lundi 18 novembre 2013

Projet Émeline – phrases 38-39

Recordó que a la tía Estrella le gustaban las hayacas. Unas hayacas con garbanzos y papas que él apenas comía porque siempre prefirió las hayacas caraqueñas: más guiso, más tocino y hasta sus dos pequeñas almendras como una sorpresa, aguardando ocultas en algún lugar del relleno.

Traduction temporaire :
Il se rappela que sa tante Estrella aimait les hayacas. Des hayacas aux pois chiches et aux pommes de terre, auxquels lui, il touchait à peine, parce qu’il avait toujours préféré les hayacas de Caracas : plus de ragoût, plus de lard et même les deux petites amandes, comme une surprise, attendant cachées quelque part dans la farce.

Projet Morgane / Marie / Émeline – phrase 8

Lo que me gusta además de la distracción es que el latín es un remate de síntesis, el término de la verborrea tarúpida, aunque también hay otras cosas que me gustan del latín como por ejemplo el acceso a terribles fábulas como la de Lucrecia, que me recuerda indefectiblemente a la culieski de arriba.

Traduction temporaire :
Ce que j’aime, outre la distraction que cela représente, c’est que le latin est la synthèse par excellence, la fin de la verbosité inepte, bien qu’il y ait aussi d’autres choses qui me plaisent dans le latin : par exemple, l’accès à de terribles fables, comme celle de Lucrèce, qui me rappelle inéluctablement la forniqueuse du dessus.

Projet Céline – phrase 110

La mamma había contestado rápidamente esa pregunta y hasta pensó, con alguna esperanza – y este pensamiento le avergonzaba y le mostraba lo débil que se estaba portando –, que ella se había ruborizado, ese rubor que tiñe enteramente el rostro de la mujer amada, deseada, imaginada en el sueño o en la soledad y que dentro de esa luz avergonzada y mágica, se presenta, por una sola vez en la vida, enteramente frágil, quebradiza, capaz de absorber el mundo, el amor, la desgracia, los brazos, la boca, la cabellera, las orejas, del hombre rápidamente formado mientras la locomotora se iba un poco hacia adelante, hacia abajo, hasta muy abajo donde él se sentía solo y terminado y ridículo.

Traduction temporaire :
La mamma avait répondu rapidement à cette question et il était allé jusqu’à penser, avec un peu d’espoir – et il avait honte de cette pensée qui lui montrait la faiblesse dont il faisait preuve –, qu’elle avait rougi, de ce rouge qui colore entièrement le visage de la femme aimée, désirée, imaginée dans ses songes ou dans la solitude, et qu'à l'intérieur de cette lumière honteuse et magique, elle apparaît, pour la seule fois de la vie, entièrement fragile, vulnérable, capable d’absorber le monde, l’amour, le malheur, les bras, la bouche, les cheveux, les oreilles de l’homme rapidement formé tandis que la locomotive partait un peu vers l’avant, vers le bas, vraiment vers le bas, là où il se sentait seul, las et ridicule.

Exercice d'écriture 4 – par Émeline

« Contours »

Je l’avais rencontrée au détour d’une rue. J’étais tombé sous le charme de ses courbes, ces pleins et ces déliés, que l’on devinait à travers sa robe ni moulante ni transparente. Pourtant, j’avais sous les yeux les limites de son être : une existence sans barrière.
Et sans détour, elle pénétra les frontières de ma vie.
Parfois, nous nous promenions longuement en bordure du bois ; les jours de beaux temps, nous en parcourions le pourtour entier, mais nous pénétrions rarement la muraille d’enceinte que formaient les buissons. Lors de ces lentes déambulations, je me délectais à contempler furtivement son doux profil, le galbe de sa poitrine, la ligne de son dos, sa délicate silhouette…
Saurais-je m’affranchir des contours et atteindre son essence ?
Un soir, je la laissai rentrer seule. Une course, un crochet à faire ; elle qui ne voulait pas m’attendre inutilement ; son baiser envoyé sur un souffle ; moi qui l’attrapait au vol ; elle qui s’éloignait sur le trottoir…
Et une heure plus tard, un ami devant la porte. Sa figure triste, marquée par un je-ne-savais-quoi de sinistre, un trop-plein d’ombre…

Il usa de milles détours et n’osa pas me dire qu’il ne restait plus d’elle en ce monde qu’un dessin à la craie sur l’asphalte et un relief anonyme sous un drap blanc.

samedi 16 novembre 2013

Projet Justine / Vanessa – phrase 20

“No a la hegemonía mundial de un solo partido”, en la mayoría de los países del planeta y se juntaron secretamente para pactar.

Traduction temporaire :
« Non à l'hégémonie mondiale d'un seul parti ! ». Dans la plupart des pays sur la planète, ils se rassemblèrent donc clandestinement pour conclure un pacte.

Projet Justine 2 – phrase 20

Hasta que a la tercera noche devoraron las pepitas granate, muy lustrosas, del arbusto nudoso y quién dijo miedo: se alebrestaron.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Morgane – phrase 75

"...Las gentes cruzan el mundo en la actualidad
sin apenas recordar que poseen un cuerpo y en él la vida,
y hay miedo,hay miedo en el mundo de las palabras que de-
signan el cuerpo,
y se habla favorablemente de la ropa,
de pantalones es posible hablar, de trajes,
y de ropa interior de mujer (de medias y ligas de "señora"),
como si por las calles fueran las prendas y los trajes vacíos
por completo
y un oscuro y obsceno guardarropas ocupara el mundo.

Tienen existencia los trajes, color, forma, designio,

y profundo lugar en nuestros mitos, demasiado lugar..."

Traduction temporaire :

« … À l’heure actuelle, les gens traversent le monde sans vraiment se rappeler qu’ils possèdent un corps et en lui, la vie. Et il y a de la peur, il y a de la peur dans ce monde des mots qui dé-signent le corps ; et on parle positivement des vêtements, il est possible de parler pantalons, costumes, et sous-vêtements de femmes (de bas et de jarretières pour « dames »), comme si, dans les rues, c’était les vêtements et les costumes totalement vides, ainsi qu'une obscure et obscène garde-robe, qui occupaient le monde. Les robes ont une existence, une couleur, une forme, un dessein, et sont bien ancrées dans nos mythes, trop ancrées… »

Projet Morgane 5 – phrases 8-9

Así, abandono cada mañana la sombra del hogar y me instalo aquí, en una banca de la plaza de armas, veo pasar el día y caminantes y palomas. Intercambio dulces y semillas por monedas, y espero el dolor, uno de los míos que ya regresa, o uno extraño, el nuevo, el definitivo, el que me abra la puerta que conduce al camino sin regreso.

Traduction temporaire :
Ainsi, j'abandonne chaque matin l'ombre de mon foyer et je m'installe ici, sur un banc de la Plaza de armas. Je regarde la journée passer, les promeneurs, et les pigeons. J'échange des bonbons et des graines contre de l'argent, et j'attends la douleur, l'une des miennes, qui reviendrait, ou une étrangère, nouvelle, définitive, celle qui m'ouvrira la porte qui mène au chemin sans retour.

Projet Matthieu – phrases 7-9

¿Habrá sido un amor egoísta? Tengo el presentimiento de que lo único que quería en realidad era que solo me preocupara de sus estados anímicos y no también de mi persona. Un amor egoísta en donde no importan los dos, sino uno.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Joana / Sarah – phrases 10-11

Las iba ubicando en perfecto orden sobre el plástico transparente. La precisión, pero sobre todo el ritmo con el que hacía su trabajo, que sin llegar a ser lento, exasperaba un poco, le daba cierto aire de solemnidad.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Exercice d'écriture 6 – par Sarah

« Contours »

Chaque fois que je me retrouve devant une peinture, un dessin ou une photo, je me pose toujours les mêmes questions : qu’il y a-t-il en dehors des contours de ce tableau ? Pourquoi l’artiste a choisi de représenter cette scène-là, de focaliser notre attention sur un élément précis, en éludant ce qu’il y a autour ? Bien sûr, il est bien obligé de faire des choix et de délimiter les contours, c’est ainsi que l’art se définit. Mais pour cela, la subjectivité du peintre, du dessinateur ou du photographe entre en jeu. Parfois, certaines images évoquent plus ce que l’on ne voit pas que ce qui y est représenté. Lorsque l’on regarde par exemple une photographie de guerre, c’est à partir du contenu -un visage, une rue, une attitude-, que l’on déduit le contexte dans lequel elle a été prise. C’est comme si l’artiste orientait notre regard vers ce qu’il ne fait pas apparaître, mais qu’il veut nous transmettre. Ce besoin de m’immiscer dans chaque image pour aller chercher l’invisible m’obsède.
Chaque samedi, je passe mon après-midi au Louvre. Je choisis un tableau et reste planté devant pendant des heures. Aujourd’hui, mon regard s’est posé sur une peinture de Napoléon à cheval, entouré de son armée. Je ne vois ni Napoléon, ni son cheval, ni son armée. Il s’agit d’une peinture d’Horace Vernet, intitulée La Bataille de Friedland. Ce que je perçois, ce sont les villages environnants, la Prusse du dix-neuvième siècle, la vie dans ces campagnes. Je laisse libre court à mon imagination, et au bout d’un moment, je finis par la voir. De l’autre côté du cadre, dans les champs à droite du tableau, il y a cette femme. Les mains abîmées par le travail et la misère, elle semble fatiguée de cette vie passée à labourer, et pourtant, elle y retourne chaque matin, dès le lever du soleil. Elle n’a pas le choix, il faut travailler pour manger, mais ce matin, elle est seule. Lorsqu’elles ont appris que les officiers français avaient franchi la rivière Alle, les autres villageoises ont préféré rester chez elles, craignant pour leur vie. Mais les hommes sont sur le front et il faut nourrir les enfants. Qui le ferait à sa place ? Pourquoi les grands de ce monde passent-ils leur temps à s’acharner sur eux, les petites gens ? Quel intérêt ont-ils à se disputer les terres de paysans, qui, comme elle, ne demandent rien à personne et sont installés là depuis des générations ? Quand ce ne sont pas les français, ce sont les russes, et on ne compte plus les veuves dans les villages avoisinants. Elle n’est pas la seule à vouloir se révolter, mais comme les autres, elle n’en a pas la force, ni la prétention. Certains, dans la région, seraient d’avis de mettre en marche une révolution et de renverser la monarchie. Pour eux, en instaurant un système plus égalitaire, on sortirait de cette logique impériale qui vise à déclencher des guerres dans le seul but d’étendre un territoire. Des rumeurs circulent selon lesquelles le peuple français a pris les armes il y a de cela quelques années. Quand elle en voit le résultat, ses espoirs de paix s’envolent aussi vite qu’ils sont venus. Mais que pouvait-on….

Une sonnerie retentit dans le musée, suivie d’une voix dans les haut-parleurs annonçant aux visiteurs que le musée ferme ses portes dans dix minutes. Je pense aussitôt à ma femme qui me traite de fou et refuse désormais de m’accompagner au musée. « Et si tu regardais un peu les tableaux, au lieu de mettre à contribution ton imagination débordante ? » Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. On ne peut pas se contenter de ce que l’on voit, la vérité est ailleurs.

Exercice d'écriture 6 – par Sarah

« Contours »

Chaque fois que je me retrouve devant une peinture, un dessin ou une photo, je me pose toujours les mêmes questions : qu’il y a-t-il en dehors des contours de ce tableau ? Pourquoi l’artiste a choisi de représenter cette scène-là, de focaliser notre attention sur un élément précis, en éludant ce qu’il y a autour ? Bien sûr, il est bien obligé de faire des choix et de délimiter les contours, c’est ainsi que l’art se définit. Mais pour cela, la subjectivité du peintre, du dessinateur ou du photographe entre en jeu. Parfois, certaines images évoquent plus ce que l’on ne voit pas que ce qui y est représenté. Lorsque l’on regarde par exemple une photographie de guerre, c’est à partir du contenu -un visage, une rue, une attitude-, que l’on déduit le contexte dans lequel elle a été prise. C’est comme si l’artiste orientait notre regard vers ce qu’il ne fait pas apparaître, mais qu’il veut nous transmettre. Ce besoin de m’immiscer dans chaque image pour aller chercher l’invisible m’obsède.
Chaque samedi, je passe mon après-midi au Louvre. Je choisis un tableau et reste planté devant pendant des heures. Aujourd’hui, mon regard s’est posé sur une peinture de Napoléon à cheval, entouré de son armée. Je ne vois ni Napoléon, ni son cheval, ni son armée. Il s’agit d’une peinture d’Horace Vernet, intitulée La Bataille de Friedland. Ce que je perçois, ce sont les villages environnants, la Prusse du dix-neuvième siècle, la vie dans ces campagnes. Je laisse libre court à mon imagination, et au bout d’un moment, je finis par la voir. De l’autre côté du cadre, dans les champs à droite du tableau, il y a cette femme. Les mains abîmées par le travail et la misère, elle semble fatiguée de cette vie passée à labourer, et pourtant, elle y retourne chaque matin, dès le lever du soleil. Elle n’a pas le choix, il faut travailler pour manger, mais ce matin, elle est seule. Lorsqu’elles ont appris que les officiers français avaient franchi la rivière Alle, les autres villageoises ont préféré rester chez elles, craignant pour leur vie. Mais les hommes sont sur le front et il faut nourrir les enfants. Qui le ferait à sa place ? Pourquoi les grands de ce monde passent-ils leur temps à s’acharner sur eux, les petites gens ? Quel intérêt ont-ils à se disputer les terres de paysans, qui, comme elle, ne demandent rien à personne et sont installés là depuis des générations ? Quand ce ne sont pas les français, ce sont les russes, et on ne compte plus les veuves dans les villages avoisinants. Elle n’est pas la seule à vouloir se révolter, mais comme les autres, elle n’en a pas la force, ni la prétention. Certains, dans la région, seraient d’avis de mettre en marche une révolution et de renverser la monarchie. Pour eux, en instaurant un système plus égalitaire, on sortirait de cette logique impériale qui vise à déclencher des guerres dans le seul but d’étendre un territoire. Des rumeurs circulent selon lesquelles le peuple français a pris les armes il y a de cela quelques années. Quand elle en voit le résultat, ses espoirs de paix s’envolent aussi vite qu’ils sont venus. Mais que pouvait-on….

Une sonnerie retentit dans le musée, suivie d’une voix dans les haut-parleurs annonçant aux visiteurs que le musée ferme ses portes dans dix minutes. Je pense aussitôt à ma femme qui me traite de fou et refuse désormais de m’accompagner au musée. « Et si tu regardais un peu les tableaux, au lieu de mettre à contribution ton imagination débordante ? » Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. On ne peut pas se contenter de ce que l’on voit, la vérité est ailleurs.

Exercice d'écriture 6 – par Sarah

« Contours »

Chaque fois que je me retrouve devant une peinture, un dessin ou une photo, je me pose toujours les mêmes questions : qu’il y a-t-il en dehors des contours de ce tableau ? Pourquoi l’artiste a choisi de représenter cette scène-là, de focaliser notre attention sur un élément précis, en éludant ce qu’il y a autour ? Bien sûr, il est bien obligé de faire des choix et de délimiter les contours, c’est ainsi que l’art se définit. Mais pour cela, la subjectivité du peintre, du dessinateur ou du photographe entre en jeu. Parfois, certaines images évoquent plus ce que l’on ne voit pas que ce qui y est représenté. Lorsque l’on regarde par exemple une photographie de guerre, c’est à partir du contenu -un visage, une rue, une attitude-, que l’on déduit le contexte dans lequel elle a été prise. C’est comme si l’artiste orientait notre regard vers ce qu’il ne fait pas apparaître, mais qu’il veut nous transmettre. Ce besoin de m’immiscer dans chaque image pour aller chercher l’invisible m’obsède.
Chaque samedi, je passe mon après-midi au Louvre. Je choisis un tableau et reste planté devant pendant des heures. Aujourd’hui, mon regard s’est posé sur une peinture de Napoléon à cheval, entouré de son armée. Je ne vois ni Napoléon, ni son cheval, ni son armée. Il s’agit d’une peinture d’Horace Vernet, intitulée La Bataille de Friedland. Ce que je perçois, ce sont les villages environnants, la Prusse du dix-neuvième siècle, la vie dans ces campagnes. Je laisse libre court à mon imagination, et au bout d’un moment, je finis par la voir. De l’autre côté du cadre, dans les champs à droite du tableau, il y a cette femme. Les mains abîmées par le travail et la misère, elle semble fatiguée de cette vie passée à labourer, et pourtant, elle y retourne chaque matin, dès le lever du soleil. Elle n’a pas le choix, il faut travailler pour manger, mais ce matin, elle est seule. Lorsqu’elles ont appris que les officiers français avaient franchi la rivière Alle, les autres villageoises ont préféré rester chez elles, craignant pour leur vie. Mais les hommes sont sur le front et il faut nourrir les enfants. Qui le ferait à sa place ? Pourquoi les grands de ce monde passent-ils leur temps à s’acharner sur eux, les petites gens ? Quel intérêt ont-ils à se disputer les terres de paysans, qui, comme elle, ne demandent rien à personne et sont installés là depuis des générations ? Quand ce ne sont pas les français, ce sont les russes, et on ne compte plus les veuves dans les villages avoisinants. Elle n’est pas la seule à vouloir se révolter, mais comme les autres, elle n’en a pas la force, ni la prétention. Certains, dans la région, seraient d’avis de mettre en marche une révolution et de renverser la monarchie. Pour eux, en instaurant un système plus égalitaire, on sortirait de cette logique impériale qui vise à déclencher des guerres dans le seul but d’étendre un territoire. Des rumeurs circulent selon lesquelles le peuple français a pris les armes il y a de cela quelques années. Quand elle en voit le résultat, ses espoirs de paix s’envolent aussi vite qu’ils sont venus. Mais que pouvait-on….

Une sonnerie retentit dans le musée, suivie d’une voix dans les haut-parleurs annonçant aux visiteurs que le musée ferme ses portes dans dix minutes. Je pense aussitôt à ma femme qui me traite de fou et refuse désormais de m’accompagner au musée. « Et si tu regardais un peu les tableaux, au lieu de mettre à contribution ton imagination débordante ? » Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. On ne peut pas se contenter de ce que l’on voit, la vérité est ailleurs.

Exercice d'écriture 4 – par Joana

« Contours »

C'était un après-midi de novembre. Les journées se faisaient plus courtes. Le soleil prenait congé plus tôt. « Si encore les décorations de Noël étaient allumées ! Mais non, même pas. C'est vraiment déprimant de sortir de la fac à 18h et qu'il fasse déjà nuit noire. » Cécile n'avait pas tort. En cette mi-novembre, les gens désertaient les rues de plus en plus tôt. Mais la jeune femme avait besoin de se changer les idées après une dure journée de cours. Elle devait à tout prix prendre l'air. Décidée, elle se mit à marcher, respirant à grandes bouffées l'air frais du soir. Elle allait à contre-courant des travailleurs qui sortaient du bureau, pressés, pour rentrer chez eux. Peu à peu, de gros nuages menaçants se dessinaient dans le ciel. Cela ne dérangeait pas Cécile, elle aimait bien ce temps-là. Elle s'engouffra dans un magasin, puis dans un autre. Elle les connaissait tous par cœur. De plus, elle n'avait pas envie de dépenser bêtement son argent dans une énième paire de chaussures. Elle serait bien allée bouquiner à la bibliothèque, mais vu l'heure, elle devait probablement déjà être fermée. C'est alors qu'elle aperçut un coffee & books au bout d'une ruelle. C'était un café comme un autre, avec une petite particularité : au fond de la salle principale se trouvait un escalier en colimaçon qui menait à une belle pièce aménagée. On y trouvait des fauteuils, des canapés et des tables basses, tous différents les uns des autres ; et des étagères regorgeant de romans, de nouvelles et de magazines en tous genres. Cécile tomba immédiatement amoureuse de cet endroit. Elle parcourut les rangées de livres en langues étrangères et choisit un recueil de nouvelles d'un écrivain britannique dont elle n'avait jamais entendu parler. Cette fois-ci ce n'était pas seulement l'illustration de la couverture qui l'avait attirée. Elle s'empara du livre et le contempla quelques instants. Celui-ci était différent de tous ceux qu'elle avait eu entre les mains auparavant. La couverture avait quelque chose d'étrange mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui la différenciait des autres. Était-ce la taille des caractères du titre ? Non. La couleur ? Non plus. Tout ceci était banal. Cécile ferma les yeux et effleura les contours du livre. C'était donc cela ! Les coins du livre étaient légèrement encornés, abîmés, vieillis par le temps. La couverture était rugueuse au touché, on pouvait sentir que cette œuvre avait beaucoup voyagé, qu'elle était passée entre les mains de bon nombre de lecteurs. La jeune femme aperçut une inscription en italique en bas de la première page : Qui m'aime me lise... Cécile sourit. Sans le connaître, elle savait déjà qu'elle aimerait ce livre ainsi que son auteur. Elle s'installa confortablement dans un fauteuil beige en cuir usé par le temps, près d'une grande fenêtre donnant sur le balcon. Un serveur lui apporta le chocolat chaud qu'elle avait commandé, accompagné d'un verre d'eau. « Merci, monsieur. » Elle se plongea dans sa lecture, sans toucher à sa boisson. Sans prévenir, l'orage éclata : à l'extérieur, le tonnerre grondait, d'impressionnants éclairs scindaient le ciel et la pluie martelait les fenêtres du café. Mais Cécile n'y prêtait guère attention. Elle était tellement absorbée par sa lecture qu'elle n'entendait ni ne voyait rien de ce qui se passait dehors...

Histoire d'une traductrice – récit à 5

Volet 3, Sarah

Camille fixait l’horizon, un livre entre les mains. Dans trois mois, il lui faudrait en rendre la traduction complète et la tâche s’annonçait à la fois ardue et exaltante… L'éditeur avait longtemps hésité entre elle et un homme d'un certain âge, qui avait beaucoup plus d'expérience qu'elle dans le métier. Mais il avait finit par lui en confier la traduction. De toute façon, le manuscrit était fait pour elle, Camille le savait. C'est en sortant de la maison d'édition qu'elle avait réalisé ce que cela signifiait pour elle. Quelle chance de pouvoir enfin travailler avec son auteur de prédilection ! Elle ne l'avait pas choisi au hasard, car avant même d'obtenir son diplôme, elle s'attelait déjà à la traduction de plusieurs romans de cet écrivain argentin.

À toi, Émeline !

Projet Marie-G – phrases 37-38

Entre las cuatro paredes que protegían su intimidad, podía estar ocurriendo cualquier cosa, indeterminación que excitaba la imaginación de los señores Benavides. Si Joaquín encontró una ocupación, ellos inauguraron un deporte: el de atribuir cada noche un pasatiempo distinto a los compinches invisibles.

Traduction temporaire :
Entre ces quatre murs qui protégeaient leur intimité, il pouvait se passer n’importe quoi, une incertitude qui excitait l’imagination des Benavides. Si Joaquín avait trouvé une occupation, eux, inventèrent un nouveau genre de sport : celui d’attribuer chaque nuit un passe-temps différent à ces deux compères invisibles.

Projet Justine – phrases 199-201

«Palomita escribió: PAREN A ESTOS MONSTRUOS O NOS DEVORARAN!!» Algunos comentaristas a los que Fireman perseguía a lo largo y a lo ancho del portal le dedicaron sus comments por eso. Como Editor de Comentarios, Fireman no tardó en convertirse en una pequeña estrella del sitio.

Traduction temporaire :
« Petite colombe a écrit : ARRÊTEZ CES MONSTRES OU ILS VONT NOUS DÉVORER !! ». Quelques commentateurs que Fireman traquait sans relâche sur le portail lui avaient dédicacé leurs comments pour ça. En tant que Modérateur de Commentaires, Fireman n'avait pas mis longtemps à devenir une petite étoile sur le site.

Exercice d'écriture 5 – par Morgane

« Contours »

Alice avançait dans le froid, col relevé jusqu’au nez. Elle tenait son porte-vue sous son bras et marchait d’un pas décidé à travers les flocons.
Elle pénétra dans ce hall d’entrée qu’elle connaissait si bien. Elle aimait l’odeur de peinture et de bois qui se dégageaient de cet endroit. Petite déjà, elle se glissait dans les fauteuils de l’entrée en attendant sa grande sœur qui finissait ses cours de dessin. Cette école, c’était un peu une histoire de famille. Sa mère, sa sœur et maintenant elle, toutes trois partageaient la même passion : l’art. L’école de dessin de cet arrondissement de Paris leur permettaient, depuis de nombreuses années, de pratiquer régulièrement et d’apprendre le plus de techniques possibles.
Elle s’installa dans la deuxième salle du couloir, celle où les chevalets étaient disposés en cercle autour d’une estrade. Dans cette classe, il fallait dessiner en s’inspirant de modèles, humains ou objets. C’était très différent des cours de la salle 1, où seule l’imagination comptait, où les professeurs demandaient à leurs participants de ne se fier qu’à eux-mêmes et de se laisser aller à dessiner ce qui leur passait par la tête.
Alice savait exactement qui venait à cette heure-ci. Ils étaient huit en général, cinq filles et trois garçons. Mais ce jour-là, un jeune homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant s’installa discrètement devant un chevalet que personne ne s’était approprié. Ses cheveux étaient châtains, mi- longs et coiffés à la va-vite. Il ôta son gros manteau kaki et Alice se surprit à admirer sa nuque et son dos. Elle n’avait pas encore pu voir son visage mais imaginait des traits fins, une barbe de trois jours et de beaux yeux verts. Peut-être que les cours de dessin, d’imagination, lui montaient un peu trop à la tête ! Elle se ressaisit en secouant la tête et sortit son matériel avec délicatesse : des crayons fusain et de grandes feuilles blanches. Le garçon devant elle en faisait de même, comme s’il avait l’habitude de venir à ce cours-là.
— Aujourd’hui est un grand jour pour vous. La voix d’Anthony, le professeur, tira Alice de ses pensées et la ramena à la réalité. Vous allez, pour la première fois, travailler sur un modèle nu.
Les étonnements et les exclamations jaillirent de toute part dans la salle. Personne n’avait jamais travaillé sur un modèle nu et tout le monde savait que c’était un exercice des plus compliqués.
Un bel homme, d’environ trente ans, s’assit sur le fauteuil rouge bordeaux installé pour l’occasion et retira délicatement son peignoir blanc pour le laisser tomber par terre.
— Je vous présente Jérôme, dit-il alors que deux filles du premier rang gloussaient, probablement gênées par la situation. La règle est simple. Pour commencer, je vous demande de faire abstraction du fauteuil et du fait que ce jeune homme se retrouve complètement nu devant vous. Vous ne devez dessiner que les contours, les lignes de son corps, de la tête aux pieds, avec la plus minutieuse précision. Vous ne représentez pas son visage, ni ses muscles. J’attends juste de vous que vous appréhendiez son corps dans sa totalité et que, bien sûr, vous vous habituiez à sa nudité. Au travail maintenant !
L’exercice n’était pas aisé. Il fallait tout d’abord surmonter l’embarras causé par l’impassibilité du beau jeune homme assis sur le fauteuil, dans le plus simple appareil, puis se concentrer et ne l’observer qu’avec son œil d’artiste.
Alice se mit directement à l’œuvre, avec beaucoup d’application. Au bout d’une heure et demi de travail, elle ne faisait même plus attention au corps nu du mannequin devant elle, ni à tous les autres participants qui s’affairaient autour d’elle. Les courbes du jeune homme n’étaient plus que traits légers sur sa feuille de papier et son visage, sans bouche et sans yeux, ne parviendrait à charmer personne ainsi, mais au moins, les consignes étaient respectées et le corps prenait forme petit à petit. Alice s’en réjouissait.
Elle releva la tête au bout de deux heures, alors que certaines personnes étaient sorties pour se dégourdir les jambes ou boire un café. Dans la salle, il ne restait plus que le fameux inconnu, qui continuait à dessiner, et le mannequin, toujours détendu et imperturbable, sur son fauteuil.
Alice ne parvenait pas à distinguer ce que l’inconnu avait dessiné et dans un élan de curiosité, elle se leva et s’approcha en silence de lui, par derrière. Elle fut absolument époustouflée.
Le garçon avait non seulement appliquer les consignes à la lettre mais était allé encore plus loin. En deux petites heures, il avait réussi à représenter le corps dans sa totalité mais également chaque petit détail des membres, des muscles et des traits du mannequin.
Le visage était très expressif, reproduit à la perfection, les yeux étaient profonds et la bouche avait conservé le même rictus que celui qu’avait eu Anthony pendant toute la durée de l’atelier.
Les contours, quant à eux, qui étaient à la base de leur travail du jour, paraissaient si fins, presque invisibles, que le personnage aurait pu, à tout moment, prendre vie, se décrocher du papier et se déplacer sans le moindre problème.
Alice n’en revenait pas :
— C’est incroyable, murmura-t-elle.

Le garçon au manteau kaki, surpris, sursauta et se retourna vers elle…  

Exercice d'écriture 4 – par Maïté

Sujet : Contours

« La cité perdue »

Il y a bien des années existait la rumeur d'une citée perdue au cœur de la jungle. Elle fut découverte dans les années 1700 par un archéologue du nom de Smith. Ce charmant jeune homme à peine âgé d’une trentaine d’années, avait déjà une grande connaissance de la zone géographique que formait la Mésoamérique. Cette année-là, il fut accompagné par Lady Butterfly pour aller s’aventurer dans la selva tropicale. Lady Butterfly était une jeune botaniste de Londres, bien décidée à trouver dans les confins de la jungle, de nouvelles plantes aux vertus magiques. Ce duo plutôt atypique, lui, explorateur, fin aventurier, baroudeur jusqu’au bout des ongles et elle, bourgeoise, plutôt précieuse, très réservée, avait tout de même décidé d’unir leurs compétences pour se lancer dans cette expédition.
Les jours passaient, ils faisaient connaissance sur le chemin qui les mèneraient on-ne-sait-où. Parfois, Lady Butterfly s’arrêtait pour s’émerveiller de la beauté de telle ou telle plante, en en décrivant une à une toute les particularités. De sa vie, elle n’avait jamais vu des trésors pareils, elle en était toute retournée. La forêt tropicale, de par son humidité donne naissance à toute forme de plantes plus étranges les unes que les autres, aux couleurs folles. Par exemple, une plante dont les feuilles sont vertes, violettes et roses. Voilà pourquoi au fur et à mesure, elle décida de prendre des échantillons pour les ramener à Londres et les analyser. Quant à Smith, après plusieurs jours de marche, en écoutant les exclamations de Lady Butterfly entremêlées de ses cris dès qu’elle voyait un serpent ou une araignée, finit lui aussi par se stopper net : devant lui, se dressait une immense cité mais comment y entrer ? La contourner n’était pas envisageable alors il décida de grimper sur un arbre, un de ses grands arbres typique de la région, un ceiba d’où il pouvait voir l’immensité de la cité. Les contours en étaient si impressionnants, si extraordinaires qu’en voyant Lady Butterfly au pied de l’arbre les yeux levés vers lui, il décida qu’il valait mieux en rester là et ne pas pénétrer trop précipitamment dans cette citadelle.
Il redescendit et dit à Lady Butterfly, « rentrons ». Lady Butterfly resta bouche bée, ne comprenant pas pourquoi ils devaient faire demi-tour, n’était-ce pas ce qu’il avait toujours souhaité ? Découvrir une cité perdue ? Ou peut-être avait-il vu quelque chose d’effrayant qui l’avait fait écouter son instinct ? Mais, n’est-il pas Smith, le grand archéologue, l’aventurier par excellence ?
Sur le chemin du retour, il ne lâcha pas un mot. Au bout d’un moment, Lady Butterfly décida que tant pis, elle continuerait, elle, à observer la faune et la flore qui l’entouraient.
Elle découvrit l’amaranthe, une plante qui était fort jolie avec une floraison en épis spectaculaire et ses teintes rose et blanche. Elle apprit par la suite que la dite plante était comestible, les graines étaient grillées ou on les écrasait pour en faire de la farine tandis que les feuilles étaient cuisinées comme légumes verts. Elle était d’ailleurs pours les habitants de la région un symbole d’immortalité car c’est une fleur qui ne se fane pas. Les habitants dont elle avait un peu peur au début se montrèrent d’une gentillesse sans pareil qui finit pas la mettre à l’aise. D’ailleurs, ils lui firent aussi connaître la commelina, une plante aux pétales d'un bleu éclatant et l’indigofera, dont les fleurs poussent en grappes rose pâle. Ils lui expliquèrent que le mélange des deux servait à colorer les murs des maisons donnant un bleu-vert qui pouvait être utilisé comme toile de fond pour d’autres peintures. Pendant des jours, elle resta là, au contact des autochtones, et Smith, lui était toujours plongé dans un étrange silence comme si d’avoir eu cette vision d’ensemble sur la cité lui avait ôté une partie de son être.
Lady Butterfly décida qu’il en était assez et, qu’à présent, il lui faudrait trouver une solution pour retrouver son compagnon, il ne pouvait pas rentrer ainsi alors qu’il avait fait cette extraordinaire découverte.

Avec l’aide de quelques uns de ses nouveaux amis, ils mirent au point un plan de sauvetage qui consistait à retourner à la cité perdue afin d’en percer le mystère.   

Projet Sophie – titre + phrases 1-2

Daniel Sánchez Bonet
(Espagne)

« Éxodo »

Por fin tenía en mis manos un libro electrónico -¡Qué bien me conocía mi mujer! y ¡Qué felices éramos!- pero, mientras yo seguía paralizado de la emoción; ella, con paso firme, se acercó a las estanterías del comedor y harta de tanto desorden, me pidió a gritos la inmediata retirada de todos esos libros ¡Y más vale hacer caso!, concluyó.

Traduction temporaire :

Daniel Sánchez Bonet
(Espagne)

« Exode »


J’avais enfin un livre électronique entre mes mains. Qu’est-ce qu’elle me connaissait bien, ma femme ! Qu’est-ce que nous étions heureux ! Mais, tandis que je restais paralysé par l’émotion, elle s’approcha des étagères de la salle à manger d’un pas ferme et, exaspérée par le désordre, m’ordonna avec force cris de retirer immédiatement tous ces livres ; et il vaut mieux que tu obtempères ! conclut-elle.

Projet Marie 5

Edgar Omar Avilés
(Mexique)

LA LEY

Dios se disponía a fulminar a ese hombre que estaba por dispararle al tigre que estaba por saltar sobre el águila que estaba por clavar su pico en la comadreja que estaba por desgarrar a la serpiente que estaba por engullir a la rata que estaba por desentrañar a la tarántula que estaba por envenenar al escarabajo que estaba por atenazar al gusano que estaba por morder la hoja.

Dios se disponía a fulminar a ese hombre pero, lleno de pánico, volteó hacia atrás.

Traduction temporaire :
Edgar Omar Avilés
(Mexique)
« La loi »

Dieu s’apprêtait à foudroyer cet homme qui allait tirer sur le tigre qui allait sauter sur l’aigle qui allait planter son bec dans la belette qui allait déchiqueter le serpent qui allait engloutir le rat qui allait évider la tarentule qui allait piquer le scarabée qui allait torturer le ver qui allait mordre dans la feuille.

Dieu s’apprêtait à foudroyer cet homme, mais, pris de panique, fit machine arrière.

Projet Morgane 6

Edgar Omar Avilés

(Mexique)

EL BRUJO DECAPITADO


Cuando el hacha del maestro verdugo cercenó la cabeza, en la plaza todo el pueblo aplaudió aliviado, libre, al fin, de la malevolencia del brujo, de su risa oxidada, de sus promesas de muerte. Pero al caer la cabeza, del cuello surgió otra diferente. Ésta también fue cortada, mas otra brotó como capullo. Las cabezas decapitadas se apilaban, nacidas una tras otra del insólito cuello del brujo. Aunque los brazos del verdugo estaban cada vez más cansados y los aplausos menguaban, repetía la operación concentrando el mismo coraje en cada tajada, hasta que un par de horas después todo empezó a dar vueltas al ritmo de la risa oxidada. En ese instante el verdugo vio que en la plaza todo el pueblo yacía decapitado, mientras su cabeza rodaba junto con las demás.

Traduction temporaire :
Edgar Omar Avilés
(Mexique) 

« Le sorcier décapité » 


Quand, sur la place, la hache du bourreau coupa la tête, tout le village applaudit, soulagé, enfin libéré de la malveillance du sorcier, de son rire oxydé, de ses menaces de mort. Sauf qu'au moment où la tête tomba, il en apparut une autre, différente, sur le cou. Celle-là aussi fut coupée, mais une autre jaillit, tel un bouton. Les têtes décapitées s'empilaient, sorties les unes après les autres de l'étrange cou du sorcier. Bien que les bras du bourreau fussent de plus en plus fatigués et que les applaudissements diminuassent, il répétait l'opération, rassemblant son courage dans chaque coup de hache ; jusqu'à ce que, deux heures plus tard, tout le monde commence à s'en aller au rythme du rire oxydé. À ce moment-là, le bourreau s'aperçut que sur la place, tous les habitants du village étaient étendus, décapités, et que sa tête, elle aussi, traînait, à côté des autres.

vendredi 15 novembre 2013

Projet Hélène / Audrey – phrase 32

Parecía quo todos los papás tenían que estar enojados, parecía, y tendría que preguntarlo, que todos los papás de la calle, del barrio, de la ciudad tenían que estar enojados todo el tiempo.

Traduction temporaire :
Apparemment, tous les papas devaient être en colère, apparemment, mais il faudrait poser la question, tous les papas de la rue, du quartier, de la ville devaient en permanence être en colère.

Projet Audrey 3 – phrases 58-63

— Con el compás…-balbuceó- con el compás el azimut, ahí el este verdadero…
El maestre hizo llamar al piloto. Quizás él podría descifrar lo que el náufrago decía. Murillo puso una oreja sobre los labios del moribundo. Un rato así estuvo inclinado, escuchando la incoherencia que de aquél hambre manaba. Pero pronto se incorporó.

Traduction temporaire :
— Avec la boussole..., balbutia-t-il, avec la boussole l'azimut , c'est là qu'est l'Est, le vrai… Le maître fit appeler le pilote. Lui serait peut-être en mesure de déchiffrer ce que disait le naufragé. Murillo colla son oreille contre les lèvres du moribond et resta penché ainsi pendant un moment, à écouter les élucubrations qui sortaient de la bouche de cet homme. Mais, soudain, il se redressa.

Projet Justine – phrase 198

Hasta el momento en que abandonó todo tipo de discusión política para encerrarse en la Unidad, Fireman tenía una opinión tan sofisticada sobre la gestión de Hilda L. Solís, en la Secretaría de Trabajo de los Estados Unidos, que sus podcasts se habían vuelto muy populares entre los votantes latinos que navegaban en CNN.com.

Traduction temporaire :
Jusqu'au moment où il avait renoncé à toute discussion politique pour s'enfermer dans l'Unité, Fireman avait une opinion si sophistiquée sur la gestion de Hilda L. Solis, au Ministère du Travail des États-Unis, que ses podcasts étaient devenus très populaires parmi les électeurs latino-américains qui surfaient sur CNN.com.

Projet Sabrina 2 – phrase 15

Todos parten a las cruzadas para liberar su Jerusalén virtual, yo en cambio me quedo para imaginar su llegada: él vendrá y ¡Zas! golpeará el ventanal de mi piso quince; será tan inteligente como para resolver esa ecuación gravitatoria y sostenerse en la altura. smo autor, al que ya no guardo el menor interés de escuchar porque es hora de marcharme a casa.

Traduction temporaire :
Tout le monde part en croisade pour libérer son Jérusalem virtuel ; moi, au contraire, je reste ici à imaginer son arrivée : il viendra et vlan !, il frappera à la baie vitrée de mon quinzième étage ; il sera assez intelligent pour résoudre cette équation gravitationnelle et se maintenir en apesanteur, très cher auteur à qui je ne prête plus la moindre attention parce qu'il est l'heure de rentrer.

Projet Chloé 2 – phrases 22-23

Prefiere mantenerse en la ignorancia. A veces se esfuerza para generar comentarios banales para intercambiar algo más que dinero con las farmacéuticas, pero por lo general se mantiene callada.

Traduction temporaire :
Elle préfère demeurer dans l'ignorance. Parfois, elle s'efforce de faire des commentaires banals pour échanger un peu plus que de l'argent avec les pharmaciennes, mais en général, elle reste muette.

Projet Céline / Sonita 4 – phrase 17



Siempre he sido una persona obsesionada por las formas y sus símbolos, particularmente por las nalgas de las mujeres, así que conociendo un poco mis inclinaciones y los atributos de algunas vedettes rioplatenses gracias a la prensa del corazón y a Las gatitas de Porcel, me animé a doctorarme en el país que podríamos considerar el culo del mundo, excelente territorio para parafrasear las hermosas palabras de Gilles Deleuze al comienzo de Crítica y clínica: las bellas nalgas parecen escritas en una lengua extranjera, exactamente de la misma manera en que se nos presentan los libros hermosos que tocan lo más profundo de nuestro corazón.

Traduction temporaire :

J'ai toujours été obsédé par les formes et leurs symboles, particulièrement par les fesses des femmes ; de sorte que, connaissant un peu mes penchants et les attributs de quelques célébrités de Río de la Plata grâce à la presse du cœur et aux Gatitas de Porcel (1), j’ai choisi d’obtenir mon doctorat dans ce pays que l'on pourrait considérer comme le trou du cul du monde, un territoire idéal pour paraphraser les jolis mots de Gilles Deleuze au début de Critique et clinique : les belles fesses semblent écrites dans une langue étrangère, exactement comme on nous présente les beaux livres qui touchent profondément notre cœur.

1) Ndt : Les “Gatitas de Porcel” a été un programme télévisé argentin, émis entre 1987 et 1990, présenté par Jorge Porcel.

Histoire d'une traductrice – récit à 5

Volet 2, Morgane

Camille fixait l’horizon, un livre entre les mains. Dans trois mois, il lui faudrait en rendre la traduction complète et la tâche s’annonçait à la fois ardue et exaltante… L'éditeur avait longtemps hésité entre elle et un homme d'un certain âge, qui avait beaucoup plus d'expérience qu'elle dans le métier. Mais il avait finit par lui en confier la traduction. De toute façon, le manuscrit était fait pour elle, Camille le savait.

Sarah, à toi !

Projet Sarah – phrases 30-31

Esto le permitía salir de su trabajo, sin despertar sospecha alguna, y dedicarse libremente a su mortal pasatiempo. Desde allí, desde la pequeña empresa, había elegido a algunas de sus víctimas, a otras las escogía en la calle o en el supermercado.

Traduction temporaire :
Cela lui permettait de sortir sans éveiller le moindre soupçon et de se livrer en toute tranquillité à son passe-temps mortel. C'était là, dans cette petite entreprise, qu'il avait repéré quelques-unes de ses victimes, les autres, il les choisissait dans la rue ou au supermarché.

Projet Justine / Vanessa – phrase 19

Ellos que fueron actores principales en los turbulentos meses de guerra (perecieron en Afganistán, Irán, Libia y Corea por centenares), decidieron reaccionar sistemáticamente y en silencio, nombrando lideres juveniles, con los mismos propósitos:

Traduction temporaire :
Eux, qui furent les protagonistes de ces troubles mois de guerre (ils périrent par centaines en Afghanistan, en Iran, au Liban et en Corée), décidèrent de réagir systématiquement et en silence ; voilà pourquoi ils nommèrent de jeunes leaders ayant les mêmes objectifs :

Projet Joana – phrases 26-30

Volvió a sentarse inmediatamente y me pidió disculpas, casi escondiendo la cara. Reímos. No entiendo por qué tanto interés / Osorio me habló del cuento. Me muero por leerlo… Siguió llenándome de elogios por un texto que aún no había leído.

Traduction temporaire :
Elle se rassit immédiatement et me demanda pardon, cachant presque son visage. Nous rîmes. Je ne comprends pas d'où vient un tel intérêt / Osorio m'a parlé de ton histoire. Je meure d'envie de la lire… Elle continua à me couvrir d'éloges pour un texte qu'elle n'avait pas encore lu.

Projet Émeline – phrases 34-37

El ojo termina por acostumbrarse a un nuevo lugar, pensó. Ahora nada lograba sorprenderlo. Como si la ciudad se hubiese ido aplanando dentro de él. Caminó unos pasos.

Traduction temporaire :
L’œil finit par s’habituer à un lieu nouveau, pensa-t-il. Désormais, rien ne parvenait plus à le surprendre. Comme si la ville s’était progressivement lissée en lui. Il avança de quelques pas.

Histoire d'une traductrice – récit à 5

Volet 1, par Marie


Camille fixait l’horizon, un livre entre les mains. Dans trois mois, il lui faudrait en rendre la traduction complète et la tâche s’annonçait à la fois ardue et exaltante…

Morgane, à toi.

Projet Justine / Vanessa – phrase 18

Este laberinto político de intrigas y traiciones en nada cambió a los jóvenes de la nueva generación en sus ideales y esperanzas.

Traduction temporaire :
Ce labyrinthe politique d'intrigues et de trahisons ne bouleversa en rien les idéaux et les espoirs des jeunes de la nouvelle génération.

Projet Justine – phrases 196-197


Él lo había hecho. Había seguido toda la campaña electoral de Barack Obama durante dos mil ocho desde los comentarios de videos de hentai, fisting, cumshots y creampie en portales porno de Nueva York y Boston.

Traduction temporaire :
Il l'avait fait, lui. En 2008, il avait suivi toute la campagne électorale de Barack Obama depuis les commentaires de vidéos de hentai, fisting, cumshots et creampie sur les portails pornos de New York et Boston.

Projet Julie – phrases 132-134

Kalaya intenta comenzar una conversación, elogia la comida. Como nadie le responde, prende el televisor. Dao sigue allí, la vista baja anclada a algún punto de la alfombra, quizás con la esperanza de que el silencio y la inmovilidad le construyan un capullo dentro del cual volverse invisible.

Traduction temporaire :
Kalaya tente d'engager la conversation, elle dit que la nourriture est bonne. Comme personne ne lui répond, elle allume la télévision. Dao reste là, ses yeux baissés sur un point quelconque du tapis, sans doute dans l'espoir que le silence et l'immobilité lui façonnent un cocon dans lequel elle pourrait devenir invisible.  

Projet Morgane 5 – phrases 6-7

Y es que sé, de alguna forma, que los dolores son la soldadura, el nudo de la extraña red que tejo con mis pasos. No soy estoico desde luego, no me gusta sufrir, pero no encuentro manera mejor de prepararme para recibir a la catástrofe.

Traduction temporaire :
Le fait est que je sais que, d'une manière ou d'une autre, les douleurs sont la soudure, le nœud dans l'étrange réseau que je tisse avec mes pas. Je ne suis pas stoïque, bien sûr, je n'aime pas souffrir, mais je ne trouve pas de meilleur moyen pour me préparer à recevoir la catastrophe.

Projet Joana / Sarah – phrases 8-9

La pulcritud del dependiente llamó especialmente mi atención. Utilizaba unos guantes blancos, de esos de sala de operaciones, y sometía al jamón serrano a la desintegración en delgadísimas lonjas.

Traduction temporaire :
La propreté éclatante du commerçant retint spécialement mon attention. Il portait des gants blancs, les mêmes qu'on utilise dans les salles d'opération, et s'appliquait à découper le jambon en de très fines tranches.

Projet Delphine 4 – phrases 39

-No agradezcas mucho, ya era hora de conocer gente nueva, van más de ocho años y tres meses metido en este nicho, pero ahora acuéstate, mañana me contarás cómo has muerto.
-¿Muerto yo…? ¿Cómo? Todavía no he muerto…
- Es difícil aceptarlo pero ya habrá tiempo para hablar de eso, por ahora descansa, se te ve fatigado y sangras por todas partes.

Traduction temporaire :
– Ne me remercie pas trop. Il était temps que je rencontre de nouvelles personnes. Cela fait plus de huit ans et trois mois que je suis cloîtré dans cette niche. Mais allonge-toi donc. Demain tu me raconteras comment tu es mort.
– Mort, moi ? Qu'est-ce que tu dis ? Je ne suis pas encore mort…
– C'est difficile à accepter, mais on aura le temps de parler de cela. Pour le moment, repose-toi, tu as l'air fatigué et tu saignes de partout.

Projet Marie-G 4

María José Abia
(Espagne)

Solterona

Otro domingo. Isabel se acicala para asistir a la misa de doce. Al salir paseará por la calle Mayor y buscará a Juan con la mirada. En él tiene depositada la esperanza de acabar con el rancio celibato que amarga sus días interminables.


El cielo, premonitor del infortunio, se echa a llorar.

Traduction temporaire :

María José Abia
(Espagne)
« Vieille fille »

Encore un dimanche. Isabelle se pomponne pour assister à la messe de midi. En sortant, elle se promènera du côté de la Calle Mayor et cherchera Juan des yeux. En lui, elle a placé ses espoirs de mettre un terme à ce rance célibat qui lui gâche ses interminables journées.

Le ciel, annonciateur de l’infortune, se met à pleurer.

Exercice d'écriture 7 – par Marie

« Contours »

Jeanne adorait la corrida. Le problème c’est qu’on ne pouvait pas aimer la corrida comme on aime le chocolat, ça n’était pas aussi simple. Il n’empêche qu’à chaque feria quand un de ses toreros préférés était annoncé, elle s’y rendait ; les couleurs des arènes et des costumes, la musique des fanfares, la force des picadors sur leur monture et la danse finale… tout était si beau ! Son petit ami, un fervent militant de l’anti-corrida, ne partageait pas cet avis. Comment un être aussi sensible et délicat qu’elle pouvait aimer la mise en scène et la mise à mort d’un être vivant ? Elle, lui disait que ce n’était pas comme ça qu’il fallait le voir. Le « toreo » était « la richesse poétique et vitale de l’Espagne » disait Lorca. Et puis cela faisait partie de leur culture, de leur histoire et il ne servait à rien de le dénigrer, ce à quoi il lui rétorquait qu’il ne s’agissait pas d’histoire ou de culture mais simplement de cruauté et de bassesse humaine. Généralement, elle mettait un terme à la discussion en lui disant qu’elle était assez indifférente à la souffrance animale. Elle n’aimait pas les animaux. Elle ne comprenait pas comment l’homme, quand il avait des carences affectives, faisait systématiquement un transfert sur un animal, le plus souvent, un chien ou un chat. Elle trouvait absurde que tout le monde s’extasie en disant que le chien était considéré comme le meilleur ami de l’homme, qu’il était celui qui reste fidèle et attend son maître quand tout le monde l’abandonne, qu’il était celui qui est toujours heureux de le revoir quand tous les autres lui font subir leurs états d’âme, qu’il était celui qui jamais ne pourrait le décevoir… Toutes ces conneries, elles les connaissaient par cœur et ne comprenait pas que les gens soient aussi bêtes pour ne pas voir que cet « amour » de leur chien n’était que la conséquence de leur condition animale : les animaux étaient condamnés à « aimer » leur maître car ils ne pouvaient rien faire d’autre… Bref, ce sujet l’agaçait, elle aimait Rodolphe mais, vraiment, quand il commençait à lui parler de tout ça, elle avait juste envie d’être ailleurs, ça ne l’intéressait pas. Néanmoins, une fois dans le train pour Valencia où elle se rendait à une corrida, quelque chose lui fit repenser à leur dernière conversation sur le sujet… Elle n’aurait su dire quoi exactement, peut-être le chien du voisin du siège de l’autre côté du couloir, un husky aux yeux clairs qui répondait au nom de Flex, à moins que ça ne soit cet homme au visage amaigri et aux yeux creux qui allait et venait dans le train, un outil à la main. Elle ne parvenait pas à voir de quel outil il s’agissait, celui-ci étant soigneusement caché dans un bandage qu’il avait autour des doigts. Les allées et venues se multipliaient, toujours dans le même wagon, le sien. Il semblait nerveux et combattif, un peu comme le taureau quand on le libère des écuries au début d’une corrida et qu’il se lance dans les arènes. On sentait qu’il fallait qu’il fasse quelque chose, que quelqu’un lui donne une occasion de pouvoir prouver sa force et sa domination. Mais personne dans le train ne semblait faire attention à lui, personne, sauf elle. Elle suivait chacun de ses moindres faits et gestes en prenant la précaution de baisser les yeux à chaque fois qu’il regardait dans sa direction. Une fois arrivé sur une des plateformes de l’extrémité du wagon, il se mettait la tête dans les mains et, dans un mouvement de balancier vertical avec ses jambes, donnait de violents coups de pied dans la porte des toilettes. Il ressemblait au taureau qui, après avoir été attaqué par les picadors, se vide de son sang et piétine nerveusement en espérant trouver une issue. Y avait-il quelqu’un dans ces toilettes ? Elle n’avait vu rentrer personne, pourquoi taper contre cette porte alors ? Le voilà qui sortait quelque chose de sa bouche et qui commençait à trafiquer la serrure de la porte. Celle-ci s’ouvrit et Jeanne, qui avait vu toute la scène, se sentit obligée de se lever pour aller vérifier que cet homme ne fasse de mal à personne. Quand elle passa à hauteur des toilettes, juste derrière lui, elle vit que celles-ci étaient bels et bien vide mais elle croisa aussi son regard menaçant et cruel. Elle se dépêcha de regagner sa place, le cœur battant. Pourquoi était-elle allée voir ? Il avait une bonne raison de s’énerver contre elle maintenant. Il fallait qu’elle redouble de vigilance. Elle aurait bien échangé sa place côté couloir contre celle de son voisin de gauche qui était côté fenêtre. Elle y était, c’était la danse finale, ce moment fatidique où il fallait que le torero d’un seul geste précis et assuré porte le coup de grâce à l’animal… Sauf que dans son cas, elle ne savait pas du tout comment s’y prendre, elle n’avait pas d’épée pour se défendre… Le voilà qui revenait, cette fois en la fixant délibérément et en avançant droit sur elle, l’outil qu’elle n’avait pas réussi à distinguer jusqu’à présent lui apparaissait très clairement à cet instant. Il s’agissait d’un couteau. Le taureau avait l’avantage et il était clair qu’il ne céderait pas, il s’était bien positionné et le torero ne pourrait pas contrer cette attaque. Mon Dieu ! Ce fou allait la tuer à coups de couteau, là devant tout le monde, dans un wagon de train pourri, parmi des gens qu’elle ne connaissait pas et après une dispute avec l’homme de sa vie. Elle ne voulait pas mourir comme ça… « Non s’il vous plaît ! Pitié ! Je ne veux pas mourir comme ça ! Au secours ! » Il était tout près d’elle à présent. Personne ne bougeait. Chacun était absorbé par son livre, son ordinateur ou son téléphone portable, personne ne voyait ce qui était en train de se produire. Personne, personne, personne… Le chien, jusqu’à présent très calme se mit à grogner comme s’il avait senti quelque chose lui aussi et commença à se dresser sur ses pates avant. « Chut, Flex ! Gentil ! Couché ! », lui disait son maître. « Non pas gentil, pas couché, Flex, aide moi, au secours ! »  Avant qu’elle n’ait eu le temps de crier, l’homme avait levé le bras et s’apprêtait à lui donner un coup de couteau dans le ventre quand le chien s’interposa. Elle était tétanisée et ne pouvait plus effectuer le moindre mouvement, les gens autour d’elle s’affairaient ; une demi-douzaine d’hommes contenait maintenant son agresseur pendant que d’autres courraient pour aller chercher des secours et que d’autres encore lui demandaient si elle allait bien. Jeanne avait les yeux fixés sur le chien, elle n’aurait su dire s’il vivait encore. Elle leva alors les yeux vers son maître, un skin avec des tatouages plein les bras… ce mec allait lui en coller une et lui en vouloir jusqu’à sa mort. Mais il la regarda gentiment puis émit un soupir en regardant Flex, il n’avait pas survécu à ce coup de couteau. Les contrôleurs, jusqu’ici invisibles, se chargèrent d’apporter des couvertures et une trousse de secours. Le maître du chien voulut s’en occuper seul, il l’enveloppa dans les couvertures et le porta jusqu’à l ‘extérieur du wagon. De l’attaque, ne subsistait que les contours du sang versé par cet animal que Jeanne avait si longtemps méprisé. Aujourd’hui, le torero s’était fait gracier et ne pourrait plus jamais toréer.   

jeudi 14 novembre 2013

Projet Sarah 12

María José Abia
(Espagne)

« Por amor al prójimo »

Sentía tanta pena por el dolor ajeno que se hizo enfermera. 

Tras treinta años como profesional, mantiene intactas su vocación y su sonrisa mientras administra una nueva inyección liberadora.

Traduction temporaire :

María José Abia

(Espagne)

« Par amour de son prochain »

La douleur d'autrui lui faisait tant de peine qu'elle devint infirmière. Après trente ans dans la profession, sa vocation et son sourire restent intacts lorsqu'elle administre une nouvelle injection libératrice.

Projet Chloé 2 – phrases 19-21

La farmacia es un paseo agradable. Le permite salir del departamento y sentirse útil. Nunca piensa si los demás viven lo mismo que ella.

Traduction temporaire :
La pharmacie est une promenade agréable. Cela lui permet de sortir de chez elle et de se sentir utile. Elle ne se demande jamais si les autres vivent la même chose qu'elle.

Projet Marie-G – phrases 35-36

Lo que hacía con Antonio en la soledad de su refugio era un misterio, y al parecer podía verse afectado por la más leve interrupción. ¿Por qué no jugaban a la vista de todos?, se preguntaban los padres.

Traduction temporaire :
Ce qu’il faisait avec Antonio dans la solitude de son refuge était un mystère, mais apparemment, la moindre interruption l'affectait. Pourquoi ne jouaient-ils pas à la vue de tous ? s'interrogeaient ses parents.

Projet Lorena 2 – phrases 4-8

“Demasiada cama”. Mi respuesta fue tajante, pero no desistió. Mis amigas me insistían en darle una oportunidad. No era feo. Era guapo.

Traduction temporaire :
"Trop de lit!". Ma réponse a été catégorique, mais il n'a pas renoncé. Mes amies insistaient pour que je lui donne une chance. Il n'était pas moche. Il était beau.

Projet Nadia / Elise – phrases 114-115

Por varios días nos quedamos como atontados. Asistíamos a oír la banda de la marina en la retreta del malecón, vagábamos aburridos por las glorietas de Cantolao y hasta se nos antojó hacer visitas, yendo de casa en casa, jugando partidas de ludo y monopolio, o bien ayudando al obsesivo papá de los Arróspide del Solar a repintar de blanco la cenefa de madera calada que adornaba su porche delantero.

Traduction temporaire :
Pendant plusieurs jours, nous fûmes étourdis, comme assommés. Nous allions écouter la fanfare de la marine, en concert sur la jetée ; nous traînions, morts d'ennui, vers les ronds-points de Cantolao ; et on envisagea même de faire des visites, passant de maison en maison, pour jouer aux petits chevaux et au Monopoly, ou repeindre en blanc les plinthes de bois ajouré qui ornaient le porche de l'obsessionnel père des Arróspide del Solar. 

Projet Morgane – phrases 71-74

Rebeca seguía sentada frente a la ventana. Parecía espiar. Mauro, en silencio, caminó hacia ella. Iba a preguntarle la razón de su espera, pero distinguió de pronto un murmullo, casi una letanía que brotaba de sus labios. Con dificultad, reconoció fragmentos de un poema de Pablo Neruda; eran versos de "Ritual de mis piernas":

Traduction temporaire :
Rebeca était toujours assise face à la fenêtre. Elle semblait épier quelque chose. En silence, Mauro se dirigea vers elle. Il allait lui demander ce qu'elle attendait, quand, soudain, il perçut un murmure, presque une litanie, qui jaillissait de sa bouche. Avec difficulté, il reconnut des fragments d'un poème de Pablo Neruda ; des vers de "Le rituel de mes jambes" :

Projet Justine 2 – phrase 19

Los monjes seguían rezando como de costumbre, con las manos metidas entre las bocamangas, las mentes ancladas en las letras menudas y las lenguas atadas a los cánticos dolorosos.

Traduction temporaire :
À leur habitude, les moines continuaient de prier. Les mains dans les manches, les esprits ancrés dans les lettres minuscules, et les langues soumises aux cantiques douloureux.

mercredi 13 novembre 2013

Projet Nadia / Elise – phrase 114

Solo uno, el enano Nito Costa, dijo que sí la había besado, plenamente, con metida de lengua y suaves mordiscos al labio inferior, pero luego admitió que se trataba de una mentira para impresionar.

Traduction temporaire :
Seul Nito Costa, le nain, raconta que lui, il l'avait embrassée goulûment, avec la langue et en mordillant doucement sa lèvre inférieure. Mais il avoua ensuite que ce n'était qu'un mensonge destiné à impressionner les autres.