jeudi 11 juin 2009

Un nouveau répertoire pour Nathalie


EXPRESSIONS ET LOCUTIONS AUTOUR DES ANIMAUX

À force de trouver des expressions imagées dans les récits pour enfants que j'ai lus cette année (traduction longue oblige), j'ai eu envie de les regrouper dans un répertoire alphabétique; cette longue liste (hélas non exhaustive) recense toutes les expressions et locutions animalières que j'ai pu trouver mais laisse de côté les proverbes (qui font déjà l'objet de glossaires ou dictionnaires spécialisés).

J'ai pris plaisir à découvrir les traductions espagnoles de nombreuses locutions que je ne connaissais pas = il est, ainsi, amusant, de constater que d'une langue à l'autre, on change d'animal (ex = avoir une tête de cochon = ser terco, a como una mula) ou de règne (ex = avoir du sang de poisson = tener sangre de horchata). Parfois, la traduction déçoit un peu parce qu'elle ressemble au français (ex = avoir une taille de guêpe = tener cintura de avispa) ou parce qu'elle n'est pas du tout imagée (ex = être malade comme un chien = estar enfermísimo, a). Mais on peut avoir des surprises; la traduction que je préfère est celle de l'expression française = changer son cheval borgne pour un aveugle = salir de Guatemala y meterse en Guatepeor.

Et vous, quelle est votre expression préférée ? Je vous laisse faire un tour dans ce bestiaire verbal. Amusez-vous bien !


AGNEAU
- être doux comme un agneau = ser manso como un cordero

AIGLE
- avoir des yeux/un regard d’aigle = tener ojos de águila / lince
- ce n’est pas un aigle = no es ningún águila / lince

ALOUETTE
- attendre que les alouettes vous tombent toutes rôties dans la bouche = esperar que le den a uno todo servido / hecho, esperar que caiga el maná
- le miroir aux alouettes = el señuelo, el cebo, el espejuelo
- se lever au chant de l’alouette = levantarse con el canto del gallo / con el alba

ÂNE
- beugler comme un âne = gritar como un marrano
- c’est le coup de pied de l’âne = es hacer leña del tronco caído
- être comme l’âne de Buridan = no saber si tomar criada o ponerse a servir
- être un âne bâté = ser una acémila
- faire l’âne = hacer el ganso
- faire l’âne pour avoir du son = dame pan y dime / llámame tonto
- il y a plus d’un âne qui s’appelle Martin = es un apellido de lo más corriente
- peser (comme) un âne mort = pesar como una vaca en brazos

ANGUILLE
- écorcher l’anguille par la queue = coger el rábano por las hojas
- il y a anguille sous roche = hay gato encerrado
- se faufiler comme une anguille = escurrirse como una anguila

ARAIGNÉE
- avoir une araignée au plafond = faltarle a uno un tornillo, andar mal de la azotea

AUTRUCHE
- faire (comme) l’autruche ou pratiquer la politique de l’autruche = comportarse como el avestruz

BALEINE
- rire comme une baleine = reír como un descosido

BÉCASSE
- être une bécasse = ser una pava

BÊTE
- bête à manger du foin = ser tonto de capirote / de marca mayor
- chercher la petite bête = ser un chinche
- être une bête = ser un fenómeno / de primera
- faire la bête = hacer el oso
- être la bête noire de quelqu’un = ser la bestia negra / pesadilla de alguien
- être une bête à concours = ser un empollón
- être une bête de scène = ser un monstruo del teatro
- être une bête de sexe = ser una máquina sexual / de follar
- regarder quelqu’un comme une bête curieuse = mirar a alguien como a bicho raro
- reprendre du poil de la bête = echar el mal pelo fuera
- travailler comme une bête (de somme) = trabajar como un burro / una fiera

BŒUF
- enlevez le bœuf (c’est de la vache !) = ¡esto ya está !, ¡listo !
- être fort comme un bœuf = ser fuerte como un toro, ser más fuerte que un roble
- faire un bœuf = hacer una « jam session »
- faire un effet bœuf = tener un éxito padre, hacer un efecto bárbaro / tremendo
- je pourrais avaler un bœuf = me comería un buey
- se mettre un bœuf sur la langue = echarse un nudo en la lengua
- travailler comme un bœuf = trabajar como un negro

BOUC
- ça sent/pue le bouc = huele que apesta, huele a tigre
- trouver un bouc émissaire = encontrar un chivo expiatorio, una víctima propiciatoria

BOURDON
- avoir le bourdon = tener murria

BOURRICOT
- c’est kif-kif bourricot = tú o yo, da lo mismo

BOURRIQUE
- faire tourner quelqu’un en bourrique = volver a uno mono / tarumba, traer al retortero

BREBIS
- être une brebis égarée = ser una oveja descarriada
- être une brebis galeuse = ser una oveja negra, un garbanzo negro, una manzana podrida

BUSE
- être une triple buse = ser un pedazo de alcornoque

BUTOR
- être un butor = ser un mastuerzo

CAFARD
- avoir le cafard = tener morriña

CANARD
- ça (ne) casse pas trois pattes à un canard = no es nada del otro mundo / del otro jueves
- être trempé comme un canard = estar hecho un pato / una sopa
- être un canard boiteux = ser un petardo
- être un vilain petit canard = ser un patito feo
- faire un froid de canard = hacer un frío que pela
- il y a plusieurs façons de plumer un canard = cada maestrillo tiene su librillo

CARPE
- c’est le mariage de la carpe et du lapin = forman / hacen una extraña pareja
- rester muet comme une carpe = quedarse más callado que un muerto

CHAMEAU
- traiter quelqu’un de chameau = tratar a alguien de mal bicho

CHAT
- (il n’) y a pas de quoi fouetter un chat = no es / no hay motivo para tanto
- acheter chat en poche = comprar sin mirar / a ciegas
- aller comme un chat maigre = correr como un galgo, ir como gato por ascuas
- appeler un chat un chat = llamar al pan pan y al vino vino
- avoir d’autres chats à fouetter = tener otras cosas más importantes que hacer
- avoir un chat dans la gorge = tener carraspera
- c’est réveiller le chat qui dort = peor es meneallo
- donner sa langue (au chat) = darse por vencido, rendirse
- écrire comme un chat = escribir como los gatos
- emporter le chat = irse a la chita callando
- il n’y a pas un chat = no hay (ni) una rata
- il ne faut pas réveiller le/un chat qui dort = peor es meneallo
- jouer à chat perché = jugar al pillo pillo / a pilla pilla / a corre que te pillo
- jouer au chat et à la souris = jugar al gato y al ratón
- passer sur quelque chose comme chat sur braise = pasar sobre algo como sobre ascuas
- une chatte n’y retrouverait pas ses petits = es una leonera
- vivre comme chien et chat = vivir como perros y gatos

CHEVAL
- avoir une fièvre de cheval = tener un calenturón
- c’est la mort du petit cheval ! = ¡se acabó lo que se daba! ¡es la monda! ¡es el despiporren!
- c’est un cheval à l’ouvrage = es una fiera para el trabajo
- cette fille est un vrai cheval = esta chica es (muy) caballona
- changer son cheval borgne pour un aveugle = salir de Guatemala y meterse en Guatepeor
- être né sur un cheval = tener las piernas arqueadas
- être (très) à cheval sur les principes = ser inflexible / muy estricto respecto a los principios
- j’en parlerai à mon cheval (il fait de la politique) = ya veremos, ya veremos / a la vuelta lo venden tinto
- miser sur le bon/mauvais cheval = apostar por el caballo ganador / perdedor
- monter sur ses grands chevaux = subirse a la parra
- travailler comme un cheval = trabajar como un mulo

CHÈVRE
- faire devenir chèvre = volver tarumba
- ménager la chèvre et le chou = poner una vela a Dios y otra al Diablo
- mi-chèvre mi-chou = entre Pinto y Valdemoro
- prendre la chèvre = ahumársele a uno el pescado

CHIEN
- arriver comme un chien dans un jeu de quilles =llegar a destiempo
- avoir des yeux de chien battu = tener ojos de perro apaleado / triste
- avoir l’air d’un chien battu = ir de capa caída
- avoir du chien = tener atractivo / gancho / salero
- c’est pas fait pour les chiens = para esto está
- comme des chiens enragés = como los perros de Zorita
- dormir en chien de fusil = dormir acurrucado / hecho un ovillo
- entre chien et loup = entre dos luces
- être d’une humeur de chien = estar de muy mala leche / de un humor de perros
- être chien = ser un perro
- être comme un chien à l’attache = estar encadenado, a
- être malade comme un chien = estar enfermísimo, a
- faire le chien couchant auprès de quelqu’un = rendir pleitesía, doblegarse / inclinarse ante alguien
- faire les chiens écrasés = ocuparse de los artículos de relleno
- faire un mal de chien = doler muchísimo
- faire un temps de chien = hacer un tiempo de perros
- garder/réserver un chien de sa chienne à quelqu’un = tenérsela (bien) guardada a alguien
- il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors = hace un tiempo asqueroso
- ils sont comme chien et chat = se llevan como el perro y el gato, se llevan fatal
- lâcher les chiens = soltar la escandalosa
- mener une vie de chien = tener / llevar / pasar una vida de perros
- ne pas attacher ses chiens avec des saucisses = ser agarrado, a
- recevoir comme un chien dans un jeu de quilles = recibir como a los perros en misa / como perro por Carnestolendas
- se donner un mal de chien = romperse el espinazo, sudar tinta, vérselas y deseárselas
- se regarder en chiens de faïence = mirarse como gallos de pelea
- traiter quelqu’un comme un chien = poner a alguien por los suelos

CHIENNE
- (quelle) chienne de vie ! = ¡qué vida más perra !

CHOUETTE
- être chouette = tener buena sombra
- une vieille chouette = una cacatúa

COBAYE
- servir de cobaye = servir de conejillo de Indias

COCHON
- avoir/être une tête de cochon = ser terco,a como una mula
- c’est de la confiture pour les cochons = es echar margaritas a los puercos / cerdos
- être copains comme cochons = estar a partir peras / piñones
- être gras comme un cochon = estar como una vaca
- être mi-lard mi-cochon = no ser chicha ni limonada
- faire un temps de cochon = hacer un tiempo asqueroso
- jouer un tour de cochon à quelqu’un = hacerle una cochinada / guarrada a alguien
- nous n’avons pas gardé les cochons ensemble ! = ¡que no hemos ido juntos a la escuela !
- se demander si c’est du lard ou du cochon = no saber con qué versión quedarse

COQ
- ce n’est pas à la poule de chanter devant le coq = la mujer, oír, ver y callar
- le coq du village = el tenorio del pueblo
- passer/sauter du coq à l’âne = pasar / saltar de un tema a otro
- se lever au (premier) chant du coq = levantarse con el canto del gallo
- vivre comme un coq en pâte = vivir de maravilla, ser tratado a cuerpo de rey


CORBEAU
- un corbeau = un(a) autor(a) de anónimos

CORNEILLE
- bayer aux corneilles = andar a caza de grillos

COUCOU
- être maigre comme un coucou = ser flaco, a como un fideo

COULEUVRE
- avaler des couleuvres = tragar culebras / sapos
- être paresseux comme une couleuvre = ser más vago que la chaqueta de un guardia

CRABE
- un panier de crabes = un nido de víboras

CRAPAUD
- avaler un crapaud = entrar / pasar por el aro

CROCODILE
- verser des larmes de crocodile = verter lágrimas de cocodrilo

CYGNE
- être blanc comme un cygne = estar blanco como la nieve
- le chant du cygne = el canto del cisne

DINDE
- être une dinde = ser una pava

DINDON
- être le dindon de la farce = ser la víctima, ser el hazmerreír, tocarle a uno el mochuelo
- garder les dindons = vivir en el campo
- nous n’avons pas gardé les dindons ensemble = ¿ en qué plato hemos comido juntos ?

DINOSAURE
- un dinosaure de la politique = un dinosaurio político

DOGUE
- être d’une humeur de dogue = tener un humor de perro(s)

ÉCREVISSE
- être rouge comme une écrevisse = ser encarnado,a como un cangrejo

ÉLÉPHANT
- avoir une mémoire d’éléphant = tener memoria de elefante
- être comme un éléphant dans un magasin de porcelaine = ser como un elefante / un caballo en una cacharrería


ESCARGOT
- avancer comme un escargot/à une allure d’escargot = ir a paso de caracol

ÉTOURNEAU
- un étourneau = una cabeza de chorlito

FAISAN
- un faisan = un estafador

FOUINE
- une fouine = un hurón

FOURMI
- avoir des fourmis dans les jambes = sentir hormigueo en las piernas
- un travail de fourmi = un trabajo de chinos

FRETIN
- le menu fretin = la morralla

GARDON
- être frais comme un gardon = estar fresco como una lechuga / una rosa

GAZELLE
- courir comme une gazelle = correr como un gamo

GIRAFE
- peigner la girafe = trabajar en balde

GORILLE
- un gorille = un guardaespaldas

GRENOUILLE
- avoir des grenouilles dans le ventre = sonarle a uno las tripas
- être une (vraie) grenouille de bénitier = ser una rata de sacristía
- manger la grenouille = alzarse con el santo y la limosna

GRUE
- faire le pied de grue = estar de plantón
- une grue = una zorra

GUÊPE
- avoir une taille de guêpe = tener cintura de avispa
- pas folle, la guêpe ! = ¡vaya (una) lagarta !

HANNETON
- pas piqué des hannetons = de aquí te espero / de aúpa / de puñetas / de puta madre

HÉRISSON
- un hérisson = un erizo, un puerco espín

HIBOU
- un vieux hibou = un hombre huraño

HOMARD
- être rouge comme un homard = ser rojo, a como un cangrejo

HUÎTRE
- être plein comme une huître = estar borracho como una cuba
- jouer comme une huître = tocar como una ostra
- une huître = un cernícalo, un(a) zopenco(a)

HYÈNE
- une hyène = una hiena

LAPIN
- c’est un fameux lapin ! = ¡es un barbián !
- être un chaud lapin = ser un calentón
- le coup du lapin = el golpe en la nuca
- courir, détaler comme un lapin = correr como una liebre
- poser un lapin à quelqu’un = dejar a alguien plantado

LÉZARD
- être paresseux comme un lézard = ser un vago de siete suelas
- faire le lézard = tomar el sol como los lagartos
- y a un lézard = hay un pero
- y a pas de lézard ! = ¡no hay ninguna pega / pegas !


LIÈVRE
- c’est là que gît le lièvre = ahí está la madre del cordero
- courir ou chasser deux lièvres à la fois = perseguir dos objetivos al mismo tiempo
- soulever un lièvre = levantar la liebre

LIMANDE
- être plate comme une limande = estar lisa como una tabla, ser de castellón de la Plana

LINOTTE
- avoir/être une tête de linotte = tener cabeza de chorlito

LION
- avoir bouffé/mangé du lion = estar hecho un jabato
- brave comme un lion = valiente como un león
- comme un lion en cage = como león enjaulado
- le lion a dévoré le dompteur = le crecieron los enanos
- se battre/se défendre comme un lion = defenderse / pelear como un león
- se tailler la part du lion = llevarse la mejor parte, sacar la mejor tajada

LOCHE
- paresseux comme une loche = ser un vago de siete suelas

LOIR
- dormir comme un loir = dormir como un lirón

LOUP
- avoir une faim de loup = tener un hambre canina
- avoir vu le loup = haberle visto las orejas al lobo
- crier au loup = gritar que viene el lobo
- donner les brebis à garder au loup = encomendar las ovejas al lobo
- enfermer le loup dans la bergerie = meter al lobo con las ovejas / en el redil
- être connu comme le loup blanc = ser más conocido que la ruda
- hurler avec les loups = bailar al son que tocan
- le grand méchant loup = el lobo feroz
- les jeunes loups du parti = los cachorros del partido
- marcher à pas de loup = ir / andar con tiento / de puntillas
- quand on parle du loup (on en voit la queue) = en nombrando al ruin de Roma, luego asoma
- se jeter/se mettre dans la gueule du loup = meterse en la boca del lobo
- un jeune loup = un arribista, un trepas
- un loup de mer = un lobo de mar
- un vieux loup = un perro viejo

LYNX
- avoir des yeux de lynx = tener vista de lince

MACAQUE
- un macaque = un mico

MAQUEREAU
- un maquereau = un chulo

MARMOTTE
- dormir comme une marmotte = dormir como una marmota

MERLAN
- faire/rouler des yeux de merlan frit = poner los ojos en blanco

MERLE
- trouver le merle blanc = dar con el mirlo blanco / la joya / la perla

MOINEAU
- c’est un vilain moineau = es un pajarraco
- manger comme un moineau = comer como un pajarito


MORUE
- une morue = una furcia
- en queue-de-morue = con faldones largos y picudos

MOUCHE
- des pattes de mouche = garabatos
- enc… les mouches = hilar muy fino
- entendre les mouches voler = no oír ni el vuelo de una mosca
- faire d’une mouche un éléphant = hacer de una ermita una catedral
- faire mouche = hacer diana
- faire/jouer la mouche du coche = hacerse el preciso, moverse mucho sin hacer nada útil
- gober des mouches = papar moscas
- la mouche lui est montée à la tête = se le ha ahumado el pescado
- ne pas faire de mal à une mouche = no matar ni una mosca
- prendre la mouche = mosquearse, picarse
- quelle mouche t’a piqué ? = ¿qué mosca te ha picado ?
- tomber comme des mouches = caer como moscas
- tuer les mouches à quinze pas = apestar a media legua
- une fine mouche = una mosquita muerta, una taimada gata
- une mouche à merde = un metementodo, un metica

MOUTON
- compter les moutons = contar corderos
- être doux comme un mouton = ser dócil como un cordero
- laisser pisser le mouton = dejar el agua correr
- le mouton à cinq pattes = el mirlo blanco
- revenons à nos moutons = a lo que íbamos
- se conduire en mouton(s) de Panurge = hacer como Vicente (ir donde va la gente)

MULE
- charger la mule = estar cargado, mama(d)o
- être têtu, e comme une mule = ser más terco, a / tozudo, a que una mula
- ferrer la mule = pringarse

OIE
- bête comme une oie qui se laisse plumer sans crier = tonto, a hasta dejarlo de sobra
- payer l’oie sans l’avoir mangée = pagar el pato
- une oie blanche = una pavitonta

OISEAU
- avoir un appétit d’oiseau = comer como un pajarito
- avoir une cervelle d’oiseau = tener cabeza de chorlito
- donner à quelqu’un des noms d’oiseaux = poner a alguien de vuelta y media
- être comme l’oiseau sur la branche = estar con un pie en el aire
- l’oiseau s’est envolé = el pájaro voló
- le petit oiseau va sortir ! = ¡mirad / atención al pajarito !
- trouver l’oiseau au nid = encontrar a alguien en su casa
- trouver l’oiseau rare = encontrar la joya / la perla
- un drôle d’oiseau = un buen pájaro
- un oiseau de malheur/de mauvais augure = un pájaro de mal agüero
- un oiseau de nuit = un ave nocturna
- un oiseau rare = un bicho raro


OURS
- être habillé comme un meneur d’ours = ir vestido como un gitano
- envoyer à l’ours = enviar a freír espárragos
- un ours = un cardo
- un ours mal léché = un cardo borriquero
- vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué = vender la piel del oso antes de cazarlo

OURSIN
- avoir des oursins dans les poches = no dar ni la hora

PAON
- être fier comme un paon = hincharse como un pavo, pavonearse, engreírse como gallo de cortijo
- se parer des plumes du paon = adornarse con plumas ajenas

PAPILLON
- avoir des papillons noirs = tener ideas negras
- courir après les papillons = entretenerse con naderías
- minute, papillon ! = ¡espérate !, ¡quieto !
- se brûler à la chandelle comme un papillon = quemarse las alas en la luz

PERROQUET
- étouffer/étrangler un perroquet = tomarse un vaso de ajenjo
- parler comme un perroquet = hablar como los loros

PIE
- jacasser/jaser comme une pie = hablar como una cotorra
- trouver la pie au nid = encontrar el pájaro en el nido

PIGEON
- plumer un pigeon = desplumar a un primo

PINSON
- être gai comme un pinson = estar alegre como unas castañuelas

POISSON
- avoir du sang de poisson = tener sangre de horchata
- c’est l’histoire du poisson qui se mord la queue = es la pescadilla que se muerde la cola
- engueuler quelqu’un comme du poisson pourri = echar los perros, poner a alguien como un trapo
- être comme un poisson dans l’eau = estar como pez en el agua / en su salsa, estar como abeja en flor
- être comme un poisson sur une bicyclette = estar como un pulpo en un garaje
- finir en queue de poisson = quedarse en agua de borrajas
- les gros poissons mangent les petits = el pez grande se come al chico
- ni chair ni poisson = ni chicha ni limonada
- noyer le poisson = dar largas a un asunto, hacerse el sueco / el longuis

POU
- chercher des poux dans la tête de/à quelqu’un = buscarle a alguien cosquillas
- être excité comme un pou = estar como una moto
- être fier comme un pou = tener más orgullo que don Rodrigo en la horca
- être laid comme un pou = ser más feo que Picio
- râler comme un pou = estar cabreado, a como una mona

POULE
- avoir/donner la chair de poule = tener / poner carne de gallina
- avoir un cœur de poule = tener corazón de gallina
- être une poule mouillée = ser un gallina
- être une vraie mère poule = ser muy clueca
- quand les poules auront des dents = cuando las ranas críen pelos
- se coucher avec les poules = acostarse con las gallinas
- se lever avec les poules = levantarse con el canto del gallo
- tuer la poule aux œufs d’or = matar la gallina de los huevos de oro
- une poule de luxe = una puta de lujo

POULET
- les poulets = la bofia, la pasma, lo romanos

PUCE
- avoir la puce à l’oreille = tener la mosca detrás de la oreja
- chercher des puces à quelqu’un = buscarle a uno las cosquillas
- mettre la puce à l’oreille = escamar
- n’avoir pas le temps de chercher ses puces = no tener tiempo ni de rascarse la nariz
- secouer les puces à quelqu’un = poner a alguien las peras a cuarto

PUNAISE
- être une punaise = ser un rastrero
- être une punaise de sacristie = ser un tragasantos, una rata de sacristía
- punaise ! = ¡jolines ! ¡mecachis !

PUTOIS
- crier comme un putois = chillar como una rata, gritar como un descosido

RAT
- être comme un rat dans un fromage = tener una buena breva
- être fait comme un rat = estar más perdido que Carracuca
- être rat = ser (un) rata
- s’ennuyer comme un rat mort = aburrirse como una almeja / más que ostra sin perla
- un rat de bibliothèque = un ratón de biblioteca

RENARD
- c’est un vieux renard = es un viejo zorro / zorrastrón
- être rusé comme un renard = ser zorro


REQUIN
- un (véritable) requin en affaires = un (auténtico) tiburón para los negocios

ROSSIGNOL
- un rossignol = una ganzúa
- vendre un rossignol = vender una mercancía invendible

SAINT-BERNARD
- jouer les saint-bernard = meterse a redentor

SANGSUE
- une sangsue = una lapa

SINGE
- être malin comme un singe = ser más listo que Cardona, saber más que Merlín
- faire le singe = hacer el indio / el mono / el tonto
- payer en monnaie de singe = pagar con buenas palabras
- vilain comme un singe = más feo que un coco

SOURIS
- être éveillé, e comme une potée de souris = ser más vivo, a que una ardilla
- j’aimerais être une petite souris = ¡cómo me gustaría verlo por el ojo de la cerradura !
- on entendrait trotter une souris = se oiría el vuelo de una mosca
- on le ferait entrer dans un trou de souris = es más cobarde que una rata


TAUPE
- aller au royaume des taupes = irse al otro barrio
- être myope comme une taupe = no ver tres en un burro
- être noir comme une taupe = ser más negro que el carbón
- vivre sous terre comme une taupe = vivir enterrado, a en vida

TAUREAU
- prendre le taureau par les cornes = ir al toro

TEIGNE
- être méchant comme une teigne = ser más malo que la tiña

THON
- un thon = un callo

TIGRE
- être jaloux comme un tigre = ser muy moro, ser como el moro Muza

TIGRESSE
- une tigresse = una fiera

TORTUE
- avancer comme une tortue = ir a paso de tortuga, ser más lento que el caballo del malo

VACHE
- aller comme un tablier à une vache = vestirse como la mona
- bouffer/manger de la vache enragée = pasar las de Caín, pasarlas moradas
- être une peau de vache= ser un hueso
- il pleut comme vache qui pisse = llueve a cántaros
- la plancher des vaches = la tierra firme
- les vaches grasses / maigres = las vacas gordas / flacas
- ne sois pas vache = no seas borde
- parler français comme une vache espagnole = chapurrear el francés, hablar un francés macarrónico
- plein comme une vache = borracho como una cuba
- une vache à lait = una mina

VAUTOUR
- un vautour = un hombre rapaz, un logrero, un usurero

VEAU
- adorer le veau d’or = adorar el becerro de oro
- faire le veau = tenderse a la bartola
- on dirait du veau = no sabe a nada
- pleurer comme un veau = berrear
- tuer le veau gras = tirar la casa por la ventana

VER
- être nu comme un ver = estar en cueros vivos
- le ver est dans le fruit = no puede ser peor
- tirer les vers du nez = tirar de la lengua
- tuer le ver = matar el gusanillo

VIPÈRE
- avoir/être une langue de vipère = tener lengua de víbora

ZÈBRE
- courir comme un zèbre = correr como un gamo
- un drôle de zèbre ! = ¡vaya elemento !

Commission d'évaluation des dossiers pour la promotion 2009-2010 : les résultats (admissibilité)

Comme vous le savez – plus exactement, comme il faut vous y résigner – il y aura une promotion 2009-2010 ; eh oui, il va falloir faire un peu de place aux nouvelles recrues. D'un autre côté, dites-vous que nous serons encore plus nombreux pour jouer à nos jeux préférés.

Voici donc la liste des candidates admises à passer le test du 17 juin prochain – qui aura lieu de de 14h00 à 17h00, AMPHI 1, bâtiment M.

Abadie Laure
Billard Vanessa
Bonneau Coralie
Cavaillez Agathe
Colotroc Marie-Georges
Crepet Anne-Pauline
Duprat Charlotte
Ferrer-Mur Odile
Garbarino Inés
Laduche Émeline
Lagueste Alexandra
Maillet Mélanie
Puma Stéphanie
Riou Chloé
Rioual Amélie
Vincent Karine

Félicitations et bonne chance à toutes pour cette deuxième partie du concours !

« Stage, suite et fin », par Jacqueline

En photo : Pont des Arts par NavindaK

Et voilà, c'est mon dernier jour ; avec un brin de nostalgie, je reviens chercher mes sacs, en me disant que je repars plus riche que je ne suis arrivée, riche d'une expérience intéressante et concluante. Ce dernier soir se termine en apothéose car je suis sur les planches du Pont des Arts, assise en tailleur devant un spectacle somptueux, celui des péniches qui remontent la Seine sur un fond de ciel gris, typique de Paris où, pendant tout le week-end, se déroule la première édition de Paris en toutes lettres. Là, ce sont des comédiens et des comédiennes du Français qui viennent prêter main- forte à ce nouvel événement littéraire ; l'une d'entre eux nous dit des poèmes de Louise Labé et je me pince pour bien réaliser la chance que j'ai d'être là. Ce choix de stage à l'Harmattan aura donc été pour moi à tout point de vue un bon choix puisqu'il débouche sur une première collaboration rémunérée : la relecture de deux manuscrits, dont un en urgence pour dans quatre jours. C'est dire que je continue à être dans le bain et que la transition avec Bordeaux se fera en douceur et dans une activité stimulante comme à l'accoutumée. Tout de suite après, je me poserai pour la rédaction du rapport de stage.
À très bientôt maintenant,
Jacqueline

Pour information

Je viens de publier la traduction « officielle » du devoir de vacances n°2, Amuleto, de Roberto Bolaño (cf post du 27/10/08).
Merci à Odile !

Entretien de Laure Gentile avec Laurence Videloup (traductrice de l'anglais)

Tout bon traducteur doit être inspiré lorsqu’il décide de se frotter aux mots, pour en faire sortir toutes les teintes, tout l’éclat…
J’attends moi-même l’inspiration de la Muse Traduction depuis le début de cette formation pour passer d’une langue à l’autre, par le biais de tous les supports littéraires qui tombent sous ma plume.
Mais qui dit « inspiration » dit « modèle »… J’ai puisé cette inspiration première, l’envie de traduire et de me former, de Laurence Videloup, une collègue de travail. Je marche dans ses pas, consciente du chemin qu’il me reste à parcourir, mais d’ores et déjà je la remercie de m’avoir insufflé le goût de l’enrichissement personnel à travers le jeu des mots et l’osmose des langues.
Je la remercie également de m’accorder son précieux temps pour répondre à ces quelques questions.

-De quelle langue vers quelle autre langue traduis-tu ?
Je traduis de l’anglais vers le français. J’aimerais pouvoir faire l’inverse, mais ce n’est pas la règle, et très peu de traducteurs s’y essaient. En collaboration avec un anglophone, cela me tenterait tout de même beaucoup.

-Comment es-tu devenue traductrice ? Depuis combien de temps traduis-tu ?
Je suis une « jeune » traductrice, j’ai passé mon Master de traduction professionnelle en 2007, et j’ai eu l’immense chance de signer un contrat à l’issue de mon stage. J’avais déjà l’habitude de la traduction littéraire, mais en tant qu’enseignante, en classes prépas littéraires et c’est un autre exercice. Bien sûr, l’excellence du français reste dans les deux cas une priorité mais il y a une plus grande liberté lorsque l’on traduit un roman entier. J’ai eu envie de suivre cette formation aussi parce que spontanément, je préférais le thème, et je ne me trouvais pas très bonne en version.
Traduire un roman entier me paraissait être un défi !

-Pourquoi avoir choisi de traduire de la littérature ?
Tout simplement parce que la littérature fait partie de ma vie, je l’enseigne, j’en lis beaucoup, j’aimerais en lire plus, découvrir la littérature d’autres pays étrangers (en passant, merci les traducteurs !), le temps me manque souvent et entre la production littéraire française et celle des pays anglophones… il faut dire qu’il y a fort à faire.

-Traduire, est-ce pour toi une profession, une passion, un passe-temps,… ?
Profession, non, pas vraiment. Je ne souhaite pas quitter l’enseignement, j’aime le contact avec les étudiants, et traduire avec ses dicos derrière son écran, c’est un exercice pour moi trop solitaire. Un passe-temps, non, lorsque l’on est dans la traduction d’un roman, on vit avec ce roman pendant tout le temps que dure cette traduction. Certains points ardus peuvent même devenir obsédants, on en parle autour de soi, amis, collègues… et cela aide.

-En tant que professeur qui pratique l’exercice littéraire de la version, penses-tu que traduire change ta façon d’aborder la version, t’efforces-tu de ne pas confondre version et traduction,… ?
Je m’efforce en effet de ne pas confondre les deux, et j’essaie d’être peut-être moins « obnubilée » par le texte de départ.

-Qu’apporte la traduction au monde des lettres, au « monde en général » ?
L’ouverture, le passage, pouvoir, sans connaître trente-six mille langues, se plonger dans un univers culturel différent.

-Comment se répartit sur l’année et comment s’organise ton travail de traductrice ? Suis-tu une technique particulière pour traduire (traduis-tu « au kilomètre » ponctuellement, avec un grand soin de temps en temps,…) ?
Je traduis en même temps que j’enseigne, donc il me faut trouver des plages de temps assez longues pour que j’avance, ce n’est pas bon de laisser le texte « dormir » trop longtemps. J’essaie de parvenir à la meilleure traduction possible tout de suite et je relis très attentivement les dernières pages traduites avant de m’y remettre. On finit parfois par ne plus voir ce qui crèverait les yeux d’un lecteur tout frais.

-Choisis-tu les romans que tu traduis ? Si oui, quels critères guident tes choix ?
Jusqu’à présent, je n’ai rien choisi, j’ai eu la possibilité de rencontrer une jeune romancière lors de mon stage, j’ai fait un essai, été choisie et comme cela s’est bien passé et que le contact est très bon avec l’auteur, j’ai enchaîné sur un deuxième roman, différent et donc enrichissant.

-Combien de romans as-tu traduis ? Le nombre a-t-il de toute façon une importance pour se dire qu’enfin on est traducteur, ou même un bon traducteur ?
Deux romans et une nouvelle, de la même romancière. Oui, je pense que comme pour tout exercice, plus l’on traduit et plus on progresse.

-Entretiens-tu un rapport avec les auteurs des romans que tu traduis ?
Oui, je rencontre Abha Dawesar dès qu’elle est à Paris. Nous échangeons des tuyaux de lecture et si j’ai besoin de précisions, c’est bien sûr précieux de pouvoir les obtenir de la bouche même de l’auteur !

-La lectrice que tu es lit-elle avec un regard singulier depuis que tu es traductrice ?
Oui, je suis plus attentive à la qualité du français, repère sans doute plus vite des maladresses, s’il y en a.

-Quelle fut ta première traduction et quels souvenirs et impressions en gardes-tu ?
Dernier Eté à Paris, le deuxième roman traduit en français d’Abha Dawesar. Le premier, Babyji, avait eu du succès, j’étais inquiète que ma traduction ne soit pas bonne, que les lecteurs soient déçus.


-Y a-t-il un roman que tu aimerais traduire ou avoir traduit ?
Des tas, des romans de P.Roth, le dernier texte de Sebastian Barry, The Scripture, Lolita de Nabokov….

-Donnes-tu à corriger et à contrôler tes traductions avant qu’elles soient soumises au correcteur officiel de la maison d’édition?
Oui, j’ai des amies précieuses qui aiment cet exercice et sont d’excellentes relectrices. Je leur fais toute confiance et je les en remercie de nouveau.

-La rémunération a-t-elle été une motivation de ton désir de traduire ? Est-ce déplacé de te demander si les émoluments ont une quelconque incidence sur tes choix de traduction ?
Oui, c’est un complément de revenus. Je ne traduirai pas, cela dit, n’importe quoi simplement pour la rémunération. Ce n’est pas un travail simple, l’on est encore une fois « dedans » pendant un bon moment et il faut que le texte plaise, qu’il convienne d’une certaine manière à ce que l’on est. Pour le Master, j’ai traduit un récit d’un américain ; la langue, le style, le milieu décrit ne m’ont pas séduite, et je n’ai pas été très bonne.

-Quels conseils pourrais-tu donner à des apprentis traducteurs ?
Lire énormément dans les deux langues. Ne pas toujours travailler en solo, si cela est possible.

Une deuxième semaine de stage, par Laure G.

En photo : Feuilles dans le vent par jrom.

Deuxième semaine de stage placée sous la bannière de deux expressions quelques peu figées mais que j'ai vécues à mes frais...

Tout ce qu'il ne faut pas faire... Et ça n'arrive pas qu'aux autres!

Laissez-moi vous éclairer... Cette semaine est à peine commencée et avec elle commence ma deuxième semaine de stage chez Nous Editions. Lundi et mardi, j'ai poursuivi mon travail de recherches en solitaire à la Bibliothèque Centrale de Caen, dépouillant la revue Poésie de Michel Deguy. J'ai fini en début de matinée cette tâche précise.
Mais avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai fait ce que tout le monde conseille vivement de ne pas faire : vendredi dernier, après ma troisième journée de stage, j'ai omis d'enregistrer sur une source externe le travail que j'avais fait sur mon ordinateur. De fait, arrivée à la bibliothèque, je me suis aperçu que j'avais oublié ma clef USB pour sauvegarder, au cas où mon vieil ordinateur aurait décidé de lâchement m'abandonner. Or... il ne s'en est pas privé! J'ai donc passé un très mauvais week-end, à me demander si un précieux copain allait pouvoir m'aider à faire remarcher mon ordinateur, non pas pour voir sa belle âme revenir à la vie, mais pour sauver toutes les données de la revue que j'avais recensées plusieurs heures durant ! Ce fameux copain a réussi... Je n'ai pas enregistré, bien mal m'en a pris ! Mais le Zoro de l'informatique est arrivé et m'a sauvée... ou plutôt a sauvé mon travail ! Merci à lui... Je respire après quelques jours d'angoisse !
Avant d'arriver à la fin de ce labeur, j'ai aussi compris que des choses totalement insensées n'arrivent pas qu'aux autres ! Aujourd'hui mardi, en sortant de 4 longues (mais ultimes !) heures de travail à la bibliothèque, un zéphyr plus septentrional et violent qu'une brise légère et tiède a soufflé... Les cheveux dans le vent, telle Michelle Obama ou Carla Bruni Sarkozy en ce 6 juin de commémoration du débarquement (eh oui... elles étaient là, à Caen, à quelques pas de la bibliothèque, à la préfecture ; le ciel était plus bleu qu'aujourd'hui, mais le vent normand n'avait de cesse de faire des siennes !!!), je rentrais à pieds chez moi. Ce terrible souffle a emporté les feuillets du corpus de textes italiens et espagnols que je croyais tenir précisément dans mes mains (des dizaines de photocopies)... Les voitures roulaient sur les feuilles volantes, des gens bien intentionnés se précipitaient sur les feuillets pour m'aider à les récupérer... Mauvais épisode. Au final, j'ai récupéré les feuillets photocopiés aujourd'hui... Il me reste à les reclasser dans l'ordre !
Vendredi, je vois mon maître de stage pour lui remettre le fruit de mes recherches et découvrir ce qui m'attend pour les semaines à venir. Je lui présenterai les données synthétisées tirées de la revue de Michel Deguy, ainsi que le corpus de plus de 400 pages constitué des textes de tous les auteurs italiens et espagnols recensés, avec quelques traces de roues de voiture qui orneront le dos de quelques feuilles !

Références culturelles, 155 : La bandeja paisa

En photo : Bandeja Paisa (2800 calories...) par miikisu

Une spécialité colombienne !

http://www.absolut-colombia.com/bandeja-paisa-plato-tipico-de-colombia/

dimanche 7 juin 2009

Entretien avec Marc Chénetier, traducteur (anglais)

http://pretexte.club.fr/revue/entretiens/entretiens-traducteurs/entretiens/marc-chenetier.htm

Celluloïd quiz du dimanche, par Nathalie

En photo : Alfred Hitchcock par Hellblazer!







Algunas películas de sir Alfred Hitchcock

Si les doy los títulos originales, ¿ serán capaces de encontrar la traducción francesa y española ?

- Suspicion
- Mr and mrs Smith
- Spellbound
- Notorious
- Stage fright
- Strangers on a train
- I confess
- Rear window
- Dial M for murder
- To cath a thief
- Vertigo
- North by northwest

Pour information

Je viens de publier les trois propositions de traduction (Nathalie, Brigitte et Laure L.) reçues à ce jour pour la version de la semaine dernière.

Un conseil pour les traductions « officielles »

N'oubliez pas de me signaler à l'avance celles que vous êtes en train de chercher, car hier, j'ai reçu deux fois la même… C'est dommage que vous perdiez votre temps tandis que d'autres restent esseulées.

Pour information

Je viens de publier la traduction « officielle » de la version du 14/04/09, La verdad sobre el caso Savolta, d'Eduardo Mendoza.
Merci à Blandine !

Votre thème du week-end, Sand

En photo : George Sand par gErardo D.

Un matin que Madeleine Blanchet, la jeune meunière du Cormouer, s’en allait au bout de son pré
pour laver à la fontaine, elle trouva un petit enfant assis devant sa planchette, et jouant avec la paille qui sert de coussinet aux genoux des lavandières. Madeleine Blanchet, ayant avisé cet enfant, fut étonnée de ne pas le connaître, car il n’y a pas de route bien achalandée de passants de ce côté-là, et on n’y rencontre que des gens de l’endroit.
– Qui es-tu, mon enfant ? dit-elle au petit garçon, qui la regardait d’un air de confiance, mais qui ne parut pas comprendre sa question. Comment t’appelles-tu ? reprit Madeleine Blanchet en le faisant asseoir à côté d’elle et en s’agenouillant pour laver.
– François, répondit l’enfant.
– François qui ?
– Qui ? dit l’enfant d’un air simple.
– À qui es-tu fils ?
– Je ne sais pas, allez !
– Tu ne sais pas le nom de ton père !
– Je n’en ai pas.
– Il est donc mort ?
– Je ne sais pas.
– Et ta mère ?
– Elle est par là, dit l’enfant en montrant une maisonnette fort pauvre qui était à deux portées de fusil du moulin et dont on voyait le chaume à traversa les saules.
– Ah ! je sais, reprit Madeleine, c’est la femme qui est venue demeurer ici, qui est emménagée d’hier soir ?
– Oui, répondit l’enfant.
– Et vous demeuriez à Mers !
– Je ne sais pas.
– Tu es un garçon peu savant. Sais-tu le nom de ta mère, au moins ?
– Oui, c’est la Zabelle.
– Isabelle qui ? tu ne lui connais pas d’autre nom ?
– Ma foi non, allez !
– Ce que tu sais ne te fatiguera pas la cervelle, dit Madeleine en souriant et en commençant à battre son linge.
– Comment dites-vous ? reprit le petit François.
Madeleine le regarda encore ; c’était un bel enfant, il avait des yeux magnifiques. C’est dommage, pensa-t-elle, qu’il ait l’air si niais.
– Quel âge as-tu ? reprit-elle. Peut-être que tu ne le sais pas non plus.
La vérité est qu’il n’en savait pas plus long là-dessus que sur le reste. Il fit ce qu’il put pour répondre, honteux peut-être de ce que la meunière lui reprochait d’être si borné, et il accoucha de cette belle repartie : – Deux ans !
– Oui-da ! reprit Madeleine en tordant son linge sans le regarder davantage, tu es un véritable oison, et on n’a guère pris soin de t’instruire, mon pauvre petit. Tu as au moins six ans pour la taille, mais tu n’as pas deux ans pour le raisonnement.
– Peut-être bien ! répliqua François. – Puis, faisant un autre effort sur lui-même, comme pour secouer l’engourdissement de sa pauvre âme, il dit : – Vous demandiez comment je m’appelle ? On m’appelle François le Champi.

George Sand, François le Champi, 1850

***

Laure G. nous propose sa traduction :

Una mañana en la que Magdalena Blanchet, la joven molinera del Cormouer, se dirigía para lavar hacia el lavadero, en la otra punta del prado, se topó con un muchacho sentado delante de su tablilla, el cual estaba jugueteando con la paja que sirve de almohadilla a las rodillas de las lavanderas. A Magdalena Blanchet, que había divisado a aquel niño, le sorprendió no conocerlo, pues en esa carretera no hay mucho tránsito y no se encuentran más que lugareños.
-¿Quién eres, hijo? Le dijo ella al niño, que la estaba mirando con expresión confiada, pero se le antojó que él no se enteraba de la pregunta. ¿Que cómo te llamas? Insistió Magdalena Blanchet mientras le hacía sentarse junto a ella y se agachaba para lavar.
-Paco, contestó el niño.
-¿Qué Paco?
-¿Qué? dijo el niño algo atontado.
-¿De quién eres hijo?
-¡Yo qué sé, mujer!
-¿Que no te sabes el nombre de tu padre?
-No tengo.
-¿Es que está muerto?
-No lo sé.
-¿ Y tu madre?
-Está por ahí, dijo el niño mostrando la pobretona casita que estaba a unos tiros de piedra del molino y cuyo bálago se veía por entre los sauces.
-Por cierto, ya veo, prosiguió Magdalena, es la mujer que ha venido a instalarse aquí, que se mudó anoche?
-Sí, contestó el niño.
-¡Y vivíais en Mers!
-No lo sé.
-Eres un muchacho poco enterado. ¿Conoces el nombre de tu madre, por lo menos?
-Sí, es la Isa.
-¿Qué Isabela? No le conoces otro nombre?
-¡Qué va, no!
-Por lo que sabes, no te vas a devanar los sesos, dijo sonriendo y empezando a batir la ropa.
-¿Cómo dice usted? reanudó el Paquito.
Magdalena lo miró otra vez; era un bonito niño, tenía unos ojos magníficos. Qué pena, pensó ella, que parezca tan bobo.
-¿Cuántos años tienes? continuó ella. Acaso tampoco lo sabes.
Lo cierto es que no sabía más sobre esto que sobre lo demás. Hizo todo lo posible por responder, avergonzado sin duda por la necedad que le venía reprochando la molinera, y terminó soltando esta aguda réplica: ¡dos años!
-Hombre, continuó Magdalena, torciendo la ropa sin dirigirle otra mirada, eres un ansarón de verdad, se han preocupado muy poco por tu instrucción, pobrecito. Por lo que es de la altura, habrás cumplido los seis años, pero por lo del tino, no tendrás ni dos años.
-¡Tal vez sea cierto! replicó Paco. Luego, violentándose, como para sacudir el embotamiento de su pobre alma, dijo: -¿Preguntaba usted por mi nombre? Me llaman Paco el campi.

Références culturelles, 151 : Cuchillos y chuchillería de Albacete

En photo : Souvenir de Albacete par Sagittas!

http://www.aceros-de-hispania.com/cuchillos-cuchilleria.htm

http://www.albacity.org/exposiciones-albacete/cuchilleria/cuchillos-albacete-tesoros-tres-siglos.htm

samedi 6 juin 2009

Pour information

Je viens de publier la traduction « officielle » du devoir de vacances (Noël), n°14, Gringo viejo, de Carlos Fuentes (cf post du 03/01/09).
Merco à Blandine !

Pour information

Je viens de publier la traduction « officielle » de la version du CAPES externe 2009, extraite de Juan Manuel de Prada, La tempestad, (cf post du 13/03).
Merci à Odile !

Références culturelles, 150 : los guajiros

En photo : CabodelaVela_20071102 046 par Gerardo_Alberto

http://www.galeon.com/culturasamerica/Guajiros.htm

vendredi 5 juin 2009

Votre version de la semaine, Arreola

En photo : Bestiario en el portal ocho par Lanpernas 2.0

EL RINOCERONTE
El gran rinoceronte se detiene. Alza la cabeza. Recula un poco. Gira en redondo y dispara su pieza de artillería. Embiste como ariete, con un solo cuerno de toro blindado, embravecido y cegato, en arranque total de filósofo positivista. Nunca da en el blanco, pero queda siempre satisfecho de su fuerza. Abre luego sus válvulas de escape y bufa a todo vapor.
(Cargados con armadura excesiva, los rinocerontes en celo se entregan en el claro del bosque a un torneo desprovisto de gracia y destreza, en el que sólo cuenta la calidad medieval del encontronazo.)
Ya en cautiverio, el rinoceronte es una bestia melancólica y oxidada. Su cuerpo de muchas piezas ha sido armado en los derrumbaderos de la prehistoria, con láminas de cuero troqueladas bajo la presión de los niveles geológicos. Pero en un momento especial de la mañana, el rinoceronte nos sorprende: de sus ijares enjutos y resecos, como agua que sale de la hendidura rocosa, brota el gran órgano de vida torrencial y potente, repitiendo en la punta los motivos cornudos de la cabeza animal, con variaciones de orquídea, de azagaya y alabarda.
Hagamos entonces homenaje a la bestia endurecida y abstrusa, porque ha dado lugar a una leyenda hermosa. Aunque parezca imposible, este atleta rudimentario es el padre espiritual de la criatura poética que desarrolla en los tapices de la Dama, el tema del Unicornio caballeroso y galante.
Vencido por una virgen prudente, el rinoceronte carnal se transfigura, abandona su empuje y se agacela, se acierva y se arrodilla. Y el cuerno obtuso de agresión masculina se vuelve ante la doncella una esbelta endecha de marfil.

EL SAPO
Salta de vez en cuando, sólo para comprobar su radical estático. El salto tiene algo de latido: viéndolo bien, el sapo es todo corazón.
Prensado en un bloque de lodo frío, el sapo se sumerge en el invierno como una lamentable crisálida. Se despierta en primavera, consciente de que ninguna metamorfosis se ha operado en él. Es más sapo que nunca, en su profunda desecación. Aguarda en silencio las primeras lluvias.
Y un buen día surge de la tierra blanda, pesado de humedad, henchido de savia rencorosa, como un corazón tirado al suelo. En su actitud de esfinge hay una secreta proposición de canje, y la fealdad del sapo aparece ante nosotros con una abrumadora cualidad de espejo.

EL BISONTE
Tiempo acumulado. Un montículo de polvo impalpable y milenario; un reloj de arena, una morrena viviente: esto es el bisonte en nuestros días.
Antes de ponerse en fuga y dejarnos el campo, los animales embistieron por última vez, desplegando la manada de bisontes como un ariete horizontal. Pues evolucionaron en masas compactas, parecían modificaciones de la corteza terrestre con ese aire individual de pequeñas montañas; o una tempestad al ras del suelo por su aspecto de nubarrones.
Sin dejarse arrebatar por esa ola de cuernos, de pezuñas y de belfos, el hombre emboscado arrojó flecha tras flecha y cayeron uno por uno los bisontes. Un día se vieron pocos y se refugiaron en el último redil cuaternario.
Con ellos se firmó el pacto de paz que fundó nuestro imperio. Los recios toros vencidos nos entregaron el orden de los bovinos con todas sus reservas de carne y leche. Y nosotros les pusimos el yugo además.
De esta victoria a todos nos ha quedado un galardón: el último residuo de nuestra fuerza corporal, es lo que tenemos de bisonte asimilado.
Por eso, en señal de respetuoso homenaje, el primitivo que somos todos hizo con la imagen del bisonte su mejor dibujo de Altamira.

AVES DE RAPIÑA
¿Derruida sala de armas o profanada celda monástica? ¿Qué pasa con los dueños del libre albedrío?
Para ellos, la altura soberbia y la suntuosa lejanía han tomado bruscamente las dimensiones de un modesto gallinero, una jaula de alambres que les veda la pura contemplación del cielo con su techo de láminas.
Todos, halcones, águilas o buitres, repasan como frailes silenciosos su libro de horas aburridas, mientras la rutina de cada día miserable les puebla el escenario de deyecciones y de vísceras blandas: triste manjar para sus picos desgarradores.
Se acabaron para siempre la libertad entre la nube y el peñasco, los amplios círculos del vuelo y la caza de altanería. Plumas remeras y caudales se desarrollan en balde; los garfios crecen, se afilan y se encorvan sin desgaste en la prisión, como los pensamientos rencorosos de un grande disminuido.
Pero todos, halcones, águilas o buitres, disputan sin cesar en la jaula por el prestigio de su común estirpe carnicera. (Hay águilas tuertas y gavilanes desplumados.)
Entre todos los blasones impera el blanco purísimo del Zopilote Rey, que abre sobre la carroña sus alas como cuarteles de armiño en campo de azur, y que ostenta una cabeza de oro cincelado, guarnecida de piedras preciosas.
Fieles al espíritu de la aristocracia dogmática, los rapaces observan hasta la última degradación su protocolo de corral. En el escalafón de las perchas nocturnas, cada quien ocupa su sitio por rigurosa jerarquía. Y los grandes de arriba, ofenden sucesivamente el timbre de los de abajo.

***

Brigitte nous propose sa traduction :

LES OISEAUX DE PROIE

Salle d’armes détruite ou cellule monastique profanée ? Qu’arrive-t-il aux seigneurs du libre arbitre ?
Pour eux, l’altitude superbe et la somptueuse distance se sont brusquement réduites aux dimensions d’un modeste poulailler, d’une cage en fer qui leur interdit, par son toit de planches, la simple contemplation du ciel.
Tous, faucons, aigles et vautours, tels des moines silencieux, feuillètent leur livre d’heures ennuyeuses, tandis que la misérable routine quotidienne peuple le décor de leurs déjections et de molles viscères, piètre pitance pour leurs becs dépeceurs.
C’en est fini pour toujours de leur liberté entre ciel et roche, des larges cercles de leur vol et de la chasse en altitude. Rémiges et plumes caudales se développent pour rien ; leurs serres poussent, s’effilent et se recourbent sans s’user dans leur geôle, comme les pensées pleines de rancœur d’un noble déchu.
Mais tous, faucons, aigles et vautours, se disputent sans cesse dans leur cage le prestige de leur commune lignée carnassière (Il y a des aigles borgnes et des éperviers déplumés).
Parmi tous ces blasons, le blanc immaculé du vautour pape prédomine ; celui-ci déploie ses ailes sur la charogne, tels des quartiers d’hermine sur champ d’azur, et arbore une tête d’or ciselé de pierres précieuses.
Fidèles à l’esprit de l’aristocratie dogmatique, les rapaces observent jusqu’à l’ultime dégradation leur protocole de basse-cour. Sur l’échelle de leurs perchoirs nocturnes chacun d’eux occupe la place qui lui revient dans le respect absolu d’une hiérarchie rigoureuse. Et les grands du dessus offensent successivement le cimier de ceux d’en-dessous.

EL AVESTRUZ
A grito pelado, como un tubo de órgano profano, el cuello del avestruz proclama a los cuatro vientos la desnudez radical de la carne ataviada. (Carente de espíritu a más no poder, emprende luego con todo su cuerpo una serie de variaciones procaces sobre el tema del pudor y la desvergüenza.)
Más que pollo, polluelo gigantesco entre pañales. El mejor ejemplo sin duda para la falda más corta y el escote más bajo. Aunque siempre está a medio vestir, el avestruz prodiga sus harapos a toda gala superflua, y ha pasado de moda sólo en apariencia. Si sus plumas "ya no se llevan", las damas elegantes visten de buena gana su inopia con virtudes y perifollos de avestruz: el ave que se engalana pero que siempre deja la íntima fealdad al descubierto. Llegado el caso, si no esconden la cabeza, cierran por lo menos los ojos "a lo que venga". Con sin igual desparpajo lucen su liviandad de criterio y engullen cuanto se les ofrece a la vista, entregando el consumo al azar de una buena conciencia digestiva.
Destartalado, sensual y arrogante, el avestruz representa el mejor fracaso del garbo, moviéndose siempre con descaro, en una apetitosa danza macabra. No puede extrañarnos entonces que los expertos jueces del Santo Oficio idearan el pasatiempo o vejamen de emplumar mujeres indecentes para sacarlas desnudas a la plaza.

Juan José Arreola, Bestiario, 1972

***

La traduction « officielle », Bestiaire, réalisée par Claude Couffon, Éditions Patiño, Genève, 1995

Le rhinocéros

Le grand rhinocéros s'arrête. Il redresse la tête. Recule un peu. Il tourne en rond et fait donner sa pièce d'artillerie, il charge comme un bélier des armées antiques, avec son unique corne de taureau blindé, furieux et aveuglé, dans un élan sans frein de philosophe positiviste. Il manque toujours son but mais ne cesse jamais d'être satisfait de sa force. Il ouvre ensuite ses soupapes de sûreté et souffle à toute vapeur. (Chargés d'une armure trop lourde, les rhinocéros en rut se livrent dans les clairières à un tournoi dépourvu de grâce et d'adresse, où ne compte que la qualité médiévale du choc).

Captif, le rhinocéros n'est plus qu'une bête mélancolique et rouillée. Son corps aux pièces multiples a été assemblé dans les gouffres de la préhistoire, avec des morceaux de cuir repoussé, travaillé sous la pression des niveaux géologiques. Pourtant, à un moment particulier de la matinée, le rhinocéros nous stupéfie : de ses flancs secs et racornis, semblable à l'eau jaillissante de la crevasse d'un roc, son grand organe procréateur surgit, torrentiel et puissant, dardant sa pointe qui répète le motif cornu de sa tête, avec des variantes d'orchidées, de sagaie et de hallebarde.

Rendons hommage à cet animal coriace et obscur pour avoir donné le jour à une légende merveilleuse. Car, aussi incroyable que cela paraisse, cet athlète rudimentaire est le père spirituel d'une créature poétique : la Licorne galante et chevaleresque que l'on voit près de Diane sur les célèbres tapisseries de Cluny.

Vaincu par une vierge prudente et sage, le charnel rhinocéros se transfigure, il renonce à sa fougue barbare pour devenir gazelle ou biche et s'agenouiller. Et sa corne obtuse, chargée d'agression masculine, se métamorphose devant la jeune fille en une élégante complainte d'ivoire.

Le crapaud

Il saute de temps en temps, seulement pour s'assurer de son statisme originel. Son saut a quelque chose du battement cardiaque : si on l'observe bien, le crapaud est un véritable cœur.

Prisonnier d'un bloc de boue froide, le crapaud s'enfonce et s'isole dans l'hiver comme une pauvre et triste chrysalide. Il se réveille au printemps, conscient qu'il n'a été l'objet d'aucune métamorphose. Il est plus crapaud que jamais, en son propre dessèchement. Il attend en silence les premières pluies.

Et un beau jour, il surgit de la terre molle, lourd d'humidité, gorgé de sève rancunière, comme un cœur gisant à terre. Il y a dans son attitude de sphinx une secrète proportion d'échange et la laideur du crapaud nous apparaît avec une accablante propriété de miroir.

Le bison

Du temps accumulé. Un monticule de poussière impalpable et millénaire; un sablier, une moraine vivante : tel est le bison d'aujourd'hui.

Avant de se mettre à fuir et de nous laisser le champ libre, les animaux attaquèrent une dernière fois, en lançant la horde des bisons comme un bélier horizontal. Et comme ils se déplaçaient en foule compacte, ils ressemblaient à des mutations de l'écorce terrestre car ils avaient chacun l'air d'une petite montagne; ou d'une tempête au ras du sol, à cause de leur aspect de gros nuages noirs.

Ne se laissant pas emporter par ce déferlement de cornes, de sabots et de lippes, l'homme aux aguets décocha flèche sur flèche et un à un les bisons succombèrent. Jusqu'au jour où, se voyant en petit nombre, ils allèrent chercher refuge dans le dernier bercail quaternaire.
C'est avec les bisons que nous avons signé le traité de paix d'où est né notre empire. Vaincus, ces robustes taureaux nous ont légué l'ordre des bovins avec toutes ses réserves de viande et de lait. Et comme si cela ne suffisait pas, nous leur avons imposé le joug de l'attelage.

Dans cette victoire il nous est resté à tous une récompense : ce résidu ultime de notre force corporelle, que nous tenons du bison assimilé.

Voilà pourquoi, en signe de respectueux hommage, les primitifs que nous sommes ont fait du bison le plus beau dessin de la grotte d'Altamira.

Oiseaux de proie

Salle d'armes en ruine ou cellule de moine profanée ? Qu'arrive-t-il aux maîtres du libre arbitre ?
Pour eux, la hauteur souveraine et les majestueux lointains ont pris soudain les dimensions d'un modeste poulailler, d'une volière grillagée dont le toit de tôles leur interdit la pure contemplation du ciel.

Tous faucons, aigles ou vautours feuillettent, tels des moines silencieux, leur livre d'heures chargées d'ennui, tandis que la misérable routine quotidienne peuple leur décor de déjections et de viscères flasques : triste pitance pour leurs becs déchiqueteurs.

Disparus à tout jamais la liberté entre nuages et rocs, les larges cercles que les ailes décrivent dans l'espace et la chasse de haut vol. Les plumes rémiges et caudales se déploient en vain; en prison, les serres poussent, s'aiguisent et se recourbent sans s'émousser, comme les pensées amères d'un grand seigneur tombé en disgrâce.

Mais tous, faucons, aigles ou vautours, se battent sans répit dans la cage pour le prestige de leur souche commune d'oiseaux carnassiers. (Il y a des aigles borgnes et des éperviers déplumés).

Parmi tous ces blancs domine le blanc immaculé de l'Urubu Roi, qui ouvre au-dessus de la charogne ses ailes comme des quartiers d'hermine sur champ d'azur et qui exhibe une tête d'or ciselé, sertie de pierres précieuses.

Fidèles à l'esprit de l'aristocratie dogmatique, les rapaces respectent leur protocole de cage jusque dans son ultime dégradation. Chacun, sur son perchoir nocturne, occupe sa place selon une rigoureuse hiérarchie. Et les grands d'en haut répondent en une persiflante cascade aux cris de ceux d'en bas.

L'autruche

A grand éclat, tel un tuyau d'orgue profane, le cou de l'autruche proclame à tous les vents la nudité radicale de la chair accoutrée. (Manquant on ne peut plus d'esprit, l'autruche se livre ensuite avec son corps entier à une suite d'insolentes variations sur le thème de la pudeur et du dévergondage).

Plus qu'un poulet c'est un poussin géant dans ses langes. Sans doute le meilleur prototype pour la jupe la plus courte et le décolleté le plus profond. Bien que toujours à demi nue, l'autruche prodigue ses hardes à tout étalage inutile et n'est qu'en apparence démodée. Si ses plumes « ne se portent plus », on voit les élégantes vêtir avec plaisir leur indigence des qualités et fanfreluches de l'autruche : l'oiseau qui se couvre d'atours mais laisse toujours sa laideur intime à découvert. Une occasion se présente-t-elle, elles ne se voilent pas la face mais ferment du moins les yeux devant « ce qui arrivera ». Avec un aplomb sans égal, elles exhibent leur peu de cervelle et avalent tout ce qui s'offre à leur regard, abandonnant l'assimilation au hasard d'une bonne conscience digestive.

Disproportionnée, sensuelle et arrogante, l'autruche incarne l'échec suprême de la grâce, en s'adonnant avec impudence à son aguichante danse macabre. On ne peut donc s'étonner que les juges du Saint Office, experts en la matière, aient imaginé comme passe-temps ou vexation d'emplumer les femmes indécentes pour les exposer nues en place publique.

Références culturelles, 149 : le Z de Zorro

En photo : 03 - March - 2008 -- Zorro par reway2007

Zorro, un cavalier qui surgit hors de la nuit…
par Nathalie

Série télévisée américaine, produite par les studios Disney, « Zorro » compte 2 saisons de 39 épisodes chacune (la 1ère tournée entre 1957-58 et la 2nde entre 1958-59) soit un total de 78 épisodes de 25 minutes et 4 épisodes de 50 minutes, tournés entre 1960-61 ; diffusée aux États-Unis entre 1957 et 1961, cette série apparaît pour la première fois en France en 1965.
Tournée originalement en noir et blanc, elle est maintenant disponible en version colorisée (on peut la voir ou la revoir tous les week-ends, sur France 3, à partir de 20h05).
Le personnage du Vengeur masqué a été créé en 1919 par le romancier américain Johnston Mc Culley : dans la Californie espagnole du début du XIX° siècle, don Diego de la Vega, jeune noble oisif et indolent, rentre à Los Angeles, après avoir suivi des études en Espagne. Il découvre que la ville est soumise à la tyrannie de Monasterio, le commandant de la garnison : il devient alors Zorro, le cavalier masqué, qui combat sans relâche l’injustice et qui fait figure de héros aux yeux de la population opprimée.
Chaque épisode de la série est construit sur le même schéma : une injustice est commise, de la Vega décide d’intervenir, Zorro surgit, ce qui donne lieu à quelques scènes d’action (duel à l’épée, notamment) et tout finit bien : en général, par un bon mot, un éclat de rire.
En dépit d’une construction un peu répétitive, le spectateur ne se lasse pas de suivre les aventures du hors-la-loi, craignant toujours de le voir démasqué. Et puis, Zorro n’est pas seul : il est entouré de nombreux personnages, dont certains sont hauts en couleur. Citons Bernardo, le fidèle serviteur, muet mais pas toujours sourd, qui joue les espions et qui n’hésitera pas, au cours d’un épisode à endosser le costume de son maître pour le sauver ; le sergent Garcia, souffre-douleur de ses supérieurs, affublé d’un solide embonpoint et toujours prompt à lever son verre ou à pousser la chansonnette (l’acteur, Henry Calvin, possédait une voix de baryton) ou le caporal Reyes, maladroit et à l’air benêt, qui forme avec le sergent Garcia un duo comique qui n’est pas sans rappeler Laurel et Hardy. Ajoutons des méchants (très très méchants) et des gentils (très très gentils), quelques personnages féminins, qui, évidemment, succombent au charme du mystérieux cavalier masqué. Chaque apparition des uns et des autres à l’écran est signalée par un thème musical caractéristique, ce qui contribue à accentuer le côté caricatural de la série… J’allais oublier Tornado, le fougueux cheval de Zorro, noir lui aussi (brièvement remplacé par un cheval blanc, Phantom, au début de la saison 2).
Finalement, ce « Zorro »-là est un programme disneyen typique, qui mêle action, humour et divertissement. Et la morale est toujours sauve.
Pourtant, au fil des épisodes, on apprend à mieux connaître le mode de vie des habitants de cette région d’Amérique, qui va être amenée à subir de profonds changements : sort des peones, des Indiens, arrivée des premiers gringos…
Si vous n’êtes pas familier de ce programme, je vous invite à y jeter un œil, ne serait-ce que pour faire connaissance avec Guy Williams (qui joue le rôle-titre) : il incarne, pour moi, le seul et vrai Zorro (peut-être parce que c’est lui qui a bercé mon enfance). Alain Delon, dans la version de 1975, pour le cinéma, en fait trop, quant à Antonio Banderas, il n’est pas assez raffiné. Mais ceci n’engage que moi…

Pour finir, voici les paroles du générique (en français et en espagnol) :

- Un cavalier qui surgit hors de la nuit
court vers l’aventure au galop ;
son nom, il le signe à la pointe de l’épée
d’un Z qui veut dire Zorro

Zorro, Zorro,
renard rusé qui fait sa loi
Zorro, Zorro,
vainqueur, tu l’es à chaque fois

Zorro! Zorro! Zorro!

- En su corcel, cuando sale la luna
Aparece el bravo Zorro.
Al hombre de mal, él sabrá castigar,
Marcando la zeta de Zorro.

Zorro, Zorro
Su espada no fallará
Zorro, Zorro,
La zeta él marcará

¡Zorro! ¡Zorro ! ¡Zorro !

À retrouver sur You Tube :


jeudi 4 juin 2009

Références culturelles, 148 : Víctor Jara

En photo : victor jara par daslavb

VÍCTOR JARA
par Brigitte

Víctor JARA (1932-1973) auteur compositeur interprète chilien commença sa carrière comme acteur dramaturge et metteur en scène de théâtre.
D’origine paysanne, son enfance est marquée par le départ de son père puis la mort prématurée de sa mère lorsqu’il n’a que 15 ans.
Entré au Séminaire, il en ressortira deux ans plus tard, n’ayant finalement pas la vocation religieuse.
En 1957, il intègre l’École de Théâtre de l’Université du Chili à Santiago, où il commencera des études d’acteur puis de metteur en scène. Il mène parallèlement des recherches sur le folklore et la musique indigène de son pays. Il y fera la connaissance de la chanteuse chilienne Violeta PARA.
Dans les années 60-68, il s’illustre surtout comme metteur en scène de théâtre.
En 1968, il devient directeur artistique du célèbre groupe chilien QUILAPAYÚN.
Parallèlement, il compose et interprète ses propres textes et musiques et s’accompagne à la guitare. Il sort deux albums : le premier, intitulé « Víctor Jara » en 1967 et le second en 1969 « Pongo entre tus manos ».
En 1970, il apporte son soutien à Salvador Allende, candidat de l’Unité Populaire (Unidad Popular) et fait partie des Jeunesses Communistes chiliennes.
Dans la lignée des auteurs compositeurs interprètes de l’époque, ses chansons évoquent les classes sociales les plus modestes de la société, ouvriers et paysans, leur vie quotidienne, leurs difficultés. Il crée également des textes très poétiques sur des thèmes universels : l’amour, la paix, la liberté.
Par ses chansons il contribue à un renouveau de la chanson d’inspiration populaire en Amérique latine.
Après la victoire de l’Unité populaire, il est nommé par le Président Allende ambassadeur culturel.
Le 11 septembre 1973, jour du coup d’état militaire du général Augusto Pinochet, Víctor JARA tente de résister en s’enfermant à l’Université mais les lieux sont investis par les militaires. Víctor JARA est conduit au stade de Santiago avec des milliers d’autres chiliens. Il est torturé et sauvagement abattu le 16 septembre 1973.
Une commission désignée pour mener une enquête sur les circonstances de sa mort a permis de retrouver le responsable, un militaire surnommé « El Príncipe », reconnu par plusieurs témoins. Le 11 septembre 2003, 30 ans après le coup d’état, le Stade National de Santiago a été rebaptisé « Estadio Nacional Víctor Jara », en hommage à l’artiste, devenu symbole de résistance.

•Un site complet sur le chanteur chilien :
www.geocities.com/victorjaracl/victor.html
Vous y trouverez :
Sa biographie détaillée et l’histoire de sa mort tragique au Stade National de Santiago lors du coup d’état militaire du général Augusto Pinochet du 11 septembre 1973.
Sa discographie complète ainsi que les paroles et partitions de guitare de ses chansons.
Des documents photographiques.

• « Te recuerdo Amanda », sa chanson la plus connue au niveau international, composée en hommage à ses parents.

Document datant d’Aout 1973


Te recuerdo Amanda
La calla mojada
Corriendo a la fábrica
Donde trabajaba Manuel

La sonrisa ancha
La lluvia en el pelo
No importaba nada
Ibas a encontrarte con él
Con él con él con él
Son cinco minutos
La vida es eterna
En cinco minutos
Suena la sirena
De vuelta al trabajo
Y tu caminando
Lo iluminas todo
Los cinco minutos
Te hacen florecer.

Te recuerdo Amanda
La calle mojada
Corriendo a la fábrica
Donde trabajaba Manuel.
La sonrisa ancha
La lluvia en el pelo
No importaba nada
Ibas a encontrarte con él
Con él con él con él
Que partió a la sierra
Que nunca hizo daño
Que partió a la sierra
Y en cinco minutos
Quedó destrozado
Suena la sirena
De vuelta al trabajo
Muchos no volvieron
Tampoco Manuel.

Te recuerdo Amanda
La calle mojada
Corriendo a la fábrica
Donde trabajaba Manuel.


• “A desalambrar”


• Un document
« La Funa de Victor Jara » (Documental)
Témoignage sur l’assassin de Víctor Jara, un militaire chilien surnommé « El Príncipe », identifié et retrouvé 30 ans plus tard à Santiago.

mercredi 3 juin 2009

Un bon coup de balai dans la colonne de droite

Pour être plus efficaces dans nos recherches de traductions « officielles », j'ai fait un long détour par le catalogue de la Bibliothèque Nationale, pour ne laisser dans la colonne de droite que les textes dont je suis certaine qu'ils ont été traduits (il n'y a que deux hésitations, à cause des titres français dont l'absence de coïncidence avec l'espagnol ne signifie pas nécessairement qu'il ne s'agit pas du même roman… la logique éditoriale n'étant pas toujours la même que la logique de la traduction). Vous pouvez donc piocher à loisir, jusqu'à ce que le réservoir soit vide…

Message aux aspirants apprentis traducteurs

Je vous rappelle que vous avez jusqu'au 5 juin pour faire parvenir votre dossier au secrétariat si vous souhaitez participer à la session de recrutement de juin. Je précise une fois de plus que la session de septembre n'est pas une session de rattrapage ; nous complétons juste l'effectif. Donc, ceux qui n'ont pas été retenus en juin ne pourront pas se représenter.
L'examen des dossiers se fera dans la journée du 10… Vous serez rapidement tenus au courant des résultats afin, le cas échéant, de pouvoir vous préparer au test écrit. Une précision : à l'issue du test, nous prendrons quelques minutes entre hispanistes pour une présentation de visu de la formation… Prévoyez un peu de temps pour cette courte réunion.
Bonne chance à tous !

La biblothèque du traducteur, version ATLF

http://www.atlf.org/La-biblio-du-Traducteur.html

Un titre de plus dans la bibliothèque du traducteur

Paul Ricœur, Sur la traduction, Paris, Bayard, « Essais », 2004.

Présentation de l'éditeur
Les trois textes sur la traduction se suivent et établissent, de fait, une continuité de réflexion sur la pratique et la théorie de la traduction. Ricœur propose de sortir du dilemme, traduction impossible en théorie, effective dans la pratique, en introduisant la notion d’équivalence sans identité.
Ces réflexions sur la traduction sont nourries à la fois par la pratique et par une connaissance approfondie des réflexions linguistiques et philosophiques sur la traduction.

Entretien de Laure L. avec Delphine Rivet (traductrice de l'anglais)

En photo : Delphine Rivet
www.delphinerivet.com

1- Comment êtes-vous venue à la traduction ?
Arrivée en maîtrise de lettres modernes, je me suis rendue compte que ce qui me plaisait le plus, c’était les versions, latines, anglaises, allemandes, ce plaisir de manipuler la langue, et de rechercher le mot juste pour rendre l’original en français. Je me suis donc inscrite au master (à l’époque maîtrise et DESS) de Charles V à l’université Paris VII et à l’issue de deux stages, au Masque puis chez Grasset, j’ai obtenu mes premières traductions.

2- Votre première traduction, qu’en pensez-vous aujourd’hui ?
Je viens de feuilleter ma première traduction publiée, qui n’est pas si mal, mais sans doute trop près du texte. Il s’agit d’un polar, sympathique mais pas spécialement bien écrit, et j’aurais sans doute dû m’accorder plus de libertés sur le style. Cela vient du fait que lors de ma formation, nous travaillions surtout sur des textes très littéraires, qui nous portaient, et auxquels nous pouvions faire confiance, pour lesquels nous avions aussi un grand respect. Quand il s’agit de romans écrits dans un style plus relâché, mieux vaut réécrire légèrement, resserrer le texte, si c’est ce que souhaite l’éditeur bien sûr.

3- Comment voyez-vous aujourd’hui le métier de traductrice ?
J’aime ce métier et je ne pourrais plus en exercer un autre. Il me permet d’être plongée dans les bouquins tout le temps et c’est ce que j’aime. J’apprécie aussi la solitude, le fait de ne pas être interrompue par mille petites tâches, coups de téléphone etc… comme il peut y avoir dans un « vrai bureau ».
A chaque nouvelle traduction, c’est une nouvelle aventure qui commence, un nouvel univers, un nouveau style. Mais c’est un métier assez mal rémunéré et très précaire. Vous n’êtes pas à l’abri de vous retrouver un mois, deux mois, plus, sans travail, sans aucune indemnité. C’est le prix de la liberté que ce métier offre par ailleurs.

4- Vous traduisez davantage de roman que de théâtre ou de poésie, quelle différence faites vous entre les genres en tant que traductrice ?
Je n’ai jamais traduit de théâtre ou de poésie donc il m’est difficile de vous répondre. Je ne me risquerais pas à traduire de la poésie, certains le font magnifiquement, parce qu’ils sont à mon sens, poètes aux aussi. En revanche, moi qui prends beaucoup de plaisir à traduire les dialogues, je crois que j’aimerais beaucoup m’essayer à la traduction de théâtre. C’est un travail différent, pour lequel on peut avoir la chance de collaborer avec le metteur en scène et les comédiens.

5- Quels rapports entretenez-vous avec les éditeurs pour lesquels vous travaillez ?
C’est très variable. Parfois, absolument aucun, pas même quelques mails au cours de la traduction, et c’est très frustrant. J’ai appris à mes dépens qu’il est très important de savoir à quoi l’éditeur s’attend quand il vous confie un texte, quitte à lui faire lire un extrait au début afin de se mettre d’accord sur certaines choses.
Chez Belfond, par exemple, il y a une personne qui est « responsable des traductions », avec qui j’ai pu véritablement travailler sur un texte, qui nécessitait une réécriture. Je lui avais rendu cent pages, qu’elle a lues et que nous avons ensuite parcourues ensemble. C’était agréable d’avoir pour une fois un regard extérieur et très bénéfique pour la suite de la traduction.

6- Quels rapports, éventuels, entretenez-vous avec les auteurs que vous traduisez ?
Je n’ai pas encore eu l’occasion de contacter des auteurs. Les éditeurs n’y tiennent pas particulièrement, en général. Il faut dire que j’ai traduit surtout des romans « grand public » pour lesquels je n’avais aucune question particulière à poser.
Toutefois quand j’ai traduit des lettres inédites de Mère Teresa (en collaboration avec Cécile Deniard, publiée chez Lethielleux), nous avons eu énormément de contacts avec les religieuses responsables du Mother Teresa Center au Mexique, qui sont les ayants droits, gardiennes en quelque sorte de sa spiritualité et ce fut un travail de fourmi, très nouveau pour moi et passionnant. (Cette expérience est racontée dans le Translittérature n° 35-été 2008)

7- Quel est votre meilleur souvenir de traductrice ? Quel est le moins bon ?
Mon meilleur souvenir : l’expérience que je viens d’évoquer : il était très émouvant de traduire des lettres très intimes d’une personne aussi passionnante et complexe qui a compté dans l’histoire de l’humanité.
Le moins bon : mes deux premières traductions pour le Masque, qui, suite à un changement de directrice de collection, n’ont jamais été publiées. J’en profite pour mettre en garde les traducteurs débutants : ne jamais signer un contrat qui prévoit une partie de la rémunération à publication de l’ouvrage car vous n’avez absolument aucune garantie qu’il sera publié.

8- Quel livre auriez-vous aimé ou aimeriez-vous traduire ?
Des romans qui vous emportent dans l’univers de l’auteur, tout en racontant une histoire bien construite, comme savent si bien le faire les anglo-saxons : Pat Conroy, Michael Cunningham, Jonathan Coe, Kate Atkinson, Alison Lurie, David Lodge, bref, les auteurs que j’aime lire.
La littérature jeunesse m’attire également, parce que c’est dans ce domaine que j’ai de fabuleux souvenirs de lecture.
Sinon dans le domaine des autobiographies, j’aurais adoré traduire The Glass Castle de Jeannette Walls, publié chez Robert Laffont.
Et j’ai toujours dans mes tiroirs ma traduction de DESS, Can’t Quit you, Baby, de l’américaine Ellen Douglas, un très beau roman sur l’amitié entre une Noire et une Blanche dans le Mississippi des années soixante, par lequel plusieurs éditeurs se sont montrés intéressés, sans que cela aboutisse.

9- Le traducteur est-il pour vous un auteur ou un passeur ?
L’un n’exclut pas l’autre. (D’ailleurs, juridiquement, un traducteur est un auteur !) La métaphore du passeur qui a fait couler beaucoup d’encre est très belle et très juste selon moi puisqu’il s’agit bien d’amener un lecteur vers un texte qu’il ne pourrait sans cela déchiffrer, mais cela n’exclut pas la dimension d’auteur ; un auteur second, qui se cache dans l’ombre du premier et qui tente de rester le plus discret possible, mais qui laisse inévitablement son empreinte sur le texte.

10- Traduire a-t-il fait de vous une lectrice différente ? Le cas échéant, quelle lectrice ?
Je suis naturellement attirée par la littérature anglo-saxonne donc pour éviter d’adopter un style trop calqué sur l’anglais, je suis obligée de lire des auteurs français. Il n’est pas rare que je relève un mot dans un texte français, pour le ranger dans une boîte dans ma petite tête parce qu’il irait très bien dans ma traduction.
Il m’arrive aussi de lire des livres du même domaine que ce que je traduis, pour m’imprégner du vocabulaire. En fait, tout ce que je lis peut nourrir mon travail de traductrice, ce qui me permet de lire Elle sans culpabilité, en me disant que ce sera très utile pour des romans de « chick-lit », Fred Vargas, pour l’atmosphère des polars, etc…

Le site de Delphine Rivet : http://www.delphinerivet.com/

Premières journées de stage de Laure Gentile

Ça y est… j’y suis enfin, dans cette bibliothèque, enfermée durant des heures (vieille image du traducteur !)… Mais pas pour officier en tant que traductrice. Non, je commence là mon stage, plongée dans l’examen attentif de la revue trimestrielle Po&sie de Michel Deguy. L’objet de mes recherches est tout ce qui a trait à la création poétique italienne, espagnole et hispanoaméricaine.
Livrer mes premières impressions en les suggérant sans trop en révéler n’est pas tâche aisée. De toute façon, le but de ce billet n’est pas de conter de façon exhaustive l’essence de mon travail. Simplement de vous faire partager mes états d’âmes de stagiaire en maison d’édition.
Je commence ce stage en goûtant une des joies du traducteur (peut-être aussi de l’éditeur… je demanderai à l’occasion à mon maître de stage, Benoît Casas, responsable de la petite structure éditoriale Nous Éditions) : le travail en autonomie, solitaire, à la bibliothèque centrale de Caen. De fait, je suis chargée d’éplucher, de feuilleter, de dépouiller tous les numéros de la revue afin de constituer ce corpus de textes poétiques italiens et espagnols qui ne sera, au final, qu’un commencement et non un aboutissement. Je cherche et fouille, annote et recense, puis photocopie, tous les trésors poétiques que la revue a traduits et présentés, parfois avec le texte original en italien, espagnol ou catalan en regard. Evidemment, ce travail sera complété par des recherches bibliographiques et biographiques sur les auteurs, avec un fil conducteur : quelle place a la traduction dans la vie littéraire des œuvres de ces auteurs.
Une autre similitude avec le travail du traducteur mérite une remarque : j’effectue ces premières tâches en connaissant les jalons de mon travail, mais sans voir la balise finale, sans savoir comment seront exploitées les données que j’aurai rassemblées et ordonnées. Monsieur Casas est en déplacement en Italie ; livrée à moi-même (ne voyez en ce terme aucune connotation négative, aucun sentiment d’abandon), je mène à bien mon travail qui garde finalement tout son mystère. Que fera-t-il ou me demandera-t-il de faire après cela, à partir de cela ?
La traduction est la découverte des mots au fil des pages ; le traducteur dé-couvre la trame, l’intrigue du livre pour l’exposer à la lumière d’une nouvelle langue.
J’augure la même destinée pour mon stage… et je ne vais pas m’en plaindre !

Entrevista con Roberto Bolaño (Chile)











Références culturelles, 147 : La Diablada

En photo : Diablada Puneña par Fredy Rubio

http://www.vincetmanu.com/voyages_bolivie/voyage_bolivie_carnaval_oruro_05_diablada.asp

mardi 2 juin 2009

Rappel…

Le colloque « Femmes, écritures en enfermements » a lieu vendredi (salle H 113, à partir de 9h30) et samedi (MPI, à partir de 9h30).

Une question pas facile…

En photo : Chacun sa carotte par Tim Deschanel

Nous avons été nombreuses, Jacqueline en particulier (chez elle, c'est presque devenu un leitmotiv), à adhérer au it-langage, avec, entre autres déclinaisons, la it-attitude de la fille qui exhibait sans vergogne son it-bag devant les copines, en jouant négligemment avec ses it-lunettes, avec son it-lecteur MP3 dans les oreilles… sauf que tout cela, chers amis, comment le dire en espagnol… Quel est l'équivalent de it- ?
Un bon point et le respect de tous à celui ou celle qui trouve la traduction… Reconnaissez que c'est motivant.

Puisque nous sommes dans les rayonnages de notre bibliothèque, ajoutons un classique

Georges Mounin, Les Problèmes théoriques de la traduction, Paris, Gallimard, « Tel », 1976.

Description :
"Une langue nous oblige à voir le monde d'une certaine manière [ ... ]. Au lieu de dire, comme les anciens praticiens de la traduction, que la traduction est toujours possible ou toujours impossible, toujours totale ou toujours incomplète, la linguistique contemporaine aboutit à définir la traduction comme une opération relative dans son succès, variable dans les niveaux de la communication qu'elle atteint."

Lecture indispensable

Si vous ne l'avez pas encore dans votre bibliothèque, je pense que vous devriez faire l'acquisition de l'excellentissime et intéressantissime Dictionnaire amoureux des langues, de Claude Hagège, publié chez Plon le 16 avril 2009. Ne manquez pas, évidemment, les longues pages consacrées à la traduction.

Présentation de l'éditeur
Personne n'est indifférent aux langues humaines, dont l'apparition, aux aurores de notre espèce, est ce qui a permis à ses membres de nouer des relations sociales qu'aucune autre espèce animale ne connaît. Ceux et celles qui n'aiment pas les langues, parce que la difficulté d'apprendre certaines d'entre elles les rebute, trouveront dans ce Dictionnaire, sinon des raisons de les aimer, du moins assez de matière pour rester étonnés devant tout ce que les langues nous permettent de faire, de dire, et de comprendre sur notre nature. Partout apparaît avec éclat l'ingéniosité infinie des populations humaines, confrontées au défi de dire le monde avec des moyens très limités.

Biographie de l'auteur
Claude Hagège, linguiste, est professeur au Collège de France. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont: L Homme de paroles (Fayard, 1996) et Combat pour le français (Odile Jacob, 2006).

En bonus aujourd'hui… une deuxième fiche "Références culturelles" : Las pipas de girasol, « el secreto de la juventud »

En photo : las-pipas-de-girasol par blog_guatemala

Allez donc lire ce petit article sur « El saludable vicio de las pipas »

http://servicios.laverdad.es/gastronomia/rincon050405a.html

Pour information

Je viens de publier la traduction « officielle » de la version d'entraînement n°17, La Havana de un infante difunto, de Guillermo Carbrera Infante (cf post du 13/02/09).
Merci à Nathalie !

Une information sous forme de billet, de la part de Jacqueline

En photo : bibliotheque sainte-genevieve - 1 par Doctor Casino

Le dépliant qui présente la Bibliothèque Sainte Geneviève dit pompeusement que "le vestibule d'entrée est la caverne obscure de l'ignorance, dont le lecteur s'arrache au fur et à mesure qu'il gravit l'escalier pour atteindre la salle de lecture, temple du savoir". En ce moment ce n'est pas tout à fait exact, on apprend beaucoup de choses dans le vestibule grâce à l'exposition Imprimeurs, éditeurs et lecteurs humanistes que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer.
Entre autres que parmi les nombreuses innovations et découvertes qui marquent l'âge de la Renaissance, le livre imprimé s'affirme à partir de la seconde moitié du 15ème siècle comme le fruit majeur et le principal outil de "l'humanisme", ce large courant intellectuel caractérisé par un puissant renouvellement des savoirs. Les imprimeurs-libraires son alors des acteurs essentiels de ce phénomène. 2 étapes : de la fin du 15ème au 1er tiers du 16ème, âge d'or d'une Res publica literaria fondée sur une communité de langues et culturellement marquée par une pratique inédite de l'échange et stimulée par le rôle de "passeurs" majeurs (tels erasme, Guillaume Budé).
Le livre imprimé est alors le lieu d'évolutions fondamentales imposées par des logiques proprement humanistes de disposition ou d'appréhension du texte. Normalisation orthographique et typographique et "mise au point de systèmes de capitulation destinés à raffiner et fixer de manière pérenne les divisions des textes". La publication conjointe d'un texte dans les différentes versions qui l'ont transmis ou avec la traduction de l'humaniste qui en assure l'édition, l'utilisation de signes et de dispositifs paginaux spécifiquement conçus pour l'établissement des textes classiques, constituent autant d'inventions élaborées dans le laboratoire typographique des passeurs de textes de la Renaissance. Un exemple : Erasme, éditeur d'Euripide de chez Bade (1506), impose un interlignage généreux qui détermine de grandes respirations blanches. Edition destinée à un public étudiant qui devait pouvoir apposer ses notes entre les lignes du texte et dans la marge extérieure -
Dans une seconde étape, on constate la part croissante des langues vernaculaires dans l'édition et des tensions religieuses qui contribuent à introduire un certain cloisonnement dans une géographie intellectuelle et savante juisqu'ici largement ouverte. Les livres illustrent les différentes problématiques de l'édition et des usages humanistes du livre : transmission des classiques grecs et latins, relations entre auteurs et imprimeurs, rôle de la traduction et des langues nationales etc... Autre exemple : Gilles Corrozet, auteur -et libraire - de Les divers propos mémorables des nobles et illustres hommes de la chrétienté, 1557, collection d'énoncés dignes de mémoire supposés aider le lecteur dans la conduite de son existence, aujourd'hui rassemblés sous l'appellation de littérature "gnomique". Ce genre littéraire, qui est aussi une forme éditoriale, constitue dans la tradition humaniste un filon spécifique, à la fortune exceptionnelle. L'auteur-éditeur prolonge chaque "propos" d'un paragraphe en italique dans lequel il s'exprime personnellement, livrant une explication historique ou une conclusion proverbiale.
Une collection de manuscrits très anciens à regarder avec respect et envie : de quoi rêver, à l'heure où l'Harmattan s'apprête à lancer sous forme d'abonnement, encore à l'étude, une bibliothèque d'e-book : l'Harmathèque.

Une information pour les amateurs et amatrices de littérature jeunesse

Merci à Brigitte de cette information.

Du 3 au 7 JUIN 2009
5ème SALON DU LIVRE JEUNESSE à SARLAT (Dordogne)
- Exposition de livres jeunesse
- Expositions d'élèves
- Concours d'illustrations
- Atelier de calligraphie
- Spectacles et animations, notamment autour du conte

Peut-être cela vous intéressera-t-il…

Je vous recopie un mail que je viens de recevoir… et j'ai pensé qu'effectivement, cela pourrait vous intéresser. À quoi bon un stage puisque vous en sortez ?, allez-vous me dire. Certes, mais comme ce serait complémentaire d'aller faire un petit tour dans une maison d'édition espagnole ! Ceux qui comptent assister à cette réunion me le feront savoir, car il y a certaines contingences quant à l'endroit où cela aura lieu. Un petit mail suffira.

« Nous organisons avec le service relations internationales une réunion d’information et d’échanges sur les stages à l’étranger et plus généralement la « préprofessionnalisation à l’étranger ».
Cette réunion se tiendra à 9 h le 10 juin, salle des thèses.

À l’ordre du jour de cette réunion :
- Où trouver des adresses de stages à l’étranger?
- Comment candidater ?
- Y a-t-il d’autres moyens que les stages pour partir à l’étranger ?
- La préparation avant le départ (préparation linguistique, connaissance du pays etc.)
- La procédure – la convention de stage
- Législation / Assurances / Sécurité sociale
- Les aides à la mobilité en stage
- Échange sur vos expériences (problèmes rencontrés, gestion…) »

Références culturelles, 146 : Le mate

En photo : Té mate. par Rats & rats &...

Un petit dossier très bien fait sur le sujet :
http://www.sha.asso.fr/Pages/Latinissimo/Dossiers/Mate.htm