mardi 11 janvier 2011

La chanson du mardi, choisie par Perrine

Perrine m'a envoyé cette chanson, avec la précision suivante – que je ne manque évidemment pas de vous joindre : « […] bon, le décor et le présentateur font un peu tache, mais l'interprétation de Bebe est vraiment belle.

http://www.youtube.com/watch?v=8Sb19Pjdt70

Références culturelles, 700 : La bandera de la Segunda República Española

La bandera de la Segunda República Española
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Bandera_de_la_Segunda_Rep%C3%BAblica_Espa%C3%B1ola
http://es.wikipedia.org/wiki/Escudo_de_la_Segunda_Rep%C3%BAblica_Espa%C3%B1ola
http://es.wikipedia.org/wiki/Himno_de_Riego

À vos dicos…, 43

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : SUBSUMER

lundi 10 janvier 2011

Une référence bien utile

Pour convertir poids, mesures, distances…

http://www.heartandcoeur.com/convert/convertb.php

Et si on lisait un poème de García Lorca ?

En photo : Federico García Lorca
par crisfusterber

-Los dos lo han querido- me dijo su madre-. Los dos… .
-No es posible, Señora, dije yo. Usted tiene demasiado temperamento y a su edad ya se sabe por qué caen los alfileres del rocío.
-Calle Vd. Luciano, calle Vd… .
No, no, Luciano no.
-Para resistir este nombre, necesito contener el dolor de mis recuerdos. ¿Y usted cree que aquella pequeña dentadura y esa mano de niño que se han dejado olvidada dentro de la ola, me pueden consolar de esta tristeza?
-Los dos lo han querido- me dijo su prima-. Los dos.
Me puse a mirar el mar y lo comprendí todo.
¿Será posible que del pico de esa paloma cruelísima que tiene corazón de elefante salga la palidez lunar de aquel trasatlántico que se aleja?
-Recuerdo que tuve que hacer varias veces uso de mi cuchara para defenderme de los lobos. Yo no tengo culpa ninguna; usted lo sabe. ¡Dios mío! Estoy llorando.
-Los dos lo han querido – dije yo-. Los dos. Una manzana será siempre un amante, pero un amante no podrá ser jamás una manzana.
-Por eso se han muerto, por eso. Con 20 ríos y un solo invierno desgarrado.
-Fue muy sencillo. Se amaban por encima de todos los museos.
Mano derecha,
con mano izquierda.
Mano izquierda,
con mano derecha.
Pie derecho,
con pie derecho.
Pie izquierdo,
con nube.
Cabello,
con planta de pie.
Planta de pie,
con mejilla izquierda.
¡Oh mejilla izquierda! ¡Oh, noroeste de barquitos y hormigas de mercurio!… Dame el pañuelo Genoveva; voy a llorar … Voy a llorar hasta que de mis ojos salga una muchedumbre de siemprevivas… . Se acostaban.
No había otro espectáculo más tierno.
¿Me ha oído usted?
¡Se acostaban!
Muslo izquierdo,
con antebrazo izquierdo.
Ojos cerrados,
con uñas abiertas.
Cintura, con nuca,
y con playa.
Y las cuatro orejitas eran cuatro ángeles en la choza de la nieve. Se querían. Se amaban. A pesar de la Ley de la gravedad. La diferencia que existe entre una espina de rosa y una Star es sencillísima.
Cunado descubrieron esto, se fueron al campo. -Se amaban.
¡Dios mío! Se amaban ante los ojos de los químicos.
Espalda con tierra,
tierra, con anís.
Luna, con hombro dormido.
Y las cinturas se entrecruzaban con un rumor de vidrios.
Yo vi temblar sus mejillas cuando los profesores de la Universidad les traían miel y vinagre en una esponja diminuta. Muchas veces tenían que espantar a los perros que gemían por las yedras blanquísimas del lecho. Pero ellos se amaban.
Eran un hombre y una mujer,
o sea,
un hombre
y un pedacito de tierra,
un elefante
y un niño,
un niño y un junco.
Eran dos mancebos desmayados
y una pierna de níquel.
¡Eran los barqueros!
Sí.
Eran los terribles barqueros del Guadiana que machacan con sus remos todas las rosas del mundo.
El viejo marino escupió el tabaco de su boca y dio grandes voces para espantar a las gaviotas. Pero ya era demasiado tarde.
Cuando las mujeres enlutadas llegaron a casa del Gobernador éste comía tranquilamente almendras verdes y pescados fríos en un exquisito plato de oro. Era preferible no haber hablado con él.
En las Islas Azores.
Casi no pude llorar.
Yo puse dos telegramas, pero desgraciadamente ya era tarde.
Muy tarde.
Sólo sé deciros que dos niños que pasaban por la orilla del bosque, vieron una perdiz que echaba un hilito de sangre por el pico.
Esta es la causa, querido capitán, de mi extraña melancolía.

Rencontres à prévoir jusqu'en avril

Afin que vous vous organisiez au mieux pour le second semestre, je vous préviens tout de suite des dates qu'il vaut mieux que vous arrêtiez tout de suite – je saurai d'ici peu si elles sont ou non définitives – car vous aurez ces jours-là des conférences d'intervenants extérieurs (dans le cadre du cours sur les métiers du livre).

- vendredi 4 février, matin ou / et après-midi
- vendredi 1er avril, matin
- vendredi 8 avril, matin
- vendredi 15 avril

Par ailleurs, les cours se termineront la semaine du 11 avril… Les stages pouvant par conséquent commencer à partir du lundi 18.

Attention : changements pour les salles

Consultez le récapitulatif des séances de travail du second semestre figurant dans la colonne de droite du blog, car je viens d'y introduire un certain nombre de changements – ateliers d'écriture de Stéphanie Benson et Tanguy Viel.

Références culturelles, 699 : El monasterio de Poblet

El monasterio de Poblet
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Monasterio_de_Poblet

À vos dicos…, 42

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : THURIFÉRAIRE

dimanche 9 janvier 2011

Rendez-vous

N'oubliez pas la présentation de la traduction d'Aline Schulman du Buscón, prévue le 20 janvier à 18h00 – librairie Mollat. Une bonne occasion de la rencontrer (pour ceux qui n'ont pas la chance de travailler avec elle).

Pour plus d'infos :
http://www.mollat.com/rendez-vous/aline_schulman_traductrice_du_livre_de_francisco_de_quevedo-10986787.html

Références culturelles, 698 : El Real Jardín Botánico de Madrid

El Real Jardín Botánico de Madrid
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Real_Jard%C3%ADn_Bot%C3%A1nico_de_Madrid
http://www.rjb.csic.es/jardinbotanico/jardin/index.php?Cab=5&SubCab=27&len=es

À vos dicos…, 41

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : DIALOGIQUE

samedi 8 janvier 2011

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Olivier Marchand

En photo : Saut de grenouille
par Martin L.

Le lever à cinq heures, le visage gonflé de sommeil, le petit déjeuner avalé sans un mot, les dix kilomètres sur les routes défoncées dans la vieille AX. Je n'ai pas le choix : ce rituel hebdomadaire s'est imposé à moi. Cette randonnée sanguinaire dans le petit matin, cette chasse à l'animal innocent, ce retour aux racines les plus cruelles de l'être humain. Je voudrais prendre mes jambes à mon cou, mais le regard froid de mon père m'ordonne silencieusement de le suivre sans contester.
Le 13 mai, j'ai eu 16 ans. Je voulais des livres, j'ai eu un fusil. J'aurais voulu de l'innocence, une porte ouverte à l'imagination, une échappatoire ; j'ai eu le droit à une arme, un permis de chasse et l'abject droit de tuer.
La lumière du matin me semble lugubre, les gouttes de rosée ne sont que le prémisse des gouttes de sang qui seront versées. Je devrais être plongé dans les bras de Morphée, et je serai bientôt plongé dans les viscères encore fumantes d'un animal inutilement sacrifié.
Ce spectacle matutinale aurait pu être plaisant : l'aube naissante, la nature au réveil, les premières lueurs du soleil sur la forêt bretonne ; malheureusement, mon père est là. Les bruissements de pas d'animaux dans les frondaisons, le clapotis des sauts insouciants des grenouilles et le joyeux chant clair des oiseaux champêtres ne peuvent détourner mon regard de l'assassin qui marche quelques mètres devant moi. Mes yeux se fixent sur son attirail de boucher : ces bottes en caoutchouc vert, ce treillis militaire ridicule, ce fusil de chasse en bandoulière ; tout cet accoutrement provoque en moi une nausée que je ne peux contenir. Mon père a entendu la réaction physique engendrée par le dégoût qu'il m'inspire, il se retourne et m'observe avec un dédain et une supériorité qu'il ne prend pas même la peine de feindre. J'essuie ma main recouverte de bile jaunâtre et visqueuse dans les roseaux et poursuit mon chemin. Pourquoi ce désir de tout saccager, pourquoi cette volonté de démontrer sa médiocre supériorité, pourquoi ce besoin d'écraser l'autre ?
C'est alors que l'illumination vient libérer mon esprit embrumé. Mécaniquement, mes mains décrochent le fusil de mon épaule et le placent en position, mon corps se fige et mon œil se fixe sur ma proie aux sabots de caoutchouc. Un coup de feu retentit dans la lumière du petit matin et ma victime s'écroule dans les hautes herbes.

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Vanessa Canavesi

En photo : grenouille okavango
par USSOPHOTO

C'est arrivé brutalement. L'instant d'avant je n'y pensais pas encore, et l'instant d'après j'étais comme condamné à ressasser cela pendant des jours et des jours. Cela ne m'a plus quitté. C'est quelque chose qui a fait tilt dans ma tête, un souhait refoulé, peut-être depuis toujours, qui avait gonflé, boursouflé, jusqu'à la détonation. Elles m'ont demandé depuis quand l'idée germait, mais je n'ai jamais su leur répondre. Tu sais combien elles ont souffert de mon départ. J'espère seulement qu'elles comprendront, plus tard. Oui, je me souviens de chez moi... J'étais heureux, enfant, surtout lorsque les petites sœurs sont arrivées, l'une après l'autre. Mais c'est arrivé plus vite que personne n'aurait pu imaginer. Si un tourbillon de vent, une bourrasque avait pu m'emporter... Elle m'aurait mener jusqu'ici ; ce n'était pas très loin, en somme. Mon père racontait souvent l'histoire d'un homme qui avait traversé les océans à dos de tortue ; il s'était échoué sur un îlot merveilleux où des animaux, qui parlaient je crois, l'avaient accueilli. Je pense que j'ai toujours voulu être cet homme-là. Ma mère ne veut pas se rappeler ce conte ; pour elle ce sont des histoires à dormir debout. Lui, il voulait nous transmettre le goût du voyage, avec ces fables éternelles ; autant de bateaux volants, d'arbres qui grimpent vers le ciel, dans tant de forêts enchantées et lointaines. Sache que pour nous, c'était exotique ! En guise de forêt nous avions plutôt une jungle. Je crois que c'est là que sont nés mes espoirs d'aventures, des rêves irréalisables. Jamais je n'avais réellement osé y songer, vois-tu ? Cela a fait l'effet d'un cataclysme. Car mon père nous avait aussi enseigné la patience. Mais moi, à partir du jour où j'ai compris que c'était inéluctable, je n'ai presque plus su attendre. J'ai souhaité que les lois physiques n'existent plus, qu'il me soit permis de m'envoler, simplement porté par les courants d'air chaud de notre hémisphère. J'ai fini par me transformer en oiseau, dans tous mes songes, je venais vous rejoindre. Si j'avais pu me laisser aller à la dérive, sur les eaux turquoises, dans la barque de mon père, je vous aurais sans doute retrouvés. Je voulais partir loin ; là où ma mère me l'avait presque interdit : « le continent est loin, mon fils chéri, trop loin. Tu comprends, si je sais qu'il existe, c'est seulement parce qu'un jour quelqu'un me l'a raconté. Mais je ne l'ai jamais vu. Au fond, je ne suis même pas sûre qu'il existe. Alors toi, comme tu n'en es pas certain non plus, tu dois arrêter d'y penser. Il faut rester ici avec nous. » J'ai pensé aux oiseaux, encore. Ce n'est pas vrai qu'il est loin, le continent, maman. Les poissons savent sans doute que c'est juste à côté. Et pourtant ils ne le voient pas, tandis qu'ils nagent vers ses rives. Pourquoi on m'oblige à rester ici ? J'étais retenu en otage sur un petit bout de terre que je connaissais par cœur. Il ne fallait pas me parler de l'ailleurs, alors. Qui a bu boira, n'est-ce pas ? J'ai souhaité me transformer en une autre créature de Dieu ; j'ai écouté le coassement des grenouilles, sur leurs nénuphars. Au bord d'une mare qu'il y avait près de la maison, je pouvais rester des heures accroupi à les observer comme on assiste à un spectacle. J'aimais beaucoup leur danse, elles passaient d'une tache verte à l'autre, ou plutôt elles coassaient, elles criaient « j'arrive », et elles sautaient sur un autre nénuphar. Je me suis mis à imaginer que ces nénuphars étaient les morceaux de terre sur lesquels nous vivons. L'eau de la mare, c'était l'océan qui me séparait du reste du monde. Et elles, les petites grenouilles insignifiantes, elles s'employaient à rebondir de l'un à l'autre nonchalamment. J'ai souhaité me transformer en grenouille. Je l'ai annoncé à ma mère, le soir-même. « Tu ne peux pas te changer en grenouille, mon enfant, tu sais bien que les grenouilles ne sont pas heureuses. Elles ne peuvent pas sauter très loin. Toi au moins tu as des jambes, tu peux courir. » Je suis resté longtemps sur mon île après ça.

Proposition…

En photo : Old super 8 video camera's
par B Uncie

J'aimerais bien mettre un peu de vidéo sur le blog… Je ne sais pas si ça peut être long, mais je vais me renseigner. L'idée, ce serait de commencer par vous interviewer pour que vous parliez de la formation, à votre manière. Il ne s'agirait pas de faire l'apologie de notre master (même s'il est incontestable que nous sommes les meilleurs, n'est-ce pas ?), mais de vous laisser la parole pour souligner un aspect qui vous semble intéressant ou important de savoir pour l'extérieur – pas forcément de futur candidats, d'ailleurs. Qu'en pensez-vous ? Qui est partant ? Je sais que c'est un peu inquiétant et que certains vont s'inquiéter de leur brushing pendant des heures (n'est-ce pas Olivier ?), mais ça peut être une bonne idée… Après, ça pourrait être de mini-interviews, des présentations de textes, des exposés, etc.

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Perrine Huet

En photo : Grenouille verte
par GaleriePeche

Il avait toujours été peu loquace, discret, effacé, disposé à dissimuler toute trace d’émotion, que ce soit dans sa voix ou sur son visage. Depuis qu’il était tout petit, il ne se faisait pas aisément des amis, mais lorsqu’il mettait la main sur une perle rare, il ne la lâchait pas de sitôt.
Lorsque son père était mort d’un infarctus il y a cinq ans, il s’était renfermé dans son mutisme. Il avait à peine réussit à murmurer un « je t’aime » à sa mère et sa petite sœur, le jour du drame, puis plus un mot. Régulièrement, il se remémorait cet instant tragique, lorsqu’il était rentré de l’université et avait découvert sa sœur assise sur le canapé du salon, les yeux gonflés et rougis, un mouchoir à la main, se rongeant les cuticules ; sa mère accrochée au téléphone, le teint blafard, parlant à voix basse. Il avait interrogé sa petite protégée, « c’est papi ? », et avait été pris de cours lorsqu’elle lui avait répondu, la gorge nouée, « non, c’est papa ». Ensuite, tout était allé très vite. Sa mère lui avait expliqué que son père se trouvait à l’hôpital, qu’il avait fait un arrêt cardiaque, et qu’on était en train d’essayer de le ranimer. Mais, surtout, qu’il ne fallait pas trop espérer, car s’il survivait, il ne serait désormais plus qu’un légume, son cerveau ayant été privé d’oxygène trop longtemps. Il cherchait ses mots, essayait de rassurer sa sœur, de se rassurer lui-même, et n’avait pas suivi le conseil de sa mère : il gardait espoir, un espoir tenace, vif, démesuré, insensé… Puis la sonnerie avait retenti, sa mère avait décroché le combiné, tremblante comme une feuille, avait écouté ce qu’on lui disait à l’autre bout du fil, murmurait des paroles presque inaudibles, tournait autour du pot…Puis il avait soudain entendu le mot « morgue », et tout était devenu trouble.
Il avait poursuivi ses études sans broncher, il était plutôt doué pour ça. Il ne parlait presque jamais de son géniteur, de temps en temps à sa meilleure amie, lorsque le poids était trop lourd à porter. Mais il n’aimait pas ouvrir la faille, déverser toutes ces larmes qui ne le soulageaient que pour quelques minutes. Cette façon de s’abandonner à l’autre, de dévoiler ses souffrances, de se mettre à nu face à un être qu’il aimait tant. Alors il faisait semblant et préférait se voiler la face. Ça aussi, il savait bien faire. Il disait à qui voulait bien l’entendre que tout allait bien, qu’il allait faire de grandes choses, qu’il avait plein de projets en tête, qu’il était prêt à assumer ce rôle d’étudiant qui n’en finit jamais. Il était même parti quelques mois à l’étranger, y avait fait des rencontres extraordinaires, en l’occurrence celle d’un italien avec qui il correspondait régulièrement depuis son retour en France. Mais il n’était pas heureux. Cette peine, trop difficile à supporter, ne voulait plus le quitter. Il ignorait comment faire son deuil, mais savait pertinemment qu’il était sur la mauvaise voie, que la solution ne se trouvait pas dans son silence ou son mensonge. Il avait eu une idée, simple et banale : écrire, déverser sur le papier toutes ses interrogations, ses doutes, retranscrire ses cauchemars qui venaient souvent le hanter. Et ça fonctionnait, du moins le chagrin s’envolait l’espace d’un instant, pour laisser place à la sérénité, à la légèreté, à la paix. Au cours de ces moments-là, il s’imaginait retomber en enfance, retourner au pays des rêves, lorsque sa famille était joyeuse. Il repensait aux contes que lui lisait sa mère avant de s’endormir, ces histoires de princes et de châteaux forts, à l’innocence dont jouissent les petits garçons face aux problèmes auxquels sont confrontés les adultes. Il désirait alors se transformer en personnage de livres ou de dessins animés, devenir cette grenouille laide et répugnante qui l’avait toujours fasciné. Oui, tout était si simple lorsqu’il s’identifiait à cet amphibien qui passait ses journées à bondir de nénuphars en nénuphars, attendant le baiser de sa bien-aimée. Puis il revenait à la réalité, se disait qu’il fallait bien évoluer, que ce n’était pas si mal d’être indépendant, et que les grenouilles, à part coasser et baver, n’avaient pas une grande utilité.
Voilà donc à quoi se résumait son existence : des hauts et des bas, des remises en question constantes, des choix cornéliens, des sauts d’humeurs, des angoisses nocturnes, des masques qu’il enfilait chaque matin au réveil. Mais, malgré tout, il savait qu’il s’en sortirait, il le sentait au fond de lui. Il percevait une petite voix qui lui disait : « Vas-y, fonce ! Même si tu ne sais pas où tu vas, vas-y la tête haute, comme cette grenouille ! ». Et alors, il souriait.

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Stéphanie Maze

En photo : grenouille
par askold.falkenberg

Qu'ils sont stupides ces humains !
Nous, on était là, peinards, comme d'habitude, on ne faisait de mal à personne, on prenait du bon temps près de notre rivière préférée. Faut dire qu'on n'a pas grand-chose à faire de nos journées. Je ne parle évidemment pas de l'hiver où dès qu'on passe sous la barre des 7°C – certains trouveront cette température encore élevée – on file se réfugier à la maison. La maison, c'est un bien grand mot, mais il nous faut bien introduire un peu de magie pour survivre dans cette jungle, ou soyons plus précis dans cette vase– j'imagine déjà vos regards outrés – mais, oui, c'est bien là qu'on élit domicile les mois de grand froid, c'est chaud et visqueux à souhait, rien de tel pour se revigorer ! Et en Mars, hop, on réapparaît, on se balade, on nageote dans les rivières, les femelles aguichent les mâles en déployant leur charme de naïade et les mâles séduisent les femelles en faisant étalage de leur voix de ténor. Autant vous dire que ça remue dans le coin pendant le printemps. Alors on vivote, comme ça, un coup dans l'eau, un coup on se réchauffe au soleil mais en général, y a toujours un gros bêta d'humain pour semer le trouble. Ben oui, car, figurez-vous que pour eux, c'est plutôt amusant la chasse aux grenouilles. Ça saute, c'est fuyant, ça leur donne du fil à retordre ! Ah, elle est palpitante la vie des humains, ça fait peur ! Qu'ils capturent une grenouille et qu'ils la séparent de sa tribu, ça, ça leur passe au-dessus hein ! Faut dire que c'est tellement rigolo de nous attraper pour ensuite nous faire faire des concours de saut... Oui, oui, je vous parle bien de l'espèce censée être la plus évoluée, c'est pas vraiment rassurant tout ça ! Parce que ces petits êtres postés sur leurs grandes jambes, ils n'en ont pas assez d'avoir mis une heure à courir après nous pour nous enfermer dans leurs grosses mains velues, alors avec leurs copains ils choisissent chacun leur grenouille et pis là, ils font des compétitions : ce sera à celle qui saute le plus haut ou à celle qui saute le plus loin. Comme si on avait eu besoin d'eux pour faire ça, comme si on n'avait pas été jeunes et fougueuses. D'ailleurs on ne peut pas dire qu'ils soient très malins les hommes – enfin les hommes, les femmes aussi, car elles ont beau s'escrimer à répéter qu'elle sont plus sensibles qu'eux les femmes, et ben c'est du pipeau, les hommes et les femmes, c'est du même acajou, c'est comme ça qu'ils disent les humains, enfin je crois hein – car au lieu de bien choisir leur grenouille dès le départ, et de s'emparer des plus vives, des plus jeunes, hé bien non, ils prennent les plus grosses, celles qui ont le moins de réflexes, les plus faciles à attraper en somme.
Ah, je vous jure ces humains !

À propos de l'atelier de traduction collective du 13 janvier

Je me rends compte qu'on m'a désignée pour faire passer des oraux ce jour-là… et il me faut donc annuler notre séance de travail (je sens que Stéphanie va râler).

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Auréba Sadouni

En photo : grenouille
par Olivier Bonnenfant

En allant chercher le courrier, Madame Bianco fut fort surprise lorsqu’elle trouva une enveloppe sur laquelle il n’y avait rien d’écrit. Elle hésita un long moment avant de l’ouvrir, car elle avait entendu en écoutant indiscrètement une conversation dans la rue qu’il y avait des personnes malintentionnées qui envoyaient des enveloppes anonymes avec de la poudre à l’intérieur, et qu’il ne fallait surtout pas les ouvrir, parce que cette poudre pouvait être mortelle. Bien évidemment, Madame Bianco était bien trop curieuse pour rester ignorante du mystérieux contenu. En dépliant la feuille qui était à l’intérieur, elle découvrit un texte écrit à la main, sans signature ni destinataire, qui disait ceci :
« Avec mes yeux de petite fille, je regardais ta frimousse et t’écoutais. Tu parlais beaucoup, mais surtout, tu m’entrainais avec toi. Tu étais le leader de la petite bande que nous formions à deux. Un jour, tu m’as conduite vers un bassin en pierre situé en face de chez toi, et tu m’as invitée à regarder avec de grands yeux émerveillés un microcosme divisé en une multitude de petits êtres noirs frétillants et dansants. Cette après-midi-là, je découvrais ce qu’était un têtard. Tout comme le fait le temps maintenant que nous sommes adultes et avons cessé tous ces jeux, ils nous filaient entre les doigts. Accompagnés par la fluide sonorité d’un jet d’eau fraîche, nos bras dessinaient dans l’air la trajectoire que nous leur imposions, du bassin à la bassine, et de la bassine à l’autre bassin, où une population tout à fait semblable s’agitait et tournait en rond. Quelques années plus tard, devant mon assiette de cuisses de grenouille, je me suis remémoré cet instant surprenant où, comme surgi de nulle part, l’un des parents de tous ces petits têtards que j’imaginais orphelins, était apparu devant mon nez. Un bond furtif, puis une pause sur la mousse verte du rebord. J’étais fascinée par cette rencontre inédite, par ce corps agile, cette peau verte, ces pieds palmés, ces pattes fines et musclées, ce ventre rebondi et ce regard périphérique qui semblait manifester de la méfiance à notre égard, une méfiance qu’aurait dû avoir envers toi ton employeur il y a quelques années, quand tu as fait sauter la grenouille. Ça a été le commencement de ta carrière d’escroc. Au fur et à mesure que le temps passait, tu t’es mis à grenouiller de plus en plus. Ce que tu es devenu m’attriste. J’aimerais tellement te faire sortir des eaux troubles dans lesquelles tu nages ! Si seulement ce que racontent les contes était vrai ! Si seulement il suffisait d’un baiser pour que tu redeviennes celui que j’ai toujours aimé en secret ! »
Lorsque Monsieur Bianco rentra, il fut accueilli par une femme en furie qui le soumit à un interrogatoire surprenant et effrayant. Il ne comprit rien à cette histoire de grenouille, raison pour laquelle il traita sa femme de folle, et raison pour laquelle l’orage éclata entre eux deux. Voilà qui est bien malheureux, tout de même ! À cause d’une petite erreur, d’une lettre glissée dans la mauvaise fente – erreur qui a sûrement son origine dans la peur de se faire surprendre –, un couple de plus s’est déchiré dans la soi-disant paisible résidence des Tilleuls. Eh oui ! Il faut se méfier des lettres anonymes ! Certaines ne sont peut-être pas mortelles, mais elles peuvent être la cause de bien des dégâts !

Le jeudi 20 janvier…

… Nous aurons la visite de Laëtitia Sworzil, de la promo Aline Schulman. Elle ne vous parlera pas de son affreuse expérience de prof stagiaire à Verdun (quoi que, ce serait amusant), mais de son année de formation dans notre chère salle H 118. Elle aura certainement encore bien des choses à vous apprendre sur le stage (je sais que le sien s'est très bien passé) et la traduction longue. Préparez vos questions pour que ce soit pleinement utile.
Et je pense qu'on ne peut décidemment pas le recevoir sans un goûter qui se respecte. Alexis ? Perrine ?

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Alexis Poraszka

Dessin : Alexis Poraszka

La grenouille et le bénitier

Je vais vous raconter une histoire, ni drôle ni triste, ni fantastique ni merveilleuse ; une histoire, tout simplement. Peut-être vous fera-t-elle réfléchir aux aléas de la vie, peut-être pas. D’ailleurs, je préfère vous informer dès maintenant, je n’ai aucune intention spécifique, aucune prétention particulière. Il ne s’agit que de discours, rien de plus, je vous raconte une histoire, point. Je dois bien l’avouer, j’appréhende tout de même votre réaction quand vous en connaîtrez la chute. Peut-être me détesterez-vous, sûrement même ! Il est évident que je passerai à vos yeux pour un être dénué de toute sensibilité, ce à quoi je répondrai, pour ma défense, qu’à l’époque, je n’avais aucune connaissance des éléments dont je vais vous faire part. J’aimerais également préciser que je n’étais pas seul et que je ne puis donc être accusé d’une manière aussi catégorique. Bref, je vois que vous vous impatientez ; les nerfs rouges dans vos yeux s’étendent aussi rapidement que le pétrole de l’Erika sur les côtes bretonnes, et votre visage se raidit comme quand vous entendez Johnny Hallyday à la radio. Soit, je n’insiste pas davantage et commence donc mon récit.

Tout a commencé dans un petit village du Doubs. Certaines personnes moqueuses –dont je tairai évidemment le nom– vous diront que c’est une obscure contrée française. Pas du tout, pas plus obscure qu’ailleurs ! Mais ne nous éloignons pas ce qui nous intéresse aujourd’hui. Continuons, voulez-vous. Donc, tout a commencé dans un petit village du Doubs, la nature était chatoyante et envahissait collines et montagnes, champs et forêts. Les rumeurs de la ville n’avaient pas droit de cité, le calme était de mise, le parfum de la résine de sapin, des vertes prairies fleuries, des pommiers en fleurs se diffusaient dans l’air et pénétraient au plus profond de votre être à vous en dérober le cœur. Entendons-nous bien, je plante le décor. Toujours est-il que c’est dans cet environnement naturel que s’est produit ce qui suit. Près d’une petite marre, vivait une communauté de grenouilles. Elles étaient fort bien installées et jouissaient de chaque instant que leur offrait Mère Nature. Parmi elles était une grenouille nommée Aglaé, une jeune batracienne, jolie de sa personne, célibataire de son état. Elle aimait gober les mouches, jouer au cricket, retrouver ses copines au bar de l’Amphibian Pub et plonger dans la marre sous le regard ébahi de ses congénères masculins à la vue de sa splendide silhouette verdâtre.

Un jour qu’elle se baladait, elle s’arrêta devant la porte entre-ouverte de l’église. Piquée par sa nature curieuse, elle entra dans le monument en prenant soin de longer les murs. Son attention fut tout de suite attirée par le bénitier, tout de pierre taillé. Elle ne put contrôler son envie de découvrir ce qui se passait là et, surtout, succomber à la tentation de faire un plongeon dans l’eau bénite.
Malheureusement, elle fut découverte par Eglantine Michaux, une petite septuagénaire acariâtre qui tenta, sans plus attendre, de la faire fuir avec force et énergie, du moins autant que sa frêle silhouette et sa petite taille le lui permettaient. Peut-être la mamie craignait-elle que se reproduise la deuxième plaie d’Egypte, qu’un homme de foi n’apparaisse dans le paysage rural, étende sa main avec son bâton sur les fleuves, les canaux et les marais, et fasse monter les grenouilles sur la terre du Doubs (Exode, 8,1). Cependant, Aglaé ne pouvait se résoudre à rester sur un échec. Voilà pourquoi, chaque jour, elle se rendait discrètement à l’église pour tenter d’atteindre son objectif, de surmonter l’obstacle de la hauteur. Elle sentait que chaque jour elle gagnait quelques centimètres et que, très vite, elle arriverait, d’un bond, à se percher sur le rebord du bénitier. Mais chaque jour elle trouvait mémé Michaux, tapie derrière les colonnes de l’église, étrangement vêtue d’un petit gilet gris et d’un pantalon en treillis. Faire fuir la grenouille, l’esprit impur, c’était SON combat, SA bataille. Je parle d’esprit impur car, pour y mettre autant de zèle, d’ardeur et d’énergie, la mamie devait prendre au pied de la lettre le passage de la Bible qui disait : « Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles » (Apocalypse, 16, 13). Une fois, alors qu’elle poursuivait l’amphibien dans le déambulatoire de l’église, la Michaux eut une crise cardiaque. Elle s’effondra sur le sol dallé et ne se releva plus. Aglaé profita de l’accalmie pour se cacher sous l’autel.
Vous l’ignoriez, n’est-ce pas ? Mais c’est bien dans ces circonstances qu’a disparu Eglantine Michaux. En fait, au village tout le monde avait cru qu’elle avait eu une crise cardiaque en surprenant son époux Edouard au lit avec Zarma Pichard. Le pauvre Edouard a souffert de cette rumeur. Bref, là n’est pas la question. Une fois la mamie disparue, Aglaé avait finalement le champ libre pour s’adonner à son exercice préféré. C’est alors qu’un matin, après des semaines d’efforts intensifs et d’essais plus ou moins probants, Aglaé put sourire, triomphante, sereine et fière, sur le bénitier. Ce jour-là deux bonds lui furent nécessaires pour venir à bout de ses peines. Ce qu’elle découvrit là-haut dépassait de loin ses hypothèses les plus folles. Elle resta interdite, stupéfaite et émue par tant de beauté. Je vois à votre expression que vous n’êtes pas convaincu par cette histoire. N’allez pas croire que c’est son simple reflet qui la mettait dans tous ces états, non. C’était autre chose. Où en étais-je ? Ah, oui, elle resta donc émue par tant de beauté. Elle observa avec patience et admiration se profiler à ses côtés le reflet d’un jeune homme, coloré, lumineux, attendrissant. Il paraissait à la fois si près et si éloigné. Ses traits restaient flous, lointains. C’était une apparition. Finalement, elle était tellement subjuguée par la beauté de l’inconnu et surprise par son inattendue présence qu’elle se refusa à plonger dans l’eau bénite, de peur que l’image du prince ne disparût à jamais. Elle revenait tous les jours, à la même heure, pour se voir aux côtés de son amoureux. Elle n’avait d’yeux que pour lui, elle en oubliait ses amis et sa vie dans la communauté. Le temps passé était tellement précieux qu’elle ne désirait pas quitter son bénitier. Puis, un jour, son cœur fut brisé pour les siècles des siècles. Une imprudente mouche se mit à voler près d’Aglaé. Si vous saviez à quel point vous m’exaspérez à soupirer de la sorte dès que je prononce un mot. Cessez de m’interrompre ! Bon, je disais, une mouche s’approcha dangereusement d’Aglaé, qui n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. Il est évident que l’insecte, dont le bourdonnement ne faisait qu’augmenter l’appétit et l’instinct animal d’Aglaé, devait également être amoureux pour prendre autant de risques. Si Eglantine Michaux avait encore été de ce monde, il y a belle lurette qu’elle aurait poursuivi le monstre qui, lui aussi, faisait partie des dix plaies.
Cette petite mouche –nommée Oprah et résidant dans un nid sis quelques mètres plus haut –, voltigeait dans les airs, sereine comme une biche, avec une agilité déconcertante lorsque soudain un problème technique se produisit. En passant au dessus d’un cierge, un des réacteurs de l’appareil prit feu, le bolide perdit de l’altitude : « Oprah, à tour de contrôle, Oprah à tour de contrôle, nous perdons de l’altitude, je répète, nous perdons de l’altitude. Crash imminent ». Aglaé, perchée sur son bénitier comme une panthère sur une branche, regardait passivement, d’un œil étonné et amusé, la dégringolade de l’insecte. Quand elle s’aperçut qu’il s’apprêtait à faire un amerrissage d’urgence entre les deux yeux de son amant, elle fut prise d’une colère noire et bondit tout de go pour gober l’insecte avant qu’il ne vienne souiller le parfait reflet. Elle s’élança dans les airs, ouvrit son goitre et goba la mouche carbonisée, mais, malheureusement, elle ne bondit pas aussi bien qu’elle le voulut. Elle ne put rejoindre le rebord d’en face et tomba, comme un caillou dans une marre, dans l’eau du bénitier. Sa colère laissa très vite place à la déception quand elle s’aperçut que son prince, n’était autre que l’effet du soleil dans un vitrail qui se reflétait dans l’eau.
Se sentant stupide et humiliée, elle voulut fuir, loin, très loin, disparaître, se cacher. Elle sauta hors du bénitier et quitta les lieux, à la vitesse de l’éclair, pour s’enfuir dans la forêt. Mais, en bondissant sur le parvis de l’église, elle fut attrapée par un étrange bonhomme qui, aussitôt, la jeta dans un seau et l’emporta dans sa voiture.

Voilà comment, un dimanche matin dans un village du Doubs, j’ai mangé la grenouille Aglaé, juste grillée à la poêle, avec un peu de sel et un verre de Chardonnay.

Références culturelles, 697 : El Sinodal de Aguilafuente

El Sinodal de Aguilafuente
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Sinodal_de_Aguilafuente
http://www.sinodaldeaguilafuente.com/historia.html

À vos dicos…, 40

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : OFFERTOIRE

vendredi 7 janvier 2011

Références culturelles, 696 : Enrique Granados

Enrique Granados
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Enrique_Granados

À vos dicos…, 39

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : PATELIN

jeudi 6 janvier 2011

Exercice d'écriture : « Saut de grenouille », par Julie Sanchez

Le Saut de Grenouille était un petit restaurant situé dans la vieille ville de Dinan. Pour s’y rendre, il suffisait de remonter la rue du Pressoir et de s’arrêter devant la porte rouge en bois ouvragé. Il n’y avait aucun numéro sur le mur de pierre ; mais si on levait les yeux, on pouvait voir l’enseigne pendue à une barre de fer forgé. Elle était en bois et, à ce qu’on raconte, elle n’avait pas été changée depuis que le restaurant avait été ouvert. On pourrait dire depuis une éternité !
Sur l’enseigne, une grenouille était peinte. Elle était d’une couleur vert clair et portait une toque de cuisinier sur la tête et une cuillère en bois dans sa patte.
Les touristes étaient enchantés lorsqu’ils découvraient ce petit restaurant par hasard. Les fenêtres étaient toujours ornées de jolies fleurs et de lierre grimpant le long des vieilles pierres. Tout avait l’air minuscule et mystérieux comme s’il s’agissait d’une maison de poupée. Seuls les anglais évitaient d’y entrer. Le nom de « Saut de Grenouille » et l’enseigne plutôt comique leur faisaient penser aux cuisses dodues des batraciens, qu’ils abhorraient.
Mais au Saut de Grenouille, il n’était point question de servir de tels plats. Lorsqu’on y entrait, ça fleurait bon le beurre et le caramel. De grandes tablées en bois occupaient le centre de la salle et sur les côtés, on trouvait de petites tables pour les couples désireux de plus d’intimité. Un petit bar en bois sculpté était posé sur la gauche. Toute la maisonnée était éclairée grâce à des lampes à huile et des chandelles. Cela lui donnait un air encore plus chaleureux que ce qu’on pouvait imaginer en la voyant de l’extérieur.
On pouvait y manger à toute heure du jour ou de la nuit. On y trouvait de bons petits plats typiques de la région comme, par exemple, les galettes aux champignons et à la crème ou bien celles aux saucisses, le tout accompagné de lait ribot. Lorsque la pêche avait été bonne, le chef préparait les plus beaux plateaux de fruits de mer du coin. Et que dire des desserts de Nolwenn… Ses petits kouign-amanns encore tièdes surmontés d’une boule de glace à la vanille et ses crêpes au caramel au beurre salé faisaient saliver les plus gourmands. Au bar, Nolwenn proposait également toutes sortes de boissons délicieuses. Celles qui avaient le plus de succès étaient le cidre doux (fait maison !) et le chouchen.
Nolwenn se faisait souvent courtiser et pour cause. Avec ses longs cheveux roux bouclés et ses yeux verts, on aurait dit une fée. Son petit air mutin calmait immédiatement les clients un peu éméchés qui s’emportaient trop vite.
Au Saut de Grenouille, il y avait toujours de la musique, des gens avec lesquels discuter, chanter et danser. On partageait ses souvenirs, ses expériences. Les jeunes filles se laissaient séduire par les jeunes hommes en faignant l’indignation. Les vieux racontaient, à qui voulait les écouter, leurs légendes de marins.
Il y faisait bon vivre et parfois, on y trouvait même l’amour.
Je n’ajouterai qu’une chose… Si d’aventure vous passez à Dinan, arrêtez vous dans la rue du Pressoir. Laissez-vous guider par votre imagination. L’odorat et l’ouïe. Le beurre et l’accordéon. La vue. La porte rouge en bois et l’enseigne à la grenouille.
Un petit paradis sur terre. Qui malheureusement n’existe plus…

Un réseau d'entraide

À présent que nous en sommes à la troisième promotion et que les entretiens avec les apprenties traductrices de 2008-2009 / 2009-2010 ont donné les bons résultats que l'on sait…, je vous propose de créer une sorte de petite « association des anciens » (l'intitulé ne me plaît guère ; j'attends vos suggestions) via Facebook. Vous pourriez y échanger des informations utiles, par exemple les noms et adresses des maisons d'édition dans lesquelles vous avez effectué vos stages (avec, le cas échéant, votre avis sur la manière dont cela s'est passé et si, donc, ça vaut la peine de les solliciter de nouveau), par exemple encore les bons plans pour l'hébergement à Arles… par exemple, enfin, la recette du véritable et unique fondant au chocolat. Je m'occupe de cela et vous envoie une invitation pour devenir des amis tradabordiens sur Facebook.

Deux nouveaux entretiens à réaliser

Vu les intéressants résultats de notre pêche aux libraires (bravo Stéphanie !), je ne peux que vous encourager à rencontrer encore davantage de "gens du métiers". Vous trouverez donc dans le calendrier des travaux à réaliser deux autres entretiens à rapporter dans votre besace, avec un correcteur et avec un auteur traduit (un français traduit à l'étranger ou un étranger traduit en français).
Bonne chasse !

Références culturelles, 726 : Javier Sotomayor

http://fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Sotomayor

Références culturelles, 695 : La Niña de los Peines

La Niña de los Peines
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/La_Ni%C3%B1a_de_los_Peines

À vos dicos…, 38

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : PROLÉGOMÈNES

mercredi 5 janvier 2011

Références culturelles, 694 : El castillo de Coca

El castillo de Coca
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Castillo_de_Coca

À vos dicos…, 37

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : QUINTEUX

mardi 4 janvier 2011

La chanson du mardi, choisie par Julie

Y que tu quieres que te den de Adalberto Alvarez y su son

« Viaje a la patria chica de García Márquez », un article dans El País

http://www.elpais.com/articulo/cultura/Viaje/patria/chica/Garcia/Marquez/elpepuintlat/20101228elpepucul_1/Tes

Conférence de Céline Lion et Brice Chamouleau (éditions Dans l'Engrenage)

Elle aura finalement lieu le vendredi 8 avril, à partir de 14h00.

Report conférence

La conférence que devait donner Céline Lion le vendredi 28 janvier est reportée… La date n'est pas encore fixée. Je vous tiens au courant !

À vos dicos…, 36

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : ROGUE

Références culturelles, 693 : Camarón de la Isla

Camarón de la Isla
une idée d'Odile

http://es.wikipedia.org/wiki/Camar%C3%B3n_de_la_Isla

lundi 3 janvier 2011

Une saine lecture…

[J'ai pensé que quelqu'un pourrait s'essayer à le traduire… Voyez si vous avez un moment, mais il est certain que ce serait un beau travail à faire]

Medio pan y un libro.

Locución de Federico García Lorca al Pueblo de Fuente de Vaqueros (Granada). Septiembre 1931.

"Cuando alguien va al teatro, a un concierto o a una fiesta de cualquier índole que sea, si la fiesta es de su agrado, recuerda inmediatamente y lamenta que las personas que él quiere no se encuentren allí. ‘Lo que le gustaría esto a mi hermana, a mi padre’, piensa, y no goza ya del espectáculo sino a través de una leve melancolía. Ésta es la melancolía que yo siento, no por la gente de mi casa, que sería pequeño y ruin, sino por todas las criaturas que por falta de medios y por desgracia suya no gozan del supremo bien de la belleza que es vida y es bondad y es serenidad y es pasión.
Por eso no tengo nunca un libro, porque regalo cuantos compro, que son infinitos, y por eso estoy aquí honrado y contento de inaugurar esta biblioteca del pueblo, la primera seguramente en toda la provincia de Granada.
No sólo de pan vive el hombre. Yo, si tuviera hambre y estuviera desvalido en la calle no pediría un pan; sino que pediría medio pan y un libro. Y yo ataco desde aquí violentamente a los que solamente hablan de reivindicaciones económicas sin nombrar jamás las reivindicaciones culturales que es lo que los pueblos piden a gritos. Bien está que todos los hombres coman, pero que todos los hombres sepan. Que gocen todos los frutos del espíritu humano porque lo contrario es convertirlos en máquinas al servicio de Estado, es convertirlos en esclavos de una terrible organización social.
Yo tengo mucha más lástima de un hombre que quiere saber y no puede, que de un hambriento. Porque un hambriento puede calmar su hambre fácilmente con un pedazo de pan o con unas frutas, pero un hombre que tiene ansia de saber y no tiene medios, sufre una terrible agonía porque son libros, libros, muchos libros los que necesita y ¿dónde están esos libros?
¡Libros! ¡Libros! Hace aquí una palabra mágica que equivale a decir: ‘amor, amor’, y que debían los pueblos pedir como piden pan o como anhelan la lluvia para sus sementeras. Cuando el insigne escritor ruso Fedor Dostoyevsky, padre de la revolución rusa mucho más que Lenin, estaba prisionero en la Siberia, alejado del mundo, entre cuatro paredes y cercado por desoladas llanuras de nieve infinita; y pedía socorro en carta a su lejana familia, sólo decía: ‘¡Enviadme libros, libros, muchos libros para que mi alma no muera!’. Tenía frío y no pedía fuego, tenía terrible sed y no pedía agua: pedía libros, es decir, horizontes, es decir, escaleras para subir la cumbre del espíritu y del corazón. Porque la agonía física, biológica, natural, de un cuerpo por hambre, sed o frío, dura poco, muy poco, pero la agonía del alma insatisfecha dura toda la vida.
Ya ha dicho el gran Menéndez Pidal, uno de los sabios más verdaderos de Europa, que el lema de la República debe ser: ‘Cultura’. Cultura porque sólo a través de ella se pueden resolver los problemas en que hoy se debate el pueblo lleno de fe, pero falto de luz.

***

Alexis – que je remercie très sincèrement de s'être prêté au jeu – nous propose sa traduction :

Une moitié de pain et un livre.

Locution de Federico García Lorca au Peuple de Fuente de Vaqueros (Grenade). Septembre 1931

Quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête de quelque nature que ce soit, si la fête est à son goût, il se rappelle immédiatement et regrette que les personnes qu’il aime ne s’y trouvent pas. « Comme ça plairait à mon frère, à mon père », pense-t-il alors, et il ne profite plus du spectacle si ce n’est à travers une légère mélancolie. C’est cette mélancolie que je ressens, non pas pour les gens de ma maison, ce qui serait petit et minable, mais pour toutes les créatures qui par manque de moyens et par malheur ne jouissent du bien suprême de la beauté qui est vie, qui est bonté, qui est sérénité, qui est passion.
Voilà pourquoi je n’ai jamais de livre, car j’en offre autant que j’en achète, et ils sont infinis, et c’est la raison pour laquelle je suis ici honoré et heureux d’inaugurer cette bibliothèque municipale, certainement la première de toute la province de Grenade.
L’homme ne vit pas que de pain. Moi, si j’avais faim et me trouvait déshérité dans la rue, je ne demanderais pas du pain, mais plutôt une moitié de pain et un livre.
Et j’attaque depuis ici avec virulence ceux qui ne parlent que de revendications économiques sans ne jamais nommer les revendications culturelles qui sont ce que les peuples réclament à cor et à cri. Il est bien que tous les hommes mangent, mais il est mieux que tous les hommes sachent. Qu’ils jouissent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire, c’est les convertir en machines au service de l’Etat, c’est les convertir en esclaves d’une terrible organisation sociale.
J’ai beaucoup plus de peine pour un homme voulant savoir mais ne pouvant pas, que pour un affamé. Un affamé, lui, peut calmer sa faim facilement avec un morceau de pain ou quelques fruits, mais un homme avide de savoir mais n’en ayant pas les moyens souffre d’une terrible agonie car ce sont de livres, encore de livres, et toujours de livres dont il a besoin et où sont-ils ces livres ?
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à dire « Amour, Amour », et que devaient demander les peuples comme ils demandent du pain ou comme ils implorent la pluie pour leurs terres. Quand le remarquable écrivain russe Fedor Dostoïevski, père de la Révolution russe bien plus que ne l’est Lénine, était prisonnier en Sibérie, éloigné du monde, entre quatre murs et assiégé par de désolantes étendues de neige infinie, et qu’il demandait de l’aide dans une lettre à sa lointaine famille, il disait seulement : « Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid mais ne demandait pas de feu, il avait une soif terrible mais ne demandait pas d’eau : il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des escaliers pour gravir le sommet de l’esprit et du cœur. Car l’agonie physique, biologique, naturelle d’un corps par la faim, la soif ou le froid, dure peu de temps, très peu, alors que l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.
Le grand Menéndez Pidal, un savant parmi les plus véritables d’Europe, a dit que la devise de la République doit être : « Culture ». La culture car c’est seulement à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes face auxquels se bat aujourd’hui le peuple plein de foi, mais il lui manque la lumière.

Références culturelles, 692 : Ramón Castilla

http://es.wikipedia.org/wiki/Ram%C3%B3n_Castilla

À vos dicos…, 35

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : SULCIFORME

dimanche 2 janvier 2011

Résultats du sondage…

« Le lecteur d'une traduction est-il un lecteur différent de celui qui lit un texte dans sa langue originale ? »

Sur 37 votes exprimés, nous obtenons les résultats suivants :

Oui = 26 voix (70%)
Non = 11 voix (29%)

Je m'abstiens de tout commentaire… car je vous avoue ne plus très bien me souvenir de ce que j'avais en tête quand j'ai proposé cette question. Rétrospectivement, elle me semble peu claire. À mettre sur le compte des errances de 2010 !

Version pour le 15 janvier

Por la noche, Gonzalo llamó a Ramón.
—He estado pensando. Tengo una idea, un buen desafío para ti. Pero creo que es demasiado fuerte.
—Te escucho.
—Bueno, si no te atreves lo comprenderé. No es tan fácil como irse de un sitio sin pagar. Puede ser peligroso.
—¿Y qué es?
—Bah, nada, olvídalo. Nos veremos mañana en clase.
—Te conozco —dijo Ramón sonriendo—, sé que haces todo esto para intrigarme. Suéltalo de una vez.
—No, en serio, primero quiero pensarlo despacio, y después será mejor que lo hablemos entre los tres. No quiero pasarme y que te ocurra algo por mi culpa.
—Escucha —se impacientó Ramón—, estoy en pijama, descalzo, y se me están quedando los pies helados. Me has sacado de la cama y ahora no me vas a dejar intrigado sin saber qué es lo que se te ha ocurrido. Así que dilo de una vez. ¡Ahora!
—En serio, no sería un juego. Podría acabar mal. Es... bueno, te lo digo y luego lo olvidas, ¿de acuerdo? Es como una prueba de supervivencia. Un plazo no muy largo, pongamos tres días. Tienes que sobrevivir tres días por tus propios medios. No vale pedir ayuda a tus padres ni a nadie que conozcas. Tú solo, tres días y tres noches.
—¿Quieres que me vaya a la selva a pasar tres días como Tarzán? —ironizó Ramón—. No sé qué habrás cenado, pero te ha sentado mal.
—A la selva no. A una gran ciudad.
Con el teléfono en la mano, Ramón se paseaba por el pasillo para combatir el frío. Se detuvo ante el espejo del recibidor, que le devolvió la imagen de un chico despeinado con un aspecto corriente, ni demasiado alto ni muy bajo, ni guapo ni feo. No era un atleta ni un héroe, y lo del restaurante había sido la primera cosa excepcional que hacía en su vida.
Comprendió que su amigo hablaba en serio. Sintió como un escalofrío anticipado. Por supuesto que sería peligroso. Sería una locura.
—Tengo que colgar —dijo Gonzalo sin darle tiempo a responder.
Y así fue como empezó todo.

Manuel L. Alonso, Juego de adultos

Version pour le 1e janvier

Las horas pasaron, y el candil iba perdiendo el combustible que le quedaba. El frío iba calando en sus huesos, hasta el punto de que Fraimundo ya comenzaba a sentir escalofríos. El sonido del viento golpeando las contraventanas tampoco ayudaba en lo más mínimo a serenar sus ánimos. Otras referencias al diablo y a hechos sobrenaturales no le dieron ninguna pista del origen de la Rosa Negra ni de los hechos referentes a la Hermana Saura. Sin embargo, sí encontró una entrada en un texto, escrita a mano por lo que parecía la letra de un hombre, que hacía hincapié en un cubículo oculto tras una estantería. Más picado por la curiosidad que por poder descubrir algo, Fraimundo corrió lo más silenciosamente que pudo la estantería cargada de libros y dejó al descubierto un mapa antiguo de Xatafi de aspecto medieval. Tras él, un hueco en la pared ocultaba varios pergaminos y misivas de los monjes y hermanas del Cerro. Algunos libros compartían el oscuro espacio con ellos, ero la mayor sorpresa fue encontrar una carta de la hermana Saura enviada al prior de la orden. En ella decía que había descubierto una extraña rosa negra que, leyendo algunos textos antiguos, parecía estar relacionada con asesinatos y hechos misteriosos durante varios períodos a lo largo de la historia del Cerro de los Ángeles. Detrás de esta carta, unidas por un clip, había otra de respuesta del prior que decía que semejante muestra de temor sobrenatural y antirreligioso no debía repetirse, y la reprendía por dejarse llevar por miedos impuros. Por último, también dentro del paquete, había una segunda carta de la Hermana Saura. El texto que en ella había escrito le puso los pelos de punta. “He seguido investigando. A quien lea esto, espero que le sirva de justificación por lo que voy a hacer, aunque ahora mismo sólo espero poder librar a mis hermanas del fin que el destino les ha impuesto. No he podido encontrar referencias al Diablo en ninguno de los textos que he consultado, sólo a poderes que van más allá de lo humano, lo divino o lo demoníaco. La oscuridad misma parece haber puesto un pie aquí, y cada cierto tiempo, reclama el precio del peaje que todos pagamos en la vida. Creo que todos hemos perdido ya nuestra alma, y la única forma de que mis hermanas la recuperen es que yo entregue mi vida por ellas. La primera persona que la vio.

Francisco Agenjo, Biblioteca de los sueños

***

Julie nous propose sa traduction :

Les heures passaient, et, au fur et à mesure, la lampe à huile perdait le combustible qu’il lui restait. Le froid pénétrait petit à petit dans ses os, jusqu’à ce que Fraimundo commence à avoir des frissons. Le bruit du vent frappant contre les volets ne l’aidait pas non plus le moins du monde à calmer ses esprits. D’autres références au Diable et à des évènements surnaturels ne lui fournirent aucune piste sur l’origine de la Rose Noire ni sur les faits en rapport avec Sœur Saura. En revanche, il trouva une note dans un texte, rédigée à la main par ce qui avait l’air d’être l’écriture d’un homme, et qui mettait l’accent sur une chambre cachée derrière une étagère. Plus guidé par sa curiosité que par la possibilité de découvrir quelque chose, Fraimundo tira le plus silencieusement possible l’étagère chargée de livres et découvrit une vieille carte de Xatafi à l’aspect médiéval. Derrière, un trou dans le mur cachait plusieurs parchemins ainsi que des missives des moines et des sœurs du Cerro. Certains livres partageaient l’obscur espace avec eux, mais sa plus grande surprise fut de trouver une lettre de la sœur Saura envoyée au prieur de l’ordre. Elle y disait qu’elle avait découvert une étrange rose noire et que, après avoir lu quelques textes anciens, celle-ci semblait être liée à des assassinats et à des évènements mystérieux durant de nombreuses années tout au long de l’histoire du Cerro de los Ángeles. Derrière cette lettre, attachée avec un trombone, il y en avait une autre : une réponse du prieur qui disait qu’une telle démonstration de crainte surnaturelle et blasphématoire ne devait pas se reproduire, et il lui reprochait de se laisser mener par des frayeurs impures. Enfin, dans le paquet, il y avait également une seconde lettre de Sœur Saura. Le texte qu’elle y avait écrit lui fit se dresser les cheveux sur la tête. « J’ai poursuivi mes recherches. À celui qui lira ces mots, j’espère que ceci justifiera ce que je vais faire, bien que, en ce moment même, j’espère seulement pouvoir libérer mes sœurs de la fin que le destin leur a imposé. Je n’ai pas pu trouver de références au Diable dans aucun des textes que j’ai consultés, mais uniquement à des pouvoirs qui vont au-delà de l’humain, du divin ou du démoniaque. L’obscurité elle-même a l’air d’avoir mis un pied ici, et régulièrement, elle réclame le prix du péage que nous payons tous dans notre vie. Je crois que nous avons déjà tous perdu notre âme, et le seul moyen que mes sœurs ont de la récupérer est que je donne ma vie pour elle. La première personne qui l’a vue.

***

Perrine nous propose sa traduction :

Les heures défilèrent, et la lampe à huile perdait peu à peu le combustible qui lui restait. Le froid transperçait lentement ses os, à tel point que Fraimundo commençait déjà à être parcouru de frissons. Le murmure du vent fouettant les contre-fenêtres, lui non plus, n’aidait pas le moins du monde à apaiser ses esprits. D’autres références au diable et à des phénomènes surnaturels ne lui donnèrent aucune piste sur l’origine de la Rose Noire ni sur les événements concernant la Sœur Saura. Cependant, il trouva malgré tout un passage dans un texte écrit à la main, qui semblait refléter la plume d’un homme, conservé avec précaution dans un petit cagibi dissimulé derrière une étagère. Plus piqué par la curiosité que par le pouvoir de mettre la main sur quelque chose, Fraimundo parcourut le plus silencieusement possible qu’il pût l’étagère chargée de livres et y décela une carte ancienne de Xatafi à l’aspect médiéval. Derrière elle, un trou dans le mur occultait plusieurs parchemins et missives des moines et des sœurs de la Colline. Quelques recueils partageaient le sombre espace avec eux, mais la plus grande surprise fut de tomber sur une lettre de la sœur Saura envoyée au prélat de l’ordre. Elle y écrivait qu’elle avait découvert une étrange rose noire qui, en lisant plusieurs textes antiques, paraissait être liée à des assassinats et à des faits mystérieux ayant eu lieu pendant plusieurs périodes au cours de l’histoire de la Colline de Los Angeles. Au dos de cette lettre, attachée avec un trombone, il y en avait une autre du prélat qui lui répondait qu’une telle démonstration de frayeur surnaturelle et anti-religieuse ne devait pas se reproduire, et il la réprimandait pour se laisser submerger par des peurs impures. Enfin, à l’intérieur du paquet, apparaissait aussi une seconde lettre de la sœur Saura. Le texte qu’elle y avait rédigé lui fit dresser les cheveux sur la tête. « J’ai continué à enquêter. À celui qui lira ceci, j’espère que cela lui servira de justification pour ce que je m’apprête à faire, bien qu’à l’instant même, j’espère seulement pouvoir libérer mes sœurs de la fin que le destin leur a imposées. Je n’ai pu trouver de références au Diable dans aucun des documents que j’ai consulté, mais uniquement à des pouvoirs qui vont au-delà de la nature humaine, du divin ou du démoniaque. L’obscurité en personne semble avoir mis un pied ici, et régulièrement, elle réclame le prix du zèle que nous payons tous durant notre existence. Je crois que nous avons déjà tous perdus notre âme, et la seule solution pour que mes sœurs la récupèrent, c’est que je sacrifie ma vie pour elles. Le premier individu qui l’a vue.

***

Stéphanie nous propose sa traduction :

Les heures s'écoulèrent, et la lampe à huile perdait progressivement le combustible qu'il lui restait. Le froid transperçait peu à peu ses os, à tel point que Fraimundo commençait désormais à sentir des frissons. Le bruit du vent frappant les volets n'aidait pas non plus le moins du monde à calmer ses esprits. D'autres références au diable et à d'autres faits surnaturels ne lui fournirent aucune piste sur l'origine de la Rose Noire ni sur les faits relatifs à la soeur Saura. Toutefois, pourtant, il trouva une note dans un texte, écrit à la main par ce qui semblait être l'écriture d'un homme, qui insistait sur une alcôve occulte derrière une étagère. Plus piqué par sa curiosité que par la possibilité de découvrir quelque chose Fraimundo tira le plus silencieusement qu'il put l'étagère chargée de livres, qui laissa apparaître une carte ancienne de Xatafi à l'aspect médiéval. Derrière lui, un trou dans le mur cachait plusieurs parchemins et missives des moines et des soeurs du Cerro. Certains livres partageaient l'obscur espace avec eux, mais sa plus grande surprise fut de trouver une lettre de la soeur Saura envoyée au prieur de l'ordre. Elle y disait qu'elle avait découvert une étrange rose noire qui, d'après la lecture de certains livres anciens, semblait être liée à des assassinats et des faits mystérieux de plusieurs périodes de l'histoire du Cerro de los Angeles. Derrière cette lettre, attachée avec un trombone, se trouvait une autre réponse du prieur qui disait que pareille marque de crainte surnaturelle et antireligieuse ne devait pas se reproduire, et il la réprimander de se laisser porter par des peurs impures. Enfin, dans le paquet, se trouvait aussi une deuxième lettre de Soeur Saura. Le texte qu'elle avait rédigé lui fit se dresser ses cheveux sur la tête. « J'ai continué à chercher. À qui lira ces mots, j'espère que cela lui servira d'explication à ce que je vais faire, bien que à cet instant précis j'espère seulement pouvoir délivrer mes soeurs de la fin que le destin leur a imposé. Je n'ai pas pu trouver de références au Diable dans aucun des textes que j'ai consulté, uniquement à des pouvoirs qui dépassent l'humain, le divin ou le démoniaque. L'obscurité même semble avoir mis un pied ici, et de temps à autre, elle réclame le prix du péage que tous nous payons dans la vie. Je crois que tous nous avons déjà perdu notre âme, et la seule manière pour que mes soeurs la récupèrent c'est que je donne ma vie pour elles. La première personne qui la vit.

***

Olivier nous propose sa traduction :

Les heures passèrent et la lampe à huile perdait petit à petit le combustible qu'il lui restait.
Le froid transperçait ses os, à tel point que Fraimundo commençait déjà à frissonner. Le bruit du vent frappant les contre-fenêtres ne l'aidait nullement à calmer ses esprits. D'autres références au diable et à des événements surnaturels ne lui fournirent aucune piste, ni sur l'origine de la Rose Noire, ni sur les événements faisant référence à la Sœur Saura. Néanmoins, il trouva tout de même un indice dans un texte rédigé à la main, avec, semble-t-il, une écriture masculine, qui mettait l'accent sur une pièce cachée derrière une étagère. Davantage piqué par la curiosité que par la possibilité de découvrir quoi que ce soit, Fraimundo fit glisser le plus silencieusement possible l'étagère chargée de livres et mit à jour une carte ancienne de Xatafi à l'aspect médiéval. Derrière celle-ci, un renfoncement dans le mur renfermait plusieurs parchemins et des missives des moines et des sœurs du Cerro. Quelques livres partageaient l'obscure cachette avec ces premiers, mais la plus grande surprise fut de trouver une lettre de la sœur Saura envoyée au prieur de l'Ordre. Il y était annoncé qu'elle avait découvert une étrange rose noire qui, à la lecture de certains textes anciens, semblait être en relation avec des assassinats et des événements mystérieux survenus pendant de nombreuses périodes, tout au long de l'histoire du Cerro de los Ángeles. Derrière la carte, attachée par un trombone, il y avait une lettre de réponse du prieur exigeant qu'une telle démonstration de peur surnaturelle et antireligieuse ne devait, en aucun cas, se répéter ; il la réprimandait pour s'être laissée emporter par des craintes impures. Enfin, à l'intérieur du paquet elle aussi, on trouvait une deuxième lettre de la Sœur Saura. Le texte qu'elle y avait écrit lui donna la chair de poule. « J'ai poursuivi mes recherches. J'espère que celui qui lira ceci y trouvera la justification de mes actes, bien que je ne souhaite désormais que libérer mes sœurs de la destinée qui leur a été imposée. Je n'ai trouvé aucune allusion au Diable dans les textes que j'ai consultés, seulement des références sur des forces qui vont bien au-delà de l'humain, du divin ou du démoniaque. L'obscurité même semble avoir posé un pied ici, et à des momets précis, elle réclame le prix du péage que, tous, nous payons dans la vie. Je crois que nous avons tous déjà perdu notre âme, et le seul moyen pour que mes sœurs la récupèrent, c'est que je livre ma vie pour elle. Moi, la première personne qui la vit.

***

Alexis nous propose sa traduction :

Les heures passèrent, et la lampe à huile perdait le combustible qui lui restait. Le froid pénétrait dans ses os, jusqu’à tel point que Fraimundo commençait à sentir des frissons. Le son du vent qui frappait les volets n’aidait pas non plus le moins du monde à calmer ses esprits. D’autres références au diable et à des événements surnaturels ne lui donnèrent aucune piste sur l’origine de la Rose Noire ni sur ce qui concernait Sœur Saura. Cependant, il trouva bien une note dans un texte, écrite à la main avec ce qui ressemblait à l’écriture d’un homme, qui faisait état d’un renfoncement caché derrière une étagère. Plus piqué par la curiosité que par la possibilité d’une découverte, Fraimundo poussa le plus silencieusement qu’il put l’étagère chargée de livres et découvrit une vieille carte de Xatafi d’aspect médiéval. Derrière elle, un trou dans le mur cachait plusieurs parchemins et missives des moins et des sœurs du Cerro. Quelques livres partageaient avec eux l’obscure espace, mais la plus grande surprise fut de trouver une lettre de Sœur Saura envoyée au prieur de l’ordre. Dans cette lettre, elle disait qu’elle avait découvert une étrange rose noire qui, d’après les lectures qu’elle avait faites de quelques textes antiques, semblait être liée à des assassinats et des événements mystérieux survenus pendant plusieurs périodes tout au long de l’histoire du Cerro de los Angeles. Au dos de la lettre, unie à elle par un trombone, était une autre réponse du prieur qui disait qu’une telle montre de peur surnaturelle et antireligieuse ne devait pas se reproduire, et il la blâmait pour s’être laissée emporter par des peurs impures. Enfin, il y avait, également dans le paquet, une deuxième lettre de Sœur Saura. Le texte qu’elle y avait écrit lui fit dresser les poils : « j’ai continué à chercher. A celui qui lira ceci, j’espère que cela lui justifiera ce que je m’apprête à faire, bien que, pour l’instant, j’espère seulement pouvoir sauver mes sœurs de la fin que le destin leur a imposé. Je n’ai pas pu trouver de références au Diable dans aucun des textes que j’ai consulté, uniquement à des pouvoirs qui vont au-delà de l’humain, du divin ou du démoniaque. L’obscurité même semble avoir mis un pied ici, et quelques fois, elle réclame le prix du péage que tous devons payer dans la vie. Je crois que nous avons déjà tous perdu notre âme, et la seule chance que mes sœurs ont de la récupérer est que je donne moi-même ma vie pour elles. La première personne qui l’a vu.

***

Vanessa nous propose sa traduction :

Les heures passaient, et petit à petit la lampe à huile perdait le combustible qui lui restait. A mesure que le temps avançait, le froid transperçait ses os, au point que Fraimundo commençait à frissonner. Le bruit du vent frappant les contres-fenêtres ne l'aidait pas non plus le moins du monde à apaiser ses esprits. D'autres références au Diable et à des phénomènes surnaturels ne lui apportèrent aucune piste sur l'origine de la Rose Noire ni sur les faits concernant Sœur Saura. Il trouva néanmoins une annotation dans le texte, écrite de ce qui semblait être la main d'un homme, et qui attirait l'attention sur l'existence d'une chambre secrète derrière une étagère. Plus piqué par la curiosité que par la possibilité de découvrir quelque chose, Fraimundo déplaça le plus silencieusement qu'il put l'étagère chargée de livres, laissant apparaître une ancienne carte de Xatafi d'aspect moyenâgeux. Derrière elle, un trou dans le mur renfermait plusieurs parchemins et missives des moines et des sœurs du Cerro. Quelques livres occupaient également le sombre espace, mais le plus surprenant fut de trouver une lettre de Sœur Saura envoyée au Prieur de l'ordre. Elle y disait avoir découvert une étrange rose noire qui, à la lumière de quelques textes antiques, semblait être en relation avec certains assassinats et événements mystérieux survenus durant de longues périodes tout au long de l'histoire du Cerro de los Ángeles. Au dos de cette lettre, attachées par un trombone, s'en trouvait une autre, la réponse du Prieur ; il affirmait que pareille démonstration de crainte surnaturelle et antireligieuse ne devait pas se répéter, et il la réprimandait pour s'être laisser emporter par d'impures frayeurs. Enfin, toujours à l'intérieur du paquet, il y avait une seconde lettre de Sœur Saura. Ce qui y était écrit lui fit dresser les cheveux sur la tête : "J'ai poursuivi mes recherches. Que celui qui lira ces lignes y voie la justification de ce que je m'apprête à faire, même si, pour l'instant, j'espère simplement libérer mes sœurs de la fin que le destin leur réserve. Je n'ai pu trouver de références au Diable dans aucun des textes que j'ai consultés, mais seulement à des pouvoirs qui vont au-delà de l'humain, du divin, et du démoniaque. L'obscurité en personne semble avoir élu domicile ici, et, fréquemment, elle réclame la valeur du péage que nous payons tous dans cette vie. Je crois que nous avons tous déjà perdus notre âme, et la seule solution pour que mes sœurs récupèrent la leur est que je donne ma vie pour elles. La première personne qui l'a vue.

***

Auréba nous propose sa traduction :

Les heures passèrent, et la lampe à huile était en train de perdre le combustible qu’il lui restait. Le froid le transperçait jusqu’aux os, à tel point que Fraimundo commençait déjà à avoir des frissons. Le bruit du vent frappant les volets n’aidait pas non plus le moins du monde à calmer ses esprits. D’autres références au diable et à des phénomènes surnaturels ne lui fournirent aucune piste sur l’origine de la Rose Noire ni sur des faits concernant la Sœur Saura. Néanmoins, il trouva une indication dans un texte, rédigée à la main, eu égard à ce qui semblait être l’écriture d’un homme, qui insistait sur un cubiculum caché derrière une bibliothèque. Plus stimulé par la curiosité que par l’éventualité de découvrir quelque chose, Fraimundo poussa le plus silencieusement possible la bibliothèque pleine de livres, découvrant ainsi une carte de Xatafi d’aspect médiéval. Derrière celle-ci, une cavité dans le mur renfermait plusieurs parchemins et missives des moines et sœurs du Cerro. Quelques livres partageaient le sombre espace avec eux. Mais la plus grande surprise fut de trouver une lettre de la sœur Saura envoyée au prieur de l’ordre. Elle y disait qu’elle avait découvert une étrange rose noire qui, en lisant certains textes anciens, semblait être en lien avec des assassinats et des évènements mystérieux durant plusieurs périodes tout au long de l’histoire du Cerro de los Ángeles. Derrière cette lettre, attachée avec un trombone, il y en avait une autre, une réponse du prieur qui disait qu’une telle démonstration de crainte surnaturelle et antireligieuse ne devait pas se reproduire, et la réprimandait pour s’être laissé emporter par des peurs impures. Enfin, aussi à l’intérieur du paquet, il y avait une deuxième lettre de la Sœur Saura. Le texte qu’elle y avait écrit lui fit dresser les cheveux sur la tête. « J’ai continué à enquêter. J’espère que ça servira de justification à celui qui lira ceci pour ce que je vais faire, bien qu’en ce moment même, j’espère seulement libérer mes sœurs de la fin que le destin leur a imposé. Je n’ai pu déceler de références au Diable dans aucun des textes que j’ai consultés, mais uniquement des pouvoirs qui dépassent l’humain, le divin ou le démoniaque. L’obscurité semble avoir mis un pied ici, et périodiquement, elle réclame le prix du péage dont nous devons tous nous acquitter dans la vie. Je crois que nous avons tous déjà perdu notre âme, et l’unique façon de faire en sorte que mes sœurs la récupèrent, c’est que je sacrifie ma vie pour elles. La première personne qui l’a vue.

***

Léa nous propose sa traduction :

Les heures passèrent, et la lampe à huile perdait peu à peu le combustible qui lui restait. Le froid transperçait jusque dans ses os, à tel point que Fraimundo commençait déjà à ressentir des frissons. Le son du vent frappant les contrevents n’aidait pas non plus le moins du monde à apaiser leurs esprits. D’autres références au diable et à des faits surnaturels ne lui donnèrent aucune piste quant à l’origine de la Rose Noire ni aux faits relatifs à la Sœur Saura. Cependant, je trouvai un billet dans un texte, écrit à la main, par ce qui paraissait être l’écriture d’un homme, qui mettait l’accent sur une chambre cachée derrière une étagère. Davantage excité par la curiosité que par la possibilité de découvrir quelque chose, Fraimundo tira le plus silencieusement possible l’étagère chargée de livres et il laissa sans attention une carte ancienne de Xatafi d’aspect médiéval. Derrière lui, un creux dans le mur cachait divers parchemins et des missives des moines et sœurs du Cerro. Quelques livres partageaient avec eux l’obscur espace, mais la plus grande surprise fut de trouver une lettre de la sœur Saura envoyée au prieur de l’ordre. Dans celle-ci, elle disait qu’elle avait découvert une étrange rose noire qui, en lisant quelques textes anciens, paraissait avoir un lien avec des assassinats et des faits mystérieux durant différentes périodes tout au long de l’histoire du Cerro de los Angeles. Derrière cette lettre, reliée par un trombone, il y avait une autre lettre de réponse du prieur qui disait que pareille preuve de crainte surnaturelle et antireligieuse ne devait pas se répéter, et il la réprimandait pour s’être laissée porter par des peurs impures. Enfin, à l’intérieur du paquet, il y avait également une seconde lettre de la sœur Saura. Le texte qu’elle avait écrit lui fit hérisser les poils.
« J’ai continué à chercher. A quiconque lit cela, j’espère que ça lui servira de justification pour ce que je vais faire, bien qu’à cet instant j’espère seulement pouvoir libérer mes sœurs de la fin que le destin leur a imposé. Je n’ai pu trouver de références au Diable dans aucun des textes que j’ai consulté, seulement à des pouvoirs qui vont bien au-delà de l’humain, le divin ou le démoniaque. L’obscurité même paraît avoir posé un pied ici, et réclame de temps en temps le prix du péage que nous payons tous dans la vie. Je crois que nous avons tous déjà perdu notre âme, et la seule façon pour mes sœurs de la récupérer est que moi je donne ma vie pour elles. La première personne qui la vit. »

Références culturelles, 691 : Sendero Luminoso

http://es.wikipedia.org/wiki/Sendero_Luminoso

À vos dicos…, 34

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : TURGIDE

samedi 1 janvier 2011

Références culturelles, 690 : Civilización Caral

http://es.wikipedia.org/wiki/Caral-Supe

À vos dicos…, 33

Le mot du jour à chercher dans le dictionnaire : VULTUEUX

Bonne année de traduction à tous !!!

En photo : Happy New Year Pixies Cheers !
par hagerstenguy