samedi 22 janvier 2011

Exercice d'écriture : « Coupure d'électricité », par Stéphanie Maze

En photo : Muy feo pa' la foto
par PedroVn

Monsieur Piadola rêvait d'être un de ces hommes qui attire l'attention en raison d'une caractéristique physique frappante même si cela avait dû être un nez crochu, un menton en galoche, des yeux globuleux ou encore des oreilles décollées. Malheureusement, le visage de Monsieur Piadola était un pot-pourri de tous ces défauts. Autant dire que son succès auprès des femmes n'était pas de notoriété publique. Miser sur son physique, voilà qui avait tout l'air d'une mission impossible. Aussi ce quinquagénaire passait-il ses journées à se creuser la tête, à retourner le problème dans tous les sens : comment parviendrait-il enfin à séduire une femme ? « Séduire » était un bien grand mot, mais il semblait que cette étape ne pût être éludée si toutefois il souhaitait un jour se réveiller aux côtés d'une femme. Il songea que se réveiller auprès d'une femme était le cadet de ses soucis, lui désirait uniquement... Mais il se ravisa et se dit qu'il devait penser avec finesse et délicatesse, s'il voulait arriver à ses fins. Tout à coup, il se rappela qu'il y a peu un ami lui avait parlé de ce bar près de Beaubourg. Un bar concept comme on dit aujourd'hui. Un bar plongé dans une obscurité totale. Là, tout près, se trouvait la solution. En effet, il savait qu'il ne pouvait rien changer à ce visage difforme que la nature lui avait octroyé... Le maquiller, le camoufler, il avait déjà tout envisagé, tout pratiqué, aucune solution n'avait porté ses fruits... Rien ne lui avait permis d'effleurer la peau d'une femme. Il avait pourtant usé de divers stratagèmes : dans la cour de récréation, feignant de tomber, il se raccrochait aux petites filles frêles qu'il ne manquait jamais d'entraîner dans sa chute et qui le remerciaient par le biais de quelques coups de pieds mal placés ; ou plus tard au lycée, lorsque son embonpoint commençait à atteindre des sommets, dès qu'il apercevait une camarade prête à entrer dans la classe, il se précipitait en direction de la porte mais finissait toujours par trébucher avant d'arriver à destination. Monsieur Piadola aurait donc dû se résigner, mais au lieu de ça il s'entêtait, obsédé par l'idée de copuler et, de ce fait, était devenu la risée de qui le connaissait. Il sentait qu'avec l'obscurité, il tenait la solution à son problème. Car dans le noir, toute sa disgrâce disparaîtrait. Il lui faudrait donc réunir plusieurs femmes, nécessairement inconnues, car toutes femmes saines d'esprit l'ayant déjà côtoyé lui opposerait immédiatement un refus. Des femmes donc. Un endroit où les réunir, endroit où elles accepteraient de se rendre. Des femmes inconnues dans un lieu indéterminé. Les choses se compliquaient... Puis soudain, la solution lui apparut, évidente. Où se concentre des femmes seules et/ou insatisfaites ? La salle de sport ! La salle de sport ! Il n'y débusquerait sans doute pas la perle rare qu'il se plaisait à imaginer entre ses draps, mais même flasque et ridée, la marchandise ferait l'affaire. Il se sentait à deux doigts du bonheur, rouge et transpirant d'excitation. Il se rendrait donc au gymnase dès le lendemain, repérerait le compteur et ni vu ni connu couperait le courant et jetterait son dévolu sur la première venue !

Celle-ci, elle est pour Vanessa

En photo : Dientes fosilizados de tiburón -...
par Gustavo Righelato

Vanessa, quelle est l'origine, quel est le sens et quelle traduction donnerais-tu à l'expression AVOIR LES DENTS MÊLÉES ?

À propos de la version pour le 29 janvier

Étant donné que nous avons utilisé le texte de Mendoza pour notre petite expérience lors de la dernière séance de traduction collective (d'ailleurs, je pense que ce serait une bonne idée de renouveler, non ?), je vous dispense de version pour ce tour-ci. Profitez-en pour bien avancer vos traductions longues.
(je laisse néanmoins figurer la date dans le calendrier des travaux à rendre, au cas où d'autres Tradabordiens aient l'intention de le faire et de l'envoyer).

Exercice d'écriture : « Coupure d'électricité », par Perrine Huet

En photo : Meetic logo
par benoit.darcy

Confortablement installée sur sa chaise de bureau matelassée, Nicole pianotait à une vitesse vertigineuse. La faible lumière de la lampe halogène lui permettait à peine de distinguer les différentes lettres. Autrefois, elle savait écrire sans regarder les touches, les yeux rivés sur l’écran, écoutant la voix morne et caverneuse de son ancien patron. Mais avec le temps, toute sa technique s’était évaporée, et elle était de nouveau contrainte à garder la tête baissée. Sans pratique, ces choses-là se perdent facilement, mais par chance, elle avait conservé sa rapidité et sa dextérité. En fond sonore tournait un vieux disque de Frank Sinatra, son chanteur favori. Ses grands yeux d’un bleu profond commençaient à la démanger, et ses poignets étaient tout endoloris. Il aurait été judicieux de faire une pause de quelques minutes, d’aller se dégourdir les jambes en sortant le chien, de reposer sa cornée en prenant un peu l’air. Or, il n’était pas question qu’elle quitte son poste maintenant, alors qu’ils étaient sur le point de s’envoyer de précieux documents.
De l’autre côté de l’écran, Jacques se délectait de cet échange passionné. Allongé sur son canapé de velours, il écrivait de sa main droite, tout en gobant d’énormes grains de muscat blanc de la gauche. Installé de la sorte, il avait tout l’air d’un Romain étendu au milieu de coussins, de plateaux de fruits et de coupes de vin. De temps à autre, il guettait la porte du salon, anxieux. Cette relation virtuelle qu’ils entretenaient depuis déjà des semaines stagnait de plus en plus, mais malgré sa vive curiosité et son désir grandissant, il n’avait encore osé fixer un rendez-vous, de peur de la brusquer. La femme avec qui il passait le plus clair de son temps, mais qu’il n’avait toujours pas rencontrée, lui semblait faire partie de cette catégorie de personnes réservées, prudentes, méfiantes, et résolument fermées à toutes sortes de relations extra-conjugales. Pourtant, c’était justement le détail qui l’excitait depuis ses fiançailles : tromper son épouse était l’une des prouesses qu’il réalisait le mieux et dans laquelle il prenait le plus de plaisir. C’était même le jour de son mariage qu’il avait débuté son existence de mari adultère en couchant avec la cousine de sa femme, et qu’il avait compris que son destin croiserait le chemin de bien d’autres maîtresses.
Les deux amants avaient découvert depuis peu les avantages qu’Internet pouvaient présenter, surtout lorsque l’on était célibataires, ou du moins à la recherche de nouvelles aventures. Chacun chez soi, ils avaient appris à se connaître, se livrant sans ambages, protégés par l’ordinateur qui dressait une barrière physique entre eux. Cette distance permettait à Jacques de mentir sur sa vie matrimoniale, et à Nicole de cacher sa longue abstinence sexuelle. Ils en étaient au moment d’échanger leurs photos respectives lorsqu’une coupure d’électricité frappa l’immeuble de la quadragénaire. Malheur ! Pas maintenant ! Pas à cet instant crucial ! Furieuse, elle se leva de son fauteuil, alla chercher une bougie à tâtons, trébucha à trois reprises contre la table basse, alluma la mèche et attendit, énervée, que la machine daigne se remettre en marche. Quant à Jacques, voyant sa dulcinée disparaître subitement, il crut y détecter un message clair et évident : cette femme était laide et n’avait pas eu le courage de le lui avouer. Il avait eu le temps, malgré tout, de lui transmettre son plus beau portrait, dont il était particulièrement fier : assis sur une balançoire, le magnifique siamois de la voisine – avec laquelle il avait aussi forniqué – sur les genoux, il esquissait son fameux sourire de star de cinéma.
La panne dura dix longues minutes, période dont tira profit Nicole pour émettre des hypothèses sur l’apparence de son interlocuteur. Elle avait évidemment imaginé maintes et maintes fois à quoi pouvait bien ressembler cet homme qui hantait ses nuits, mais elle était désormais si proche du but que l’image qu’elle s’en faisait à ce moment précis paraissait être la bonne. Elle le voyait grand, robuste, les épaules carrées, les traits fins, la barbe naissante, les yeux rieurs, les cheveux ondulés, d’un brun ténébreux, les lèvres parfaitement dessinées, douces, rebondies, le nez légèrement épaté et le teint halé. En définitive, l’homme parfait, selon ses propres critères.
Lorsque le courant fut enfin rétabli, elle appuya sur le bouton « power » et se reconnecta à son compte Meetic. Elle s’aperçut alors que Jacques était parvenu à lui envoyer son fichier. Elle l’ouvrit à la hâte et fut frappée d’horreur : la photographie qui apparaissait progressivement dévoilait le visage d’un homme hideux, accompagné d’un chat aussi immonde que lui. Jacques était petit, trapu, il avait un visage rond, juvénile, des yeux globuleux, une calvitie naissante, une bouche inexistante et un nez d’une longueur démesurée, en bref, tout l’opposé de son idéal. Déçue et outrée par tous les éloges dont ce menteur s’était couvert, elle ferma immédiatement la fenêtre, se déconnecta et désactiva son compte, afin de ne plus jamais avoir affaire avec ce bellâtre baratineur.

Exercice d'écriture : « Coupure d'électricité », par Julie Sanchez

En photo : Poulet rôti St Sever
par St Sever

Grégoire vivait seul. En hiver, les journées étaient courtes, mais peu lui importait. Il adorait rentrer chez lui à la nuit tombée et s’allumer un bon feu. Se reposer dans son fauteuil, laisser ses muscles se détendre et son corps s’imprégner de la chaleur que dégageait le bois… Quel bonheur ! Quand il faisait bien chaud, il allait en cuisine pour préparer son dîner.
Une vie simple, sans grands mystères. Toutefois, Grégoire aimait cette routine qui s’était installée et qui le rassurait.
Il était seul dans sa petite maison de campagne et même si la présence d’une femme lui manquait, il était heureux de vivre à son rythme dans un endroit si tranquille. Les soirs de tempête, il se délectait du bruit que faisait le vent en glissant sur les volets. On aurait dit un sifflement. Comme si un esprit l’appelait de sa douce voix pour le convaincre de le suivre dans les limbes… Cela ne l’inquiétait pas outre mesure. Son poulet rôti sentait délicieusement bon, ce soir-là, mais une coupure d’électricité l’ôta de ses pensées. Surpris, Grégoire ne perçut plus les sifflements du vent de la même façon. Il se mit en quête d’une lampe de poche. Il se leva de son fauteuil, et marcha en frôlant les murs pour ne pas trébucher. Le vent soufflait et l’orage grondait. À la recherche de sa lampe, il avançait dans ce qui lui semblait être une grotte, désormais. Le feu, au centre, aurait tout aussi bien pu lui servir de four. Il pensa d’ailleurs à son poulet rôti, qui ne serait jamais cuit si l’électricité ne se rétablissait pas. Qu’importe, il le ferait revenir dans une poêle sur la gazinière…
Les murs étaient froids et les flammes, qui se reflétaient dans le grand miroir de l’entrée, donnaient une ambiance chaleureuse à la pièce sombre.
En levant les yeux, il aperçut des stalactites ça et là. De petites gouttes de cristal perlaient à leur extrémité. Même si le feu était vif, Grégoire se mit à frissonner. Après avoir enfin trouvé sa lampe, il chercha sa couverture à poils longs dans le placard. Sa tanière était certes confortable mais elle se refroidissait vite. La pluie ne cessait pas et, curieux, Grégoire avait entrouvert un volet. En sécurité, emmitouflé dans sa couverture, il pouvait observer les éléments déchaînés. De gros éclairs se perdaient dans les champs alentours et le faisaient sursauter.
Grégoire prit conscience qu’il avait faim. Il ne devait pas être très tard mais il se dirigea tout de même vers la cuisine, la lampe de poche à la main. Afin d’avoir les mains libres pour pouvoir faire cuire son poulet, il attacha sa lampe au niveau du front avec un énorme élastique. Les flammes bleues se reflétaient sur la poêle et Grégoire avait l’air d’un spéléologue qui, prit dans un ouragan, se serait réfugié dans une cavité à l’abri du vent.
Se prenant au jeu, Grégoire décida de vivre comme dans une caverne ce soir-là. Histoire de briser la routine. Pour une fois, une toute petite fois…
En attendant que le poulet cuise dans la poêle, il installa sa couverture sur le sol du salon, tout près du feu, et se dit que ce soir, il mangerait sans couverts.
Quand le poulet fut bien grillé, il se dirigea dans le salon pour disposer le plat et de quoi boire sur son tapis de poils, tout en prenant soin d’éviter les stalactites de cristal.
Mais tout d’un coup, l’électricité revint, gâchant tout son plaisir d’aventurier affamé. Grégoire ne se laissa pas abattre. Il appuya sur l’interrupteur et revint pour déguster son dîner.

Complément d'informations / conférence Aline Schulman


Le navet des vertus… indispensable pour la traduction du Buscón

Références culturelles, 711 : Vicente Huidobro

http://es.wikipedia.org/wiki/Vicente_Huidobro
http://www.vicentehuidobro.uchile.cl/

À vos dicos…, 54

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : ATRABILAIRE

vendredi 21 janvier 2011

Entrevista con Rosa Montero

Des nouvelles de l'atelier de traduction tutoré de Caroline Lepage

Nous continuons à avancer… toujours lentement, car les voix n'ont pas encore trouvé leur tessiture et sont pour l'heure bien timides. Ça bafouille, ça bégaie, ça grince, ça couine. Oui, voilà, nous pourrions décrire cela comme la voix en train de muer d'un adolescent – un bel adolescent, ne croyez pas. Attendons par conséquent patiemment qu'il prenne des forces, de l'assurance.

ALEXIS

V.O. :
Porque, imaginate, ser alguien que pueda saltarle en los puentes, donde se supone que acecha, para hacerlo temblar del susto. Y es que parece un ser tan solitario. Su único oponente es Dios. Mientras el diablo es carne en acción, Dios es espiritu quieto.

1er jet :
Car, imagine, être quelqu'un qui puisse lui sauter dessus sur le pont, là où on imagine qu'il est, pour le faire trembler de peur. À vrai dire, il a l'air d'un être tellement solitaire. Son seul ennemi, c'est Dieu. Alors que le Diable est chair en action, Dieu est esprit tranquille.

Résultat :
T'imagines un peu être à même de pousser les autres / les gens du pont où, à ce qu'on dit / raconte, le diable est à l'affût, pour, à son tour, le faire trembler de peur. Et puis, il a l'air si solitaire. Il n'a d'autre opposant que Dieu. Là où le Diable est chair agissante, Dieu est esprit serein.

***

AUREBA

V.O. :
Por qué le habían cortado el cuello ? Por qué la mutiló después, dividiéndola en trozos, hirviéndolos, mesclándolos con arroz y dándoselos a comer a Tamagoshi ? Por qué no sintió ni una pizca de culpabilidad mientras quemó su ropa y sus pertenencias ? Por qué, tras repasarlo todo y pensar que nadie lo relacionaría con la desaparición de su madre, sintió ese pequeño placer que se experimenta cuando se hacen bien las cosas ?

Résultat :
Pourquoi lui avait-il tranché la gorge ? Pourquoi, ensuite, l'avait-il mutilée, découpée en morceaux, qu'il avait fait bouillir avec du riz et donnés à manger à Tanagoshi ? Pourquoi n'avait-il pas ressenti une once de culpabilité tandis qu'il brûlait ses vêtements et ses effets ? Pourquoi, après, avoir tout vérifié et conclu que personne ne le relierait à / avec la disparition de sa mère, éprouva-t-il ce petit plaisir que l'on goûte quand on fait bien les choses ?

Aline Schulman à la Librairie Mollat

En photo : Aline Schulman (à gauche) et Ghislaine Fournès (à droite)










Comme annoncé, nous avions hier l'agréable présence d'Aline Schulman sur nos terres bordelaises (interviewée par Ghislaine Fournès, Professeur à l'Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3). Elle était venue présenter sa traduction du Buscón, de Quevedo… et en réalité, parler de cela et de bien d'autres choses encore. Car il s'agit là d'une femme généreuse au moment de se raconter dans son travail sur le texte, sur les auteurs… sur leur transmission. Où l'on apprend comment on résoud des problèmes ponctuels qui vous poursuivent pendant des semaines et parfois même des mois, comment on tisse des liens d'amitié, d'amour, voire de haine avec celui à qui l'on apprend à s'exprimer dans notre langue, avec parfois le recul de plusieurs siècles. Pas si simple de faire entendre sa voix quand la poussière et parfois la crasse se sont accumulées, jusqu'à la défiguration. Il y aurait même, si l'on en croit ce que nous avons entendu, moyen de régler quelques petits comptes au détour d'une phrase… Paf, une tournure bien sentie et les déséquilibres se trouvent soudain rétablis. Une minuscule histoire de "fumée", le choix d'un verbe, qui n'ont l'air de rien et qui, pourtant, contiennent un univers de compassion et le devoir de rendre justice, d'assurer le continuum de la mémoire. Un anachronisme, opposera-t-on ? Elle vous répliquera que l'éthique est atemporelle. Mais on ne solde pas tous les comptes, car, à l'évidence, on ne peut s'offusquer sans cesse et il y a des désapprobations qu'on laisse traîner derrière soi, pour le prochain re-traducteur sans doute, celui qui vous « dévorera » comme vous avez dévoré le précédent. Impiotyable chaîne alimentaire qui semble malgré tout porter l'espoir qu'on aille vers du mieux en mieux, avec les petites conquêtes des uns et des autres et en dépit des reculs que font subir certains, les mauvais… Vous avez donc compris le message, mes chers apprentis traducteurs : de la passion et de la gloutonnerie ! Devenez des ogres, en somme !!!!

Rendez-vous…

Ajoutez à votre programme du second semestre une dernière conférence… avec Guillaume Rebillon, traducteur et ancien étudiant du Master 2 pro « Métiers de la traduction» / Parcours anglais. Nous le recevrons le 8 avril, de 10h30 à 12h30.

Tentative avortée de réalisation d'un entretien avec Alexis Poraszka

Références culturelles, 710 : Delmira Agustini

http://www.los-poetas.com/d/delmi.htm

À vos dicos…, 53

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : MULTITUDINAIRE

jeudi 20 janvier 2011

Collection de photos + 1

réalisation : Alexis Poraszka

Références culturelles, 709 : Santa Teresa de Jesús

http://www.biografiasyvidas.com/biografia/t/teresa_dejesus.htm

À vos dicos…, 52

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : QUANTIÈME

mercredi 19 janvier 2011

Références culturelles, 708 : San Juan de la Cruz

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_la_Croix

À vos dicos…, 51

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : PARTURITION

mardi 18 janvier 2011

La chanson du mardi, choisie par Julie

Une chanson dont le titre figurait dans un texte que nous avons vu ce matin lors du cours de références culturelles – avec Cecilia Gonzalez.
Qué bonita bandera (dans un texte portoricain).

Entrevista con Guillermo Fadanelli













Nouveau rendez-vous avec un éditeur : Benjamin Kuntzer

Réservez votre vendredi après-midi (14 heures) 15 avril pour rencontrer Benjamin Kuntzer – ancien étudiant de notre master / parcours anglais travaillant actuellement aux éditions Flammarion. Sans doute répondra-t-il aux interrogations de certains d'entre vous sur les débouchés de notre formation, notamment, concernant les passerelles visiblement naturelles vers le milieu éditorial.

À vos dicos…, 50

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : ABSTÈME

Références culturelles, 707 : El huemul

El huemul
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Hippocamelus_bisulcus
http://www.parquesnacionales.gov.ar/03_ap/14_huemul_MN/14_huemul_MN.htm

lundi 17 janvier 2011

Rubrique petites annonces : Auteur cherche traducteur…

Voici le mail que j'ai reçu hier… Si l'un d'entre vous est intéressé par la réalisation de cette traduction ou du moins curieux d'en savoir plus, qu'il me le fasse savoir et je le mettrai en contact avec l'auteur (pour discussion, éventuellement interview et pour qu'il lui envoie le roman chez lui).

***

Bonsoir, Caroline,

Je tiens d’abord à me présenter, je suis un écrivain colombien installé en France depuis septembre 2010, pour poursuivre mes études à l’Université de Toulouse Le Mirail. Fin 2008 j’ai publié mon premier roman en Colombie, Fondoblanco (prix nationale de littérature du Ministère de la Culture). Comme je suis au courant de vos activités depuis le blog, je m’adresse à vous pour vous proposer le projet de traduction de cet ouvrage. Voici le commentaire que la Maison de l’Espagne à Marseille diffuse pour une prochaine conférence au mois de mars.
Je suis désormais à votre disposition pour de future conversation et pour vous faire parvenir une copie du livre si ça vous dit.

Sincèrement,

Alejandro Arciniegas

"Fondoblanco se déroule dans le milieu propre de la toxicomanie. D'un point de vue externe, on dirait que les cinq personnages du livre ne sont plus qu'un ensemble de drogués. Cependant, cette affirmation serait imprécise, parce que dans la vie pratique, on parle de toxicomanes lorsque des personnes sont entrées en relation avec des substances qui entraînent la dépendance et décident de recourir à un programme de contrôle et de désintoxication. Dans "Fondoblanco", ce n'est pas le cas, puisqu'on est devant un livre qui n'enferme aucun projet thérapeutique ni moralisant. "Fondoblanco" tombe parmi ce groupe de travaux que depuis Henry Miller on connaît d'habitude sous le nom d'anti-romans, c'est à dire, de livres qui procèdent si librement que leurs arguments, bien que travaillant avec toutes les conventions littéraires, n'obéissent pas aux règles traditionnelles de temps, de structure, d'univocité, de genre. Dans "Fondoblanco" vous aurez un très curieux mélange de narration, d'essai, de poésie et de cinéma. En plus, vous saurez pourquoi l'ivresse est la chose la plus semblable à l'expérience esthétique. Ce roman a tous les traits d'un livre de culte, un terme douteux, bien sur, mais que l'on utilise pour se référer à ce type d'œuvres autobiographiques qui comprennent une aventure humaine exceptionnelle, capable d'englober l'ego collectif, en articulant les caractéristiques d'une époque donnée. "Fondoblanco" se déroule à Bogota, surtout dans ces cercles où la drogue se commercialise et se consomme."

Pour l'atelier de traduction collective de jeudi

Je ne sais plus si je vous l'ai déjà dit, mais il aura désormais lieu en salle AMERIBER de la MPI… Nous serons bien mieux que dans la sinistre K 003, mais je vous précise qu'il n'y a pas d'ordinateurs et qu'il vous faudra donc apporter les vôtres.

Rendons justice à Julie

Un petit mail pour vous dire que je viens de découvrir quelque chose.
Vous vous souvenez peut-être qu'en cours de traduction collective, j'avais proposé le mot "papillonneur" pour coureur de jupons. Ce jour-là, tout le monde m'a soutenu que ça n'existait pas et je n'ai pas cherché. Or un copain vient de me signaler que ça existait bel et bien et même, surprise, que cela figure dans le Trésor de la Langue Française.
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=1687902120

Finalement il n'allait pas si mal dans le texte, ce mot-là ; )

Version pour le 15 janvier

Por la noche, Gonzalo llamó a Ramón.
—He estado pensando. Tengo una idea, un buen desafío para ti. Pero creo que es demasiado fuerte.
—Te escucho.
—Bueno, si no te atreves lo comprenderé. No es tan fácil como irse de un sitio sin pagar. Puede ser peligroso.
—¿Y qué es?
—Bah, nada, olvídalo. Nos veremos mañana en clase.
—Te conozco —dijo Ramón sonriendo—, sé que haces todo esto para intrigarme. Suéltalo de una vez.
—No, en serio, primero quiero pensarlo despacio, y después será mejor que lo hablemos entre los tres. No quiero pasarme y que te ocurra algo por mi culpa.
—Escucha —se impacientó Ramón—, estoy en pijama, descalzo, y se me están quedando los pies helados. Me has sacado de la cama y ahora no me vas a dejar intrigado sin saber qué es lo que se te ha ocurrido. Así que dilo de una vez. ¡Ahora!
—En serio, no sería un juego. Podría acabar mal. Es... bueno, te lo digo y luego lo olvidas, ¿de acuerdo? Es como una prueba de supervivencia. Un plazo no muy largo, pongamos tres días. Tienes que sobrevivir tres días por tus propios medios. No vale pedir ayuda a tus padres ni a nadie que conozcas. Tú solo, tres días y tres noches.
—¿Quieres que me vaya a la selva a pasar tres días como Tarzán? —ironizó Ramón—. No sé qué habrás cenado, pero te ha sentado mal.
—A la selva no. A una gran ciudad.
Con el teléfono en la mano, Ramón se paseaba por el pasillo para combatir el frío. Se detuvo ante el espejo del recibidor, que le devolvió la imagen de un chico despeinado con un aspecto corriente, ni demasiado alto ni muy bajo, ni guapo ni feo. No era un atleta ni un héroe, y lo del restaurante había sido la primera cosa excepcional que hacía en su vida.
Comprendió que su amigo hablaba en serio. Sintió como un escalofrío anticipado. Por supuesto que sería peligroso. Sería una locura.
—Tengo que colgar —dijo Gonzalo sin darle tiempo a responder.
Y así fue como empezó todo.

Manuel L. Alonso, Juego de adultos

***

Perrine nous propose sa traduction :

En pleine nuit, Gonzalo appela Ramón.
— J’ai pensé à un truc. J’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois qu’il est trop difficile.
— Je t’écoute.
— Bon, si t’oses pas, je comprendrai. C’est pas aussi simple que de partir d’un endroit sans payer. Ҫa peut être dangereux.
— Et c’est quoi ?
— Bah, rien, oublie. On se voit demain en cours.
— Je te connais – répondit Ramón en souriant – je sais que tu fais tout ça pour éveiller ma curiosité. Lâche le morceau une bonne fois pour toutes.
— Non, sans rire, je préfère d’abord y réfléchir tranquillement, et ensuite ce sera mieux qu’on en parle tous les trois. Je ne veux pas aller trop loin et qu’il t’arrive quelque chose par ma faute.
— Écoute – s’impatienta Ramón –, je suis en pyjama, les pieds nus, et ils sont en train de geler. Tu m’as sorti du lit et maintenant tu vas pas me laisser sur ma fin sans que je sache ce qu’il t’est passé par la tête. Alors dis-le d’une traite. Tout de suite !
— Sérieusement, ce ne serait pas un jeu. Ҫa pourrait mal finir. C’est…bon, je te le dis, et ensuite t’oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Une période pas très longue, disons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Tu ne peux pas demander de l’aide à tes parents, ni à qui que ce soit que tu connaisses. Toi seul, trois jours et trois nuits.
— Tu veux que j’aille dans la forêt pour y passer trois jours comme Tarzan ? – ironisa Ramón –. Je sais pas ce que t’as bien pu dîner, mais ça t’a pas réussi.
— Pas dans la forêt, non. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón arpentait le couloir pour combattre le froid. Il s’arrêta devant le miroir de l’entrée, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé à l’aspect banal, ni trop grand ni trop petit, ni beau ni moche. Ce n’était ni un athlète, ni un héros, et l’histoire du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait avec sérieux. Il ressentit comme un frisson anticipé. Évidemment que ce serait dangereux. Ce serait de la folie.
— Je dois raccrocher – conclut Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre.
Et c’est ainsi que tout commença.

***

Vanessa nous propose sa traduction :

Dans la soirée, Gonzalo téléphona à Ramón.
— J'ai réfléchi. J'ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c'est trop gros.
— Je t'écoute.
— Bon, si tu n'oses pas, je comprendrais. C'est pas aussi facile que de s'en aller d'un endroit sans payer. Ça peut être dangereux.
— Et qu'est-ce que c'est ?
— Bah... Non, rien, oublie ça. On se verra demain en classe.
— Je te connais — répondit Rámon en souriant —, je sais que tu fais tout ça pour m'intriguer. Lâche le morceau.
— Non, vraiment ; d'abord, je veux y penser calmement, et ensuite, ce sera mieux si on en parle tous les trois entre nous. J'ai pas envie d'exagérer, et qu'il t'arrive quelque chose par ma faute.
— Écoute — s'impatienta Rámon —, je suis en pyjama, sans chaussures, et j'ai les pieds gelés. Tu m'as sorti du lit, alors maintenant, tu vas pas me laisser comme ça, intrigué, sans savoir ce qui t'est passé par la tête. Accouche. Maintenant !
— Sérieusement, ce serait pas un jeu. Ça pourrait finir mal. C'est... Bon, je te le dis, et ensuite tu oublies, d'accord ? C'est comme une épreuve de survie. Pas très longtemps, disons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Interdiction de demander de l'aide à tes parents ou à quelqu'un que tu connais. Toi, seulement toi, trois jours et trois nuits.
— Tu veux que j'aille passer trois jours dans la jungle comme Tarzan ? — ironisa Rámon. Je ne sais pas ce que tu as mangé ce soir, mais ça t'a pas fait du bien.
— Dans la jungle non. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Rámon faisait les cent pas dans le couloir pour combattre le froid. Il s'arrêta devant le miroir de l'entrée, qui lui renvoya l'image d'un garçon décoiffé, plutôt commun, ni trop grand ni trop petit, ni beau, ni laid. Ce n'était ni un athlète, ni un héros, et l'épisode du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu'il ait faite dans sa vie.
Il réalisa que son ami ne plaisantait pas. Il sentit comme un frisson à l'avance. Bien sûr que ce serait dangereux. Ce serait de la folie.
— Je dois raccrocher — lança Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre.
Et c'est comme ça que tout a commencé.

***

Julie nous propose sa traduction :

Dans la nuit, Gonzalo appela Ramón.
— J’ai réfléchi. J’ai une idée, un super défi pour toi. Mais je crois que c’est trop risqué.
— Je t’écoute.
— Bon, si t’oses pas le faire, je comprendrai. C’est pas aussi simple que de partir d’un endroit sans payer. Ça peut être dangereux.
— Et c’est quoi ?
— Boh, rien, oublie. On se verra demain en classe.
— Je te connais – dit Ramón en souriant –, je sais que tu fais tout ça pour me mettre l’eau à la bouche. Lâche le morceau, une bonne fois pour toute !
— Non, sérieusement, je veux d’abord prendre mon temps pour y penser, et après il vaudra mieux qu’on en parle tous les trois ensemble. Je ne veux pas insister et qu’il t’arrive quelque chose à cause de moi.
— Écoute – s’impatienta Ramón –, je suis en pyjama, pieds nus et ils sont glacés. Tu m’as sorti du lit et maintenant, tu ne vas pas me laisser intrigué sans que je sache ce à quoi tu as pensé. Alors dis-le une fois pour toute. Maintenant !
— Sérieusement, ça ne serait pas un jeu. Ça pourrait mal se terminer. C’est… bon, je te le dis et puis tu oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Ça ne durerait pas très longtemps, disons trois jours. Tu dois survivre pendant trois jours par tes propres moyens. Tu ne peux pas demander de l’aide à tes parents ni à aucune de tes connaissances. Juste toi, trois jours et trois nuits.
— Tu veux que j’aille dans la jungle pour passer trois jours comme Tarzan ? – ironisa Ramón –. Je ne sais pas ce que tu as mangé, mais ça ne t’a pas réussi.
— Dans la jungle, non. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón se promenait dans le couloir pour lutter contre le froid. Il s’arrêta devant le miroir de l’entrée, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé à l’air banal, ni trop grand ni trop petit, ni beau ni laid. Il n’était ni un athlète ni un héros, et en ce qui concernait le restaurant, ça avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il eu comme un frisson anticipé. Bien sûr que ce serait dangereux. Ce serait une folie.
— Je dois raccrocher – dit Gonzalo sans lui donner le temps de répondre.
Et c’est ainsi que tout a commencé.

***

Olivier nous propose sa traduction :

La nuit, Gonzalo appela Ramón :
« J'ai réfléchi. J'ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c'est trop difficile.
—Je t'écoute.
—Bon, si tu n'oses pas, je comprendrai. Ce n'est pas aussi facile que de partir d'un endroit sans payer. Cela peut-être dangereux.
—Et qu'est-ce que c'est ?
—Bah… rien, oublie ça. Nous nous verrons demain en cours.
—Je te connais —répondit Ramón en souriant—, je sais que tu fais tout cela pour éveiller ma curiosité. Lâche-le morceau une bonne fois pour toutes.
—Non, sérieusement, je veux d'abord y réfléchir tranquillement, et ce sera mieux que nous en parlions après tous les trois. Je ne veux pas aller trop loin et je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute.
—Écoute —s'impatienta Ramón—, je suis en pyjama, pieds-nus et j'ai les pieds qui commencent à geler. Tu m'as fait sortir du lit et tu ne vas pas me laisser me faire de la bile sans savoir ce qu'il t'est passé par la tête. Aussi, dis-le moi une bonne fois pour toutes. Tout de suite !
—Sérieusement, ce ne serait pas un jeu. Cela pourrait mal finir. C'est… bon, je te le dis et après tu l'oublies, d'accord ? C'est comme un épreuve de survie. Un délai pas trop long, disons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Il est interdit de demander de l'aide à tes parents, ni à aucune des personnes que tu connais. Toi, tout seul, trois jours et trois nuits.
—Tu veux que j'aille passer trois jours dans la jungle comme Tarzan —ironisa Ramón —. Je ne sais pas ce que tu as avalé, mais ça ne t'a pas réussi.
—Non, pas dans la jungle. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón faisait les cent pas dans le couloir pour combattre le froid. Il s'arrêta devant le miroir de l'entrée qui lui renvoya l'image d'un jeune homme aux cheveux ébouriffés, avec une apparence lambda, ni trop haut ni trop petit, ni beau ni laid. Il n'était ni un athlète, ni un héros, et ce qui s'était passé au restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu'il avait accomplie dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il en ressentit comme un frisson anticipé. Évidemment que cela serait dangereux. Ce serait de la folie.
—Il faut que je raccroche — lança Gonzalo sans lui donner le temps de répondre.
Et c'est ainsi que tout commença.

***

Stéphanie nous propose sa traduction :

Durant la nuit, Gonzalo appela Ramón.
— J'ai réfléchi. J'ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c'est trop difficile.
— Je t'écoute.
— Hé bien, si tu n'oses pas, je comprendrais. Ce n'est pas aussi facile que de partir d'un endroit sans payer. Ça peut être dangereux.
— Et qu'est-ce que c'est ?
— Non, rien, oublie. On se verra demain en cours.
— Je te connais – dit Ramón en souriant –, je sais que tu fais tout ça pour titiller ma curiosité. Lâche le morceau une bonne fois pour toutes.
— Non, sérieusement, d'abord je veux y réfléchir tranquillement, et ensuite il vaudra mieux en parler tous les trois. Je ne veux pas aller trop loin et que quelque chose t'arrive par ma faute.
— Écoute – s'impatienta Ramón –, je suis en pyjama, pieds nus, et j'ai les pieds comme des glaçons. Tu m'as tiré du lit et maintenant tu ne vas pas me laisser, intrigué, sans savoir quelle idée tu as eu. Alors dis-le d'une traite. Maintenant !
— Vraiment, ce ne serait pas un jeu. Ça pourrait mal finir. C'est..., bon, je te le dis mais ensuite tu oublies, d'accord ? Ce serait comme une épreuve de survie. Un délai pas très long, mettons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Pas le droit de demander de l'aide à tes parents ni à personne que tu connaisses. Toi seul, trois jours et trois nuits.
— Tu veux que je parte dans la jungle passer trois jours avec Tarzan – ironisa Ramón –. Je ne sais pas ce que t'as dîné, mais ce n'est pas bien passé.
— Dans la jungle, non. Dans une grande ville.
Le téléphone dans la main, Ramón se promenait dans le couloir pour combattre le froid. Il s'arrêta face au miroir de l'entrée, qui lui renvoya l'image d'un garçon décoiffé avec un aspect courant, ni trop grand, ni trop petit, ni beau ni moche. Ce n'était pas un athlète ni un héros, et l'histoire du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu'il faisait dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il sentit comme un frisson anticipé. Bien sûr que ça serait dangereux. Ce serait de la folie.
— Je dois raccrocher – dit Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre.
C'est ainsi que tout a commencé.

***

Alexis nous propose sa traduction :

La nuit, Gonzalo appela Ramón.
—J’ai réfléchi et j’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c’est trop risqué.
—Je t’écoute.
—Bon, si tu n’oses pas, je comprendrai. Ce n’est pas aussi facile que de se tirer d’un endroit sans payer. Ca peut être dangereux.
—Et c’est quoi ?
—Bah, rien, oublie. On se voit demain en cours.
—Je te connais –dit Ramón en souriant–, je sais que tu fais tout ça pour m’intriguer. Balance, vas-y !
—Non, sérieusement, d’abord je veux y songer tranquillement, ensuite c’est mieux qu’on en parle les trois. Je veux pas m’avancer et qu’il t’arrive quelque chose à cause de moi.
—Ecoute –s’impatienta Ramón–, je suis en pyjama, les pieds nus et gelés. Tu m’as tiré du lit et maintenant tu ne vas tout de même pas me laisser avec la curiosité piquée sans savoir ce qui t’es passé par la tête. Alors dit-le une bonne fois pour toutes. Et maintenant !
—Sérieusement, ce n’est pas un jeu. Ca pourrait mal finir. C’est… bon, je te le dis et ensuite tu l’oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Un délai pas très long, disons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Il ne faut pas demander de l’aide à tes parents ni a personne d’autre. Toi, tout seul, trois jours et trois nuits.
—Tu veux que j’aille dans la forêt pour passer trois jours comme Tarzan ? –ironisa Ramón. Je ne sais pas ce que tu as dîné, mais ça te réussit pas.
—Non, pas dans la forêt, dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón parcourrait le couloir pour combattre le froid. Il s’arrêta face au miroir de l’entrée qui lui renvoya l’image d’un jeune garçon décoiffé d’un aspect commun, ni trop grand ni très petit, ni beau ni laid. Il n’était ni un athlète ni un héros, et pour le restaurant, ça avait été la première chose exceptionnelle qu’il avait faite dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il sentit comme un frisson anticipé. Evidemment que ça serait dangereux. Ce serait une folie.
—Je dois raccrocher –dit Gonzalo sans lui donner le temps de répondre.
Et c’est ainsi que tout a commencé.

***

Laëtitia Sw nous propose sa traduction :

Pendant la nuit, Gonzalo appela Ramón.
— J’ai réfléchi. J’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c’est trop dur.
— Je t’écoute.
— Bon, si tu n’oses pas, je comprendrai. Ce n’est pas aussi facile que de partir d’un endroit sans payer. Ça peut être dangereux.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Bah, rien, oublie. On se voit demain en cours.
— Je te connais — dit Ramón en souriant —, je sais que tu fais tout ça pour m’intriguer. Dis-le une bonne fois pour toutes !
— Non, sérieux, je veux d’abord y penser tranquillement, et puis ce sera mieux qu’on en parle tous les trois. Je ne veux pas dépasser les bornes et qu’il t’arrive quelque chose par ma faute.
— Écoute — s’impatienta Ramón —, je suis en pyjama, pieds nus : j’ai les pieds gelés. Maintenant que tu m’as tiré du lit, tu ne vas pas me laisser dans le doute sans que je sache ce dont tu as eu l’idée. Allez, accouche !
— Sérieux, il ne s’agit pas d’un jeu. Ça pourrait mal finir. C’est... bon, je te le dis et ensuite tu oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Pas d’une durée très longue, mettons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Tu n’as pas le droit de demander de l’aide à tes parents ni à quelqu’un que tu connaîtrais. Toi seul, trois jours et trois nuits.
— Tu veux que j’aille passer trois jours en forêt comme Tarzan ? — ironisa Ramón. Je ne sais pas ce que tu as dû manger hier soir, mais ça ne t’a pas réussi.
— Pas en forêt. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón se promenait dans le couloir pour lutter contre le froid. Il s’arrêta devant le miroir de l’entrée, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé, à l’aspect ordinaire, ni trop grand ni très petit, ni beau ni laid. Ce n’était ni un athlète ni un héros, et le coup du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il éprouva une sorte de frisson, par anticipation. Bien sûr que ce serait dangereux. Ce serait une folie.
— Je dois raccrocher — souffla Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre.
Et c’est ainsi que tout commença.

***

Auréba nous propose sa traduction :

Le soir, Gonzalo appela Ramónr
J’ai bien réfléchi. J’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c’est trop difficile.
Je t’écoute.
Bon, si tu n’oses pas, je comprendrai tout à fait. Ce n’est pas aussi facile que de partir d’un endroit sans payer. Ça peut être dangereux.
Et qu’est-ce que c’est ?
Bah, rien, oublie ça. Nous nous verrons demain en cours.
Je te connais – dit Ramón en souriant – je sais que tu fais tout ceci pour m’intriguer. Accouche!
Non, sérieusement, d’abord, je veux y réfléchir tranquillement, et puis il vaut peut-être mieux qu’on en parle quand on sera tous les trois. Je ne veux pas aller trop loin et qu’il t’arrive quelque chose par ma faute.
Écoute – s’impatienta Ramón – je suis en pyjama, pieds nus, et je commence à avoir les pieds gelés. Tu m’as fait sortir du lit et maintenant, après m’avoir intrigué, tu ne vas tout de même pas me laisser comme ça, sans savoir qu’est-ce qui t’est passé par la tête. Alors dis le moi une bonne fois pour toutes. Maintenant !
Sérieusement, ça ne serait pas un jeu. Ça pourrait mal finir. C’est...bon, je te le dis, mais ensuite, tu l’oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Un délai pas très long. Mettons trois jours. Ce n’est pas la peine de demander de l’aide à tes parents ni à qui que ce soit que tu connaisses. Toi seul, trois jours et trois nuits.
Tu veux que j’aille passer trois jours à la jungle comme Tarzan ? — ironisa Ramón —. Je ne sais pas ce que tu as bien pu manger, ce soir, mais ça ne t’a pas réussi.
Pas dans la jungle. Dans une grande ville.
Le téléphone dans la main, Ramón se promenait dans le couloir pour combattre le froid. Il s’arrêta devant le miroir de l’entrée, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé avec un aspect ordinaire, ni trop grand ni trop petit, ni beau ni laid. Ce n’était pas un athlète ni un héros, et le truc du resto-basket, c’avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait de sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il eut comme un frisson anticipé. Évidemment que ce serait dangereux. Ce serait une folie.
Je dois raccrocher – dit Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre. Et c’est ainsi que tout a commencé.

***

Florian nous propose sa traduction :

Dans la nuit, Gonzalo appela Ramón.
- J'étais entrain de réfléchir et j'ai eu une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois qu'il est trop compliqué.
- Je t'écoute.
- Bon si t' oses pas, je comprendrai. Il est pas aussi simple que de s'en aller d'un endroit sans payer. Il peut être dangereux.
- Qu'est ce que c'est?
- Arf rien, oublie. On se voit demain en cours.
- J' te connais, répondis Ramón en souriant, je sais que tu fais tout pour m'intriguer. Dis-le moi une bonne fois pour toute.
- Non, vraiment, je veux d'abord y réfléchir tranquillement, en ensuite ce sera mieux qu'on en parle d'ici trois jours. J' veux pas me dépêcher et qu'il t'arrive un truc ma faute.
- Bon écoute, s'impatienta Ramón, je suis en pyjama, j'ai pas de chaussettes, et je suis entrain de me geler les pieds. Tu m'as sortis du lit, et maintenant tu vas m'intriguer sans me dire ce qui t'as traverser l'esprit! Donc dis-le une fois pour toute, tout de suite!
- Mais vraiment, ce serait pas un jeu. Ça pourrait mal finir. C'est...bon aller, j' te le dis, mais après tu l'oublie, d'accord? C'est comme un test de survie. Faut que tu survives trois jours par tes propres moyens. T'as pas le droit de demander de l'aide à tes parents ni à quelqu'un que tu connaisses. Toi, tout seul, trois jours et trois nuit.
-Tu veux que j'aille en forêt pendant trois jours à la Tarzan? plaisanta Ramón. J' sais pas ce que t'as bien pu manger, mais c'est pas bien passé.
-Pas en forêt. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main,Ramón faisait les cent pas dans le couloir pour combattre le froid. Il s'arrêta devant le miroir de l'entrée, qui lui renvoya l'image d'un garçon dépeigné à l'aspect banal, ni trop grand, ni trop petit, ni beau, ni laid. Il n'était ni un athlète ni un héros, du reste le coup du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu'il avait fait dans sa vie. Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il ressenti comme un frisson rien qu'en y pensant. Évidemment que ce serait dangereux. Ce serait une folie.
- Faut que je raccroche, dis Gonzalo sans lui donner le temps de répondre.
Et c'est ainsi que tout commença.

***


Pauline nous propose sa traduction :

La nuit, Gonzalo appela Ramón.
« J’étais en train de penser. J’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c’est trop fort.
—Je t’écoute.
—Enfin, si tu n’oses pas, je le comprendrai. Ce n’est pas aussi facile que de s’en aller d’un endroit sans payer. Cela peut être dangereux.
—Et qu’est-ce que c’est ?
—Bah, rien, oublie. On se verra demain en cours.
—Je te connais― dit Ramón en souriant―, je sais que tu fais tout ça pour m’intriguer.
—Accouche une bonne fois pour toutes.
—Non, sérieusement, je voudrais d’abord longuement y réfléchir, et il sera mieux qu’on en parle après tous les trois. Je ne veux pas pousser et qu’il t’arrive quelque chose à cause de moi.
—Ecoute―s’impatienta Ramón―, je suis en pyjama, sans chaussons, et mes pieds se gèlent. Tu m’as sortit du lit et maintenant, tu ne vas pas me laisser intrigué sans savoir qu’est-ce qui t’est arrivé. Alors, dis-le une bonne fois pour toutes. Maintenant !
—Sérieusement, ce ne serait pas un jeu. Cela pourrait mal se finir. C’est…bon, je te le dis et ensuite, tu l’oublies, d’accord ? C’est comme une preuve de survie. Un délai pas très long, disons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Il est inutile de demander de l’aide à tes parents, ni à personne que tu connaisses. Toi, seul, trois jours et trois nuits.
—Tu veux que j’aille dans la jungle passer trois jours comme Tarzan ?― ironisa Ramón―. Je ne sais pas ce que tu as dîné, mais ça ne t’a pas réussit.
—Dans la jungle, non. Dans une grande ville. »
Téléphone à la main, Ramón se promenait dans le couloir pour combattre le froid. Il s’arrêta devant le miroir du vestibule, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé, d’un aspect courant, ni trop grand ni très petit, ni beau ni laid. Il n’était pas un athlète, ni un héros, et le restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait dans sa vie.
Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il sentit comme un frisson anticipé. Bien sûr que ce serait dangereux. Ce serait une folie.
« Je dois raccrocher. »― dit Gonzalo sans lui donner le temps de répondre.
Et ce fut ainsi que tout commença.

***

Léa nous propose sa traduction :

Version du 15 janvier

Dans la nuit, Gonzalo appela Ramón.
-J’étais en train de penser. J’ai une idée, un bon défi pour toi. Mais je crois que c’est trop dur.
-Je t’écoute.
-Bon, si tu n’oses pas je le comprendrai. Ce n’est pas aussi simple que de quitter un endroit sans payer. Ca peut être dangereux.
-Et qu’est-ce que c’est ?
-Bah, rien, oublie. On se voit demain en cours.
-Je te connais –dit Ramón en souriant-, je sais que tu fais tout ça pour m’intriguer. Lâche le morceau d’un coup.
-Non, sérieusement, je veux d’abord y penser tranquillement, et après ce sera mieux que nous en parlions d’ici trois jours. Je ne veux pas dépasser les bornes et qu’il t’arrive quelque chose par ma faute.
-Ecoute- s’impatienta Ramón-, je suis en pyjama, et mes pieds sont en train de geler. Tu m’as sorti du lit et maintenant tu ne vas pas me laisser en suspens sans savoir ce qu’il t’est arrivé. Donc dis le d’un coup. Maintenant !
-Sérieusement, ce ne serait pas un jeu. Ca pourrait mal se terminer. C’est.bon, je te le dis et après tu l’oublies, d’accord ? C’est comme une épreuve de survie. Un délai plutôt court, nous mettrons trois jours. Tu dois survivre trois jours par tes propres moyens. Il ne faut pas demander de l’aide à tes parents ni à personne que tu connais. Toi seul, trois jours et trois nuits.
-Tu veux que j’aille dans la jungle passer trois jours comme Tarzan ? – ironisa Ramón- Je ne sais pas ce que tu as dîné mais ca ne t’a pas réussi.
-Dans la jungle non. Dans une grande ville.
Le téléphone à la main, Ramón marchait dans le couloir pour combattre le froid. Il s’arrêta face au miroir de l’entrée, qui lui renvoya l’image d’un garçon décoiffé d’un aspect courant, ni trop grand ni très petit, ni beau ni laid. Il n’était pas un athlète ni un héros, et l’histoire du restaurant avait été la première chose exceptionnelle qu’il faisait dans sa vie. Il comprit que son ami parlait sérieusement. Il sentit comme un frisson d’avance. Evidemment ce serait dangereux. Ce serait une folie.
-Je dois raccrocher –dit Gonzalo sans lui laisser le temps de répondre. Et c’est ainsi que tout commença.

Références culturelles, 706 : El Desfile de llamadas

El Desfile de llamadas
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Desfile_de_llamadas

À vos dicos…, 49

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : CAPTIEUX

dimanche 16 janvier 2011

Les Luthiers, « Las noches de París »

Vanessa me dit…

… J'ai interviewé un deuxième libraire ; alors est-ce que ça vaut le coup de publier puisque j'ai déjà fait l'exercice demandé ? Réponse claire et précise : plus nous interrogerons de gens du milieu, plus nous apprendrons de choses susceptibles de mieux nous permettre de comprendre où nous évoluons… Sans compter que c'est précieux en soi. Par ailleurs, cela permet de rendre notre blog vivant et d'y attirer de plus en plus de monde et donc de mettre en lumière nos travaux. Résultat : il sera de mieux en mieux d'être diplômé de cette formation. Bientôt 200 000 visites et presque 80 abonnés. Ça n'est pas rien ! Par conséquent, chaque fois que vous avez l'occasion de rencontrer quelqu'un d'intéressant pour nous, n'hésitez pas : causez, creusez et revenez avec de la matière à partager. Ne stagnez pas dans votre tour d'ivoire (Olivier, vous l'a dit, non ?).

Entretien avec Emmanuelle Taillardas, Libraire (L'Orange Bleue à Orange), réalisé par Vanessa Canavesi

1) Comment êtes-vous devenue libraire ?
Par goût de l’aventure. Par choix. Si la question concerne la formation au métier, elle a été faite sur le tas. Après un bac + 5 en lettres, j’ai été prof pendant une année, puis j'ai travaillé dans l’édition en freelance avant d’intégrer les services éditoriaux de telerama.fr puis de skyrock.com où j’étais chef de projet. Et enfin de tout plaquer pour reprendre une petite librairie en Provence sans autre bagage que du bon sens et un amour incommensurable de la littérature, ce qui est bien peu…

2) Pouvez-vous me parler brièvement de votre librairie ? Sa situation géographique est-elle stratégique ?
Sûrement pas stratégique puisqu’elle est sise dans une ville FN et notoirement ennemie de la culture. C’est une librairie de résistance culturelle.

3) Comment choisissez-vous vos livres ? Opposez-vous vos choix personnels à ceux des représentants ?
J’écoute bien entendu les représ, mais je me laisse (et eux aussi) le dernier mot. Quand il n’y a pas de repré, je choisis sur les programmes qu’ils me font parvenir.

4) Comment trouver un équilibre économique entre les produits des grandes maisons d'éditions et ceux des petites structures ?
C’est un faux problème. Les petites maisons font souvent du dépôt et même si c’est du ferme, c’est avant tout la cavalerie et la surproduction des gros distributeurs (hachette/interforum) qui grèvent dangereusement les trésoreries des librairies indépendantes, avec notamment des remises au-dessous du seuil vital établi à 36%.

5) Être indépendant et publier de petites maisons d'éditions ou des auteurs inconnus vous permet-il de fidéliser votre clientèle ?
Ce qui fidélise la clientèle, aujourd’hui, c’est le service. La commande. L’assortiment, quand on est généraliste, ne peut jamais satisfaire tout le monde. Quant aux petites maisons, c’est pour se faire plaisir et se donner une crédibilité avec des textes qui intéressent surtout le libraire. Tout le monde lit les mêmes 5 livres qui sont chroniqués par les médias.

6) Quels sont vos rapports éventuels avec les éditeurs ?
Nuls avec ceux qui sont diffusés par les grosses machines (SODIS, Volumen, Union Distribution…) et personnels avec les petits auto-diffusés. Il est vrai qu’on peut créer des liens avec un éditeur diffusé si l’on a particulièrement aimé et soutenu l’un de ses livres, mais ça reste très marginal. L’éditeur ne veut pas avoir affaire avec le libraire. Il paie le diffuseur pour cela.

7) Rencontrez-vous parfois des auteurs et/ou des traducteurs ?
Oui, tous les mois, lors de nos soirées.

8) Quelle place occupe la littérature étrangère dans la librairie ? Pouvez-vous dégager une tendance à propos de la littérature hispanophone ?
La moitié du rayon « littérature ». Non.

9) Comment faites-vous « connaître » les livres que vous aimez auprès des clients ?
Je les conseille de vive voix ou bien j’accroche de petites notes manuscrites à la première de couverture.

Références culturelles, 705 : Claudio Arrau

Claudio Arrau
une idée d'Odile

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claudio_Arrau

À vos dicos…, 48

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : MARMORÉEN

samedi 15 janvier 2011

Tutorat de Caroline Lepage

Je vous rappelle, Auréba, Alexis et Olivier, que nous nous voyons mercredi, pour une séance d'atelier tutoré. Je vous propose que nous reprenons là où nous nous sommes arrêtés, c'est-à-dire dans les premières lignes de vos traductions longues. Au cas où, rapportez un jeu de photocopies… J'espère par ailleurs que vous aurez avancé dans votre "démarche analytique" et que le texte vous aura livré quelques-uns de ses secrets pendant les vacances de Noël.
La séance de travail aura lieu en salle AMERIBER à la Maison des Pays Ibériques.

À vos dicos…, 47

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : ERGASTULE

Références culturelles, 704 : José Antonio Abreu y Gustavo Dudamel

José Antonio Abreu y Gustavo Dudamel
une idée d'Odile

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Antonio_Abreu
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustavo_Dudamel

vendredi 14 janvier 2011

Avis à tous les Tradabordiens

Comme annoncé il y a quelque temps, je vous rappelle qu'Aline Schulman présentera sa traduction du Buscón jeudi prochain, à la librairie Mollat… à partir de 18h00. L'occasion de la rencontrer !

Ne négligez pas…

… d'aller faire un petit saut sur Facebook, Tertulia Tradabordo, de temps en temps. J'y mets quelques infos et je vous y pose des questions.

À vos dicos…, 46

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : ISOTOPIE

Références culturelles, 703 : María Félix

María Félix
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Mar%C3%ADa_F%C3%A9lix

jeudi 13 janvier 2011

Version pour le 29 janvier

La pensión a la que me dirigí estaba cómoda­mente ubicada en un recoveco de la calle de las Tapias y se anunciaba así : HOTEL CUPIDO, todo confort, bidet en todas las habitaciones. El encar­gado roncaba a pierna suelta y se despertó furio­so. Era tuerto y propenso a la blasfemia. No sin discusión accedió a cambalachear el reloj y los bo­lígrafos por un cuarto con ventana por tres no­ches. A mis protestas adujo que la inestabilidad política había mermado la avalancha turística y re­traído la inversión privada de capital. Yo alegué que si estos factores habían afectado a la indus­tria hotelera, también habrían afectado a la in­dustria relojera y a la industria del bolígrafo,como­quiera que se llame, a lo que respondió el tuerto que tal cosa le traía sin cuidado, que tres noches era su última palabra y que lo tomaba o lo dejaba. El trato era abusivo, pero no me quedó otro remedio que aceptarlo. La habitación que me tocó en suerte era una pocilga y olía a meados. Las sá­banas estaban tan sucias que hube de despegarlas tironeando. Bajo la almohada encontré un calce­tín agujereado. El cuarto de baño comunal parecía una piscina, el water y el lavabo estaban embo­zados y flotaba en este último una sustancia vis­cosa e irisada muy del gusto de las moscas. No era cosa de ducharse y regresé a la habitación. A través de los tabiques se oían expectoraciones, ja­deos y, esporádicamente, pedos. Me dije que si fuera yo rico algún día, otros lujos no me daría, pero sí el frecuentar sólo hospedajes de una estre­lla, cuando menos. Mientras pisoteaba las cucara­chas que corrían por la cama, no pude por menos de recordar la celda del manicomio, tan higiéni­ca, y confieso que me tentó la nostalgia. Pero no hay mayor bien, dicen, que la libertad, y no era cuestión de menospreciarla ahora que gozaba de ella. Con este consuelo me metí en la cama y traté de dormirme repitiendo para mis adentros la hora en que quería despertarme, pues sé que el sub­consciente, además de desvirtuar nuestra infancia, tergiversar nuestros afectos, recordarnos lo que ansiamos olvidar, revelarnos nuestra abyecta con­dición y destrozarnos, en suma, la vida, cuando se le antoja y a modo de compensación, hace las veces de despertador.

Eduardo Mendoza, El misterio de la cripta embrujada

Prochain tutorat avec Aline Schulman

Vous retrouverez votre tutrice le vendredi 21 janvier entre 13h30-15h30 et entre 16h15-18h15.
Le rendez-vous est fixé dans le hall de l'Hôtel Normandie :
7 cours du XXX Juillet
33000 Bordeaux
05 56 52 16 80

À vos dicos…, 45

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : RÉÎTRE

Références culturelles, 702 : Remedios Varo

Remedios Varo
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Remedios_Varo

mercredi 12 janvier 2011

Message personnel…

Je félicite Olivier pour sa constance… dans l'office de tourner et tourner les pages du dictionnaire pour nous cultiver. Merci de tenir ce beau rôle.

Références culturelles, 701 : Margarita Xirgu

Margarita Xirgu
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Margarita_Xirg%C3%BA

À vos dicos…, 44

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : AFFÉTERIE