est pas chose facile (surtout lorsqu’on ne bénéficie pas de subventions), que l’amour du livre ne paie pas et par conséquent qu’il faut souvent effectuer des tâches ingrates. Car si Bastingage est reconnu dans le milieu professionnel pour éditer des livres de qualité et dénicher de jeunes auteurs, le succès n’est pas au rendez-vous. Il s’agit donc d’entretenir des réseaux, en se montrant dans divers événements (conférence sur les maisons d’éditions, conférence sur l’architecture…). Je pensais que participer à L’Escale du livre aurait été un bon moyen de développer les ventes –il y en a eu, certes, mais à peine de quoi rembourser le prix du stand – et de rencontrer des lecteurs, mais c’est une réalité toute autre que j’ai découvert. En effet, ceux qui s’approchaient du stand étaient davantage des professionnels que des lecteurs. J’ai assisté à un long défilé d’imprimeurs et de graphistes à la recherche de nouveaux contrats, et à des centaines d’auteurs cherchant à se faire publier, sans même connaître les collections de la maison d’édition. En plus d’un volet commercial assez désagréable – certains éditeurs n’hésitaient pas à haranguer le passant comme des vendeurs à la criée sur un marché –, il faut faire face à des situations humainement difficiles : refuser des écrivains qui ont travaillé plusieurs années sur un projet, leur faire comprendre que cela ne correspond en rien à la ligne éditoriale, garder son sang froid car ils insistent, s’énervent ou pleurent. Ce qui m’amène à parler des manuscrits que j’ai eus à lire, à corriger et sur lesquels j’ai dû faire des fiches de lecture. La maison d’édition en reçoit plusieurs par semaine, et parmi eux, certains attirent l’attention de M. Sallenave : une écriture, un thème, un discipline… Même s’il fait appel à des lecteurs et des correcteurs (bénévoles), l’éditeur occupe aussi ces fonctions et être sur tous les plans est plus qu’épuisant. J’ai donc eu un manuscrit en ma possession qui m’a donné du fil à retordre : dès la première page, je m’arrête. En tant que lectrice, je n’aurait pas continué : dialogues invraisemblables, répétitions à tout va ( jusqu’à 8 fois le même mot en 20 lignes…), des phrases à la syntaxe plus que douteuse, des problèmes de ponctuation, des erreurs de typographie et j’en passe. En bref, le catalogue complet de tout ce qu’il ne faut pas faire. Lire 70 pages m’a pris une journée entière, vu que je corrigeais chaque ligne. Je me suis mise à douter : M. Sallenave a-t-il vraiment l’intention de le publier ? Après une longue discussion, il s’est avéré qu’il était tout à fait conscient des problèmes de cette écriture – là, j’apprend avec horreur que c’est déjà une deuxième version –, mais très intéressé par le thème du roman. Il me demande donc de continuer la lecture, sans pour autant tout corriger. J’ai pris mon mal en patience, et je l’ai terminé. J’ai réalisé que je n’avais jamais lu un livre que je n’aimais pas en entier. J’ai été à deux doigt de tout déchirer tellement je haïssais le narrateur, le personnage principal, chaque mot qui composait ce manuscrit. J’ai ensuite fait une fiche de lecture en détaillant tous les problèmes (avec de nombreux exemples) et tous mes conseils pour améliorer l’écriture, ce qui sera transmis à l’auteur (ouf je n’aurais pas à le rencontrer pour lui dire tout ça en face ! Enfin je crois…), qui, pour être publié, n’aura pas le choix : il devra couper de nombreux passages, corriger son écriture, ou ne sera pas publié. En tout cas, ce minutieux travail de lecture-correction me sera très utile pour ma traduction longue ! Rassurez-vous, j’ai aussi eu droit à un très bon manuscrit d’un jeune auteur prometteur, et travailler dessus a été très agréable. J’ai pu discuter avec lui de mes impressions de lectrice (merci Caroline pour les séances « Parlez-nous d’un livre » !) et ces rencontres sont vraiment très enrichissantes.
Voilà pour le résumé rapide de mes premières semaines de stages, la suite au prochain épisode avec un autre salon en prévision !
Voilà pour le résumé rapide de mes premières semaines de stages, la suite au prochain épisode avec un autre salon en prévision !
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lundi 10 mai 2010
« Deuxième semaine de stage », par Amélie Rioual
En photo : The Von Monkey Alphabet: A is for..., par vonMonkeyAprès une deuxième semaine de stage à la mode parisienne, un autre petit point s’impose. Outre les traditionnelles tâches quotidiennes dont je vous ai déjà parlé la semaine dernière –mise à jour du logiciel Dune, du site pmv et envois des livres aux libraires– j’ai fait de nouvelles découvertes qui me permettent de m’immiscer un peu plus dans le monde de l’édition.
L’événement majeur de la semaine a été les deux réunions avec les représentants (les fameux A et B auxquels j’ai déjà fait allusion) de mercredi dernier, dans le but de préparer la rentrée littéraire. La journée précédente fut donc longue et mouvementée car, comme j’ai pu le vérifier, l’édition n’échappe pas à la règle de « tout faire à la dernière minute ». Succinctement, voici ce qu’il faut savoir sur les représentants : ils sont répartis en deux catégories désignées par deux lettres, les A et les B. Les premiers sont au nombre de quinze et se consacrent aux 400 premières librairies françaises. Chacun est en charge d’un secteur (plutôt vaste) précis –Rive gauche, Rive droite (pour les parisiens), Bretagne, Sud-Est… où il doit faire le tour des libraires pour leur vendre les livres de Lattès et du Masque. Si j’ai bien compris, ces mêmes représentants s’occupent également des Éditions Grasset, autre maison dépendante de l’écurie Hachette. Ils sont « pilotés » par Prolivre, située rue des Saints-Pères à deux pas de Saint-Germain-des-Prés, société dont le rôle est d’assurer la diffusion auprès de ces 400 premières librairies. Quant aux B, ils sont trente, disposent également chacun d’une zone délimitée et s’occupent de la 401e à la 1000e librairie. Pour en revenir aux réunions, nous devons leur présenter les livres que nous allons publier pour la rentrée littéraire, c’est-à-dire pour les mois d’août et de septembre. Pour ce faire, il faut leur fournir les argumentaires de chacun des livres du Masque et de Lattès, les programmes de publication, les livres déjà publiés (il s’agit souvent d’épreuves non corrigées par l’auteur, mais qui ont déjà la bonne couverture) et les planches des couvertures non-imprimées. Un argumentaire est un récapitulatif de tout ce qu’il faut savoir sur le livre pour le vendre (cela m’a fait pensé au fameux Comment parler des livres sans les avoir lus de Laëtitia) et se compose de la couverture finale, d’un résumé bref en deux ou trois lignes, des arguments de ventes (tels que le nombre de ventes du livre précédent si l’auteur est déjà connu, la similitude avec un autre auteur, le succès à l’étranger…), d’un résumé plus détaillé et enfin, en plus petit on trouve le prix, le nombre de page et l’ISBN (carte d’identité du livre). Je crois que je n’ai rien oublié. En ce qui concerne les programmes de publication, ce sont des tableaux Excel où sont indiqués, pour chaque ouvrage, la date de publication, la date d’office (également appelée date de run, c’est la date de sortie du livre en librairie), le nom de l’auteur, le titre, l’ISBN, le code interne à Hachette et le prix. Tout cela était donc à imprimer en 35 exemplaires en couleur, puis à photocopier en 30 exemplaires en noir et blanc. Rien qu’avec ça, je détenais le record du nombre d’impressions-photocopies faites par un stagiaire en une seule journée. C’était sans compter une jeune auteur de 16 ans, fille de Serge et Marine Bramly, deux auteurs également publiés chez Lattès. Ayant reçu le manuscrit de Carmen Bramly quinze jours auparavant, les éditeurs ont décidé de l’inclure dans le programme de la rentrée littéraire. Je savais qu’il fallait que je l’imprime en quinze exemplaires pour les A, afin qu’ils puissent se faire une idée précise du roman. Sauf que jusqu’à mardi en milieu d’après-midi, nous n’étions pas sûrs du titre (nous sommes plusieurs à l’avoir lu lundi soir pour pouvoir donner notre avis) et à la dernière minute, une éditrice a posé une question essentielle : faut-il vraiment le diffuser si tôt ? Après maintes discussions, la réponse fut oui et le titre fut choisi : vers 16h30 mardi, j’ai donc commencé à imprimer mes 15 x 150 pages. Faites le calcul, ajoutez cela aux 25 pages x 65 de tout à l’heure, et vous comprendrez pourquoi je pourrais figurer dans le Guinness ! D’autant plus qu’il fallait que ces manuscrits soient mercredi matin dans les bureaux de Prolivre, et qu’à cette heure-là, il n’y avait plus de coursier. Devinez donc qui a joué ce rôle ? (Quand je vous disais que je m’étais remise au sport, je ne mentais pas !).
La réunion de mercredi matin avec les A s’est très bien passée ; les éditeurs et le directeur commercial se placent autour d’une table avec les représentants, tandis que les autres personnes de la maison d’édition (les attachées de presse, la responsable de la cessation des droits, le chargé en communication, l’assistant de gestion, la directrice administrative et financière) prennent place derrière. On débute par le programme de publication du Masque avant de passer à Lattès. Quand il y a un litige autour d’un titre ou d’une couverture, pas encore définitifs, les représentants ont leur mot à dire, car ils savent pertinemment ce qui se vend ou pas. Ils travaillent d’arrache-pied pour que les libraires acceptent certains livres et parfois, ça paraît vraiment difficile. Pour vous donner un exemple précis, on réédite en juin Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer, avec un chapitre supplémentaire et des confidences de l’auteur. Mais les librairies rechignent à l’acheter car le titre vient de sortir en poche, et ils ont donc des doutes quant aux ventes qu’ils pourront obtenir. En parallèle avec ces présentations effectuées par les éditeurs, certains auteurs viennent eux-mêmes parler de leur ouvrage. Où l’on découvre qu’un bon auteur n’est pas forcément un bon orateur. La plupart du temps, ces échanges se révèlent enrichissants, et s’achèvent même parfois en débat : nous allons publier un nouvel essai d’Olivier Revol, pédopsychiatre, intitulé pour le moment J’en ai plein l’ado. La discussion a donc rapidement évolué vers les problèmes personnels que chacun rencontrait avec son enfant…c’était plutôt cocasse. Au terme de la réunion, les représentants et les éditeurs se retrouvent au restaurant pour déjeuner ; au préalable, j’avais disposé des étiquettes nominatives autour de la table selon le plan de table que mon maître de stage m’avait donné. Une tâche sans doute ingrate, mais plutôt amusante. La seconde réunion, à laquelle je n’ai pas assisté, se déroulait l’après-midi à l’Hôtel Littré, dans le 15e.
Cette semaine, j’ai également consacré une demi-journée à naviguer sur les sites de vente en ligne (Alapage, Amazon, Fnac et Virgin) en vérifiant pour chacun de nos livres parus depuis mars que les renseignements qui s’y trouvaient étaient bien exacts et qu’il y avait le bon visuel de couverture. C’est fou les divergences qui existent entre les sites et la réalité, notamment sur le nombre de page ou le nom des auteurs.
J’ai sûrement fait autre chose durant ces cinq journées, mais je ne vais pas faire un mini-rapport de stage chaque week-end ! Donc je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, en vous disant que demain après-midi, je dois rencontrer Joan Peguillan-Schlottenmeier, la responsable de l’achat des droits étrangers pour Lattès-Le Masque. La suite au prochain épisode !
L’événement majeur de la semaine a été les deux réunions avec les représentants (les fameux A et B auxquels j’ai déjà fait allusion) de mercredi dernier, dans le but de préparer la rentrée littéraire. La journée précédente fut donc longue et mouvementée car, comme j’ai pu le vérifier, l’édition n’échappe pas à la règle de « tout faire à la dernière minute ». Succinctement, voici ce qu’il faut savoir sur les représentants : ils sont répartis en deux catégories désignées par deux lettres, les A et les B. Les premiers sont au nombre de quinze et se consacrent aux 400 premières librairies françaises. Chacun est en charge d’un secteur (plutôt vaste) précis –Rive gauche, Rive droite (pour les parisiens), Bretagne, Sud-Est… où il doit faire le tour des libraires pour leur vendre les livres de Lattès et du Masque. Si j’ai bien compris, ces mêmes représentants s’occupent également des Éditions Grasset, autre maison dépendante de l’écurie Hachette. Ils sont « pilotés » par Prolivre, située rue des Saints-Pères à deux pas de Saint-Germain-des-Prés, société dont le rôle est d’assurer la diffusion auprès de ces 400 premières librairies. Quant aux B, ils sont trente, disposent également chacun d’une zone délimitée et s’occupent de la 401e à la 1000e librairie. Pour en revenir aux réunions, nous devons leur présenter les livres que nous allons publier pour la rentrée littéraire, c’est-à-dire pour les mois d’août et de septembre. Pour ce faire, il faut leur fournir les argumentaires de chacun des livres du Masque et de Lattès, les programmes de publication, les livres déjà publiés (il s’agit souvent d’épreuves non corrigées par l’auteur, mais qui ont déjà la bonne couverture) et les planches des couvertures non-imprimées. Un argumentaire est un récapitulatif de tout ce qu’il faut savoir sur le livre pour le vendre (cela m’a fait pensé au fameux Comment parler des livres sans les avoir lus de Laëtitia) et se compose de la couverture finale, d’un résumé bref en deux ou trois lignes, des arguments de ventes (tels que le nombre de ventes du livre précédent si l’auteur est déjà connu, la similitude avec un autre auteur, le succès à l’étranger…), d’un résumé plus détaillé et enfin, en plus petit on trouve le prix, le nombre de page et l’ISBN (carte d’identité du livre). Je crois que je n’ai rien oublié. En ce qui concerne les programmes de publication, ce sont des tableaux Excel où sont indiqués, pour chaque ouvrage, la date de publication, la date d’office (également appelée date de run, c’est la date de sortie du livre en librairie), le nom de l’auteur, le titre, l’ISBN, le code interne à Hachette et le prix. Tout cela était donc à imprimer en 35 exemplaires en couleur, puis à photocopier en 30 exemplaires en noir et blanc. Rien qu’avec ça, je détenais le record du nombre d’impressions-photocopies faites par un stagiaire en une seule journée. C’était sans compter une jeune auteur de 16 ans, fille de Serge et Marine Bramly, deux auteurs également publiés chez Lattès. Ayant reçu le manuscrit de Carmen Bramly quinze jours auparavant, les éditeurs ont décidé de l’inclure dans le programme de la rentrée littéraire. Je savais qu’il fallait que je l’imprime en quinze exemplaires pour les A, afin qu’ils puissent se faire une idée précise du roman. Sauf que jusqu’à mardi en milieu d’après-midi, nous n’étions pas sûrs du titre (nous sommes plusieurs à l’avoir lu lundi soir pour pouvoir donner notre avis) et à la dernière minute, une éditrice a posé une question essentielle : faut-il vraiment le diffuser si tôt ? Après maintes discussions, la réponse fut oui et le titre fut choisi : vers 16h30 mardi, j’ai donc commencé à imprimer mes 15 x 150 pages. Faites le calcul, ajoutez cela aux 25 pages x 65 de tout à l’heure, et vous comprendrez pourquoi je pourrais figurer dans le Guinness ! D’autant plus qu’il fallait que ces manuscrits soient mercredi matin dans les bureaux de Prolivre, et qu’à cette heure-là, il n’y avait plus de coursier. Devinez donc qui a joué ce rôle ? (Quand je vous disais que je m’étais remise au sport, je ne mentais pas !).
La réunion de mercredi matin avec les A s’est très bien passée ; les éditeurs et le directeur commercial se placent autour d’une table avec les représentants, tandis que les autres personnes de la maison d’édition (les attachées de presse, la responsable de la cessation des droits, le chargé en communication, l’assistant de gestion, la directrice administrative et financière) prennent place derrière. On débute par le programme de publication du Masque avant de passer à Lattès. Quand il y a un litige autour d’un titre ou d’une couverture, pas encore définitifs, les représentants ont leur mot à dire, car ils savent pertinemment ce qui se vend ou pas. Ils travaillent d’arrache-pied pour que les libraires acceptent certains livres et parfois, ça paraît vraiment difficile. Pour vous donner un exemple précis, on réédite en juin Les âmes vagabondes, de Stephenie Meyer, avec un chapitre supplémentaire et des confidences de l’auteur. Mais les librairies rechignent à l’acheter car le titre vient de sortir en poche, et ils ont donc des doutes quant aux ventes qu’ils pourront obtenir. En parallèle avec ces présentations effectuées par les éditeurs, certains auteurs viennent eux-mêmes parler de leur ouvrage. Où l’on découvre qu’un bon auteur n’est pas forcément un bon orateur. La plupart du temps, ces échanges se révèlent enrichissants, et s’achèvent même parfois en débat : nous allons publier un nouvel essai d’Olivier Revol, pédopsychiatre, intitulé pour le moment J’en ai plein l’ado. La discussion a donc rapidement évolué vers les problèmes personnels que chacun rencontrait avec son enfant…c’était plutôt cocasse. Au terme de la réunion, les représentants et les éditeurs se retrouvent au restaurant pour déjeuner ; au préalable, j’avais disposé des étiquettes nominatives autour de la table selon le plan de table que mon maître de stage m’avait donné. Une tâche sans doute ingrate, mais plutôt amusante. La seconde réunion, à laquelle je n’ai pas assisté, se déroulait l’après-midi à l’Hôtel Littré, dans le 15e.
Cette semaine, j’ai également consacré une demi-journée à naviguer sur les sites de vente en ligne (Alapage, Amazon, Fnac et Virgin) en vérifiant pour chacun de nos livres parus depuis mars que les renseignements qui s’y trouvaient étaient bien exacts et qu’il y avait le bon visuel de couverture. C’est fou les divergences qui existent entre les sites et la réalité, notamment sur le nombre de page ou le nom des auteurs.
J’ai sûrement fait autre chose durant ces cinq journées, mais je ne vais pas faire un mini-rapport de stage chaque week-end ! Donc je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, en vous disant que demain après-midi, je dois rencontrer Joan Peguillan-Schlottenmeier, la responsable de l’achat des droits étrangers pour Lattès-Le Masque. La suite au prochain épisode !
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samedi 8 mai 2010
« Première semaine de stage », par Amélie Rioual
En photo : Saint-Germain-des-Prés, par Jérôme SneuwÀ peine remise des péripéties de mon voyage entre Bordeaux et Paris (un train raté et 58,5 kilos de bagages à transporter, pour ceux qui auraient oublié), il me fallait affronter les terres inconnues de la capitale, et plus particulièrement celles du 17 rue Jacob, dans le 6ème.
Qu’à cela ne tienne ! Armée de ma carte Navigo flambant neuve, je m’engouffre pour la première fois dans la bouche de métro ‘Volontaires’, ligne 12, direction La Courneuve. Deux stations plus loin, je descends à Montparnasse-Bienvenue, puis nouvelle ligne de métro, la 4 cette fois, direction Porte de Clignancourt. Saint-Germain-des-Prés. Arrivée. Si Émeline devra se battre pour trouver où se garer, mon quotidien, désormais, sera de me souvenir dans quel wagon entrer pour avoir le moins de chemin à parcourir avant la sortie, de me frayer un passage parmi les voyageurs et de ne pas rater la station. Et la même chose en sens inverse, bien entendu. Mais entrons dans le vif du sujet, à savoir ma première semaine de stage.
Je ne vais pas vous faire un compte-rendu au jour le jour, ce serait ennuyeux et parfaitement inutile puisqu’évidemment, j’ai des missions quotidiennes à effectuer, notamment celle de me servir d’un logiciel nommé Dune. Chaque jour, nous recevons de la part des représentants des Services de Presse (SP) ; ce sont des étiquettes autocollantes à l’en-tête JC Lattès-Le Masque, sur lesquelles sont notés le nom et adresse de chaque libraire qu’ils ont rencontré. Au dos, le représentant indique le (ou les) livre(s) que cette personne veut recevoir. Mon rôle est de répertorier (dans Dune) chacun des livres que nous envoyons, dans le but de pouvoir ensuite éditer des listes d’envoi. Ainsi, si nous publions un livre dans le même genre que Dan Brown, nous savons quelle librairie est susceptible d’avoir la clientèle pour le vendre, et nous pouvons le leur expédier directement. En effet, après la phase informatique vient la phase logistique : je dois descendre dans la réserve (véritable temple livresque) pour glisser les livres demandés dans des enveloppes, sur lesquelles je colle lesdites étiquettes (d’où leur vertu autocollante !). Cette opération pourrait sembler rébarbative à première vue, mais détrompez-vous : il faut déjà comprendre la logique d’utilisation des différentes enveloppes et colis –les librairies de Paris ou en banlieue, les particuliers de Paris ou de banlieue et la province ne sont pas logés à la même enseigne– et surtout, cela permet d’assimiler titres, auteurs et collections. Il me faut parfois monter sur une échelle branlante pour attraper un « vieux » livre de l’an dernier, déjà relégué en haut des étagères ! Cela me permet de me remettre un peu au sport, d’autant plus que la maison étant située dans un ancien hôtel particulier, il y a 4 étages qu’il faut constamment monter et descendre.
Mais je m’égare… Mardi, j’ai passé la matinée à arpenter les rues et métros parisiens pour visiter trois Fnac (Fnac Saint-Lazare, Fnac Forum et Fnac des Ternes), Virgin Barbès et la Librairie de Paris pour étudier comment les livres Lattès et Le Masque sortis en mars-avril y étaient placés. Bilan : un périple extrêmement enrichissant, je n’aurais jamais imaginé que des enseignes similaires pouvaient traiter un même livre de manière aussi différente. Pour vous donner un exemple précis, Debout sur la Terre, de Nahal Tajadod est un roman du Moyen-Orient, rayon peu développé dans les librairies. Aucun magasin ne le place de la même manière. Dans deux Fnac, il se trouvait sur l’étagère la plus basse d’une table placée dans le rayon Littérature Étrangère. Dans la troisième, il était sur le dessus d’une même table, toujours dans ce rayon. Enfin, à Virgin et à la librairie de Paris, il était surélevé, et dans le rayon Littérature francophone, donc bien plus en valeur. Pour autant, l’auteur a appelé hier car elle est inquiète du peu de presse faite autour de son livre. Eh oui, le marché du livre aussi subit la crise…je l’entends tous les jours autour de moi, notamment lors des coups de téléphone passés aux libraires.
Durant cette première semaine, j’ai également assisté aux réunions de fabrication de Lattès et du Masque. Une petite explication s’impose : Jean-Claude Lattès et Le Masque sont, au départ, deux maisons indépendantes qui partagent désormais le même toit. Le Masque publie uniquement des polars sous plusieurs collections : Le Masque Jaune (couverture célèbre des Agatha Christie), MSK (nouvelle collection destinée aux adolescents ; le fameux Hush Hush de Becca Fitzpatrick en tête de gondole de toutes les librairies), Le Masque (livres grands formats) et Labyrinthes (collection de poche). Quant à Lattès, ils publient un peu de tout : littérature francophone, littérature étrangère (le prochain William Ospina, Le pays de la cannelle, sort pour la rentrée littéraire), littérature historique, essais et documents, romans noirs (il faut que je me renseigne sur la différence entre ces romans-là et ceux publiés au Masque). Pour plus de précision, je vous mets l’adresse du site : www.editions-jclattes.fr. Donc pour en revenir aux réunions, il y en a deux différentes, qui se déroulent de la même manière. Chaque personne présente dispose d’un planning de fabrication et la table commente les titres, les délais, les couvertures choisies…pour le Masque d’abord, puis pour Lattès.
Jeudi et vendredi mon maître de stage était absent, mais il m’avait laissé des tâches à accomplir. Tout d’abord, je devais aller sur un site nommé « portail de mise en vente » (pmv), où je devais entrer chaque titre à paraître en août et septembre (période la plus importante de l’année pour une maison d’édition, car il s’agit de la rentrée littéraire) ainsi que des renseignements tels que le prix TTC et HT, le tirage total et le tirage pour les A, les B et les Hypermarchés si besoin. Cette histoire des A et des B va, je pense, vous être totalement étrangère, mais je vous l’expliquerai dans un autre post, celui de ma deuxième semaine. Ma deuxième mission était de mettre à jour le répertoire « infos libraires » de la messagerie Outlook de mon maître de stage grâce au site Dilicom, qui recense tous les libraires de France. Je dois bien avouer que cette mission a été particulièrement longue et ennuyeuse. C’est le lot de tout stagiaire, j’imagine.
Qu’à cela ne tienne ! Armée de ma carte Navigo flambant neuve, je m’engouffre pour la première fois dans la bouche de métro ‘Volontaires’, ligne 12, direction La Courneuve. Deux stations plus loin, je descends à Montparnasse-Bienvenue, puis nouvelle ligne de métro, la 4 cette fois, direction Porte de Clignancourt. Saint-Germain-des-Prés. Arrivée. Si Émeline devra se battre pour trouver où se garer, mon quotidien, désormais, sera de me souvenir dans quel wagon entrer pour avoir le moins de chemin à parcourir avant la sortie, de me frayer un passage parmi les voyageurs et de ne pas rater la station. Et la même chose en sens inverse, bien entendu. Mais entrons dans le vif du sujet, à savoir ma première semaine de stage.
Je ne vais pas vous faire un compte-rendu au jour le jour, ce serait ennuyeux et parfaitement inutile puisqu’évidemment, j’ai des missions quotidiennes à effectuer, notamment celle de me servir d’un logiciel nommé Dune. Chaque jour, nous recevons de la part des représentants des Services de Presse (SP) ; ce sont des étiquettes autocollantes à l’en-tête JC Lattès-Le Masque, sur lesquelles sont notés le nom et adresse de chaque libraire qu’ils ont rencontré. Au dos, le représentant indique le (ou les) livre(s) que cette personne veut recevoir. Mon rôle est de répertorier (dans Dune) chacun des livres que nous envoyons, dans le but de pouvoir ensuite éditer des listes d’envoi. Ainsi, si nous publions un livre dans le même genre que Dan Brown, nous savons quelle librairie est susceptible d’avoir la clientèle pour le vendre, et nous pouvons le leur expédier directement. En effet, après la phase informatique vient la phase logistique : je dois descendre dans la réserve (véritable temple livresque) pour glisser les livres demandés dans des enveloppes, sur lesquelles je colle lesdites étiquettes (d’où leur vertu autocollante !). Cette opération pourrait sembler rébarbative à première vue, mais détrompez-vous : il faut déjà comprendre la logique d’utilisation des différentes enveloppes et colis –les librairies de Paris ou en banlieue, les particuliers de Paris ou de banlieue et la province ne sont pas logés à la même enseigne– et surtout, cela permet d’assimiler titres, auteurs et collections. Il me faut parfois monter sur une échelle branlante pour attraper un « vieux » livre de l’an dernier, déjà relégué en haut des étagères ! Cela me permet de me remettre un peu au sport, d’autant plus que la maison étant située dans un ancien hôtel particulier, il y a 4 étages qu’il faut constamment monter et descendre.
Mais je m’égare… Mardi, j’ai passé la matinée à arpenter les rues et métros parisiens pour visiter trois Fnac (Fnac Saint-Lazare, Fnac Forum et Fnac des Ternes), Virgin Barbès et la Librairie de Paris pour étudier comment les livres Lattès et Le Masque sortis en mars-avril y étaient placés. Bilan : un périple extrêmement enrichissant, je n’aurais jamais imaginé que des enseignes similaires pouvaient traiter un même livre de manière aussi différente. Pour vous donner un exemple précis, Debout sur la Terre, de Nahal Tajadod est un roman du Moyen-Orient, rayon peu développé dans les librairies. Aucun magasin ne le place de la même manière. Dans deux Fnac, il se trouvait sur l’étagère la plus basse d’une table placée dans le rayon Littérature Étrangère. Dans la troisième, il était sur le dessus d’une même table, toujours dans ce rayon. Enfin, à Virgin et à la librairie de Paris, il était surélevé, et dans le rayon Littérature francophone, donc bien plus en valeur. Pour autant, l’auteur a appelé hier car elle est inquiète du peu de presse faite autour de son livre. Eh oui, le marché du livre aussi subit la crise…je l’entends tous les jours autour de moi, notamment lors des coups de téléphone passés aux libraires.
Durant cette première semaine, j’ai également assisté aux réunions de fabrication de Lattès et du Masque. Une petite explication s’impose : Jean-Claude Lattès et Le Masque sont, au départ, deux maisons indépendantes qui partagent désormais le même toit. Le Masque publie uniquement des polars sous plusieurs collections : Le Masque Jaune (couverture célèbre des Agatha Christie), MSK (nouvelle collection destinée aux adolescents ; le fameux Hush Hush de Becca Fitzpatrick en tête de gondole de toutes les librairies), Le Masque (livres grands formats) et Labyrinthes (collection de poche). Quant à Lattès, ils publient un peu de tout : littérature francophone, littérature étrangère (le prochain William Ospina, Le pays de la cannelle, sort pour la rentrée littéraire), littérature historique, essais et documents, romans noirs (il faut que je me renseigne sur la différence entre ces romans-là et ceux publiés au Masque). Pour plus de précision, je vous mets l’adresse du site : www.editions-jclattes.fr. Donc pour en revenir aux réunions, il y en a deux différentes, qui se déroulent de la même manière. Chaque personne présente dispose d’un planning de fabrication et la table commente les titres, les délais, les couvertures choisies…pour le Masque d’abord, puis pour Lattès.
Jeudi et vendredi mon maître de stage était absent, mais il m’avait laissé des tâches à accomplir. Tout d’abord, je devais aller sur un site nommé « portail de mise en vente » (pmv), où je devais entrer chaque titre à paraître en août et septembre (période la plus importante de l’année pour une maison d’édition, car il s’agit de la rentrée littéraire) ainsi que des renseignements tels que le prix TTC et HT, le tirage total et le tirage pour les A, les B et les Hypermarchés si besoin. Cette histoire des A et des B va, je pense, vous être totalement étrangère, mais je vous l’expliquerai dans un autre post, celui de ma deuxième semaine. Ma deuxième mission était de mettre à jour le répertoire « infos libraires » de la messagerie Outlook de mon maître de stage grâce au site Dilicom, qui recense tous les libraires de France. Je dois bien avouer que cette mission a été particulièrement longue et ennuyeuse. C’est le lot de tout stagiaire, j’imagine.
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« Début de stage », par Coralie Bonneau

Vieux fourgon Citroën, par TdSch
Lundi matin, 9h20, me voilà arrivée au fin fond de la campagne lot et garonnaise. Je pénètre dans les bureaux des éditions Arphilvolis. Après une visite des locaux et une brève présentation de la société et de son fonctionnement, Mme Faïn, la directrice, me lance sur ma première tâche : la correction (orthographe et mise en page) de l’oeuvre d'un homme qui s'est voulu écrivain le temps d'un hommage à son père. Ce livre sera tiré en vingt exemplaires, destinés à son entourage et non à la vente… Il n’empêche qu’une correction était obligatoire. Et quel travail difficile ! Cet ouvrage n'ayant pas de visée commerciale, il ne fallait pas trop retoucher certaines syntaxes qui me faisaient faire des bonds sur ma chaise, ni même, comble du comble pour une hispanisante, corriger les mots espagnols écrits à la française ! Quand j’ai enfin fini par voir le bout de ce manuscrit, il était l’heure que je m’en aille. Si j’avais su ce qui allait m’arriver quelques minutes plus tard... le gentil chauffeur d'un vieux fourgon rouillé m'a envoyé valdinguer dans un fossé ! Quel bonheur de finir cette première journée aux urgences ! Momentanément sans véhicule, j'ai dû interrompre mon stage le temps d'une journée. À mon retour mercredi matin, un nouveau manuscrit m’attendait. Le premier polar d’une auteur de romans jeunesse. Beaucoup plus intéressant. Nous nous sommes donc tenu compagnie jusqu’à vendredi.
Je dois avouer que les travaux de cette semaine m’ont paru un peu rébarbatifs, j’espère voir rapidement autre chose, d'autant que cette maison d'édition imprime elle-même ses livres... Aventure à suivre...ance sur ma première t fonctionnement, Mme Fa
Lundi matin, 9h20, me voilà arrivée au fin fond de la campagne lot et garonnaise. Je pénètre dans les bureaux des éditions Arphilvolis. Après une visite des locaux et une brève présentation de la société et de son fonctionnement, Mme Faïn, la directrice, me lance sur ma première tâche : la correction (orthographe et mise en page) de l’oeuvre d'un homme qui s'est voulu écrivain le temps d'un hommage à son père. Ce livre sera tiré en vingt exemplaires, destinés à son entourage et non à la vente… Il n’empêche qu’une correction était obligatoire. Et quel travail difficile ! Cet ouvrage n'ayant pas de visée commerciale, il ne fallait pas trop retoucher certaines syntaxes qui me faisaient faire des bonds sur ma chaise, ni même, comble du comble pour une hispanisante, corriger les mots espagnols écrits à la française ! Quand j’ai enfin fini par voir le bout de ce manuscrit, il était l’heure que je m’en aille. Si j’avais su ce qui allait m’arriver quelques minutes plus tard... le gentil chauffeur d'un vieux fourgon rouillé m'a envoyé valdinguer dans un fossé ! Quel bonheur de finir cette première journée aux urgences ! Momentanément sans véhicule, j'ai dû interrompre mon stage le temps d'une journée. À mon retour mercredi matin, un nouveau manuscrit m’attendait. Le premier polar d’une auteur de romans jeunesse. Beaucoup plus intéressant. Nous nous sommes donc tenu compagnie jusqu’à vendredi.
Je dois avouer que les travaux de cette semaine m’ont paru un peu rébarbatifs, j’espère voir rapidement autre chose, d'autant que cette maison d'édition imprime elle-même ses livres... Aventure à suivre...ance sur ma première t fonctionnement, Mme Fa
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jeudi 6 mai 2010
« Première semaine de stage », par Laëtitia Sobenes
Perchée au premier étage d’une résidence Lormontaise, une maison d’édition avec vue sur la cité. Un appartement aménagé en bureaux et des livres, que de livres ! On n’y vient pas par hasard au Bord de l’eau pourtant, on y est très bien accueilli.
Le premier jour, Laura et moi sommes donc arrivées ensemble et avons été prises en charge immédiatement par Olivier Gomez, responsable PAO (Publication Assistée par Ordinateur). Après un bref topo sur la maison d’édition axée sur les sciences humaines, nous nous sommes mises au travail.
Nous avons eu en charge la correction d’une épreuve pour la collection INA (Institut National de Audiovisuel), de l’auteur Vincent Goulet : Médias et classes populaires. La liste de symboles de correction, que nous avait donnée Monsieur Furette lors du dernier cours, a donc été fort utile. Ce sont souvent les mêmes signes qui reviennent, il a donc été facile de les mémoriser. Il faut être très vigilant car les erreurs ne portent pas uniquement sur l’orthographe et la grammaire, il faut également être au fait des normes typographiques et de mise en page.
Il est amusant de constater que l’auteur faisait le même type de faute : les accords au féminin. (Existe-t-il une psychanalyse basée sur les fautes d’orthographe ?) En définitive, c’est un peu comme un énième jet de traduction. Il faut tout vérifier, s’assurer qu’il n’y ait pas d’incohérences, que les phrases soient bien tournées, qu’elles soient compréhensibles... C’est un exercice intéressant pour améliorer son écrit, nul ne doute qu’il sera très profitable au moment des relectures multiples du mémoire.
J’ai par la suite eu l’opportunité d’introduire moi-même les corrections de ce livre grâce au logiciel de publication Indesign. Travail délicat, car il faut faire attention à ne pas bouleverser la mise en page et créer par exemple des veuves et orphelines ou décaler la pagination et chambouler le sommaire. Je craignais d’avoir laissé des erreurs ou pire d’en avoir créé là où à la base il n’y en avait pas. D’autre part, il a fallu plusieurs fois demander à l’auteur de reformuler une note de bas de page ou une phrase dans le corps du texte.
Une lourde responsabilité pesait sur mes épaules. En effet, il s’agissait de la dernière correction de l’épreuve avant signature du bon à tirer par l’auteur. La correction terminée, nous avons donc généré un fichier PDF que nous lui avons envoyé. Nous avons alors pu constater que la relation avec les auteurs n’est pas toujours chose facile, notamment lorsqu’il s’agit de toucher à leur bébé mais également en aval, en ce qui concerne la communication autour du livre.
Autant dire qu’on ne chôme pas au Bord de l’eau et que les stagiaires ne sont pas reléguées aux tâches de préparation de café et photocopie ! A suivre : la réalisation d’un livre par le biais d’Indesign depuis la réception du fichier word de l’auteur jusqu’à l’envoi à l’impression. Tout un programme...
http://www.editionsbdl.com/
Le premier jour, Laura et moi sommes donc arrivées ensemble et avons été prises en charge immédiatement par Olivier Gomez, responsable PAO (Publication Assistée par Ordinateur). Après un bref topo sur la maison d’édition axée sur les sciences humaines, nous nous sommes mises au travail.
Nous avons eu en charge la correction d’une épreuve pour la collection INA (Institut National de Audiovisuel), de l’auteur Vincent Goulet : Médias et classes populaires. La liste de symboles de correction, que nous avait donnée Monsieur Furette lors du dernier cours, a donc été fort utile. Ce sont souvent les mêmes signes qui reviennent, il a donc été facile de les mémoriser. Il faut être très vigilant car les erreurs ne portent pas uniquement sur l’orthographe et la grammaire, il faut également être au fait des normes typographiques et de mise en page.
Il est amusant de constater que l’auteur faisait le même type de faute : les accords au féminin. (Existe-t-il une psychanalyse basée sur les fautes d’orthographe ?) En définitive, c’est un peu comme un énième jet de traduction. Il faut tout vérifier, s’assurer qu’il n’y ait pas d’incohérences, que les phrases soient bien tournées, qu’elles soient compréhensibles... C’est un exercice intéressant pour améliorer son écrit, nul ne doute qu’il sera très profitable au moment des relectures multiples du mémoire.
J’ai par la suite eu l’opportunité d’introduire moi-même les corrections de ce livre grâce au logiciel de publication Indesign. Travail délicat, car il faut faire attention à ne pas bouleverser la mise en page et créer par exemple des veuves et orphelines ou décaler la pagination et chambouler le sommaire. Je craignais d’avoir laissé des erreurs ou pire d’en avoir créé là où à la base il n’y en avait pas. D’autre part, il a fallu plusieurs fois demander à l’auteur de reformuler une note de bas de page ou une phrase dans le corps du texte.
Une lourde responsabilité pesait sur mes épaules. En effet, il s’agissait de la dernière correction de l’épreuve avant signature du bon à tirer par l’auteur. La correction terminée, nous avons donc généré un fichier PDF que nous lui avons envoyé. Nous avons alors pu constater que la relation avec les auteurs n’est pas toujours chose facile, notamment lorsqu’il s’agit de toucher à leur bébé mais également en aval, en ce qui concerne la communication autour du livre.
Autant dire qu’on ne chôme pas au Bord de l’eau et que les stagiaires ne sont pas reléguées aux tâches de préparation de café et photocopie ! A suivre : la réalisation d’un livre par le biais d’Indesign depuis la réception du fichier word de l’auteur jusqu’à l’envoi à l’impression. Tout un programme...
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mercredi 5 mai 2010
« Première journée de stage », par Émeline Laduche
Je commence à 12h. Je pars de chez moi à 11h15. La maison d’édition se situe à 15 minutes en voiture de chez, mais aux Chartrons. Je prévois donc une bonne demi-heure pour me garer. Demi-heure qui me fort utile mais horriblement exaspérante, à tourner et retourner dans le quartier pour finalement trouver une place dans la rue menant à la petite place où se trouve le local de Culture Suds. À 12h01 je franchis la porte. Une jeune femme, Nathalie m’accueille, avec la nouvelle que les patrons ne sont pas là mais arrivent vers 14h. Elle ajoute qu’Antonio m’a laissé pour mission de débuter le site, et sourit en m’annonçant qu’internet ne fonctionne pas depuis qu’elle est arrivée. On vérifie alors tous les branchements et la connexion. Le problème vient du fournisseur d’accès. Tant pis. Je brouillonne alors un schéma de mes idées sur mon cahier de notes et décide de faire un catalogue des publications. Je me dirige dans l’arrière-salle et entreprend de cataloguer les livres présents sur l’étagère et édités par Culture Suds. Tout en faisant cela, je discute avec Nathalie qui peint en gris tous les meubles de l’atelier. En effet, Culture Suds partage le local avec Couleurs Garonne, un atelier de peinture et sculpture, et dont un des artistes a décidé qu’il fallait tout repeindre en gris. Une fois ma liste et sa peinture terminées, Nathalie fait du café. Il est à peine 13h et je ne sais pas quoi faire. Je dois attendre Antonio. Alors pendant ce temps j’aide Nathalie à faire de la place là où il n’y en a pas pour ranger une table et des tréteaux. La femme d’Antonio arrive, travaillant à Couleurs Garonne arrive et nous raconte son week-end. Elle parle avec enthousiasme d’un vide-grenier et d’une bonne affaire à propose d’un vase en pâte d’un verre qu’elle a négocié à 1,50€ et qui vaudrait 200€. Pour moi cette histoire n’évoque rien mais les deux femmes en rient. Antonio finit par arriver. Il est affreusement déçu en apprenant qu’internet ne fonctionne pas. Je lui montre mes schémas de site web. Il trouve mes idées très intéressantes. On s’attelle alors à la mise à jour de la comptabilité de la caisse avec Nathalie. J’écoute attentivement et glane des informations, prends des notes, pose des questions. L’information majeure de la journée c’est que Culture Suds est une association et peut recevoir des subventions de l’Etat ; d’où tenir les comptes à jour pour présenter les dossiers. L’heure de m’en aller sonne. Je m’en vais en lançant un « à jeudi » à la cantonade. Une petite après-midi, un peu courte mais tout de même assez instructive. En attendant la journée suivante, j’ai préparé une ébauche de site web à présenter à Antonio jeudi. Eh oui, le stage ne s’arrête pas en sortant du local.
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mercredi 20 janvier 2010
Petite annonce : proposition de stage, 2
Une autre info intéressante :
Dans le cadre du développement multilingue de notre société de Traduction, nous recherchons des étudiants en langues étrangères, de langue maternelle française, allemande, anglaise, italienne, hollandaise, espagnole, portugaise, arabe, russe, japonaise ou chinoise motivés pour deux types de stages :
Stages de traduction (étudiants en 3ème année minimum)
Stages de négociation et de gestion de projets de traduction, 4ème année ou plus.
Postes à pourvoir dès que possible.
Les heures de travail pourront être aménagées en télétravail.
Veuillez transmettre votre cv accompagné d’une lettre de motivation à l’intention de Madame Leborgne à l’adresse email suivante :
stages@001-traduction.fr
Isabelle Leborgne
Département des Ressources Humaines
www.001-Traduction.fr
Dans le cadre du développement multilingue de notre société de Traduction, nous recherchons des étudiants en langues étrangères, de langue maternelle française, allemande, anglaise, italienne, hollandaise, espagnole, portugaise, arabe, russe, japonaise ou chinoise motivés pour deux types de stages :
Stages de traduction (étudiants en 3ème année minimum)
Stages de négociation et de gestion de projets de traduction, 4ème année ou plus.
Postes à pourvoir dès que possible.
Les heures de travail pourront être aménagées en télétravail.
Veuillez transmettre votre cv accompagné d’une lettre de motivation à l’intention de Madame Leborgne à l’adresse email suivante :
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Isabelle Leborgne
Département des Ressources Humaines
www.001-Traduction.fr
samedi 25 juillet 2009
« Vous rédigerez un rapport de stage... », par Nathalie
En photo : Inspiration par h.koppdelaneyAh, la barbe ! Rédiger un rapport de stage ! Mais, j'ai jamais fait ça, moi ! Qu'est-ce qu'il faut y mettre ? En plus, il doit falloir adopter un style formel - ministériel ? -, ennuyeux, quoi... Voilà pourquoi je reporte depuis plusieurs semaines la rédaction dudit rapport.
Je ne voulais pas le rédiger dans la foulée, après la fin du stage : trop tôt. J'attendais de trouver le bon moment ; mais les semaines se sont écoulées et je commençais à me demander si ce moment-là arriverait jamais... D'autant qu'avec la distance, je n'avais plus trop le coeur à me replonger dans une expérience révolue depuis plus de deux mois... Serais-je prise à mon propre piège ? NON, Dieu merci ! Parce que cette semaine, pour me remettre de la énième relecture de ma trad, je me suis dis qu'il fallait varier les plaisirs et donc je me suis replongée dans mon petit cahier bleu (celui que j'avais toujours sur moi pendant le stage), là où j'ai consigné infos pratiques (noms, chiffres, dates...) et impressions personnelles. Et au fil des pages, l'envie de mettre en forme les menus événements de cette expérience m'a permis de réaliser une espèce de synopsis qui laisse apparaître les scènes marquantes, sans négliger pour autant les situations secondaires, parfaites pour le contrechamp. Et c'est presque sans y penser que j'ai commencé à rédiger le compte-rendu, hier : quatre pages déjà enregistrées. Bien évidemment, je suis obligée d'opérer des choix : je ne peux (veux) pas tout rapporter (trop peur de proposer un catalogue-inventaire peu amène). Alors je me laisse guider : si j'ai commencé par évoquer ma première journée, je n'ai pas l'intention de suivre le déroulé chronologique des quatre semaines (trop scolaire ?). Je préfère insérer des prolepses, des apartés, des incises parce que je dois parler de telle rencontre ou de telle problématique à ce moment-là de ma rédaction et pas en fonction d'une datation historique rigide. Et ô joie, je me rends compte que les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement, offrant une vision éclatée et cohérente de ce que j'ai vécu. « De ce que j'ai vécu ? ». Non, je me trompe. De ce que m'a apportée cette immersion dans le monde micro-éditorial. J'écris donc ce que j'en ai retiré, et ce que je vais en retenir. « La substantifique moëlle » ? Oui, c'est un peu ça.
Maintenant, j'aimerais bien avoir le point de vue de mes camarades de promotion, histoire de savoir comment elles vivent cette « figure imposée » que nous sommes cordialement invitées à nous approprier, voire à modeler à notre image...
Je ne voulais pas le rédiger dans la foulée, après la fin du stage : trop tôt. J'attendais de trouver le bon moment ; mais les semaines se sont écoulées et je commençais à me demander si ce moment-là arriverait jamais... D'autant qu'avec la distance, je n'avais plus trop le coeur à me replonger dans une expérience révolue depuis plus de deux mois... Serais-je prise à mon propre piège ? NON, Dieu merci ! Parce que cette semaine, pour me remettre de la énième relecture de ma trad, je me suis dis qu'il fallait varier les plaisirs et donc je me suis replongée dans mon petit cahier bleu (celui que j'avais toujours sur moi pendant le stage), là où j'ai consigné infos pratiques (noms, chiffres, dates...) et impressions personnelles. Et au fil des pages, l'envie de mettre en forme les menus événements de cette expérience m'a permis de réaliser une espèce de synopsis qui laisse apparaître les scènes marquantes, sans négliger pour autant les situations secondaires, parfaites pour le contrechamp. Et c'est presque sans y penser que j'ai commencé à rédiger le compte-rendu, hier : quatre pages déjà enregistrées. Bien évidemment, je suis obligée d'opérer des choix : je ne peux (veux) pas tout rapporter (trop peur de proposer un catalogue-inventaire peu amène). Alors je me laisse guider : si j'ai commencé par évoquer ma première journée, je n'ai pas l'intention de suivre le déroulé chronologique des quatre semaines (trop scolaire ?). Je préfère insérer des prolepses, des apartés, des incises parce que je dois parler de telle rencontre ou de telle problématique à ce moment-là de ma rédaction et pas en fonction d'une datation historique rigide. Et ô joie, je me rends compte que les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement, offrant une vision éclatée et cohérente de ce que j'ai vécu. « De ce que j'ai vécu ? ». Non, je me trompe. De ce que m'a apportée cette immersion dans le monde micro-éditorial. J'écris donc ce que j'en ai retiré, et ce que je vais en retenir. « La substantifique moëlle » ? Oui, c'est un peu ça.
Maintenant, j'aimerais bien avoir le point de vue de mes camarades de promotion, histoire de savoir comment elles vivent cette « figure imposée » que nous sommes cordialement invitées à nous approprier, voire à modeler à notre image...
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mardi 14 juillet 2009
Dernier billet de Jacqueline sur L'harmattan
Échanges avec Daniel COHEN, directeur d’un comptoir d’édition
Au cours de mon stage, j’ai eu le privilège d’avoir des échanges quasi quotidiens avec Daniel Cohen, directeur de la collection « Ecritures » chez L’Harmattan qui préside également aux destinées d’Orizons. Je lui laisse la parole pour expliquer le choix de ce « mot » : « Nous avons dû élider le H de ce splendide mot, par trop convoqué dans l’univers de la propriété industrielle et intellectuelle, afin de pouvoir l’utiliser, en souvenir d’une collection jadis créée par Peter Schnyder. Notre infographiste, le peintre Andrew Pockett, a su imaginer un logo qui rende compte d’un profil : un œuf à l’intérieur duquel un palmier agite ses palmes : les symboles de la fécondation et de la création s’y trouvent réunis. Ce double sceau désigne notre ambition et notre recherche. Ainsi le littéraire est-il au sommet et à la base de notre quête et notre production décline, le mieux que nous ayons pu, le désir de l’articuler à travers quelques collections. »
Ce travail a commencé en mars 2008 – le comptoir d’édition a été créé en 2007, sous le parrainage de l’Harmattan. Daniel Cohen dirige donc la structure, dont le but est d’éditer et de promouvoir des œuvres littéraires de langue française de toutes les époques, mais « d’extrême contemporain avant tout ». Orizons conserve son indépendance dans sa politique de promotion, de ses choix, de ses décisions. Très prochainement il disposera de ses propres locaux, ce qui renforcera sa lisibilité, mais naturellement, la gestion financière est totalement intégrée à celle de la maison mère et la politique étroitement associée à celle de L’Harmattan.
Entre mars 2008 et aujourd’hui, 50 ouvrages ont été publiés, qu’il a réalisés de bout en bout. (Le diffuseur-distributeur est L’Harmattan dont Daniel Cohen souligne au passage le catalogue « fastueux » ). L’ensemble est résolument littéraire, ouvert sur le monde, conjuguant la création, la critique générale, en littérature et en philosophie.
Une association Les Amis d’Orizons a vu le jour en décembre 2008 dans le but de soutenir et de valoriser le travail d’Orizons, son enrichissement culturel.
Daniel Cohen se présente d’abord « comme un écrivain, subsidiairement éditeur ». Il a écrit son premier livre à 14 ans ; et termine une épopée et une œuvre picturale de 600 pages au nom magique Blanche des Oublies (du nom de la galette qu’on offrait au Moyen Âge) ; il ne convient pas d’en déflorer le sujet mais son auteur m’en a longuement et magnifiquement parlé car pour lui, les mots clé sont « passion, exigence, folie». Docteur en littérature – sa thèse porte sur l’œuvre de Léopold Senghor -, Daniel Cohen est un homme d’une grande culture, au commerce agréable, mais qui sait exprimer très fermement mais en douceur, son point de vue : j’ai assisté à un échange « musclé » avec un auteur qui voulait absolument modifier le visuel de la couverture de son livre pour booster les ventes, qu’il jugeait insuffisantes…
Il faut dire qu’Orizons reçoit 200 manuscrits par mois ! Un manuscrit est retenu sur 2000 qui lui parviennent ; Il connaît donc bien ces auteurs qui « parlent de leurs entrailles » quand ils parlent de leurs livres, qui « se battent contre une virgule », et fustige au passage la civilisation de l’image dans laquelle nous évoluons, révélatrice d’une très grande fragilité sociale qui « pousse les gens à écrire pour fixer quelque chose ». C’est pour lui une des deux difficultés majeures auxquelles se heurte l’éditeur : les relations avec l’auteur qui voit l’éditeur sous un regard magique. C’est en effet celui qui donne une forme de sacré à son texte dans la mesure où il le porte au public – le sacre, c’est bien passer de l’un à l’autre, l’autre étant le multiple-, d’où un débridement de l’affect qui entraîne un discours moralisateur de l’éditeur par souci de bien mettre les bornes. La seconde difficulté étant bien entendu de placer le livre de l’auteur chez le libraire (qui peut les retourner au bout de trois mois le cas échéant).
Comment Daniel Cohen surmonte-t-il ces difficultés ? Il dit que l’édition est d’abord une affaire de volonté, de courage et de patience, surtout une affaire de passion ; et ensuite une affaire économique.
C’est un passionné lucide, un brin pessimiste, persuadé que le livre va disparaître progressivement et que les éditeurs vont disparaître, que dans 25 ans tout sera numérisé et que les livres deviendront une denrée historique. Lucidité ou coquetterie ? Pour l’heure, il fourmille de projets, le plus prestigieux : l’édition des poèmes d’André Gide, en voie d’achèvement, et qui va donner lieu à l’automne prochain à la présentation conjointe du comptoir devant la presse, probablement dans les locaux du Sénat.
A propos de la relation auteur-éditeur il dit aussi que c’est « un couple toujours curieux à propos duquel j’écrirai un jour un petit livre, tant il tient de l’impossible et du magique, du passionné aussi avec tout ce que ce mot comprend en sentiments vifs et contradictoires. A L’Harmattan, nous formons une amicale avec les auteurs, sans chichis, sans tralala, sans ce côté condescendant et quelque peu tribal qui rend ailleurs l’éditeur lunaire et quasiment hors-monde, quand on n’est pas bardé de ces ventes qui font sourire les comptables et mettent de côté le directeur littéraire ».
Ces propos ont été tenus lors de la signature d’un auteur maison à laquelle j’ai assisté et j’ai pu constater le soin extrême qu’a mis Daniel Cohen à préparer la présentation de cet ouvrage et de son auteur, visiblement heureux.
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lundi 22 juin 2009
Quelques rimes pour une dernière semaine de stage..., par Laure G.
En photo : WTJ pages and pages and pages par stOOpidgErLDe mon stage je retiens plusieurs messages
Qui m’ennuagent de rimes en –age...
Le stage selon Mr Casas est « un échange de bons procédés ».
J’ai effectué pour lui quelques ouvrages,
Il a exercé pour moi un compérage-compagnonnage.
Par sa complicité, il a guidé mon apprentissage
Et a enrichi ma connaissance de l’édition de ses témoignages.
Le langage, de la vérité du livre a été le meilleur gage.
Le partage, de la connaissance du métier d’éditeur a été l’apanage.
Dans l’univers de l’édition, sur ses rivages,
J’ai assisté au mûrissage de la page.
Et de là j’entends l’écho d’un vieil adage
Sur lequel j’opère un nécessaire façonnage :
« Bien mal acquis ne profite jamais »
Devient, fin juin, « Bien acquis profite à jamais ».
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jeudi 11 juin 2009
« Stage, suite et fin », par Jacqueline
En photo : Pont des Arts par NavindaKEt voilà, c'est mon dernier jour ; avec un brin de nostalgie, je reviens chercher mes sacs, en me disant que je repars plus riche que je ne suis arrivée, riche d'une expérience intéressante et concluante. Ce dernier soir se termine en apothéose car je suis sur les planches du Pont des Arts, assise en tailleur devant un spectacle somptueux, celui des péniches qui remontent la Seine sur un fond de ciel gris, typique de Paris où, pendant tout le week-end, se déroule la première édition de Paris en toutes lettres. Là, ce sont des comédiens et des comédiennes du Français qui viennent prêter main- forte à ce nouvel événement littéraire ; l'une d'entre eux nous dit des poèmes de Louise Labé et je me pince pour bien réaliser la chance que j'ai d'être là. Ce choix de stage à l'Harmattan aura donc été pour moi à tout point de vue un bon choix puisqu'il débouche sur une première collaboration rémunérée : la relecture de deux manuscrits, dont un en urgence pour dans quatre jours. C'est dire que je continue à être dans le bain et que la transition avec Bordeaux se fera en douceur et dans une activité stimulante comme à l'accoutumée. Tout de suite après, je me poserai pour la rédaction du rapport de stage.
À très bientôt maintenant,
Jacqueline
À très bientôt maintenant,
Jacqueline
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Une deuxième semaine de stage, par Laure G.
En photo : Feuilles dans le vent par jrom.Deuxième semaine de stage placée sous la bannière de deux expressions quelques peu figées mais que j'ai vécues à mes frais...
Tout ce qu'il ne faut pas faire... Et ça n'arrive pas qu'aux autres!
Laissez-moi vous éclairer... Cette semaine est à peine commencée et avec elle commence ma deuxième semaine de stage chez Nous Editions. Lundi et mardi, j'ai poursuivi mon travail de recherches en solitaire à la Bibliothèque Centrale de Caen, dépouillant la revue Poésie de Michel Deguy. J'ai fini en début de matinée cette tâche précise.
Mais avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai fait ce que tout le monde conseille vivement de ne pas faire : vendredi dernier, après ma troisième journée de stage, j'ai omis d'enregistrer sur une source externe le travail que j'avais fait sur mon ordinateur. De fait, arrivée à la bibliothèque, je me suis aperçu que j'avais oublié ma clef USB pour sauvegarder, au cas où mon vieil ordinateur aurait décidé de lâchement m'abandonner. Or... il ne s'en est pas privé! J'ai donc passé un très mauvais week-end, à me demander si un précieux copain allait pouvoir m'aider à faire remarcher mon ordinateur, non pas pour voir sa belle âme revenir à la vie, mais pour sauver toutes les données de la revue que j'avais recensées plusieurs heures durant ! Ce fameux copain a réussi... Je n'ai pas enregistré, bien mal m'en a pris ! Mais le Zoro de l'informatique est arrivé et m'a sauvée... ou plutôt a sauvé mon travail ! Merci à lui... Je respire après quelques jours d'angoisse !
Avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai aussi compris que des choses totalement insensées n'arrivent pas qu'aux autres ! Aujourd'hui mardi, en sortant de 4 longues (mais ultimes !) heures de travail à la bibliothèque, un zéphyr plus septentrional et violent qu'une brise légère et tiède a soufflé... Les cheveux dans le vent, telle Michelle Obama ou Carla Bruni Sarkozy en ce 6 juin de commémoration du débarquement (eh oui... elles étaient là, à Caen, à quelques pas de la bibliothèque, à la préfecture ; le ciel était plus bleu qu'aujourd'hui, mais le vent normand n'avait de cesse de faire des siennes !!!), je rentrais à pieds chez moi. Ce terrible souffle a emporté les feuillets du corpus de textes italiens et espagnols que je croyais tenir précisément dans mes mains (des dizaines de photocopies)... Les voitures roulaient sur les feuilles volantes, des gens bien intentionnés se précipitaient sur les feuillets pour m'aider à les récupérer... Mauvais épisode. Au final, j'ai récupéré les feuillets photocopiés aujourd'hui... Il me reste à les reclasser dans l'ordre !
Vendredi, je vois mon maître de stage pour lui remettre le fruit de mes recherches et découvrir ce qui m'attend pour les semaines à venir. Je lui présenterai les données synthétisées tirées de la revue de Michel Deguy, ainsi que le corpus de plus de 400 pages constitué des textes de tous les auteurs italiens et espagnols recensés, avec quelques traces de roues de voiture qui orneront le dos de quelques feuilles !
Tout ce qu'il ne faut pas faire... Et ça n'arrive pas qu'aux autres!
Laissez-moi vous éclairer... Cette semaine est à peine commencée et avec elle commence ma deuxième semaine de stage chez Nous Editions. Lundi et mardi, j'ai poursuivi mon travail de recherches en solitaire à la Bibliothèque Centrale de Caen, dépouillant la revue Poésie de Michel Deguy. J'ai fini en début de matinée cette tâche précise.
Mais avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai fait ce que tout le monde conseille vivement de ne pas faire : vendredi dernier, après ma troisième journée de stage, j'ai omis d'enregistrer sur une source externe le travail que j'avais fait sur mon ordinateur. De fait, arrivée à la bibliothèque, je me suis aperçu que j'avais oublié ma clef USB pour sauvegarder, au cas où mon vieil ordinateur aurait décidé de lâchement m'abandonner. Or... il ne s'en est pas privé! J'ai donc passé un très mauvais week-end, à me demander si un précieux copain allait pouvoir m'aider à faire remarcher mon ordinateur, non pas pour voir sa belle âme revenir à la vie, mais pour sauver toutes les données de la revue que j'avais recensées plusieurs heures durant ! Ce fameux copain a réussi... Je n'ai pas enregistré, bien mal m'en a pris ! Mais le Zoro de l'informatique est arrivé et m'a sauvée... ou plutôt a sauvé mon travail ! Merci à lui... Je respire après quelques jours d'angoisse !
Avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai aussi compris que des choses totalement insensées n'arrivent pas qu'aux autres ! Aujourd'hui mardi, en sortant de 4 longues (mais ultimes !) heures de travail à la bibliothèque, un zéphyr plus septentrional et violent qu'une brise légère et tiède a soufflé... Les cheveux dans le vent, telle Michelle Obama ou Carla Bruni Sarkozy en ce 6 juin de commémoration du débarquement (eh oui... elles étaient là, à Caen, à quelques pas de la bibliothèque, à la préfecture ; le ciel était plus bleu qu'aujourd'hui, mais le vent normand n'avait de cesse de faire des siennes !!!), je rentrais à pieds chez moi. Ce terrible souffle a emporté les feuillets du corpus de textes italiens et espagnols que je croyais tenir précisément dans mes mains (des dizaines de photocopies)... Les voitures roulaient sur les feuilles volantes, des gens bien intentionnés se précipitaient sur les feuillets pour m'aider à les récupérer... Mauvais épisode. Au final, j'ai récupéré les feuillets photocopiés aujourd'hui... Il me reste à les reclasser dans l'ordre !
Vendredi, je vois mon maître de stage pour lui remettre le fruit de mes recherches et découvrir ce qui m'attend pour les semaines à venir. Je lui présenterai les données synthétisées tirées de la revue de Michel Deguy, ainsi que le corpus de plus de 400 pages constitué des textes de tous les auteurs italiens et espagnols recensés, avec quelques traces de roues de voiture qui orneront le dos de quelques feuilles !
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