vendredi 9 décembre 2011

Deuxième jet « Le rêve du robot » – de « Roservind… manos humanas »

Roservind era un robot autómata y trabajador en las minas de Yanacocha. A sus 160 años de edad, él aún estaba en servicio efectivo. Nunca descansaba salvo los días en que tenía que recargase de energía o en los mantenimientos de máquinas autómatas. Este robot servía en una época después de la “Gran Revolución Robótica” (fue de mucho mayor impacto que la Revolución Industrial) y poco después de la R.R.I. (Reforma Robótica Industrial) en las que millones y millones de robots fueron destruidos en todo el planeta por manos humanas.

Malgré l'absence de réponse de Justine (sans doute occupée ailleurs), il faut que nous avancions et nous allons donc dès à présent intégrer les modifications majoritairement plébiscitées pour les premières lignes. Je procède sous le contrôle de l'attentive chasseuse de coquilles qu'est Elena…

Phrase de départ :
Roservind était un robot automate qui travaillait dans les mines de Yanacocha.
Après correction :
Roservind était un robot automate affecté aux mines de Yanacocha.

À 160 ans, il était encore en service effectif.

Phrase de départ :
Il ne se reposait jamais, hormis les jours où il devait recharger ses batteries ou lorsqu'il allait à la maintenance, comme les autres automates.
Après correction :
Il ne se reposait jamais, hormis les jours où il devait recharger ses batteries ou lorsqu'il allait à la maintenance, comme ses semblables.

Phrase de départ :
Ce robot était toujours en fonctionnement à une époque ultérieure à la « Grande Révolution Robotique » (dont l'impact fut bien supérieur à celui de la Révolution Industrielle) et peu après la R.R.I. (Réforme Robotique Industrielle), au cours desquelles des millions et des millions de robots furent détruits sur l'ensemble de la planète par la main de l'homme.
Après correction :
Ce robot était toujours en fonctionnement à une époque pourtant ultérieure à la « Grande Révolution Robotique » (dont l'impact fut bien supérieur à celui de la Révolution Industrielle) et peu après la R.R.I. (Réforme Robotique Industrielle), au cours desquelles des millions et des millions de robots furent détruits par la main de l'homme sur l'ensemble de la planète.

jeudi 8 décembre 2011

Corrections « Le Rêve du robot »

Comment allons-nous procéder ? Après réflexion, je crois que le plus simple est de faire progressivement… ; j'ouvre ce post spécialement pour que nous y stockions (dans les commentaires) nos propositions de modifications ou nos doutes (on ne touche plus au message contenant notre premier jet). Et afin que ça ne soit pas une histoire sans fin, il est également bon de nous fixer une limite au-delà de laquelle nous considérons qu'il n'y a plus rien à retoucher, sous peine d'y passer des semaines, à toucher, retoucher, tripatouiller – or vous savez que plus on se laisse aller à se petit jeu moins il est facile d'y voir clair… En réalité, c'est le moment de tous les dangers, où l'on peut semer toutes sortes d'âneries ou, moins graves, de petites erreurs qui, indolores prises séparément, défigurent le texte d'arrivée. L'avantage, là, c'est que nous sommes plusieurs et que nous nous auto-contrôlerons.
Date limite : dimanche 11 décembre.

P.S. : avec Elena et Irène D, nous sommes en train de concocter quelques questions à poser au très aimable auteur de la nouvelle… Si vous avez des idées de choses à lui demander, n'hésitez pas (mais dépêchez-vous car l'envoi est imminent).

mercredi 7 décembre 2011

Question de lexique

Qu'est-ce que la = RÉSIPISCENCE ?

mardi 6 décembre 2011

La chanson du mardi, choisie par Elena

Un poco de historia y de música de esa Asturias, de la mitad o el cuarto, ¡qué más da!, de mi sangre celta y un poco de esa bisabuela que no volvió nunca de su viaje de visita a su Oviedo natal. De su cuerpecito carcomido por la tuberculosis hundiéndose lenta y definitivamente en aquel mar azul. Etéreo y azul. Inmenso y azul. Dejando para siempre en aquel barco a sus dos hijos de 5 y 8 años solos, con y en toda esa inmensidad y esa soledad para ellos solos…

Entretien d'une traductrice (Bertille Hausberg) et "son" éditrice (Anne-Marie Métailié)

À lire

Un peu de lecture, de la part d'Elena

Una aproximación a la traducción literaria en el Perú

lundi 5 décembre 2011

Premier jet de « Le rêve du robot » (RPACOC)

(merci à l'auteur de nous avoir permis de librement traduire et reproduire son œuvre)

Les relectures viendront, mais voici le résultat du premier jet de la traduction de « El sueño del robot », de l'auteur péruvien RPACOC, proposé par nos traductrices acharnées et talentueuses – que je me permets de féliciter pour leur constance, leur patience et leurs bonnes idées…
Maintenant : deuxième étape. Laisser passer quelques jours avant d'y revenir… que le texte s'éloigne un peu de vous, que vous y reveniez ensuite en amies mais aussi déjà un peu en étrangères (la distance ! Salutaire). Imprimez le texte (car sur papier, on voit des choses invisibles à l'écran) et prenez des notes… Attention : il ne s'agit pas de tout dynamiter pour le plaisir d'exercer son esprit critique. Sachez rester raisonnables et valoriser ce qui a été conquis. Il faut certes remettre l'ouvrage sur le métier, mais dans une démarche constructive, a fortiori s'agissant de corrections collectives. Allez à l'essentiel et ne perdez pas le Nord.
À vos stylos rouges !

[Dans l'intervalle, j'ai intégré la judicieuse modification proposée par Irène (oh zut, je ne sais pas comment faire pour éviter la confusion avec l'autre Irène, Descamps… Irène 1 et Irène 2, ça n'est pas terrible n'est-ce pas ? Alors ce sera Irène D et Irène tout court… À moins que vous ayez une meilleure idée]

Roservind était un robot automate qui travaillait dans les mines de Yanacocha. À 160 ans, il était encore en service effectif. Il ne se reposait jamais, hormis les jours où il devait recharger ses batteries ou lorsqu'il allait à la maintenance, comme les autres automates. Ce robot était toujours en fonctionnement à une époque ultérieure à la « Grande Révolution Robotique » (dont l'impact fut bien supérieur à celui de la Révolution Industrielle) et peu après la R.R.I. (Réforme Robotique Industrielle), au cours desquelles des millions et des millions de robots furent détruits sur l'ensemble de la planète par la main de l'homme. Bien que très évoluées grâce à leur intelligence artificielle, ces machines ne représentèrent jamais un danger pour l'humanité. Pour la simple et bonne raison que leur intelligence n'égalerait jamais celle des êtres humains. Jamais elles ne nourriraient le dessein et n'auraient la malignité de tuer des êtres vivants. Pas plus qu'elles ne seraient pourvues de ce que les humains ont de spécial… ce que l’on appelle une âme. Roservind avait la structure morphologique d’un humain. Recouvert d'un métal résistant à la corrosion, son visage ne reflétait pas la moindre émotion. Employé dans l'industrie, il était nécessairement multitâches ; car en application de la loi numéro 5 de la R.R.I., il ne pouvait y avoir plus de 3 robots au maximum par usine. Outre divers travaux, ses pricipales activités étaient: agent d'entretien, médecin, comptabiliseur et poseur de dynamite. Il subissait quotidiennement les humiliations des travailleurs. Un jour, Roservind fut envoyé à 4000 mètres sous terre pour travailler avec plus de 100 mineurs. Et c'est alors que l'accident se produisit : il y eut un éboulement qui boucha toutes les entrées de la mine avec des rochers et de la terre. Il faudrait huit bons mois pour les délivrer, si tant est qu'ils fussent encore en vie. Au bout de 4 mois, les travailleurs commençaient déjà à mourir l'un derrière l'autre, à cause de faim et de soif. Même l'assistance médicale procurée par le robot s'avéra insuffisante pour ces pauvres malheureux. Sur les 100 qu'il y avait au départ, il n'en restait plus que 10. Impuissant, le robot n'avait d'autre choix que d'être témoin de l'agonie des autres. Dépourvu de la moindre émotion, il pouvait néanmoins réfléchir. Il se remémora par exemple les souvenirs d'une époque passée – sauvegardée dans sa base de données – durant laquelle il avait été au service d'une famille en tant que majordome. Famille qui l'avait vendu à un ferrailleur, sans toutefois... qu'il en ait conçu de l'aigreur. Il ne comprenait jamais pourquoi les gens pleuraient, riaient... Ils étaient tellement imprévisibles. Finalement, il vit l'ultime mineur au seuil de la mort ; une photo de sa famille serrée dans une main, l'homme attrapa un crucifix. Peu après, il mourut. Le robot se trouva complètement seul au milieu des cadavres. Et pour la première fois il s'interrogea sur ce qui le rendait différent des humains. Pourquoi vont-ils au ciel, eux, alors que les robots… non ? Puisque les animaux non plus ne vont pas au ciel – se disait-il intérieurement – pourquoi les humains y vont-ils ? Est-ce que je pourrais y aller au ciel, moi aussi ? Notre robot se posait en effet bien des questions. L'une d'elles était liée au souvenir qu'il conservait d'une grève déclenchée par les mineurs. Ils réclamaient leurs droits, ils avaient des buts dans la vie. Il songeait aux grandes victoires qui avaient marqué l'histoire de l'humanité ; ils avaient atteint leurs objectifs... réalisé leurs rêves. Plusieurs jours après, les lumières de la mine s'éteignirent et le robot demeura dans l'obscurité totale... Là, il se demanda : Moi, quel est mon objectif dans la vie ? Il alluma la frontale de son casque et commença à lire une bible qu'il avait prise sur l'un des cadavres. Plus de neuf mois s'écoulèrent avant que les secouristes n'arrivent… ; ils ne sortirent de là que le robot. À l'extérieur, voici ce qui arriva : tout le monde lui lançait des regards haineux. Sans crier gare, un superviseur apostropha le robot : « Hé, toi, là… retourne au boulot ! » Le robot resta planté devant un superviseur tout surpris, les robots exécutant en effet sur-le-champ les ordres qu'on leur donnait... ; or, celui-ci était manifestement différent. Sauf que le robot avait compris la différence entre les robots et les humains... l'âme. Selon les Saintes Écritures, chaque être humain a une âme unique, qui va au ciel ou en enfer en quittant son enveloppe charnelle. — Tu m'entends, espèce de crétin de robot ! — Roservind s'étonnait : comment est-il possible que je parvienne à penser librement, sans obéir aux complexes lignes de programmation ? Comment faut-il que je m'y prenne pour avoir une âme ? Et sans en être conscient, le robot avait désormais un objectif… un rêve. le coup d'envoi grâce auquel il serait à même d'entamer sa longue quête… ; deux mots : — Je démissionne ! Et à ce moment-là, oui, Roservind était né.

Traduit de l'espagnol (Pérou) par Irène Descamps, Elena Geneau, Justine Ladaïque

« El sueño del robot » – la fin

Ahora sólo faltaba darle el punto de inicio a su largo camino… una palabra: — ¡Renuncio!, y desde ese momento Roservind acababa de nacer.

Solution temporaire
le coup d'envoi grâce auquel il serait à même d'entamer sa longue quête… ; deux mots : — Je démissionne ! Et à ce moment-là, oui, Roservind était né.

« El sueño del robot » – phrase 53

Y sin darse cuenta el robot ya tenía una meta… un sueño.

Solution temporaire
Sans en être conscience, le robot avait désormais un objectif… un rêve.

« El sueño del robot » – phrase 52

¿Cómo haría para obtener un alma?

Solution temporaire :
Comment faut-il que je m'y prenne pour avoir une âme ?

« El sueño del robot » – phrase 51

Roservind se preguntaba: ¿Cómo puedo pensar independientemente sin obedecer las complejas líneas de programación?

Solution temporaire
Roservind s'étonnait : comment est-il possible que je parvienne à penser librement, sans obéir à de complexes lignes de programmation ?

« El sueño del robot » – phrase 50

— ¡No escuchas robot estúpido! —

Solution temporaire
— Tu m'entends, espèce de crétin de robot ! —

« El sueño del robot » – phrase 49

Según las sagradas escrituras, el alma era única en cada ser humano y la que se iría al cielo o al infierno dejando el cuerpo material.

Solution temporaire :
Selon les Saintes Écritures, chaque être humain a une âme unique, qui va au ciel ou en enfer en quittant son enveloppe charnelle.

« El sueño del robot » – phrase 48

Pero el robot logró entender la diferencia entre robots y humanos… era el alma.

Solution temporaire :
Sauf que le robot avait compris la différence entre les robots et les humains... l'âme.

« El sueño del robot » – phrase 47

— ¡Vuelve a tu trabajo!—le seguía exclamando el supervisor.

Solution temporaire :
— Retourne au boulot ! – répétait le superviseur.

dimanche 4 décembre 2011

« El sueño del robot » – phrase 46

El robot se quedó parado frente al supervisor, y este quedó sorprendido porque todos los robots siempre ejecutan una orden rápidamente… pero éste era diferente.

Solution temporaire :
Le robot resta planté devant un superviseur tout surpris, les robots exécutant en effet sur-le-champ les ordres qu'on leur donnait... ; or, celui-ci était manifestement différent.

« El sueño del robot » – phrase 45

— ¡Tú… Vuelve a tu trabajo!

Solution temporaire :
« Hé, toi, là… retourne au boulot ! »

« El sueño del robot » – phrase 44

Sin motivo alguno un supervisor le dijo al robot:

Solution temporaire :
Sans crier gare, un superviseur apostropha le robot :

Entretien vidéo avec l'éditeur Christian Bourgois

À voir

« El sueño del robot » – phrase 43

Todos miraban con odio a éste.

Solution temporaire :
Tout le monde lui lançait des regards haineux.

« El sueño del robot » – phrase 42

Una vez fuera.

Solution temporaire :
À l'extérieur, voici ce qui arriva :

« El sueño del robot » – phrase 41

Pasaron más de nueve meses, y llegó el rescate… sólo sacaron al robot.

Solution temporaire :
Plus de neuf mois s'écoulèrent avant que les secouristes n'arrivent… ; ils ne sortirent de là que le robot.

« El sueño del robot » – phrase 40

(Plus nous avançons, plus j'aime ce texte ; pas vous ?)

Prendió la luz de su casco y empezó a leer una biblia que tomó de un cadáver.

Solution temporaire :
Il alluma la frontale de son casque et commença à lire une bible qu'il avait prise sur l'un des cadavres.

« El sueño del robot » – phrase 39

Varios días después las luces dentro de la mina se apagaron y el robot quedó en total oscuridad… y se preguntó: ¿Cuál es mi meta en mi existencia?

Solution temporaire :
Plusieurs jours après, les lumières de la mine s'éteignirent et le robot demeura dans l'obscurité totale... Là, il se demanda : Moi, quel est mon objectif dans la vie ?

Version de L2 (à rendre pour le 15 décembre)

Todo cambió cuando ella apareció. Mi mirada acci­dental absorbió primero, sin prestarle demasiada aten­ción, la luz encendida en el apartamento frente al mío. Luego me fijé en que las cortinas estaban abiertas. Finalmente, observé el paso distraído de la persona que ocupaba el flat de enfrente. Me dije, distraído yo también:
-Es una mujer.
Olvidé la novedad. Ese apartamento llevaba años deshabitado. Yo cumplía mis horarios de trabajo. Luego iba al teatro. Y sólo al regresar, hacia las once de la noche, a mi casa, notaba el brillo nocturno de la ventana vecina. Como "vecina" era la mujer que se movía dentro de las habitaciones opuestas a las mías, apareciendo y desapareciendo de acuerdo con sus hábitos personales. Empezó a interesarme. La miraba siempre de le­jos, moviéndose, arreglando la cama, sacudiendo los muebles, sentada frente a la televisión y paseándose en silencio, con la cabeza baja, de una pared a la opues­ta. Todo esto sólo a partir de las once de la noche cuando yo terminaba mi jornada teatral, o a partir de las siete cuando regresaba de la oficina.
De día, cuando me iba a la oficina, las cortinas de enfrente estaban cerradas, pero de noche, al regre­sar, siempre las encontraba abiertas. Esperé, de manera involuntaria, que la mujer se acercara a la ventana para verla mejor. Era natural -me dije- que a las once de la noche se atareara en los afanes finales del día antes de apagar las luces e irse a dormir.

Carlos Fuentes, Inquieta compañía

samedi 3 décembre 2011

« El sueño del robot » – phrase 38

Recordaba los grandes triunfos en la historia de la humanidad; lograron sus metas… sus sueños.

Solution temporaire :
Il songeait aux grandes victoires qui avaient marqué l'histoire de l'humanité ; ils avaient atteint leurs objectifs... réalisé leurs rêves.

« El sueño del robot » – phrase 37

Estos reclamaban sus derechos, tenían metas en la vida.

Solution temporaire :
Ils réclamaient leurs droits, ils avaient des buts dans la vie.

Question de lexique

Qu'est-ce qu'un = SATRAPE ?

À l'attention d'Irène, Elena et Justine

L'écran étant aujourd'hui bien « encombré » par la version des étudiants de Licence 2, je vous fais un petit message spécial pour vous indiquer que je viens juste de vous faire mes commentaires sur les propositions pour la phrase en cours (la 36, je crois) et que j'attends votre avis pour enchaîner.

Version de L2 – commentaire de la traduction d'Elsa

Je vous l'ai dit, habituellement, je préfère que vous pratiquiez une auto-correction à 100 % – c'est-à-dire que vous regardiez les traductions des autres pour comparer avec les vôtres et que, donc, vous fassiez vous-mêmes les modifications nécessaires. Là, sachant que certains étudiants de Licence 2 rencontrent de réelles difficultés avec l'exercice de la version, j'accepte de vous faire quelques remarques… J'insiste, il ne s'agit pas d'un corrigé ! Il va de soi que je ne peux détailler l'ensemble des propositions qui me sont faites ; raisons pour laquelle j'en ai choisi une au hasard (celle d'Elsa en l'occurrence). Sans doute aura-t-elle le même genre d'erreurs que vous et aurez-vous par conséquent les réponses aux questions que vous vous posez… Néanmoins, s'il reste des points sur lesquels vous avez des incertitudes, rien ne vous empêche de me poser des questions dans les commentaires.

Antonia Sierra, la mujer de Vargas, era veintiséis años menor que él. Al llegar a la cuarentena ya estaba muy gastada, casi no le quedaban dientes sanos en la boca y su aguerrido cuerpo de mulata se había deformado por el trabajo, los partos y los abortos; sin embargo aún conservaba la huella de su pasada arrogancia, una manera de caminar con la cabeza bien erguida y la cintura quebrada, un resabio de antigua belleza, un tremendo orgullo que paraba en seco cualquier intento de tenerle lástima. Apenas le alcanzaban las horas para cumplir su día, porque además de atender a sus hijos y ocuparse del huerto y las gallinas ganaba unos pesos cocinando el almuerzo de los policías, lavando ropa ajena y limpiando la escuela. A veces andaba con el cuerpo sembrado de magullones azules y aunque nadie preguntaba, toda Agua Santa sabía de las palizas propinadas por su marido. Sólo Riad Halabí y la Maestra Inés se atrevían a hacerle regalos discretos, buscando excusas para no ofenderla, algo de ropa, alimentos, cuadernos y vitaminas para sus niños.

Isabel Allende, El oro de Tomás Vargas

Antonia Sierra, la femme de Vargas, était plus jeune que lui de vingt-six ans. En atteignant la quarantaine, elle était déjà très abîmée par la vie, il ne lui restait pratiquement plus aucune dent saine dans la bouche et son corps aguerri de mulâtre avait été déformé par le travail, les accouchements et les avortements ; cependant elle conservait encore l’empreinte de sa fierté passée, sa manière de marcher avec la tête bien relevée et la taille cambrée, la réminiscence d’une ancestrale beauté, un considérable orgueil qui s’arrêtait brusquement en une indifférente intention de la prendre en pitié. Elle avait à peine assez d’heures pour terminer les tâches de sa journée, parce qu’en plus de prendre soin de ses enfants et de s’occuper du jardin et des poules, elle gagnait quelques pesos en cuisinant le déjeuner des policiers, en lavant les vêtements d’autrui et en nettoyant l’école. Parfois elle marchait, le corps semé de contusions bleues et même si personne ne lui demandait, toute l’Agua Santa était au courant des raclées que lui administrait son mari. Riad Halabi et l’institutrice Inès étaient les seuls qui osaient lui faire des cadeaux en douce, en cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, quelques affaires comme des vêtements, des aliments, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.

Phrase à phrase :
1- Antonia Sierra, la mujer de Vargas, era veintiséis años menor que él.
Antonia Sierra, la femme de Vargas, était plus jeune que lui de vingt-six ans.
OK

2- Al llegar a la cuarentena ya estaba muy gastada, casi no le quedaban dientes sanos en la boca y su aguerrido cuerpo de mulata se había deformado por el trabajo, los partos y los abortos;
En atteignant la quarantaine,
Le verbe « atteindre » est correct, mais à mon avis assez peu naturel ici… N'oubliez pas de vous demander pour chaque phrase, même celles qui semblent faciles au premier abord, comment vous diriez la même chose spontanément en français.
Pourquoi pas, tout simplement : quand elle eut quarante ans / ou alors, encore plus synthétique : À quarante ans (entres autres solutions possibles). J'avoue que je pinaille un peu ; car votre proposition est bien ;-)

elle était déjà très abîmée par la vie,
Ça va – et vous avez eu raison d'ajouter la cheville « par la vie » (sinon, l'effet aurait été bizarre).
La solution que je vous propose : la vie ne l'avait guère épargnée – ça n'est pas une traduction littérale et en l'occurrence, c'est davantage suggestif que ce que vous proposez. Pour ce que je vous demande en cours, votre solution est bien suffisante.

il ne lui restait pratiquement plus aucune dent saine dans la bouche
OK

et son corps aguerri de mulâtre avait été déformé par le travail, les accouchements et les avortements ;
« aguerri »… là non. Vous avez fait une traduction littérale et ça ne va pas. Attention au syndrome de l'españolo facilo (je veux dire par là qu'il ne faut jamais négliger de vérifier le sens de ces mots, en français dans le cas qui nous occupe, dont la traduction semble acquise par le calque.
Vérification faite, vous verrez que ça n'est pas ce qu'a voulu dire Isabel Allende. Non, dans cette phrase il valait mieux quelque chose comme « fatigué »

3- sin embargo aún conservaba la huella de su pasada arrogancia, una manera de caminar con la cabeza bien erguida y la cintura quebrada, un resabio de antigua belleza, un tremendo orgullo que paraba en seco cualquier intento de tenerle lástima.
cependant elle conservait encore
Conserver encore est peut-être un peu redondant. Conservait tout seul suffit.

l’empreinte de sa fierté passée,
« fierté » n'a pas exactement le sens d'arrogance. Et vous en avez d'ailleurs la confirmation dans la description qui suit. Mineur dans un autre contexte, le décalage est ici embêtant car vous changez la personnalité du personnage. Cette femme a été belle et s'est montrée arrogante plus encore que fière. Conclusion : pourquoi avoir changé alors qu'une traduction littérale était le plus simple et donc sans doute le plus juste ? Quand vous avez un doute, ne manquez pas de faire l'effort d'ouvrir le dictionnaire pour bien vérifier le sens des mots et être ainsi certaine de ne pas confondre ou modifier.

una manera de caminar
sa manière de marcher
Si « la » peut effectivement induire un possessif implicite, ça n'est pas le cas de « una » que vous devez la plupart du temps traduire par « une ».
Là, comme le narrateur livre un portrait sous forme d'explication, deux points auraient été les bienvenus :
: une certaine manière de marcher

avec la tête bien relevée et la taille cambrée,
- le « avec » est inutile et un peu lourd.
- « relevée » ne va pas… Est-elle baissée avant ? Je sais que je suis un peu de mauvaise foi, mais mieux vaut être claire et simple : la tête bien droite.
- « taille cambrée » : c'est bien.

la réminiscence d’une ancestrale beauté,
- « réminiscence » ? Pourquoi pas. Je suis surtout contente… car cela manifeste que vous avez fait un vrai travail de recherche pour venir à bout de cette traduction. Bravo ! Sinon, on pouvait opter pour quelque chose de plus simple : « un reste » ou mieux « vestiges » (je le mets au pluriel car cela engloberait la tête et la taille)

un considérable orgueil qui s’arrêtait brusquement en une indifférente intention de la prendre en pitié.
« considérable » est mal choisi… Il y a un adjectif qui va bien avec « orgueil » = démesuré.
qui s’arrêtait brusquement en une indifférente intention de la prendre en pitié = alors là c'est du non-sens. Non seulement vous n'avez pas compris la V.O., mais ce que vous écrivez n'a guère de sens.
Je vous aide et vous essaierez de trouver la solution :
que paraba (le sujet c'est bien l'orgueil démesuré)
en seco = net
cualquier intento de tenerle lástima – attention au « le » de « tenerle »… demandez-vous à quoi ou qui il renvoie.
Proposez-moi autre chose.
Lástima a ici le sens de pitié.

4- Apenas le alcanzaban las horas para cumplir su día, porque además de atender a sus hijos y ocuparse del huerto y las gallinas ganaba unos pesos cocinando el almuerzo de los policías, lavando ropa ajena y limpiando la escuela.
Elle avait à peine assez d’heures pour terminer les tâches de sa journée,
Le sens y est, mais c'est très mal formulé… l'ensemble manquant terriblement de naturel ; partait plutôt vers = elle n'avait pas assez des heures de la journée pour faire tout ce qu'elle avait à faire… [ça n'est qu'un exemple de traduction possible]

parce qu’en plus
penser à « outre »

de prendre soin de ses enfants et de s’occuper du jardin et des poules,
Même si ça n'est pas une règle, essayer de ne pas multiplier les « et »… en l'occurrence, il faut qu'on comprenne plus clairement quels sont les sous-ensembles de la phrase.
de prendre soin de ses enfants, de s’occuper du jardin et des poules,

ganaba unos pesos cocinando el almuerzo de los policías, lavando ropa ajena y limpiando la escuela.
elle gagnait quelques pesos en cuisinant le déjeuner des policiers, en lavant les vêtements d’autrui et en nettoyant l’école.
« cuisiner le déjeuner » ???? Le sens y est mais que c'est mal dit. Diriez-vous spontanément : je vais cuisiner le déjeuner ? N'y a-t-il pas deux ou trois verbes bien mieux adaptés ?
+ un problème qui se pose pour l'ensemble de la phrase : EN cuisinant, EN lavant et EN nettoyant… S'agit-il d'actions concomitantes au fait de gagner de l'argent ou est-ce ainsi qu'elle gagne de l'argent ? Auquel cas il faut construire cela différemment. Voyez ce que vous pouvez me proposer.
« nettoyer l'école » ? Vous nettoyer votre maison, vous, quand vous faites le ménage. Attention de ne pas vous laisser aller au purement et strictement littéral. Gardez de la distance par rapport à la V.O. et ne subissez pas passivement le texte. Là, depuis deux ou trois lignes (et en particulier la grosse difficulté que vous avez rencontrée et qui a abouti à un non-sens), vous vous démobilisez. Il faut rester concentré jusqu'au bout et ne pas perdre pied parce qu'un passage du texte nous a posé problème… Au contraire, cela signifie qu'on risque de perdre des points à cet endroit et qu'il faut bien baliser le reste pour assurer.

5- A veces andaba con el cuerpo sembrado de magullones azules y aunque nadie preguntaba, toda Agua Santa sabía de las palizas propinadas por su marido.
Parfois elle marchait, le corps semé de contusions bleues et même si personne ne lui demandait, toute l’Agua Santa était au courant des raclées que lui administrait son mari.
- La preuve de ce que je viens de vous dire : vous avez traduit « andaba » par « marchait »… et cela n'a pas de sens. Faut-il comprendre que quand elle est assise elle n'a plus de bleus ? Illogique. N'oubliez pas que le verbe « andar » peut être un synonyme de « ser » et « estar ». C'est le genre d'erreur bête et qui coûte énormément de points.
- Ici, nous avons « aunque » + indication ; donc je veux bien que + subjonctif en français.
- « Toute l'Agua Santa » ?????? On ne comprend rien. S'agit-il d'un produit ? Là, cela aurait mérité un peu plus de réflexion ; Agua Santa est le nom du village où se déroule l'action décrite. Attention, même quand vous n'êtes pas certaine de comprendre, n'écrivez pas des choses dont vous voyez manifestement qu'elles n'ont pas de sens. L'impression donnée est très mauvaise.
- Le reste : OK

6- Sólo Riad Halabí y la Maestra Inés se atrevían a hacerle regalos discretos, buscando excusas para no ofenderla, algo de ropa, alimentos, cuadernos y vitaminas para sus niños.
Riad Halabi et l’institutrice Inès étaient les seuls qui osaient lui faire des cadeaux en douce, en cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, quelques affaires comme des vêtements, des aliments, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.
- Vous auriez dû garder la même syntaxe qu'en V.O. ; cela vous aurait évité un « qui »… Seuls RH et Inès, l'institutrice… Encore une fois : pourquoi avez-vous changé ????
- le « en » est encore inutile.
- algo de ropa, alimentos, cuadernos y vitaminas para sus niños = « quelques affaires comme des vêtements » = CS… algo = un peu, quelques. Donc avec « des », ça suffisait.

Conclusion : le travail a des qualités, mais vous devez faire attention de rester bien concentrée jusqu'au bout et de ne pas vous démobiliser parce que vous rencontrez une difficulté. Et surtout, vous devriez davantage consulter le dictionnaire français – pour vous assurer de votre parfaite connaissance du sens des mots qui vous choisissez.
Je vous ai posé un certain nombre de questions et vous ai invitée à faire des changements. Ce serait bien que vous le fassiez. Mettez vos réponses, etc. dans les commentaires

« El sueño del robot » – phrase 36

En una de esas, recordaba cuando hubo una huelga de trabajadores de la mina.

Solution temporaire :
L'une d'elles était liée au souvenir qu'il conservait d'une grève déclenchée par les mineurs.

Version de L2 (à rendre pour le 2 décembre)

Antonia Sierra, la mujer de Vargas, era veintiséis años menor que él. Al llegar a la cuarentena ya estaba muy gastada, casi no le quedaban dientes sanos en la boca y su aguerrido cuerpo de mulata se había deformado por el trabajo, los partos y los abortos; sin embargo aún conservaba la huella de su pasada arrogancia, una manera de caminar con la cabeza bien erguida y la cintura quebrada, un resabio de antigua belleza, un tremendo orgullo que paraba en seco cualquier intento de tenerle lástima. Apenas le alcanzaban las horas para cumplir su día, porque además de atender a sus hijos y ocuparse del huerto y las gallinas ganaba unos pesos cocinando el almuerzo de los policías, lavando ropa ajena y limpiando la escuela. A veces andaba con el cuerpo sembrado de magullones azules y aunque nadie preguntaba, toda Agua Santa sabía de las palizas propinadas por su marido. Sólo Riad Halabí y la Maestra Inés se atrevían a hacerle regalos discretos, buscando excusas para no ofenderla, algo de ropa, alimentos, cuadernos y vitaminas para sus niños.

Isabel Allende, El oro de Tomás Vargas

***

Lorena nous propose sa traduction :

Antonia Sierra, la femme de Vargas, était vingt six ans plus jeune que lui. En arrivant à la quarantaine, elle était déjà très usée, il ne lui restait plus de dents saines dans la bouche et son corps aguerri de mulâtre qui était déformé par le travail, les accouchements et avortements ; mais qui conservait cependant la trace d’une arrogance passée, sa démarche avec la tête haute et le dos cambré, un arrière-goût de sa beauté d’autrefois, son terrible orgueil qui arrêtait net un quelconque essai d’avoir pitié d’elle. Les heures de la journée lui suffisaient à peine pour achever sa journée, parce qu’en plus de veiller sur ses enfants et s’occuper du potager et des poules, elle gagnait quelques pesos en préparant le déjeuner des policiers, lavant les vêtements d’autrui et faisant le ménage à l’école. Parfois elle avait le corps couvert de meurtrissures bleues et bien que personne ne lui demandait, tout Agua Santa était au courant pour les raclées que son mari lui donnait. Seulement Riad Halabi et la Maestra Inés osaient lui faire des cadeaux discrets, cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, quelques vêtements, de la nourriture, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.

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Une traduction proposée par un étudiant du groupe :

Antonia Sierra, la femme de Vargas, avait vingt-six ans de moins que lui. Arrivée à la quarantaine, elle était déjà très gâté, il ne lui restait presque plus de dents saines dans la bouche et son corps de mulâtresse aguerri s’était déformé par le travail, les accouchements et les avortements; néanmoins elle conservait encore la trace de son arrogance passée, une manière de marcher avec la tête correctement dressée et la taille brisée, un arrière-goût d’une beauté perdu, un terrible orgueil qui arrêtait net quelconque intention de la plaindre. Les heures lui suffisaient à peine pour accomplir sa journée, car en plus de s’occuper de ses enfants et de se consacrer au potager et aux poules, elle gagnait quelques sous en cuisinant le déjeuner pour les policiers, en lavant des vêtements d’autres personnes et en nettoyant l’école. Quelques fois, elle allait avec le corps couverts de meurtrissures bleues et bien que personne ne posait de question, tout Agua Santa savait la totalité des raclées données par son mari. Seulement Riad Halabí y la Maestra Inés se risquaient à lui offrir des cadeaux discrets, cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, un peu de vêtements, de nourritures, de cahiers et de vitamines pour ses enfants.

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Joachim nous propose sa traduction :

Antonia Sierra, la femme de Vargas, avait 26 ans de moins que lui. Arrivée à la quarantaine, elle était déjà très usée, il ne lui restait presque aucune dents saines dans la bouche et son corps mulâtre aguerri était déformé par le travail, les accouchements et les avortements, cependant elle conservait toujours la trace de son arrogance passée, la manière de marcher avec la tête haute et la ceinture cambrée ; un arrière-goût d’une beauté ancienne, une terrible fierté qui stoppait net n’importe quel essai d’avoir pitié d’elle., Elle avait à peine le temps de tout faire dans la journée, parce qu’en plus de prendre soin de ses enfants et de s’occuper du jardin et des poules, elle gagnait quelques pesos en préparant le déjeuner aux policiers, en lavant les affaires d’autrui et faisant le ménage à l’école. Des fois, son corps était semé d’hématomes et même si personne ne demandait, tout Agua Santa était au courant des raclées qu’elle recevait de son mari. Seulement Kiad Halabi et la Maestra Ines osaient lui faire passer des cadeaux discrètement, en cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, quelques vêtements, des aliments, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.

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Eloïse nous propose sa traduction :

Antonia Serra, la femme de Vargas, était de vingt ans plus jeunes que lui. Arrivée à la quarantaine elle était déjà très usée, il ne lui restait presque plus une seul dent saine dans la bouche et son corps bronzé de femme expérimenté c’était vue déformé par le travail, les accouchements et les fausses couches. Cependant, elle conservait encore la trace de son arrogance passée, une manière de marcher la tête haute et le dos vouté, un vice d’une ancienne beauté, un terrible orgueil qui arrête net n’importe quel épreuve de compassion. A peine y avait-il assez d’heure dans une journée, car en plus de surveillé ses enfants, de s’occuper du verger et des poules, elle gagnait quelque pesos de plus en préparent le déjeuner pour les policiers, lavant les vêtements des autres et nettoyant l’école. Parfois elle marchait avec le corps recouvert de marque bleu et bien que personne ne demandait, tout Agua Santa savait que son mari la battait. Seul Riad Hababi et la maîtresse Ines osaient, avec discrétion, lui faire des cadeaux, cherchant des prétextes pour ne pas l’offenser, quelques robes, de la nourriture, cahier et vitamine pour ses enfants.

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Elsa nous propose sa traduction :

Antonia Sierra, la femme de Vargas, était plus jeune que lui de vingt-six ans. En atteignant la quarantaine, elle était déjà très abîmée par la vie, il ne lui restait pratiquement plus aucune dent saine dans la bouche et son corps aguerri de mulâtre avait été déformé par le travail, les accouchements et les avortements ; cependant elle conservait encore l’empreinte de sa fierté passée, sa manière de marcher avec la tête bien relevée et la taille cambrée, la réminiscence d’une ancestrale beauté, un considérable orgueil qui s’arrêtait brusquement en une indifférente intention de la prendre en pitié. Elle avait à peine assez d’heures pour terminer les tâches de sa journée, parce qu’en plus de prendre soin de ses enfants et de s’occuper du jardin et des poules, elle gagnait quelques pesos en cuisinant le déjeuner des policiers, en lavant les vêtements d’autrui et en nettoyant l’école. Parfois elle marchait, le corps semé de contusions bleues et même si personne ne lui demandait, toute l’Agua Santa était au courant des raclées que lui administrait son mari. Riad Halabi et l’institutrice Inès étaient les seuls qui osaient lui faire des cadeaux en douce, en cherchant des excuses pour ne pas l’offenser, quelques affaires comme des vêtements, des aliments, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.

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Justine nous propose sa traduction :

Antonia Sierra, l'épouse de monsieur Vargas, était de vingt-six ans sa cadette.Lorsqu'elle est entréé dans la quarantaine le temps l'avait déjà bien marquée, elle n'avait quasiment que des chicots dans la bouche et son corps aguerri de mulâtresse avait subi des déformations sous le poids du travail, des acouchements et des avortements; cependant elle conservait toujours la trace de son arrogance passée, une manière de marcher la tête bien droite et la taille cambrée, mauvaise habitude d'une beauté ancienne, une terrible fierté qui arrêtait net toute tentative d'avoir pitié d'elle. Les heures lui suffisaient à peine pour accomplir ses tâches quotidiennes, parce qu'en plus de prendre soin de ses enfants et de s'occuper du potager et des poules, elle gagnait quelque menue monnaie en préparant le déjeuner des policiers, en lavant les vêtements d'autrui et en nettoyant l'école. Parfois son corps était couvert d'ecchymoses et bien que personne ne posât la moindre question, tout Agua Santa était au courant que son mari la battait., Seuls Riad Halabí et Inés l'institutrice osaient lui faire des cadeaux discrets, en cherchant des excuses pour ne pas l'offenser, des vêtements, de la nourriture, des cahiers et des vitamines pour ses enfants.

« El sueño del robot » – phrase 35

De esa manera el robot se formulaba muchas preguntas.

Solution temporaire :
Notre robot se posait en effet bien des questions.

vendredi 2 décembre 2011

« El sueño del robot » – phrase 34

¿Yo podría ir al cielo?

Solution temporaire :
Est-ce que je pourrais y aller au ciel, moi aussi ?

« El sueño del robot » – phrases 32-33

Los animales no van al cielo —se decía a sí mismo— ¿Por qué los humanos?

[il était nécessaire de les traiter en même temps, sous peine de devoir les re-modifier ensuite…]

Solution temporaire :
Puisque les animaux non plus ne vont pas au ciel – se disait-il intérieurement – pourquoi les humains y vont-ils ?

« El sueño del robot » – phrase 31

Porque ellos van al cielo y los robots… no.

Solution temporaire :
Pourquoi vont-ils au ciel, eux, alors que les robots… non ?

« El sueño del robot » – phrase 30

Y por primera vez se preguntó qué le hacía diferente de los humanos.

Solution temporaire :
Et pour la première fois il s'interrogea sur ce qui le rendait différent des humains.

Un peu de lecture, de la part d'Elena

El análisis crítico de traducciones literarias en la formación de traductores (Esp.)

« El sueño del robot » – phrase 29

El robot quedó totalmente solo con los cadáveres.

Solution temporaire :
Le robot se trouva complètement seul au milieu des cadavres.

« El sueño del robot » – phrase 28

Y poco después, murió.

Solution temporaire :
Peu après, il mourut.

Projet de traduction collective

Vous l'avez vu, j'ai publié hier le discours prononcé par Carlos Fuentes lors de la remise du titre de Docteur Honoris Causa de l'Université Bordeaux 3 – Michel de Montaigne. Outre que nous en aurions certainement eu l'idée sur Tradabordo (obsédés que nous sommes par notre discipline, en général nous ne pouvons guère résister à la tentation de mettre les mains, les bras… puis le corps entier dans un texte intéressant en espagnol, pour y imprimer notre modeste marque de traducteur), mais en l'occurrence, c'est Elvire Gómez Vidal, Professeur dans cette université et directrice de l'équipe de recherche AMERIBER qui m'a personnellement sollicitée pour effectuer ce travail, en vue d'une publication sur le site de Bordeaux 3. J'ai évidemment accepté et lui ai proposé que cela devienne un projet de groupe avec d'anciens étudiants bordelais, notamment parmi ceux ayant suivi le Master 2 pro « métiers de la traduction » – que j'ai sollicités hier… Nous savons tous, a fortiori sur Tradabordo, ce qu'est une traduction collective ; mais l'idée est aussi, peut-être, d'en profiter pour de courtes retrouvailles. Nous pourrions effectivement nous voir à Bordeaux pour mettre nos premiers jets en commun et parvenir à une version finale capable de satisfaire tout le monde. S'il s'avère que ça n'est pas possible, parce que nous sommes les uns et les autres trop occupés, nous procéderons comme nous sommes en train de le faire avec la nouvelle de SF « El sueño del robot », mais il est vrai que ce serait sympa de se voir…
J'attends d'autres réponses, mais pour l'heure, le groupe réunira :
Elena
Jacqueline
Perrine
Laëtitia
Julie
Vanessa
Si certains des Tradabordiens fidèles souhaitent se joindre à nous, n'hésitez pas à me le faire savoir. Il va de soi que nous ne pouvons pas être trop nombreux, faute que ce soit immédiatement la cacophonie, mais il y a de la marge et toutes les bonnes volontés seront les bienvenues.
Quand l'équipe sera au complet, je vous dirai comment nous nous organiserons.
Et il va de soi qu'à notre habitude, nous ferons un compte-rendu régulier et fidèle de l'avancée de notre travail.

jeudi 1 décembre 2011

« El sueño del robot » – phrase 27

Vio al, último minero vivo al borde de la muerte, agarrando una cruz y en la otra mano una foto de su familia.

Solution temporaire :
Finalement, il vit l'ultime mineur au seuil de la mort ; une photo de sa famille serrée dans une main, l'homme attrapa un crucifix.

« El sueño del robot » – phrase 26

Eran tan impredecibles.

Traduction temporaire :
Ils étaient tellement imprévisibles.

Proposition de traduction pour le thème du CAPES externe 2011-2012

Elena a eu la gentillesse de se prêter à l'exercice difficile de présenter publiquement sa traduction pour un texte proposé à un concours national… et je la remercie vivement.
Vous trouverez le texte original dans un post du 18 novembre. De même que pour la version, vous pouvez poser d'éventuelles questions à Elena et de même que pour la version aussi, il ne s'agit pas d'un règlement de comptes, mais d'un simple et strict échange de points de vue.

Descendía la última ladera del Canigó, y aunque el sol ya se había puesto, distinguía en la planicie las casas de la pequeña ciudad de Ille, hacia la cual me dirigía.
« ¿Sabrá, le dije al catalán que me servía de guía desde la víspera, sabrá usted sin duda a dónde vive el señor de Peyrehorade?
− ¡Que si lo sé! exclamó, conozco su casa como la mía propia; y si no estuviese tan oscuro se la mostraría. Es la más hermosa de Ille. Sí que tiene dinero el señor de Peyrehorade, y casa a su hijo con alguien más rico que él todavía.
−¿Y ese casamiento se celebrará pronto? le pregunté.
−¡Muy pronto! Puede que los violines estén ya contratados para la ceremonia. ¡Esta tarde o a lo mejor mañana o pasado mañana, yo qué sé! Es en Puygarrig donde tendrá lugar; puesto que es con la señorita de Puygarrig con quien se casa el hijo. ¡Todo estará muy bonito, claro que sí! […] ¿Vaya, apostaría a que usted ha venido a Ille para ver al ídolo? Lo he adivinado por haberlo visto retratando a los santos de Serrabona.
−¡El ídolo! ¿Qué ídolo?» Esa palabra había despertado mi curiosidad., «¡Cómo! ¿No le han relatado en Perpiñán como fue que el señor de Peyrehorade había encontrado a un ídolo en la tierra?
−¿Querrá usted decir una estatua de tierra cocida, de arcilla?
−No, qué va. Si es de cobre, sí […] Pesa tanto como una campana de iglesia. La hemos encontrado muy profundo en la tierra al pie de un olivo.
−¿Entonces estaba usted presente en el momento del descubrimiento?
−Sí señor. El señor de Peyrehorade nos pidió, hace quince días, a Jean Coll y a mí, que arrancáramos un viejo olivo que se había helado el año pasado […]. Y trabajando en eso fue como, Jean Coll, quien lo hacía con brío, dio un golpe con el pico y se oyó bimm…, como si hubiera golpeado contra una campana.

« El sueño del robot » – phrase 25

Nunca comprendía por qué las personas lloraban, reían…

Solution temporaire :
Il ne comprenait jamais pourquoi les gens pleuraient, riaient...

« La traducción feminista »

Un article à lire

« El sueño del robot » – phrase 24

Familia que lo vendió a un chatarrero, pero… él nunca sintió disgusto alguno.

Solution temporaire :
Famille qui l'avait vendu à un ferrailleur, sans toutefois... qu'il en ait conçu de l'aigreur.

Discours prononcé par Carlos Fuentes lors de la remise du titre de Docteur Honoris Causa à l'Université de Bordeaux 3

Carlos Fuentes et le Président Patrice Brun, Université de Bordeaux 3 – Michel de Montaigne
octobre 2011


Con razón escogió Francisco de Goya la ciudad de Burdeos para morir. La ciudad junto al río Garona es una de las más bellas de Francia, de Europa y del mundo. Esta es la patria de Michel de Montaigne, sin el cual no entenderíamos la palabra "ensayo", en tanto acercamiento incierto aunque lúcido a un mundo liberado del dogma. Montaigne antepone la experiencia personal a cualquier dogma. Escéptico, habla de la falibilidad humana, pero también de la posibilidad humana. Entre otras, saber que existe un yo extraordinario más fuerte que la muerte., Montaigne nos habla de una apertura interminable. Dueño de un "frío acero", como lo describe Jorge Edwards en su reciente libro La muerte de Montaigne. Homenaje latinoamericano al autor francés que nos enseña a escribir sin decirlo todo, a estar presentes en el corazón de la ausencia, a escribir para los lectores, a veces para un solo lector, a veces para el lector ideal que para Montaigne es sólo "una ficción entre otras muchas"., Cuando, hacia 1950, el novelista Juan Rulfo hizo su aparición, le preguntaron a Alfonso Reyes: ¿Qué influencia percibe usted en la obra de Rulfo? A lo cual Reyes respondió: -Dos mil años de literatura., Todo escritor crea porque hereda y hereda porque crea. Yo tengo una deuda personal con Francois Mauriac, hijo de Burdeos pero autor universal al que leí con entusiasmo mientras escribía La muerte de Artemio Cruz. Sobre todo, El nido de víboras, exaltación de la necesidad de ser amado a orillas de la muerte., Ser amado. La desesperada Thérèse Desqueyroux. La "delectación escondida" de María Cross. La reconciliación de Gabriel Gradere. Y a pesar de todo, la avaricia, el homicidio, el incesto. El mal. Quizás ningún otro novelista contemporáneo, como Mauriac, nos acerca tanto a nuestras propias contradicciones latinoamericanas. ¿Por qué?, La América Latina es un continente católico. Pero en México el cristianismo cohabita con un paganismo ancestral. Creo que el cristianismo fue aceptado por el pueblo mexicano porque el sacrificio que, antes, las víctimas debían a los dioses fue encarnado por Dios. Un dios crucificado y sangrante. El cristo mexicano, sangrante, injuriado, crucificado., México fue conquistado por el sufrimiento de Cristo y por la gracia de su madre, Guadalupe, la Virgen Morena. Menciono lo anterior para que nos demos cuenta del inmenso combate del México civil, librepensador y legalista, distinto del orden religioso. De allí la importancia de la Reforma de Benito Juárez y del civilismo de la Constitución de 1917. Sobre todo de su Artículo Tercero. Un orden civil, no opuesto, sino al lado de la fe religiosa. No lo entendieron los conservadores en 1860, ni la Cristiada en 1925., Las preguntas angustiosas de nuestro mestizaje fueron conciliadas, al cabo, por la literatura., La contradicción épica de Bernal Díaz del Castillo. La poesía dubitativa de Sor Juana Inés de la Cruz. El humanismo universal de Alfonso Reyes. Los relatos crucificados de Juan Rulfo., La literatura hizo nuestra la lengua del conquistador y la literatura hizo nuestra la imaginación del pueblo. La lengua española nos permite entendernos entre nosotros, para nosotros y fuera de nosotros. Un guaraní del Paraguay no entendería a un maya de Yucatán sino gracias a la lengua común, el castellano. Y casi cincuenta millones de norteamericanos hablan el español. De allí el dilema siguiente. Que los indígenas entienden gracias al español, a los blancos y mestizos iberoamericanos, pero que no se entienden entre sí mismos. Que los ciudadanos hispanoparlantes de los Estados Unidos de América puedan participar plenamente en la vida norteamericana pero que enriquezcan, también, la pluralidad hispanófona de mexicanos, colombianos, dominicanos, cubanos y puertorriqueños. En mi juventud, se hablaba en términos de nacionalismo e internacionalismo. Hoy, se habla en términos de globalización. Pero la globalización sólo globaliza los productos y los valores materiales. El trabajo, en cambio, es discriminado, despojado de derechos, abusado. Nada de esto es extranjero a la lengua en la cual hablamos, pensamos, amamos, soñamos y nos acercamos unos a otros., De allí el regreso a la cuestión de la coexistencia de valores civiles y religiosos, la coexistencia de culturas antiguas y modernas, la coexistencia de mayorías y minorías. De allí el respeto debido a las diferencias mientras no las estigmaticen la opresión y la injusticia., El signo político de esta coexistencia es la democracia. El signo axiológico es la cultura. Y el signo personal, humano, es el que nos ofrece Burdeos. El pensamiento de Montaigne. La obra de Mauriac. La conciencia de la falibilidad humana. Pero también de la posibilidad humana falible y posible. La presencia del mal. Pero también la reconciliación gracias al amor., Estas son las lecciones de Burdeos para nuestros propios conflictos. No podremos evitar la derrota si no mantenemos la fidelidad a lo posible. No podemos amar si no admitimos la parte del mal que acecha a toda intención amorosa. No podemos refugiarnos en los dogmas que excluyan la posibilidad humana pluralista. No podemos invocar la muerte a fin de negar la vida. Todo es vida, incluyendo a la muerte., La lección de Burdeos, de Montaigne y de Mauriac nos dice que no hay ser humano que no aporte y no deje algo memorable, algo irreemplazable, en su paso por el mundo. Y no habrá paz sin el reconocimiento de la diferencia como parte de la identidad. Esta es la única disposición mental que puede vencer a la xenofobia y al racismo que amenazan la coexistencia creativa de todas las sociedades.

Proposition de traduction pour la version du CAPES externe 2011-2012

À ma demande, Laëtitia Sworzil, jeune traductrice de talent (et, accessoirement, très drôle), a accepté de relever le difficile défi de nous proposer sa traduction du texte qui a été donné cette année pour l'épreuve de version du CAPES externe d'espagnol (à titre personnel, je me réjouis que Josefina Aldecoa ait été choisie… Magnifique auteure, insuffisamment connue et reconnue). Je la remercie vivement ! Il va de soi qu'il ne s'agit ni d'une traduction « officielle » ni d'un pré-corrigé du jury. Nous l'avons dit maintes et maintes fois, mais je répète : les critères d'évaluation d'un examen et a fortiori d'un concours ne sont généralement pas les mêmes que ceux qui nous guident pour la traduction littéraire, les objectifs étant radicalement différents. Raison pour laquelle il convient de lire et éventuellement de travailler la proposition de Laëtitia comme un simple support… un point de comparaison, peut-être une source d'inspiration. Vous pourrez lui poser vos questions via les commentaires, à notre habitude. En aucun cas vous lancer dans un curée, cela va de soi.

[Pour ce qui est du thème, je l'ai confié à une experte en la matière : Elena… Sa proposition de traduction ne devrait plus tarder]

Vous trouverez le sujet dans un post du 18 novembre (voir les archives du blog – colonne de gauche)

Les enfants progressaient. Un tiers d’entre eux lisait déjà après deux mois passés à mes côtés. « Je suis sur le point de devenir une institutrice », pensais-je, « mais j’en suis encore loin »., Un jour, le Maire vint me voir et il me dit : « Vous devez partir. La titulaire revient la semaine prochaine ». Et il me montra un papier de l’Inspection. Je ne lui avais parlé que deux fois : le jour de mon arrivée où j’allai le saluer en compagnie de mon père et un autre jour que je n’oublierai jamais. Alors que je me promenais, je le trouvai en train de cueillir les grains de blé qui étaient restés prisonniers des chaumes. Il les délogeait à l’aide de son canif et les introduisait au fur et à mesure dans un sachet en toile. « Je profite du temps tout en me distrayant », m’avoua-t-il. Je ressentis une oppression anxieuse dans la poitrine quand je pensai à la somme de jours qui lui seraient nécessaires pour remplir le sachet. C’était le riche du village mais il s’échinait encore et encore à ne pas perdre un seul grain., Si je devais chercher une image pour me rappeler ce village, je choisirais celle-ci, celle de ce vieillard avec son costume usé en velours côtelé, son chapeau noir enfoncé jusqu’aux sourcils, courbé au-dessus du sol., Et si je me souviens peu de ce village, je me souviens encore moins du second., C’était un village viticole et je commençai en septembre. Les enfants, au nombre de dix le premier jour, se retrouvèrent rapidement à trois. « Où sont les autres ? », demandai-je. « Aux vendanges », me répondirent-ils. Ils commençaient à s’intégrer à la classe quand on me renvoya chez moi. Deux mois à peine, comment me souviendrais-je ? Je passai une saison à attendre puis on finit par me confier une troisième classe. Cette dernière allait s’inscrire dans la durée. Personne ne demande les villages perdus dans la montagne. Cela n’intéresse personne de s’enterrer dans la neige. De sorte que je me rendis là-bas pleine d’intérêt et d’espoir. Et voilà qu’au moment où je débarque, l’homme chargé d’être mon guide vient à ma rencontre et me lâche ces quelques mots : « Madame l’Institutrice, je vous préviens qu’on va vous recevoir à coups de bâton… ».