vendredi 5 avril 2013

Projet Elena 2 – phrases 226-227

Una señora lo agarró del brazo, luego se arrepintió y corrió hacia otro hombre. Esa mujer tenía una mirada terrible, de animal asustado, de animal lacerado, que le estrujó el corazón.

Traduction temporaire :
Une dame lui agrippa le bras, se ravisa et se précipita vers un autre homme. Cette femme avait un regard terrible, d'animal apeuré, d'animal lacéré, qui lui serra le cœur.

Projet Elena 2 – phrases 221-225

El olor era a carne asada,  y muy fuerte. Vio llamas. Por primera vez oyó sirenas. Los dos vagones delanteros estaban incendiados. La gente corría.


Traduction temporaire :

Ça sentait la viande grillée, une très forte odeur. Il vit des flammes. Pour la première fois, il entendit des sirènes. Les deux wagons de devant étaient en feu. Les gens couraient.

Projet Hélène – phrases 18-20

Baño de la discoteca del Comodoro, Miramar (inglés, otros datos desconocidos, anillo de compromiso que vendo a buen precio)… Gonorrea. Tratamiento: penicilina rapilenta, dos millones y medio en cada nalga y dos tabletas de probenead.

Traduction temporaire :
Toilettes de la discothèque du Comodoro,  Miramar (anglais, autres infos non renseignées, bague de fiançailles que je vends à bon prix)… Gonorrhée. Traitement : pénicilline parentérale, 2, 5 millions d’unités dans chaque fesse et deux tablettes de Benemid.

Projet Émilie – phrases 58-60

El tema del escritor insigne, al que en las torturas lo hacen confesar que lo es, aunque no ha escrito nada valioso todavía y solo ha publicado parrafitos anónimos en los diarios. Le sacan los ojos. Ya ciego, descubre que con ojos nunca habría llegado a ser escritor y quiere aprender a escribir,  etc.

Traduction temporaire :
Le sujet de l’écrivain éminent, que les tortures font avouer qu’il en est bien un, alors même qu'il n’a encore rien écrit de valeur et n’a publié que quelques lignes anonymes dans les journaux. On lui crève les yeux. Aveugle, il découvre qu’avec des yeux, il ne serait jamais devenu écrivain et veut apprendre à écrire,  etc.

Projet Émilie – phrases 56-57

Sintió que caía junto a ellas, surgidas de las sombras, como si silenciosamente juntaran sus manos para recibirlo,  sus ojos incrédulos para mirarlo.
– El inmenso escritor –

Traduction temporaire :
Il sentit qu’il tombait près d’elles, surgies des ombres, comme si elles joignaient en silence leurs mains pour l’accueillir, ouvraient leurs yeux incrédules pour le regarder.
– L’immense écrivain –


Projet Élise 2 – phrase 70

Antes de terminar el trabajo del sábado retomo el tema de la llave, y así como mi ex esposo me entregó cierto remoto día un gran manojo de grandes llaves,  yo lo entrego a las participantes un gran manojo de grandes llaves imaginarias y dejo que se las lleven a sus casas y duerman con las llaves y sueñen con las llaves, y que entre las grandes llaves permitidas encuentren la llavecita prohibida, la de oro, y descubran qué habitación prohibida cierra esa llavecita, y descubran sobre todo si con la llave en la mano le dan la espalda a la habitación prohibida o la encaran de frente.

Traduction temporaire :
Avant d’achever nos travaux du samedi, je remets la question de la clé sur le tapis. De la même façon qu'en ce jour lointain, mon époux m'a remis son énorme trousseau de grosses clés, moi, jeleur donne un énorme trousseau de grosses clés imaginaires pour qu’elles les emportent chez elles,  qu’elles dorment avec, qu’elles en rêvent, que parmi celles autorisées,  elles trouvent la petite, qui est interdite et en or, qu'elles découvrent quelle pièce interdite ferme cette petite clé… mais, surtout, qu’elles découvrent si, cette clé à la main, elles tournent le dos à la pièce interdite ou bien l’affrontent.

Projet Élise 2 – phrase 69

Porque yo presento las opciones, y entre todas escarbamos en las opciones, y curioseamos, y nos entregamos a actividades bellamente femeninas: desgarramos velos y destapamos ollas y hacemos trizas al mal llamado manto de olvido, el muy piadoso según dice la gente.

Traduction temporaire :
Car je leur expose les différentes options et, ensemble, nous les explorons, nous fouillons, puis nous nous livrons à des activités merveilleusement féminines : nous déchirons des voiles et enlevons le couvercle de casseroles, nous réduisons en miettes le fort mal nommé manteau de l’oubli, très pieux, à ce qu’on dit.

Projet Kévin – phrases 32-34

¿Por qué el fascismo busca, indefectiblemente, el fuego para terminar con sus víctimas? La parrilla eléctrica para el ser humano, la hoguera para el libro. ¿Es esto revelador de un hielo indeleble o de una oscuridad intachable?

Traduction temporaire :
Pourquoi le fascisme recherche-t-il, indéfectiblement, le feu pour en finir avec ses victimes ? Le gril électrique pour l'être humain, le bûcher pour le livre. Est-ce révélateur d'un gel indélébile ou d'une obscurité irréprochable ?

jeudi 4 avril 2013

Question de lexique

Qu'est-ce que = L'AGNELAGE ?

mercredi 3 avril 2013

Projet Marie – phrase 14

Una mirada verde se deslizó entre la hierba recorriendo de este a oeste el jardín municipal, con las manos de uñas diminutas —se las comía— se acomodó el cuello de la casaca de cuero, luego metió lentamente una mano en el bolsillo para buscar el último cigarrillo de la tarde.

Traduction temporaire :
Un regard vert se glissa dans la végétation, parcourant le parc municipal d'Est en Ouest ; avec ses mains aux ongles minuscules – il se les rongeait – il arrangea le col de sa veste en cuir, puis, lentement, en introduisit une dans sa poche pour chercher la dernière cigarette du soir. 

Projet Nadia 2 – phrases 179-183

Se había asustado. Había levantado la mirada y sus ojos se posaron en un cuadro. En él había un hombre y una mujer que se separaban con violencia. No recordaba bien de dónde lo había sacado,  tampoco sabía si le gustaba. ‘Casa de dos’, se llamaba.

Traduction temporaire :
Il avait eu peur. Il avait levé les yeux et son regard s'était posé sur un tableau, où un homme et une femme se séparaient violemment. Il ne se souvenait pas très bien d'où il le tenait, pas plus qu'il ne savait s'il lui plaisait. Son titre était "Maison à deux".

Projet Nadia 2 – phrases 176-178

Algo extraño pasó, que le arrancó de su bucle de pensamiento. La radio, estaba en silencio. Fueron apenas unos segundos, Laura volvió a retomar el hilo, pero Rinzetti se llevo las manos al corazón.

Traduction temporaire :
Il se passa quelque chose d'étrange, qui l'arracha à la boucle de ses pensées. La radio… elle était silencieuse. Quelques secondes à peine avant que Laura reprenne le fil. Mais Rinzetti avait porté les mains à son cœur.

Projet Nadia 2 – phrases 176-177

¿Por qué se marchaba de aquella manera tan repentina? Pensó que la llamaría al día siguiente, luego pensó que quizá, no, luego quizá sí.

Traduction temporaire :
Pourquoi partait-elle si soudainement ? Il se dit qu'il l'appellerait le lendemain, ensuite il se dit que peut-être non, puis que peut-être oui.

Projet Marie – phrase 13

El Espantajo se sacó la cadena que llevaba a la cintura y Galaor paró en seco,  olfateando el aire.

Traduction temporaire :
L'Epouvantail enleva la chaîne qu'il portait à la taille et Galaor s'arrêta brusquement, reniflant l'air.

Projet Elena 2 – phrases 218-220

Notó que el vagón no estaba en su lugar: se había salido de la vía. Más adelante había más vagones,  algunos cruzados y quebrados. Un descarrilamiento.

Traduction temporaire :
Il remarqua que le wagon n'était pas à sa place normale : il était sorti des rails. Plus loin, on en voyait d'autres, dont certains en travers de la voie et éventrés. Un déraillement.

Projet Elena 2 – phrases 215-217

De la nube de humo surgía gente caminando, algunos corriendo. Había demasiado humo. Vio la cola de un vagón, oyó gritos.

Traduction temporaire :
Du nuage de fumée émergeaient des gens, certains marchant, d'autres courant. Il y avait trop de fumée. Il aperçut la queue d'un wagon, il entendit des cris.

Projet Elena 2 – phrase 212-214

Pero en ese lugar no había ninguna a la vista. Caminó. Más adelante había humo y no se veía si se había detenido otro tren.

Traduction temporaire :
Toujours est-il qu'à cet endroit, il n'en repérait aucune. Il avança. Plus loin, comme il y avait de la fumée, on ne voyait pas si un autre train était à l'arrêt ou pas.

mardi 2 avril 2013

La chanson du mardi – choisie par Elena


Exercice d'écriture 12 – par Justine Ladaique

« Sans lendemain »

Aujourd’hui, est un jour particulier, le dernier de sa vie. Il sait qu’il doit être exécuté demain après-midi en place publique. Je dois le rencontrer pour recueillir ses dernières confessions. Je me rends donc à la prison où il est incarcéré. Pour me conduire jusqu’à lui, on me fait traverser un dédale de longs couloirs exigus et sombres qui sentent le renfermé : de vrais couloirs de la mort. Lorsque j’arrive dans sa cellule, tout juste équipée d’un lit, d’une chaise et d’un pot de chambre, la première chose que je remarque, c’est les chaînes autour de ses poignets et de ses chevilles. Il est là, entravé, attaché telle une bête, et surveillé par un garde – un colosse à la mine patibulaire, tout de rouge vêtu à l’instar du diable – dont j’ai entendu les bottes marteler le sol avant d’apercevoir son inquiétante silhouette qui, comme si sa présence n’était pas suffisante, projetait des ombres sur les murs gris et planait, menaçante, sur l’atmosphère.
Je détourne les yeux pour plonger mon regard dans celui du condamné.
J’aimerais sonder son âme, mais dans ces deux globes bleus perdus dans le vague de l’immensité. Je ne décèle rien si ce n’est un avenir sans lendemain. En revanche, je vois son corps tendu, je perçois ses sens à l’affût. Je me demande ce qui se passe dans sa tête. En réponse à ma question muette, il me regarde intensément et déclare, grave, sans ciller avec une voix sûre et posée : « Je veux me souvenir de tout, les, bruits, les odeurs, les sensations… » Il marque une pause avant d’ajouter : « J’avais une vie heureuse que je refuse d’oublier. Mais tout a basculé vite, trop vite. Ici,  je vis l’enfer. C’est encore pire que ce dont on m’accuse. Alors même si je suis innocent, je ne me battrai pas ; en me séquestrant dans cette geôle, on a déshonoré ma famille, on m'a privé de ma dignité, on m’a brisé les ailes, on a volé mes rêves. Je n’ai plus qu’une hâte, voir finir mon cauchemar. Je vous laisse une lettre pour mes parents, remettez leur s’il vous plaît de la part de leur fils qui les aime quand je ne serai plus de ce monde, et précisez-leur que je suis en paix. »

Projet Manon 2 – phrases 149-159

— Alejandra Pizarnik... Esos Poemas, los del Árbol de Diana...
— Esos, ¿Qué?
— Eh, no, nada, adelante, estás en tu casa.
— Victoria Ocampo, 42 años, recién habías fundado « Sur », pero, ¿por qué te diste el lujo de negarte tanto a entrar a la Academia?
— ¿Qué?
— María Luisa. Sí, qué bella, supongo que te amabas demasiado, te comprendo, lo sé. Sé exactamente lo que es querer matar por amor.
— Emily, ¿por qué tan sólo dos obras? ¿Por qué?

Traduction temporaire :
— Alejandra Pizarnik… Ces Poèmes, de l’Arbre de Diane…
— Ces quoi ?
— Hein ? Non, rien, entre, fais comme chez toi.
— Victoria Ocampo, quarante-deux ans. Tu venais de fonder « Sur ». Mais pourquoi t’être payé le luxe de refuser d’entrer à l’Académie ?
— Comment ?
— María Luisa. Oui, qu’est-ce que tu es belle ! Je suppose que tu t’aimais trop. Je te comprends, je le sais. Je sais exactement ce que c’est que de vouloir tuer par amour.
— Emily, pourquoi seulement deux œuvres ? Pourquoi ?

Projet Élodie – phrases 107-110

Salé subrayó el “algo” con una tos.
— La gente con la que se juntaba era poca y desagradable. Se lo notaba fóbico, muy preocupado por la frivolidad, chismoso inclusive. El momento era de efervescencia político y eso lo disgustaba.

Traduction temporaire :
Salé a souligné le « presque » avec un toussotement.
— Les personnes avec qui il sortait étaient rares et désagréables. Il paraissait phobique, très préoccupé par la frivolité, et même cancanier. C'était un moment d'effervescence politique, et cela lui déplaisait.

Projet Nadia / Élise – phrases 28-31

—Sí —murmuró Agustín—. Es de Chucuito. Su padre tiene un taller de mecánica donde mi papá arregla el carro.
Chucuito quedaba en las afueras de La Punta y, si bien no era una zona de mal aspecto, como las había en el Callao, nos parecía la menos elegante.

Traduction temporaire :
— Oui – murmura Agustín. Il est de Chucuito. Son père a un garage où mon papa fait réparer sa voiture.
Chucuito se trouvait à l'extérieur de La Punta et, même si ce n'était pas une des zones les plus moches, comme il y en avait à el Callao, pour nous, elle était la moins élégante.

Projet Sonita 6 – phrases 11-18

Ya entonces echaba de menos la precisión armónica del piano, las notas melodiosas que se escapaban de la vieja partitura de Chopin. Aunque me esforcé mucho, no pude entender el ruido que provenía de aquel hombre de mirada amable. No obstante, algo me sonaba curiosamente familiar. Treinta y seis negras… Cincuenta y dos blancas… Tan diferentes, pero tan necesarias para componer la armonía. Sí, treinta y seis negras y cincuenta y dos blancas. Como siempre.

Traduction temporaire :
À cette époque-là déjà, me manquaient la précision harmonique du piano et les notes mélodieuses qui s'échappaient de la vieille partition de Chopin. Bien que je m'y efforçai avec ardeur, je fus incapable de comprendre le bruit provenant de cet homme au regard aimable. Et néanmoins, quelque chose me semblait curieusement familier. Trente-six noires… cinquante-deux blanches… Si différentes et pourtant si nécessaires pour composer l'harmonie. Oui, trente-six noires et cinquante-deux blanches. Comme toujours.

Exercice d'écriture 10 – par Kévin Cipollini

« Sans lendemain »

J’ai pas dormi. Je veux dire, je me suis couché, j’ai fermé les yeux, et j’ai essayé de me reposer. Ça va faire trois jours que c’est comme ça, à cause des bombes. Mon frère et moi,  on est parti de notre village avec tout le monde, pour pas qu’on se fasse surprendre par les attaques des villages à côté. On n’arrête pas de s’en aller, parce que ça se rapproche à chaque fois, même que la dernière fois, on a failli mourir. Heureusement, on a réussi à partir à temps parce que y a des villageois qui se sont battus et ils ont attiré les terroristes quelque part, et alors on est passé ailleurs pour sortir du village. On est allés toujours dans la même direction,  comme tout le monde.
J’entends des bruits là-bas. Encore. Ça a l’air de se calmer un peu, mais ça veut rien dire : c’est quand y a plus de bruit que c’est dangereux, parce qu’on croit que c’est fini, alors y en a qui sortent,  et ils se font tuer. Mon frère n’arrive pas à dormir non plus. On a perdu nos parents. On a pas eu le temps de prendre nos affaires,  on a couru et ont les a perdu, j’ai juste vu mon frère et on sait pas où ils sont. On a peur, parce qu’on sait pas s’ils sont encore vivants. Et si oui, ils doivent pas savoir qu’on est vivants, ils doivent nous chercher, comme nous. Mais on les a pas encore trouvés. Peut-être qu’ils sont pas loin, et qu’on va les croiser.
Y a des bruits de pas. Il fait trop noir pour qu’on voie qui c’est, alors on va rester cachés. On respire plus pour pas faire de bruit. C’est bon, ça s’en va. On a encore peur, mais c’est pas comme au début. Au début, on avait peur de mourir, d’être blessés ou capturés vivants – on dit qu’il y en a qui sont torturés – on avait peur pour notre famille. Là, c’est pas pareil, on a juste peur pour notre famille. Je crois que c’est parce qu’on sait qu’on peut être tués n’importe quand. Je sais pas comment dire. En fait, on a encore peur pour ça, mais ça compte plus. On pense à nos parents, on sait pas si on les reverra, on pense qu’à ça, et comme on pense plus à nous, ben, c’est plus trop grave. On vit sans penser à ce qu’on va faire plus tard, parce qu’on peut pas dire si on sera là demain. Et comme on se dit ça depuis le début, c’est comme si tous les jours étaient pareils. Y a plus de demain. Tout ce qu’il y a, c’est des jours où on vit, le reste, c’est pas vraiment des jours.  

Exercice d'écriture 13 – par Manon Tressol

« Sans lendemain »

Cher ami,
Je vous écris car il se passe quelque chose de grave au village. Vous seul, peut-être, pourrez nous tirer d’affaire. Voilà maintenant belle lurette que les gens se pressent et que plus personne n’arrive à donner de son temps. Alors ressource rare,  le temps est devenu objet de commerce, et on a vu plus d’une boutique ouvrir. Seulement voilà : à vendre des hiers et des avant-hiers dont plus personne ne voulait, les marchands ont commencé à diversifier leur gamme de produits, et voilà qu’ils s’en sont pris aux lendemains. Malheureusement,  cher ami, l’innovation a fait fureur et la population s’est jetée dessus. On en commandait avec son café, les dames se paraient de lendemains les plus beaux qui soient, on en a fait toute une exposition dans notre modeste musée de la machinerie, le maire lui-même a tenu a instaurer la fête du Lendemain, où on en distribuait par paquets aux enfants et où on pouvait en gagner davantage encore à la loterie. J’ai moi-même, je l’avoue, pris des photos avec toute ma famille et nos beaux lendemains flambants neufs. Mais peu à peu,  les rumeurs ont circulé : on fonctionnerait à flux tendus, les réserves seraient maigres, et la vérité est tombée : le lendemain se faisait rare. J’ai vu des choses, si vous saviez, cher ami, que je n’aurais jamais osé imaginer dans notre petit village. Les lendemains ont commencé à circuler clandestinement, des mafias ont menacé, parfois pire, ceux qui en gardaient en réserve. La banque du temps a été braquée, et le pauvre employé a dû donner le code d’accès à la salle des lendemains. Un trésor magnifique, paraît-il. On en a vu les restes en photo dans la gazette. Mais même les trafiquants sont partis. C’est là la nouvelle la plus triste : il n’y a plus rien, notre village est désormais sans lendemain.
Mon cher ami, vous qui connaissez si bien notre village et les choses du monde, vous qui avez tant voyagé,  vous qui maîtrisez si bien les souvenirs et l’avenir,  je vous en supplie, faites tout votre possible pour redonner espoir à mon village, et donnez-nous quelque piste pour retrouver ne serait-ce qu’un fragment de lendemain. Car ici, mon cher ami, tout n’est que détresse, désespoir et idées noires. Les familles se déchirent, les amours flétrissent, l’abattement peut se lire sur tous les visages. En espérant que vous saurez prendre la mesure de toute mon inquiétude, je vous embrasse affectueusement,
Votre amie dévouée de toujours,
Jadis Naguère

Exercice d'écriture 12 – par Nancy Benazeth

« Sans lendemain »

Mes chers camarades,

Faut-il parler de mort prochaine ? De néant ? De fin ou de commencement ?
Après tant de préparations, d’entraînements, d’essais, voici le temps de la percée, celui du passage à l’action, de la concrétisation. Après la théorie, laissons place à l’empirisme.
En effet, du haut de notre tremplin, situé à plusieurs kilomètres d’altitude, nous allons bel et bien plonger dans une eau agitée, semée d’écueils, lutter pour ne pas sombrer ! Cette chute vers l’inconnu, là où la réalité remplace chimères et illusions, est radicale, d’autant que le moindre faux pas supposerait un danger d’extinction.
Regardons le vagabond qui ne se préoccupe que du lieu qu’il va occuper pour une nuit et de ce qu’il peut trouver pour se nourrir, qui n’a aucun projet en tête. Conscient de la vanité du quotidien, le nomade n’attend ni n’espère ; il a décidé de ne se soucier de rien : pour lui, peu importe le futur, seul le présent compte et n’a de valeur. Il ne prépare délibérément pas d’avenir prometteur, son but immédiat est de contempler, fuir la vie matérielle, la société, échapper à ses normes, ses contraintes, ses civilités, éviter de se brouiller l’esprit avec ce qu’il considère comme des futilités. Que souhaitons-nous ? Errer sur un chemin incertain, sans but précis ou arpenter un autre sentier, munis de nos bagages, déterminés.
Prochainement, nous serons confrontés à un tel choix, n’ayant plus de dates butoirs, n’ayant plus à programmer, à exécuter, nous aurons tout à construire.
L’heure de l’envol sonne au loin. Les portes du monde sont verrouillées ; la formation ne nous livre rien sur un plateau d’argent mais nous a transmis certaines clefs. Ne pas les perdre. Savoir les utiliser à bon escient.
Guidés, épaulés, choyés, soldats prévenus, enfants d’une généreuse tour de verre, nous sommes parés.
Motivation viscérale, acharnement modéré, indépendance relative.
Écoutez ! Un mot résonne, émergeant de l’entonnoir tourbillonnant,  aspirant,  engloutissant : free-lance…
Mes chers collaborateurs, je reste convaincue que pour parvenir à nos fins, quelles qu’elles soient,  il suffit de s’en donner les moyens ; si nous le décidons, nous ne serons pas sans lendemain, soyez-en certains.
Bien à vous

A. L.

Exercice d'écriture 11 – par Céline Rollero

Sans lendemain, rien à craindre :
Ne t’inquiète pas mon amour.
À l’extérieur on sent poindre,
La nuit toute drapée de velours.

Ne t’inquiète pas mon amour,
Je tiendrai un discours succinct.
La nuit toute drapée de velours,
Sous un ciel gris et assassin.

Je tiendrai un discours succinct :
J’ai peu de choses à te dire.
Sous un ciel gris et assassin,
La pluie se tient prête à bondir.

J’ai peu de choses à te dire,
Sache pourtant que je t’aimais.
La pluie se tient prête à bondir,
Elle tend ses griffes acérées.

Sache pourtant que je t’aimais,
C’est ce qui a scellé ton sort.
Elle tend ses griffes acérées,
Elle accourt, serre ton cou, mord.

C’est ce qui a scellé ton sort.
Si je te hais,  à quoi bon feindre ?
Elle accourt,  serre ton cou,  mord.
Sans lendemain,  rien à craindre.

Exercice d'écriture 13 – par Élise Poullain

« Sans lendemain »

J’ai déchiré ma mémoire,
Calciné mes vieux tiroirs,
Délesté mes pâles paupières,
Et demain, déjà, se mélange à hier.

Bercée par l’ironie du sort,
Bernée par l’euphorie du corps,
J’embrasse l’oubli pour tromper l’ennui,
Je trompe la raison pour chasser le bruit.

Aux alarmistes désaxés,
Aux défaitistes inavoués,
Aux écorchés par le futur,
Recousus aux points de souillure,

Là où l’errance ne suffit plus,
Où l’inconscience cache toute la vue,
J’entends l’urgence et je m’égare,
Suivez le pas et rions noir.

lundi 1 avril 2013

Projet Pascaline – phrases 20-23


Ahora además de gritar golpea la mesa con furia. Disfruto del momento un poco más. La hija de puta sos vos, que lo único que te interesa es saber el lugar donde escondí la guita. No puedo sostenerme erguido y los párpados se me cierran.

Traduction temporaire :
Maintenant, en plus de crier, elle tape sur la table avec rage. Je savoure encore un peu plus l'instant. C'est toi la fille de pute : la seule chose qui t'intéresse, c'est de savoir où se trouve le blé. J'ai du mal à me tenir droit et mes paupières se ferment.

Projet Elena 2 – phrase 211

Cada tanto aparecía un puente que cruzaba sobre las vías y en esos lugares había escalerillas de hierro que permitían subir al nivel de la calle y salir.

Traduction temporaire :
Régulièrement, apparaissait un pont qui traversait les voies ; là, il y avait des petits escaliers en fer qui permettaient d'atteindre la rue et de sortir.

Projet Elena 2 – phrases 209-210

Caminó por las vías, buscando una salida. A esa altura el tren corría por una trinchera bajo nivel, entre dos paredones de ladrillo.

Traduction temporaire :
Il marcha sur les voies, à la recherche d'une issue. À ce niveau-là, le train circulait dans un fossé en contre-bas, entre deux murs en brique.

Projet Elena 2 – phrases 206-208

Habían accionado las palancas de emergencia y estaban abriendo las puertas. La gente comenzó a bajar, sobre todo los hombres. Ayudó a una mujer y descendió.

Traduction temporaire :
Quelqu'un avait tiré le signal d'alarme et les portes s’ouvraient. Les gens commencèrent à abandonner le train, notamment les hommes. Il aida une femme, puis descendit à son tour.

Projet Elena 2 – phrase 205

La calidad de servicio ya había descendido visiblemente por lo menos dos años antes,  pero luego de ese decreto mucho más.

Traduction temporaire :
La qualité du service avait commencé à visiblement se dégrader depuis au moins deux ans ; mais après ledit décret, ç'avait été de mal en pis.

Projet Elena 2 – phrases 203-204

No se hacía nada para mejorar la situación. El contrato de explotación obligaba a mantener una calidad pero las empresas decían que no podían, así que el gobierno les había permitido, por decreto, que bajaran la calidad de servicio.

Traduction temporaire :
Rien n'était fait pour améliorer la situation. Le contrat d'exploitation obligeait les entreprises à maintenir une certaine qualité, or elles affirmaient que c'était impossible ; le gouvernement les ayant alors autorisées, par décret, à diminuer la qualité du service.

Projet Elena 2 – phrase 202

Los robos de metales despojaban a los vagones de ventanas, pasamanos, puertas, vidrios, luces y hasta elementos esenciales para el manejo y la seguridad.

Traduction temporaire :
Les vols de métaux dépouillaient les wagons de leurs fenêtres, de leurs rampes, de leurs portes, de leurs vitres, de leurs lumières et même des pièces nécessaires à la conduite et à la sécurité.

Projet Émilie – phrase 55

Su idea viciosa y tentadora era,  siempre lo había sido,  como un dinero que reservaba para su vejez, como un porvenir que no le podían quitar– alcanzar a mirar entonces el rictus de dolor en sus facciones, rictus que venía desde la vida, el mismo que había visto tantas veces en el rostro de sus víctimas.

Traduction temporaire :
Son idée vicieuse,  tentante, était – et avait toujours été,  comme une somme d’argent qu’il mettait de côté pour ses vieux jours, comme un avenir qu’on ne pouvait lui ôter – d’arriver à regarder le rictus de douleur sur ses traits, ce rictus qui venait de la vie, le même qu’il avait vu tant de fois sur le visage de ses victimes.

Projet Justine / Céline – phrase 26

Los elementos dispersos fueron juntándose con una parsimonia que, no obstante, me produjo vértigo: no era grande el arma, podía esconderse en una mano adulta; el metal plateado; la cacha forrada de gris; Smith & Wesson ligera, de cinco balas, modelo 640, que conocía tan bien —íntimamente, podría decirse.

Traduction temporaire :
Les éléments épars se sont peu à peu rassemblés, avec une lenteur qui m’a malgré tout donné le vertige : l’arme était suffisamment petite pour être dissimulée dans une main d’adulte ; le métal argenté ; la crosse grise ; Smith & Wesson léger ; cinq balles ; modèle 640, que je connaissais si bien – intimement, pourrait-on dire.

Exercice d'écriture 15 – par Nadia Salif


« Sans lendemain »

Elle a déposé son enfant à la crèche, là au moins, il n’avait pas froid. Là, au moins, il jouait avec d’autres enfants, il était heureux. Une fois dehors, elle est passée par le distributeur automatique de billets. Elle a inséré sa carte bancaire, qui ne lui servait à rien d’autre qu’à cela : demander le solde de son compte. Toujours le même, négatif ou avoisinant le zéro.
Elle est rentrée chez elle, s’est installée devant son ordinateur, a regardé les offres d’emploi : cinq propositions, anciennes, loin de chez elle et dont le salaire n'aurait même pas payé ses déplacements.
Plus tard, dans la matinée, son mari est rentré, aussi bredouille qu’elle. Il avait laissé son CV sur tous les chantiers de la ville, téléphoné à tous ses contacts : même les postes saisonniers étaient pris d’assaut par des autochtones archi-diplômés. À l’agence pour l’emploi, on lui avait demandé pourquoi il était venu puisqu’il n’y avait pas de travail.
Ils ont pris un petit déjeuner devant le journal télévisé ; tous les repas étaient des petits déjeuners.
Les informations étaient de plus en plus pessimistes au fil des mois. Heureusement, il y avait la solidarité intergénérationnelle, pour ceux qui avaient une famille, bien sûr…
Elle a parlé de l’assurance de la voiture qui arrivait à échéance dans un mois. S’ils voulaient quitter cette réalité sans lendemain, c’était maintenant ou jamais, car après ils n’auraient même plus de moyen de locomotion…

Projet Pascaline – phrases 13-19

—¡Gustavo! ¡Decime donde está el dinero! —grita mi ex, roja de ira.
Levanto la cabeza y sonrío irónicamente.
—No —respondo. Y me quedo mirándola.
—Sos la misma basura de siempre! ¡Me cagaste la vida y me la seguís cagando!

Traduction temporaire :
— Gustavo ! Où est le blé ! – hurle mon ex, rouge de colère.
Je lève la tête et souris avec ironie.
— Non – réponds-je, les yeux toujours fixés sur elle.
— T'es toujours la même belle ordure ! Tu m'as pourri la vie et tu me la pourris encore !

Projet Manon 2 – phrases 144-148

- ¿Qué me dijo?
- Eh, nada, no te preocupes.
- Simone de Beauvoir a los  37 años, a la edad en que escribió La Plenitud de la Vida.
- ¿Qué?
- Eh, no, no te preocupes, nada.

Traduction temporaire :
— Qu'est-ce que vous m’avez dit ?
— Euh, rien, ne fais pas attention.
— Simone de Beauvoir à trente-sept ans, quand elle a écrit La force de l’âge.
— Comment ?
— Hein ? Non, non, rien, ne fais pas attention.

Projet Manon 2 – phrases 138-143

Las nueve en punto. Comenzaron a llegar. Primero es Virginia. Es idéntica, pensó para sí Nasón. Es ella, no es otra.
-Virginia Woolf a los 55 años, poco antes de suicidarse, dijo Nasón cuando ella cruzó la puerta de entrada.

Traduction temporaire :
Neuf heures pile. Elles commencèrent à arriver. D’abord,  Virginia. Elle est identique, pensa Nasón. C’est elle, pas une autre.
— Virginia Woolf à cinquante-cinq ans, peu avant de se suicider, dit Nasón lorsqu’elle passa la porte d’entrée.

Projet Élise 2 – phrases 66-68

De otra forma tengan por seguro que habría ido a integrar el círculo. La sola existencia de ese cuarto secreto hacía invivible la vida en el castillo. Se genera mucha discusión a esta altura.

Traduction temporaire :
Faute de quoi j’aurais fini par intégrer le cercle, soyez-en sûrs. L'existence même de cette pièce secrète rendait invivable la vie dans le château. À ce stade-là, la discussion s'intensifie.

Projet Élise 2 – phrase 65

En mis épocas de joven castellana prisionera –sin saberlo– del ogro, la suerte, mejor llamada mi curiosidad, me ayudó a romper el círculo.

Traduction temporaire :
Alors que j'étais une jeune châtelaine prisonnière – à mon insu – de l’ogre, la chance, ou plutôt ma curiosité, m’a aidée à briser le cercle.

Projet Nadia 2 – phrases 174-175

Rinzetti no lo entendía. Siempre habían mantenido una buena relación, bueno una no relación, pero les funcionaba, se ignoraban pero se completaban el uno al otro.

Traduction temporaire :
Rinzetti ne comprenait pas. Ils avaient toujours entretenu de bons rapports, enfin de bons non-rapports ; mais ça leur allait, ils s'ignoraient tout en se complétant l'un l'autre.

Projet Nadia 2 – phrases 169-173

Luego al acercarse a la nevera para ver qué podía picar encontró el post-it. No volveré a esta casa. No lo entendía. Sin más, no había dejado más nota ni señal. No volveré a esta casa.

Traduction temporaire :
Puis,  en s'approchant du frigo pour voir ce qu'il pouvait trouver à grignoter, il tomba sur le post-it. Je ne reviendrai pas dans cette maison. Il ne comprenait pas. C'était tout, elle n'avait laissé aucune autre note ni explication. Je ne reviendrai pas dans cette maison.

Projet Nadia 2 – phrase 168

Al principio pensó que estaría enferma, aunque le resultó extraño porque Encarna no había faltado ni un día en los cinco años que llevaba trabajando para él.

Traduction temporaire :
Au début, il pensa qu'elle devait être malade, bien que cela lui semblât étrange, Encarna n'ayant jamais manqué un seul jour depuis cinq ans qu'elle travaillait pour lui.

Projet Sabrina – phrase 20

Él alza los hombros, ella se da media vuelta y se aleja hacia la caseta, asediada por el humo de los tubos de escape, el bullicio infernal del tráfico, los gritos de los vendedores ambulantes cada día más agresivos.

Traduction temporaire :
Il hausse les épaules. Elle, elle fait demi-tour et s'éloigne vers le stand, assaillie par le gaz des pots d'échappement, le brouhaha infernal de la circulation, les cris des vendeurs ambulants plus agressifs chaque jour.

Projet Céline 4 – phrase 40

Me sentía desasosegado y lo atribuí a aquella inesperada resaca que dejan con frecuencia los amores germinales.

Traduction temporaire :
J'ai attribué mon inquiétude à la gueule de bois inattendue, souvent provoquée par les amours naissants.

Projet Céline 4 – phrase 39

En aquella madrugada que ahora descubro lejanísima yo no pude advertir los hilos vertiginosos que me cercaban con esmero de orfebrería: pese a que estaba cansado decidí no regresar de inmediato a casa y paseé sin propósito por Miraflores.

Traduction temporaire :
Ce matin-là, qui me semble à présent très loin, je n’ai pas été en mesure de remarquer les fils vertigineux qui m’enserraient avec un soin d’orfèvrerie : malgré ma fatigue, j’ai décidé de ne pas rentrer immédiatement chez moi et je me suis promené sans but dans Miraflores.

Projet Céline 4 – phrase 38

Nunca atendemos las claves que nos ofrece el destino, esa sincronía de palabras cruzadas por la que avanzamos casi siempre a ciegas.

Traduction temporaire :
Nous ne prêtons jamais attention aux signes que nous offre le destin, cette synchronie de mots échangés dans laquelle nous avançons presque toujours à l’aveuglette.