mercredi 7 juillet 2010

La promo 2010-2011 se présente : Auréba Sadouni

Née le 13/06/1986
Originaire de Vienne (Isère)
Mon enfance
Habituée à entendre les phrases «frandalouses» émanant de la bouche de ma pipelette de grand-mère, mes oreilles sont devenues accrocs à la langue espagnole.
Mes 18 ans (année 2004-2005)
À la recherche de mes origines, à mes dix-huit ans, je vais pour la première fois en Algérie, en juillet, et en août, je vais en Espagne. Suite à ces découvertes, je trouve des réponses à mes questions et me rends compte que je me suis trompée dans mon choix d’études universitaires. Ce que j’aime, c’est la langue.
Les délais dépassés, je dois attendre un an et pendant ce temps, je suis des cours de sciences politiques. Les cours sont intéressants, j’apprends des choses, mais je suis frustrée car tous nos cours nous invitent à penser que dans «relations internationales», il faut comprendre la notion de «guerre». De ma part, il manque la passion, l’étincelle.
Heureusement, je découvre l’Institut Cervantes et je me fais ma petite formation. Pour moi, c’est la caverne d’Ali Baba. Il y a tout pour apprendre toute seule. J’emprunte des films, je me pose dans ce lieu tranquille et je lis des livres pour enfants et adolescents.
Le cursus LLCE Espagnol (2005-2010)
Je suis un parcours LLCE Espagnol à l’université Lumière Lyon 2. En troisième année, je fais mon année Erasmus à Jaén, une ville d’Andalousie très agréable entourée de champs d’oliviers. En septembre, dans le taxi me menant à la gare, je ne retiens pas mes larmes et aujourd’hui, j’éprouve toujours de la nostalgie.
Maintenant, il faut passer à autre chose…
Bordeaux, j’arrive!!!
J’ai une passion, la traduction, et je suis ravie de pouvoir la partager.
Ce que je ne vous ai pas dit
J’ai effectué divers petits boulots. De la cueillette, des vendanges, de la vente sur les marchés, des ménages… J’ai apprécié mon travail en tant qu’assistante d’éducation dans un collège et d’animatrice en accompagnement scolaire dans deux centres sociaux. J’ai eu la chance de pouvoir donner des cours de français à de jeunes habitants de Jaén passant leur bac.
Et plein d’autres choses encore…

Ibrahim Ferrer et Omara Portuondo : une belle chanson pour commencer la soirée

http://www.youtube.com/watch?v=6VzsT5OswHk&feature=related

Références culturelles, 512 : Juan Manuel Ortiz de Rosas

http://www.portalplanetasedna.com.ar/rosas.htm

Version n°2

Avec un jour de retard – pour cause de long voyage hier – votre version de la semaine (à envoyer au plus tard mercredi prochain)

El comandante Enrique Flores

Debo cesar aquí en el fastidioso relato histórico que me he visto obligado a hacer, primero por esa inclinación que tenemos los que hemos servido en el ejército a hablar de movimientos, maniobras y campañas, y además para establecer los hechos, fijar los lugares y marcar la época precisa de los acontecimientos.
Ahora comienzo mi novela, que por cierto no va a ser una novela militar, quiero decir, un libro de guerra con episodios de combates, sino una historia de sentimiento, historia íntima, ni yo puedo hacer otra cosa, pues carezco de imaginación para urdir tramas y para preparar golpes teatrales. Lo que voy a referir es verdadero; si no fuera así no lo conservaría tan fresco, por desgracia, en el libro fiel de mi memoria.
El coronel del cuerpo de que acabo de hablar era un guapísimo oficial: llamémosle X... Los nombres no hacen al caso y prefiero cambiarlos, porque tendría que nombrar a personas que viven aún, lo cual sería, por lo menos, mortificante para mí.
Mandaba uno de los escuadrones otro oficial, el comandante Enrique Flores, joven perteneciente a una familia de magnífica posición, gallardo, buen mozo, de maneras distinguidas, y que a las prendas de que acabo de hablar agregaba una no menos valiosa, y era la de ser absolutamente simpático. Era de esos hombres cuyos ojos parecen ejercer desde luego en la persona en quien se fijan un dominio irresistible y grato.
Tal vez por esto el comandante Flores era idolatrado por sus soldados, muy querido por sus compañeros y el favorito de su jefe, porque el coronel no tenía otra voluntad que la de Enrique. De modo que era el árbitro en su cuerpo, y los generales a cuyas órdenes había militado, conociendo la influencia que ejercía sobre su jefe y su prestigio entre la tropa, no perdían ocasión de halagarle, de colmarle de atenciones y de hacerle entrever un próximo y honroso ascenso.

La promo 2010-2011 se présente : Vanessa Canavesi

Vanessa Canavesi, née le 22 septembre 1987 dans les Alpes-Maritimes.

Je viens d'un domaine a priori éloigné de la traduction espagnole, la philosophie. Après mon bac ES, j'ai suivi deux ans de classe prépa à Toulon ; je me suis spécialisée en philosophie, et j'ai passé la licence à l'université de Grenoble. J'ai continué en Master recherche, parce que j'aime fouiller, dénicher, analyser. Essayer de comprendre et d'expliquer la pensée d'un auteur.
Cet été, je dois finir d'écrire mon mémoire de Master 2.

Comment j'ai croisé le Master traduction littéraire de Bordeaux ?
Pendant ces années-là, en filigrane puis de façon de plus en plus marquée, j'ai nourri une passion pour la langue espagnole.
La première motivation vient du cœur : mes grands-parents maternels parlaient l'espagnol, mais ne l'ont pas transmis à leurs petits-enfants.
J'aimais beaucoup le français, la lecture, la littérature... Après le bac, la prépa donc. En deuxième année, grâce à un prof d'espagnol exigeant, j'ai découvert les exercices de version, les immanquables listes de vocabulaire, et le plaisir de questionner un texte et de passer des heures sur une traduction « impossible ». Pour la licence, j'ai choisi toutes mes UE optionnelles en espagnol.

J'en avais souvent rêvé, surtout depuis « L'auberge espagnole » : j'ai fait un dossier Erasmus pour partir vivre un an en Espagne. C'est une expérience extraordinaire, tant sur le plan humain que scolaire. Je suis partie à Salamanque pour le Master 1, et, là, j'ai découvert la philosophie espagnole. Unamuno, Ortega y Gasset, Julian Marías… On n'étudie pas ces auteurs en France, alors qu'ils constituent la majeure partie des cours là-bas.
C'était assez difficile à faire accepter par mon directeur de recherche en France, mais il m'a enfin autorisée à travailler sur la réception des grandes philosophies européennes en Espagne (allemandes notamment).
En Master 2 je suis retournée à Grenoble, et j'ai poursuivi mes recherches sur ce thème.
J'utilise presque seulement des ouvrages espagnols ; je traduis - en brut - pour les besoins du mémoire tous les textes et citations que j'ai choisis, et je me suis rendue compte de ce que cela représenterait de pouvoir traduire toute la pensée d'un philosophe. Peu de philosophes hispanophones sont traduits en français ; ce que j'aimerais, c'est pouvoir en traduire ne serait-ce qu'une toute petite partie. Et traduire l'espagnol en général, aussi, pas seulement de la philo.

En envoyant mon dossier pour le Master 2, j'ai pensé que si j'avais la chance d'être acceptée, j'allais apprendre les méthodes et les outils de travail de la traduction, et travailler dur. Savoir que je vais y rencontrer des personnes passionnées rend la tâche d'autant plus captivante.

La promo 2010-2011 se présente : Alexis Poraszka

Selon une croyance populaire répandue, on dit souvent que des fées se penchent sur notre berceau et nous donnent un don ou une destinée... Je suppose que la mienne soit n'était pas sûre de ce qu'elle devait me transmettre soit cachait bien son jeu. Mais rendons à César ce qui lui appartient, elle devait avoir cependant une passion pour les mots, les langues ou pour toute autre chose sans rapport les unes aux autres. Il n'est pas lieu de faire la liste de tous les métiers m'ayant un jour traversé l'esprit... mais si nous sommes amenés à passer un an ensemble, je pourrais tout simplement commencer par me présenter. Je m'appelle Alexis, j'ai 25 ans et je suis de Besançon. D'un naturel assez rêveur, j'aime les voyages, les langues vivantes, la lecture, la photographie, l'écriture, faire la cuisine ou encore regarder les gens dans la rue.
Le bac en poche, j'ai dû décider vite et bien de ce que je voulais faire: à l'époque je voulais être journaliste, j'ai donc choisi la filière AES à la fac de droit. Mais dès la première semaine, il me manquait quelque chose. J'ai ainsi découvert l'importance que je portais aux langues vivantes. Au début de la deuxième semaine, je plie bagage pour rejoindre la fac de lettres. J'ai quelque peu hésité entre LLCE Italien ou Espagnol, mais à cette période, j'avais un penchant plus marqué pour l'espagnol. Et hop! c'est parti! Une initiation à l'arabe m'intrigue, les cours d'art me fascinent, la littérature me fait les yeux doux, et ce, pendant trois ans. La permière année de master validée, je découvre la nouvelle maquette quadrienale du master de langue: soit recherche soit pro, plus axé sur le dialogue interculturel. Pendant cette deuxième année de master je pars trois mois en stage à Istanbul, une des villes qui selon moi représentent le mieux le dialogue interculturel. J'y découvre une nouvelle langue qui, encore maintenant, continue de me hanter, le turc.
Le master est validé (mention B), une année passe où je navigue entre expériences professionnelles et élucubrations plus ou moins farfelues relatives à mon avenir. Recherchant d'éventuelles pistes, je repère à Bordeaux un master pro sur les métiers de la traduction. La formation de traducteur n'étant pas disponible dans mon université d'origine j'ai décidé de me lancer dans l'aventure à Bordeaux. J'aime ce côté jongleur, lequel, au lieu de faire joujou avec des boules, des assiettes ou des couteaux, préfère le faire avec des mots, la grammaire et la syntaxe. C'est également un moyen de transmettre une oeuvre, une culture qu'on apprécie à un public plus large. Me voilà paré à quitter ma Franche-Comté natale, sa verdure, sa bonne humeur pour un nouvel horizon appelé Bordeaux.
Curriculum Vitae:
Formation:
2010-2011 : Master II professionnel Métiers de la traduction littéraire, spécialité espagnol
Université Michel de Montaigne Bordeaux III
2008-2009 : Master II professionnalisant Médiations Culturelle et Linguistique
Université de Franche Comté (Besançon)
2007-2008 : Master I Arts & Lettres, mention LCE Espagnol
Université de Franche Comté (Besançon)
2004-2007 : Licence de Langues, Lettres et Civilisations Etrangères : mention espagnol
Université de Franche Comté (Besançon)
2003 : Baccalauréat Littéraire (mention AB) : option Italien LV3
Lycée Claude Nicolas Ledoux (Besançon)

Expérience professionnelle:
2009-2010 : Moniteur au Centre Polyglotte de l'Université de Franche Comté (centre d'apprentissage autonome des langues)
Février à Mai 2009 : Stagiaire à la Mairie d'Istanbul, service des Relations Européennes
Juin à Septembre 2008 : Serveur, veilleur de nuit à l'Hotel/Restaurant Campanile (Besançon)
2006-2010 : Manutention et vente à Maisons du Monde (Besançon)
Juillet à Août 2006 : Employé au Conseil Economique et Social de Franche Comté.

lundi 5 juillet 2010

La promo 2010-2011 se présente : Olivier Marchand

Identité : Olivier Marchand
Sexe : Masculin
Date de Naissance : 04/06/1984
Lieu de Naissance : Guérande
Signes caractéristiques : un piercing entre ses sourcils
Habitat : Echoppe, avec 5 autres personnes

Septembre 2002 : à 18 ans, un baccalauréat ES en poche, il se décide à aller découvrir les joies de la grande ville et s'inscrit à l'Université de Sociologie de Nantes. Il traîne sa carcasse d'étudiant sur les bancs des amphis surpeuplés par ces jeunes gens qui comme lui, sans talent évident, ont longtemps hésité entre Psycho et Socio. Les années passent sans pression, sans passion …
Année 2005 : Un homme de lettres néerlandais se présente à lui, lui parle de voyage, d'études loin de chez lui, de découvertes culturelles, de rencontres enrichissantes, ... Erasme le convainc et il se décide à aller passer sa licence loin de sa Bretagne natale. Les responsables du programme lui font confiance, préfèrant le juger sur ma motivation plutôt que sur mes notes (et heureusement pour lui, parce qu'avec 3/20 de moyenne en Espagnol, il n'aurait pas été bien loin), et lui permettent de découvrir ce pays et cette ville, Valencia, qui va changer beaucoup de choses.
Septembre 2005 : Débute une année grandiose partagée entre les amphis et la plage, les fêtes et les voyages, et un jeune homme bercé entre deux langues alors méconnues, le castillan et le catalan. Une petite histoire d'amour commence alors à voir le jour entre la langue espagnole et lui. Ils apprennent à se connaître, il la dompte et elle, elle se laisse facilement amadouer, il la découvre tous les jours et il ne s'en lasse jamais. Malheureusement pour eux, leurs jours se comptés... Le mois de juin arrive, adieu le soleil, adieu l'insouciance, bonjour la Bretagne et retour dans la grisaille.
Septembre 2006 : Il débarque à Rennes, sans trop savoir pourquoi et commence un « Master de Sociologie des Changements Sociaux Contemporains » qu'il abandonne rapidement. Il travaille dans un magasin de photocopies et là, entre le A4 et le A3, la copie couleur laser et le recto-verso, il réfléchit à sa vie. L'année passe avec beaucoup plus de bas que de haut, rien d'excitant, rien de passionnant …
Septembre 2007 : Son sac à dos comme seul compagnon de voyage, il monte dans un bus direction Séville et décide de s'installer ici, loin de tous, d'essayer de reconstruire un petit univers plaisant l'espace d'une année. Il rejoint son ancienne compagne, la découvre de nouveau dans un contexte différent, tombe amoureux de son accent andalou, de ses expressions imagées, de ses nombreux traits de caractères. Entre un emploi de serveur dans un bar à deux pas de la Giralda et un stage dans une maison de traduction, les mois défilent. Ne voulant plus se séparer d'elle, il se dit qu'ils peuvent peut-être vivre leur histoire d'amour à distance et envoie un dossier de validation d'acquis aux universités françaises. Dans une lettre blanche décoré d'un timbre français, un morceau de papier leur annonce le lieu dans lequel ils pourront apprendre à se connaître encore et encore : Grenoble.
Septembre 2008 : Après la Bretagne, la côte méditerranéenne, l'Andalousie, il part à la montagne...! Passionné par ses nouvelles études, il décroche sans trop de difficulté une deuxième licence, et découvre les joies de la traduction. A la lecture de Novelas Ejemplares, il préfère passer des heures à traduire des textes, à l'analyse des peintures de Goya et Picasso, il préfère jouer avec les mots... Ne désirant point se séparer de sa compagne espagnole, il cherche un nouveau terrain de jeu et découvre sur Bordeaux un Master de Traduction. Ils se disent pourquoi pas et s'en vont là-bas.
Septembre 2009 : Il retraverse la France dans l'autre sens et arrivent ici, sur la terre du vin ! Une nouvelle année commence. Il y est bien, il découvre de la langue de laquelle il est amoureux les racines, l'histoire, les différentes formes avec lesquelles elle peut s'habiller … Il valide sans difficuté son Master I, réussit le concours d'entrée du Master II et le voilà aujourd'hui prêt à entamer cette dernière année, prêt à partager avec d'autres la même passion, la même envie de transmettre des histoires, la même envie de passer des heures à chercher un mot, la même recherche de la perfection.

Références culturelles, 510 : Rafael Hernández

http://es.wikipedia.org/wiki/Rafael_Hern%C3%A1ndez_(Argentina)

dimanche 4 juillet 2010

Parce qu'il paraît qu'Amélie ne pourrait pas vivre sans traduire…

Quelques lignes (sans grande complexité), pour elle, et pour ceux qui piaffent d'impatience de commencer [je précise que ce travail-là n'est pas obligatoire… un petit plaisir pour les volontaires ; la version de la semaine, la vraie, sera donnée mardi] :

No hay peor servidumbre que la esperanza de ser feliz. Dios nos promete un valle de lágrimas en la tierra. Pero ese sufrimiento es, al cabo, pasajero. La vida eterna es la eterna felicidad. Le respondemos, a Dios, rebeldes, in­satisfechos: ¿No merecemos una parcela de eternidad en nuestro paso por el tiempo? Las mañas de Dios son peo­res que las de un croupier en Las Vegas. Nos promete felicidad eterna y llanto en la tierra. Nosotros nos con­vencemos de que conocer la vida y vivirla bien es el supremo desafío a Dios en su valle de lágrimas. Si gana­mos el desafío, Dios, de todos modos, se venga de noso­tros: nos niega la inmortalidad a su vera, nos condena al dolor eterno. Nos atrevemos, contra toda lógica, a darle lógica a la Divinidad. Nos decimos: No pudo ser Dios el creador de la miseria y el sufrimiento, la crueldad y la barbarie humanas. En todo caso, esto no lo creó un buen Dios, sino el Dios malo, el Dios aparente, el Dios en­mascarado al cual sólo podemos vencer agotando las armas del mal que Él mismo creó. Sexo, crimen y sobre todo la imaginación del mal. ¿No son estas dádivas, tam­bién, de un Dios maligno? Así nos convencemos de que sólo asesinando al Dios usurpador, llegaremos, limpios de cuerpo, liberados de mente, a ver el rostro del Dios primero, el Buen Dios. Pero el Gran Croupier tiene otro as metido en su manga.

Carlos Fuentes, Diana o la cazadora solitaria

***

Julie nous propose sa traduction :

Il n’est pas de pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une montagne de larmes sur la terre. Mais cette souffrance est, finalement, passagère. La vie éternelle est l’éternelle félicité. Nous lui répondons, à Dieu, rebelles, insatisfaits : Ne méritons-nous pas un soupçon d’éternité dans notre passage à travers le temps ? Les ruses de Dieu sont pires que celles d’un croupier de Las Vegas. Il nous promet un bonheur éternel et des pleurs sur la terre.
Nous nous convainquons que connaître la vie et bien la mener est le défi suprême à Dieu dans sa montagne de larmes. Si nous remportons le défi, Dieu, de toute façon, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute attente, donner du sens au Divin. Nous nous disons : Dieu n’a pas pu être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. En tout cas, tout ceci n’a pas été créé par un bon Dieu, mais par le Dieu malveillant, le Dieu supposé, le Dieu masqué que nous pouvons uniquement vaincre en épuisant les armes du mal que Lui-même a créées. Sexe, crime et surtout l’imagination du mal. Ces dons ne sont-ils pas, eux aussi, ceux d’un Dieu malin ? Ainsi, nous nous persuadons qu’en nous contentant d’assassiner ce Dieu usurpateur, nous parviendrons, le corps purifié, l’esprit libéré, à voir le visage du Dieu originel, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier a plus d’un tour dans son sac.


***

Coralie nous propose sa traduction :

Il n’y a pas pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes sur terre. Mais, finalement, cette souffrance est passagère. La vie éternelle est éternel bonheur. À Dieu, nous lui répondons, rebelles, insatisfaits : Ne méritons-nous pas une parcelle d’éternité lors de notre passage dans le temps ? Les ruses de Dieu sont pires que celles d'un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et pleurs sur la terre. Nous, nous sommes convaincus que connaître la vie et bien la vivre est le défi suprême lancé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous gagnons le défi, Dieu, de toutes façons, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute logique, accorder une logique à la Divinité. Nous nous disons : Dieu n’a pas pu être le créateur de la misère et la souffrance, de la cruauté et la barbarie humaines. Dans tous les cas, ce n'est pas un bon Dieu qui a créé cela, mais le Dieu mauvais, le Dieu artificiel, le Dieu masqué que nous pouvons seulement vaincre en épuisant les armes du mal que lui même a créées. Le sexe, le crime et surtout l’imagination du mal. Ces dons ne sont-ils pas, eux aussi, ceux d’un Dieu malveillant ? Nous sommes ainsi convaincus que ce n'est qu'en assassinant ce Dieu usurpateur que nous parviendrons, le corps purifié, l'esprit libéré, à voir le visage du Dieu premier, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier cache un autre atout dans sa manche.

***

Sylvie nous propose sa traduction :

Il n’est pire servitude que l’espoir d’être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes sur terre. Mais cette souffrance est, somme toute, passagère. La vie éternelle est éternelle joie. Rebelles, insatisfaits, nous répondons à Dieu : ne méritons-nous pas une once d’éternité dans notre passage au travers du temps ? Les vices de Dieu sont pires que ceux d’un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et pleurs sur terre. Nous nous persuadons que connaître la vie et la mener correctement est le défi suprême lancé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous gagnons le défi, Dieu, de toute façon, se venge de nous : il nous refuse l’immortalité à ses cotés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous nous risquons, en dépit du bon sens, à rationnaliser le Divin. Nous nous disons : Dieu ne saurait être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. En tout cas, ce ne saurait être l’œuvre d’un Dieu de bonté, mais d’un Dieu malfaisant, le prétendu Dieu, le Dieu masqué que nous ne pouvons vaincre qu’en désamorçant les armes du mal qu’il a Lui-même crées. Sexe, crime et surtout, l’imagerie du mal. Ces présents ne sont-ils pas, également, l’œuvre d’un Dieu maléfique ? Par conséquent, nous nous persuadons que ce n’est qu’en assassinant le Dieu usurpateur que nous parviendrons, le corps purifié et l’esprit libre, à voir le visage du Dieu originel, le Dieu de bonté. Mais le grand croupier n’a pas encore abattu toutes ses cartes.

***

Stéphanie nous propose sa traduction :

Il n'est pire servitude que l'espoir d'être heureux. Dieu nous promet une vallée de larmes ici-bas. Mais cette souffrance n'est, finalement, qu'éphémère. La vie éternelle est l'éternel bonheur. Rebelles, insatisfaits, nous répondons à Dieu : Ne méritons-nous pas une fraction d'éternité lors de notre passage à travers le temps ? Les perfidies de Dieu sont pires que celles d'un croupier à Las Vegas. Il nous promet bonheur éternel et effusion de larmes ici-bas. Nous nous persuadons que connaître la vie et la vivre pleinement est le défi suprême adressé à Dieu dans sa vallée de larmes. Si nous remportons le défi, Dieu, quoiqu'il en soit, se venge de nous : il nous refuse l'immortalité à ses côtés, il nous condamne à la douleur éternelle. Nous osons, contre toute logique, accorder une logique à la Divinité. Nous pensons : Dieu n'a pu être le créateur de la misère et de la souffrance, de la cruauté et de la barbarie humaines. Dans tous les cas, ça, ce n'est pas un Dieu bienfaisant qui l'a crée mais le Dieu malveillant, le Dieu prétendu, le Dieu travesti que nous ne pouvons vaincre qu'en épuisant les armes du mal qu'il a lui-même crée. Sexe, crime et surtout l'imagination du mal. Ces présents ne proviennent-ils pas, eux aussi, d'un Dieu pernicieux? Ainsi nous nous persuadons qu'en assassinant le Dieu usurpateur, nous parviendrons, sains de corps et l'esprit libéré, à voir le visage du Dieu originel, le Bon Dieu. Mais le Grand Croupier n'a pas abattu toutes ses cartes.

À propos des fiches de présentation

Même si cela relève de l'évidence, je précise que rien de vous oblige à suivre le modèle adopter par Julie… À chacun de touver son propre modèle et, pour le contenu, de dire ce qu'il a envie de dire.

La promo 2010-2011 se présente : Julie Sanchez

Julie Sanchez, née à Bordeaux le 19 octobre 1988.
J’ai obtenu un bas ES (mention AB) en 2006.
J’avais choisi la spécialité espagnol pour mon année de terminale et j’ai décidé de continuer dans cette voie, plus littéraire.
Je m’inscris à Bordeaux III pour une licence LLCE espagnol que j’obtiens en 2009 (mention AB).
Ayant suivi les cours de traduction/traductologie en L3, je choisis de reprendre cette option en M1.
Grâce à ces cours, je découvre la traduction (en tout cas une approche bien différente de celle qu’on avait en cours de thème et version). Je me surprends à aimer me questionner sur la justesse d’un mot ou sur la ponctuation. J’apprends un tas de choses et ces cours me donnent une autre vision de la littérature et développent mon esprit critique.
J’ai toujours aimé traduire sans me rendre compte que ceci pouvait devenir important à ce point et surtout sans imaginer que je pourrais peut-être un jour en faire un métier.
Cette année, ma décision est prise, je postule pour le M2 Métiers de la Traduction de mon université (promotion 2010-2011).
En attendant les tests, j’ai fait un stage de deux mois (d’avril à juin 2010) dans l’entreprise 001 Traduction.
En ce qui concerne mes attentes par rapport au métier de traducteur, il m’est encore difficile de me projeter (même si tout cela arrive à grands pas…).
J’espère déjà avoir la chance de l’exercer (sûrement en parallèle avec un autre emploi car je ne pense pas pouvoir vivre de cette seule activité) et ainsi continuer à pratiquer cette passion.

Autres éléments…

J’ai exercé (et j’exerce jusqu’à la rentrée) divers emplois mais pas forcément en rapport avec la traduction…
J’ai été intérimaire, animatrice (je possède le BAFA), baby-sitter, hôtesse de caisse (depuis octobre jusqu’à la rentrée à Auchan Mériadeck)…
Lors d’un voyage de deux mois au Chili durant l’été 2008, j’ai été assistante à la bibliothèque de l’Alliance Française de Concepción.
J’ai aussi donné quelques cours de soutien en espagnol par ci par là et des amis chiliens (pompiers à Concepción) ayant un projet de reportage m’ont récemment demandé de le leur traduire pour l’envoyer en France.
J’aime la photographie, la danse (salsa et flamenco), les voyages, la vie associative (mission au Bénin avec des étudiantes en médecine en été 2009).
Je lis beaucoup et adore « fouiner » sur internet.
J’ai également des connaissances en anglais et en italien (à perfectionner car j’ai un peu perdu…).

Références culturelles, 509 : Martín Miguel Juan de Mata Güemes

http://www.circulosalta.8m.com/histoguemes.html

samedi 3 juillet 2010

« Les joies du traducteur… », par Amélie Rioual

En photo : The Olive Oil Plant 1, par Omri Suissa

… sont les mêmes que celles de tout être-humain ? Pas tout à fait.
Ce week-end, je tentais (en vain) de fuir la chaleur parisienne, calfeutrée dans mon appartement, entourée de dictionnaires et plongée dans le deuxième jet de ma traduction longue. Ravie de pouvoir passer plus que trois heures de suite sur mon texte, j’avançais relativement bien, résolvant avec satisfaction la plupart des difficultés de mon premier jet, parfois minimes, certes, mais bien réelles. Qui d’autre qu’un traducteur serait content de comprendre pourquoi, dans un texte, l’auteur a mis un point plutôt qu’un point-virgule à la fin d’une phrase, et surtout de trouver la solution pour rendre l’intention de ce choix ? Je vous le demande…
Mais la suite est encore plus édifiante. Au détour d’une page, je suis tombée sur un écueil bien plus important, qui m’avait déjà pourchassée presque nuit et jour au moment de mon premier jet (pour les nouvelles recrues, je précise que ma traduction longue est un récit autobiographique d’une femme qui acquiert un moulin à olives à Utande, près de Guadalajara, au beau milieu de la campagne de Castille. Le texte se déroule presque exclusivement dans ce village reculé de la civilisation. Le moulin ne possède ni eau courante, ni électricité et l’adaptation est difficile. Outre la narration de sa vie, la narratrice introduit également dans son récit des explications sur la vie agricole et les pratiques dans le moulin, ainsi que des épisodes de l'histoire espagnole dans lesquels le moulin a joué un rôle). À l’époque, j’avais passé des heures à étudier en détail des sites concernant ou les moissons, ou la fabrication de l’huile d’olives, afin de comprendre la VO et trouver le vocabulaire correspondant en français. Seulement, quelques mots m’avaient échappés ; ils ne se trouvaient dans aucun dictionnaire (du moins pas avec un sens qui correspondait à la situation) et m’avaient donné du fil à retordre. Or cette fois-ci, je ne pouvais plus laisser le mot en espagnol en me disant « Je le trouverai plus tard ». J’ai donc recommencé à fouiller et ma persévérance a fini par payer. J’avais un problème avec le verbe « Motear ». Dans le bilingue Larousse, la traduction est « moucheter, tacheter, marqueter », rien à voir donc avec mon contexte de tri d’olives. Dans la Real, ce n’est pas plus intéressant : « Salpicar de motas una tela, para darle variedad y hermosura ». C’est sur le site d’un oléiculteur que j’ai finalement trouvé la solution ; il expliquait le fonctionnement d’un appareil à venter (afin de retirer les feuilles des oliviers récoltées avec les olives à l’aide d’un souffle d’air). Je voulais connaître précisément la définition de ce terme, et le dictionnaire m’a donné un de ses synonymes : « vanner ». Le voilà mon verbe ! Il m’a fallu un long cheminement pour y arriver mais finalement, quel bonheur de pouvoir l’inscrire dans ma phrase, et de remplir enfin cet espace laissé vacant.
Autre problème, autre issue. Un de mes personnages offre à un enfant « un bargueño de plástico » pour que son père puisse lui donner son bain. Or en espagnol, « un bargueño » est un cabinet (meuble orné richement, dont la façade comporte des tiroirs) : je ne comprenais pas comment un tel objet pouvait être en plastique, ni le rapport avec la baignade. C’est en cherchant une nouvelle fois le mot dans le dictionnaire que mes yeux sont tombés sur le mot « barreño », qui signifie bassine. Tout à coup, cela devient beaucoup plus clair. J’en ai déduit qu’il y avait une erreur dans le texte original ; loin d’être un stratagème pour gagner du temps, je pense vraiment qu’il s’agit d’une (grosse) coquille, car c’est plus logique ainsi.
Pour conclure ce post, deux choses :
- Le traducteur est une personne à part, qui apprécie de passer ses week-ends penchée sur un texte et peut exulter en découvrant le mot qu’il cherchait depuis des jours voire des semaines.
- Le traducteur se doit d’être curieux et persévérant, et ne doit jamais se laisser tenter par la solution de facilité.
Je précise que sitôt ma découverte faite, j’en ai informé Caroline, pour partager avec elle ce plaisir de traducteur. Ni une, ni deux, elle m’a demandé d’en faire un post. Avis aux nouveaux apprentis : méfiez-vous de chaque mot prononcé, de chaque question innocemment posée… les oreilles Lepagiennes ne sont jamais bien loin !

Références culturelles, 508 : Francisco Fourmantin

http://www.fourmantin.com.ar/Textos/biogra1.htm

jeudi 1 juillet 2010

L'art difficile de se donner un nom

En photo : Name That Shark, par ModernDayGilligan

Après la promo Anne Dacier et la promo Aline Schulman, quel sera le nom de la promo 2010-2011 ? Jusque-là nous avons eu deux traductrices… choix peut-être lié au fait qu'il y avait exclusivement des filles parmi les troupes. Cette année encore, c'est à vous de décider ; surtout, sentez-vous libres… nulle obligation d'opter pour un traducteur (même si ça paraît le plus naturel) et une femme. Ce serait bien que nous ayons rapidement des propositions, car il faut pouvoir vous identifier – ne serait-ce que pour les « libellés » du blog, c'est-à-dire l'enregistrement et le classement des posts dans lesquels vous interviendrez de près ou de loin. Et donc, j'attends vos suggestions…

Références culturelles, 506 : Juan Bautista Cabral

http://es.wikipedia.org/wiki/Juan_Bautista_Cabral

mercredi 30 juin 2010

À propos des commentaires…

Pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore remarqué, la colonne de droite du blog comprend une rubrique « commentaires récents », où vous trouverez les dernières interventions en date.

Références culturelles, 505 : Manuel Belgrano

http://www.todo-argentina.net/biografias/Personajes/manuel_belgrano.htm

Petite précision utile…

En photo : Chispas, par Click! Tengo Tu Alma

… en réponse (collective) à une question de l'un d'entre vous : l'ordre dans lequel je publie vos traductions ne relève pas d'un classement, de la même manière que je ne laisse aucun texte de côté sciemment – si vous ne voyez pas le vôtre, ne vous dites pas que je l'ai écarté parce qu'il n'était pas au niveau. Il est simplement passé entre les mailles de mes filets. Sachez et comprenez que j'assume tout, y compris vos fautes, vos erreurs et vos horreurs. Regardez d'un peu plus près les versions proposées depuis deux ans et vous vous rendrez compte que le résultat n'est pas toujours merveilleux ; mais l'important n'est pas là : chacune a été faite par quelqu'un qui s'est donné du mal et qui a eu suffisamment de courage, et peut-être de générosité, pour oser présenter son travail en public… or rien que cela mérite respect. L'essentiel est de progresser, quel que soit son point de départ. Donc, en cas d'absence de votre version, vous m'envoyez un mail et je ferai le nécessaire. Comment je procède ? J'ouvre vos documents au hasard et je les mets les uns derrière les autres, c'est tout. Ce qui me permet de répéter que faire des hiérarchies entre vous est contraire à l'esprit du blog et plus généralement de notre formation… D'ailleurs, avec un métier comme celui de traducteur, la réalité se chargera seule, et rapidement, d'opérer des lignes de partage entre vous : je vous parlerai souvent de la "chispa" ; car oui, être un bon traducteur demande une bonne technique, certes, mais aussi et surtout du talent – pour lire, pour comprendre, pour trouver le mot juste, la subtile nuance, etc. Or cela ne s'acquiert pas. Comme dirait l'autre, on l'a ou on l'a pas… de même que la patience, la ténacité et d'une certaine façon aussi l'amour… car parfois, il faut de la passion pour continuer alors que le sens résiste, alors que les mots ne viennent pas, alors qu'on est passé sur un texte près de dix fois et qu'il faut encore une dernière relecture pour s'assurer que tout l'édifice est en place. Et donc oui, cette année, comme les années précédentes, les lignes de partage se dessineront entre vous naturellement… parfois cruelles. Mon rôle à moi est de vous accompagner, jusqu'à une autre direction si la "chispa" n'est pas là ou si vous n'en faites rien alors qu'elle était là au départ… jusqu'à votre futur métier si la "chispa" est là et que vous ne la gâchez pas. Suivez votre bonhomme de chemin sans vous inquiéter de ce que font les autres !

mardi 29 juin 2010

Pour mardi prochain ?

Pas de version, mais une présentation de chacun d'entre vous, avec photo… Sortez du CV traditionnel (même si les éléments de votre parcours doivent être là, et en bonne place de surcroît) et racontez-nous, sur le mode que vous voulez, qui vous êtes, d'où vous venez, pourquoi vous avez choisi notre master bordelais et, surtout, ce que vous attendez du métier de traducteur.

Version n°1

Je vous rappelle les règles du jeu : je publie les traductions, je les lis (il est important pour moi de voir où vous en êtes maintenant et, évidemment, de constater les progrès que vous ferez – ce sera une partie de l'évaluation de fin d'année –)… mais je ne vous corrige pas. Sur le blog, nous ne sommes pas en cours. Comprenez bien que ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Oubliez le rapport classique étudiants / enseignants. À présent, nous sommes partenaires, nous travaillons en groupe pour vous aider à acquérir suffisamment de compétences, le but étant d'apprendre véritablement votre métier, dans les meilleures conditions possibles. Il m'arrive régulièrement de vous proposer ma propre traduction (pas en ce moment… je participe au jury du CAPES et nous sommes en plein milieu des oraux !). Le mieux est d'échanger via les commentaires… Posez des questions, demandez-vous les uns les autres pourquoi vous avez traduit ceci ou cela de telle ou telle manière, etc. À vous d'établir ce dialogue, très fructueux… Gardez à l'esprit qu'on fait énormément de progrès en sortant de sa tour d'ivoire, en comparant avec les autres et en parlant ensemble, en confiance. Vous verrez les bienfaits des ateliers de traduction collective. Et ne soyez pas timides… lancez-vous ! Interdit de s'assassiner et de se juger par commentaire interposé (j'y veille en modérant tout ce qui passe!!!!!!). Confrontons les points de vue.

Je vous rappelle le sujet :

Mi difunta hermana Eloína, que gloria haya, veinte años mayor que yo, guisaba primorosamente, pero a la antigua. Nunca utilizó otro procedimiento que la cocina económica. Mediante la leña y el carbón y una sabia manipulación del tiro, conseguía el punto de los alimentos. Ése era todo su secreto. Y no se piense usted, señora, que en nuestra casa se condimentaran selectos manjares, porque lo que hace de la cocina un arte es precisamente lo contrario, halagar el paladar con lo sencillo, darle un punto requerido a lo cotidiano: un cocido castellano, unas sopas o unas lentejas. ¡­Qué cocidos preparaba mi difunta hermana Eloína!
El jueves pasado, en casa de mi fiel amigo Baldomero Cerviño, compañero del periódico, me obsequiaron con un cocido y no voy a decirle a usted que estuviera malo pero allí faltaba algo esencial y ¿sabe usted qué era?: el relleno. ¿Concibe usted, señora, un cocido castellano sin relleno? A mi entender, el relleno es la quintaesencia del cocido, el cocido mismo. Un relleno esponjoso, tierno, sabroso, empapado de la sustancia del guiso, es lo que nos da la medida de este plato. Otro error, muy frecuente en este punto: sustituir el repollo por coliflor. Costumbres, dirá usted, pero eso no es un argumento; yo creo que hay que resistir contra estos atentados, los sucedáneos no deben prevalecer, no podemos permitirlo. En la cocina, no es lícito saltarse a la torera la tradición como no es lícito prescindir del punto. Ambos son indispensables; sin ellos no hay cocina. ¿Admitiría usted, señora, una paella del interior sin chorizo ni pimientos morrones?
Pensará usted, a la vista de lo escrito, que su corresponsal es un glotón insaciable, un ser que solamente piensa en comer, cuando a mi la comida me agrada con mesura y discreción. Aborrezco a los tragones, quizá por despecho, porque desde joven tuve un estómago delicado, tal vez porque mi profesión no haya sido la más indicada para gozar de los placeres gastronómicos. Desde niño fui sobrio para comer, pero como hombre de paladar me gustan los alimentos sazonados y en su punto.

Miguel Delibes, Cartas de amor de un sexagenario voluptuoso

***

Julie nous propose sa traduction :

Feu ma sœur Eloina, bénie soit-elle, de vingt ans mon aînée, cuisinait à merveille, mais à l'ancienne. Elle n'a jamais utilisé une autre méthode que la cuisine économique. Grâce au bois et au charbon ainsi qu'à une savante manipulation de l'air, elle réussissait des aliments parfaits. C'était là tout son secret. Et ne pensez pas, madame, que l'on assaisonne chez nous des plats nobles, car ce qui fait que la cuisine est un art est précisément le contraire, flatter le palais avec simplicité, privilégier le quotidien : un pot-au-feu espagnol, des soupes ou des lentilles. Quels pots-au-feu que ceux que préparait ma défunte sœur Eloina!
Jeudi dernier, chez mon fidèle ami Baldomero Cerviño, collègue du journal, on m'offrit un pot-au-feu et je ne vous dirai pas qu'il fût mauvais mais il y manquait une chose essentielle et savez-vous ce que c'était?: la farce. Vous imaginez, madame, un pot-au-feu espagnol sans farce? A mon avis, la farce est la quintessence du pot-au-feu, le pot-au-feu lui-même. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imbibée de la substance du mets, est ce qui nous donne la mesure de ce plat.
Autre erreur, très fréquente sur ce point : remplacer le chou vert par du chou fleur.
Des habitudes, direz-vous, mais ceci n'est pas une raison : je crois qu'il faut résister contre ces atteintes, les substituts ne doivent pas prévaloir, nous ne pouvons pas le permettre.
Dans la cuisine, il n'est pas licite de faire fi de la tradition comme il n'est pas licite de faire abstraction de la perfection. Tous deux sont indispensables : sans eux il n'y a pas de cuisine. Vous accepteriez, madame, une paella typique sans chorizo ni poivrons rouges?
Peut-être pensez-vous, en voyant ce qui est écrit, que votre correspondant est un glouton insatiable, un être qui pense seulement à manger, quand la nourriture me plaît avec modération et discrétion. Je déteste les goinfres, peut-être par dépit, car depuis ma jeunesse j'ai eu un estomac délicat, sans doute parce que ma profession n'ait été la mieux indiquée pour jouir des plaisirs gastronomiques. Depuis tout petit j'ai mangé sobrement, mais en tant que fin gourmet j'apprécie les aliments assaisonnés et fameux.

***

Auréba nous propose sa traduction :

Ma défunte sœur Eloína, gloire à elle, de vingt ans mon aînée, cuisinait à merveille, mais à l’ancienne. Elle n’a jamais utilisé d’autre technique que la cuisinière à bois et à charbon. Grâce au bois et au charbon et une savante manipulation du tirage, elle réussissait la juste cuisson des aliments. C’était là tout son secret. Et n’allez pas croire, madame, que chez nous on assaisonnait des mets de choix, car ce qui fait de la cuisine un art, c’est justement le contraire, flatter le palais avec ce qui est simple, mettre de l’exigence dans ce qui est quotidien : un pot-au-feu espagnol, des soupes ou des lentilles. Ma défunte sœur Eloína préparait de sacrés pot-au-feu!
Jeudi dernier, chez mon fidèle ami Baldomero Cervino, collègue du journal, j’ai eu droit à un pot-au-feu et je ne vous dirai pas qu’il fût mauvais mais il y manquait quelque chose d’essentiel et, savez-vous ce que c’était? La farce. Concevez-vous, madame, un pot-au-feu espagnol sans farce? Selon moi, la farce est la quintessence du pot-au-feu, le pot-au-feu même. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imbibée de la substance du ragoût, c’est ce qui nous donne la mesure de ce plat. Une autre erreur, très fréquente sur ce point : remplacer le chou pommé par du chou-fleur. Des habitudes, me direz-vous, mais ça, ce n’est pas un argument ; moi, je crois qu’il faut résister contre ces attentats, les succédanés ne doivent pas prendre le dessus, nous ne pouvons le permettre. En cuisine, il n’est pas licite de prendre la tradition par-dessous la jambe tout comme il n’est pas licite de faire abstraction de la juste cuisson. Les deux sont indispensables, sans eux, il n’y a pas de cuisine. Accepteriez-vous, madame, une paella de chez nous sans chorizo et sans poivrons ?
Vous devez penser, à la vue de ce qui est écrit, que votre correspondant est un glouton insatiable, un être qui ne pense qu’à manger, alors que moi, j’aime la nourriture avec modération et discrétion. Je déteste les goinfres, peut-être par dépit, car depuis ma jeunesse, j’ai eu un estomac délicat, peut-être parce que ma profession n’a pas été la plus idéale pour profiter des plaisirs gastronomiques. Depuis mon enfance, j’ai été sobre pour manger, mais en tant qu’homme de goût, j’aime les aliments assaisonnés et cuits à point.

***

Olivier nous propose sa traduction :

Ma feue soeur Eloína – paix à son âme – était de vingt ans mon aînée et cuisinait, bien qu'à l'ancienne, de façon exquise. Elle n'utilisa jamais d'autre instrument que la cuisinière. Grâce aux bûches de bois et au charbon, ainsi qu' à une grande connaissance du tirage du feu, elle réussissait une cuisson parfaite des aliments. C'était là tout son secret. Et n'allez pas penser, madame, qu'à la maison nous assaisonions des mets de choix, car ce qui fait de la cuisine tout un art, c'est précisément le contraire, c'est encenser le palais avec de simples choses, exiger le meilleur de ce que nous offre le quotidien : un simple pot-au-feu, des soupes ou des lentilles. Ah, ce pot-au-feu que préparait ma regrettée soeur Eloina !
On m'invita, jeudi dernier, à la dégustation d'un pot-au-feu chez mon fidèle ami Baldomero Cerviño, un collègue du journal. Je ne vais pas vous dire qu'il était mauvais, mais il lui manquait quelque chose d'essentiel et savez-vous ce que c'était ? La farce. Pouvez-vous imaginer, madame, un pot-au-feu espagnol sans farce ? Selon moi, la farce est la quintessence du pot-au-feu, le pot-au-feu même. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imbibée de la saveur du plat, voilà ce qui nous permet de l'évaluer. Une autre erreur fréquemment commise est de remplacer le chou pommé par un chou-fleur. Des habitudes, direz-vous ; mais ce n'est pas un argument recevable. Je crois qu'il faut résister à ces attaques, les substituts ne doivent pas prévaloir, nous ne pouvons pas l'accepter. En cuisine, il n'est pas licite de prendre la tradition à la légère, tout comme il ne l'est pas de négliger la cuisson. Les deux sont indispensables, faute de quoi ce n'est pas de la cuisine. Accepteriez-vous madame, une paella madrilène sans chorizo ni poivron ?
Au vu de ce qui a été écrit, vous pourriez penser, madame, que votre correspondant est un insatiable glouton, un être qui ne pense qu'à manger, alors même que je ne sais profiter de la nourriture qu'avec retenue et pondération. J'abhorre les goinfres, peut-être par dépit d'avoir eu dès mon plus jeune âge un estomac délicat, ou sans doute parce que ma profession n'ait pas été la plus favorable pour jouir des plaisirs gastronomiques. Depuis mon enfance j'eus un comportement modéré avec la nourriture, mais en tant qu'homme de goût, j'aime les aliments assaisonés et cuits à point.

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Alexis nous propose sa traduction :

Ma défunte sœur Eloïne, Dieu ait son âme, de vingt ans mon aînée, cuisinait à merveille, mais à l’ancienne. Elle n’a jamais employé d’autre méthode que la cuisine économique. Avec l’utilisation du bois et du charbon ainsi qu’une sage manipulation du tirage, elle réussissait les aliments à point. Voilà qui était son secret. Et n’allez pas penser, madame, que nous préparions des mets choisis, car ce qui fait de la cuisine un art est précisément le contraire, flatter le palais avec quelque chose de simple, donner au quotidien un quelque chose de fondamental : un pot-au-feu castillan, des soupes ou des lentilles. Quels pot-au-feu préparait ma défunte sœur Eloïne !
Jeudi dernier, chez mon fidèle ami Baldomero Cerviño, collègue du journal, on prépara à mon attention un pot-au-feu, je ne vais pas vous dire qu’il était mauvais mais il y manquait une chose essentielle et vous savez ce que c’était ? la farce. Pouvez-vous concevoir, madame, un pot-au-feu castillan sans farce ? Selon moi, la farce est la quintessence du pot-au-feu, c’est le pot-au-feu même. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imbibée du goût de la préparation, voilà ce qui nous donne la mesure de ce plat. Autre erreur, très fréquente à ce sujet : remplacer le chou pomme par du chou-fleur. Par habitude, me direz-vous, mais cela n’est pas un argument ; je pense qu’il faille résister à ces attentats, les succédanés ne doivent pas prévaloir, nous ne pouvons le permettre. En cuisine, il n’est pas permis de faire fi de la tradition de même qu’il n’est pas permis de ne pas en tenir compte de ce point précis.
Les deux sont indispensables ; sans eux il n’y a pas de cuisine. Accepteriez-vous, madame, une vraie paëlla sans chorizo ni poivron ?
Vous devez penser, à la lecture de ceci, que votre correspondant est un glouton insatiable, un être qui ne pense qu’à manger, alors qu’en réalité la nourriture me plaît avec mesure et discrétion. Je déteste les goinfres, peut-être par dépit, car j’ai depuis tout jeune un estomac délicat, cela est sûrement dû au fait que ma profession ne soit pas la plus indiquée pour se réjouir des plaisirs gastronomiques. J’ai été sobre dans la nourriture depuis mon enfance, mais en tant qu’homme de palais j’aime les aliments assaisonnés et qui plus est à point.

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Vanessa nous propose sa traduction :

Ma défunte sœur Eloína - paix à son âme - de vingt ans mon aînée, cuisinait divinement bien, mais à la façon d'antan. Jamais elle ne procéda autrement qu'en se servant de la vieille cuisinière. Le bois, le charbon, une savante mesure du tirage, et elle portait la cuisson des aliments à point. C'était là tout son secret. Et ne pensez pas, madame, qu'on n'accommodât chez nous que des mets de choix. Parce que ce qui fait de la cuisine un art, c'est précisément le contraire. Flatter le palais avec le plus simple, faire du quotidien une nécessité : un cocido1 castillan, de la soupe, ou des lentilles. Ah ! Les cocidos de ma défunte sœur Eloína !
Jeudi dernier, chez mon fidèle ami et confrère du journal, Baldomero Cerviño, on m'a offert un cocido. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était mauvais, mais il manquait là quelque chose d'essentiel, et savez-vous ce que c'était ? Les boulettes2. Pouvez-vous concevoir, madame, un cocido castillan sans boulettes ? Selon moi elles forment la quintessence du cocido, voire le cocido lui-même. Des boulettes spongieuses, tendres, savoureuses, imbibées de la substance du ragoût, c'est ce qui nous donne la mesure de ce plat. Autre erreur, très fréquente sur ce point : remplacer le chou pommé par un chou-fleur. À chacun son habitude, me direz-vous, mais ceci n'est pas un argument ; moi, je crois qu'il faut résister contre ces atteintes, les succédanés ne doivent pas l'emporter, nous ne pouvons pas l'accepter. En matière de cuisine, il n'est pas permis de traiter la tradition avec désinvolture, ni d'en faire abstraction. Les boulettes comme le chou pommé sont indispensables ; sans eux, pas de cuisine. Admettriez-vous, madame, une paëlla de l'arrière-pays sans chorizo ni poivrons doux ?
Vous penserez, à la lecture de ce qui est écrit, que votre correspondant est un glouton insatiable, un être qui ne pense qu'à manger, quand la nourriture ne fait que me plaire, avec retenue, et discrétion. J'ai horreur des voraces ; sans doute par dépit, parce que j'ai depuis tout jeune un estomac délicat, ou peut-être parce que ma profession n'a pas été la plus indiquée pour ce qui est de jouir des plaisirs gastronomiques. Dès l'enfance, je fus sobre dans mes repas, mais en tant qu'homme de goût j'apprécie les mets assaisonnés et cuits à point.

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Sylvie nous propose sa traduction :

Ma défunte sœur Eloína, paix à son âme, de vingt ans mon ainée, cuisinait divinement quoiqu’à l’ancienne. Jamais elle n’eut recours à une autre méthode que la cuisine bon marché. Par le biais du bois et du charbon et d’une savante utilisation du tirage, elle exaltait la saveur des aliments. Voilà son seul secret. Et ne croyez-pas, Madame, que l’on accommodât chez nous des mets de choix, car ce qui fait de la cuisine un art c’est précisément l’inverse, flatter le palais avec simplicité, rendre au quotidien ses lettres de noblesses : un pot au feu castillan, des soupes ou des lentilles. Ma défunte sœur Eloína préparait d’incroyables pots au feu ! Jeudi dernier, chez mon fidèle ami Baldomero Cerviño, collègue du journal, on m’honora d’un pot au feu et je ne vais pas vous dire qu’il fût mauvais, mais il y manquait quelque chose d’essentiel et savez-vous de quoi il s’agissait ? De la farce. Concevez-vous, Madame, un pot au feu castillan sans farce ? De mon point de vue, la farce est la quintessence du pot au feu, le pot au feu lui-même. Une farce moelleuse, tendre, savoureuse, imbibée du jus de cuisson est ce qui donne la mesure du plat. Une autre erreur, très fréquente à ce stade : remplacer le chou pommé par du chou fleur. Des us et coutumes, me direz-vous, mais cela ne vaut pas argument ; moi je pense qu’il faut résister face à ces attentats, les succédanés ne doivent pas prévaloir, nous ne pouvons l’autoriser. En cuisine il n’est pas admis de faire fi de la tradition pas plus que de faire abstraction de l’excellence. Tous deux sont indispensables ; sans eux, nulle cuisine. Admettriez-vous, Madame, une paella du centre sans chorizo ni poivrons rouges ? Vous penserez, en lisant ces écrits, que votre correspondant est un insatiable glouton, un être qui ne pense qu’à manger, alors que la nourriture ne me ravit qu’avec mesure et discrétion. Je hais les goinfres, peut-être par dépit, parce que depuis mon plus jeune âge j’ai un estomac délicat, peut-être parce que mon métier n’est pas le plus indiqué pour jouir des plaisirs gastronomiques. Depuis l’enfance, je suis à la table homme sobre, mais en tant que gourmet, j’apprécie les aliments bien assaisonnés et cuits à point.

***

Jessica nous propose sa traduction :

Ma défunte sœur Eloína était en pleine gloire. De vingt ans mon ainée, elle cuisinait à merveille, mais à l’ancienne. Elle n’a jamais utilisé une autre méthode qui ne soit pas la cuisine économique. Grâce au bois de chauffage et au charbon et une savante manipulation des courants d’air, elle obtenait une cuisson parfaite des aliments. C’était là tout son secret. Et ne pensez pas, madame, que dans notre maison on assaisonnera des plats supérieurs, car ce qui fait de la cuisine un art c’est justement le contraire, flatter le palais avec des choses simples, lui donner un point requis au quotidien : un pot au feu castillan, quelques soupes ou quelques lentilles. Ma sœur Eloína préparait le meilleur pot au feu du monde !
Jeudi dernier, dans la maison de mon fidèle ami et collègue au journal Baldomero Cerviňo, on m’avait préparé un pot au feu. Je ne vais pas vous dire qu’il n’était pas bon mais il lui manquait quelque chose d’essentiel, et savez-vous ce que c’était ? La farce. Pouvez-vous concevoir, madame, un pot au feu castillan sans farce ? A mon avis, la farce est la quintessence même du pot au feu. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imbibée de la sauce du plat, c’est ce que nous donne la mesure de ce plat. Une autre erreur, très fréquente elle aussi : remplacer la farce par du chou fleur. Vous direz qu’il s’agit d’habitudes, mais cela n’est pas un argument. Moi je pense qu’il faut résister à ces manies, les substituts ne doivent pas prévaloir, nous ne pouvons pas le permettre. En cuisine, c’est illicite de faire fi de la tradition tout comme c’est illicite de ne pas tenir en compte une cuisson parfaite. Les deux sont indispensables : sans elles il n’y a pas de cuisine. Accepteriez-vous, madame, une paella sans chorizo n’y poivrons doux à l’intérieur ?
Vous penserez, en voyant ce qui est écrit, que son correspondant est un glouton insatiable, un être qui ne pense qu’à manger, même si pour moi, la nourriture me plaît avec modération et retenue. Je déteste les personnes goinfres, peut être par dépit, car depuis tout petit j’ai un estomac délicat ou peut être parce que mon métier n’est pas le plus indiqué pour profiter des plaisirs gastronomiques. Enfant, j’étais limité pour manger mais étant un homme de palais, j’aime les aliments assaisonnés et cuits à la perfection.

***

Stéphanie nous propose sa traduction :

Ma défunte soeur Eloina, qui repose en paix, de vingt ans mon aînée, cuisinait exquisément, mais à l'ancienne. Elle n'utilisa jamais d'autres procédés que la cuisine économique. Grâce au bois et au charbon ainsi qu'à une savante manipulation du soufflet, elle maîtrisait la cuisson des aliments. C'était là tout son secret. Et ne pensez pas, madame, que chez nous l'on agrémentait des mets de choix, car ce qui fait de la cuisine un art, c'est précisément l'inverse, flatter le palais par la simplicité, donner au quotidien sa vraie saveur : un ragoût castillan, des soupes ou des lentilles. Quels ragoûts préparait-elle ma défunte soeur Eloina!
Jeudi dernier, chez mon fidèle ami Baldomero Cerviño, collègue du journal, on m'offrit un ragoût et je ne vais pas vous dire qu'il était mauvais mais il y manquait quelque chose d'essentiel et savez-vous ce que c'était : la farce. Selon moi, la farce est la quintessence du ragoût, le ragoût lui-même. Une farce spongieuse, tendre, savoureuse, imprégnée de la substance du ragoût, c'est ce qui donne la mesure de ce plat. Une autre erreur, très fréquente à ce niveau : remplacer le chou par du chou-fleur. L'habitude, me direz-vous, mais ce n'est pas un argument : je crois qu'il faut résister à ces attentats, les succédanés ne doivent pas l'emporter. En cuisine, il n'est pas licite de passer outre la tradition, tout comme il n'est pas licite de se passer d'une cuisson parfaite. Les deux sont indispensables, sans eux il n'y a pas de cuisine. Vous accepteriez, madame, une paella du terroir sans chorizo ni poivrons rouges?
Vous penserez, au vu de cet écrit, que votre correspondant est un glouton insatiable, un être qui ne pense qu'à manger, quand en réalité la nourriture me plaît avec mesure et discrétion. J'abhorre les goinfres, peut-être par dépit, car dès mon jeune âge, j'ai eu un estomac délicat, peut-être parce que ma profession n'a pas été la plus indiquée pour jouir des plaisirs gastronomiques. Depuis mon enfance, j'ai été sobre pour manger, mais en tant qu'homme de goût j'aime les aliments agrémentés et cuits à point.

Références culturelles, 504 : Ricardo Balbín


http://www.elhistoriador.com.ar/biografias/b/balbin.php

lundi 28 juin 2010

Rappel…

Je publie les versions de la semaine demain soir… ; vos travaux doivent donc me parvenir rapidement.

Références culturelles, 503 : Zoraida Marrero

http://zoevaldes.net/2010/03/31/la-gran-zoraida-marrero/

mardi 22 juin 2010

Version d'accueil pour les nouvelles recrues

En photo : BIENVENUE A BORD MOUSSAILLONS!, par ((=: pattoune :=))

Ne vous l'ai-je pas dit à l'issue du test ? Vous allez travailler, travailler… et travailler. Et pour commencer, une première version d'accueil que les nouvelles recrues prépareront pour mardi soir prochain – dernier délai. Envoyez-moi vos traductions par mail.
Les candidats placés sur liste d'attente peuvent évidemment se joindre à nous…

Voici de quoi vous mettre en appétit !

Mi difunta hermana Eloína, que gloria haya, veinte años mayor que yo, guisaba primorosamente, pero a la antigua. Nunca utilizó otro procedimiento que la cocina económica. Mediante la leña y el carbón y una sabia manipulación del tiro, conseguía el punto de los alimentos. Ése era todo su secreto. Y no se piense usted, señora, que en nuestra casa se condimentaran selectos manjares, porque lo que hace de la cocina un arte es precisamente lo contrario, halagar el paladar con lo sencillo, darle un punto requerido a lo cotidiano: un cocido castellano, unas sopas o unas lentejas. ¡­Qué cocidos preparaba mi difunta hermana Eloína!
El jueves pasado, en casa de mi fiel amigo Baldomero Cerviño, compañero del periódico, me obsequiaron con un cocido y no voy a decirle a usted que estuviera malo pero allí faltaba algo esencial y ¿sabe usted qué era?: el relleno. ¿Concibe usted, señora, un cocido castellano sin relleno? A mi entender, el relleno es la quintaesencia del cocido, el cocido mismo. Un relleno esponjoso, tierno, sabroso, empapado de la sustancia del guiso, es lo que nos da la medida de este plato. Otro error, muy frecuente en este punto: sustituir el repollo por coliflor. Costumbres, dirá usted, pero eso no es un argumento; yo creo que hay que resistir contra estos atentados, los sucedáneos no deben prevalecer, no podemos permitirlo. En la cocina, no es lícito saltarse a la torera la tradición como no es lícito prescindir del punto. Ambos son indispensables; sin ellos no hay cocina. ¿Admitiría usted, señora, una paella del interior sin chorizo ni pimientos morrones?
Pensará usted, a la vista de lo escrito, que su corresponsal es un glotón insaciable, un ser que solamente piensa en comer, cuando a mi la comida me agrada con mesura y discreción. Aborrezco a los tragones, quizá por despecho, porque desde joven tuve un estómago delicado, tal vez porque mi profesión no haya sido la más indicada para gozar de los placeres gastronómicos. Desde niño fui sobrio para comer, pero como hombre de paladar me gustan los alimentos sazonados y en su punto.

Miguel Delibes, Cartas de amor de un sexagenario voluptuoso

Résultats de la première session

Ont été retenus :

CANAVESI
MARCHAND
PORASZKA
SADOUNI
SANCHEZ

Ont été placés sur d'attente :

DUPUY
HUE
HUET
MAZE

Références culturelles, 497 : Café Tacvba

http://es.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_Tacvba

lundi 21 juin 2010

Le sujet de stylistique… pour nos 18 candidats de la première session

À la demande de Sophie Duval, le sujet n'est pas rendu public. L'exercice de cette année est peu ou prou semblable à ceux proposés lors des sessions précédentes (cf archives du blog).

Demain… les résultats du test

La délibération aura lieu à 12h30. J'essaierai de mettre la liste des admis sur le blog dans l'après-midi, pour que vous n'ayez pas à attendre le courrier par La Poste.

Le sujet de traduction journalistique… pour nos 18 candidats de la première session

Diario de un viaje al horror

HENNING MANKELL, El País, 6/06/2010

Henning Mankell era uno de los viajeros de la flotilla que intentó romper el bloqueo de Gaza y fue interceptada a tiros en aguas internacionales, el 31 de mayo, por la Marina israelí. Ha escrito un diario de ese viaje en el que narra cómo una expedición organizada sin voluntad de enfrentamiento derivó en un baño de sangre y en múltiples humillaciones
Henning Mankell (Estocolmo, 3 de enero de 1948), escritor de novela negra, autor teatral y ensayista, es uno de los grandes nombres de la narrativa nórdica actual. Su saga sobre el inspector Kurt Wallander, compuesta por once títulos, y editada en España por Tusquets, ha sido uno de los mayores éxitos internacionales del género en los últimos tiempos. Con El hombre inquieto, publicada en 2009, Mankell dice adiós a Wallander, al menos de momento. Casado con una hija del cineasta sueco Ingmar Bergman, Mankell divide su tiempo entre Suecia y Mozambique, donde dirige el Teatro Nacional. Los graves problemas del continente africano son una de sus grandes preocupaciones. Novelas como El chino y El ojo del leopardo, su última obra, se desarrollan en África. La implicación activa en las causas humanitarias y la preocupación por la justicia social son señas de identidad de la personalidad de Mankell.

NIZA. Martes 25 de mayo.
A las cinco de la mañana me encuentro en la calle, esperando al taxi que me ha de llevar al aeropuerto de Niza. Por primera vez en muchos meses, E. y yo gozamos de tiempo libre que compartir. En un principio habíamos pensado que se prolongaría dos semanas, pero finalmente no serán más que cinco días, ya que la operación Ship to Gaza está por fin preparada, al parecer, y debo sumarme a los demás en Chipre.
El objetivo de todo viaje puede interpretarse ya en su punto de partida, me digo mientras espero al taxi. Tal y como acordamos, reduje mi equipaje a una mochila de no más de diez kilos. La operación Ship to Gaza tiene un objetivo claro y bien definido: romper el bloqueo al que Israel tiene sometida la franja de Gaza. Desde la guerra de hace poco más de un año, la vida de los palestinos que habitan la zona se ha convertido en un infierno cada vez más insoportable. Son muchas y grandes las necesidades que habría que cubrir para que la vida allí resultara medianamente decente.
Pero el objetivo del viaje es, naturalmente, mucho más concreto. Las palabras se demuestran con la acción, pienso. Resulta fácil decir que se apoya, se defiende o se combate esto o aquello. Sin embargo, es en la acción donde se materializan como un hecho probado ese tipo de declaraciones. Es preciso que los palestinos a quienes los israelíes obligan a vivir en aquel infierno sepan que no están solos, que no los hemos olvidado. Hay que recordarle al mundo que existen. Y además, también podemos cargar varias embarcaciones con lo que más necesitan: medicinas, plantas desalinizadoras para que puedan obtener agua potable, cemento...
Por fin llega el taxi, acordamos el precio -¡qué caro!- y, por las calles vacías del amanecer, salimos rumbo al aeropuerto. La primera anotación del viaje -ahora caigo en la cuenta- la hago allí mismo, en el taxi. No recuerdo las palabras con exactitud, pero de repente me desconcierta la sensación de que no he tomado conciencia plena de que se trata de un proyecto que los israelíes odian hasta tal extremo que seguramente recurrirán a la violencia para obstaculizar el avance de la flotilla.
Aunque antes de llegar al aeropuerto ya se me ha olvidado. Se trata de una empresa totalmente definida también en lo que se refiere a ese punto: nosotros actuaremos sin violencia, no vamos armados, no existe la menor voluntad de enfrentamiento físico. Si llegan a detenernos, todo se desarrollará de modo que la vida de los participantes no corra peligro.
NICOSIA. Miércoles 26 de mayo.
Hace más calor que en Niza. Aquellos que han de subir a bordo en la costa chipriota se reúnen en el Centrum Hotel de Nicosia. Es como en una novela de Graham Greene. Gente dispar que se reúne en un lugar olvidado de Dios para emprender un viaje común. Vamos a quebrantar un bloqueo ilegal. Son palabras que se repiten una y otra vez en varios idiomas. Pero de pronto nos invade la incertidumbre. Los barcos se retrasan, han surgido varios problemas, aún no tenemos las coordenadas definitivas de dónde se producirá el encuentro de las seis embarcaciones. Lo único que está claro es que será en alta mar. Chipre no quiere que nuestras naves atraquen en sus muelles. Seguramente, a consecuencia de la fuerte presión de Israel. De vez en cuando advierto la tensión que domina las relaciones entre los diversos grupos al frente de este proyecto tan complicado. El comedor donde desayunamos se ha convertido en una sala de reuniones secretas. Nos van pidiendo que entremos para firmar diversos documentos y para que dejemos constancia de quiénes son nuestros familiares más cercanos, en caso de que suceda lo peor. Todos firman sin pensárselo. Luego nos dicen que esperemos. Que estemos alerta. Son las palabras más usadas esos días: "esperar, estar alerta".
NICOSIA. Jueves 27 de mayo.
Esperar. Estar alerta. Calor asfixiante.
NICOSIA. Viernes 28 de mayo.
Empiezo a preguntarme si no tendré que abandonar la isla sin haber subido a bordo. Al parecer, no hay plazas suficientes. Al parecer, hay listas de espera para participar en este proyecto solidario. Pero K., el amable parlamentario sueco, y la doctora sueca S., que son mis compañeros de viaje, me ayudan a mantener el ánimo. Los viajes en barco siempre llevan aparejados muchos contratiempos, me digo. Así que continuamos con nuestra tarea. Esperar. Estar alerta.
NICOSIA. Sábado 29 de mayo.
De repente, todo se precipita. Ahora, a lo largo del día, aunque sólo quizá, por supuesto, zarparemos en un buque rápido que nos llevará hasta ese punto en alta mar donde hemos de reunirnos con la flotilla de otros cinco barcos que surcarán las aguas rumbo a la franja de Gaza. Seguimos esperando. Pero, hacia las 17.00, las autoridades portuarias nos dan por fin permiso para subir a bordo del buque llamado Challenge, que, a 15 nudos de velocidad, nos trasladará al lugar donde subiremos al carguero Sofia, ya a la espera en el punto de encuentro. A bordo del Challenge hay muchas personas que esperan y están alerta. Creo que se quedan un tanto decepcionadas al ver que sólo llegamos nosotros tres. Esperaban a varios irlandeses que, no obstante, abandonaron antes de embarcar y volvieron a casa. Subimos a bordo, saludamos a todo el mundo y aprendemos enseguida cuáles son las reglas. El espacio es mínimo y hay zapatos en bolsas de plástico por todas partes, pero reinan la tranquilidad y el buen entendimiento. Ahora, de repente, parecen haberse despejado todas las incógnitas. A las 17.00, los dos potentes motores diésel empiezan a zumbar. Por fin estamos en marcha.
EN EL MAR. 23.00 horas.
Estoy sentado en una cubierta de popa. El viento no sopla con fuerza, pero sí lo suficiente como para que ya se hayan mareado muchos de los activistas. Envuelto en varias mantas, contemplo la luna que ilumina un sendero sobre el mar, resisto la embestida de las olas y pienso que las acciones solidarias pueden adoptar cualquier forma. El zumbido de los motores dificulta la conversación. La mayoría intenta dormir o, al menos, descansar. Y me digo que, en esos momentos, se puede decir que está resultando un viaje apacible. Pero sólo en apariencia.

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Domingo 30 de mayo. 1.00 horas.
Brillan destellos de luz desde varios puntos. El capitán, cuyo nombre no consigo aprender, ha aminorado la marcha. A lo lejos titilan las luces de las linternas de dos de los buques de la flotilla. Ahora permaneceremos anclados hasta que amanezca y la gente pueda trasladarse a las otras embarcaciones. Pero yo sigo sin encontrar un lugar donde acostarme, así que me quedo dormitando en la silla empapada. La solidaridad ve la luz en la humedad y la espera, pero así hacemos que otros tengan un techo bajo el que cobijarse.
» EN EL MAR. 8.00 horas.
El mar se ha calmado. Nos dirigimos hacia la nave de mayor envergadura
[Mavi Marmara]. Es un buque de pasajeros, "la nave reina" de la flotilla. Lleva a bordo a cientos de personas. Han estado discutiendo la posibilidad bastante probable de que los israelíes centren su intervención justo en esa nave.
¿Qué intervención? Obviamente, es algo a lo que hemos estado dando vueltas desde los inicios del proyecto. Nada podemos saber con certeza. ¿Hundirá la Marina israelí las embarcaciones o intentará obligarlas a retirarse con otro tipo de violencia? ¿Existirá la posibilidad de que Israel opte por la solución razonable de dejar pasar las naves y palíe así parcialmente la vergonzosa fama que se ha ganado en todo el mundo? Nadie lo sabe. A nuestro juicio, lo más probable es que, una vez en la frontera de sus aguas territoriales, nos exijan que nos retiremos amenazándonos desde los altavoces de los buques de guerra. Si no nos detenemos, nos destrozarán las hélices o la quilla y nos remolcarán hasta un lugar donde podamos repararlas.
» EN EL MAR. 13.00 horas.
Los tres subimos por una escala a bordo del Sofia. Es un viejo buque renqueante, muy oxidado y con una tripulación afable. Calculo que somos unos veinticinco en total. La carga se compone, entre otras cosas, de cemento, armazones de hierro y casas de madera prefabricadas. Me asignan un camarote que comparto con el parlamentario al que, tras los largos días de espera en Nicosia, empiezo a considerar como a un viejo amigo. Descubrimos que no hay luz eléctrica. Ya leeremos en otro momento.
» EN EL MAR. 16.00 horas.
Reunida la flotilla. Las proas de las naves ponen rumbo a Gaza.
» EN EL MAR. 18.00 horas.
Nos reunimos en un comedor improvisado entre las bodegas y la cubierta superior de la embarcación. El griego canoso que se encarga de la seguridad y la organización a bordo, a excepción de las tareas de navegación, nos habla en voz baja y nos inspira enseguida una gran confianza. "Esperar" y "estar alerta" son palabras que han dejado de existir. Nos estamos acercando. La cuestión es a qué. Nadie sabe qué se les ocurrirá a los israelíes. Sólo sabemos que han hecho declaraciones hostiles y que han asegurado que ahuyentarán a la flotilla con todos los medios a su alcance. Pero ¿qué significa eso? ¿Usarán torpedos? ¿Maromas? ¿Enviarán a bordo soldados desde sus helicópteros? Imposible adivinarlo. Pero a su violencia responderemos con la nuestra. Sólo en defensa propia. En cambio, sí que podemos dificultarles el ataque. Tenderemos un alambre de púas alrededor de toda la falca del barco. Además, todos deben entrenarse en el uso de los chalecos salvavidas, pondremos vigilantes y decidiremos dónde reunirnos si los soldados abordan el barco. El último bastión es el puente de mando.
Una vez que todo está acordado, empezamos a comer. Al cocinero egipcio, un hombre corpulento y robusto, le duele una pierna, pero cocina muy bien.
» EN EL MAR. Lunes 31 de mayo. 0.00 horas.
Me corresponde participar en el turno de guardia entre la medianoche y las tres de la madrugada. Aún brilla la luna llena, aunque a veces queda oculta tras alguna que otra nube. El mar está en calma. Destellos de linternas. Las tres horas pasan rápido, pero cuando me relevan compruebo que estoy cansado. Aún estamos lejos de lo que puede llamarse la frontera de las aguas territoriales que los israelíes se consideran con derecho a defender como suyas. Supongo que tendré ocasión de dormir unas horas.
Me tomo un té, converso un rato con un marinero griego cuyo inglés es pésimo, pero el hombre insiste en que le cuente de qué tratan mis novelas. Son cerca de las cuatro cuando por fin puedo retirarme a dormir.
» EN EL MAR. 4.30 horas.
Acabo de conciliar el sueño, cuando me despiertan. Ya en cubierta, compruebo que el gran buque de pasajeros está iluminado por potentes focos. De repente, se oyen unos disparos. Y comprendo que Israel se ha decantado por la vía del enfrentamiento brutal. En aguas internacionales.
Transcurrida una hora exactamente, los botes de goma se acercan veloces llenos de soldados enmascarados que inician el abordaje de inmediato. Nos reunimos en el puente de mando. Los soldados se muestran impacientes y quieren que bajemos a cubierta. Alguien se demora y lo atacan con una descarga eléctrica en el brazo. El hombre cae al suelo. Otro hombre que tampoco se movía con celeridad suficiente recibe el impacto de una bala de goma. Y todo esto sucede allí mismo, a mi lado. Es absolutamente real. Personas totalmente inocentes tratadas como animales y castigadas por su lentitud.
Nos agrupan en cubierta. Y allí permaneceremos durante once horas, hasta que el barco atraca en Israel. Los soldados nos filman de vez en cuando, aunque no tienen ningún derecho a ello. Al verme tomando unas notas, uno de los soldados se me acerca enseguida y me pregunta qué escribo. Es la única ocasión en que pierdo los estribos. Le contesto que no es de su incumbencia. Sólo le veo los ojos y no sé lo que está pensando, pero al final da media vuelta y se marcha.
Once horas inmovilizados, amontonados en medio de aquel calor, puede ser un método de tortura. Para ir a orinar, hay que pedir permiso. Galletas, biscotes y manzanas es cuanto nos dan para comer. Tomamos una decisión conjunta: no pedir que nos permitan cocinar. Nos filmarían y lo presentarían como un acto de generosidad por parte de los soldados. Así que nos conformamos con las galletas y los biscotes. Es una humillación sin igual. (Entre tanto, los soldados han sacado los colchones de los camarotes y ahora duermen al fondo de la cubierta de popa).
Durante esas once horas tengo tiempo de concretar lo sucedido. Nos han atacado mientras nos hallábamos en aguas internacionales, lo que implica que los israelíes han actuado como piratas, no mucho mejor que los que operan en las costas de Somalia. Por otro lado, en el momento en que obligaron a nuestra nave a poner rumbo a Israel, nos estaban secuestrando. Su intervención es completamente ilegal.
Entre tanto, nosotros intentamos hablar, dilucidar qué sucederá, y nos preguntamos cómo es posible que los israelíes hayan optado por una solución que los aboca a un callejón sin salida. Los soldados nos observan. Algunos fingen que no saben inglés, pero todos lo hablan y lo entienden. Dos de ellos son muchachas. Parecen preocupadas. Quizá después, cuando hayan terminado el servicio militar, decidan huir a Goa a destrozarse la vida drogándose. Sucede constantemente.
» 18.00 horas.
Un muelle en algún lugar de Israel. No sé dónde. Nos obligan a bajar a tierra y a iniciar una suerte de carrera entre dos filas de soldados, mientras que la televisión militar filma todo el suceso. De pronto se me ocurre que eso, precisamente eso, es algo que nunca les perdonaré. En ese instante sólo pienso en bestias y cerdos.
Nos dispersan, no nos permiten que hablemos unos con otros. De pronto aparece a mi lado un hombre del Ministerio de Asuntos Exteriores de Israel. Comprendo que ha venido para impedir que me dispensen un trato demasiado brusco. Después de todo, soy un escritor bastante conocido en Israel. Mis obras están traducidas al hebreo. El hombre me pregunta si necesito algo. "La libertad, la mía y la de los demás", respondo. El hombre no me contesta y le pido que se marche, pero él da un paso atrás y se queda allí, cerca de mí.
Como es obvio, no hago ninguna confesión. Me comunican que seré deportado. El hombre que me lo anuncia me dice enseguida que le gustan mis novelas. En ese momento pienso en la posibilidad de procurar que ninguno de mis libros vuelva a traducirse al hebreo. Es una idea que no he terminado de madurar.
El ambiente que reina en aquella "sala de recepción de refugiados" es invariablemente caótico y crispado. A cada minuto golpean a uno, amarran a otro, esposan a un tercero. Me repito que, cuando lo cuente, nadie me creerá, pero hay muchos ojos que lo registran todo. Y muchos serán los que deban admitir que es verdad cuanto digo. Los testigos oculares somos multitud.
Un único ejemplo debería bastar. Justo a mi lado, un hombre se niega a dejar sus huellas dactilares. Acepta que lo fotografíen, pero ¿las huellas? No ha cometido ningún delito. Opone resistencia. Y lo golpean hasta que cae al suelo. Luego se lo llevan de allí. Quién sabe adónde. ¿Cómo calificar semejante acción? ¿Repugnante? ¿Inhumana? Elijan libremente.
» 23.00 horas.
Al parlamentario, a la doctora y a mí nos conducen a una prisión provisional. Allí nos separan. Nos arrojan unos bocadillos resecos como un trapo. La noche se hace larga. Uso de almohada las zapatillas de deporte.
» Martes 1 de junio. Por la tarde.
Al parlamentario y a mí nos conducen de improviso a un avión de Lufthansa. Van a deportarnos. Nos negamos a subir sin saber qué será de S. Salimos del calabozo en cuanto nos aseguran que ella también vendrá con nosotros.
Ya a bordo del avión, una de las azafatas me trae un par de calcetines: uno de los soldados que atacaron el barco donde me encontraba me los había robado.
Así muere parte del mito del soldado israelí, valeroso e infalible. Ahora, además, puede añadirse que son simples ladrones. No fui yo el único al que le robaron el dinero, las tarjetas de crédito, la ropa, el reproductor de música, el ordenador... Otro tanto les sucedió a muchos de los que iban a bordo del mismo barco que, un día, a hora muy temprana, sufrió el ataque de soldados israelíes enmascarados o, lo que es lo mismo, de unos piratas disfrazados.
Bien entrada la noche, ya estamos de regreso en Suecia. Hablo con los periodistas. Más tarde me siento un rato en la oscuridad, en el jardín de la casa donde vivo. E. se muestra taciturna.
Al día siguiente, el 2 de junio, oigo el canto del mirlo. Un canto por los que han muerto.
Ahora queda todo lo que debemos hacer para no despistarnos del objetivo: conseguir que se levante el brutal bloqueo de Gaza. Lo conseguiremos.
Detrás de ese objetivo aguardan otros. La desarticulación de un sistema de apartheid lleva tiempo. Aunque no una eternidad.

Références culturelles, 496 : Pedro Fernández

http://es.wikipedia.org/wiki/Pedro_Fern%C3%A1ndez_(cantante)

vendredi 18 juin 2010

Le sujet de traduction littéraire… pour nos 18 candidats de la première session

Il était difficile…, je vous l'accorde, mais, sans mauvais jeu de mots étant donné le sujet du passage, nous verrons ceux qui n'ont pas sombré – trop profond. Il ne s'agit pas de faire une traduction idéale, non, il s'agit de montrer qu'on peut se débrouiller même quand la difficulté est grande… avec de bons réflexes, la tête sur les épaules et du sang-froid.
(Amélie, je poste le sujet de traduction journalistique – choisi par Marta – dès que je le reçois).

Quelennec se apoya en el cabulero y pone toda su atención en la masa gris que la proa de la Incertain hiende. Nada. Ni una silueta, ni un ruido salvo el de la roda que bajo sus pies corta suavemente el agua. La bruma clarea un poco a cuatro cuartas por la amura de babor. También la brisa refresca, y la lona de los foques gualdrapea cada vez menos. Amurada a estribor, la Incertain lleva izados el foque, el petifoque y la enorme cangreja; y en la gavia del único palo el velacho se encuentra aferrado pero listo para soltarlo con rapidez, por si hay que largarse cagando leches. Quelennec se hurga la nariz y levanta la vista a la cofa, oscilante sesenta pies sobre su cabeza y apenas visible entre la bruma. No se atreve a gritarle al otro vigía que está arriba, con toda aquella niebla alrededor que cualquiera sabe lo que esconde; así que manda por los obenques al guardiamarina Galopín, que tiene catorce años y trepa como un simio. Un momento después Galopin se desliza de nuevo abajo por el estay de la trinqueta, para llegar antes, y comunica que desde arriba se ve menos que por el culo de un muerto. Eso dice: el culo de un muerto. Le cul de un palmé. Incluso para la Marina francesa post-revolucionaria, imperial desde hace media hora, la expresión es demasiado libre. En otro momento, Quelennec habría reconvenido con dureza al joven Galopin, quesquesesá, monanfant de la patrí, demasiado suelto de una lengua que tarde o temprano le traerá problemas si vive lo suficiente para tenerlos; pero este amanecer otras cosas le ocupan la cabeza. Por algún lugar entre la Incertain y tierra navega una escuadra combinada francoespañola de treinta y tres navios de línea, cinco fragatas y dos bergantines, esperando que la balandra regrese con su informe, y lo cierto es que lo del culo del muerto no es mala comparación. La vieja idea vuelve a preocuparlo. Podrían estar navegando por mitad de la flota inglesa, haciendo el cimbel y sin enterarse de nada.
-Hijos de puta -repite entre dientes.
-Nespá culpa nuestra, mon capitain -protesta el vigía de proa, creyéndose incluido en el paquete-. No se ve una autentique merde con esta niebla.
-Ne te he parlé a tuá, Berjouan. Métete en tus afaires.
El vigía se calla, gruñendo por lo bajini. Quelennec, que no necesita las Ordenanzas Navales para manejar a sus hornbres, lo deja refunfuñar tranquilo. La brisa sigue refrescando, comprueba con alivio. No es supersticioso, pero silba un poquito para darle ánimos al viento. Fiu, fiu, fiu. El vigía lo mira de reojo, pero a Quelennec le importa un nabo. Más ridículo sería arañar las burdas, como hacen los ingleses, o rezar y persignarse como los españoles, que hasta para tomar un rizo a las velas enrolan a Dios y le rezan a San Apapucio y al copón de Bullas. Así que pasa un ratito más haciendo fiu, fiu. Lo justo, calcula, para que levante un poco aquella bazofia gris, se hinchen las lonas y él pueda cumplir con su obligación y con la Patrie, echando un vistazo decente audesús de la melé. Que ya va siendo hora.
-Está refrescando, mon capitain.
Es cierto. La brisa se hace más fresquita, entablándose de poniente cuarta al noroeste, y la niebla empieza a moverse en jirones ante la proa. Ahora las velas pintan en todo lo suyo, tirando de los garruchos que las sujetan a los estays; las escotas se tensan y el avance de la balandra se hace más perceptible y firme.
-Hay quelquechose devant -insiste el vigía.
Quelennec entorna los párpados, escudriñando la mebla, el oído atento. A veces se vuelve a observar de soslayo al marinero, que sigue mirando entre la cortina gris, impasible. No está allí por casualidad. Berjouan es el mejor vigía de a bordo, y se diría que tiene un sexto sentido para este tipo de cosas. Una vez, a la vuelta del Canadá y a unas cien millas del cabo Farewell, descubrió un iceberg entre la niebla a dos cables de distancia. «Témpano», dijo (no era muy parlanchín, el jodio), y a todos se les paró el corazón mientras el timonel metía la caña a una banda y la Incertain pasaba rozando aquel monstruo blanco. Berjouan había olido el hielo, con un par, del mismo modo que a Quelennec le gustaría que hoy oliera a los ingleses.
-Vualá -dice el vigía.

Arturo Pérez Reverte, Cabo Trafalgar

Références culturelles, 493 : Luis Miguel

http://www.luismigueloficial.com/main.html

jeudi 17 juin 2010

Demain, le grand jour…

Comme annoncé depuis des semaines, demain aura donc lieu le test de recrutement de l'effectif de la troisième promotion…
Espérons que la cuvée sera de qualité !
Bonne chance à tous.

Références culturelles, 492 : Juan Gabriel

http://es.wikipedia.org/wiki/Juan_Gabriel

http://www.youtube.com/watch?v=vS1FJaEEr60&feature=related