mardi 31 octobre 2017

Projet Justine / Elena – texte 134

La fiera

Cierta noche de luna llena, un lobo se convierte en hombre. Va al pueblo, consigue una escopeta y sale a cazar lobos.  Elimina   miembros de su propia manada, lo sabe, pero el instinto humano es ingobernable.

Traduction temporaire :

La bête féroce

Une nuit de pleine lune, un loup devient homme. Il se rend au village, se procure un fusil et part chasser des loups. Il élimine des membres de sa propre meute, il le sait, mais l'instinct humain est incontrôlable.

Projet Justine / Elena – texte 133

Añicos

Anoche vi que una estrella se desplomó sobre el campanario de la iglesia; destrozándose, destrozándolo. Las ratas, famélicas como siempre, aprovecharon para engullir polvo estelar hasta hartarse, los restos de las campanas y todos los escombros. No más engaños, ahora conozco donde van a parar la fe y las estrellas.

Traduction temporaire :
En morceau

Hier soir, j'ai vu qu'une étoile était tombée sur le clocher de l'église ; se détruisant, le détruisant. Faméliques, comme toujours, les rats en ont profité pour engloutir tout leur soûl de poussière stellaire, les restes des cloches et les décombres. Plus de mystification. Désormais, je sais où vont échouer la foi et les étoiles.

Projet Cindy 4 – phrases 206-211

Algunos niños solían jugar al escondite entre las enormes raíces convulsas que levantaban las baldosas de la acera, y el árbol se llenaba de risas y de cuchicheos. Entonces ella se asomaba a la ventana y golpeaba las manos; los niños se dispersaban asustados, sin reparar en su sonrisa de niña que a su vez desea participar en el juego. Solitaria, permanecía largo rato acodada en la ventana mirando el oscilar del follaje siempre corría alguna brisa en aquella calle que se despeñaba directamente hasta el río y era como hundir la mirada en un agua movediza o en el fuego inquieto de una chimenea. Una podía pasarse así las horas muertas, vacía de todo pensamiento, atontada de bienestar. Apenas el cuarto empezaba a llenarse del humo del crepúsculo ella encendía la primera lámpara, y la primera lámpara resplandecía en los espejos, se multiplicaba como una luciérnaga deseosa de precipitar la noche. Y noche a noche dormitaba junto a su marido, sufriendo por rachas.

Traduction temporaire :

« Jamais »... Et ainsi, passèrent les heures, les jours et les années. Toujours ! Jamais ! La vie, la vie ! En se ressaisissant, elle se rendit compte que son mari s'était éclipsé de la chambre. Toujours ! Jamais !… Et la pluie, secrète, égale, continuait encore à susurrer du Chopin. L'été effeuillait son calendrier brûlant. Des pages lumineuses et aveuglantes, semblables à des épées d'or, et des pages aussi humides et malsaines que le souffle des marais, tombaient ; ainsi que des pages de tempête furieuse et brève et des pages de vent chaud, du vent qui apporte les « filles de l'air » et les accroche à l'immense caoutchouc. Quelques enfants avaient l'habitude de jouer à cache-cache au milieu des énormes racines convulsées qui soulevaient les dalles du trottoir, et l'arbre s'emplissait de rire et de chuchotements. Alors, elle regardait par la fenêtre et frappait dans ses mains ; les enfants se dispersaient, effrayés, sans remarquer son sourire de petite fille qui a, elle aussi, envie de participer au jeu. Solitaire, elle restait un long moment accoudée à la fenêtre, à regarder le mouvement du feuillage. La brise courait toujours dans cette rue qui se précipitait directement jusqu'à la rivière, et c'était comme plonger son regard dans une eau agitée ou dans le feu tumultueux d'une cheminée. Elle pouvait passer ainsi ses heures perdues, vide de toute pensée, étourdie de bien-être. À peine la chambre commençait-elle à se remplir de la fumée du crépuscule qu'elle allumait la première lampe et cette première lampe resplendissait dans les miroirs, se multipliait comme une luciole désireuse de précipiter la nuit. Et nuit après nuit, elle somnolait à côté de son mari, en souffrant par crises.

Projet Basta ! Rachel – texte 7

CINZIA RICCIUTI

CONCIERTO

Parece que te vieron cantando, parece también que llorabas emocionada. Lo tenías al lado, querías que participara de tu éxtasis, lo abrazabas y te bamboleabas, lo besabas. Me dicen que él parecía una roca ridícula. Una especie de estatua burlo- na. Sin embargo, parece que continuaste navegando en tu naufragio dulzón. Siempre ha sido así y yo no te diré nada. No te diré que, desde que te saquearon el corazón, al amor hubo que comprarlo, que desde que te convertiste en nada, intuiste que había que arrastrarse. Tampoco te diré que repetiste en tus hombres la maldad de aquel padre primigenio y maldito. ¿Para qué decirte todo esto? Tú lo sabes, yo lo sé y sin embargo ningu- na de las dos quizás sepa nada. Además el corazón no crece de nuevo, la pesadilla no termina. Es mejor vivir en la droga de la insatisfacción solapada y de la sonrisa postiza, como las tetas.

Traduction temporaire :

Concert

Il paraît qu'on t'a vue en train de chanter, il paraît aussi que tu pleurais, que tu étais émue. Il était à côté de toi, tu voulais qu'il partage ton extase, tu le serrais dans tes bras et te balançais, l'embrassais. On me dit qu'il avait l'air d'un rocher ridicule. Une espèce de statue moqueuse. Cependant, il paraît que tu as continué à naviguer sur ton naufrage douceâtre. Il en a toujours été ainsi et moi, je ne te dirai rien. Je ne te dirai pas que, depuis qu'on a saccagé ton cœur, il a fallu acheter l'amour, que depuis que tu es devenue néant, tu as pressenti qu'il fallait ramper. Je ne te dirai pas non plus que tu as reconduit chez tes hommes la méchanceté de ce père primitif et maudit. Pourquoi te dire tout ça ? Tu le sais, je le sais. Et cependant, peut-être bien qu'aucune de nous deux ne sait rien. De plus, le cœur ne repousse pas, le cauchemar ne prend pas fin. Il vaut mieux vivre dans la drogue de l'insatisfaction dissimulée et du sourire faux, comme les seins.

lundi 30 octobre 2017

Projet Justine / Elena – textes 129-130-131-132

Cráter

Sin causa, motivo, o justificación aparente. Profundo como pozo dantesco.  Un agujero en tu cabeza.  Ominoso.  Impredecible.

Traduction temporaire :

Cratère

Sans cause, motif ou justification apparents. Profond comme un puits dantesque. Un trou dans ta tête. Répugnant. Imprévisible.

Venganza

Despechado ante la indiferencia de ella, el domador ordena a sus leones que ataquen. La maga, con sumo placer, hace de cada fiera un amante.

Traduction temporaire :

Vengeance

Dépité devant son indifférence, le dompteur ordonne à ses lions d'attaquer. La magicienne transforme chaque fauve en amant, avec un immense plaisir. 

Tomar riesgo

—Te vas a morir de hambre fuera de tu hoyo.
—Eso está por verse —responde el árbol a los pájaros de mal agüero que lo miran pasar.

Traduction temporaire :

Prendre le risque

— Tu vas mourir de faim hors de ton trou.
— Ça reste à voir, répond l'arbre aux oiseaux de mauvais augures qui le regardent passer.

Salvaje

Elimina al enemigo del modo más cruel: detona una carga de palabras odiosas, gastadas, en descomposición.

Traduction temporaire :
Sauvage

Il élimine son ennemi de la façon la plus cruelle : il fait exploser une charge de mots odieux, usés, en décomposition. 

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Justine / Elena – texte 127

Víspera

—Cambio pianos viejos por nuevos —anuncia el mercader. 
En la clara luz de este sol que aún no abriga el día, la descomunal bolsa de gasa que dobla al mercader en dos bajo su peso es un espectáculo extraño y hermoso. De acuerdo al ángulo de visión, bajo esa gasa o tenue tul que los contiene, algunos pianos se distinguen claramente, otros se adivinan. —Elija, niña —dice dirigiéndose a la joven a cuya humilde puerta ha llamado—. Por su sonoridad de bombo legüero, el vertical de la izquierda es el más indicado para interpretar mazurcas.   Si, pese al invierno, le agrada la vida al aire libre, le sugiero el blanco más pequeño, suena como un cuerno de caza. El negro de media cola en cambio… Unos maullidos insistentes interrumpen la exposición que se proponía detallada. 
—¿Qué ocurre, Aladina? —pregunta la joven con preocupado afecto, confía en el instinto del animal y es evidente que a su gata le desagrada el extraño. Comprende entonces que, aunque por algunos minutos se atreviera a soñar algo distinto, deberá atenerse al plan previsto: iniciar los estudios en ese piano desvencijado, de incierto origen, que pertenece a su familia desde siempre y en el cual, si se atiene a lo que conoce o recuerda, nunca tocó nadie.

Traduction temporaire :

Veille

— J'échange de vieux pianos contre des neufs, annonce le marchand.
Dans la pâle lumière du soleil qui ne couvre pas encore le jour, le sac en gaze, démesuré et faisant ployer le marchand sous son poids est un spectacle étrange et beau. Sous cette gaze ou ce tulle fin contenant les pianos, on en distingue nettement certains, on en devine d'autres, selon l'angle de vue.
— Choisissez, petite demoiselle, dit le marchand en s'adressant à la jeune fille vivant dans l'humble demeure à la porte de laquelle il a frappé.
Avec sa sonorité de bombo legüero (1), le vertical, sur la gauche, est le plus indiqué pour jouer des mazurkas. Si malgré l'hiver, vous aimez la vie à l'air libre, je vous suggère le blanc, plus petit, il sonne comme un corps de chasse. Le demi-queue noir, en revanche… Des miaulements insistants interrompent la présentation, qui se voulait détaillée.
— Que se passe-t-il, Aladina ? demande la jeune fille avec une tendresse soucieuse. Elle a confiance dans l'instinct de l'animal, or, là, il est évident que l'étranger déplaît à sa chatte. Elle comprend alors que même si, l'espace de quelques minutes, elle avait osé rêver d'autre chose, elle devra s'en tenir au plan prévu : commencer ses études sur ce piano déglingué, d'origine incertaine, appartenant à sa famille depuis toujours, et sur lequel, si elle s'en tient à ce qu'elle sait ou à ce dont elle se souvient, personne n'a jamais joué.

(1) Bombo legüero : instrument de musique à percussion constitué d'un fût et d'une ou de plusieurs peaux tendues. Le son peut être entendu à une lieue de distance.

Projet Chloé T – phrases 36-39

Desde entonces, se dijo que en la Federación Mexica nunca se ponía el sol. La alocución terminó con una sinfonía triunfal, tocada de nuevo con los exóticos instrumentos del folclore español, y los niños silbaron en agradecimiento por el espectáculo. Una compuerta se abre en el centro de la plataforma, y el altar se eleva hasta la superficie mientras los sacerdotes embadurnan de sangre su cuerpo, trémulo por el llanto. Luego la tumban con ternura sobre él y sujetan sus extremidades a cada esquina.

Traduction temporaire :
Depuis lors, on dit que le soleil ne se couchait jamais sur la Fédération Méchique. L’allocution s'acheva au son d’une symphonie triomphale jouée une nouvelle fois par les instruments exotiques du folklore espagnol, et les enfants sifflèrent, le remerciant ainsi pour le spectacle.  Une trappe s’ouvre au milieu de la plateforme ; l’autel se soulève jusqu’à la surface pendant que les prêtres enduisent de sang son corps, secoué par les sanglots. Puis ils l’y allongent délicatement et attachent ses membres à chaque angle.

samedi 28 octobre 2017

Projet Hélène 5 – phrases 424-430

Y no creo que nos traigan problemas, no. No creo que se les ocurra irse a la policía a denunciarnos por daños a su coche intruso. No, no lo harán, tenemos sus nombres y sus datos. Ellos saben que no estamos solos, que nuestros hermanos están en todo lugar. ¿Me equivoco?, preguntó, dirigiéndose a ambos hombres, que ahora parecían respirar más tranquilos. No, no se equivoca, balbuceó el pelirrojo. Clyde hizo un gesto vago hacia su rostro y, luego, hacia el rostro del asiático.

Traduction temporaire :
Et puis, je ne crois pas qu’ils nous causent des problèmes. Je ne crois pas qu’ils auront l’idée de nous dénoncer à la police pour la dégradation de leur voiture indésirable. Non, ils ne le feront pas ; nous avons leurs noms et leurs informations personnelles. Ils savent parfaitement que nous ne sommes pas seuls, que nos frères sont partout. Je me trompe ? demanda-t-il, en s’adressant aux deux hommes, qui semblaient respirer plus tranquillement. Non, vous ne vous trompez pas, balbutia le roux. Clyde esquissa un geste vague en direction de son visage, un autre en direction du visage de l’Asiatique.

lundi 23 octobre 2017

Projet Nathalie / Florence – phrases 267-271

Olaf está viejo y cansado. Es posible que Kuddel se imponga en las elecciones que se llevarán a cabo en el comité de gobierno cuando el líder muera. Pero también es posible que su cría y partidarios se subleven a esta decisión. En ese caso puede que se avecinen otra vez batallas y el terror, ahora entre los perros y los gatos. Mientras tanto nosotros, las lauchas, los vampiros, cuervos, sapos, comadrejas y culebras, cucarachas, topos y escorpiones, todos los que nunca dormimos con sábanas, argumentamos en foros ni fuimos mascotas de nadie, seguimos esperando que alguna vez nos llegue la hora.

Traduction temporaire :

Olaf est vieux et fatigué. Il est possible que Kuddel l'emporte aux élections qui auront lieu au comité de gouvernement quand le lider mourra. Mais il est également possible que sa descendance et ses partisans se soulèvent contre cette décision. Dans ce cas, il se peut que d'autres batailles s'annoncent, cette fois entre les chiens et les chats. Pendant ce temps, nous, les rongeurs, sangsues, corbeaux, crapauds, belettes et serpents, cafards, taupes et scorpions, nous tous qui n'avons jamais dormi dans des draps, discuté sur des forums, ni été les animaux de compagnie de personne, nous continuons d'espérer qu'un jour, notre heure viendra.

Projet Basta ! Sabrina – texte 2

MAITE AYALA BRANDT

MUJER EN PENA

A Ruth le pareció que podía irse a descansar, bañarse para quitarse de raíz «el olor a cocina» como decía ella, y mirar en la TV por un rato algún programa o película interesantes. No esperaba que Román llegara sino después de la medianoche como solía acostumbrar cuando andaba en eso del dominó con Luis, El Chino y César. Entró de súbito y nada que la miró. Ella sintió su ebrio mal humor a distancia y supo que los insultos llenarían otra vez de morados las paredes de su casa.

Traduction temporaire :

Maite Ayala Brandt

Femme en peine

Ruth crut qu'elle pouvait aller se reposer, se laver pour se débarrasser complètement de "l'odeur de cuisine", comme elle disait, et regarder un moment une émission ou un film intéressant à la télé. Elle n'attendait pas Román avant minuit, à son habitude lorsqu'il se lançait dans des parties de domino avec Luis, Le Chinois et César. Il entra subitement et la regarda à peine. Elle sentit de loin sa mauvaise humeur ivre et comprit que de nouveau, les insultes couvriraient de bleus les murs de leur maison.

Projet Basta ! Ludivine – texte 2

NADIR CHACÍN

MI CREADOR

Quédate, cambiaré todas tus bellezas. Las moldearé con mis manos una a una, mezcladas con agua, hasta que dejes de ser bella. Mataré tu nombre cuando destruya tu hermosa boca. Cuando mi barro tape la palidez de tus labios. Con lo que quede de ti haré otra mujer que no sea bella. Una inteligente.  Tus sobras se perderán dentro de mi nueva creación. Y cuando te extrañe, que seguro pasará, esparciré buscándote los sesos de ella.

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

samedi 21 octobre 2017

Projet Sonita 22 – phrases 7-8

Y el hombre dice “Quiobo, vecino”. Y Humberto responde “buenas tardes” mientras sigue en la mecedora del porche echando una cervecita, a esa hora, cuando vuelven a la ciudad las parvadas del campo y llenan los árboles de trinos y graznidos, cuando Humberto ha regresado del trabajo y quiere un momento a solas, para ver el cielo, para estar consigo mismo y dejar de ser el ingeniero Villaseñor, para transformarse en silencio y poder ir luego a la cocina o a la sala convertido en el padre de sus hijas, en el marido de su esposa, de ella, de la que grita:

Traduction temporaire :
Et l’homme lui demande « Quoi de neuf, voisin ? ». Et Humberto répond « Bonjour » sans bouger de son fauteuil à bascule, une bière à la main, à l’heure où les volées d'oiseaux des champs regagnent la ville et emplissent les arbres de gazouillements et de graillements. Cette heure où Humberto est rentré du travail et veut être seul un moment ; pour regarder le ciel, se retrouver avec lui-même et cesser d'être l’ingénieur Villaseñor, pour se transformer en silence et pouvoir ensuite aller dans la cuisine ou dans le salon, changé en père de ses filles, mari de sa femme, elle, celle qui crie :

Projet Michaël / Hélène P – phrases 5-7

La señora que nos mostró la casa tampoco me resultó agradable, me miraba con desconfianza, cuando lo hacía, y solo se dirigía a Enrique. Eso no me importó nada, pues mientras ellos hablaban de precios y de arreglos necesarios, más bien urgentes, yo comencé a pasear por el lugar. Todo iba de horrible a horroroso, pero no fue suficiente hasta que llegué al baño y vi aquel desastre lleno de hongos, de humedad y suciedad.

Traduction temporaire :

La dame qui nous montra la maison ne me sembla pas non plus agréable. Elle me regardait avec méfiance, du moins lorsqu’elle me regardait, et ne s’adressait qu’à Enrique. Cela ne me dérangea pas le moins du monde, car pendant qu’ils parlaient prix et travaux nécessaires, pour ne pas dire urgents, moi, je commençai à m'y promener. Tout allait de mal en pis, mais ce n'était rien comparé au moment où je suis arrivé dans la salle de bain. Je n'ai trouvé qu'un vrai désastre plein de champignons, d'humidité et de saleté.

samedi 14 octobre 2017

Projet Basta ! Nieves – texte 12

DIANA RÍSQUEZ THIELEN

VIOLENCIA

Palabra maldita, me debato entre tus intersticios, violación indolencia  Soy mujer, pero no me reconozco. Mi madre... y su madre, y la madre de ella, soy la última de una cadena extraviada. Desubicada hace siglos,  me busco en ti. Tu golpe me hace cuerpo,  este que no domino, He aquí mi tragedia: Tú me significas. He aquí mi redención: soy el eslabón perdido.

Traduction temporaire :

DIANA RÍSQUEZ THIELEN

Violence

Mot maudit, je me débats entre tes interstices, viol indolence Je suis femme, mais je ne me reconnais pas en tant que telle. Ma mère… et sa mère, et sa mère à elle, je suis la dernière d’une chaine égarée. Désorientée depuis des siècles, je me cherche en toi.Ton coup me transforme en corps, celui que je ne maîtrise pas, Voici ma tragédie : Tu me signifies. Voici ma rédemption : je suis le chaînon manquant.

Projet Hélène / Audrey – phrases 161-162

«Es mi amiga, tía, por favor», escuché que respondía la invisible Rutka, pues para entonces todo lo demás había desaparecido y solo estábamos la tía de Rutka y yo. Ella acercaba cada vez más su rostro a mi barbilla, como buscando el punto exacto donde herirme, mientras con su frío dedo índice repasaba un costado de mi cuello y esbozaba una sonrisa maligna con un hilo de saliva que se escurría por la comisura de sus labios.

Traduction temporaire :
J'entendis l'invisible Rutka répondre : « C’est mon amie, tata, s’il te plaît ». À ce moment-là, tout le reste avait disparu, nous étions seules, la tante de Rutka et moi. Elle approchait de plus en plus son visage de mon menton, comme si elle cherchait le point exact pour me blesser, tandis que son index froid parcourait un côté de mon cou et qu'elle ébauchait un sourire méchant, un filet de bave dégoulinant de la commissure de ses lèvres.

Projet Cindy 4 – phrases 198-205

Se acercó a la ventana, apoyó la frente contra el vidrio glacial, Allí estaba el gomero recibiendo serenamente la lluvia que lo golpeaba, tranquilo y regular. El cuarto se inmovilizaba en la penumbra, ordenado y silencioso. Todo parecía detenerse, eterno y muy noble. Eso era la vida. Y había cierta grandeza en aceptarla así, mediocre, como algo definitivo, irremediable. Mientras del fondo de las cosas parecía brotar y subir una melodía de palabras graves y lentas que ella se quedó escuchando: «Siempre». 

Traduction temporaire :

Elle s'approcha de la fenêtre, appuya son front contre le verre glacial. Le caoutchouc était là, recevant sereinement la pluie qui le frappait, tranquillement et régulièrement. La chambre s'immobilisait dans la pénombre, rangée et silencieuse. Tout paraissait s'arrêter, éternel et très noble. C'était ça, la vie. Et il y avait une certaine grandeur à l'accepter telle quelle, médiocre, comme quelque chose de définitif, d'irrémédiable. Tandis qu'au fond des choses semblait naître et monter une mélodie de mots graves et lents qu'elle resta à écouter : « Toujours ».

lundi 9 octobre 2017

Projet Basta ! Chloé T – texte 6

MICHELLE ROCHE RODRÍGUEZ

LATA DE GALLETAS Fragmento

«Mirar su cuerpo fue como ser golpeada con kilos de certidumbre. Su masa la pintaba monstruosa. Me la imaginé desesperada, engullendo las galletas que hacía mamá. Desde que yo me fui, mi hermanita había pasado dos mil quinientos cincuenta y cinco días sola y asustada, comiéndose ciento veintiséis mil galletas y había llegado a los catorce años con un sobrepeso  de ciento diez kilos. Los ojos se me aguaron de imaginarla comiendo escondida. Y ella me mostró la lata de galletas que tenía bajo su cama. Cuando la abrió, el olor me recordó las noches que pasé escondida en la cocina para que papá, al no verme atravesada en su camino, olvidara hacerme daño. Cada galleta que mi hermana se comía era una menos que se vendía y disminuía el dinero que tendría mamá para pagar el vicio de papá». 

Traduction temporaire :

La boîte à biscuits

(Fragment)

Regarder son corps a été comme être frappée par des kilos de certitude. Sa masse la rendait monstrueuse. Je l'ai imaginée désespérée, engloutissant les biscuits que confectionnait maman. Depuis mon départ, ma petite sœur avait passé deux-mille-cinq-cent-cinq jours seule et effrayée, à manger cent-vingt-six-mille biscuits ; elle avait quatorze ans et un surpoids de cent-dix kilos. Mes yeux se remplirent de larmes en l’imaginant manger en cachette. Et elle me montra la boîte à gâteaux qu’elle conservait sous son lit. Quand elle l’a ouvert, l’odeur m’a rappelé les nuits que j’ai passées cachée dans la cuisine pour que papa, ne me voyant pas en travers de son chemin, oublie de me faire du mal. Chaque biscuit que ma sœur mangeait lui en faisait un de moins à vendre, réduisant ainsi l’argent dont maman disposerait pour payer le vice de papa.

samedi 7 octobre 2017

Projet Chloé T – phrases 33-35

Tras la victoria, Moctezuma el Serio se reunió con el resto de Oradores y les convenció de que esta afrenta a los dioses no podía quedar sin castigo. Si no hacían nada, los falsos profetas volverían en mayor número y la guerra nunca acabaría hasta que los destruyeran. La armada confederada del Cem Ānáhuac cruzó el mar con las sierpemplumadas e invadió estas tierras, fundando en esta península la colonia de Nueva Ma' Ya'ab. 

Traduction temporaire :
Après leur victoire, Moctezuma le Grave réunit les autres Orateurs et les convainquit que cette offense envers les dieux ne pouvait pas rester impunie. S’ils ne réagissaient pas, les faux prophètes reviendraient plus nombreux encore et la guerre ne cesserait qu’une fois qu’il les auraient détruits. L’armée confédérée du Cem Ānáhuac traversa la mer avec les serpemplumés et envahit ces terres, fondant la colonie de la Nouvelle Ma' Ya'ab sur la péninsule.

Projet Basta ! Sabrina – texte 1

BELKYS ARREDONDO OLIVO

Todo es desaparición.
Las palabras ofrecen banderillas y vidrios rotos.

Estás en la calle pena
La que no cree en hechizos

donde el olor perfora
 y la hora cae en forma de moneda.

Traduction temporaire :

BELKYS ARREDONDO OLIVO

Tout est disparition.
Les mots offrent des piques et du verre brisé.

Tu es sur la rue de la peine
celle qui ne croit pas aux sortilèges,

où l'odeur perfore
et l'heure tombe sous forme de pièces de monnaie.

Projet Basta ! Sébastien – texte 1

EDDA ARMAS

Absuelto

¿Cómo que inocente? ¿Inocente de qué? –preguntaban las lengüetas de fuego. La secuestró. Violentó. Apagó colillas en su cuerpo. Mutiló sus labios íntimos. Le ulceró las orejas y los pezones. Le desfiguró el rostro. Eso lo saben los médicos forenses. Los vecinos que oye- ron sus gritos. Lo sabe la policía que la rescató apenas él salió del edificio. Lo sabe su padre, quien trata de convencerse de que su hijo no es un monstruo, poniendo la duda en la reputación de ella. Pero no es ficción. Ella es alma y hueso roto y lo identifi- ca como su agresor. Es historia reseñada. Abanico de enfrenta- das opiniones. ¿Alguien cree que torturar puede encubrirse con impunidad? Pregunta látigo, al igual que esta: ¿Qué nos dice usted, jueza Rosa, consusentencia? Ella lame sus heridas con la lengua de la incomprensión. Ausculta los miedos en la pesa- dilla sin límites. La persiguen los pasos que se devuelven en el cuarto vacío. La voz de la jueza fallando en su contra, al dictar: absuelto. Alfileres. Rostros anónimos salvajemente ultrajados erosionan su piel. Ahogan los gritos que no tienen escucha.

Traduction temporaire :

Acquitté

Innocent, comment ça ? Innocent de quoi ? demandaient les petites langues enflammées. Il la séquestra. Il la viola. Il écrasa des mégots sur son corps. Il mutila ses lèvres intimes. Lui meurtrit les oreilles et les mamelons. Lui défigura le visage. Les médecins légistes sont bien au courant de tout cela. Les voisins qui entendirent ses cris. La police est au courant puisqu'elle la secourut juste après qu'il sortit de l'immeuble. Son père est au courant ; il essaie de se convaincre que son fils n'est pas un monstre, en mettant en question sa réputation à elle. Or, ce n'est pas de la fiction. Elle est cœur et os brisé et elle l'identifie comme son agresseur. Une histoire circonstanciée. Éventail d'opinions opposées. Quelqu'un croit-il que quand on torture, on peut jouir de l'impunité ? Question qui claque, à l'instar de celle-ci : Que nous dites-vous, madame la juge Rosa, à travers votre sentence ? Elle lèche ses blessures avec la langue de l'incompréhension. Elle ausculte ses peurs dans le cauchemar sans limites. Les pas qui reviennent la poursuivent dans la pièce vide. La voix de la juge se prononçant contre elle, lorsqu'elle rend le jugement : acquitté. Des aiguilles. Des visages anonymes sauvagement outragés érodent sa peau. Ils étouffent les cris qui ne sont pas écoutés.

mercredi 4 octobre 2017

Projet Nathalie / Florence – phrases 262-266

Una de las propuestas que más revuelo causa, y que sin embargo es apoyada en silencio o de forma abierta por gran parte de la población felina y canina, es la de abrir el ingreso a la web a todas las especies animales, muchas de las cuales ni siquiera están representadas por un ejemplar. “¿Qué podrían decirnos los delfines acerca del origen del universo?”, se pregunta un partidario de Kuddel en Twitter. “La gente está cansada de la crueldad y la confrontación permanentes”, reflexiona Mandrake, un cocker spaniel que acusa cuatro años de edad en su perfil de Facebook. “Queremos vivir en paz. Que todos los animales sean iguales, otra vez”.

Traduction temporaire :
L'une des propositions générant le plus de remous et pourtant soutenue en silence ou ouvertement par une grande partie de la population féline et canine est la suivante : ouvrir l'accès au web à toutes les espèces animales, dont beaucoup ne sont même pas représentées par un spécimen. « Que pourraient bien nous dire les dauphins au sujet de l'origine de l'univers? », se demande un partisan de Kuddel sur Twitter. « Les gens sont las de la cruauté et de la confrontation permanentes », remarque Mandrake, un cocker spaniel qui indique avoir quatre ans sur son profil Facebook :« Nous voulons vivre en paix. Que tous les animaux soient égaux, à nouveau ».

dimanche 1 octobre 2017

Projet Basta ! Nieves – texte 11

LENNIS ROJAS

EJERCICIO DE FICCIÓN

Puedo intentar el ejercicio de la ficción. Puedo contar cosas que no pasaron, pero también puedo tener presentes las historias de ellas. Historias negadas mil veces. Historias que no se quieren contar. Historias que se intuyen, flotando en conversaciones, como flechas invisibles o látigos. Están allí para que recuerde los nombres que no debo olvidar. Recordar. Recordar vergüenzas. Recordar como salvación. Recordar el nombre de la mujer de la cual provengo y el de todas ellas. Tener presente los nombres, sus nombres, mi nombre. ¿Por qué hablar de ficción si las tengo a ellas? ¿Por qué no contar sus nombres? Y sobre todo, por qué no nombrarla a ella, exorcizar el nombre de mis temores, el que dejó de latir, el que no puede ser ficción, el que escapa de etiquetas. Por qué hablar de ficciones si la puedo nombrar, si puedo atraparla por un instante. Y al decir su nombre decir: ella existió.

Traduction temporaire :

LENNIS ROJAS

Exercice de fiction

Je peux m'essayer à l’exercice de la fiction. Je peux raconter des choses qui ne se sont pas produites, mais je peux aussi tenir compte de leurs histoires à elles.  Des histoires niées mille fois. Des histoires que l’on ne veut pas raconter. Des histoires dont on a l’intuition, qui flottent sur des conversations, comme des flèches invisibles ou des fouets. Elles sont là pour que je me souvienne des prénoms que je ne dois pas oublier. Se rappeler. Se rappeler des hontes. Se rappeler pour vaincre. Se rappeler le prénom de la femme de laquelle je suis issue et celui de toutes les autres.  Garder à l’esprit les prénoms, leurs prénoms, mon prénom. Pourquoi parler de fiction si je les ai, elles ? Pourquoi ne pas raconter leurs prénoms ? Et surtout, pourquoi ne pas la nommer, elle ; exorciser le prénom de mes peurs, celui qui cessa de battre, celui qui ne peut pas être fiction, celui qui échappe aux étiquettes. Pourquoi parler de fictions si je peux la nommer, si je peux l’attraper pendant un instant. Et en disant son prénom dire : elle exista.

lundi 25 septembre 2017

Projet Elsa 2 – phrases 128-136

-¿Cuántos años hemos vivido, Nubai? Los seres humanos atesoran en su mente más conocimiento que en ninguna otra etapa histórica. 
-Puede que tengas razón, pero sólo si tomas a las personas de una en una. Pero considéralo de otra manera: piensa en los seres humanos en conjunto. ¿Cuánto ha avanzado la ciencia en los últimos cien años? Nada. No sólo no avanzamos, sino que poco a poco vamos perdiendo los logros que las generaciones pasadas consiguieron. Usamos el reactor de fusión del Nexo, pero sabes que seríamos incapaces de construir otro. La tecnología y el desarrollo científico que teníamos antes del Interregno es sólo un sueño perdido ahora.

Traduction temporaire :

- Combien d’années avons-nous vécues, Nubai ? Les êtres humains stockent dans leur cerveau plus de connaissances qu’à n’importe quelle autre époque de l’histoire.
- Tu as peut-être raison, mais seulement si tu considères chaque personne une par une. Or, regarde le problème autrement : pense aux êtres humains dans leur ensemble. Dans quelle mesure la science a-t-elle évoluée durant les cent dernières années ? Aucune ! Non seulement nous n’avançons pas, mais nous régressons peu à peu par rapport aux progrès des générations passées. Nous avons beau utiliser le réacteur de fusion du Nexo, nous serions incapables d’en construire un autre. La technologie et le développement scientifique que nous avions avant l’interrègne n’est aujourd’hui qu’un rêve perdu.

samedi 16 septembre 2017

Projet Hélène 5 – phrases 420-423

Estos dos infelices que piensan y dicen, en realidad, sólo lo que sus amos quieren. Yo, hace un rato, había hablado de escarmiento, de no dejarlos irse sin castigo, creo que ya han tenido ambas cosas, y más, en este rato que han pasado en nuestra compañía, ¿no crees? No vamos a llevar el exceso hasta flagelarlos, eso ya no se hace, aunque bien se lo merecerían. Algo deben haber aprendido de lo que han visto y escuchado, en particular, de tu relato sobre las cosas que ocurren en tu país lejano y misterioso.

Traduction temporaire :
Ces deux misérables qui, en réalité, n'obéissent qu'aux volontés de leurs maîtres. Au début, j’avais parlé de leçon, dit qu'il ne fallait pas les laisser s'en tirer sans une bonne correction, or, je crois qu’ils ont eu les deux, et plus encore, pendant le temps qu'il ont passé en notre compagnie. Tu ne crois pas ? On ne va pas en arriver à l'extrême de les flageller. Ça ne se fait plus, même s’ils le mériteraient amplement. Ils doivent bien avoir appris quelque chose de ce qu’ils ont vu et entendu, en particulier de ton récit sur ce qui se passe dans ton pays lointain et mystérieux.

Projet Sonita 22 – phrases 5-6

No sabe su nombre porque Mariana y Gabriela, quienes ya entraron apresuradas a la casa y Humberto sólo se regresó para echarle llave a la reja de la puerta, son más grandes; porque ellas no van a jugar a la calle. Y sí, lo ha visto, Humberto ha visto al niño y al hombre que es su padre cuando se abre el portón eléctrico de la casa de enfrente y salen balón en mano a tirar pases sobre el concreto hidráulico.

Traduction temporaire :
Il ne sait pas comment il s’appelle parce que Mariana et Gabriela, déjà rentrées en vitesse à la maison, sont plus grandes et parce qu’elles ne vont pas jouer dans la rue. Lui, il n’est revenu que pour fermer la grille à clé. Et oui, Humberto l’a vu. Il a vu cet enfant et l’homme qui est son père, lorsque le portail électrique de la maison d’en face s’ouvre et qu’ils sortent, le ballon à la main, se faire des passes sur le béton hydraulique.

mardi 12 septembre 2017

La chanson du mardi – choisie par Elena

https://youtu.be/bCenlBgoM3Y

lundi 11 septembre 2017

Projet Nathalie / Florence – phrases 259-261

El principal candidato es Kuddel, un gato de Angora. Los expertos en Wikipedia señalan que en la historia humana “era necesario que todo cambiara, para que todo siguiera igual”. Esta opinión, que de a poco va cobrando vigor, respalda la candidatura de Kuddel, que promete desde Facebook “vientos de aire fresco para la revolución”.

Traduction temporaire :
Kuddel, un chat Angora, est le principal candidat. Sur Wikipedia, les spécialistes font remarquer que dans l'histoire de l'humanité « il fallait que tout change, afin que tout reste identique ». Cette thèse, qui prend peu à peu de l'ampleur, étaye la candidature de Kuddel, qui promet depuis Facebook « un vent d'air frais pour la révolution ».

samedi 9 septembre 2017

Projet Basta ! Rachel – texte 6

GRECIA AUGUSTA RODRÍGUEZ


MUJER EN PENA

Las aguas corren por mis venas así destiñó la sangre trago hojas y me alimento de la sal
soy una gaviota ciega creo pasos de mentira en vidas ajenas soy la mentira que urde dolor en el ser defraudo natural y castaño: defraudo y como el silencio soy de poco confiar las dudas se apoderan de mi vientre lo que poseo tizna mi casta y el agua, maldita, lo aclara he vivido entre manchas en mi pelvis duele la muerte del hijo no nacido hoy lloro 

Traduction temporaire :

GRECIA AUGUSTA RODRÍGUEZ

Femme qui souffre

En coulant dans mes veines, les eaux ont fait déteindre mon sang et j'avale des feuilles et me nourris du sel. Je suis une mouette aveugle. Je crée des pas de mensonge dans la vie d'autrui je suis le mensonge qui ourdit la douleur dans l'être naturel et châtain, je déçois : je déçois et, comme le silence, on ne peut me faire confiance le doute s'empare de mon ventre ce que je possède noircit ma caste et l'eau, maudite, le dilue j'ai vécu parmi les tâches dans mon pelvis l'enfant mort-né me fait souffrir aujourd'hui je pleure

mercredi 6 septembre 2017

Projet Basta ! Guillaume – texte 1

MARÍA INÉS CALDERÓN TÉLLEZ

FADE OUT

Por fin se iba, no sabía a dónde, no importaba. Caminó entusiasta, sentía que el mundo le abría todas sus puertas, su rostro empezaba a iluminarse. Se soltó el ajustado moño. Disfrutó del viento. Dobló la esquina y allí estaba él, con su usual sonrisa de arrepentimiento. A ella se le desdibujó el futuro. Él le rodeó el cuerpo con los brazos. La mano de ella soltó el bolso que cayó al suelo, mientras un hilo de sangre lo iba empapando. Se fue desvaneciendo en los brazos de él que aún enterrándole el cuchillo en la espalda, la seguía besando.

Traduction temporaire :

MARÍA INÉS CALDERÓN TÉLLEZ

FADE OUT

Elle partait, enfin. Elle ne savait pas où, ce n'était pas important. Elle partit, enthousiaste, avec l'impression que le monde lui ouvrait ses portes. Son visage commençait à s'illuminer.  Elle défit son chignon strict. Elle goûta la sensation du vent. Elle tourna le coin de la rue et il était là, avec son éternel sourire plein de remords. Son avenir se dissipa devant elle. Il enveloppa son corps dans ses bras. Sa main à elle lâcha le sac ; il tomba par terre, progressivement trempé par un filet de sang. Se fue desvaneciendo en los brazos de él que aún enterrándole el cuchillo en la espalda, la seguía besando. Elle perdit connaissance dans ses bras. Lui enfonçant toujours son couteau dans le dos, il continuait de l'embrasser.

Projet Hélène / Audrey – phrases 158-160

En dos segundos, echando abajo una torre de libros que se interponía entre nosotras, se deslizó a mi lado, arrinconándome contra la pared. ¿Quién es?, preguntó, mientras se encorvaba poniendo frente a mis ojos la brillante cicatriz en forma de cruz y, con una especie de júbilo siniestro, colocaba un brazo sobre mi pecho para cortar mis movimientos. Mi voz se había extinguido en ese momento y, aunque intentaba formar algún sonido, mi garganta, igual que todo mi cuerpo, se negaba a obedecerme.

Traduction temporaire :
Deux secondes lui suffirent pour renverser une pile de livres qui s’interposait entre nous et se glisser contre moi, me plaquant contre le mur. « Qui es-tu ? » m’interrogea-t-elle. Elle se voûtait, plaçant sa cicatrice brillante en forme de croix devant mes yeux, et appuyait son bras sur ma poitrine pour entraver mes mouvements, dans une espèce de jubilation sinistre. À cet instant-là, ma voix s’était éteinte ; elle avait beau tenter d’émettre un son, ma gorge, de même que mon corps, refusait d’obtempérer.

mardi 5 septembre 2017

Projet Justine / Elena – texte 126

Geranios bajo la ventana

Es peligroso abrir grietas en los afectos humanos.
No porque rompan mucho a lo largo y a lo ancho,
sino porque se cierran con mucha rapidez.
“Wakefield” cuento de Nathaniel Hawthorne.

En mi cerebro se activó una alarma. Ya es hora me dije. Hora de detener la huida, de ofrecer explicaciones, de rogar perdón. Y aquí estoy, regresando. Rápido el paso, no miro atrás. No quiero ver mi propia sombra.
¡Volver con este sol! Luz a torrentes. ¿Quién la necesita?. Después de tanto tiempo sólo se puede volver bajo la lluvia, de noche. Tanta claridad lastima.
Tengo miedo.
Tenía miedo, por eso me fui. Once años atrás me juzgué, me hallé culpable, me condené al exilio. Un desterrado, eso he sido. Es triste descubrir que todos estos años de penuria no me han cambiado, conservo intacta la cobardía.
Claro que si lo pienso bien, también hace falta valor para alejarse, no molestar más, quitar del medio la propia presencia. Como un muerto, que se calla y se mete en su hueco para siempre.
Hoy, no sé por qué estoy permitiéndome resucitar.
Desde la calle observo la casa que fue mía. Han quitado la verja y los ligustros que planté, en su lugar ahora hay una reja prolijamente pintada. El pasto recién cortado, geranios bajo la ventana. Nunca me gustó esa flor.
Parece mentira: mi esposa, mi hija y yo, fuimos felices allí. Mercedes, Laurita. Sé que están ahí, las adivino. Pero ellas no pueden presentirme, perdí ese derecho.
Subo a la vereda, tiemblo frente a la reja. Me tomo de los barrotes para no caer. Estiro el brazo, toco timbre.
Tras el hierro está el césped, que de tan verde me irrita, y la puerta del frente, que ahora se abre.
Una joven sale a atenderme, pero no se acerca, permanece junto a la puerta que acaba de abrir, apoyada contra el marco. Su figura es ligera, graciosa. Me mira durante unos segundos.
Siento cómo el sudor me empapa la espalda, sin embargo tengo frío. El corazón no me cabe en el pecho, ni la lengua en la boca, ni los ojos en sus cuencas. Jadeo igual que un perro. Quiero llorar, quiero gritar “¡hija!”, pero ni siquiera respiro. Me limito a esperar la pregunta “¿Qué desea?”. “Que me escuches”, “que me escuches por favor”, le voy a contestar.
Desde dentro se oye una voz. Esa voz, la que reconocería entre mil.
—¿Quién es Laura?
Laurita gira, me da la espalda, entra en la casa. Antes de que cierre la puerta alcanzo a oír su respuesta indiferente, fastidiada quizá:
— Nadie mamá. Un pordiosero.

Traduction temporaire :

Géraniums sous la fenêtre

Il est périlleux de blesser les affections humaines.
Non que la plaie reste longtemps ouverte,
elle se referme au contraire promptement.

« Wakefield », nouvelle de Nathaniel Hawthorne.

 Dans mon cerveau, une alarme se déclencha. L'heure est venue, songeai-je. L'heure d'arrêter de prendre la fuite, de fournir des explications, de demander pardon. Et me voici de retour. D'un pas rapide, je ne regarde pas en arrière. Je ne veux pas voir mon ombre.
Revenir sous ce soleil ! Des torrents de lumière. Qui en a besoin ? Après tout ce temps, on ne peut revenir que sous la pluie, la nuit. Une telle clarté fait mal.
J'ai peur.
J'avais peur, voilà pourquoi je suis parti. Onze ans plus tôt, je me suis retrouvé coupable, me suis condamné à l'exil. J'ai été un banni. C'est triste de découvrir que toutes ces années de pénurie ne m'ont pas changé, ma lâcheté est intacte.
Évidemment, si j'y réfléchis bien, il faut aussi du courage pour s'en aller, ne plus déranger, vider les lieux de ma présence. Tel un mort qui se tait et se met dans son trou, pour toujours. Aujourd'hui, j'ignore pourquoi je me permets de ressusciter.
Depuis la rue, j'observe la maison qui fut jadis la mienne. On a enlevé la grille et les troènes que j'avais plantés. À leur place, il y a un grillage soigneusement peint. L'herbe fraîchement coupée, des géraniums sous la fenêtre. Je n'ai jamais aimé cette fleur.
Incroyable : mon épouse, ma fille et moi, nous avions été heureux là-bas. Mercedes, Laurita. Je sais qu'elles sont là, je les sens. Mais elles, elles ne peuvent pas percevoir ma présence, j'ai perdu ce droit.
Je gravis le chemin, je tremble devant la grille. Je m'agrippe aux barreaux pour ne pas tomber. Je tends le bras. Je sonne.
Derrière la grille en fer, il y a le gazon, qui m'agace à être aussi vert, et la porte de devant, qui, à présent, s'ouvre.
Une jeune femme sort pour m'accueillir, mais elle ne s'approche pas. Appuyée contre le chambranle, elle reste près de la porte qu'elle vient d'ouvrir. Sa silhouette est élancée, gracieuse. L'espace de quelques secondes, elle me regarde.
Je sens la sueur tremper mon dos, pourtant j'ai froid. Mon cœur ne tient plus dans ma poitrine, pas plus que ma langue dans ma bouche ou mes yeux dans leurs orbites. Je halète comme un chien. J'ai envie de pleurer, j'ai envie de crier : « ma fille ! », mais je n'arrive même pas à respirer.
Je me contente d'attendre sa question : « Que voulez-vous ? ». « Que tu m'écoutes », « que tu m'écoutes, s'il te plaît », m'apprêté-je à lui répondre. De l'intérieur, on entend une voix. Cette voix que je reconnaîtrais entre mille.
— Qui est-ce, Laura ?
Laurita pivote, me tourne le dos, rentre dans la maison. Avant qu'elle ferme la porte, sa réponse, indifférente, sans doute lasse, me parvient :
— Personne, maman, un mendiant. 

Projet Justine / Elena – textes 122-123-124-125

Maña

Nos miramos con aquel afecto tan evidente en su falsedad, que era a la vez un insulto y una advertencia.

Fourberie

Il nous regarda avec cette tendresse si évidente dans sa fausseté, que c'était à la fois une insulte et un avertissement.

**

La pelea

—Basta —suplica, aturdido por la discusión de sus padres. Airados como siempre y sordos al ruego, la bestia y el Otro continúan su eterna disputa. Falto de respuesta, el hombre se extingue.

La dispute

— Ça suffit ! supplie-t-il, abasourdi par la dispute entre ses parents. En colère, comme toujours, et sourds à sa requête, la bête et l'Autre poursuivent leur éternelle querelle. En manque de réponses, l'homme s'éteint.

**

Protagonista

En el piso…
(Giran, se dan la espalda, quedan de perfil al público.)

Protagoniste

Par terre…
(Ils pivotent, se tournent le dos, restent de profil, vers le public.)

**

Ambos

No desampararás a Amparo: Primer Mandamiento.
(Lo repiten tres veces, más despacio en cada ocasión.
Se ponen en cuclillas, la cabeza entre los brazos.)

Les deux

Tu ne laisseras pas Amparo désemparée : Premier Commandement.
(Ils le répètent à trois reprises, chaque fois plus lentement.
Ils s'accroupissent, la tête dans les bras.)

Projet Sabrina / Elsa – phrases 22-fin

Al ocaso, dispuesta ya la cena en la mesa y descorchado un tinto que recordaba a sangre, decidí sacar a mi muerta del armario, seguro de encontrarla dormida y hambrienta. Pero cuál no fue mi decepción: entre los chales de seda blanca de mi abuela yacía tirada, como empujada por el aire, una calavera de azúcar que llevaba el nombre de Rosenda en la frente de papel plateado, y que se me deshizo en polvo entre los dedos.

Traduction temporaire :

À la nuit tombée, une fois le dîner servi et une bouteille de vin rouge dont la couleur rappelait le sang débouchée, j'ai décidé de déloger ma morte de l'armoire, certain de la trouver endormie et affamée. Or, quelle n'a pas été ma déception ! Au milieu des châles en soie blanche de ma grand-mère, gisait sur le sol, comme renversé par le vent, un squelette en sucre portant le nom de Rosenda, en papier argenté sur le front. Il s'est effrité entre mes doigts.

lundi 4 septembre 2017

Projet Basta ! Ludivine – texte 1

GLORIA CARRASCO


LA IGLESIA Y LA VIOLENCIA

Lejos de referirnos a maltratos físicos, nos ocupa considerar la violencia de género en los arquetipos religiosos. En la iglesia, la mujer para ser santa, debe renunciar a su sexualidad, conservar su virginidad y someterse a todo sacrificio posible como madre y esposa. La iglesia condena irremediablemente a la virginidad y fidelidad como muestra de amor y clasifica como demonio cuando no obedecemos a esa construcción masculina de pureza.
Eva la culpable del pecado original, María la buena por ser virgen, y Magdalena otra mujer mala y culpable. Enesta institución somos según nuestro sexo. Valemos según lo que hacemos con nuestra sexualidad, una sexualidad cuidada para que los hombres la reciban como mérito, pero ellos pueden vilipendiar esa pureza, mientras condenan a la mujer a la soledad porque fue tocada. Más violencia que negarle a una persona su propia sexualidad haciéndola sentir culpable, desconozco.

Traduction temporaire :

Gloria Carrasco

L'Église et la violence

Loin de nous référer à de mauvais traitements physiques, nous allons examiner la violence de genre dans les archétypes religieux. D'après l'Église, pour que la femme soit sainte, elle doit renoncer à sa sexualité, conserver sa virginité et se soumettre à tout sacrifice possible en tant que mère et épouse. L’Église condamne irrémédiablement à la virginité et à la fidélité comme preuve d'amour et classifie comme démon lorsque nous n'obéissons pas à cette construction masculine de pureté.
Eve, la coupable du péché originel, Marie, la sainte du fait de sa virginité, et Marie-Madeleine, encore une femme mauvaise et coupable. Dans cette institution, nous existons selon notre sexe. Nous valons en fonction de ce que nous faisons avec notre sexualité. Afin que les hommes la reçoivent en vertu d'un juste mérite [virgule] les femmes doivent avoir une sexualité conservée, mais eux, ils peuvent vilipender cette pureté, alors qu'ils condamnent la femme à la solitude dès lors où elle a été touchée. Je ne connais pas de plus grande violence que celle de refuser à une personne sa propre sexualité en la faisant se sentir coupable.

vendredi 1 septembre 2017

Projet Basta ! Sonita – texte 7

GABRIELA DURÁN ARNAUDES

LÁTIGOS TE DESTROZAN DESDE ADENTRO

Látigos te destrozan desde adentro, por comer las migajas de eso que nunca ha sido tuyo. Prisionera de la conformidad, silente ante el miedo variopinto, bifurcado en grito, puño cerrado, cicatriz.
A ras de suelo un deseo, deseo de ser de bauxita o de un metal maleable para no sentir, ni que la maldita melancolía se instale por su cuenta, con más armas para herirte.
No permitas ese último knockout, no esperes el consuelo de la muerte, ni el traslado a un lugar sin memoria. Sé que advertiste que no resistirías otro golpe, pero te lanzaste al ruedo, segura de estar blindada de amor. Sé que de una manotada te despojaron de todo, te quitaron hasta lo que era tuyo, incluyendo buena parte del alma y todo el corazón.
Pero, no es así hay mucho más que derrota y pantano. Tu nombre no es víctima, eres mujer.

Traduction temporaire :

Gabriela Durán Arnaudes

Des coups de fouet te déchirent de l’intérieur

Des coups de fouet te déchirent de l’intérieur parce que tu as mangé les miettes de ce qui ne t’a jamais appartenu. Prisonnière du conformisme, silencieuse devant la peur disparate, qui a évolué en cri, poing serré, cicatrice. Au ras du sol, un désir, le désir d’être en bauxite ou un matériau malléable pour ne pas sentir, pour que cette saloperie de mélancolie ne s’installe pas de son propre chef, avec davantage d’armes pour te blesser.
Ne lui permets pas ce dernier knockout, n'attends pas le réconfort de la mort, ni le transfert dans un lieu sans mémoire. Je sais bien que tu t'es rendu compte que tu ne supporterais pas un coup supplémentaire, mais tu t'es jetée dans l'arène, certaine d'être blindée d'amour.Je sais qu'on t'a dépouillée de tout avec une gifle, qu'on t'a même enlevé ce qui était à toi, y compris une bonne partie de ton âme et tout ton cœur. Mais tel n'est pas le cas. Il y a davantage que défaite et marécage. Ton nom n'est pas victime, tu es femme.

Projet Nathalie R – phrases 87-fin

Pinche Santaclós, dice el Chibuto. Déjasela ir.
Está bien, déjensela ir, dijo doña Silvia. Pero sin cuete, sin escándalo, cuchillo limpio.
El cuchillo entra limpio en la boca del estómago, hasta la empuñadura. El Moreno lo saca y lo mete de nuevo, con una fuerza lenta, disfrutada. Nicolás profiere un sonido ronco. Se revuelve, patalea, se va quedando quieto. El Chibuto y el Moreno se alejan. Nicolás yace muerto, ocupando sin permiso un lugar en la banqueta de una calle desierta.

Traduction temporaire :

Enfoirée de Mère Noël ! s'énerva le Barbu. Laisse-la venir. D'accord, laissez-la venir, dit doña Silvia, mais sans coup de feu, sans scandale, sans laisser de traces.

Projet Sonita 22 – Titre + phrases 1-4

Luis Felipe Lomelí (Mexique)

“¿Cuánto tarda un niño en atravesar una calle corriendo?”

El niño corre. Espantado. El niño es la definición del espanto. Humberto no sabe el nombre del niño a pesar de que es el hijo del vecino y llevan cinco años compartiendo cuadra.

Traduction temporaire :

Luis Felipe Lomelí (Mexique)

Combien de temps un enfant met-il pour traverser une rue en courant ?

L’enfant court. Effrayé. L’enfant est la définition de la frayeur. Humberto ignore le nom de l’enfant, bien que ce soit le fils du voisin et qu’ils habitent le même pâté de maisons depuis cinq ans.

Projet Rachel / Sébastien – phrases 194-fin

Intuyo lo que quiere saber. Podría darle una respuesta. Pero, simplemente, no ha hecho la pregunta correcta.
Me conecto al “modo letargo”. Noto cómo todos mis sistemas rebajan su nivel de funcionamiento. Y registro. Los ruidos de la casa. El olor del té en el aire. Los segundos que vuelven a caer pesadamente. La oscuridad; siempre, la oscuridad.

Traduction temporaire :

Je devine ce qu'il veut savoir. Je pourrais lui apporter une réponse. Mais il n'a simplement pas posé la bonne question. Je me mets en « mode veille ». Je remarque que tous mes systèmes baissent leur niveau opérationnel. Et j'enregistre. Les bruits de la maison. L'odeur du thé dans l'air ambiant. Les secondes qui, à nouveau, disparaissent lourdement. L'obscurité ; toujours, l'obscurité.

Projet Basta ! Hélène P – texte 1

SUSANA SUSSMANN


COMPRENSIÓN


Ángel de la Guarda, dulce compañía, no me desampares, ni de noche ni de día... La joven repetía la rima infantil como una cantinela. Parpadeó al oír unos golpecitos en la ventana. Levantó la cabeza del suelo con dificultad y presintió más que ver al gato. Lo dejó entrar. —Me habrías advertido que no me casara con él si hubieras podido, ¿verdad?
El gato se transformó en una niña delgada. En donde debería estar su boca solo había piel. Bajó tristemente la mirada. —De pequeña me dijeron que los Ángeles de la Guarda no tenían boca para que no pudieran advertirnos sobre nuestro futuro. Porque su amor por nosotros es inmenso y serían capa- ces de condenarse al fuego eterno por protegernos.
La mujer se interrumpió cuando vio la sangre seca bajo las uñas de la niña. Y comprendió que su Ángel de la Guarda nunca la había abandonado.

Traduction temporaire :

Compréhension

Ange Gardien, douce compagnie, ne m’abandonne pas, ni la nuit ni le jour… La jeune femme répétait la comptine comme une ritournelle. Elle cligna des yeux en entendant de petits coups sur la fenêtre. Elle leva péniblement le regard du sol et devina la présence du chat plus qu’elle ne le vit. Elle le laissa entrer.
— Tu m’aurais prévenue de ne pas me marier avec lui si tu avais pu, pas vrai ?

Projet Justine / Elena – texte 121

Banquete

Cuando el arroyo se equivoca y trae agua de mar, se escuchan cantos de ballenas.
Cantos remotos, angustiosos.
Los humildes serranos, persignándose agradecidos, carnean los ballenatos que están, como flores gigantes, varados sobre los espinillos.

Traduction temporaire :

Banquet

Quand le ruisseau se trompe et charrie de l'eau de mer, on entend des chants de baleines.
Des chants lointains, angoissants.
Reconnaissants et en se signant, les humbles montagnards équarrissent les baleineaux, qui, telles des fleurs géantes, sont échoués sur les mimosas.

Projet Justine / Elena – texte 120

Lluvia inaugural

En esta primera noche aquí, donde me siento tan extraña, agradecería al azar la serenidad que me infunde el olor a tierra mojada; sin embargo, mis nuevos vecinos, incitándome a salir de la tumba me intranquilizan.

Traduction temporaire :

Pluie inaugurale  Lors de cette première nuit ici, où je me sens tellement étrangère, je remercierais au hasard la sérénité qu'insuffle en moi l'odeur de la terre mouillée ; toutefois, en m'incitant à sortir de ma tombe, mes nouveaux voisins m'inquiètent.

lundi 28 août 2017

Projet Basta ! Héloïse – texte 3

MILAGROS SOCORRO

ARTÍCULO PARA CABALLEROS

A mi padre le encantaba andar conmigo, pero lo disimulaba frente a sus amigos. En parte porque yo tenía 6 años y en parte porque sus amigos eran ganaderos, hombres curtidos en potreros e incendios forestales.
Mi padre me invitaba a acompañarlo a su finca y hacíamos el trayecto coreando las canciones de la Billo’s que ponían en la radio. Éramos dos tenores que en sus ratos libres hacían faena de campo.
Un día, un primo de mi padre que venía en dirección contraria hizo señas para que redujéramos la velocidad. Su esposa acababa de dar a luz.
–Una carajita –anunció.
Y entonces mi padre, para dárselas de gracioso o de macho, que casi siempre es lo mismo, añadió: «artículo para caballeros». Desvié la mirada para ocultar mi humillación. Mi padre retomó el camino a casa, que hicimos en silencio. Cada cierto tiempo me veía de reojo.
Cuando se me disipó el ardor de la cara comprendí que él no pensaba eso de mí.
Se sentía obligado a hacer esas cosas, que lo dejaban abrumado. 

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

jeudi 24 août 2017

Projet Basta ! Morgane – texte 3

SUSAN URICH

Vi una mujer
parir de pie
en los pasillos de un hospital contaminado

el bebé cayó como un pequeño
saco de naranjas
y lloró la violencia toda

lloró como si todos los coñazos del mundo
salieran de su pequeña boca recién nacida
Una mosca se paró en el hombro de la madre

al verla recordó
las horas de tristísima negrura
recordó el rostro de su marido
partiendo una costilla el sexo lacara
con el puño

vio al pequeño saco de naranjas en el piso que poco a poco
se perfilaba como un bebé la belleza es una vaina macabra (y no existe cuando una mujer se calla)


Traduction temporaire :

SUSAN URICH

Je vis une femme
accoucher debout
dans les couloirs d'un hôpital contaminé

le bébé tomba comme un petit
sac d'oranges
et la violence de la chute le fit pleurer

il pleura comme si tous les emmerdeurs du monde
sortaient de sa petite bouche de nouveau-né
Une mouche se posa sur l'épaule de la mère

en la voyant elle se rappela
les heures d'extrême noirceur
elle se rappela le visage de son mari
cassant une côte le sexe le visage
avec le poing

par terre elle vit le petit sac d'oranges qui petit à petit
prenait la forme d'un bébé la beauté est un fourreau macabre (et elle n'existe pas quand une femme se tait)

Projet Rachel / Sébastien – phrases 178-193

―Bueno, déjalo. Creo que ahora mismo estoy demasiado espeso. Hasta mañana, Samuel.
―Hasta mañana, Danny.
Acabo de recoger la taza mientras escucho sus pasos yendo a la habitación. El interruptor de la luz que se enciende. La puerta que se cierra. El sonido del colchón al acostarse.
Apago la luz de la cocina y me siento en la silla. Proceso la conversación antes de entrar en letargo. Las preguntas de Danny. Sus reacciones. Y aprendo de ello. De su curiosidad. De su incomodidad. De su conformidad.

Traduction temporaire :

― Bon, laisse tomber. Je suis trop dans le coaltar, je crois. À demain, Samuel.
― À demain, Danny.
Je viens de ramasser sa tasse et je l'entends aller à sa chambre. L'interrupteur de la lumière qui s'allume. La porte qui se ferme. Le bruit du matelas quand il s'allonge.
J'éteins la lumière de la cuisine et je m'assieds sur la chaise. J'analyse la conversation avant de me mettre en veille. Les questions de Danny. Ses réactions. Et j'en tire des leçons. De sa curiosité. De sa gêne. De sa résignation.

mercredi 23 août 2017

Projet Elsa / Sabrina – phrases 17-21

Con eso basta, me dijo ahíta, cuando pasadas las horas empezó a clarear el día. Luego se dispuso a regresar a su tierra ignota, pero yo la encerré con llave en el armario, sin hacer caso de sus gritos ahogados y sus lamentos. Me convertiré en polvo, lo queramos o no, gritaba entre sollozos.  Dejé pasar el día completo, hasta que el armario quedó en silencio otra vez. Mientras, me ocupé de desmontar el altar con cierta ceremonia. 

Traduction en cours d'élaboration dans les commentaires

Projet Basta ! Nieves – texte 10

GEORGINA UZCÁTEGUI G.

La violencia en toda su saña e incomprensión puede hacerse patente con una imagen; hace pocos días leía en la prensa local un crimen pasional, como a los periodistas de crónica roja gusta llamarlos, vivo en una ciudad pequeña, las noticias pueden convertirse en la manera de captar que estamos en un espacio limitado en muchos sentidos.
La foto era demoledora, una mujer joven, en ropa interior diminuta, en su cama, estaba rodeada de una aureola carmesí, había sido apuñalada, apenas podía verse su cara, a su lado el exesposo, su victimario, colgando de una viga, ya cubierto con una sábana, había terminado con todo, con ella y con lo que quedaba de sí mismo.
Parecían ambos maniquíes de una puesta en escena fallida, no pude sino pensar cómo, luego de un último encuentro, se convertían en una cifra más, una reseña mortuoria sin destinatarios. 

Traduction temporaire :

GEORGINA UZCÁTEGUI G.

La violence, dans toute sa rage et incompréhension, peut se manifester par le biais d'une image ; il y a quelques jours à peine, je lisais dans les journaux locaux un article sur un crime passionnel, pour reprendre le terme que les journalistes aiment tant, je vis dans une petite ville, les nouvelles peuvent devenir le biais par lequel se rendre compte que nous sommes dans un espace limité à de nombreux égards.
La photo était bouleversante, une femme jeune, en tout petits sous-vêtements, sur son lit, entourée d’une aréole rouge, elle avait été poignardée, à peine pouvait-on voir son visage ; à côté d’elle, il y avait son ex-époux, pendu à une poutre et déjà couvert d’un drap ; c'était son bourreau et il avait mis un point final à tout, elle et ce qu’il restait de lui-même.
Ils avaient tous les deux l’air de mannequins dans une mise en scène ratée ; je ne pus m’empêcher de penser comment, après une ultime rencontre, ils devenaient un numéro parmi tant d’autres. Ils avaient tous les deux l’air de mannequins dans une mise en scène ratée ; je ne pus m’empêcher de penser comment, après une ultime rencontre, ils devenaient un numéro parmi tant d’autres, une notice nécrologique sans destinataires.

Projet Basta ! Rachel – texte 5

KEILA VALL DE LA VILLE

CARACOL

En ese viaje amenazaste con ahorcarme
según dijiste por mi culpa
por mentir.
De aquel bosque nació
roca caracol
laberinto subterráneo.

Dedos pulgares en mi cuello
manos multifacéticas, siempre fuertes, siempre
hábiles, hunden
mi garganta. La manzana desaparece.

Será el inicio del final, supongo
mientras miro tu figura deforme
proyectada en la pared (teatro para el horror).
Final inesperado, me digo.
Túnel de sombra
pecho vacío.

De ese viaje una tráquea mellada
el peso antiguo de un cuerpo
que no pedí (que no mentí, dije).
El regalo de orfandad
el telón oscuro
que me faltaba por morir.

Al día siguiente el desayuno estragado
la resaca
callar como única lengua.
En ciertos lugares
gritar es adorno inútil
un búho perdido en lo oscuro.

Traduction temporaire :

KEILA VALL DE LA VILLE

Escargot

Durant ce voyage, tu as menacé de m'étrangler
selon toi, par ma faute
parce que j'avais menti.
De cette forêt naquit
pierre escargot
labyrinthe souterrain.

Pouces autour de mon cou
mains aux multiples facettes, toujours puissantes, toujours
habiles, enfoncent
ma gorge. La pomme disparaît.

Sans doute le début de la fin, supposé-je
tandis que je contemple ta silhouette difforme
projetée sur le mur (théâtre de l'horreur).
Fin inattendue, me dis-je.
Tunnel d'ombre
poitrine vide.

De ce voyage, une trachée écrasée
le poids ancien d'un corps
que je n'ai pas demandé (je n'ai pas menti, ai-je dit). Le cadeau d'être orpheline
le rideau foncé
qu'il me manquait pour mourir.

Le lendemain, le petit-déjeuner ravagé
la gueule de bois
se taire comme unique langue.
Dans certains lieux
crier est un ornement inutile
un hibou perdu dans le noir. 

Projet Basta ! Sonita – texte 6

YOYIANA AHUMADA

SECA

El estruendo del cuerpo hecho miseria arrojado a la madruga- da fue venganza macerada. Seca, sonaba por dentro. De un portazo se hizo a la calle y en cada paso del miedo invocó su muerte. Fugitiva, su rabia, no volvería a saber de su mandíbula rota.

Traduction temporaire :

Yoyiana Ahumada

Sèche

Le fracas du corps outragé, jeté à l’aube, a été une vengeance macérée. Sèche, elle résonnait de l’intérieur.  Elle est sortie dans la rue en claquant la porte et, à chaque fois que la peur avançait d'un pas, elle a invoqué sa mort. Sa rage, fugitive, ne saurait plus rien de sa mâchoire cassée.

mardi 22 août 2017

Projet Basta ! Danny – texte 3

VIOLETA ROJO


DOS PELÍCULAS


Festival de Cine en La Habana. Más de cien personas esperan- do entrar. Una pareja a mi lado discute. Él está frenético, ella aburrida. Él grita, ella le dice con indiferencia que se tranqui- lice. Él sigue bramando que ella no cuida nada, que maneja mal, que cayó en un hueco con el carro y ni siquiera se discul- pó. Exasperado por su propia ira, él le da un bofetón. En ese momento dan sala y entran juntos a ver la película. Nadie los mira sino yo. Nadie percibe nada, como si no hubiera pasado. Años después en la Plaza San Marcos, una pareja discute en una lengua incomprensible. Gritan y gritan. Miles de perso- nas los rodean y nadie parece percatarse, solo yo, voyeur impenitente. Él se va alterando cada vez más hasta que le da una bofetada. El sonido del golpe reverbera, pero nadie pare- ce notarlo. Ni siquiera las palomas levantan vuelo.

Traduction temporaire :

VIOLETA ROJO

DEUX FILMS

Festival du cinéma à La Havane. Plus de cent personnes attendant d’entrer. Un couple à côté de moi se dispute. Lui, il est déchaîné et elle, semble lasse. Il crie et elle lui dit avec indifférence de se calmer. Il continue de brailler qu'elle ne fait attention à rien, qu’elle conduit mal, qu'elle est tombée dans un fossé avec la voiture et ne s’est même pas excusée. Exaspéré par sa propre colère, il lui flanque une gifle. À ce moment-là, on ouvre la salle et ils entrent ensemble pour voir le film. Je suis le seul à les regarder. Personne ne s'aperçoit de rien, c'est comme s'il ne s'était rien passé. Des années après, sur la Plaza San Marcos, un couple se dispute dans une langue incompréhensible. Ils crient, encore et encore. Des milliers de gens les entourent, mais je suis le seul à les remarquer, moi, voyeur invétéré. Il s'échauffe de plus en plus, jusqu'à lui mettre une baffe. Le son du coup résonne, mais nul ne semble s'en rendre compte. Même les pigeons ne prennent pas leur envol.

samedi 19 août 2017

Projet Basta ! Nieves – texte 9

MARÍA GABRIELA ROSAS

PLEGARIA

Llévate la casa lejos, lejos de la casa que sueño, la que quiero con las puertas y ventanas bien abiertas, con la paz de los árbo- les y los pájaros, con una buena vista de la luna por las noches. Llévate la casa con sus cerraduras. Devuélveme la ropa que me gusta y el cuero cabelludo. Déjame ir. Ten piedad, esta única vez, y vive la vida que deseas, sus renco- res, su odio y su violencia, sin mí. Golpea fuerte tu cara contra el piso, maquilla la tristeza tanto como puedas, vive un poco de mi vida contigo por un día. Entérate de que el hombre en esta historia no es valiente, ni amable, ni bueno. Entiende, cobarde, las lágrimas y los gritos nunca fueron de placer, ni fueron tu- yos. Y deja antes de irte las tijeras, no quiero ver más sangre en ellas. No quiero que me falten las agallas.

Traduction temporaire :

MARÍA GABRIELA ROSAS

Prière

Emmène la maison loin de là, loin de la maison dont je rêve, celle que je veux, avec les portes et les fenêtres grandes ouvertes, avec la paix des arbres et des oiseaux,  et la nuit, avec une belle vue sur la lune.  Emmène la maison avec ses serrures. Rends-moi les vêtements que j’aime et mon cuir chevelu.  Laisse-moi partir. Aie pitié de moi, cette seule et unique fois, et vis la vie que tu désires, ses rancœurs, sa haine et sa violence, sans moi. Frappe fort ton visage contre le sol, maquille la tristesse autant que tu le pourras, vis un peu de ma vie avec toi pendant un jour. Apprends que dans cette histoire, l’homme n’est ni vaillant ni aimable ni bon. Comprends espèce de lâche : les larmes et les cris n’ont jamais été la marque du plaisir et ils ne t’ont pas appartenus. Et avant de partir, laisse les ciseaux, je ne veux plus voir de sang dessus. Je ne veux pas manquer de courage.