Peter Paul Ramírez Chávez (Mexique)
Rutina
Me quité la ropa, me zafé la piel, desarmé mis huesos, recogí mi sombra y me fui a dormir.
Desprendido
Era una persona terriblemente generosa. Al morir, sólo conservó su sombra.
Aún no
Cuando despertó, el dinosaurio todavía estaba allí, y dios no se atrevió a descender de los árboles.
Presentimiento
A punto de impactarse Ícaro contra el mar, el vaho del Minotauro en su nuca lo rescató de aquel terrible sueño de muerte.
Batallas en el desierto
Bajo los hambrientos pájaros, yace un batallón de armas y zapatos sin vida.
Temor a las alturas
"Si por casualidad cuando me acuesto ,dejo de atarme a los barrotes de la cama,
a los quince minutos me despierto,
indefectiblemente sobre el techo de mi ropero."
Oliverio Girondo
Desde que Sebastián era un niño, en casa le han recomendado que jamás se arriesgue a soñar con escaleras. En principio, porque padece de un incurable temor a las alturas, y eso podría hacerlo caer, desde el peldaño más alto, y al otro día despertar con una rodilla y un brazo fracturados. Y, principalmente, porque cabe la posibilidad de que venza su miedo y suba y suba y suba sin poder detenerse, de modo que se despierte, allá en las nubes, en una interminable caída libre de fatales consecuencias. Recordemos que el cielo no tiene límites: es más profundo que el infierno.
Traduction temporaire :
Peter Paul Ramírez Chávez (Mexique)
Routine
J’enlevai mes habits, retirai ma peau, désarticulai mes os, ramassai mon ombre et m’en allai dormir.
Détaché
C'était une personne terriblement généreuse. En mourant, elle ne conserva que son ombre.
Pas encore
Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là, et dieu n’osa pas descendre des arbres.
Pressentiment
Icare était sur le point de percuter la mer quand le souffle du Minotaure sur sa nuque le sauva de ce terrible rêve de mort.
Batailles dans le désert
Sous les oiseaux affamés, gît un bataillon d’armes et de chaussures sans vie.
La peur de la hauteur
« Quand je me couche, si par hasard je ne m'attache pas aux barreaux du lit, au bout de quinze minutes, je me réveille indéfectiblement sur le dessus de ma penderie »
Oliverio Girondo
À la maison, on recommandait à Sébastien de ne jamais se risquer à rêver d'escalier, et ce, depuis qu'il était petit. Dans un premier temps, parce qu’il souffre d’une incurable peur de la hauteur et que cela pourrait le conduire à tomber de la marche la plus élevée et se réveiller le lendemain avec un genou et un bras cassés. Et principalement parce qu'il est possible qu'il parvienne à vaincre sa peur et monte, monte, monte sans s'arrêter ; de sorte qu'il se réveille, en haut, parmi les nuages, dans une interminable chute libre aux conséquences fatales. Il ne faut pas oublier que le ciel n'a pas de limite : il est plus profond que l'enfer.