dimanche 21 février 2016

Projet Marion – phrases 77-81

Pero, pensaba Verónica, de todas maneras seguía prefiriendo la casa de Mariela a la suya propia. Varias veces los Domínguez le habían insistido en que trajera a su madre para tomar un té o incluso sugerían visitarla. Decían que no podía seguir así, que tenía que superar la muerte de Martín, que ellos eran capaces de llevarle la paz de Dios y de ayudarla a aceptar su voluntad. Verónica seguía rechazando los pedidos, amablemente; había escuchado demasiadas veces a su madre insultando a Dios. Sabía que un encuentro, cualquier tipo de encuentro, era imposible.

Traduction temporaire :
Mais, pensait Verónica, elle continuait de préférer la maison de Mariela à la sienne malgré tout. Plusieurs fois, les Domínguez avaient insisté pour qu'elle amène sa mère afin de prendre un thé ou même, ils suggéraient d'aller la voir, eux. Ils disaient qu'elle ne pouvait continuer ainsi, qu'elle devait surmonter la mort de Martín, qu'ils étaient en mesure de lui apporter la paix de Dieu et de l'aider à accepter sa volonté. Verónica persistait à refuser, aimablement ; elle avait entendu trop de fois sa mère insulter Dieu. Elle savait qu'une rencontre, n'importe quel type de rencontre, était impossible.

Projet Marion – phrases 68-76

Tampoco le gustaba la abuela: había pasado todo el mes de enero sin conocerla, porque la anciana pasaba el principio del verano con su otra hija, la tía de Mariela, hermana del padre. Había vuelto una mañana, cuando todos tomaban el desayuno –jugo de naranjas, leche chocolatada– en la cocina. La abuela tenía el pelo muy largo y completamente blanco peinado en una larga trenza y, como el padre, usaba anteojos oscuros. Era un problema en los ojos, le había explicado Mariela: los dos tenían fotofobia, si no usaban anteojos les dolía tanto la cabeza que no podían levantarse de la cama. Verónica saludó a la abuela con un beso pero fue como besar a una muñeca. No se movía, no respondía de ninguna manera. Con los días se enteró de que estaba muy enferma y que no tenía energía más que para ver televisión en su cuarto, leer la Biblia e ir al baño. Verónica se la había cruzado yendo al baño, por la noche: no llevaba puestos los anteojos y en la oscuridad los ojos le brillaban como llamas de fósforos, como si tuviera las cuencas huecas y, a través de los agujeros, se pudiera ver el fuego que la consumía por dentro. No volvió a dormir esa noche y se la pasó escuchando la respiración de su amiga, lenta y pacífica, mezclada con la de la abuela que, como el cuadro de Jesús, le hacía acordar a su hermano, a la respiración agitada, superficial, agónica, de sus últimos días.

Traduction temporaire :
Elle n'aimait pas non plus la grand-mère. Elle ne l'avait pas connue avant le mois de février, parce que la vieille dame passait le début de l'été avec son autre fille, la tante de Mariela, la sœur de son père. Elle était rentrée un matin, quand tout le monde prenait le petit déjeuner – jus d'orange, chocolat au lait – dans la cuisine. La grand-mère avait les cheveux très longs et complètement blancs, coiffés en une longue tresse. Comme le père, elle portait des lunettes de soleil. Ils avaient un problème aux yeux, lui avait expliqué Mariela : tous les deux souffraient de photophobie ; sans lunettes, ils avaient si mal à la tête qu'ils ne pouvaient quitter leur lit. Verónica embrassa la grand-mère pour lui dire bonjour, mais ce fut comme embrasser une poupée. Elle ne bougeait pas, ne répondait d'aucune manière. Les jours passant, elle apprit qu'elle était très malade et n'avait d'énergie que pour regarder la télé dans sa chambre, lire la Bible ou aller aux toilettes. Dans la nuit, Verónica l'avait croisée en allant aux toilettes. Elle ne portait pas ses lunettes et dans l'obscurité, ses yeux brillaient telles des flammes d'allumettes, comme si ses orbites étaient vides et, qu'à travers les trous, il était possible de voir le feu qui la consumait de l'intérieur. Elle ne se rendormit pas cette nuit-là, elle l'occupa à écouter la respiration de son amie, lente et pacifique, mêlée à celle de la grand-mère, qui, comme le tableau de Jésus, lui faisait se souvenir de son frère, de sa respiration agitée, superficielle, agonisante, des derniers jours.

Projet Marion – phrases 66-67

La casa tenía demasiados cuadros religiosos, escenas que Verónica no podía comprender pero le parecían vagamente amenazantes o violentas: un hombre de barba blanca metiendo la mano entre las costillas descarnadas de Jesús; el Cristo con dos hombres a cada lado, las manos retorcidas por los clavos, la sangre chorreando sobre la madera; una estatua blanca que miraba arder a una ciudad, el fuego del incendio en el horizonte de la noche. Y la peor de todas: Jesús abriéndose el pecho con las manos, dejando el corazón a la vista, un corazón muy rojo rodeado de llamas o alas; trataba de mirarlo lo menos posible, de olvidar los detalles, le recordaba a Martín, a la operación.

Traduction temporaire :
La maison comportait trop de tableaux religieux, des scènes que Verónica ne pouvait comprendre, mais qui lui semblaient vaguement menaçantes ou violentes : un homme à la barbe blanche qui plongeait la main entre les côtes décharnées de Jésus ; le Christ, un homme de chaque côté, les mains déformées par les clous, le sang dégoulinant sur le bois ; une statue blanche qui regardait une ville brûler, le feu de l'incendie à l'horizon de la nuit. Et la pire de toutes : Jésus s'ouvrant la poitrine avec ses mains, laissant voir son cœur, un cœur très rouge entouré de flamme et d'ailes ; elle essayait de le regarder le moins possible, d'oublier les détails. Il lui rappelait Martín, l'opération.

samedi 20 février 2016

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 338-352

—No había manera de competir —continuó Aníbal con una vaga sonrisa—. Si Marlon Brando hubiera vivido en Lima, con nosotros, quizá yo habría tenido una chance. Pero quedándose ahí, en la pantalla, arrasaba con cualquiera.
—Creo que te estaba diciendo otra cosa —aventuré yo—. Si alguien te dice que está enamorado de un actor de cine, te ha querido decir definitivamente otra cosa.
—¿Qué?
—No lo sé. Yo ya estoy muy viejo para saberlo.
—A mí me debe pasar lo mismo —dijo Aníbal.
—Esas cosas se saben a una edad determinada o no se saben nunca —concluí.
Y después de un largo silencio, pregunté:
—¿Y no te dijo nada del Pato Mesones?
—Muy poco. Si mal no recuerdo, fue de lo primero que le hablé, y en un dos por tres me obligó a cambiar de tema: «No quiero saber de ese infeliz», me dijo en un tono carente de animosidad. «No me gusta la gente cobarde».

Traduction temporaire :

— Pas moyen de rivaliser, poursuivit Anibal avec un vague sourire. Si Marlon Brando avait vécu à Lima avec nous, j'aurais peut-être eu une chance. Mais en restant planté là, sur l'écran, il ne pouvait que rafler la mise.
— Je crois qu'elle essayait de te dire autre chose, hasardai-je. Si quelqu'un te sort qu'il est amoureux d'un acteur de cinéma, il veut clairement te faire passer un message !
— Lequel ?
— Aucune idée. Je suis trop vieux pour le savoir.
— J'imagine que moi aussi.
— Ces choses-là, on les découvre à un âge précis ou on ne les découvre jamais, conclus-je. Après un long silence, je demandai : Elle t'a balancé des infos sur Pat Mesones ?
— Presque rien. Si me je souviens bien, c'est le premier truc dont j'ai parlé, et en moins de deux, elle m'a obligé à changer de sujet : « Je ne veux rien entendre concernant ce malheureux ! », m'a-t-elle coupé sur un ton dépourvu d'animosité. « Je n'aime pas les lâches ! »

Projet Sonita / Élise – phrases 513-524

—Hasta es posible —dijo el que manejaba, como si continuara un discurso comenzado horas atrás—, que podamos sacar una buena suma por el exoprot. Si Mario sabe anularle...
No logró terminar la frase. Un animal, tal vez un perro, pasó a toda velocidad delante del vehículo y obligó al conductor a clavar los frenos. Todos se fueron hacia adelante y por un momento hubo caos, confusión y zumbidos. Zebrel abrió los ojos y vio que media docena de exoprots los rodeaban. Cada uno de ellos tenía un garrote entre las manos. Como si hiciera falta.
—¡Alabad al Señor, hermanos! —El vozarrón sonó en la atmósfera repentinamente viciada, lúgubre; tenía la textura de una arenga dominical y la prepotencia informativa de un himno. Zebrel supo qué venía a continuación y confirmó sus peores sospechas: la nube de avispas flotaba a pocos metros del suelo, lista para picar en los sitios vulnerables del cuerpo.
—¡Malditos sean! —dijo el de la prótesis—. ¿Alguien tiene unas monedas?

Traduction temporaire :

— Il est même possible, dit le conducteur, comme s’il continuait un discours commencé des heures plus tôt, qu’on réussisse à tirer une bonne somme d’argent pour l’exoprot. Si Mario parvient à l’annuler…
Il ne put pas terminer sa phrase. Un animal, peut-être un chien, passa à toute vitesse devant la voiture, l'obligeant à freiner à fond. Tout le monde fut projeté en avant et, pendant un moment, ce ne fut que chaos, confusion et bourdonnements. Zebrel ouvrit les yeux : ils étaient cernés par une douzaine d’exoprots. Chacun portait un gourdin à la main. Il ne manquait plus que ça.
— Louez le Seigneur, mes frères !
La grosse voix résonna dans l’atmosphère soudainement viciée, lugubre. Elle avait la texture d’une harangue dominicale et la prépotence informative d’un hymne. Zebrel devina ce qui allait suivre et ses pires soupçons s'avérèrent justes : le nuage de guêpes voltigeait à quelques mètres à peine du sol, prêt à piquer les parties vulnérables du corps.
— Bande de salauds ! dit celui qui avait la prothèse. Quelqu’un a des pièces ?

Projet Bianca – phrases 68-79

Julián sonrío y me señaló a un pibe de no más de doce años que le mostraba a un amigo las cartas que había conseguido.
“¿Cagarlo? Mirá qué contento está con sus foil. No me jodas”. Después de acomodar nuestras carpetas, nos acercamos a un nuevo grupo de jugadores para cambiar algunas cartas más.
Uno de aquellos fines de semana se organizó el primer torneo de Magic en El Pedregoso y vinieron jugadores de Neuquén capital, Cipoletti y hasta un grupo grande de Cutral Có. Éramos como treinta y había solo dos mujeres.
Cuando se conocieron las llaves del torneo, Julián se me acercó con una mueca en la cara que no auguraba nada bueno. “¡Te tocó el loquito en primera ronda!”.
El “loquito” era un chico muy flaco de unos diecisiete años. Usaba anteojos muy gruesos y nunca levantaba la vista de sus cartas. Cuando empezaba a perder algún partido, se ponía a gruñir y se golpeaba la cabeza contra el borde de la mesa.

Traduction temporaire :
Julián sourit et me désigna un gamin d'une douzaine d'années maximum, qui montrait à un copain les cartes qu'il avait obtenues.
« Merder ? Regarde comme il est content avec ses foils. Me fais pas chier ! » Après avoir rangé nos jeux, nous nous approchâmes d'un autre groupe de joueurs afin d'échanger encore quelques cartes.
Un week-end comme ça, on organisa le premier tournoi de Magic au Rocailleux, réunissant plusieurs joueurs de Neuquén, de Cipoletti et même un gros groupe de Cutral Có. Nous étions environ une trentaine dont seulement deux femmes. Quand on apprit comment se déroulait le tournoi, Julián vint me voir avec une grimace qui n'augurait rien de bon. « Tu vas devoir jouer contre le foldingue au premier tour ! »

Le « foldingue » était un garçon très maigre d'environ dix-sept ans. Il portait des lunettes aux verres très épais et il ne décollait jamais les yeux de ses cartes. Quand il commençait à perdre, il se mettait à grogner et se tapait la tête contre le bord de la table.

Projet Medea / Iris – phrases 36-42

-Apoderaos de esa antorcha y todo lo que existe perecerá.
¿Qué son ante tal empresa sus hechos y los de sus antecesores en la noche pavorosa de los tiempos? Menos que el olvido y que la nada. Y sin apartar sus miradas del disco centelleante, invocó a Raa, el genio dominador de los espacios y de los astros.
Obediente al conjuro, acudió el genio envuelto en una tempestuosa nube preñada de rayos y de relámpagos, y dijo al rey con una voz semejante al redoble del trueno:
-¿Qué me quieres, oh tú, a quien he ensalzado y puesto sobre todos los tronos de la Tierra? Y el monarca contestó:

Traduction temporaire :

— Emparez-vous de cette torche et tout ce qui existe périra.
Face à une telle emprise, quels sont ses faits et ceux de ses prédécesseurs dans la nuit effrayante des temps ? Moins que l'oubli et le néant. Sans détourner le regard du disque scintillant, il invoqua Râ, le génie dominateur des espaces et des astres.
Obéissant à l'invocation, le génie apparut, enveloppé dans un nuage orageux gorgé d'éclairs et de foudre, et il dit au roi, d'une voix qui ressemblait au roulement du tonnerre :
— Que me veux-tu, ô toi que j'ai exalté et placé sur tous les trônes de la Terre ?
Et le monarque répondit : 

Projet Marion – phrases 58-65

Las visitas a la casa de la esquina duraron todo el verano y, de a poco, se fueron haciendo más extensas. Verónica empezó a llamar a la familia por su apellido: los Domínguez. Así pedía permiso cada vez que iba a visitarlos. Sencillamente gritaba: “Mamá, me voy a lo de los Domínguez”. Sus padres nunca querían retenerla. A fines de enero, Verónica empezó a quedarse a dormir en casa de los Domínguez. El único día que no visitaba a los Domínguez era los domingos: la familia entera iba al Culto, como llamaban a su iglesia. Si al principio la familia de la esquina le había parecido ideal, ahora que las tardes volvían a ser frescas y la escuela aparecía en el horizonte como una tormenta amenazante, los Domínguez ya habían mostrado algunas de sus fallas.

Traduction temporaire :
Les visites à la maison de l'angle de la rue durèrent tout l'été et, rapidement, devinrent plus longues. Verónica se mit à appeler la famille par son nom : les Domínguez. Voilà comment qu'elle demandait la permission chaque fois qu'elle allait les voir. Elle criait juste : « Maman, je vais chez les Domínguez ! » Ses parents ne cherchaient jamais à la retenir. Fin janvier, Verónica commença à rester dormir chez les Domínguez. Le dimanche était le seul jour où elle n'allait pas voir les Domínguez : la famille entière allait au Culte, terme qu'ils utilisaient pour désigner leur église. Si au début, la famille de l'angle de la rue lui avait paru idéale, maintenant que les après-midi étaient frais et que l'école apparaissait à l'horizon comme une tempête menaçante, les Domínguez avaient déjà montré quelques-uns de leurs défauts.

Projet Camille / Angélique 2 – phrase 22


Ella no dijo nada; el sabor del whisky era agradable, fresco y con cierto amargor apenas sensible; el salón servía de refugio a la huida final de la tarde; entró un hombre vestido con traje de brín blanco y una camisa oscura y un pañuelo de puntas castaño saliéndole por el bolsillo del saco - miró a su alrededor y fue a sentarse al lado del mostrador y el patrón levantó los ojos y lo miró y el mozo vino y pasó la servilleta sobre la mesa y escuchó lo que el hombre pedía y luego lo repitió en voz alta; el hombre de la mesa lejana que oía al que hablaba volublemente volvió unos ojos lentos y pesados hacia el cliente que acababa de entrar;

Traduction temporaire :
Elle ne dit rien ; la saveur du whisky était agréable, fraîche, avec une certaine amertume, à peine perceptible ; la salle servait de refuge à la fuite finale de la soirée ; un homme entra, vêtu d’une veste en lin blanc et d’une chemise foncée, un mouchoir en tissu marron dépassant de sa poche - il regarda autour de lui et alla s’asseoir à côté du comptoir, le patron leva les yeux, le regarda ; le serveur passa un coup de torchon sur la table, écouta ce que l’homme commandait, et la répéta à voix haute ; l’homme de la table éloignée, qui écoutait celui qui parlait avec inconstance, lança un regard lent et pesant au client qui venait d’entrer ;

Projet Marion – phrases 47-57

—Si necesitan ayuda, estamos a disposición.
—Ayuda espiritual, agregó Paulina mientras servía Coca Cola. Somos cristianos. ¿Ustedes son cristianos?
Verónica tuvo que admitir que no.
—Ah, pero nunca es tarde para Dios, dijo Paulina.
Mariela llegó en ese momento, con un kilo de helado en un pote de telgopor, envuelto en una bolsa de plástico. Lo dejó sobre la mesa para saludar a Verónica: parecía contentísima de verla. Ella misma sirvió el helado en unas copas que llamó “especiales”. Mariela estaba bronceada y olía a coco; ni bien terminó de tomar su helado corrió hasta la pileta y se zambulló con un golpe de agua que asustó a los perros e hizo enojar a su madre. Verónica la siguió con cautela: entró al agua cuidadosamente, un pie por vez, después los muslos, el vientre, hasta que hundió la cabeza bajo el agua y ahí, en esa tranquilidad celeste, con los pulmones llenos de aire y la boca bien cerrada, pensó que nunca, nunca quería volver a su casa.

Traduction temporaire :

— Si vous avez besoin d'aide, nous sommes à votre disposition.
— D'aide spirituelle, ajouta Paulina pendant qu'elle servait le Coca. Nous sommes chrétiens. Vous l'êtes aussi ?
Verónica dut admettre que non.
— Ah, mais il n'est jamais trop tard pour Dieu, déclara Paulina.
Mariela arriva à ce moment-là, avec un kilo de glace dans un pot Telgopor, dans un sac plastique. Elle le posa sur la table pour dire bonjour à Verónica : elle paressait extrêmement contente de la voir. Elle servit elle-même la glace dans des coupes qu'elle qualifia de « spéciales ». Mariela était bronzée et sentait la noix de coco ; à peine eut-elle terminé sa glace qu'elle courut jusqu'à la piscine et plongea en provoquant des éclaboussures qui effrayèrent les chiens et mirent sa mère en colère. Verónica la suivit avec précaution : elle entra doucement dans l'eau, un pied après l'autre, puis les cuisses, le ventre, jusqu'à enfoncer sa tête sous l'eau. Là, dans cette tranquillité céleste, les poumons emplis d'air et la bouche bien fermée, elle pensa que jamais, jamais plus elle ne voulait rentrer chez elle.

Projet Sonita / Élise – phrases 503-512

—Estamos llegando —dijo el de la prótesis en el ojo girando el cuerpo. Iba en el asiento delantero; el que manejaba era el de la voz aguardentosa, el más borracho de todos. ¿Tenía sentido que fuera justo él quien estuviera a cargo de la conducción del automóvil? Zebrel alejó ese pensamiento. Lo menos importante en aquel momento era que el tipo estrellara el vehículo contra una columna de alumbrado.
Recorrían un tramo libre de edificaciones, un sector de la ciudad que había sido comprado por la Iglesia de la Salvación Universal, la secta más poderosa de todas, para erigir un complejo habitacional, escuelas, templos y una universidad teológica. El poder de reflexión, la curiosidad y el sano escepticismo habían muerto. Zebrel se sentía como el último soldado de una guerra perdida. El último soldado, inválido y quebrado no serviría para otra guerra. Y, por otra parte, no habría otra guerra. Las avispas de oro zumbaron con furia en el cielo rosado del amanecer; casi podía verlas.

Traduction temporaire :

— On arrive, dit celui qui portait une prothèse oculaire en tournant sa tête. Il était assis sur le siège avant ; celui dont l’haleine sentait l’eau-de-vie tenait le volant, le plus ivre de tous. Était-ce sensé que ce soit justement lui qui était chargé de conduire l’automobile ? Zebrel éloigna cette pensée de son esprit. Que le gars encastre le véhicule contre un poteau d’électricité n'était pas le plus important.
Ils parcouraient un tronçon en friche, un secteur de la ville acheté par l’Église du Salut Universel, la secte la plus puissante de toutes, pour ériger un complexe habitationnel, des écoles, des temples et une université de théologie. Le pouvoir de la réflexion, la curiosité et le scepticisme sain étaient morts. Zebrel avait l'impression d'être le dernier soldat d’une guerre perdue. Le dernier soldat, invalide et brisé, qui ne serait pas utile pour une autre campagne. D'un autre côté, il n’y en aurait pas d’autre. Les guêpes en or bourdonnèrent avec fureur dans le ciel rosé de l’aube ; il pouvait presque les voir.

Projet Pauline / Laëtitia – phrases 13-23

Siguió la mirada del joven y luego se acercó frunciendo las cejas. Su claro instinto le había enseñado a desdeñar el hábito porteño de reírse de lo que no se entiende.
—Sí; es raro... pero no me parece mal. Tiene algo del modo de Blumpel...
El sobrino no contestó. Se acercó unos pasos, dio una vuelta al pedestal que sostenía el busto y dijo:
—Me parece más horrible visto de frente...
—¿De frente? ¿Cuál es el frente? —Se detuvo y frunció el ceño.— Yo no creo que tenga frente. En todo caso, no me parece bien que atribuyas al autor una intención que probablemente ha estado lejos de alimentar.

Traduction temporaire :
Il suivit le regard du jeune homme puis s'approcha en fronçant les sourcils. Un fort instinct lui avait appris à ignorer cette habitude qu'ont les Argentins de rire de ce qu'ils ne comprennent pas. - Oui, il est bizarre…, mais je le trouve pas mal. Il a un petit quelque chose à la Blumpel… Son neveu ne répondit pas. Il s'avança un peu, fit le tour du piédestal sur lequel le buste était posé et rétorqua : - Je le trouve encore plus horrible de face… - De face ? Quelle face ? Il s'arrêta, le front plissé. - Je ne crois pas qu'il ait de face. En tout cas, il me semble incorrect de prêter à l'auteur une intention qu'il est probablement loin d'avoir.

Projet Sonita / Élise – phrases 495-502

La ciudad, en la fría soledad de aquella hora, parecía zumbar como si millones de avispas de oro formaran una red entre los rascacielos. Zebrel percibió la vigorosa corriente mientras se internaban en los arrabales. Las sectas han logrado materializar a Dios, se dijo; finalmente lo consiguieron. Dios no existía, pero ellos lo hicieron. Y ahora zumba, con el poder de las comunicaciones instantáneas y los látigos eléctricos volviendo inútiles los intentos de los extraños a la fe por zafar de sus garras. Dios vive en las avispas de oro dispuestas a inocular su veneno al que se rehusa a creer. Ya no quedan ateos.

Traduction temporaire :
Dans la froide solitude de cette heure-là, la ville semblait bourdonner, comme si des milliers de guêpes en or formaient un filet entre les gratte-ciel. Zebrel perçut le vigoureux courant tandis qu’ils s’enfonçaient dans les faubourgs. Les sectes ont réussi à matérialiser Dieu, pensa-t-il ; oui, ils avaient finalement réussi. Dieu n’existait pas, mais eux l’ont créé. Et maintenant, Il bourdonne, dans le pouvoir des communications instantanées et les coups de fouet électriques rendant inutiles les efforts de ceux qui sont étrangers à la foi d'échapper à leurs griffes. Dieu vit dans les guêpes en or prêtes à inoculer leur venin à quiconque refuse de croire. Il ne reste plus d’athées. 

Projet Bianca – phrases 59-67

Esa noche volví a dormir a casa. Cuando mamá me preguntó qué había pasado le dije que nada y me encerré en el cuarto, todavía virgen.
Nos juntábamos en el patio de comidas del centro comercial a jugar al Magic. Julián había logrado terminar uno de los mazos con los que clasificaría a los torneos oficiales en Cipoletti y no dejaba de sonreír.
“Dos comunes foil por el morphling que me faltaba”. “Foil” son las versiones premium de las cartas del Magic. No representan ninguna ventaja para el juego pero tienen bordes brillantes y llaman la atención. El “morphling” es una criatura muy poderosa que en España habían traducido como “morfoide” y que nosotros insistíamos en llamar por su nombre en inglés.
“Cómo lo cagaste, che”, le dije.

Traduction temporaire :
Cette nuit-là, je retournai dormir chez moi. Quand maman me demanda ce qu'il s'était passé, je lui répondis « rien », et allai m'enfermer dans ma chambre, toujours puceau.
Nous nous retrouvions à l’aire de restauration du centre commercial pour jouer au Magic. Julián avait réussi à réaliser une des combinaisons de jeu grâce auxquelles il serait qualifié pour les tournois officiels à Cipoletti, et n’arrêtait pas de sourire.
« Deux foils normaux en échange du morphling qui me manquait ».
« Foils », à savoir les versions premium des cartes du Magic. Elles ne représentent aucun avantage dans le jeu, mais ont des bords brillants et attirent l’attention. Le « morphling » est une créature très puissante, qu'en Espagne, on avait traduit par « morphoïde » tandis que nous, nous nous obstinions à l’appeler par son nom anglais. 

« T’as bien merdé, mon pote ! » lui rétorquai-je.

Projet Chloé / Miroslaba – phrases 20-30

Por las noches, entre sueños, se oía al niño tonadear una música. Un día empezó a reproducirla, por sí solo, como si nadie más existiera. La repitió, la repitió. Unas veces muy suave, otras como si irrumpieran muchos instrumentos a su garganta muy lentamente como si descubriera que se podían alargar los sonidos; otras como si le ganara la desesperación por apretarlos, por terminar lo que quedaba velozmente.
Así llegó al cuarto año de vida. Parecía ser que la música era lo único que crecía en él. Se había estancado su evolución. El tío músico que gozaba junto a él le trajo un piano pequeño de juguete. Le mostró cómo producir los sonidos. Fue suficiente. Quizás los genes de muchos abuelos músicos o la alta potencia de un músico encarnado, se apoderaron de sus manos y tocó, enloquecido, extrañas melodías.

Traduction temporaire :
La nuit, quand tout le monde dormait, on entendait l’enfant fredonner un air. Un jour, il commença à la reproduire, pour lui tout seul, comme si personne d’autre n’existait. Il la répéta, et répéta. Tantôt très doucement, tantôt en donnant l'impression que de nombreux instruments envahissaient lentement sa gorge et qu’il découvrait qu’on pouvait amplifier les sons ; d’autres fois, comme s’il était désespéré de devoir les abréger, de terminer rapidement ce qu’il restait à interpréter. Il atteignit alors ses quatre ans. La musique semblait être la seule chose qui grandissait en lui. Sa croissance s’était en effet interrompue. Son oncle musicien, qui se délectait à ses côtés, lui apporta un piano miniature. Il lui montra comment produire les sons. Cela suffit. Les gènes de nombreux aïeux musiciens, ou peut-être le pouvoir intense d’un musicien incarné, prirent possession de ses mains ; il joua d’étranges mélodies, endiablé.

Projet Elena 12 – phrases 256-262

Una hora después lo había terminado. Lo recitó en voz alta y quedó satisfecha. Debemos ser piadosos con el agregado emético de ripio, lugares comunes, resentimiento y existencialismo de fonda: al fin y al cabo, la autora lo escribió en una lengua ―en una cultura― que no era la suya. Manipuló algo en el morralito que fue soltando una hoja ya impresa. La plegó y la abandonó sobre el banco. Ese era el banco de Borges. Todos lo sabían. 

Traduction temporaire :
Une heure après, elle l'avait terminé. Elle le récita à haute voix, satisfaite. Nous devons être bienveillants concernant les ajouts émétiques de chevilles, de topiques, de ressentiments et d'existentialisme de bas étage : après tout, l'auteure l'écrivit dans une langue – dans une culture – qui n'était pas la sienne. Elle actionna quelque chose dans sa sacoche, d'où sortit une feuille imprimée qu'elle plia et abandonna sur le banc. C'était le banc de Borges. Tout le monde le savait.

Projet Bianca – phrases 51-58

Mientras comíamos, Sol parecía perdida. Me levanté y acerqué mi silla a la suya, agarré una aceituna de mi plato y la mordí, dejando un pedazo afuera de la boca. Le di un beso y después de un breve tira y afloje, dejé que se quedara con la aceituna. El truco pareció funcionar, empezamos a besarnos de nuevo y le desabroché el jean intentando meter una mano adentro de la bombacha. En ese momento me vino todo junto a la cabeza y me alejé haciendo balancear la silla peligrosamente hacia atrás.
“¿Andrés?”
Traté de poner la mente en blanco y volver a la carga, pero cada vez que mi piel entraba en contacto con la suya me asaltaban imágenes en las que Sol lloraba a una de sus tías muerta en un accidente múltiple en la llamada “Ruta del desierto”. Sentía un dolor profundo en el pecho y humedad en los ojos. Me tapé la cara y le pedí que me perdonara, que no me sentía bien.

Traduction temporaire :
Pendant le repas, Sol semblait perdue. Je me levai et rapprochai ma chaise de la sienne, je pris une olive dans mon assiette et mordis dedans, laissant un bout sortir de ma bouche. Je lui donnai un baiser et, après un bref jeu où chacun tirait dessus puis lâchait, je lui laissai l'avoir. L'astuce eut l'air de marcher : nous commençâmes à nous embrasser à nouveau et je déboutonnai son pantalon entreprenant de glisser ma main dans sa culotte. À ce moment-là, tout surgit en même temps dans mon esprit et je m'écartai, faisant dangereusement basculer la chaise en arrière.
« Andrés ? »

J'essayai de faire le vide et revenir à la charge ; chaque fois que ma peau touchait la sienne, des images jaillissaient, dans lesquelles Sol pleurait une de ses tantes qui avait trouvé la mort lors d'un carambolage sur la fameuse « Route du désert ». Je sentais une douleur profonde à la poitrine et les larmes me monter aux yeux. Je cachai mon visage et lui demandai de ne pas m'en vouloir, lui expliquant que je n'allais pas bien.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 327-337

Aníbal contempló un instante el paso de dos bellas chicas a través de la mampara.
—De Marlon Brando —contestó.
Su respuesta, tan inesperada, me dejó boquiabierto.
Muchacho bueno disfrazado de malo. Actitud irreverente, mirada hosca y sexual, pose de qué chucha quieres conmigo, compadre. La Zurda había quedado prendada del fabuloso Brando de Nido de ratas. La película la habían pasado por casi dos semanas en La Punta. ¿Enamorada de Brando? ¿Qué significaba aquel absurdo? Una niñería, un evidente gesto de inmadurez; nada más. Irina Marovich no era una lunática, sino una bella chica con la cabeza llena de pajaritos, alguien que anhelaba ofrecer su palpitante corazón en bandeja.

Traduction temporaire :

Anibal contempla un instant deux jolies filles passer à travers la vitrine.
— De Marlon Brando, répondit-il. Sa révélation me laissa coi, tant elle était inattendue.
Un gentil garçon déguisé en méchant. Attitude irrévérencieuse, regard cruel et sexuel, pose de celui qui demande : qu'est-ce que tu me veux, mec ? La Gauchère était tombée sous le charme du fabuleux Brando de Sur les quais. Le film était passé presque deux semaines à La Punta. Amoureuse de Brando ? Comment interpréter pareille absurdité ? Il s'agissait d'un enfantillage, d'une preuve évidente d'immaturité ; rien d'autre. Irina Marovich n'était pas lunatique, juste une belle jeune fille à la tête pleine de petits oiseaux, quelqu'un qui désirait ardemment offrir son cœur palpitant sur un plateau.

vendredi 19 février 2016

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 311-326

—¡Claro que sí! Dijo que a ti y a mí se nos veía una luz blanca entre los dedos. Así fue como lo dijo, y yo debí comprender algo en esas palabras tan extrañas, pues asentí varias veces con la cabeza. Y también dijo que tú y yo éramos las personas que más le gustaban...
(¡Era simpático de veras Aníbal Madueño! ¿Cómo me podía haber caído tan mal cuando era adolescente?).
—¿Y te dio alguna esperanza?
—Ninguna. Pero fue muy delicada para rechazarme, incluso tomó una de mis manos entre las suyas... y luego, de pronto, me dio sus motivos. Dijo que ella ya estaba enamorada.
—¿De quién?
—Ahí es donde está el problema —murmuró Aníbal.
—¿Qué problema?
—Que no me lo vas a creer.
—¡Vamos! ¡Dímelo ya!

Traduction temporaire :

Bien sûr que oui ! Elle a dit que toi et moi, on avait comme de la lumière blanche entre les doigts. Ce sont ses propres termes et il m'a fallu du temps pour comprendre quelque chose à des propos aussi insensés, j'ai donc hoché la tête à plusieurs reprises. Elle a aussi affirmé que nous étions, nous deux, ceux qui lui plaisaient le plus…
(Anibal Madueño était vraiment sympa ! Comment avais-je pu ne pas m'entendre avec lui, adolescent ?)
— T'a-t-elle donné le moindre espoir ?
— Aucun. Mais elle m'a repoussé très délicatement, elle a même pris une de mes mains dans les siennes… Puis, elle m'a aussitôt expliqué pourquoi elle ne voulait pas. En fait, elle était déjà amoureuse.
— De qui ?
— Le problème est là, murmura Annibal.
— Quel problème ?
— Tu ne vas jamais me croire.
— Allez ! Accouche !

Projet Camille / Angélique 2 – phrases 7-21

-Ya no te pones el traje blanco -dijo.
-No -dijo ella.
-Te quedaba mejor que eso -dijo él.
-Seguramente.
-Mucho mejor.
-Te has vuelto descuidada. Realmente te has vuelto descuidada.
Ella miró el rostro del hombre, las dos arrugas que caían a pico sobre el ángulo de la boca pálida y fuerte; vio la corbata, desprolijamente hecha, las manchas que la cubrían en diagonal, como salpicaduras.
-Sí -dijo.
-¿Quieres hacerte ropa?
-Más adelante -dijo ella.
-El eterno "más adelante" -dijo él-. Ya ni siquiera vivimos. No vivimos el momento que pasa. Todo es "más adelante".

Traduction temporaire :

— Tu ne mets plus ta robe blanche, dit-il.
— Non, répondit-elle.
— Elle t'allait mieux que ça.
— Sans doute.
— Beaucoup mieux.
— Tu es devenue négligée. Vraiment, tu es devenue négligée.
Elle regarda le visage de l'homme, les deux rides qui tombaient en piqué sur le coin de sa bouche pâle et forte ; elle vit la cravate, dénouée, les taches qui la couvraient en diagonale, comme des éclaboussures.
— Oui, répliqua-t-elle.
— Tu veux te confectionner des vêtements ?
— Plus tard.
— L'éternel « plus tard ». Nous ne vivons même plus. Nous ne vivons plus le moment présent. Tout est pour « plus tard ».

Projet Hadjer / Cécilia – phrases 13-14

De manera que nos turnamos: un día seguimos a una madre con gafas de sol, que nos llamó la atención en plena calle. El rostro cubierto por un maquillaje algo más espeso de lo que realmente necesitaría nos dio la pista, y la perseguimos hasta su casa, donde dormita un marido borracho, un chiquillo que aprende a caminar en silencio desde que dio sus primeros pasos.

Traduction temporaire :
De sorte que nous nous relayons : un jour, nous suivons une mère avec des lunettes de soleil, elle a attiré notre attention en pleine rue. Ce qui nous a mis sur la piste, c'est son visage recouvert d'un maquillage trop épais dont elle n'aurait pas besoin réellement, et nous la poursuivons jusqu'à chez elle, où un mari ivre somnole, un gamin apprend à marcher en silence depuis qu'il a fait ses premiers pas.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 303-310

—Sí, y también agregué que me casaría con ella una vez que terminara el colegio.
Me reí unos segundos, pero luego me callé abruptamente, pues me incomodó la expresión de Aníbal. No era que luciera muy serio o se tomara aquello a la tremenda; su mirada, su boca fruncida, reflejaban una nerviosa y fatigada serenidad, como cuando se miran las primeras lampadas de tierra cayendo sobre un ataúd.
—¿Y qué te respondió? —pregunté.
—Me dijo que yo era como tú...
—¿Como yo?
—Sí, como tú.
—¿Dijo mi nombre?

Traduction temporaire :

— Oui, et j'ai aussi ajouté que je marierais avec elle après le lycée.
Je ris quelque secondes, avant de me taire brusquement ; l'expression d'Anibal me mit mal à l'aise. Non pas qu'il ait l'air très grave ou qu'il prenne cela trop au sérieux : son regard, ses lèvres pincées reflétaient une sérénité nerveuse et fatiguée, comme quand on regarde les premières poignées de terre tomber sur un cercueil.
— Et que t'a-t-elle répondu ?
— Elle m'a dit que j'étais comme toi…
— Comme moi ?
— Oui, comme toi.
— Elle a prononcé mon prénom ?

Projet Marion – phrases 29-46

Era sábado por la tarde, y la familia de Mariela descansaba del asado bajo el toldo del patio. La madre, gorda y hermosa, de pechos inmensos y un pareo de tela hindú que le cubría las caderas, le presentó al resto de la familia. Osvaldo, el padre, llevaba anteojos negros aunque estaba a la sombra; Paulina, la hermana mayor, estaba vestida como si fuera otoño, con una remera de mangas largas y pantalones anchos: parecía que no le gustaba la pileta. Tenían dos perros, Lula y Bauer, que saltaban excitados.
—Mariela ya viene, dijo Julia, la madre. Fue a comprar helado. ¡Nos olvidamos del postre!
Paulina le ofreció un vaso de Coca Cola y le preguntó si quería comer algo: habían sobrado chorizos, podían hacerle un sándwich, o un plato de ensalada, si prefería. Verónica dijo que no de pura vergüenza: en su casa la comida no faltaba pero era siempre la misma dieta de congelados, hamburguesas y pizza. Hubo un silencio incómodo y Verónica vio cómo los padres de Mariela intercambiaban miradas. Fue la madre, finalmente, la que se atrevió:
—Nos contó Mariela que tu hermano murió hace unos meses.
Verónica no contestó. Pero la madre de Mariela insistió:
—¿Cómo están tus padres?
—Bien.
Otro silencio. Solamente se escuchaban a los perros, peleando por un hueso, que resoplaban en el calor del patio. 

Traduction temporaire :
C'était un samedi après-midi, et la famille de Mariela se reposait après le barbecue sous le store du patio. La mère, grosse et belle, aux seins immenses et un paréo de toile hindoue sur les hanches, lui présenta le reste de la famille. Bien qu'il se trouvât à l'ombre, Osvaldo, le père, portait des lunettes de soleil ; Pauline, la sœur aînée, était habillée comme en automne, avec un T-shirt à manches longues et un pantalon ample : elle avait l'air de ne pas aimer la piscine. Ils avaient deux chiens, Lula et Bauer, qui sautaient, excités.
— Mariela arrive, annonça Julia, la mère. Elle est partie acheter des glaces. Nous avons oublié le dessert !
Paulina lui offrit un verre de Coca Cola et lui demanda si elle voulait manger quelque chose : il restait du chorizo, on pouvait lui faire un sandwich, ou une assiette de salade, si elle préférait. Verónica refusa par pure honte : chez elle, on ne manquait pas de nourriture, mais il s'agissait toujours du même régime à base de surgelés, hamburgers et pizza. Il y eut un silence gêné et Verónica vit que les parents de Mariela échangeaient des regards. Ce fut la mère qui, finalement, se risqua :

— Mariela nous a raconté que ton frère est mort il y a quelques mois.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 290-302

—También es posible.
—Bueno, Fernando, entonces puedes entender ahora que mi relación con la Zurda era importante.
Bebí un sorbo de café antes de contestar:
—Aníbal, toda esa importancia se reduce a un punto: te parecía terrible estar fascinado por una chica que estaba con cualquiera.
—No, no —Aníbal se repantigó en su asiento—. Eso no me preocupaba un cuerno. Yo la había conocido haciendo cola, como uno más. Quería hacerla cambiar.
—¿Cómo es eso?
—Regenerarla... Esa era una de las palabras que usaban los Mendieta Solana. Decían que la Zurda era alguien traumado que no podía regenerarse.
—¿Le dijiste que querías hacerla cambiar?

Traduction temporaire :
— Possible aussi.
— OK, Fernando, du coup, tu peux comprendre que ma relation avec la Gauchère ait été importante.
Je bus une gorgée de café avant de répondre :
— Anibal, cette importance se réduit à un point : cela te semblait terrible d'être fasciné par une fille qui couchait avec n'importe qui.
— Non, non. Anibal se carra dans son siège. J'en avais rien à cirer. Je l'avais connue en faisant la queue comme tout le monde. Je voulais la changer.
— Comment ça ?
— La régénérer… Voilà un des termes employés à l'époque par les Mendieta Solana. Ils disaient que la Gauchère était une personne traumatisée, qui ne pouvait pas se régénérer.

— Tu lui as dit que tu voulais la changer ?

Projet Camille / Angélique 2 – phrase 6

Él le sirvió whisky, cerca de dos centímetros, y luego le sirvió un poco de hielo, y agua; luego se sirvió a sí mismo y probó en seguida un trago corto y enérgico; prendió un cigarrillo y el cigarrillo le quedó colgando de un ángulo de la boca y tuvo que cerrar los ojos contra el humo, mirándola; ella tenía su vista fija en la criatura que jugaba junto a la tintorería; las letras de la tintorería eran plateadas y la T, que había sido una mayúscula pretenciosa, barroca, tenía sus dos extremos quebrados y en lugar del adorno quedaban dos manchas más claras que el fondo homogéneo de la tabla sobre la que muchos años habían acumulado su hollín; él tenía una voz autoritaria, viril, seca.

Traduction temporaire :
Il lui servit un whisky, environ deux centimètres, ajouta des glaçons et de l'eau ; ensuite, il se servit et but aussitôt une gorgée cul sec ; il alluma une cigarette qui resta suspendue à un coin de sa bouche, et il dut fermer les yeux à cause de la fumée, sans pour autant cesser de la regarder ; elle, elle avait les yeux fixés sur l'enfant qui jouait à côté de la teinturerie ; les lettres de la devanture étaient argentées, et le T, qui avait ses deux extrémités brisées, était jadis une majuscule prétentieuse, baroque, et à la place de la décoration, il n'y avait plus que deux taches, plus claires que le fond uni de l'enseigne sur laquelle les années avaient laissé leur suie ; il avait une voix autoritaire, virile et sèche.

Projet Sarah / Sarah – phrases 11-15

En semicírculo, nosotras comentábamos la actitud sumisa y obediente del caballo, y después de proporcionarnos ese espectáculo, se alejaban con un trote lento. El lado resplandeciente de la madre desaparecía, y sólo nos quedaba el menos familiar, el más austero. Al acercarse a los primeros álamos que limitaban la quinta, recién sentíamos que algo nos faltaba. La barba rojiza de mi padre era lo único que divisábamos. Ahora sé que el otro lada de la madre, el luminoso, iba muy cerca suyo.”

Traduction temporaire :

En demi-cercle, nous commentions l’attitude soumise et obéissante du cheval. Après nous avoir offert ce spectacle, ils s’éloignaient au petit trot.
Le côté resplendissant de la mère disparaissait, et il ne nous restait plus que celui qui nous était moins familier, le plus austère. En nous approchant des premiers peupliers qui délimitaient le domaine, nous sentions soudain que quelque chose nous échappait. La barbe rousse de mon père était la seule chose que nous distinguions. Je sais maintenant que l’autre côté de la mère, le côté lumineux, était tout près du sien. »

jeudi 18 février 2016

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 223-230

No, no es que nosotros pensáramos que eran los emisarios del Anticristo o algo por el estilo. Sabíamos más que eso. Pero no nos gustaban. No. Había algo obsceno en lo que estaban haciéndole a la humanidad, tal como habían hecho con nosotros mucho antes. Nos casamos con una enfermera de color y evangélica, llamada Lucile, que sí que creía que estábamos en los tiempos del Apocalipsis. Vivimos bien en North Miami Beach. El precio de los inmuebles estaba en los suelos y pudimos adquirir un amplio departamento en un decimoquinto piso con vista al mar sin que eso significara ningún sacrificio.

Traduction temporaire :
Non pas que nous pensions qu'ils étaient les émissaires de l'Antéchrist ou quelque chose du genre. Nous n'étions pas ignorants à leur sujet. Mais ils ne nous plaisaient pas. Non ! Il y avait quelque chose d'obscène dans ce qu'ils étaient en train de faire à l'humanité, comme dans ce qu'ils avaient fait avec nous bien avant. Nous épousâmes une infirmière de couleur et protestante, prénommée Lucile, qui croyait dur comme fer que le temps de l'Apocalypse était venu. Nous vécûmes bien à North Miami Beach. L'immobilier était donné et, sans le moindre sacrifice, nous pûmes acheter un grand appartement au quinzième étage, avec vue sur la mer.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 276-289

—Y le preguntaste por qué no iba a la parte trasera de la casa-barco, ¿no es cierto? Eso, al menos, fue lo que nos contaste. Desde el incendio no se había presentado más a recibir a los muchachos, que se morían de ganas de volver a tirársela.
—Pero eso no fue todo lo que le dije —su tono de voz se tornó grave—. Le dije muchas cosas más, aunque esas no las conté, porque estaba seguro de que todos se habrían burlado de mí.
—¿Qué cosas?
—Le dije... que estaba enamorado de ella.
Se hizo un silencio, y yo me encogí de hombros.
—Mira, si se trata de ser realmente sinceros, pienso que todos estábamos enamorados de ella.
—Sí, pero nadie, en esos días, lo hubiera confesado.
—Es posible.
—A lo sumo algunos hubieran aceptado otra cosa.
—¿Qué?
—Que estaban enchuchados.

Traduction temporaire :
— Et tu lui as demandé pourquoi elle n'allait plus à l'arrière de la maison-bateau, pas vrai ? C'est du moins ce que tu nous as raconté. Depuis l'incendie, elle n'y avait plus reçu les garçons qui mouraient d'envie de se la refaire.
— Mais ce n'est pas la seule chose que je lui ai dite. Le ton de sa voix devint grave. Je lui en ai dit bien d'autres, même si les ai gardées pour moi, j'étais certain que sinon vous vous seriez moqués de moi.
— Quelles choses ?
— Je lui ai avoué… que j'étais amoureux d'elle. 
Un silence s'installa, et je haussai les épaules.
— Écoute, pour être vraiment sincères, je pense qu'on était tous amoureux d'elle.
— Oui, mais dans ces moments-là, personne n'aurait craché le morceau.
— Possible.
— À la limite, certains auraient admis autre chose.
— Quoi ?

— Qu'ils avaient un faible pour elle.

Projet Medea / Iris – phrases 32-35


La visión de lo que le rodea se empequeñece, el sol le parece una antorcha vil, digna apenas de ocupar un sitio en un rincón de su regia alcoba. El delirio del orgullo lo posee. El vértigo se apodera de él, su pecho se hincha, sus sienes laten y de sus ojos brotan rayos tan intensos como los del astro hacia el que alarga la diestra, queriendo asirle y detenerle en su carrera triunfal. Por un momento permanece así, transfigurado, en un paroxismo de infinita soberbia, oyendo resonar aquella voz que le hablara en sueños:

Traduction temporaire :
La vision de ce qui l'entoure rapetisse , le soleil lui semble une torche vile, à peine digne d'occuper une place dans un coin de son alcôve royale. Le délire de l’orgueil le possède. Le vertige s'empare de lui, sa poitrine se gonfle, ses tempes battent et de ses yeux jaillissent des rayons aussi intenses que ceux de l'astre vers lequel il tend la main, voulant le saisir et le retenir dans sa course triomphale. Pendant un moment, il reste ainsi, transfiguré, dans un paroxysme d'un orgueil infini, entendant résonner cette voix qui lui parlerait dans ses rêves :

Projet Chloé T 3 – phrases 90-96

–De verdad qué extraña esa flaca –dice Iosú–, pero igual me hubiese gustado conocerla.
–Bebimos en la plaza –dice Jualma–, respirando el smog de los microbuses. Los choros pasaban marcándonos, pero como no teníamos nada de valor, se iban, desilusionados.
–Fácil pudieron ponerse faltosos.
–Quizás, pero ella no se daba cuenta; es más, las veces que la acompañé al paradero no habíamos hablado mucho, pero ese día estaba locuaz. Me contó que sus viejos estaban separados, que su vieja salía con un huevón mucho menor y que cuando llegaba los escuchaba tirar. Tenía que subir el volumen de la música para no arrecharse.

Traduction temporaire :

— Ah ouais, vraiment bizarre, cette nana, mais j’aurais quand même aimé la connaître, interrompt Iosú.
— On a bu sur la place dans le smog des minibus, reprend Jualma. Les pickpockets qui trainaient nous repéraient, et vu qu’on avait pas d’objets de valeur, ils repartaient, dépités.
— Ils auraient vite pu devenir lourdingues.
— Peut-être, seulement elle ne se rendait compte de rien. Pire, les fois où je l’avais accompagnée chez elle, on avait pas beaucoup parlé. Or, ce jour-là elle était causante. Elle m’a confié que ses vieux étaient séparés, que sa daronne s’était mise avec un connard beaucoup plus jeune qu’elle, et que lorsqu’elle arrivait chez elle, elle les entendait baiser. Elle devait monter le volume de la musique pour pas péter un plomb.

mercredi 17 février 2016

Projet Danny – phrases 35-36

Es como si me estuviera viendo, haciendo la cola con Claudita, Maya y Micaela, angustiada por mi mamá que no iba a poder comprar el lunes las papas, el arroz, la leche que se necesitaban en mi casa del barrio de Maranga, en el distrito de San Miguel. Es como si me estuviera viendo, haciéndome la que mi mamá no tiene que comprar nada, y la que me alcanza encima para la hamburguesa y la papa frita obligatoria, me estoy viendo, sonriendo y hablando en “spanglish”, único dialecto que se conocía entre las chicas del San Silvestre.

Traduction temporaire :
 C’est comme si je me voyais en train de faire la queue avec Claudita, Maya et Micaela, angoissée à cause de maman qui, lundi, n’allait pas pouvoir acheter les patates, le riz et le lait dont on avait besoin, chez moi, dans le quartier de Maranga, du district de San Miguel. C’est comme si je me voyais, faisant semblant que ma maman ne doit rien acheter et que j'ai même assez pour acheter l’hamburger frites obligatoire. Je me vois en train de sourire et parlant en « spanglish », unique dialecte qu’on connaissait avec les filles de San Silvestre.

Projet Elena 12 – phrases 246-255

La mujer decidió que algo debía hacer que perdurase el encuentro de aquella mañana en Buenos Aires. No por el hombre, si no por ella. Más bien por la mujer que en unos días quedaría atrás, esa que el destino iba a obliterar para siempre. Cuando se acercó a Borges, era evidente que el poeta escandía algún verso que luego las generaciones harían famoso.  Entonces, la mujer vislumbró una venganza. Alguna vez, en su planeta solitario, había estudiado a los antiguos poetas y se creía capacitada para enlazar unas pocas lindezas. Sentada en el banco comenzó a memorizar un poema. Intentó atesorar cada momento vivido. Deseó conservar cada memoria, cada arrepentimiento del que habló Borges. Deseó ser Borges.

Traduction temporaire :
La femme décida qu'elle devait se débrouiller pour faire durer la rencontre de ce matin-là, à Buenos Aires. Non pas pour l'homme, mais pour elle. Ou plutôt pour la femme qui, dans quelques jours, se verrait reléguée, que le destin oblitérerait pour toujours. Lorsqu'elle s'approcha de Borges, il était évident que le poète scandait des vers que des générations à venir rendraient célèbres. Elle, elle, entrevit alors sa vengeance. Sur sa planète solitaire, elle avait jadis étudié les poètes de l'Antiquité et se sentait capable de composer de beaux vers. Assise sur le banc, elle commença à apprendre par cœur l'un des poèmes. Elle essaya de précieusement conserver chaque moment. Elle souhaitait garder chaque souvenir, chaque regret dont parla Borges. Elle voulut être Borges.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 269-275

—Eso no es exacto. Por lo menos éramos diez los chicos que estábamos sentados en un murito del malecón, tristones, cabizbajos, charlando sobre lo que le había pasado al Pato, cuando en eso apareció ella, etérea, como una pluma que empuja el viento. ¡Todos la vimos! —yo recordaba y veía la escena, como en una película—. La Zurda caminaba sin mirar a nadie, ¡y estaba radiante!... Me refiero más bien a que tú fuiste el último que le habló...
—Tienes razón —concedió Aníbal—. En un arrebato me aproximé a ella y la acompañé por el malecón, y luego llegamos hasta la puerta de su casa.

Traduction temporaire :

— Ce n'est pas exact. Nous étions au moins dix garçons assis sur un petit muret de la jetée, tristounets, têtes basses, discutant de ce qui était arrivé à Pat, lorsqu'elle était apparue, éthérée, telle une plume poussée par le vent. Nous l'avions tous vue ! Je me le rappelais et je visualisais la scène, comme dans un film. La Gauchère marchait sans regarder personne, et elle était rayonnante !…
— Je veux surtout parler du fait que tu sois le dernier à lui avoir parlé…
— Tu as raison, reconnut Anibal. Dans un élan, je me suis approché d'elle et je l'ai accompagnée sur la jetée, puis, nous sommes arrivés devant la porte de sa maison.

Projet Camille / Angélique 2 – phrase 5

El mozo vino con la botella y dos vasos grandes y hielo: -"Cigarrillos -le dijo él-, Máspero"; el mozo recibió la orden sin mover la cabeza, pasó la servilleta por la superficie manchada de la mesa, donde colocó después los vasos; en el salón casi todas las mesas estaban vacías; detrás de una kentia gigantesca escribía el patrón en las hojas de un bibliorato; en una mesa del extremo rincón hablaban dos hombres, las cabezas descubiertas, uno con bigote recortado y grueso, el otro rasurado, repugnante, calvo y amarillento; no se oía, en el salón, el vuelo de una mosca; el más joven de los dos hombres del extremo rincón hablaba precipitadamente, haciendo pausas bruscas; el patrón levantaba los ojos y lo miraba, escuchaba ese hablar rudo e irregular, luego volvía a hundirse en los números; eran las siete.

Traduction temporaire :
Le garçon revint avec une bouteille, deux grands verres et des glaçons : « Cigarettes, lui dit-il, Máspero » ; le garçon prit sa commande sans bouger la tête, passa un coup de torchon sur la surface tachée de la table, où il les posa ; dans la salle, presque toutes les tables étaient vides ; derrière un gigantesque kentia, le patron écrivait sur les feuilles d'un classeur ; à une table, dans le recoin au fond, deux hommes parlaient, têtes découvertes, l'un avec une moustache taillée et drue, l'autre rasé, répugnant, chauve et avec le teint jaunâtre ; on n'entendait pas une mouche voler dans la salle ; le plus jeune des deux hommes parlait précipitamment, en effectuant des pauses brusques ; le patron levait les yeux et le regardait, écoutant ce discours grossier et haché, puis replongeait dans ses comptes ; il était sept heures.

Projet Annelise 3 – phrases 38-41

 ¡Lo que tiene no haber estudiado a fondo la lógica! Me iba a quedar ignorante en el famoso asunto de las calles Escobedo y García sólo por la maldita ociosidad de los primeros años.
Desalentado, tomé el Diario de la Tarde, de fecha 13 de enero -no había apartado nunca de mi mesa el aciago Diario- y dando vigorosos chupetones a mi encendida y bien culotada pipa, volví a leer la crónica roja arriba copiada. Hube de fruncir el ceño como todo hombre de estudio -¡una honda línea en el entrecejo es señal inequívoca de atención!

Traduction temporaire :
Voilà ce qui arrive quand on n’a pas étudié à fond la logique ! La maudite oisiveté de mes premières années allait me laisser dans l’ignorance quant à la fameuse affaire des rues Escobedo et García. Découragé, j’ai attrapé le Journal du Soir daté du 13 janvier - je n’avais jamais enlevé ce malheureux Journal de ma table - et, tirant vigoureusement sur ma pipe allumée et bien culottée, j’ai relu la rubrique des faits divers en haut de la page. J'ai donc froncé les sourcils comme tout homme d’étude qui se respecte – une ligne profonde entre les deux sourcils est sans équivoque un signe d’attention !

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 264-268

—Sé que te puede parecer ridículo —me dijo Aníbal en uno de aquellos encuentros; nos habíamos citado en la librería El Virrey, en la calle Dasso, y de ahí nos trasladamos a la terraza del café D’Onofrio—, pero este asunto, no sé por qué, me intrigó más de la cuenta.
—Bastante más —dije yo—. Y creo saber la razón.
Aníbal me miró, animándose:
—¿Te refieres a que yo fui el último que vio a la Zurda?

Traduction temporaire :
— Je sais que ça peut te paraître ridicule, me concéda Anibal lors de l'une de ces rencontres. Nous nous étions donné rendez-vous à la librairie El Virrey dans la Calle Dasso, puis de là nous étions allés en terrasse au café D'Onofrio. Mais cette affaire m'a un peu trop intrigué, j'ignore pourquoi.
— Bien trop, confirmai-je. Et je crois en connaître la raison.
Anibal me regarda, s'enhardissant : 

— Tu veux parler du fait que je sois le dernier à avoir vu la Gauchère ?

Projet Bianca – phrases 38-50

Empezó a sonar el teléfono y me levanté para avisarle. “Ya voy, ya voy”. Vino corriendo desde la cocina y me hizo un gesto como para que me quedara callado y me volviera a sentar. “¿Hola?”. Pude ver cómo le cambiaba la cara a medida que alguien del otro lado le contaba algo que no podía ser nada bueno.
Cuando cortó, se quedó un segundo sin moverse, con el ceño fruncido.
“¿Sol? ¿Todo bien?”.
“Era mi abuelo. Mis papás tuvieron un accidente”.
En ese momento no pensé en otra cosa que en mi mala suerte. Ella debe haber confundido mi gesto de resignación con algo más, porque me dijo que no era grave, que estaban los dos fuera de peligro en una clínica en Santa Rosa y que los mantendrían toda la noche en observación. “Y mañana parece que les dan el alta”, agregó.

Traduction temporaire :
Le téléphone se mit à sonner et je me levai pour la prévenir. « J'arrive, j'arrive ». Elle vint de la cuisine en courant et me fit signe de rester silencieux et de retourner m'asseoir. « Allô ? » Je vis son visage changer à mesure que la personne à l'autre bout du fil lui annonçait quelque chose qui ne pouvait rien présager de bon.
Quand elle raccrocha, elle demeura un instant sans bouger, les sourcils froncés.
« Sol ? Tout va bien ? »
« C'était mon grand-père. Mes parents ont eu un accident. »

À ce moment-là, j'étais obnubilé par ma malchance. Elle avait sûrement confondu mon air résigné avec quelque chose d'autre, parce qu'elle m'assura qu'il n'y avait rien de grave, qu'ils étaient tous les deux hors de danger, dans une clinique de Santa Rosa et qu'on les garderait toute la nuit en observation. « Apparemment, on les laisse sortir dès demain », ajouta-t-elle.

Projet Medea / Iris – phrases 30-31

¡El, el rey de los reyes, el conquistador de cien naciones, puesto en parangón y en el mismo nivel que el pájaro, el siervo y el gusano! Una sonrisa sarcástica se dibujó en su boca de esfinge, y sus ejércitos y flotas cubriendo la Tierra, sus incontables tesoros, las ciudades magníficas desafiando las nubes con sus almenados muros y soberbias torres, sus palacios y alcázares, donde desde sus cimientos hasta la flecha de sus cúpulas no hay otros materiales que oro, marfil y piedras preciosas, acuden en tropel a su memoria con un brillo tal de poderío y grandeza que cierra los ojos deslumbrado.

Traduction temporaire :
Lui, le roi des rois, le conquérant de cent nations, comparé à et mis au même niveau que l'oiseau, le serf et le ver ! Un sourire sarcastique se dessina sur sa bouche de sphinx : ses armées et ses flottes partout sur la terre, ses innombrables trésors, ses magnifiques villes défiant les nuages avec leurs murs crénelés et leurs superbes tours, leurs palaces et leurs alcazars, qui, depuis leurs fondements jusqu'à la flèche de leurs coupoles, n'ont d'autres matériaux que l'or, l'ivoire, et les pierres précieuses, affluent en masse dans sa mémoire ; avec un tel éclat de puissance et de grandeur qu'il ferme les yeux, ébloui.

Projet Bianca – phrases 28-37

Con Julián hacíamos todo juntos. Él fue el que me enseñó a jugar al Magic, el juego de cartas coleccionables con el que nos obsesionaríamos buena parte de nuestra adolescencia.  Cuando Sol me abrió la puerta, le brillaban los ojos y se mordía el labio. Me tiró del cuello de la remera y me hizo pasar. Nuestras lenguas se encontraron en un beso un poco torpe y le apreté uno de los glúteos con fuerza, mientras con la otra mano le sacaba la camisa de adentro del jean y la subía buscando una de sus tetas. “Pará”, me dijo. Había preparado una cena romántica y quería que comiéramos primero. Cuando fue a la cocina, me acomodé la erección y la seguí. “¡Salí de acá!”, me gritó revolviendo una olla y haciéndose la enojada. “Andá a sentarte a la mesa que esto ya casi está”.

Traduction temporaire :
Avec Julián, nous faisions tout ensemble. C'est lui qui m'apprit à jouer au Magic, le jeu de cartes à collectionner qui nous obséda pendant une bonne partie de notre adolescence. Quand Sol m'ouvrit la porte, ses yeux brillaient et elle se mordait la lèvre. Elle m'agrippa par le col de mon tee-shirt et me fit entrer. Nos langues se trouvèrent dans un baiser un peu maladroit et je lui serrai une fesse avec force, pendant que mon autre main lui tirait sa chemise hors de son pantalon et la remontait à la recherche d'un de ses seins. « Arrête ! », protesta-t-elle. Elle avait préparé un dîner romantique et voulait que l'on mange d'abord. Quand elle alla à la cuisine, je cachai mon érection et la suivis. « Sors d'ici ! » me cria-t-elle en remuant le contenu d'une casserole et en prenant un air fâché. « Va t'asseoir à table, c'est presque prêt ».

Projet Chloé / Pablo / Simon – phrases 128-131

XV

El azul del cielo era un de un color imposible, tan imposible como el blanco de la arena y el turquesa de ese mar. El sol acariciaba los músculos de mi cuerpo, perfecto, eternamente incorruptible. Sorbí mi margarita pausadamente, una, dos, tres veces. El sol lastimaba mis ojos y no me permitía ver bien. Fue entonces que la vi acercarse, una imagen inconfundible surgida desde más allá de la línea de palmeras. Ella lo había recordado y mi vida, ahora sí, estaba completa.


Traduction temporaire :


XV

Le bleu du ciel était d’une couleur incroyable, aussi incroyables que l’étaient le blanc du sable et le turquoise de la mer. Le soleil caressait les muscles de mon corps, parfait, éternellement incorruptible. Lentement, je pris une gorgée de margarita, puis deux, puis trois. Le soleil m’éblouissait et m’empêchait de bien voir. Je l’aperçus alors qu'elle s'approchait : une image unique qui surgit de derrière la rangée de palmiers. Elle s’en était souvenue et ma vie, désormais, était comblée.

mardi 16 février 2016

Projet Bianca – phrases 22-27

El fin de semana que sus papás viajaron a Buenos Aires y la dejaron sola en la casa creí que por fin dejaría de ser virgen. Varios de mis compañeros cogían con sus novias o habían debutado en alguno de los prostíbulos de la costa del río. Cuando me preguntaban, solía mentir e inventar encuentros sexuales con mujeres que nunca existieron. Entusiasmado entonces con la posibilidad de coger, compré preservativos en un kiosco del otro lado del pueblo. Me costó pronunciar la palabra “preservativos” y me llevé algunas cosas más como para licuar la vergüenza. A mamá le dije que iba a dormir a lo de Julián, uno de mis mejores amigos.

Traduction temporaire :
Le week-end où ses parents partirent en voyage à Buenos Aires et la laissèrent seule à la maison, je crus qu'enfin elle perdrait sa virginité. Plusieurs de mes camarades niquaient avec leurs copines ou s'étaient initiés dans un des bordels des rives du fleuve. Quand ils m'interrogeaient sur le sujet, je mentais ou inventais toujours des rencontres sexuelles avec des femmes qui n'avaient jamais existé. Enthousiaste alors à l'idée de niquer, j'achetai des préservatifs à un kiosque de l'autre côté du village. J'eus du mal à prononcer le mot "préservatifs" et je pris d'autres choses en plus pour dissimuler ma honte. Je dis à maman que j'allais rester dormir chez Julián, un de mes meilleurs amis.

Projet Marion – phrases 20-28

«Quién es Mariela, dijo su madre.
—Es la vecina nueva, de la esquina. Me invitó a la pileta.
Su madre la miró con ojos llenos de desprecio y de reproche. Cómo podía querer dormir al sol, refrescarse, jugar y reír en el agua de enero después de la muerte de su hermano, eso decían los ojos irritados de su madre. Pero en cambio dijo:
—Claro, claro.
Verónica buscó su bikini, que estaba perdido en el cajón de la ropa interior, y lo guardó en la mochila, junto a una gaseosa bien fría para convidarle a Mariela y una toalla. Cuando cerró la puerta y guardó las llaves en el bolsillo del jean, sintió que se alejaba de una bóveda helada y el sol la encandiló, como si ella también fuera una pequeña muerta que volvía a conocer los días.

Traduction temporaire :
« Qui est Mariela, demanda sa mère.
— La nouvelle voisine, celle du coin de la rue. Elle m'a invitée à venir à sa piscine.
Sa mère la regarda avec des yeux pleins de mépris et de reproche. Comment pouvait-elle avoir envie de dormir au soleil, de se rafraîchir, de jouer et de rire dans l'eau de janvier après la mort de frère, voilà ce qu'exprimaient les yeux énervés de sa mère. Au lieu de cela, elle dit :
- Bien sûr, bien sûr.

Verónica chercha son bikini, perdu dans le tiroir des sous-vêtements, et le rangea dans son sac à dos, avec un coca bien frais qu'elle offrirait à Mariela et une serviette. Quand elle ferma la porte et mit les clés dans la poche de son jean, elle eut l'impression qu'elle s'éloignait d'une voûte gelée et le soleil l'éblouit, comme si elle aussi, elle était une petite morte que revenait à la vie.

lundi 15 février 2016

Projet Sabrina 4 – phrases 55-58

—No, soy de la costa —respondí, y de inmediato me arrepentí: temí que esa información sobre mi procedencia, tan lejana y tan mal avenida para las gentes de la sierra, extir para en ella el deseo de seguir conversando conmigo.
—Si trabaja en lagos de altura, seguro que conoce el cochayuyo —me dijo—; pero yo apostaría a que jamás ha probado el wayranto.
Repuse que no, y estuve feliz de darle la razón en su suposición, de hacerla sentir segura, por encima de mí. Ella me explicó que el wayranto es un alga exclusiva de los lagos y lagunas de su zona; un alga rojiza cuya textura se asemeja a la carne de res y su sabor al de la codorniz, quizás porque solo brota entre junio y agosto, aupada por los ventarrones de esa temporada.

Traduction temporaire :

— Non, je suis de la côte, rétorquai-je, juste avant de m'en mordre les doigts, craignant que cette information sur mes origines, si lointaines et en si grand décalage avec les gens de la sierra, ne lui ôte l'envie de continuer à discuter avec moi.
— Si vous travaillez aux lacs en altitude, vous devez connaître le cochayuyo*, me dit-elle, mais je parierais que vous n'avez jamais goûté le wayranto.
Je répondis non, et je fus heureux de la conforter dans sa supposition, de la faire se sentir sûre d'elle, au-dessus de moi. Elle m'expliqua que le wayranto est une algue issue exclusivement des lacs et lagunes de sa région ; une algue rougeâtre dont la texture ressemble à la viande de bœuf et le goût se rapproche de celui de la caille, peut-être parce qu'elle ne pousse qu'entre juin et août, favorisée par les vents violents de cette saison.

* Algue marine comestible que l'on trouve au Chili et au Pérou.

C'est reparti !

vendredi 12 février 2016

Que personne ne s'étonne…

Tradabordo / Tradoeste est en « vacances » jusqu'à mardi.

Projet Justine / Déborah / Julie – phrases 215-222

3
Nunca pudimos ser un médico de pueblo. Nunca pudimos ofrecerle a nuestros pacientes lo que aquellos nuevos dioses bajados del Olimpo cibernético. Antídotos para todas las enfermedades, sanación para todos los traumas, cura para todos los males. Incluso la inmortalidad para aquellos osados que se atrevieran a transponer aquel umbral que los convertiría en uno de ellos. No eran pocos los que se decidían a hacerlo y con el tiempo fueron la inmensa mayoría. No teníamos cómo competir.
Pero los hospitales siguieron funcionando, por algunos años al menos. Para aquellos que como nosotros desconfiaban de aquellas gentiles y todopoderosas entidades que no sabíamos si eran ángeles o demonios.

Traduction temporaire :


3

Jamais nous ne pûmes devenir un médecin de village. À nos patients, jamais nous ne pûmes offrir la même chose que ces nouveaux dieux descendus de l'Olympe cybernétique : des antidotes pour toutes les maladies, guérir tous les traumatismes, soigner tous les maux. Y compris garantir l'immortalité à ces audacieux osant traverser le seuil qui en ferait l'un des leurs. Ceux qui se décidaient à sauter le pas n'étaient pas rares, et avec le temps, ils représentèrent l'immense majorité. Nous n'avions pas les moyens de rivaliser.
Mais, pendant quelques années au moins, les hôpitaux continuèrent à tourner. Pour ceux qui, comme nous, se méfiaient de ces courtoises et toutes-puissantes entités dont on ne savait pas si c'étaient des anges ou des démons.

Projet Justine / Nadia / Élise – phrases 261-263

Del resto, a excepción de Jaime Arrieta, que se convertiría en adicto a la cocaína, entrando y saliendo cada cierto tiempo de la clínica San Isidro, nada supe, ni quise saber. La vida separa a las personas, llevándolas por caminos diferentes, y yo siempre he reconocido en ese natural devenir una gran sabiduría). A Aníbal Madueño, ahora un tipo francamente simpático, después de no haberlo visto por varios lustros, lo volví a frecuentar, al principio por razones profesionales —yo soy periodista; él, en su condición de enciclopedia en normas legales, mi fuente de información—, y luego, con el pretexto de tomar un café o beber una copa, encarnó paulatinamente en ese lugar común que solemos llamar «un amigo de la infancia».

Traduction temporaire :
À l'exception de Jaime Arrieta qui deviendrait accro à la cocaïne, entrant et sortant régulièrement de la clinique San Isidro, je n'avais eu ni n'avais voulu aucune nouvelle des autres. La vie sépare les gens, les conduisant sur des chemins différents, et, pour ma part, j'ai toujours lu une grande sagesse dans cette étape naturelle. Après des lustres sans avoir vu Anibal Madueño – à présent, quelqu'un de franchement sympathique –, je le fréquentai de nouveau, pour des raisons professionnelles au départ : je suis journaliste, et lui, ma source d'informations en raison de ses connaissances en matière de normes légales ; sauf qu'ensuite, sous prétexte d'aller prendre un café ou boire un verre, nous retombâmes petit à petit dans ce lieu commun que nous avons l'habitude d'appeler « un ami d'enfance ». 

Projet Maxime / Justine – phrases 27-33

Y miente.
Miente porque nadie que haya estado pudo haber sobrevivido y menos que menos para contarlo.
En fin, sí, supongo que estarán muy orgullosos apoltronados en sus butacas, hartos del bungee jumping, el paracaidismo, el buceo con tiburones, la hipoxifilia y quieren un nuevo shock de adrenalina, quieren más, quieren colgarse al cuello el blasón de la experiencia, quieren ser el centro de una fiesta en la que puedan inflar el pecho y decir a viva voz, sí, sí, eso existe, yo estuve ahí. ¡Ja, ja, ja! ¡Cómo me hacen reír! ¡Quieren vanagloriarse de haber venido y la verdad es que nunca van a volver!

Traduction temporaire :
Et il ment. Il ment parce que personne y étant allé n'a pu survivre, encore moins le raconter. Bref, oui, je suppose que vous êtes très fiers, vautrés dans vos fauteuils, fatigués du bungee jumping, du parachutisme, de la plongée sous-marine avec des requins, de l'asphixiophilie et vous voulez une nouvelle poussée d'adrénaline, vous voulez plus, vous voulez suspendre à votre cou le blason de l'expérience, vous voulez être le centre d'une fête dans laquelle vous pourriez bomber le torse et dire à voix haute : oui, oui, j'y étais. Ha, ha, ha ! Que vous me faites rire ! Vous voulez vous vanter d'être venus et la vérité est que jamais vous ne reviendrez !

Projet Eugénie / Audrey – phrases 5-9

Un vacío como el que siente en el estómago cuando voltea a su derecha y se acuerda de él. «Mi gordo», se dice, y cree que se avecina el llanto. Pero resulta que tiene secos los lagrimales, al igual que la piel y las uñas y las canas. Se aplica un par de gotas: lágrimas artificiales. Ahora no sabe qué hacer con esa soga que se le anuda en la garganta.

Traduction temporaire :
Un vide comme celui qu’elle ressent dans l’estomac lorsqu’elle se tourne sur sa droite et qu'elle se souvient de lui. « Mon gros », se dit-elle, et elle a l'impression qu’elle est à deux doigts de pleurer. Mais ses glandes lacrymales sont sèches, de même que sa peau, ses ongles et ses cheveux blancs. Elle s'applique une goutte ou deux : des larmes artificielles. Maintenant, elle ne sait que faire de ce nœud qu’elle a dans la gorge.

Projet Elena 12 – phrases 242-245

El encuentro no resultó lo que la mujer hubiera esperado. Estaba disgustada por su obcecación en relatar miserias personales antes que en aprovechar las enseñanzas del Maestro, por la torpeza de sus respuestas ante el derroche de humilde genialidad. Pero, también, por la falta de empatía en Borges. Comprendió que aunque hubiera sido una mujer terráquea, igual hubieran estado danzando en dos planos ―en dos mundos― distintos, apenas convergentes de a ratos. Pero siempre distintos.

Traduction temporaire :
Pour la femme, cette rencontre ne donna pas les résultats escomptés. Elle était mécontente de son obstination à lui raconter ses misères personnelles au lieu de profiter des enseignements du Maître, du contraste entre la maladresse de ses réponses et l'humble étalage du génie de Borges. De même que du manque d'empathie de sa part. Elle prit conscience que même en étant une femme terrienne, ils auraient dansé sur deux plans – sur deux mondes – différents, convergents juste par intermittence. Mais toujours différents.